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2.00

Description

Au carrefour du négoce, de la manufacture et des charges publiques :

La famille du général Pierre-Auguste Lajard, de Montpellier

* Docteur en Sciences de l’Information

Introduction

Dans la région gardoise de Sumène, Sauve, Saint-Hippolyte-du-Fort et jusqu’à Sommières, une famille Lajard, est présente au XVIe siècle ; les hommes y sont principalement maîtres chirurgiens et maîtres apothicaires. Une autre famille de même patronyme apparait aussi, au milieu du XVIe siècle, à Montpellier où elle va prospérer pendant plus d’un siècle principalement dans le milieu marchand des laines, cotons et soies. Si les liens de parenté entre ces groupes familiaux ne nous paraissent que probables, c’est qu’ils ne seraient pas de proche cousinage et qu’ils ne sont pas prouvés ; mais les affaires peuvent amener ces Lajard à se joindre les uns aux autres, comme s’ils se connaissaient de longue date et avaient coutume de se rencontrer. Ils sont tous protestants.

Le premier connu, Claude, est probablement originaire du Dauphiné, de Réotier (Hautes-Alpes), ou Saint-Crépin paroisse mitoyenne, comme son épouse qui est de Villar-Loubière (Hautes-Alpes) ; bien avant lui, un Lajard de Réotier avait testé à Beaucaire en 1515 ; après lui, Joseph, un de ses cousins aussi de Réotier s’installe à Pont-Saint-Esprit. Ceux qui résident de nos jours à Marseille viennent aussi de cette bourgade. Bien avant eux, d’autres exerçaient des activités urbaines en Bas Dauphiné dès le XIVe siècle, à Cras (Isère), entre La Côte-Saint-André et Grenoble.

Venant de ces plateaux haut alpins ou de leurs vallées interstitielles du Dauphiné, les uns auraient embrassé la Réforme au passage des Cévennes, les autres seraient restés catholiques en descendant vers les villes égrenées le long du chapelet rhodanien, à Bagnols, Pont-Saint-Esprit, Beaucaire… Tous sont des notables du monde de la bourgeoisie exerçant des professions urbaines et plusieurs d’entre eux sont élus consuls, à Réotier, Bagnols, Pont-Saint-Esprit ou Montagnac (Hérault). Si nous n’avons pas formellement établi le lien généalogique entre la branche catholique et la branche protestante, la tradition orale familiale, certes un peu floue, et la similitude de profil socio-familial entre les deux entités confortent la thèse d’une commune origine.

Vers 1664, Jacques Lajard de Montpellier, abandonnant la marchandise, acquiert l’office de Receveur et Controlleur des droits de la foraine au Bureau de Serrières en Vivarais, où son frère Pierre vient le rejoindre. Ledit office valant bien une messe, ils deviennent catholiques ; au début du XVIIIe siècle, l’un de ces Ardéchois ira exercer ses talents de contrôleur des marchandises à Sète et s’installera en famille à Montagnac. Une branche, renouant avec le commerce, traversera le Rhône pour faire ses affaires à Andancette (dans l’actuelle Drôme).

À la fin du XVIIe siècle, d’autres Lajard s’installent à Bagnols-sur-Cèze où, pendant plus d’un siècle, ils vont prospérer et s’enrichir dans le négoce des toiles de coton. Ils sont catholiques, comme leurs cousins qui élisent domicile à Pont-Saint-Esprit, où ils pratiquent le même négoce. Ils se partageront plus tard entre Montpellier et, pour l’un d’eux, provisoirement Lyon. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

27

Auteur(s)

Henri TEISSERENC

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf