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Description

Jules Renouvier et les monuments historiques de l’Hérault (1840-1845)

* Directeur de recherche (er) au CNRS

Jules Renouvier and the historical monuments of l’Hérault (1840-1845)
Juli Renouvier e los monuments istorics d’Erau (1840-1845)
Julio Renouvier y los monumentos históricos de Hérault (1840-1845)

Jules Renouvier est connu à bien des titres à Montpellier et dans le département de l’Hérault pour ses activités archéologiques, historiques, politiques et sociales. Ce que l’on sait moins c’est que, élu président de la Société archéologique de Montpellier en 1833, il avait été nommé membre Correspondant de la Commission des Monuments Historiques, le 6 mai 1840 à partir de laquelle il adressa à Paris trois rapports sous la signature d’« Inspecteur des Monuments Historiques » en novembre 1840, le 23 novembre 1841 et le 8 janvier 1842. Ces trois lettres méritent d’être publiées puisqu’elles donnent une vue d’ensemble des monuments de l’Hérault dont certains semblaient mériter une protection de l’état en même temps que d’autres documents héraultais.

Le 22 juin 1840, le Ministre, Secrétaire d’État de l’Intérieur, Charles Comte de Remusat, fait savoir au Préfet de l’Hérault, Achille Bégé (1838-1841), que, par arrêté du 25 mai, il a nommé « Inspecteur des monuments historiques correspondant du Ministère de l’Intérieur pour le département de l’Hérault, Me Renouvier ». Il devra adresser, par l’intermédiaire du Préfet « deux rapports par an, l’un en avril, l’autre en novembre, sur l’état des monumens confiés à sa surveillance, l’exécution des restaurations ordonnées et les nouvelles découvertes dont il aurait eu connaissance. Il devra en outre faire un rapport spécial toutes les fois qu’un besoin d’urgence se fera sentir et appeler l’attention sur toutes les mesures utiles à la conservation et à l’entretien des monumens historiques ».

Dès le 25 juin, le Préfet informe J. Renouvier que, sur sa proposition, le Ministre l’a nommé. Dans sa réponse du 8 juillet 1840, J. Renouvier adresse ses remerciements au Préfet et lui demande de les transmettre au Ministre. Il ajoute : « Les monuments historiques sont depuis longtemps l’objet de mes études préférées et vous ne devez pas douter du zèle avec lequel je saisirai toutes les occasions de les faire mieux connaître et de les préserver de la destruction. J’aurai l’honneur d’adresser prochainement à M. le Ministre un rapport sur l’état actuel de nos monuments et je réclamerai son appui pour toutes les mesures nécessaires à leur conservation. Je me ferai un devoir aussi, M. le Préfet, d’appeler votre attention sur les destructions continuelles ou ce qui revient au même sur les réparations mal entendues qui se commettent dans un grand nombre d’églises intéressantes par leur construction. Dans toutes mes courses, je recueille quelque nouvel exemple de ce vandalisme et jusqu’à présent mes réclamations étaient impuissantes. Les encouragements que l’art a reçu de vous dans notre pays me sont un sûr garant que lorsque mes réclamations vous seront adressées, elles ne resteront pas sans appui ».

Au mois de novembre 1840, le Préfet reçoit un long rapport de J. Renouvier qu’il fait parvenir au Ministre le 23 novembre et en remercie l’auteur le 1er décembre.

À cette date, on dispose de la liste dite de 1840 des édifices alors classés pour l’Hérault et qui sera complétée entre cette date et 1874 :

Arrondissement de Montpellier. Églises de Castries, de Ste. Croix à Celleneuve, de St. Guilhem-le-Désert [et parties subsistantes du cloître], de Maguelone, du Vignogoul à Pignan, de Valmagne.

Arrondissement de Béziers. Église St. Nazaire de Béziers, Cathédrale d’Agde, Église d’Espondeilhan [St Pierre de Rèdes] Tour de Puissalicon, Pont de St-Thibéry.

Arrondissement de Lodève. Églises de St. Fulcran à Lodève, de St. Paul à Clermont-l’Hérault, de St- Pargoire.

Arrondissement de St-Pons. Église de St-Pons.

Le rapport est accompagné de deux lettres l’une au Préfet, l’autre au Ministre.

J. Renouvier donne le sommaire de son rapport, demande l’appui du Préfet y compris pour des subventions et il propose « qu’un extrait de mon rapport serait inséré dans le recueil de vos actes administratifs et adressé à tous les maires des communes qui y sont désignées, appuyé d’une lettre recommandant expressément le monument qui les illustre… ainsi que le questionnaire du Comité des Arts pour que les maires des communes qui n’ont point encore été explorées y répondent ou y font répondre par la personne la plus capable de leur commune ». Il ajoute qu’il faudrait dresser un état complet avec le plan, les profils et des dessins mesurés… pour lequel on pourrait affecter un employé de l’architecte du département. Il est enfin proposé d’associer M. de Saint Paul, autre correspondant du Ministre de l’Instruction Publique afin d’aboutir à une Statistique monumentale de l’Hérault.

Le Rapport de J. Renouvier avec un tableau communal (la désignation du monument, son caractère architectural, ses accessoires importants, les renseignements chronologiques, les observations (Annexe I) est envoyé au Ministre par le Préfet qui en reprend les propositions et confirme à l’auteur cet envoi (1er décembre 1840). […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Jean-Claude RICHARD RALITE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf