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Description

La paroisse Sainte-Thérèse de Montpellier :
Son église et son histoire

Le 17 juin 1928, à la Salle des Concerts, à Montpellier, un illustre conférencier vint parler de « La banlieue parisienne » et des lieux de culte à y construire, ceci en présence de l’évêque, Mgr Mignen. Ce conférencier est un jésuite, le P. Pierre Lhande, un adepte des nouveaux médias, comme le sont, on le sait, et depuis de nombreuses décennies, les Assomptionnistes avec Le Pèlerin, La Croix par les rotatives et le pèlerinage à Lourdes, par le chemin de fer. Depuis deux ans, le P. Lhande, dans ses sermons sur Radio Paris et Radio-Luxembourg, fait part de ses découvertes en banlieue parisienne : 1927 Le Christ dans la banlieue suivi de La Croix sur les fortifs et Le Dieu qui bouge ou comment chercher à faire connaître le Christ à ces « sauvages » en édifiant une chapelle en bois, souvent précédée de l’ouverture d’un petit patronage. Il faut susciter une prise de conscience dans l’opinion.

Saisissant l’occasion, Mgr Mignen expose ses projets, fonder de nouvelles paroisses dans la banlieue montpelliéraine. Mgr René Mignen a pris la lourde succession du cardinal de Cabrières. C’est un Vendéen, son abord est froid, il est peu expansif, ami de l’ordre et de la discipline. S’il a été accueilli triomphalement le 30 novembre 1922, son court épiscopat (1922-1931 date à partir de laquelle il devint archevêque de Rennes) n’est pas, pour autant, semé de roses… Il déconcerte les collaborateurs du cardinal bien qu’il ait gardé le secrétaire de celui-ci, le chanoine Joseph Raffit, 32 ans, nommé chancelier. Mais son secrétaire est un Vendéen, l’abbé Loué. L’évêque est gros travailleur, c’est un organisateur-né ce que n’était, certes pas, le cardinal. Celui-ci aurait dit, peu avant sa mort, « Je prie pour mon successeur, il aura beaucoup à faire »

Le contexte

De 1914 à 1930, le nombre des prêtres en activité, en un temps où l’idéal est d’avoir un prêtre par clocher, de là un écart croissant entre les villes et le rural, a diminué de 80. La question du recrutement sacerdotal figure donc en tête des priorités. Il faut bâtir un nouveau Petit Séminaire puisque l’ancien a été confisqué en 1906 il accueille aujourd’hui, après l’Armée, le Lycée de la nouvelle chance. Saint-Roch va être inauguré en octobre 1930 : vers sa construction et son aménagement ont été orientées toutes les ressources financières du diocèse. Mgr Mignen réorganise les œuvres, les centralise, selon le modèle de l’Action catholique première manière : hommes, jeunes gens, dames, jeunes filles, les Genevièves. Ceci avant que la conséquence de la crise de l’Action Française, durement ressentie dans le Midi d’Aix à Montauban, ne viennent jeter le trouble au sein du clergé et des fidèles.

Mais qu’en est-il de la desserte religieuse des faubourgs ? En 1930 une chapelle sera ouverte au Plan des Quatre Seigneurs, c’est l’embryon d’une future paroisse (Sainte- Bernadette) dont il est question depuis plus d’un siècle. La desserte des faubourgs a souffert dans l’Hérault, comme ailleurs, des obstacles administratifs au temps du Concordat et, plus encore, du défaut de moyens financiers sur ces territoires. Savez-vous qu’on parlait de la desserte du Faubourg Boutonnet depuis… 1803 ? ; que Mgr Charles-Thomas Thibault, au début des années 1840, n’était pas parvenu à y obtenir l’érection d’une succursale Sainte-Élisabeth, ceci pour les quelques 2 000 habitants éloignés de la cathédrale, leur paroisse ? Savez-vous qu’en 1880, le quartier déshérité de Figuerolles – rattaché à Sainte-Eulalie – n’avait pas la moindre chapelle ? Or, il faudra quinze ans pour poser la première pierre de ce qui deviendra, par la suite, la paroisse de l’immaculée Conception. Pourtant, il existe depuis 1873 une Œuvre des Faubourgs issue du Comité catholique alors fondé des confrères de Saint-Vincent-de-Paul y sont à l’origine et actifs : en 1874 Adrien Barre constate « qu’il faudrait quatre paroisses dans les faubourgs ». C’est l’année même où la Conférence Sainte-Eulalie demande son agrégation.

À partir de 1875, c’est au-delà de la gare PLM que l’effort se porte avec les Saints-François où un « prêtre-bâtisseur », M. Sahut, obtiendra en 1910 l’érection de la paroisse. Deux années auparavant, M. Crébassol a pris en charge la chapelle Saint-Cléophas, future paroisse (1920) détachée de Saint-Denis : les 1 700 habitants sont « absolument indifférents à la religion sinon hostiles ». De là des initiatives venant aussi des protestants comme à Figuerolles.

La grande paroisse Sainte-Eulalie, elle, compte 14 000 habitants en 1930, autant que Saint-Pierre, et comprend alors, au pied des Arceaux, une très vaste étendue rurale, semée de campagnes et de mas. Dans sa présentation de 1996, Serge Bouquier (Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus de 1931 à 1997) les a évoqués avec bonheur : le Mas de Tesse, Alco, Méjean, Vanneau, Casseyrols (une date sur le linteau d’une porte est encore visible, 1832), Miecamp, Font Trouvé ; les campagnettes, le ruisseau de Pissesaume, cet affluent du Verdanson ; les chemins, celui de la Portalière des Masques, celui de Malbosc à La Gaillarde, la route de Grabels, aujourd’hui Avenue du Père Soulas. Face au Château d’Ô, le Bon-Secours et sa chapelle en 1872, 4 000 pèlerins y sont présents pour l’inauguration du pèlerinage à Notre-Dame de La Salette. Les très anciens ont peut-être encore le souvenir de troupeaux de chèvres sur les chemins et le long trajet de certains enfants pour aller à l’école aux Arceaux. Le plan de Montpellier, en 1908, montrait une « avenue projetée », l’Avenue d’Assas. Depuis cette date, l’ouverture était intervenue et des immeubles, des villas, ont été construits de part et d’autres de cette avenue et du Boulevard des Arceaux. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2013

Nombre de pages

7

Auteur(s)

Gérard CHOLVY

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf