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Description

La Gestapo de Montpellier (11 novembre 1942 – 19 août 1944)
étude préliminaire

* Directeur de recherche (er) au CNRS, 34jcr@orange.fr

The Gestapo in Montpellier (11 November 1942-19 August 1944) - a preliminary study
La Gestapó de Montpelhièr (11 de novembre de 1942 - 19 de agost de 1944) : estudi preliminar
La Gestapo de Montpellier (11 de noviembre de 1942-19 de agosto de 1944) : estudio preliminar

La Gestapo de Montpellier n’a laissé aucun dossier ni aux Archives de l’Hérault ni aux Archives municipales de Montpellier. Nous disposons d’un dossier des Archives allemandes, de listes nominales établies après la Libération, d’un dossier du Service Historique de la Défense (Dossier BCRA Tanzmann), d’un dossier constitué en Angleterre pour réaliser un film cinématographique et de documents isolés dont des articles de journaux. Bien entendu, on retrouve la Gestapo (GEheime STAats POlizei) dans les ouvrages généraux sur la répression en France et dans les témoignages de Résistants qui ont été soumis à des interrogatoires, des tortures ou des déportations. Récemment un ouvrage a recensé tous les lieux connus en France pour avoir abrité des services de la Gestapo et, donc, deux de l’Hérault.

On distingue la Feldgendarmerie de la Geheime Feldpolizei (GFP), subordonnée à l’Abwehr (service de renseignements de la Wermacht). Le Sipo-SD dispose de six commandos en zone Sud qui seront responsables, pour la France, de 88.000 déportations sans compter les fusillés sur place. (Doc 1) (Doc 2)

D’abord Einsatzkommando, de novembre 1942 à la fin de 1943, le poste SIPO-SD de Montpellier devint K.d.S en même temps que tous les autres postes de la zone sud. Il réunissait 116 membres dont 38 à Montpellier et, le 19 août 1944 il est parti de Montpellier, a gagné l’Est et pris position à Giromagny pour protéger l’arrière du front allemand. Après le repli sur la rive droite du Rhin, le Kommando de Montpellier fut dirigé sur Oslo (Norvège) où il fut surpris par la capitulation (SHD. BCRA. Tanzmann).

L’efficacité de la Gestapo dépend de la « qualité » de ses membres et de ses auxiliaires français comme R. Barthès, L. Robert ou M. Mollet dit de Martel, mais, aussi des dénonciations orales ou écrites qui, de façon directe ou indirecte, lui parviennent. Elle occupe des lieux divers, réquisitionnés, dans lesquels elle installe ses services ou loge ses membres. On retrouve souvent ses activités dans les procès qui ont suivi la Libération par les témoignages de ceux qu’elle a poursuivis ou de ceux qui ont collaboré avec elle.

Il n’était pas question ici de faire l’histoire de la Gestapo nationale ni de celle de Montpellier car, comme nous allons le voir, les archives de celle-ci ont quasiment toutes disparu (Annexes I et II). Nous avons voulu réunir tous les documents, renseignements, témoignages… que nous avons recueillis, depuis 1980, et dont nous publions ici certains d’entre eux.

Nous disposons de deux listes de membres de la Gestapo de Montpellier, établies à la fin de la guerre, sans avoir des renseignements supplémentaires (Annexes III et IV) qui donnent des notices sommaires pour chacun des membres. Nous avons ajouté un rapport sur la prison de la 32ème dans laquelle étaient détenus les résistants en cours d’interrogatoires et en attente de décisions finales de la Gestapo (Annexe V), ainsi qu’une biographie de Karl Mahren qui a joué un rôle décisif dans l’infiltration des groupes résistants de Montpellier (Annexe VI).

La liste des membres peut être complétée par les comptes rendus du procès de 1953 (Annexe VII). Au mois de novembre 1953, le procès des membres de la Gestapo de Montpellier, Béziers, Sète et Mende s’ouvrit à Marseille devant le Tribunal militaire de la 9ème Région. Les inculpés présents sont au nombre de 7, les absents au nombre de 8. Parmi eux on en retrouve quatre connus par la liste de 1946 : L. Kocher et Max Pakleppa, présents et H. Petersen, W. Ruhe, absents et jugés par contumace. Le procès va se dérouler jusqu’au 2 décembre : l’acte d’accusation avait trente huit pages, avec onze accusés et quatre vingt témoins venus apporter le compte rendu de leurs souffrances. À l’exception de quatre condamnations à mort par contumace, il y eut cinq condamnations aux travaux forcés à perpétuité et cinq entre 5 ans et 15 ans.

La justice était passée mais on était bien loin du compte par rapport au nombre total de membres « officiels » ou « officieux » de la Gestapo de Montpellier. Nous disposons de plusieurs listes, établies après la Libération, qui recensent les « officieux » : Listes des personnes soupçonnées d’être des agents de la Gestapo (dont les « donneurs » dits « rafleurs ») dans laquelle on trouve les agents de services allemands, les membres du Service d’ordre légionnaire, les Miliciens, les Doriotistes, les Francistes, les groupes de Collaboration, les personnes avec des sympathies germanophiles ou vichysoises. Ces listes ont servi aux inculpations et procès ultérieurs qui ont tenté de faire la lumière précise pour chacun des poursuivis avec la difficulté de ne disposer d’aucune archive de la Gestapo qui tenait un dossier pour chacun de ses collaborateurs […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

15

Auteur(s)

Jean-Claude RICHARD RALITE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf