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Description

Inscriptions de Montbazin : Archives de Joseph Chauvet et Jean-Marie Amelin

* Professeur émérite à l’Université de Paris-1 (Panthéon-Sorbonne)
** Directeur de recherche (er) au CNRS, Centre Camille Jullian, Université d’Aix-en-Provence

Joseph Chauvet est né à Tressan (Hérault) le 18 novembre 1794. Sa famille, comme celle de sa mère, Françoise Gauceau, de Vendémian, était liée à l’agriculture et alliée aux Rochier du bourg de Gignac, constituant avec d’autres une sorte d’aristocratie villageoise dont étaient issus des militaires, des hommes de loi et des notables qui vivaient avec une certaine aisance dans leurs propriétés. À la suite du décès accidentel  (?) de son père, Joseph Chauvet passa toute son enfance à Tressan. Il poursuivit des études au Lycée de Montpellier et, plus tard, en 1827, on le signale comme avocat (Faculté de droit de Toulouse). Par l’origine de sa mère, il peut s’établir à Vendémian. En 1829, il est appelé dans l’Allier pour organiser et diriger le service vicinal. En 1841 et 1848, il est connu comme agent-voyer en chef à Clermont-Ferrand. Plus tard on le retrouve à Vichy, dans l’Allier, où il s’intéresse aux découvertes archéologiques locales. Avant de gagner l’Auvergne, Joseph Chauvet avait longuement pratiqué l’archéologie de terrain. Mais il était aussi un poète occitan, dont 61 poèmes ont été édités par Christian Laux en 1998. Il est enregistré comme membre correspondant de la Société archéologique de Montpellier (SAM), apparaissant dans la liste des membres publiée en 1840. Jusqu’à son départ pour l’Auvergne il réalisa des recherches archéologiques autour de sa commune et autour de Montpellier, s’intéressant à des sites qui avaient été signalés par la première génération des archéologues du département de l’Hérault. Ainsi il eut la possibilité de constituer une très importante collection et il alla même jusqu’en Aveyron sur le site de la Graufesenque (près de Millau), où après les premières recherches locales il réunit un ensemble considérable de céramiques entre 1850 et 1854. Jamais il n’avait rompu avec l’archéologie régionale, même si le moment de la plus grand implication se place dans la première phase de sa carrière, antérieurement à son installation en Auvergne, en 1829.

En 1870, en contrepartie du don de sa collection à la Ville de Montpellier, il avait eu l’espoir d’en devenir conservateur au sein du Musée Fabre, mais sa candidature ne fut pas retenue. À sa mort en 1875, sa collection fut acquise par un collectionneur, le docteur Chopard, qui la céda à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand. Un certain nombre de pièces avaient été distraites (les inscriptions par exemple), tandis que les céramique étaient intégrées directement aux collections de l’Académie sans respecter les provenances et les informations contenues dans le catalogue numéroté de l’auteur. La collection comprenait 31 650 objets. Ils provenaient de 113 localités. Pour l’Hérault, on relève en particulier dans une liste bien très longue : Adissan, Aspiran, Capestang, Cournonsec, Jonquières, Le Pouget, Montbazin, Montpellier, Nébian, Paulhan, Saint-Pargoire, Tressan, Vendémian.

Quant à Jean-Marie Amelin (1785-1858), né à Versailles, il fut professeur de dessin dans plusieurs écoles liées à des régiments du génie, pour finir à Montpellier, où il demeura entre 1816 et 1852. Les Vues pittoresques du département de l’Hérault, liées à des déplacements dans le département, sont bien connues. Exécutées entre 1820 et 1828, elles offrent un panorama plein de saveur sur de nombreux sites et villages. Il fit plusieurs déplacements à Vendémian auprès de Chauvet, ce qui lui permit de dessiner des objets de sa collection, et de parcourir ensemble les villages des environs.

Les fonds documentaires qu’ils ont laissés, l’un comme l’autre, sont déjà connus, notamment en ce qui concerne Amelin. Ceux de Chauvet n’ont pas encore eu les mêmes échos, même s’ils ont produit des résultats importants.

Une perspective générale sur cette documentation

Un certain nombre de dessins provenant de Chauvet, qui ne sont parfois que des esquisses rapides, accompagnent le signalement des objets dans le catalogue qu’il avait lui-même rédigé. Il s’en trouve aussi sur deux planches hors-texte qui offrent, les uns à la suite des autres, en six colonnes, un choix dont on ne connaît pas les raisons. On y identifie plusieurs inscriptions, qui renvoient pour l’essentiel à la région montpelliéraine, ce qui correspond bien à une des zones auxquelles en priorité cet archéologue et érudit s’attacha assez fermement.

1 – Milliaire de l’empereur Claude. Sur une fiche portant le n° 115. On pourrait penser qu’il s’agirait d’un renvoi au milliaire qui provenait de l’église Saint-Denys-de-Montpelliéret et qui fut transporté dans le musée de la Société archéologique de Montpellier 8 en 1876 : CIL, XII, 5661= XVII, 2, 281, HGL, XV, 145. Mais le catalogue indique tout autre chose : le milliaire proviendrait de Montbazin, comme bien d’autres objets de la collection. Le dessin apparaît à première vue plutôt confus et incomplet, mais on peut estimer, en définitive, qu’il s’agissait d’une esquisse rapide. Il conviendra, par une étude particulière, de mettre en évidence cette information qui se rapporte à un document qu’il faut considérer comme inédit… (10 pages et 9 illustrations)

Informations complémentaires

Année de publication

2020

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Jean-Claude RICHARD RALITE, Michel CHRISTOL

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf