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Description

Jules Georges Euzière (1882-1971), clinicien, doyen et homme de son siècle

* Assistant de conservation du Patrimoine, Archives départementales de l’Hérault

Portrait de Jules Euzière (années 1920)

Portrait de Jules Euzière (années 1920)

En 2014, c’est dans le cadre de la Grande Collecte 1914-1918 que les descendants de Jules Euzière prennent contact avec les Archives départementales de l’Hérault.

Initialement venus pour montrer les archives relatives à la Première Guerre mondiale de ce médecin, ils évoquent alors l’existence du fonds d’archives personnelles et professionnelles de celui qui fut également professeur et doyen de la faculté de médecine de Montpellier pendant trois décennies. Considérant le grand intérêt historique du fonds, la famille décide d’effectuer un don aux Archives départementales de l’Hérault le 25 avril de la même année.

Vingt-deux grandes caisses de documents entrent ainsi à Pierre Vives, constituant la sous-série 227 J Fonds du professeur Jules Euzière. Ce fonds qui vient de faire l’objet d’un classement et d’une description précise est désormais accessible à la recherche en salle de lecture. Couvrant les trois quarts du XXe siècle, il constitue une source inédite sur l’histoire montpelliéraine.

Biographie succincte de Jules Euzière (1882-1971)

Jules Georges Euzière naît le 27 avril 1882 à Montpellier, fils de François Léon Hippolyte Euzière, inspecteur des Postes et Télégraphes à Mende (Lozère), Avignon (Vaucluse), puis Montpellier, et de Victoire Clémentine Fajon.

Jules Euzière effectue sa scolarité primaire et secondaire à Mende, puis poursuit ses études au Lycée d’Avignon et enfin de Montpellier. Après avoir obtenu le baccalauréat, il intègre la Faculté de médecine de Montpellier. Externe en 1902, interne des hôpitaux en 1903, puis interne des asiles, il obtient son doctorat de médecine le 27 juillet 1907 en soutenant une thèse portant sur la « prédisposition locale ». Il est alors nommé chef de clinique des maladies mentales et nerveuses, dans le service du professeur Albert Mairet. Jules Euzière est par ailleurs reçu à l’agrégation de médecine en 1910, alors qu’il est nommé chef de laboratoire des cliniques de l’hôpital suburbain. De 1913 à 1923, il est également chargé du cours de clinique annexe des maladies des vieillards.

Jules Euzière effectue son service militaire dans l’infanterie (12e RI, puis 24e BCP) en 1903-1904. En août 1914, il est mobilisé comme médecin aide-major de 1ère classe et dirige alors l’ambulance n° 2 de la 32e division d’infanterie du 16e corps d’armée. Il obtient en 1915 le poste d’assistant du Centre de neurologie et de psychiatrie à la XVIIe région militaire (Haute-Garonne). Le 1er septembre 1918, il est nommé chef du centre de psychiatrie de la XVIe région militaire et expert près les conseils de guerre de la 32e division et des XVIe et XVIIe régions militaires. Le 4 janvier 1919, Jules Euzière est mis à la disposition de la XVIe région militaire à Montpellier, puis est démobilisé le 11 octobre 1919. C’est au sein de l’hôpital n° 5 bis (asile d’aliénés) de Braqueville (Toulouse) et de l’hôpital complémentaire n° 58 A de Toulouse (Haute-Garonne), puis des hôpitaux de Montpellier, qu’il rassemble les observations médicales qui lui permettent de se spécialiser dans l’étude des troubles de l’orientation et de l’équilibre chez les blessés du crâne, ainsi que des troubles post-commotionnels des soldats. Il est notamment à l’origine de la théorie de la « chute en statue » qui assure sa reconnaissance nationale dans le domaine de la psychiatrie.

Après le départ en retraite du professeur Albert Mairet, Jules Euzière devient le 28 octobre 1922 professeur titulaire de clinique des maladies mentales et nerveuses. Le 1er mai 1923, il est élu doyen de la Faculté de médecine de Montpellier (décanat), fonction qu’il exerce sans interruption jusqu’au 21 octobre 1941 (il choisit alors de démissionner), étant réélu chaque année par ses pairs.

Durant sa longue carrière, il est à l’origine de nombreuses publications spécialisées, tant sur des questions médicales à proprement parler (neurologie et psychiatrie), que sur les thèmes de l’hygiène sociale, de ses régulations et adaptations aux spécificités psychiatriques.

Dans le cadre de ses fonctions de doyen de la faculté, il procède à l’extension de l’Institut de Biologie, avec l’installation des chaires de Physiologie, Bactériologie et d’Hygiène. Il coordonne également la création de l’école d’infirmières et de l’école de sages-femmes au sein de la maternité de l’avenue Grasset.

Enfin, les compétences de Jules Euzière font du doyen de la faculté un expert reconnu près les tribunaux. La justice a ainsi fréquemment recours à son expertise dans de nombreuses affaires.

Jules Euzière est également membre de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier de 1920 à 1971 : il anime les sessions de l’académie par des conférences aux sujets variés, tels l’orientation scolaire, les écrits des fous ou encore l’évolution de la pratique médicale. Ses multiples communications ont fait l’objet de publications régulières au sein des bulletins de la société savante.

Pour des raisons de santé, Jules Euzière prend sa retraite le 27 avril 1952, mais il continue à dispenser occasionnellement certains cours jusqu’en 1961. Il décède à Montpellier le 21 octobre 1971, laissant de nombreux articles et écrits qui demeurent encore aujourd’hui d’actualité.

A titre personnel et familial, Jules Euzière est l’époux d’Andrée Edith Constance Marguerite Rouchier depuis leur mariage le 26 décembre 1915 à Montpellier. Edith Rouchier, veuve de Léon Gabriel Pélissier (1863-1912), professeur et doyen de la Faculté des lettres de Montpellier, est la petite-fille de Jean Jacques Alexis Alquié (1812-1865), professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Montpellier et chirurgien en chef de l’Hôtel Dieu Saint-Eloi. Jules Euzière hérite par alliance d’une partie des bibliothèques et documents personnels de la famille de son épouse. Le couple a une fille unique, Juliette Euzière, épouse Lapeyssonnie (1916-2012). […]

Informations complémentaires

Année de publication

2018

Nombre de pages

7

Auteur(s)

Rafaël HYACINTHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf