Guillaume-d’Orange, l’abbaye de Gellone
et la vache pie de Châteauneuf-de-Gadagne

Dans l’histoire d’Orange qu’il publia en 1856, Joseph Bastet nous fait connaître une tradition orale selon laquelle le village de Châteauneuf-de-Gadagne, à l’est d’Avignon, « fut conquis sur les Sarrasins par un Guillaume au Cœur-noir, compagnon du prince d’Orange 1. Le père Xavier Morénas parle aussi de ce Guillaume dans ses Notices historiques et topographiques sur Avignon et sur les villes et lieux du Comtat Venaissin 2, ouvrage manuscrit qu’il acheva en 1778 ou 1779 3. Traitant des origines de Châteauneuf, il en dit ceci :

« La tradition de ce lieu porte que Giraud de Sabran, dit l’Ami, est le premier qui ait possédé cette terre et que Rostan, son fils, la donna à l’abbaye de St-Guillaume-du-Désert. D’autres disent qu’elle fut conquise sur les Sarrasins, vers l’an 700, par Guillaume du Cœur Noir, compagnon du prince d’Orange, qui la posséda en souveraineté, jusqu’à ce que, s’étant retiré par dévotion dans l’abbaye de Saint-Guillaume au diocèse de Lodève en Languedoc, il donna le haut domaine de sa terre à l’abbaye. Cela ne peut pas être à moins que cette conquête ne se soit faite vers l’an 800 parce que les Sarrasins ne vinrent en Espagne que l’an 715 et plus de vingt ans après en Provence. D’ailleurs, l’abbaye de St-Guillaume ne fut fondée qu’en 804. Quoi qu’il en soit 4, cette même abbaye possédait la haute seigneurie de Châteauneuf vers la fin du treizième siècle, puisque Giraud l’Ami en prêta hommage à l’abbé de St-Guillaume » 5.

Une version encore plus détaillée de la légende de Guillaume au Cœur Noir se rencontre dans le Précis des archives pour la terre et duché de Gadagne 6. Le compilateur anonyme qui termina cet inventaire vers le milieu du XVIIIe siècle 7 nous raconte l’histoire suivante :

« Il est marqué dans le livre O et répertoire de messire Melchion de Simiane 8, baron de Châteauneuf, lequel livre est dans les archives de Son Excellence très haut et très puissant seigneur messire Louis-Marie de Galéans 9 chevalier, duc de Gadagne, etc., que le lieu et la terre de Châteauneuf fut conquise sur les Sarrasins par monsieur Guilhaume du Cœurnoir, compagnon d’arme[s] 10 de monsieur le prince d’Orange, qui eurent l’honneur d’accompagner l’empereur Charles Magne, roy de France, en l’année 780 lors qu’il vint à Avignon en chasser les Sarrasins qui en étoient les maîtres et possesseurs de la plus grande partie du Comtat. Après la réduction d’Avignon, le dit empereur laissa le prince d’Orange et Guilhaume de Cœurnoir 11 gouverneurs aux parties de Provence et du Comtat de Venisse 12, lesquels étoint 13 si puissants en fait[s] d’armes qu’on leur faisoit obéissance en touts les lieux où ils alloient.

Le prince d’Orange fit la conquette de la cotte de Provence, de la duché de Narbonne, de la comté de Thoulouze, de la comté de Venisse et plusieurs autres places.

Le dit messire Guilhaume de Cœurnoir ne porta pas ses désirs à conquérir des places, car toute son ambition étoit de faire des beaux faits d’armes ; et non obstant il fit la conqueste de plusieurs 14 places et, entre autres, de Châteauneuf, auquel lieu il fit sa résidence, et fut le premier seigneur chrétien du dit lieu de Châteauneuf. Il y exercea la jurisdiction haute et basse, ayant hommes, homage, tailles, enquêtes, péage et généralement tous les droits seigneuriaux. Le dit Guilhaume de Cœurnoir ne tenoit la dite place que de Dieu et de son épée.

Un certain tems après, le dit Guilhaume, meü de dévotion, quitta le monde et prit l’habit de St Benoît dans l’abbaye de St.-Guilhaume-du-Désert dans le diocèze de Laudèves. Et comme la dite place ne faisoit homage ny à roy ni à prince ny [n’étoit] 15 sujète à faire aucun tribut en nulle manière, le dit messire de Cœurnoir, souhaitant de perpétuer sa mémoire, donna à l’abbé et au monastère du dit lieu tant pour eux que pour leurs successeurs perpétuèlement, à sçavoir la haute seigneurie, ou haut domaine, avec charge que le dit seigneur de Châteauneuf et ses successeurs fairont homage et fidélité au dit sieur abbé de St-Guilhaume et à ses successeurs, que les seigneurs du dit Châteauneuf payeront toutes les années une vache-caille 16, ou de diverse couleur, à l’abbé de St-Guilhaume le jour et feste du dit saint 17, qu’à chaque changement de seigneur et d’abbé, le seigneur de Château-neuf sera tenu, à la réquisition du dit abbé, de livrer la clef de la forteresse à l’abbé de Saint-Guilhaume comme seigneur et supérieur de la dite place, lequel faira arborer dessus la dite forteresse la bannière de St-Guilhaume et faira crier à haute voix par plusieurs personnes : « Voicy l’étandar de St-Guilhaume » ; et, incontinent que le dit abbé aura pris possession de la dite place, il sera tenu de la restituer au dit seigneur. L’instrument est fait en l’an susnommé et marqué par A.

Tiré du livre O de messire Melchion de Simiane, fol. 116, et, quoyqu’il aye mis dans son livre [que] l’instrument fut fait en l’an dessus nommé, la dite année n’a point été marquée et a été oubliée » 18.

Étant donné que Melchior de Simiane fut seigneur de Châteauneuf de 1506 à 1536 19, cette version de l’histoire remonte au moins à la troisième décennie du XVIe siècle.

Actuellement, il ne reste aucune trace de Guillaume au Cœur Noir dans les chartes de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert; et il en était de même, en toute probabilité, vers la fin du XVIIe siècle quand dom Jean Magnan faisait des recherches sur l’histoire de ce monastère. Néanmoins, cet historien trouva quelques renseignements sur Châteauneuf-de-Gadagne et les inséra dans sa Chronologia abbatum Sancti Guillelmi de Desertis in dioecesi Lodovensi, qu’il acheva en 1700. D’après Magnan, le lien de dépendance entre Châteauneuf et l’abbaye fut créé de la façon suivante :

Quidam miles, a corde nigro dictus, socius armorum sancti Guillelmi, audi[e]ns quod dictus Guillelmus monasterium construxisset et in eo habitum sumpsis[s]et religionis, voluit imitari eum et factus est monachus in eodem coenobio, afferens pro dote Castrum Novum, dictum jam castrum papale, quia deinde datum fuit hoc castrum a quodam ex nostris abbatibus summo pontifici, qui sedebat tunc Avenione, quod eques a corde nigro coeperat 20 super Sarracenos, unde pariter fuerat factus dominus in Comitatu Venaissini. Dux Gadaniae possidet nunc hoc castellum, quod valet ducentos saltem mille libras et solvit Camerae apostolicae pro laudimio quindecim circiter millia librarum. Abbas Sancti Guillelmi ibat ad unumquemque novum dominum positurus vexillum cum armis Sancti Guillelmi super altiorem turrim hujusmodi castri ; et dominus dabat ei pro censu annuatim vaccam caillolam 21, id est diversi et varii coloris, cum quadam summa argenti ; et hoc posset redimi et facile retrahi a nobis per arresta Parlamenti Aquensis 22.

Ce passage peut se traduire ainsi :

« Un certain chevalier, dit au Cœur Noir, compagnon d’armes de saint Guillaume, apprenant que ledit Guillaume avait construit un monastère et y avait pris l’habit, voulait l’imiter ; et il se fit moine au même monastère, apportant en dot Châteauneuf, appelé maintenant castrum 23 papal ; car ensuite un de nos abbés donna au souverain pontife, qui siégeait alors à Avignon, ce castrum que le Chevalier au Cœur Noir avait pris aux Sarrasins. Et c’est pour cette raison qu’on l’avait fait seigneur, au Comtat Venaissin. Maintenant le duc de Gadagne 24 possède ce castrum 25, qui vaut au moins deux cent mille livres ; et il paya à la Chambre apostolique, à titre de lods 26, environ quinze mille livres. A chaque changement de seigneur, l’abbé de Saint-Guilhem allait planter le drapeau aux armes de Saint-Guilhem sur la plus haute tour de ce castrum ; et le seigneur lui donnait, à titre de cens annuel, une vache-caille, c’est-à-dire de couleurs diverses et variées, avec une certaine somme d’argent ; et ceci pourrait être racheté et nous être retiré sans difficulté par des arrêts du Parlement d’Aix ».

En lisant les explications de ces auteurs, on a bien l’impression qu’un seul héros s’est scindé en deux ; car, quand un des chevaliers s’appelle Guillaume, l’autre est sans prénom. D’après les commentateurs vauclusiens, Guillaume au Cœur Noir était le compagnon d’armes du prince d’Orange; d’après l’auteur gellonais, le Chevalier au Cœur Noir se fit moine à l’abbaye de Saint-Guilhem en suivant l’exemple de son compagnon, saint Guillaume. Mais saint Guillaume était seigneur d’Orange avant de fonder l’abbaye qui porte son nom, si l’on accepte la tradition rapportée dans sa biographie latine, la Visa sancti Willelmi 27, et dans les chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange 28. Le futur saint Guillaume prend la ville d’Orange aux Sarrasins avant de s’y installer exactement comme Guillaume au Cœur Noir s’empare de Châteauneuf et y fixe sa résidence. Toutefois, le héros épique s’appelle Guillaume al Cort Nes (« au Court Nez ») ou al Corb Nes (« au « Courbe » Nez ») dans les épopées françaises. Comment concilier ces épithètes avec le cœur noir ?

Dans le Roman d’Arles, épopée occitane qui date de la fin du XIIIe siècle ou de la première moitié du XIVe 29, Guillaume al Cor Nier fait montre de sa vaillance au cours du quatrième siège d’Arles 30. La même épithète est camouflée par une correction erronée dans la Chanson de la Croisade albigeoise à l’endroit où il est question des souffrances de Guillaume au siège d’Orange 31, passage qui figure dans la partie anonyme, commencée en 1228 selon toute vraisemblance 32. En outre, « Giellmes au Cor Nier » se trouve à la rime dans le manuscrit franco-italien d’Aliscans 33, épopée française qui fut composée, selon toute probabilité, entre 1185 et 1200 34. Nous possédons douze manuscrits d’Aliscans, mais c’est la copie franco-italienne qui dérive le plus directement de l’archétype perdu 35. Les mots occitans qui se rencontrent dans ce manuscrit proviennent vraisemblablement d’un stade antérieur de l’évolution du texte.

Que signifie le cor nier de la tradition épique occitane ? Faut-il le rendre par « cœur noir » en se fondant sur les équivalents français et latins qu’en donnent Bastet, Morénas, Magnan et le rédacteur du Précis des archives ? Ou s’agirait-il plutôt d’un cor noir ? En occitan moderne, comme dans la langue des troubadours, le mot cor peut désigner un instrument à vent aussi bien qu’un cœur 36 ; et nier est probablement un terme de blason, étant donné que le cor de Guillaume ne joue aucun rôle significatif dans les textes conservés et qu’au Haut Moyen Age, les armoiries des princes d’Orange sont d’or au cor de chasse de sable 37. Le cor nes est attesté plus tard que le corb nes et provient d’une interprétation erronée de corb après la chute du b final devant la consonne initiale de nes 38, tandis que le corb nes, qu’il fût aquilin ou retroussé, ressemble au cor de chasse des armoiries adoptées par les descendants politiques du héros à demi légendaire que l’on regardait comme le premier prince d’Orange. Guillaume au Cœur Noir ne fait qu’un avec Guillaume du Cornet, ou au Cornet, attesté pour la première fois en 1561 dans un ouvrage du chanoine Jacques Isnard, le Livre blanc du vénérable chapitre de l’église cathédrale d’Orange 39. Sans avoir connu la Chronologia de Magnan, Bastet et d’autres historiens modernes ont traité le cœur noir comme l’équivalent du cornet 40 ; mais ils n’ont hasardé aucune explication de cette variante qui s’est glissée dans la légende. L’homonymie occitane entre le cœur et le cor semble leur avoir échappé.

Le cor noir n’avait aucune raison d’être héraldique à Château-neuf ; et, vers la fin du Moyen Age comme aujourd’hui, le cornet des princes d’Orange, était d’azur et non de sable 41. Selon toute vraisemblance, Guillaume au Cor Noir s’est dédoublé à Châteauneuf grâce au changement d’émaux à Orange. Au XVIe siècle, à l’époque où vivait Melchior de Simiane, il n’y avait plus de cor noir sur l’écu d’or du prince d’Orange. Guillaume au Cœur Noir semble n’appartenir qu’à Châteauneuf-de-Gadagne ; et, comme nous le verrons plus loin, il est fort probable que Magnan a tiré ses renseignements de sources gadagniennes.

Pourtant, les deux interprétations de l’épithète ne s’excluent pas ; et l’ambiguïté est peut-être voulue. Au Moyen Age, un cœur noir est un signe de mélancolie plutôt que de malveillance ; et, dans les chansons de geste françaises, Guillaume est accablé par la tristesse à plusieurs reprises. Les habitants de Châteauneuf ont peut-être conservé celle des deux interprétations qui n’avait cessé de convenir à Guillaume, tout en reportant l’épithète sur un autre personnage.

Comment contrôler les données fournies par Bastet et ses prédécesseurs ? Le caractère légendaire des conquêtes est évident, mais que dire de l’hommage que le seigneur de Châteauneuf devait prêter à l’abbé de Saint-Guilhem ? Pour traiter de ce problème dans l’histoire de Châteauneuf qu’ils publièrent en 1935, François Gimet et René Brémond durent se contenter de scruter les résumés des documents inventoriés dans le Précis des archives et une copie tardive d’une bulle du pape Jean XXII 42. Les chartes qui les auraient éclairés sur bien des points semblaient perdues à tout jamais jusqu’en 1984 quand les dernières descendantes des ducs de Gadagne offrirent la majeure partie de leurs archives familiales aux Archives départementales de Vaucluse. L’inventaire des 566 dossiers gadagniens n’était pas encore terminé en juin 1989 lorsque Claude-France Rochat-Hollard, conservateur des Archives, eut la gentillesse de me montrer les brouillons de ses classements. A l’aide de ces brouillons et de l’inventaire dactylographié que l’on a mis à ma disposition en 1990, j’ai pu repérer toutes les chartes et copies conservées dans le fonds Galéan de Gadagne.

Vers la fin du XVIIIe siècle, les papiers de famille que Gimet et Brémond ont pu consulter se trouvaient à Avignon, à l’hôtel de Gadagne, où résidait Françoise-Charlotte-Gabrielle de Fortia de Montréal, duchesse douairière de Gadagne. Ces papiers furent saisis après la mort de celle-ci en 1796 et ont été conservés depuis (sauf quelques soustractions faites par Agricol de Fortia d’Urban) dans la série E aux Archives départementales. Les nouveaux documents, qui constituent la partie la plus importante des archives familiales en question, proviennent du château de Montellier, à Courthézon, propriété de la famille d’Augier, puis, au XIXe siècle, des derniers ducs de Gadagne. Sans la générosité de la marquise de Galard l’Ile et de sa fille, nous serions toujours privés de la seconde partie des dossiers gadagniens 43. Ces nouveaux dossiers nous donnent accès à sept documents relatifs au lien féodo-vassalique entre Châteauneuf-de-Gadagne et l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert. Je les commenterai en me référant aux annexes où le lecteur trouvera les textes latins suivis d’une traduction.

Le premier document (annexes I et II, n° 1) 44 date de 1200 (ou peut-être de 1201, nouveau style). En cette année, au mois de mars 45, Hugues III de Fozières, abbé de Saint-Guilhem-le-Désert, vint à Châteauneuf avec les membres les plus importants de la communauté monastique pour demander à Giraud Ier Amic, seigneur de Châteauneuf, de reconnaître ce fief qu’il possédait au nom de saint Guillaume, de montrer la fidélité qu’il devait à l’abbé et aux moines et de payer la redevance annuelle d’une vache pie, redevance que l’on avait négligé de payer depuis longtemps. Consternation à Châteauneuf. Giraud Amic s’en va délibérer avec ses fils, ses chevaliers et ses fidèles, qui sont des vieillards. Néanmoins, après avoir comparé la tradition commune avec les affirmations des hommes modernes et le vieux récit de ses prédécesseurs, il cède à la demande de l’abbé. Ce seigneur reconnaît également qu’il est censé rendre son castrum à l’abbé, qui le lui restituera immédiatement; et on rétablit cette cérémonie d’investiture le jour même. En outre, il est décidé que chaque successeur de Giraud Amic fera hommage à l’abbé de Saint-Guilhem quand on le lui demandera en offrant une monture à l’abbé pour l’entretien. Quant à la vache pie, qui correspond à la vache-caille du Précis des archives, Giraud Amic promet que lui et ses successeurs la payeront tous les ans le jour de la fête de Saint-Guillaume. La vache sera envoyée sous la conduite d’un messager de Giraud Amic ; mais, si on la perd après la traversée du Rhône, il faudra la considérer comme payée. L’abbé promet en retour, pour lui-même et pour ses successeurs, de ne jamais aliéner ses droits de seigneurie à Châteauneuf et de ne les donner ni à religieux ni à laïc par nulle sorte d’échange. Cet acte fut validé par l’apposition du sceau de l’abbé (fig. 1) 46 au centre du bord inférieur de la charte.

Sur ce sceau, on voit l’abbé, debout, en chasuble et mitré. Il tient de la main droite le livre des Évangiles et de la main gauche, une crosse. La figure de l’abbé est entourée de la légende suivante : + S. ABBATIS. SANC… GVILELNI = Sigillum abbatis Sanc[ti] 47 Guilelni 48 « sceau de l’abbé de Saint-Guilhem ».

Ce document est validé également par une légende verticale, les lettres de l’alphabet de A à S, dont on voit la moitié supérieure sur le bord de gauche. On a transcrit deux originaux de cet acte sur la même feuille de parchemin en les séparant par la légende, qu’on a coupé en deux dans le sens de la longueur afin de donner une charte à chacune des parties contractantes. En d’autres termes, cet hommage de 1200/1201 est un chirographe scellé. L’exemplaire de droite est entré aux archives des seigneurs de Châteauneuf tandis que Hugues de Fozières a emporté l’exemplaire de gauche, qui a disparu.

Le seigneur qui prêta hommage à l’abbé Hugues était bien Giraud Ier et non son fils Giraud II. Giraud Ier Amic fit une donation au Chapitre de Notre-Dame des Doms à Avignon en juin 1200 et confirma cette donation en 1201 au mois de mars 49. Mais en mai 1202, Giraud II et son frère Pierre apparaissent seuls dans une vente faite au Temple et, en décembre 1202, dans un échange qu’ils font avec le comte de Toulouse. Par conséquent, Giraud Ier vivait encore en mars 1201 et mourut en 1201 ou 1202. L’hypothèse que Giraud II Amic aurait succédé à son père et prêté hommage à l’abbé en mars 1201 se heurte à lobjection que le Giraud Amic qu’il importe d’identifier consulta ses fils avant de prendre une décision non seulement avant de passer un accord avec l’abbé, mais aussi à propos de la donation de 1200 tandis que les fils de Giraud II, d’après le testament de celui-ci, auraient été bien trop jeunes pour donner des conseils à leur père en 1201 50.

Ni l’abbé de Saint-Guilhem ni le seigneur de Châteauneuf n’ont pu produire de chartes pour faire valoir leurs droits en 1200/1201. Faute d’actes authentiques ou prétendus tels, il leur a fallu s’en rapporter au vieux récit, oral ou écrit, des prédécesseurs de Giraud Ier et au témoignage des gens qui se souvenaient des traditions relatives à l’hommage en question. On voudrait connaître ce récit pour pouvoir le comparer avec l’histoire racontée par Melchior de Simiane. L’instrument dont celui-ci fait le résumé n’avait rien à voir avec la biographie qui la précède. Sans le savoir, le compilateur du Précis des archives en avait une copie 51, dont il sera question plus loin. Il s’agit dun acte de 1321 (annexes I et II, n° 6).

A quelle époque le vieux récit remonte-t-il ? A-t-on invoqué le souvenir de Guillaume au Cor Noir ? Ou a-t-on affirmé plutôt que Rostaing de Sabran, dit Giraud Amic, avait donné la terre de Châteauneuf à l’abbaye ? Le père Morénas rapporte les deux traditions et semble pencher pour la seconde. L’explication la plus prosaïque pourrait être la bonne ; mais nous n’avons pas assez de renseignements chronologiques et biographiques pour démontrer que Rostaing de Sabran, seigneur de Vedène et père de Giraud Ier, est jamais devenu seigneur de Châteauneuf. Ce Rostaing, qui est cité dans les actes de 1131 à 1173 52 épousa en premières noces Constance Amic, fille de Giraud Amic, seigneur de Vedène, et prit ensuite le nom de Giraud Amic. Morénas, ou sa source, confond le beau-père avec le père 53.

De toute facon, si Rostaing avait l’habitude d’offrir une vache à l’abbaye de Saint-Guilhem, il n’en dit rien à son fils. Giraud Ier se sentait fort désemparé devant les revendications de l’abbé, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait qu’en 1162 Châteuneuf lui avait été inféodé par Raimond V, comte de Toulouse et marquis de Provence, qui avait gardé pour lui les droits de justice et d’albergue qu’il possédait à Châteauneuf 54. En d’autres termes, le comte de Toulouse avait le droit de gîte à Châteauneuf et profitait du privilège d’y exercer la justice. Marié en 1152 avec Galburge, fille de Guillaume Rainon du Caylar près de Lodève, Giraud Ier semble avoir passé une vingtaine d’années en Languedoc avant de venir s’installer à Châteauneuf 55. S’il ne se rendait pas compte qu’il devait prêter hommage à deux seigneurs, c’était probablement parce que la tradition féodale du lieu lui paraissait trop vague ou lui était complètement inconnue. Nous n’avons pas de renseignements sur les seigneurs de Châteauneuf avant l’investiture de Giraud Ier. Gimet et Brémond prétendent que le château de ce castrum fut construit par Giraud Ier vers 1150 56 ; mais l’église Saint-Jean de Châteauneuf figure parmi les prieurés de l’abbaye de Saint-Ruf à Avignon en 1123 57. Manteyer suppose que ce château fut élevé à la même époque que celui de Châteauneuf-du-Pape, c’est-à-dire au XIe siècle 58 ; mais aucun document ne vient confirmer cette hypothèse. De toute façon, il est probable que le vieux récit et le lien de dépendance entre Châteauneuf et l’abbaye de Gellone remontent assez haut, sinon à l’époque de saint Guillaume lui-même ; car l’absence de preuves écrites en 1201 s’explique vraisemblablement par l’incendie qui détruisit le chartrier de Gellone vers 1070 59. Par contre, les comtes de Toulouse ne sont ni comtes ni marquis de Provence avant le XIe siècle ; et ce n’est qu’à partir du début du XIIe qu’ils sont en mesure de faire reconnaître leur suzeraineté sur les seigneurs comtadins 60. En somme, il semblerait qu’il y ait un grain de vérité dans la belle histoire conservée par Melchior de Simiane.

On sait depuis longtemps que l’abbé Hugues III avait un successeur dès 1204 61, mais l’hommage de 1203/1202 montre que Pierre III était déjà installé sur la chaire abbatiale à la fin de l’année précédente, sinon plus tôt. D’après l’hommage de 1200/1201, Pierre Raimond fut prieur de Saint-Pierre de Sauve avant de devenir abbé de Saint-Guilhem.

Sceau de l'abbé Hugues III de Fozières
Fig. 1 Sceau de l'abbé Hugues III de Fozières
(cliché : Arch. dép. de Vaucluse).
Sceau de l'abbé Pierre III Raimond
Fig. 2 Sceau de l'abbé Pierre III Raimond
(cliché : Arch. dép. de Vaucluse).
Sceau de Giraud II Amic, avers
Fig. 3 Sceau de Giraud II Amic, avers
(cliché : Arch. dép. de Vaucluse).
Sceau de Giraud II Amic, revers
Fig. 4 Sceau de Giraud II Amic, revers
(cliché : Arch. dép. de Vaucluse).
Sceau de Giraud II Amic, avers
Fig. 5 Sceau de Giraud II Amic, avers
(cliché : Arch. dép. de Vaucluse).
Sceau de Giraud II Amic, revers
Fig. 6 Sceau de Giraud II Amic, revers
(cliché : Arch. dép. de Vaucluse).
Sceau de l’abbé Guillaume III de Roquefeuil
Fig. 7 Sceau de l’abbé Guillaume III de Roquefeuil
(cliché : Cornell University Photo Services).

Giraud II Amic succéda à son père Giraud Ier en 1201 ou 1202 62 ; et, en 1202 ou 1203, au mois de décembre 63, Pierre III Raimond, abbé de Saint-Guilhem, se rendit à Châteauneuf pour recevoir l’hommage de Giraud II selon les stipulations de l’accord de 1200/1201, ce qui indique que le monastère avait changé d’abbé entre 1200 et 1203. Cet acte (annexes I et II, n° 2) 64 est transcrit au bas de l’hommage de 1200/1201, où les sceaux de Pierre Raimond (fig. 2) 65 et du seigneur de Châteauneuf (fig. 3-4) 66 sont appendus à gauche et à droite du sceau de Hugues de Fozières. Sur le sceau de gauche, on lit : S.P.R. ABB. IS SCI. WILLI = Sigillum P.R., abb[at]is Sancti Willelmi « sceau de P.R., abbé de SaintGuilhem ». Debout, tête nue et en chasuble, Pierre Raimond tient sa crosse de la main droite et le livre des Évangiles, de la main gauche. Le sceau de droite est celui de Giraud Amic. A l’avers (fig. 3), ce seigneur est à cheval, galopant à gauche, l’épée levée. Il porte un casque conique. Sur son écu, on ne voit que quelques traces du lion des Sabran ; mais, au revers, le lion passant à droite se distingue clairement. A cette époque, les seigneurs de Châteauneuf étaient de la maison de Sabran, dont les armoiries sont de gueules au lion d’argent. Quant aux légendes, c’est à peine si l’on peut en déchiffrer quelques lettres : à l’avers, SIG et LDE, au revers, M ( ?) : GVI ( ?) et ICI. Avec beaucoup d’hésitation, on pourrait reconstituer une partie de la deuxième légende comme suit : [SIGILLV]M : GVI[RALDI : AM] ICI « sceau de Giraud Amic ».

Sceau de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert revers
Fig. 8 Sceau de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert revers (cliché : Cornell University Photo Services).
Sceau de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert avers
Fig. 9 Sceau de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert avers (cliché : Cornell University Photo Services).

Dans un document de 1202-1204 (annexes I et II, n° 3) 67, Pierre Raimond et Giraud Amic envoyèrent au pape Innocent III une copie des hommages de 1200/1201 et 1203/1202 en lui demandant de confirmer l’accord de 1200/1201 et de la valider par l’apposition de son sceau, de sorte que rien n’y pût être changé, ni par eux ni par leurs successeurs. Ils y appendirent leurs sceaux.

A présent, il ne reste qu’un fragment du sceau de Giraud Amic (fig. 5-6) 68, et le sceau de l’abbé, qui se trouvait à gauche de celui de son vassal, est perdu. Le fragment conservé ressemble de très près au sceau que Giraud II attacha à l’hommage de 1203/1202, mais il a été fait avec une autre matrice. La matrice utilisée pour le premier sceau était peut-être celle de Giraud Ier, étant donné qu’un changement de sceau est parfois en retard sur un changement de seigneur 69. Malheureusement, les légendes ont complètement disparu.

Ce document non daté a été rédigé en décembre 1202 au plus tôt. Le compilateur du Précis des archives le date du mois de mars 1204 70 ; mais il semble avoir tiré du mois de la date de la copie insérée dans la lettre. De toute façon, l’abbé et Giraud II avaient intérêt à ne pas attendre trop longtemps après l’hommage de 1203/1202 pour envoyer leur lettre au pape. La charte doit dater de 1204 au plus tard.

Parmi les nouveaux documents gadagniens, on trouve une autre copie sur parchemin des hommages de 1200/1201 et 1203/1202 71. A en juger par l’écriture, cette seconde copie est aussi du XIIIe siècle.

Le troisième hommage conservé dans le fonds Galéan de Gadagne (annexes I et II, n° 4) 72 date du 17 janvier 1244 (ou peut-être 1245, nouveau style). Ce jour-là, dans la salle capitulaire de l’abbaye de Saint-Guilhem, Giraud III Amic 73 et l’abbé Guillaume III de Roquefeuil renouvelèrent l’accord de 1200/1201, en y ajoutant quelques précisions. Giraud III reconnaît qu’à chaque changement de seigneur ou d’abbé, lui et ses successeurs seront tenus de rendre le castrum à l’abbé, à la condition que celui-ci le restitue immédiatement au seigneur qui le lui aura donné. L’abbé s’engage à ne pas aliéner, ni donner, ni vendre ses droits de seigneurie à Châteauneuf, et Giraud III prend la peine d’énumérer toutes les catégories d’échanges qui sont interdites ainsi que tous les genres de personnes physiques et morales avec lesquels l’abbé et ses successeurs ne doivent pas faire ces échanges. Cette prohibition s’applique à la communauté monastique aussi bien qu’à l’abbé, qu’ils agissent ensemble ou séparément. Tout transfert de propriété en contravention avec cet accord sera considéré comme nul et non avenu de sorte que Giraud III et ses successeurs puissent continuer à prêter hommage et à rendre des services à l’abbé et au monastère comme par le passé. La seigneurie du castrum de Châteauneuf restera entièrement en la possession du monastère et doit rester intacte et sans aucune diminution irrévocablement.

Deux sceaux sont appendus au document, celui de Guillaume de Roquefeuil et celui de la communauté monastique. Le sceau de l’abbé (fig. 7) 74 porte la légende suivante : [+] S. GVILL’I. AB[BA]TIS. SCI. GVILL’I = Sigillum Guillelmi, ab[ba]tis Sancti Guillelmi « sceau de Guillaume, abbé de Saint-Guilhem ». Guillaume III est debout, mitré et en chasuble. Il tien sa crosse de la main droite et de la main gauche, le livre des Évangiles.

A droite du sceau de l’abbé se trouve le plus ancien sceau connu de l’abbaye de Saint-Guilhem 75 avec, au revers (fig. 8) 76, une représentation du prieur et la légende [+] SIGILL’M : CON[VENTVS : MON SC]I GVILL'[MI] = sigillum con[ventus monasterii Sanct]i Guillelmi « sceau de la communauté du monastère de Saint-Guilhem ». Pour reconstituer cette légende, je me suis fondée sur l’emploi répété de l’expression conventus monasterii dans le document même et sur des sceaux provenant des abbayes bénédictines de Saint-Victor de Marseille, Saint-Pierre de Montmajour, Saint-Honorat de Lérins et Saint-Pierre de Moissac 77, Le prieur, debout, habillé d’une robe à capuchon et coiffé d’une barrette, tient de la main droite un faisceau de verges, symbole de la discipline monastique 78, et de la main gauche, le livre des Évangiles. D’après la liste des témoins à la fin du document, le prieur claustral s’appelait Pierre Guen, ou peut-être Pierre Guerre. Le nom de famille est difficile à déchiffrer.

A l’avers (fig. 9) 79 on voit Guillaume à cheval, galopant à gauche. Coiffé d’un casque conique, le héros tient une lance à pennon ; et son cor de chasse est suspendu à son dos. Sa tunique, qui flotte derrière sa jambe et l’éperon attaché à son pied, dépasse le bord inférieur d’un vêtement qui doit être une cotte de mailles 80 ; et la pointe du fourreau où se trouve son épée est visible à droite de la pointe de son écu 81. Sur cet écu on aperçoit les traces d’un lion couronné et, sous le ventre du cheval, une fleur de lis. En outre, le pennon est peut-être orné d’un lion très schématique. Actuellement, la légende est très incomplète, mais on peut toujours lire : + SIG… GVILL’EL = sig[illum]… Guillel[mi] 82. Il s’agit probablement d’une version abrégée de la légende utilisée au revers.

Dans le fonds Galéan de Gadagne, on trouve quatre copies de la charte de 1244/45 : une copie partielle sur parchemin, qui date du XIIIe siècle en toute probabilité 83, et trois copies sur papier, à savoir une copie certifiée d’un vidimus du 7 septembre 1682 84 et deux copies certifiées d’une autre copie conservée aux archives du Palais des Papes d’Avignon au XIIIe siècle 85. Louis-Gabriel de Tarente de Cabanes, prévôt de l’Église métropolitaine d’Avignon, vidima l’original en 1682 et commanda au notaire Maurice-Bernard Hugues d’en faire une ou plusieurs copies pour beaucoup de personnes, y compris le duc de Gadagne. Les deux copies du XVIIIe siècle furent faites par le notaire Bérard, et l’une d’elles est datée du 4 août 1736. L’autre copie est en mauvais état et ne porte pas de date. Le vidimus du 26 mars 1586, qui est mentionné dans le Précis des archives, semble être perdu 86.

Il ne semble pas que l’on ait changé d’abbé ou de seigneur en 1244/45. Pourquoi donc Giraud III s’est-il rendu à l’abbaye de Saint-Guilhem pour reconnaître son fief et faire cet accord avec Guillaume III de Roquefeuil ? On se demande si Giraud II Amic et son successeur, Giraud III, avaient refusé de prêter hommage à Guillaume de Roquefeuil parce que cet abbé, installé par un seigneur laïc en 1219, n’avait pas été régulièrement élu. Tout porte à croire que Guillaume III a été installé par un coup de force et que cette voie de fait a été régularisée plus tard. La querelle suscitée par cette prise de pouvoir s’apaisa entre 1228 et 1236, et Guillaume III continua à gouverner le monastère jusqu’à sa mort en 1248 87.

Sur le sceau du monastère, Giraud III aurait vu Guillaume au Cor Noir ou au Cornet, et non Guillaume au Cœur Noir. Un chevalier pourrait se servir de son cor de chasse pour rallier ses hommes, mais il n’est pas normal de représenter le cor sur un sceau équestre du type de guerre. On s’attendrait plutôt à trouver cet instrument sur le type équestre de chasse 88, d’où l’on peut conclure que le cornet est bien un attribut de Guillaume qui permet de le différencier d’autres saints. Ce cornet est un rappel du cor de chasse héraldique qui figure sur l’écu des princes d’Orange. Pourquoi n’y a-t-il pas de cornet sur l’écu de Guillaume ? Vraisemblablement parce que les moines voulaient établir une distinction héraldique entre l’abbaye et la principauté d’Orange en accordant à Guillaume les armoiries ecclésiastiques qu’il méritait après avoir fondé une abbaye. Puisque le Guillaume historique vivait trois siècles avant l’époque héraldique, il n’avait pas d’écu armorié ; mais cela n’aurait pas empêché les princes d’Orange et les moines de Gellone de lui attribuer des armoiries qu’ils pouvaient utiliser eux-mêmes ensuite. Le lion se distingue mal sur la surface usée de l’écu de 1244/45 ; mais deux morceaux triangulaires de la couronne sont bien visibles près du bord supérieur de l’écu ; et, quand on regarde la cire de très près, on aperçoit le tracé du corps et des pattes du lion. Ce lion héraldique orne l’écu de Guillaume sur le sceau de la Cour de Justice de l’abbaye au XVe siècle et sur les sceaux du monastère aux XVIIe et XVIIIe siècles 89.

Guillaume IV des Deux-Vierges devint abbé de Saint-Guilhem vers 1249 90, mais le seigneur de Châteauneuf ne fit hommage à l’abbé qu’en 1258, d’après le Précis des archives : « Par acte passé dans l’abbaie de St-Guilhaume de l’année 1258, le seigneur de Châteauneuf passe reconnoissance et homage à l’abbé de la dite abbaie sous les conditions énoncées dans les homages cy-dessus. Parchemin cotté n° 10 91. » Ce parchemin semble être perdu.

D’après une charte du 13 mars et du 12 avril 1268 92, le seigneur de Châteauneuf devait non seulement une vache, mais aussi une albergue à l’abbaye de Saint-Guilhem. Vers la fin de ce long document qui concerne les libertés, immunités et franchises que Giraudet Amic accorda aux habitants de Châteauneuf un mois après une réunion du parlement de ce village, il est question de ces redevances féodales et de certaines négociations faites par les syndics :

« Super alberga etiam convenerunt cum dicto domino Giraldeto, et ipse cum eis, quod, [tam] 93 pro alberga et nomme alberge quam pro [vacha] quam dictus dominus Giraldetus prestat singulis annis monasterio Sancti Guillelmi de Deserto ratione castri Castrinovi predicti, quant vacham aserebat dictant universitatem teneri ad solvendum et dicti sindici negabant, quod, pro predicta vacha seu prestatione vache, et pro alberga predicta quam confitentur [se tenert solvere eidem vel monasterio], universitas predicta et homines dicte universitatis teneantur in futurum dare et solvere dicto domino Giraldeto et ejus successoribus in futurum sex libras turonenses de cors, solvendas singulis annis in festo sancti Michaelis, ad quam albergam solvendam in dicto termino dictus dominus Giraldetus et ejus successores in futurum possit 94 et possint compellere universitatem predictam et homines dicte universitatis auctoritate propria eo modo quo compellere voluerit vel voluerint et hoc sine licentia judice vel pretoris ».

Cette clause peut se traduire comme suit :

« En outre, en ce qui concerne l’albergue, ils [= les syndics] ont convenu avec le seigneur Giraudet, et lui avec eux – tant pour l’albergue et à titre d’albergue que pour la vache que ledit seigneur Giraudet fournit tous les ans au monastère de Saint-Guilhem-le-Désert à cause du castrum dudit Châteauneuf, vache qu’il soutenait que ladite communauté était tenue de payer, ce que niaient lesdits syndics – que, pour lesdites vache et prestation de vache, et pour ladite albergue qu’ils avouent être obligés de lui payer ou de payer au monastère, ladite communauté et les hommes de ladite communauté seront tenus à l’avenir de donner et de payer audit seigneur Giraudet et à ses successeurs six livres tournois au cours, somme qu’il leur faudra payer tous les ans le jour de la fête de saint Michel 95 ; et ledit seigneur Giraudet et ses successeurs pourront, de leur propre autorité, forcer ladite communauté et les hommes de ladite communauté à payer cette albergue à la date susdite de quelque manière qu’ils veuillent les forcer, et cela sans la permission d’un juge ou d’un prévôt

D’après ce passage, le seigneur, aidé par la communauté, peut racheter l’albergue, c’est-à-dire le droit de gîte, en donnant une somme d’argent au monastère. Quant à la vache, c’est le seigneur lui-même qui doit l’offrir à l’abbaye de Saint-Guilhem. Dans son résumé de la charte de 1268, le compilateur du Précis des archives parle, à tort, de « l’albergue d’une vache » 96. Comme nous l’avons vu, il s’agit de deux redevances féodales bien distinctes. Dom Magnan, qui a peut-être connu ce document, ne se trompe pas sur la nature du cens à payer ; mais il confond le Parlement d’Aix, créé en 1501, avec le Parlement de Châteauneuf. Ce Parlement se composait des chefs de famille du village et élisait deux syndics pour l’administration de leurs affaires. A l’origine, cette assemblée désignait deux syndics pour chaque affaire, comme c’est le cas ici. Le Parlement déterminait les impôts que les habitants devaient payer au seigneur comme, par exemple, le vingtain accordé à Giraudet dans ce document 97.

Giraudet Amic n’est pas Giraud III, comme le pensent Gimet et Brémond 98. Giraud III était fils de Giraud II et de Tiburge de Baux, alors que la charte de 1268 nous apprend que les parents de Giraudet s’appelaient Giraud et Roselyne. Giraudet doit être le fils ou le petit-fils de Giraud III. Gimet et Brémond affirment que Giraud III avait épousé Thérèse Gaucelin de Sabran-Uzès et leur donnent comme deuxième fils le Rostaing de Sabran qui fit hommage à l’abbé de Saint-Guilhem en 1321 et qui, selon eux, avait pour femme Raimbaude de Simiane 99 ; mais le notaire qui rédigea les documents relatifs à cet hommage indique de façon très précise les noms des parents de Rostaing, à savoir Giraud Amic et Raimbaude de Simiane (annexes I et II, n°s 7-8). Induits en erreur par un des résumés du Précis des archives 100, Gimet et Brémond ont pris la mère pour l’épouse. Puisque la généalogie des seigneurs de Châteauneuf est à refaire, il se peut que les hommages de 1244/45 et de 1258 et les transactions de 1268 s’expliquent par un changement de seigneur à Châteauneuf.

Plus d’un demi-siècle après ces transactions, Raimond V de Sérignac, qui devint abbé de Saint-Guilhem en 1320 101, alla à Châteauneuf pour des cérémonies d’investiture qui nous sont connues par deux actes dressés dans la forteresse de Châteauneuf, le 24 novembre 1321 (annexes I et II, n°s 7-8) 102. Ce jour-là, Rostaing de Sabran, seigneur de Châteauneuf, reconnut son fief et prêta hommage à l’abbé ; et les deux parties prirent les mêmes engagements que Giraud III et Guillaume de Roquefeuil en 1244/45. En outre, le seigneur Rostaing remit à l’abbé, comme symbole de seigneurie, la clef de la tour de Châteauneuf. Ayant fait ouvrir la tour avec cette clef, l’abbé fit planter sa bannière au sommet de la tour. A la demande de l’abbé, beaucoup d’hommes montèrent sur la tour pour crier le ou les cris de guerre de saint Guillaume. Après cette prise de possession symbolique, l’abbé rendit la clef au seigneur Rostaing.

A la différence des autres hommages, celui de 1321 est écrit à la troisième personne et est authentifié par le seing manuel du notaire. Les Archives départementales de Vaucluse possèdent l’original sur parchemin et deux copies certifiées sur papier, lesquelles datent du 20 juin 1609 et du 21 mars 1692 103. L’original de la charte concernant la remise de la clef est perdu, mais on trouve parmi les nouveaux documents gadagniens deux copies certifiées de 1609 104. La copie du 30 juin est faite d’après une autre copie; celle du 3 août, d’après l’original. C’est cette dernière que j’ai choisie pour l’édition. L’original fut validé par le seing manuel du notaire ; et la copie, par le sceau de la cour temporelle d’Avignon. Ce sceau de cire, sur lequel on peut distinguer les deux clefs en sautoir de l’Église, est recouvert de papier et collé au document. L’ancienne cote des deux copies est n° 2, A. Le contenu du document indique que c’est bien « l’instrument.., fait en l’an susnommé et marqué par A » dont parle Melchior de Simiane ; mais ce seigneur, qui mourut en 1536, a dû consulter l’original.

Selon dom Magnan, on arborait l’étendard aux armes de Saint-Guilhem. D’après ce que j’ai pu découvrir sur les armoiries de l’abbaye, les habitants de Châteauneuf auraient vu un drapeau au lion. Si les émaux attestés sur une des fresques de la tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines sont authentiques 105, c’était un lion de sable sur fond d’argent.

Melchior de Simiane pense que l’on a crié : « Voici l’étendard de saint Guillaume » ; mais il n’a pas compris le mot signum, qui signifie « cri de guerre », et non « étendard », dans la description de cette cérémonie où l’on utilise un seul drapeau et un ou plusieurs cris de guerre, le signum ou les signa de saint Guillaume 106. Les hommes de l’abbé ont-ils crié i »Monjoie ! », comme Guillaume et ses hommes dans les épopées françaises ? Cela n’est pas impossible, mais on ne peut rien préciser sur la nature des cris en question.

Les armoiries et les cris de guerre de l’abbaye sont ceux de son fondateur, qui fut aussi le premier abbé, à en croire les chartes de 1244/45 et 1321. D’après l’hommage de 1321, le seigneur de Châteauneuf possède son fief « au nom du bienheureux Guillaume, confesseur du Christ, et de tous ses successeurs qui, dans la suite des temps, ont dirigé et gouverné ledit monastère canoniquement et qui, à l’avenir, dirigeront et gouverneront ce monastère » ; et on retrouve à peu près le même langage dans la charte de 1244/45. Par contre, en 1200/1201, le seigneur possédait ce fief « au nom du bienheureux Guillaume, confesseur, et de l’abbé et de tous ses successeurs qui, dans la suite des temps, auront gouverné canoniquement le monastère dudit confesseur ». Les moines semblent avoir modifié ce texte afin de souligner leur indépendance vis-à-vis de l’abbaye d’Aniane. La querelle qui opposa les deux abbayes dans la seconde moitié du XIe siècle et probablement aux deux siècles suivants, se perpétua, au moins de façon platonique, jusqu’au XVIIIe siècle 107.

Les formules dont il vient d’être question signifient-elles que saint Guillaume est censé avoir donné le fief de Châteauneuf à l’abbaye ? Cela n’a rien d’invraisemblable, car les formules du Cartulaire de Gellone sont beaucoup plus simples : on reconnaît tenir en fief du monastère de Saint-Guilhem, ou de l’abbé et du monastère, telle ou telle propriété, sans faire mention des prédécesseurs ou des successeurs de l’abbé 108. Par conséquent, tout porte à croire que, même à l’abbaye, on racontait que Guillaume au Cor Noir avait pris le castrum de Châteauneuf aux Sarrasins et que l’abbé Hugues de Fozières avait fait fond sur cette tradition pour réclamer l’hommage de Giraud Amic.

En dépit de tous les engagements pris dans les chartes qui sont arrivés jusqu’à nous, l’abbé et la communauté de Saint-Guilhem-le-Désert finirent par aliéner le fief de Châteauneuf en le donnant à leur propre suzerain, le pape Jean XXII. Par une bulle du 1er décembre 1323 (annexes I et II, n° 9) 109, ce pontife transféra au Comtat Venaissin et à l’Église romaine ce castrum et tous les droits, juridictions et biens que l’abbé Raimond de Sérignac et son monastère y avaient, et promit à l’abbé et au monastère la compensation qui leur était due en échange. Au dire de leur procureur, ils voulaient se débarrasser de Châteauneuf parce qu’ils en tiraient peu de profit, vu l’éloignement de ce village.

Le sceau du pape a disparu ; mais, au bas du parchemin, on voit toujours les restes des attaches de soie rouge et jaune. Aux Archives de Vaucluse, j’ai repéré deux copies de cette bulle, toutes les deux sur papier 110. A en juger par l’écriture, elles doivent dater du XVIIe ou du XVIIIe siècle. Celle de la série E est une copie d’un deuxième original en date du 12 décembre 1323 : « Donné à Avignon, le 2 des ides de décembre, huitième année de notre pontificat » 111. Et le copiste ajoute : « Et au dos on lit : « Écrit pour da Vigone avec le sceau de plomb de notre très saint seigneur le pape Jean XXII, à l’effigie des très saints apôtres Pierre et Paul » » 112. Il s’agit vraisemblablement de Pietro Ponzilio da Vigone, le notaire public qui a écrit et signé les deux chartes de 1321.

D’après ce que nous savons sur les redevances féodales que le seigneur de Châteauneuf devait à l’abbé, Raimond V et ses moines n’eurent pas tort de demander cet échange de biens au pape Jean XXII. Même s’ils acceptaient la tradition selon laquelle Guillaume ou un de ses compagnons d’armes avait offert le domaine de Châteauneuf à l’abbaye, ils ne se seraient pas sentis obligés de conserver ce fief, puisqu’ils croyaient que Guillaume leur avait donné un grand nombre de terres en Languedoc 113 Il n’est pas impossible, cependant, qu’ils aient agi de connivence avec le pape, qui avait tout intérêt à s’emparer de ce castrum enclavé dans le Comtat.

Le 25 janvier 1324, au palais épiscopal d’Avignon, Rostaing de Sabran accepta l’aliénation parce que le souverain pontife ne figurait pas parmi les personnes à qui il ne fallait pas céder cette propriété ; promit de donner annuellement, à la fête de saint Pierre et saint Paul 114, une vache pie au recteur du Comtat, à Carpentras; et fit hommage au pape Jean XXII 115.

A partir de 1358, la vache pie fut remplacée par une somme d’argent. En 1665, cette vache fit l’objet d’une discussion entre François II de Simiane, seigneur de Châteauneuf, et le Parlement de ce village. A la fin de ces délibérations, le Parlement de Châteauneuf consentit à contribuer la somme de deux écus pour cette redevance 116. On voit que dom Magnan a fait une erreur chronologique. C’est le pape qui recevait une somme d’argent à la place de la vache, et non l’abbé de Saint-Guilhem.

Le 24 juillet 1371, Giraud VI Amic vendit le fief de Châteauneuf à Guiran VII de Simiane pour le prix de 6 000 florins d’or 117. Le 13 février 1669, François II de Simiane, céda ce fief à Charles-Félix de Galéan, comte de Gadagne, pour le prix de 68 000 écus (= 204 000 livres), plus 9 000 écus (= 27 000 livres) de lods à la Chambre apostolique 118. Seul le deuxième chiffre indiqué par don Magnan est inexact. Puisque Charles-Félix de Galéan devint duc de Gadagne le 30 novembre 1669, lorsque Châteauneuf fut érigé en duché par le pape Clément IX 119, dom Magnan a dû recueillir ses renseignements entre 1669 et 1700, date de l’achèvement de sa Chronologia. Ce duc de Gadagne mourut en 1701.

Qu’est-ce qui a amené dom Magnan à consulter des sources gadagniennes ? Impossible de le savoir. Mais il ne semble pas qu’il ait pu trouver beaucoup de renseignements à l’abbaye. Dom Joseph Sort ne parle point de Châteauneuf dans ses Annales Gellonenses, qu’il termina en 1705 120 ; et on ne trouve rien sur ce fief dans le grand inventaire dressé en 1783 121. Les moines ont dû se débarrasser des documents pertinents après l’aliénation du fief.

Quant à la vache pie, il suffit de la suivre pour connaître les grandes lignes de l’histoire du lien féodo-vassalique entre le seigneur de Châteauneuf-de-Gadagne et l’abbaye de Saint- Guilhem-le-Désert : la légende de Guillaume au Cor Noir, les reconnaissances, les hommages, les cérémonies d’investiture, les redevances peu nombreuses et l’aliénation désolante. Mais la vache garde son mystère. Dans le Cartulaire de Gellone, on ne spécifie jamais la couleur d’un animal qui sert de redevance féodale. L’abbé tenait à recevoir cette vache un peu particulière, et le pape aussi. Quel rapport pourrait-il y avoir entre la vache-caille et le fondateur de l’abbaye ? Problème insoluble dans l’état actuel de nos connaissances. Tout ce que nous savons, c’est que le seigneur de Châteauneuf devait offrir la vache à l’abbé le jour de la fête de Saint-Guillaume.

NOTES

1.Histoire de la ville et de la principauté d’Orange, Orange, 1856, réimp. Marseille, 1977, p. 24.

2.Avignon, Archives départementales de Vaucluse (= ADV), 1 F 1.

3.D’après l’inventaire dactylographié de la série F, p. 1, Xavier Morénas rédigea les Notices vers 1780 ; mais cet auteur fait mention de la mort de l’abbé de Sade, survenue le 3 janvier 1778 (p. 694) ; et la version abrégée des Notices date de 1779 (Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2901). Morénas a dû achever la rédaction de son ouvrage entre ces deux dates. Ce prêtre fut guillotiné le 10 octobre 1793. Voir le manuscrit 2526 de la Bibliothèque municipale d’Avignon, p. 183, et René Moulinas, Histoire de la Révolution d’Avignon, Avignon, 1986, p. 295. Casimir F.-H. Barjavel (Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département de Vaucluse, t. II, Carpentras, 1841, p. 197) et Léon-Honoré Labande (Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. XXIX, 2e partie (Avignon, 1901), p. 1279) se trompent en attribuant les Notices au publiciste François Morénas, qui mourut en 1774 (Barjavel, t. II, p. 196).

4.Le manuscrit porte : soit, que cette (p. 487). Suivant la version abrégée (p. 125), j’ai éliminé la conjonction superflue.

5.Notices, p. 486-87. En éditant les textes français et latins que je cite dans mon article, j’ai respecté l’orthographe de l’original tout en modernisant la ponctuation et l’emploi des majuscules. La séparation des mots est également celle que l’on trouve dans l’original, et j’ai mis entre crochets les lettres que j’ai dû suppléer.

6.Avignon, ADV, 2 E 13/41.

7.D’après une note au début de l’« Indice des actes et matières » (p. [7]), le contenu de cet inventaire fit l’objet d’un récolement en 1771 mais le document le plus récent dont le copiste a indiqué la date est de 1742 (fol. 252 r°). Certains papiers ne sont pas datés, et une main postérieure y a inséré le résumé d’un document de 1747 (fol. 176 r°). Le copiste a dû achever son travail en 1742 ou peu après.

8.Melchior de Simiane. Voir François Gimet et René Brémond, Histoire de Châteauneuf-de-Gadagne des origines à 1870, Paris, 1935, p. 84-85.

9.Joseph-Louis-Marie de Galéan, né en 1704. Voir Gimet et Brémond, p. 196. Galéan peut s’écrire de plusieurs façons. J’ai adopté l’orthographe utilisée aux Archives départementales de Vaucluse.

10.  En éditant les manuscrits, je mets entre crochets les corrections apportées au texte.

11.  L’auteur donne cette épithète sous deux formes : du Cœurnoir et de Coeurnoir.

12.  Le Comtat Venaissin.

13.  Forme dialectale de étaient, à moins qu’il ne s’agisse d’une simple erreur sur la terminaison -oint, voir Pierre Fouché, Morphologie historique du français : le verbe, 2e éd., Tradition de l’Humanisme, 4, 1967, p. 241.

14.  Pusieurs signifie « beaucoup de », ici et dans l’avant-dernier paragraphe du passage cité.

15.  J’ai dû suppléer les mots qui semblent manquer.

16.  Provençalisme qui signifie « pie ».

17.  Le 28 mai.

18.  Précis des archives, fol. 1 r°-v°.

19.  Gimet Brémond, p. 84-85.

20.  Hypercorrection pour ceperat.

21.  L’adjectif caillolus est la forme latinisée de caiol, mot languedocien qui correspond au provençal caiò;u « pie » d’après Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige, Aix-en-Provence, 1879-87, t. I, s.v. caiò;u.

22.  Montpellier, Archives départementales de l’Hérault (= ADH), ms. 5 H 5, p. 69.

23.  Dans les documents qui concernent Châteauneuf, castrum signifie « village fortifié » et non « château ». Par conséquent, je l’ai laissé dans les textes sous sa forme latine.

24.  Charles-Félix de Galéan, premier duc de Gadagne, né en 1618, mort en 1701. Voir Gimet et Brémond, p. 155-166.

25.  Ici castellum est synonyme de castrum.

26.  Redevance due au seigneur en cas de vente d’une censive relevant son domaine et payée par l’acheteur. Cf. le Trésor de la langue française X, s.v. lods.

27.  Acta sanctorum Bollandiana, mai, t. VI, p. 812, §6.

28.  Voir surtout la Prise d’Orange et le Moniage Guillaume.

29.  Mario Roques, « Le Roman d’Arles», Histoire littéraire de la France, 38 (1949), 639.

30.  Camille Chabaneau, éd. « Le Roman d’Arles», Revue des Langues Romanes, 32 (1888), 473-542, lignes 963, 999, 1009, 1048-49, 1055 (il s’agit de vers qui ont été partiellement mis en prose).

31.  Eugène Martin-Chabot, éd. et trad., La Chanson de la Croisade albigeoise, t. II : Le Poème de l’auteur anonyme (1re partie), Les Classiques de l’Histoire de France au Moyen Age, 24, Paris, 1957, laisse 159, v. 49-50.

32.  Martin-Chabot, éd. et trad., La Chanson de la Croisade albigeoise, t. II, XIV.

33.  Günter Holtus, éd., La versione franco-italiana della « Bataille d’Aliscans » : Codex Marcianus fr. VIII [= 252], Beihefte zur Zeitschrift für romanische Philologie, 205, Tübingen, 1985, v. 2672.

34.  Jean Frappier, Les Chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange, 2e éd., Paris, 1967, t. I, 240-41.

35.  Madeleine Tyssens, La Geste de Guillaume d’Orange dans les manuscrits cycliques, Publications de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège, 178, Paris, 1967, p. 249, 263-264.

36.  Voir Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige, t. I, s.v. cor « coeur » et cor « cor ».

37.  Alice M. Colby-Hall, « L’Héraldique au service de la linguistique : le cas du cor nier de Guillaume », dans Au carrefour des routes d’Europe : la chanson de geste, Xe Congrès international de la Société Rencesvals pour l’Étude des Épopées romanes, Strasbourg 1985, Senefiance, 20-21, Aix-en-Provence, 1987, t. I, 388-91.

38.  Frappier, Les Chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange, t. I, 90.

39.  Avignon, ADV, 5 G 75, fol. 36 r°.

40.  Bastet, p. 25 ; « Canton de l’Isle », Annuaire de Vaucluse, 1838, p. 187 ; Léopold Duhamel, « Charte et statuts de Châteauneuf-de-Gadagne », Annuaire de Vaucluse, 1879, p. 368 ; idem, « Une redevance féodale : la vache de Châteauneuf », Annuaire de Vaucluse, 1883, 2e partie, p. 40-48 ; et Gimet et Brémond, p. 9-10. L’auteur de l’article anonyme de l’Annuaire de Vaucluse semble avoir puisé la plupart de ses renseignements dans les Notices de Morénas, mais ce dernier parle de « Guillaume du Cœur Noir, compagnon du prince d’Orange » (p. 486) sans mentionner Guillaume au Cornet. Gimet et Brémond remplacent le cœur noir par le cornet sans nous avertir de la substitution ; mais on lit dans les notes manuscrites que Gimet mit entre les mains de Charles de Bussy avant la publication du livre : « D’après un manuscrit du XVIIIe siècle le lieu de Châteauneuf aurait été conquis sur les Sarrasins lorsqu’ils furent chassés d’Avignon (au XVIIIe siècle) par Guillaume Cœur-Noir ou au Cornet ». Voir de Bussy, « La Vache du vieux Châteauneuf », Les Tablettes d’Avignon et de Provence, 5e année, n° 229 (21 sept. 1930), p. 4-5. Le manuscrit du XVIIIe siècle est évidemment le Précis des archives, mais c’est Gimet qui a glosé Cœur-Noir par « au cornet ». Contrairement à ce qu’en disent Gimet et Brémond (p. 9), c’est Guillaume au Court Nez que l’on trouve dans les chansons de geste et non Guillaume au Cornet.

41.  Colby-Hall, « L’Héraldique », p. 390-91.

42.  Gimet et Brémond, p. 9-18. Lépold Duhamel dut faire la même chose pour l’article qu’il publia en 1883 (« Une redevance féodale : la vache de Châteauneuf », Annuaire de Vaucluse, 2e partie, p. 37-53).

43.  Mes renseignements sur l’histoire de ces dossiers sont tirés du répertoire suivant : Claude-France Rochat-Hollard, Les Archives Galéan de Gadagne : inventaire, avec une préface de Michel Hayez, dactylographié, mais inachevé au moment de la consultation, p. II, 3.

44.  Avignon, ADV, 36 J 235.

45.  La formule anno Dominice Incarnationis n’indique pas nécessairement que l’on a suivi le style de l’Annonciation pour dater ce document. Si l’année commençait à Pâques, cet hommage est de 1201, nouveau style. Si elle commençait le jour de l’Annonciation, c’est-à-dire le 25 mars, l’hommage pourrait dater de 1200 ou de 1201, nouveau style. De toute façon, qu’il s’agisse du style de Pâques ou du style de l’Annonciation, l’année 1200 se terminait le 24 mars 1201, nouveau style. Si l’année commençait à Noël, l’acte fut dressé en 1200.

46.  Sceau en navette, cire brune, 60 et 40 mm. Je voudrais remercier M. Michel Hayez, directeur des Services d’Archives de Vaucluse, d’avoir bien voulu m’autoriser à reproduire les photographies faites aux Archives départementales de Vaucluse.

47.  J’ai mis entre crochets les lettres que j’ai dû suppléer.

48.  Erreur pour Guilelmi.

49.  Eugène Duprat, éd., Cartulaire du Chapitre de Notre-Dame des Doms, t. I : 1060 à 1263, Avignon, 1932, n° CXXXVIII, p. 163-65.

50.  Sur ce testament, qui date du 24 septembre 1216, voir Eugène Duprat, »Testament de Giraud Amic », Annales d’Avignon et du Comtat Venaissin, 1 (1912), 151-67. Pour plus de renseignements sur la donation de 1200 et les deux chartes de 1202, voir également Duprat, p. 153, 158.

51.  Fol. 66 r°.

52.  Georges de Manteyer, La Provence du premier au douzième siècle, t. I, Paris, 1908, réimp. Marseille, 1975, p. 409 ; et Duprat, « Testament de Giraud Amic », p. 157.

53.  Sur cette période de l’histoire de Châteauneuf, voir Gimet et Brémond, p. 70-74.

54.  Avignon, ADV, 2 E 13/84, Livre A, fol. 1 r°, copie certifiée de l’original, faite par le notaire Flassani le 21 janvier 1669. Deux copies de cette copie, dont l’une est certifiée et date du 16 septembre 1709, sont conservées dans la liasse 36 J 238 aux mêmes archives. Ce document avait été si mal inventorié au XIXe siècle qu’Émile-G. Léonard n’en trouva aucune trace lorsqu’il préparait son Catalogue des actes des comtes de Toulouse, t. III : Raymond V (1149-1194), Paris, 1932, et dut se résigner à citer le résumé fourni par le Précis des archives (p. 19, n° 24 = Précis, fol. 12 v°). Sur les autres domaines dont Giraud Ier fut investi au même moment, voir plus loin, annexe II, n. 50. A l’heure actuelle, toutes les copies de la charte sont faciles à repérer grâce à l’inventaire de Mme Rochat-Hollard.

55.  Duprat, « Testament de Giraud Amic », p. 153-54.

56.  P. 7.

57.  Ulysse Chevalier, éd., Codex diplomaticus Ordinis Sancti Rufi Valentiae. Collection de Cartulaires Dauphinois, 9, 1re livraison, Valence, 1891, n° XV (bulle du pape Calixte II, 28 avril 1123), p. 21 : « ecclesiam Sancti Joannis de Castro Novo ». Cf. Albert Carrier de Belleuse, Liste des abbayes, chapitres, prieurés, églises de l’Ordre de Saint-Ruf (Institut de Chanoines Réguliers de Saint-Augustin) de Valence-en-Dauphiné, Études et Documents sur l’Ordre de Saint-Ruf, 1, Romans, 1933, p. 18, 124.

58.  La Provence du premier au douzième siècle, t. I, p. 383-88, 396, 414 ; t. II, p. 974. Sur Châteauneuf-du-Pape, cf. Jean-Pierre Poly, La Provence et la société féodale (879-1166), Paris, 1976, p. 155.

59.  Pierre Tisset, L’Abbaye de Gellone au diocèse de Lodève des origines au XIIIe siècle, Paris, 1933, p. 47.

60.  Sur le pouvoir comtal en Provence du XIe au XIIe siècle, voir Poly, La Provence et la société féodale, p. 172, 209, 284-85, 318-24, 334-35.

61.  Abbé Léon Vinas, Visite rétrospective à Saint-Guilhem-le-Désert: monographie de Gellone, Montpellier-Paris, 1875, réimp. avec une préface de Jean-Claude Richard, Marseille, 1980, p. 180 ; et Pierre Tisset, L’abbaye de Gellone, p. 112.

62.  Giraud III Amic, selon Gimet et Brémond, p. 75-76 ; mais leur Giraud II amic épousé Alix d’Urgel, qui eut pour fils Guillaume, comte de Forcalquier, tandis que leur Giraud III, d’après son propre testament, était fils du Giraud Amic qui avait épousé Galburge, c’est-à-dire de Giraud 1er. Voir Duprat, « Testament de Giraud Amic », p. 151-67.

63.  Si l’année commençait à Noël, ce document pourrait dater des derniers jours de décembre 1202.

64.  Avignon, ADV, 36 J 235.

65.  Sceau en navette, cire brune, 50 et 36 mm.

66.  Sceau rond, cire brune, 55 mm.

67.  Avignon, ADV, 36 J 235.

68.  Sceau rond, cire brune, environ 55 mm.

69.  Miche! Pastoureau, Les Sceaux, Typologie des Sources du Moyen Age Occidental, 36, Turnhout, 1981, p. 33.

70.  Fol. 13 r°.

71.  Avignon, ADV, 36 J 235.

72.  Avignon, ADV, 36 J 235.

73.  Ce Giraud Amic correspond au Giraud IV de Gimet et Brémond (p. 76).

74.  Sceau en navette, cire brune, 44 et 29 mm. (Paris, Archives nationales, moulage St 8242). J’ai reproduit des photos des moulages St 8241, St 8241 bis et St 8242 (fig. 7-9) avec l’autorisation des Archives nationales.

75.  Sceau rond, cire brune, 45 mm. Pour plus de détails, voir Alice M. Colby-Hall, « Guillaume d’Orange sur un nouveau sceau médiéval de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert », Olifant, 15 (1990), 3-13 et 2 planches hors texte.
En juin 1989, j’ai montré des photographies de ce sceau que je venais de découvrir à Martine Dalas-Garrigues, conservateur du Service des Sceaux aux Archives nationales. Persuadée de l’importance du sceau, elle a décidé d’emprunter la charte de 1244/1245 aux Archives départementales de Vaucluse pour faire faire des moulages. J’ai choisi de reproduire des photos de ces moulages parce que ceux-ci font ressortir des détails que l’on a de la difficulté à apercevoir sur les originaux. Je voudrais remercier Mme Dalas-Garrigues d’avoir contribué à la sauvegarde du patrimoine gellonais.

76.  Paris, Archives nationales, moulage St 8241 bis.

77.  Louis Blancard, Iconographie des sceaux et bulles conservés dans la partie antérieure à 1790 des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, édition in-folio, Marseille, 1860, t. I, 211, n° 2 et note 1 (Saint-Victor, sceaux de 1400 et 1581), 223-24, n° 16 (Montmajour, sceau de 1229), 227, n° 24 (Lérins, sceau de 1292), t. II, pl. 88, n° 2, pl. 91, n° 3, pl. 92, n° 2 ; et Louis-Claude Douèt d’Arcq, Archives de l’Empire : inventaires et documents : collection de sceaux, t. III, Paris, 1868, n° 8294 (Moissac, sceau de 1266).

78.  Sur cet attribut du prieur, voir Auguste Coulon, « Éléments de sigillographie ecclésiastique française », dans Victor Carrière, Introduction aux études d’histoire ecclésiastique locale, t. II, Paris, 1934, 144-45.

79.  Paris, Archives nationales, moulage St

80.  Germain Demay, Le Costume au moyen âge d’après les sceaux, Paris, 1880, p. 113-14, et idem, Inventaire des sceaux de la Normandie, Paris, 1881, p. 17, n° 124 (sceau de 1171-78) et pl. 124.

81.  Louis Blancard, Iconographie, t. I, 10-11, n° 10 (sceau de 1209) et 15-16, n° 3 (sceau de 1206), t. II, pl. 4, n° 3, et pl. 7, n° 2.

82.  Le graveur de la matrice de ce sceau semble avoir changé d’idée après avoir commencé à mettre le nom sous la forme abrégée GVILL’I. Il a dû se rendre compte qu’il avait assez de place pour écrire le nom en toutes lettres. Le signe d’abréviation est superflu et erroné.

83.  Avignon, ADV, 36 J 235.

84.  Avignon, ADV, 36 J 235.

85.  Avignon, ADV, 36 J 241.

86.  Fol. 167 v°.

87.  Sur l’abbatiat de Guillaume III de Roquefeuil, voir Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 114-16.

88.  Sur les sceaux équestres, voir Douèt d’Arcq, Collection de sceaux, t. I, XLIII-XLVIII.

89.  Pour des photographies de ces sceaux, voir Robert Saint-Jean, « Une abbaye de l’ancien diocèse de Lodève : Saint-Guilhem-le-Désert », dans Un diocèse languedocien : Lodève, Saint-Fulcran, dir. Jean Mercadier, Millau, 1975, p. 132-33, photos 20-22, et Saint-Guilhem-le-Désert et sa région, publié par l’Association des Amis de Saint-Guilhem-le-Désert, nouvelle édition, Millau, 1986, p. 6, 134.

90.  Vinas, Visite rétrospective, p. 180, et Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 117.

91.  Fol. 16 r°.

92.  Avignon, ADV, 36 J 270. Puisque Pâques tombait le 8 avril en 1268 et le 24 mars en 1269, il est évident que le notaire a utilisé le style de Noël.

93.  Ici et ailleurs, j’ai mis entre crochets les mots qui sont devenus illisibles ou très difficiles à déchiffrer et que j’ai pu restituer à l’aide d’un vidimus du 8 février 1670 (Avignon, ADV, 36 J 270).

94.  MS : posset.

95.  Le 29 septembre.

96.  Fol. 18 r°. Léopold Duhamel publia ce résumé (Précis des archives, fol. 16 r°-18 r°) en 1879 (« Charte et statuts de Châteauneuf-de-Gadagne », Annuaire de Vaucluse, p. 368-83, et Charte et statuts de Châteauneuf-de-Gadagne, tiré à part de l’article de l’Annuaire de Vaucluse avec des additions, Avignon, 1879, 23 p.). En général, il modernise les graphies ; et il a le tort de remplacer Giraudet par Giraud. Gimet et Brémond (p. 14-16) reproduisent ce résumé d’après l’édition de Duhamel.

97.  Cf. Gimet et Brémond, p. 22.

98.  P. 76-79. Giraud III correspond au Giraud IV de Gimet et Brémond.

99.  P. 79-80.

100.  Fol. 66 r°.

101.  Vinas, Visite rétrospective, p. 181. L’abbé Vinas l’appelle Raimond IV ; mais il s’agit bien de Raimond V, puisqu’il a succédé à Raimond IV (Vinas, p. 181).

102.  Avignon, ADV, 36 J 235.

103.  Avignon, ADV, 36 J 235.

104.  Avignon, ADV, 36 J 235.

105.  Sur cette fresque, qui représente le combat de Guillaume et du géant Ysoré sous les murs de Paris, voir Colby-Hall, « Guillaume d’Orange sur un nouveau sceau médiéval », p. 8-11.

106.  Sur le sens de signum, voir Charles Dufresne Du Cange, Glossarium mediae et infimae latinitatis, t. VI (Paris, 1846), s.v. signum et s.v. vexillum, où il est question de cérémonies de ce genre.

107.  Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 39-90.

108.  Cartulaires des abbayes d’Aniane et de Gellone publiés d’après les manuscrits originaux, t. I : Cartulaire de Gellone, éd. Paul Alaus, l’abbé Léon Cassan et Edouard Meynial, Montpellier, 1898. Je cite, à titre d’exemple, les nos DLXXV (1161, p. 497), DLVIII (1205, p. 484), DLXXXI (1208, p. 505), CLIX (1210, p. 143), DLXX (1210, p. 493), DLXXXVIII (1227, p. 509) et DLXXXVII (1236, p. 508).

109.  Avignon, ADV, 36 J 238.

110.  Avignon, ADV, 2 E 13/39 et 36 J 238

111.  « Datum Avinione, secundis idibus decembris, pontificatus nostri anno octavo ».

112.  « Et super dorso legitur : « Scriptum pro de Vigono cum sigillo plombeo sanctissimi domini nostri papae Joannis vigesimi secundi sub figuris sanctissimorum apostolorum Petri et Pauli » ».

113.  Sur la charte de donation fabriquée par les moines de Gellone au XIe siècle, voir Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 44-47.

114.  Le 29 juin.

115.  Avignon, ADV, 36 J 236, original sur parchemin. Dans ce document, l’année commence à Noël.

116.  Gimet et Brémond, p. 12-13.

117.  Gimet et Brémond, p. 81.

118.  Avignon, ADV, 36 J 238, n° 216 (« Investitoure pour hault et puissant seigneur messire Charles-Foelix de Galiens, chevalier, comte de Gadagne, seigneur de Chasteauneuf-Messire-Giraud-Lamy, lieutenant général des armées de Sa Majesté très-chrestienne, citoyen de la ville d’Avignon », fol. [1 r°]-[2 r°]. Gimet et Brémond (p. 148) se trompe légèrement sur l’année de cette transaction. La propriété ne fut pas vendue en 1668, date du commencement de la vente aux enchères, mais l’année suivante, quand la vente se termina avec l’offre supérieure du comte de Gadagne. Voir Avignon, ADV, 36 J 247, vente aux enchères de la terre et juridiction de Châteauneuf à Charles-Félix de Galéan, comte de Gadagne, fol. 94 r°-96 r°, 149 v°.

119.  Avignon, ADV, B 13, Liber homagiorum dominorum vassalorum Comitatus Venayssini…, fol. 385 v°-392 r°.

120.  Montpellier, ADH, ms. 5 H 6.

121.  Montpellier, ADH, ms. 5 H 1.

Annexe I - Édition

1. Hommage de 1200/1201 1

In nomine Domini, notum fiat presentibus et futuris anno Dominice Incarnationis ducentesimo mense marcio quod Ugo de Fod[er]iis 2, abbas Sancti Guillelmi consensu et voluntate tocius sui conventus cum maxima et sana parte adjustem, videlicet cum Petro Raimundi, priore Salviensi, et Poncio de Viridi Folio, priore majori, et Guillelmo de Mondisder 3, sacrista, et R. Petro, cellerario, et Sicardo Senioreto et Deodato de Columbis 4 et Petro Sancti Guillelmi et Guillelmo Bernardo de Berniz et Petro de Marsaneto, venientes ad Castrum Novum quod castellum situm est in episcopatu Cavallicensi, nobilem et illustrent virum Grirudum Amici, predicti castri dominum, diligenter et studiose convenerunt, rogantes ex parte Dei et sua atque commonentes ut feudum quod nomine beati Guillelmi possidebat eis fideliter ostenderet et recognosceret et fidelitatem quam inde debebat exhiberet et exhibitam observaret et ut de pensione annua longo tempore non soluta, que est, ut ipsi fatentur, varii coloris una vacca satisfaceret et de solvenda in posterum caveret. Quibus omnibus attente auditis et diligenter consideratis, predictus dominus Giraudus Amici, habita deliberacione et sollicito tractatu cum filiis suis, militibus et fidelibus terre, antiquis hominibus, pensata nichilominus comuni fama cum assertione modernorum et antiqua narratione predecessorum suorum, recognovit dominium predicti castri cum omnibus apendiciis suis et territoriis et omni jure suo et tenemento se possidere nomine beati Guillelmi confessoris et abbatis et omnium successorum suorum qui, per successiones temporum, predicti confessoris monasterio canonice prefuerint et ministravenint.

Preterea recognovit redibitionem ipsi[us] 5 c[astri] 6 cum restitutione bona fide facienda incontinenti, quod plene et integre factum est.

De hominio quod dictus abbas multum instanter petebat, ita positum est quod ille qui de voluntate patris in predicto castro successerit sine omni molestia et contradictione requisitus faciat, salvo illo usatico quod de prestanda abbatis equitatura interloquutorie ex parte Giraudi Amici allegatum est.

De vacca vero predicta nomine annue pensionis longo tempore non soluta, quassatis quibusdam questionibus quas predictus nobilis G. Amici contra abbatem [et] 7 ejus [mona]sterium 8 faciebat et exceptionibus satis honestis quas pro se predictus abbas inducebat, ita satisfactum est quod abbas indc finem fecit et pro paccato se habuit, recepta tamen ab eodent G. Amico sub osculo fidelitatis et pacis promissione quod de cetero per se et per successores suos sine difficultate et contradictione aliqua in festivitate beati Guillelmi fideliter solvatur et per proprium nuncium mittatur, hoc tamen retento quod si, transito Rodano, aliquo infortunio vel casu sinistro ammissa fuerit, pro soluta habeatur.

His omnibus isa d[i]ligenter 9 peractis et publice cotant omni populo [apu]d 10 Castrum Novum recognitis, predictus abbas, assensu et voluntate tocius sui conventus, in virtute sue professionis et ordinis et sub osculo fidelitatis et pacis per se et per successores suos predicto nobili G. Amici promisit quod numquam aliquo contractu vel specie alienationis hoc jus dominii quod in Castro Novo abbas habebat et quod ci G. Amici recognovit alienaret nec aliquo genere permutationis cum aliqua persona religiosa vel laica commutaret. Quam siquidem promissionem predictus nobilis G., abbate et monachis presentibus et confirmantibus, sub [protectione Romane ecclesie posuit et, ut] 11 flrma et stabilis perpetuis temporibus permaneat, scripture testimonio commendavit, petens et rogans ut omnia que superius comprehensa [sunt abbat]is 12 sigilli munimine roborentur.

Hec siquidem acta sunt apud Castrum Novum, videntibus his omnibus quorum nomina inscripta sunt. G. de Montiliis, prepositus ; Ymbertus, canonicus Sancte Marie de Dom; Rainaldus, prior de Castro Novo ; R. Gontart et Albertus, canonici Sancti Rufl ; P. Malvezins, Martinus Guersus, G. Vilas, B. Gaufredi, Druz de Caumonz, R. de Novis, R. Ysoart, R. Gaufredi, B. Rainoart, Ugo de Ato, B. de Sancto Firmino, G. de Castro Novo, B. Petri, B. Giraudi, Guersus, Ysart de Rubion, G. de Albaret, Ricardus, R. Ricart, R. Rostagni, U. (V.J) 13 Andree, P. Alasaut, R. Garnerii, U. (V. ?) Boza, R. Folcher, P. Aldebert, P. Rainoart, R. de Sancto Saturnino, P. Guaier, Gauterius, Ber. Guaier, Bertrandus Ugo, W. de Mesenas, P. de Fores, Bertrandus Romeu, G. Ugo, P. Martini, Bertrandus Bernardi, R. de Mesenas, Arbertus Faber, Rainoart, G. Petri, P. Brez, P. Gauter, R. Lunes, Bertrandus Boza, Martinus Monacus, Petrus Zabaterius, G. Francescus, Ebrardus, Poncius Guarosus 14, Berguer, Amirat, Petrus Ymbert, Laurencius, Ugo de Mont Laur, G. Moinerius.

2. Hommage de 1203/1202

Sciatur preterea quod anno ah Incarnato Domino millesimo ducentesimo tertio mense decembris ad Castrum Novum veniens, domnus Petrus Raimundi 15, Sancti Guillelmi abbas, a domino G. Amico recepit ominium et juramentum et castrum et cetera omnia sicut in hoc instrumento continentur ab utraque parte. Fuerunt recognita et eorundem sigillorum munimine roborata.

3. Lettre de 1202/1204

Sanctissimo domino et Patri son Innocentio, sancte Romane ecclesie Pontifici Summo, P., humilis monasterii Sancti Guillelmi abbas, et nobilis vir G. Amichi salutem et debite subjectionis reverentiam. Notum facimus Sanctitati Vestre, Pater, quod nos duo, ego scilicet predictus abbas et ego Geraldus Amici, talent fecimus convenienciam super castello de Castro Novo qualis in subjecto continetur instrumento unde humiliter vestram imploramus clementiam ut predictam convenientiam sic confirmatis et sigilli vestri munimine roboretis ut neque a nobis neque a successoribus nostris in ea aliquit possit immutari.

[Copie des documents de 1200/1201 et 1203/1202]

Valeat semper Sanctitas Vestra, Pater.

4. Hommage de 1244/45

Pateat universis presentibus et futuris quod anno Dominice Incarnationis millesimo ducentesimo quadragesimo quarto sextodecimo kalendas februarii, nos Geraldus Amici, dominus Castri Novi siti in [diacesi] 16 Cavallicensi, per nos et per entres successores nostros, futuros dominos dicti castri, confitemur et in veritate recognoscimus vobis domino Guillelmo, abbati, et toti conventui monasterii Sancti Guillelmi de Desertis nos et antecessores nostros, dominos dicti castri, possedisse et possidere nomine monasterii beati Guillelmi confessons et omnium successorum suorum qui per successiones temporum predicti confessoris monasterio canonice prefuerunt et ministraverunt et qui in futurum eidem monasterio preerunt et ministrabunt dominium predicti castri cum omnibus apendiciis suis et territoriis et omni jure suo et tenemento.

Preterea recognoscimus per nos et per omnes successores nostros, futures dominos dicti castri, quod cum abbas de novo canonice constitutus fuerit in dicta monasterio vel dominus in dicta castro novus successenit, nos et predicti successores nostri debemus et tenemur facere redibicionem 17 ipsius castri dicto domino abbati qui preenit ad nequisitionem ipsius cum tali tamen pacto et forma quod dictus dominus abbas post predictam redibicionem in continenti restituat et nestituere teneatur dictum castrum dicto domino qui tunc temponis in dicta castro dominabitur.

Item necognoscimus per nos et per omnes successores nostros, futures dominos dicti castri, quod nos et illi qui de jure in predicto castro successerint sine omni molestia et contradictione, requisiti, debemus facere homagium cum juramento fidelitatis dicto domino abbati, salvo illo usatico quod de prestanda abbatis equitatura ex parte antecessorum nostrorum allegatum est.

Item promittimus per nos et successones nostros, futunos dominos dicti castri, sub osculo fidelitatis et pacis solvere annuatim unam vaccam varii coloris sine difficultate et contradictione aliqua in festivitate beati Guillelmi et per proprium nuncium nostrum mittere, hoc tamen retenta quod si, transito Rodano, aliquo infortunio vel casu sinistro amissa fuenit, pro soluta habeatur.

Hec omnia et singula supradicta, nos Geraldus Amici per nos et per omnes successores nostros, futuros dominos dicti castri, recognoscimus et promittimus sub tali pacto et convencione quod dominos abbas predictus et suc[cessor]es sui non possint nec conventus ejusdem monasterii possit nec abbas cum conventu possit etiam auctoritate majoris aliqua contractu vel specie alienationis hoc jus dominii quod in Castro Novo pre[dictus] abbas habet vel monasterium donane vel alienare vel aliquo genere penmutacionis seu transmutacionis seu cujuscumque contractus qui vel que vel quod dici vel excogitari posset vel possit cum aliqua persona vel personis, religiosa vel religiosis, laica vel laicis, loco vel locis, universitate 18 vel universitatibus comutane. Et si contingence aliquo casu quod dictus abbas vel successores sui qui pro tempone ibi fuerint vel canventus ejusdem loci vel ambo, abbas scilicet cum conventu, predictum jus dominii donarent, vendenent, permutanent vel transmutarent seu quocumque modo contra hoc facere attemptarent perinde habeatun hac si nichil 19 esset actum et nos vel successores nostri, futuni domini dicti castri, non simus obligati vel astricti illi persone vel personis, loco vel lacis, collegio seu univensitati in quem vel in quam vel in quas vel in quos transmutacio seu cujuscumque contractu aljenatio aliqua facto esset nec teneamur vobis 20 obedire in hoc ut illi persone vel personis, loco vel locis, univensitati vel collegio, in quem vel in quam vel in quas vel in quos et quolibet genere contractus permutacio seu alienatio dicti dominii facta esset teneamun facere homagium vel aliquid senvicium de predictis serviciis illis personis vel locis in quas vel in quas translatio facto esset. Ymo dominium dicti castri penes monastenium dictum Sancti Guillelmi confessoris, remaneat integrum ; et illesum et sine diminucione aliqua debeat remanere; et nos et omnes successores nostri, futuri domini dicti castri, eidem monasterio et abbati qui pro ipso ibi fuerit ad homagium et ad alia omnïa suprascripta servicia perinde [teneamur] ac si nulla translatio vel alienatio penitus facto esset.

Et nos Guillelmus, dictus abbas dicti monasterii sancti Guillelmi, confessons, de consensu et assensu tocius conventus dicti monasterii in virtute nostre p[ro]fessionis et ordinis et sub osculo fidelitatis et pacis a vobis Geraldo Amici, nobili vire, dominium dicti castri et recognicionem recipientes et predicta omnia et singula scientes esse vers et ita conventiones et pacta inter antecessores nosotros et vestros fuisse initas et innita, ut superius est a vobis recognitum, vobis, inquam, promittimus per stipulacionem predictas conventiones et pacta nos et successores nostros vobis et successoribus vestris, futuris dominis dicti castri, integre et sine diminucione aliqua bona fide perpetuo servaturos, concedentes vobis et successoribus vestris dictis quod si aliquo casu, quod Deus avertat, contingeret quod per nos vel per aliquem successorem nostrum de consensu conventus et voluntate vel per conventum de consensu et voluntate abbatis qui tunc preesset in aliqua persona religiosa vel laica, loco vel universitate 21 seu collegio, quocumque genere contractus qui dici vel excogitari possit fieret alienacio dicti dominii dieti castri, eis vel ei non teneamini in aliquo obedire vel homagium facere vel aliquid de predictis serviciis prestare 22 vel facere ei vel eis teneainini nec etiam nobis obedire teneamini in hoc si preciperemus vobis vel vestris su[cces]soribus 23 ut predicta servitia vel aliquid de predictis serviciis alicui vel aliquibus [persone vel] 24 personis [faceretis vel prestaretis] 25 Ymo scimus pro certo, nos dictus abbas et conventus dictus, quod ex pacto inito inter nos [et] antecessores nostros et vos et antecessores vestros quod nunc 26 dominium dicti castri penes dictum monasterium remanet integrum et illesum et sine diminucione aliqua deb[et] 27 ir[rev]ocabiliter remancre.

Acta fuerunt hec in comuni capitulo monasterii Sancti Guillelmi de Desertis, presentibus et confirmantibus Petro Guenno ( ?) 28, priore claustrali, Ugone de Sancto Poncio, infirmario, Guillelmo de Arssatio, cellerario, Bernardo de Liurano, sacrista, Rdo. de Alba Terra, helemosinario, Rdo. de Sancto Marciali, priore de Lundris, Alqu[e]rio 29 de Foderia, Rdo. Massadanti, Bertrando de Rovoiranicis, Guillelmo Claudeto, Ricardo de Riperia, Rdo. de Treve, Rdo. de Rocaficha, Guillelmo de Caucio, Rdo. de Sancto Cipriano, Rdo. Peutrio. Horum omnium predictorum sunt testes : Bernardus de Poetis, jurisperitus, Bertrandus Ysnardi, miles, Raimundus de Mamolena, Petrus Mazeti, clericus, Geraldus de Arven[is], Petrus Paollani, magister Philippus, publicus notarius nobilis viri Geraldi Amici, Deodatus Paollani, Bertrandus Forneterii, Gullelmus Persaval, Deodatus Escobolarii et ego Guillelmus Faber qui, juratus in publico coram pluribus officium tabellionatus fideliter adimplere, hanc cartam, mandatus a partibus, scripsi et, ut publicus notarius, mandato domini Gu[illelm]i 30 de Rocafolio, abbatis Sancti Guillelmi, qui per se et sues successores hanc cartam et alias per manum meam confectas confirmavit, signum meum apposui.

5. Hommage de 1321

In nomme Domini amen. Noverint universi et singuli, presentes pariter et futuri, quod anno ejusdem millesimo trecentesimo vigesimo primo, inditione quarta, die vigesima quarta mensis novembris, pontificatus sanctissimi patnis et domini nostri domini Johannis, divina providencia pape vigesimi secundi annno sexto, nobilis vir dominus Rostagnus de Sabrano, miles, dominos Castrinovi siti in diocesi Cavallicensi, filius et heres quondam domini Geraldi Amici, militis, et domine Raymbaude de Simiano, conjugum, per se et omnes successores et heredes sues in infinitum, futuros dominos dicti Castrinovi, recognovit et confessus fuit cum hoc [p]ublico 31 instrumento in perpetuum valituro venerabili patri domino Raymundo de Serinhaco, abbati monasterii Sancti Guillelmi de Desertis Lodovensis diocesis omnes predecessores suos, dominos dicti castri, possedisse et tenuisse et se nunc tenere et possidere nomine monasterii beati Guillelmi confessoris Christi et omnium successorum suorum qui per successiones temporum predicto monasterio prefuerunt canonice et ministraverunt et qui in futurum eidem monasterio preerunt et administrabunt videlicet dominium predicti castri cum omnibus et singulis apendiciis, pertinentiis et ternitoriis suis et que pertinere eidem castro possunt vel debent et cum omni dominio et jure suo et tenemento atque districtu.

Preterea recognovit per se et omnes successores suos, ut dictum est, usque in infinitum, futures dominos dicti Castrinovi, quod cum abbas de novo constitutus fuerit canonice in dicto monasterio vel dominus de novo in dicto Castronovo successerit, ipse dominos dicti loci et predicti successores sui debent et tenentur facere reddibitionem et recognitionem dicti castri dicto domino abbati qui preerit ad requisitionem ipsius cum tali tamen pacto et forma quod dictus dominus abbas post predictam reddibitionem incontinenti restituat et restituere teneatur dictum castrum dicto domino qui tunc temporis in dicto castro dominabitur.

Item recognovit et confessus fuit per se et omnes successores suos quod ipse predictus dominos dicti castni et illi qui de jure in dieto Castro successenint sine omni molestia, exceptione et contradictione requisiti debent facere homagium cum juramento fidelitatis dicto domino abbati, salvo vel protestato illo usatico de prestanda abbatis equitatura prout ex parte antecessorum ipsius domini Rostagni, militis, est allegatum.

Item promisit dicto domino abbati nomine monasterii prelibati dictus dominus Rostagnus, miles, per se et omnes successores suos, dominos dicti castri, sub osculo fidelitatis et pacis solvere annuatim nomine pensionis dicto monasterio unam vacam varii coloris sive calham sine omni difficultate, exceptione et contradictione aliqua in festo sancti Guillelmi et per proprium nuncium sourit mittere apud Sanctum Guillelmum, hoc tamen retento quod si, transite Rodano, aliquo infortunio vel casu sinistro amissa fuerit, pro soluta habeatur.

Hec autem omnia et singula supradicta predictus dominus Rostagnus, miles, per se et omnes successores sues, dominos dicti Castrinovi, recognovit [et] 32 promisit ac fecit sub tali pacto et conventione quod dominus abbas predictus et successores sui non possint nec conventus ejusdem monasterii possit nec abbas cum conventu possit 33 etiam auctoritate majoris aliquo contractu vel spetie alienationis hoc jus dominii quod in Castronovo prelibato dictus abbas habet vel monasterium donare vel alienare vet alïquo genere permutationis [seu transmutacionis seu cujuscumque contractus] qui vel que [vel quod] dici vel excogitari [posset vel] possit 34 cum aliqua persona vel personis, religiosa vel religiosis, laica vel laicis, [loco vel locis], universitate vel universitatibus commutane. Et si contingeret aliquo casu quod dictus dominus abbas vel successones sui qui pro tempore ibi fuerint vel conventus ejusdcm loci vel ambo, [abbas] scilicet coin conventu, predictum jus dominii donarent, venderent, permutarent [vel transmutarent] seu quocumque modo contra hoc facere attemptarent perinde habeatur ac si nichil actum esset et sepedictus dominus Rostagnus, miles, et successores sui in dicto castro non sint obligati vel astricti illi persone vel personis, loco vel locis, eollegio vel universitati in quem vel in quam, in quos vel in quas transmutatio seu cujuscunque contractus alienatio aliqua facta esset nec teneantur 35 dicte, domino abbati in hoc obedire ut 36 illi persone vel personis, loco vel locis, universitati vel collegio in quem vel in quam, in quos vel in quas quolibet alio genere contractus permutatio seu alienatio dicti dominii facta esset teneantur 37 facere homagium nec aliquid servicium de predictis [serviciis] illis personis vel locis in quas vel in quos translatio facto esset. Immo dominium dicti castri penes predictum monasterium Sancti Guillelmi remaneat integrum ; et illesum et sine diminutione aliqua debeat remanere ; et memoratus dominus Rostagnus, miles, et omnes successores sui, domini dicti castri, eidem monasterio et abbati qui pro ipso monasterio ibi fuerit 38 ad homagium et ad omnia alla supradicta servicia perinde teneantur perpetuo ac si nulla transactio vel alienatio penitus esset facta.

Et predictus dominus abbas dicti monasterii nomine soi monasterii sub osculo et juramento fidelitatis et pacis a dicte domino Rostagno, milite, domino dicti Castrinovi, recognitionem et homagium recepit et predicta omnia et singula recognovit esse vera et ita conventi[o]nes 39 et pacta inter [an]tecessores 40 ipsorum fuisse lnit[as] 41 et inita, ut superius est ab ipsis recognitum et promissum dicto domino Rostagno, militi, et successoribus suis, futuris dominis dicti castri. Promisit, inquam, dictus dominus abbas per stipulationem predietas 42 conventiones et pacta se et successores integre et sine diminutione aliqua bona fide perpetuo servaturos, concedens ipsi domino Rostagno et successoribus suis quod si aliquo casu, quod Deus avertat, contingeret quod per ipsum vel ejus successores de consensu conventus et voluntate vel per conventum et de voluntate abbatis qui tunc preesset in aliqua persona religiosa vel laica, loco vel universitate seu colleglo quocumque genere contractus qui dici vet cogitani possit 43 fieret alienatio domino dicti castri, ei vel eis non teneantur 44 in aliquo obedire vel homagium facere vel aliquod de predictis serviciis facere vel prestare nec etiam dicto domino abbati obedire teneantur 45 in hoc si preciperet dicto domino Rostagno vet suis successoribus ut predicta servicia vel aliquod de predictis serviciis alicui vel aliquibus persone vel personis facerent 46 vel prestarent 47 Imo sciat pro certo dictus dominus abbas quod ex pacto inito inter se et predecessores suos et 48 ipsum dominum Rostagnum et antecessores suos quod nunc 49 dominium dicti castri penes dictum monasterium remaneat integrum et illesum et sine diminutione aliqua debeat irrevocabiliter remanere.

Acta fuerunt hec infra fortalicium dicti Castrinovi in presentia venerabilis et religiosi viri domini Elisianii de Montepesato, monachi monasterii Sancti Egidii et prioris de Rossilione, domini Raymundi de Sanctojuliano, monachi dicti monasterii Sancti Guillelmi et prioris de Betloesgario, oc nobilium virorum dominorum Raymundi de Baucio, domini Curtedonis, Geraudi Amici, domini pro parte de Cavismontibus, Raymundi Masani de dicto Castronovo, militum, honorabilium virorum dominorum Bertrandi Planterii, militis regii, legum professoris, et Bertrandi Rascassii de Santoquintino, jurisperiti, Rostagni Urtice et Petri Rancurelli de Avinione, Raymundi de Sanctomarciali, Rostagni de Montepesato, filii nobilis viri domini Berenganii de Montepesato, domini Santigenesii, Isnardi Gasqui, Jacobi Orselli de Toro, domicellorum, magistri Guillelmi Casas, clerici Magalonensis diocesis, jurisperiti, testium ad predicta omnia spetialiter vocatorum et rogatorum.

Et ego Petrus Ponzilius de Vigono, clericus Taurinensis diocesis, apostolica et imperiali auctoritate notarius publicus, predictis omnibus et singulis una cum prenominatis testibus presens fui ; et ea omnia scripsi et publicavi ; meoque consueto signo signavi, rogatus a partibus supradictis.

6. Remise de la clef en 1321 (copie du 3 août 1609)

In nomine Domini, amen. Novenint universi et singuli, presentes ponter et futuri, quod anno Domini millesimo trecentesimo vigesimo primo, indictione quarta, die vigesima quarta mensis novembris, nobilis vir dominus Rostagnus de Sabrano, miles, dominus Castrinovi siti in diocesi Cavallicensi, filius et heres quondam domini Geraudi Amici, militis, et domine Raymbaude de Simiano, conjugum, reddidit et tradidit in signum dominii clavem turris dicti Castrinovi venerabili in Christo patri domino Raymundo de Serinhaco, abbati monasterii Sancti Guillelmi de Desertis, Lodovensis diocesis, qui dictus dominos abbas, a dicto milite domino Rostagno dictam clavem recipiens, fecit cum eadem clave ipsam turnim appeniri et in arce sive in cacumine dicte turris vexilum suum sive banneriam spansum sive spansam poni et fecit ibidem per plures homines diversimode clamari signum sive signa beati Guillelmi. Quibus omnibus penaetis, idem dominus abbas reddidit dictam clavem domino Rostagno, militi supradicto.

Acta fuerunt hec infra fortalicium dicti Castrinovi in presentia venerabilis et religiosi 50 vin domini Elisiarii de Montepesato, monachi monasterii Sancti Egidii et prioris de Rossilhone, domini Raymundi de Sancto Juliano, monachi dicti monasterii Sancti Guillelmi et prioris de Belloesgario, ac nobilium virorum dominorum Raymundi de Baucio, domini Curthedonis, Geraudi Amici, domini pro parte de Cavismontibus, Raymundi Masani de dicto Castronovo, militum, honorabilium virorum dominorum Bertrandi Plarsterii, militis regii, legum professoris, et Bertrandi Rascassii de Sancto Quintino, jurisperiti, Rostgni Urtice, Petri Rancurelli de Avinione, Raymundi de Sancto Marciali, Rostagni de Montepesato, fin nobilis viri domini Berengarii de Montepesato, domini Sanctigenesii 51, Isnardi Gasqui, Jacobi Orselli de Thoro, domicellorum, magistri Guillelmi de Casis, clerici Magalonensis diocesis, jurisperiti, testium ad predicta omnia specialiter vocatorum et rogatorum.

Et ego Petrus Ponzilius de Vigono, clericus Taurinensis diocesis, apostolica et imperiali auctonitate notarius publicus, premissis omnibus et singulis una [cum] 52 prenominatis testibus presens fui ; et ea omnia scripsi et publicavi ; meoque consueto signo signavi, rogatus a partibus supradictis cum signo ad latus dicte signature posito.

Extractum ab instrumento in pelle membranea et litera antiqua scripto, sano siquidem et integro nec in aliqua ejus parte ut prima facie apparebat suspecto, nobis Colino Tache et Francisco de Landes, notariis Aptensibus, civibus Avinionis, per illustrent dominum Franciscum de Symiana, dominum de la Coste, pattem, et legitimum administratorem nobilis Joachimi de Symiana, infantis, domini loci Castrinovi domini Giraudi Amici Cavallicensis diocesis 53, hac die tertia mensis augusti anni millesimi sexcentesimi noni exhibito et per cum deinde retracto et facta decenti collatione dimissioque nominetur vobis super nonnullo verbo in albo in signatura notarïi ex eo quod in illa parte dictum instrumentum reperitur diruptum non tamen vitio aliquo sed vetustate quantum ex inspectu digno scire potuimus. Idem signo manuali nostro consueto nos subsignavimus in fidem premissis requisiti.

Tache
De Landes

Nos judex ordinarius curiae temporalis Avenionis, pro sanctissimo domino nostro papa et sanctissima Sede apostolica subjectus, universis et singulis ad quos presentes perveneri[n]t 54 notum facimus et attestamus praedictos dominos Colinum Tache et Franciscum de Landes, qui retroscriptum extractum signaverunt, fuisse et esse notarios publicos, cives Avenionis bonorum nominis et famae, eorumque actis et documentis similibus signo et subscriptione quibus retromunitis, in judicio et extra, plenam et indubiam fidem hadiberi 55, in quorum testimonium presentes fieri fecimus per graffarium nostrum subjectum et sigili eju[s]dem 56 curiae apentione muniri.

Datum Avenione die tertia augusti milesimo sexentesimo nono.

Sigilentur.
Veneti, judex
Audibert, graffarius

7. Bulle de 1323

Johannes episcopus, servus servorum Dei, ad perpetuam rei memoriam.

Ecclesiarum et monasteriorum negotia tunc salubriter disponuntur cum pro bonis ipsorum minus utilibus et in locis remotioribus constitutis eisdem bonis magis utilibus ac vicinioribus deliberatione consulta utiliter providetur. Sane, dilecti filii Raymundus, abbas, et conventus monasterii Sancti Guillelmi de Desertis ordinis sancti Benedicti Lodovensis diocesis nobis per dilectum filium Hugonem de Cassaneis, monachum dicti monasterii, procuratorem eorum ad hoc spetialiter et legitime constitutum, significare curarunt quod licet Castrumnovum Cavellicensis diocesis spectet ad monasterium memoratum et ab eodem abbate nomine dicti monasterii teneatur in feudum sub unius vacce varie seu calhe annua pensione ac pro eodem castro in mutatione cujuslibet domini vel vassalli debeat per feudatarium dicti loci homagium fieri abbati dicti monasterii qui est pro tempore et juramentum fidelitatis prestari et sub quibusdam aliis partis et conventionibus que in instrumentis plurium recognitionum super hoc factarum plenius continentur, tamen, pro eo quod dictum castrum nimis distare dinoscitur a monasterio memorato, eisdem abbati et monasterio modicus ex eo fructus noscitur provenire. Quare pro parte dictorum abbatis et conventus nobis extitit humiliter supplicatum ut, cum dictum castrum, pro eo quod est Comitatui Venaysini contiguum, sit Romane ecclesie plurimum oportunum, omne jus dictis abbati et monasterio competens in castro predicto ac hominibus, vassallis, habitatoribus, territorio et pertinentiis universis ipsius Comitatui et ecclesie predictis applicare, connectere et unire dictisque abbati et monasterio debitam super hoc compensationem facere dignaremur. Nos igitur supplicationi predicte quam, deliberatione super premissis habita diligenti, expedire cognovimus abbati et monasterio memoratis et etiam in ejusdem Romane ecclesie commodum redundare clementer annuimus, eorumque precibus inclinati, dictum castrum omniaque jura, jurisditioncs et bona que in ipso castro, vassallis, hominibus et habitatoribus dicti castri ac territorio et pertinentiis universis ipsius ad dictum abbatem ejusque monasterium quomodolibet pertinebant in prefatum Comitatum et Romanam ecclesiam totaliter et imperpetuum auctoritate apostolica transferentes, ea ommia et singula auctoritate predicta applicamus, connectimus et unimus Comitatui et ecclesie prelibatis ita quod deinceps ad Romanam ecclesiam et Comitatum predictos pertineant, nullo in eis jure deinceps penes dictos abbatem et conventum ac monasterium remanente. De recompensatione veto competenti dictis abbati et monasterio per nos propterea facienda ubi eis accomoda fieri possit, curabimus auctore Domino, salubriter et efficaciter providere. Nulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostre translationis, applicationis, connexionis et unionis infringere vel e, ausu temerario contraire. Siquis autem hoc attemptare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatorum Petri et Pauli, apostolorum ejus, se noverit incursurum.

Datun, Avinione, kalendas decembris, pontificatus nostri anno octavo.

NOTES PORTANT SUR L'ANNEXE I

1.Dans cette édition, j’ai respecté l’orthographe des copistes tout en modernisant la ponctuation et l’emploi des majuscules. La séparation des mots est également celle que l’on trouve dans les chartes. J’ai mis entre crochets les lettres que j’ai dû suppléer, et les corrections seront indiquées dans les notes.

2.MS : Fodiis. Le copiste a omis le signe d’abréviation pour er. Cette erreur a été corrigée dans l’exemplaire envoyé au pape (= copie A).

3.La copie de 1202-1204 (A) et l’autre copie du XIIIe siècle (B) ont : Mondisdier; mais la diphthongue se réduit souvent à é en ancien occitan. Cf. Gauter et Berguer dans le même document.

4.MS A et B : Columb’ qui semble représenter Columbis = Saint-Martin de Colombs dans l’Hérault. Voir Frank R. Hamlin, Les Noms de lieux du déportement de l’Hérault : nouveau dictionnaire topographique et étymologique, 1983, réimp. Nîmes, 1988, s.v. Colomb.

5.Le signe d’abréviation est effacé. Dans A et B, on lit ipsius.

6.Ici il y a un trou dans le manuscrit. A et B ont castri.

7.MS : lettres effacées ; A et B ont et.

8.MS : lettres effacées ; A et B : monasterium.

9.MS et B: trou ; A : diligenter.

10.  MS : trou ; A et B : apud.

11.  MS : lettres effacées; texte tiré de A et B.

12.  MS : lettres effacées; A et B : sunt abbatis.

13.  Puisque le v du ms. pourrait représenter un u, je donne deux initiales pour Andree et U. Boza.

14.  MS : Guarosu. J’ai corrigé ce mot d’après la copie envoyée au pape (A). B omet tous les noms des témoins à partir d’Arbertus Faber.

15.  L’abréviation Rai, doit représenter Raimundi. Se fondant sur le Précis des archives (fol. 2 r°, 13 r°), Gimet et Brémond parlent de l’abbé Pierre Ras (p. 74) mais le compilateur de cet inventaire a mal lu la dernière lettre de Rai. Il est vrai que l’i final du copiste ressemble un peu à un s Dans les deux copies, on retrouve l’abréviation Rai.

16.  MS : lettres effacées ; vidimus de 1682 (= V) : diocesi. Sauf indication contraire, toutes les lettres entre crochets sont des lettres effacées qui ont été restituées d’après V, la meilleure des copies conservées.

17.  MS : redibicionum, erreur pour redibicionem. Cf. l’hommage de 1321 (annexes I et II, n° 5).

18.  MS : universitati, erreur pour universitate. Cf. l’hommage de 1321.

19.  MU : n ; lettres restituées d’après l’hommage de 1321.

20.  MS : nobis, erreur pour vobis.

21.  MS : universitati, erreur pour universitate. Cf. l’hommage de 1321.

22.  MS : pretare, erreur pour prestare.

23.  MU : trou ; V : successoribus.

24.  MU : omis ; texte rétabli à l’aide de l’hommage de 1321.

25.  MS : omis ; texte rétabli à l’aide de l’hommage de 1321.

26.  MU : tunc, qui doit être une erreur pour nunc.

27.  MS : trou ; V : debet.

  28.  Ce nom est très difficile à déchiffrer. Le ms. semble offrir la leçon gueňo = Guenno. En copiant l’original en 1682, le notaire Hugues a lu Guen pour Guenno et Fabre pour Faber, ce qui indique qu’il n’hésitait pas à traduire les noms latins en langue vulgaire. Le notaire Bérard, dans la copie de 1736, a transcrit le nom du prieur sous la forme Petro Gueira. S’il a raison, le prieur claustral pourrait être le Petrus Guerra qui figure comme témoin dans une charte de 1236 (Cartulaire de Gellone, n° DLXXXVII, p. 509). Ces deux notaires ont fait beaucoup de fautes en transcrivant les noms propres ; et, dans les autres copies, les noms des hommes qui ont ratifié le pacte ont été omis. A mon avis, le signe d’abréviation exclut Gueira, à moins qu’il ne s’agisse d’une erreur de la part du notaire Guillaume Fabre.

29.  MS : trou ; V : Alguerio ; copie de 1736 : Alquerio.

30.  MS : trou ; V : omis ; copie de 1736 : Guilhermi. A en juger par l’espace disponible, le ms. avait l’abréviation Guill’i. Je l’ai résolue par Guillelmi, vu que la forme avec h et r est beaucoup moins répandue.

31.  MS : trou; copie de 1609 (A) et copie de 1692 (B) : publico.

32.  MS : omis ; texte restitué d’après l’hommage de 1244/45. Dans ce paragraphe, tous les autres mots entre crochets ont été suppléés de la même manière.

33.  MS : possint, erreur pour possit. Cf. l’hommage de 1244/45 (annexes I et II, n° 4).

34.  MS : possint, erreur pour possit. Cf. l’hommage de 1244/45.

35.  MS : teneatur, erreur pour teneantur, puisque le sujet du verbe est au pluriel.

36.  MS : nec, erreur pour ut. Cf. l’hommage de 1244/45.

37.  MS : teneatur, mais le sujet du verbe est au pluriel.

38.  MS : fuerint, erreur pour fuerit. Cf. l’hommage de 1244/45.

39.  MS : trou ; A et B : conventiones.

40.  MS : trou ; A et B : antecessores.

41.  MS : trou ; A et B : initas.

42.  MS : predictam, erreur pour predictas. Cf. l’hommage de 1244/45.

43.  MS : posset, erreur pour possit. Cf. l’hommage de 1244/45.

44.  MS : teneatur ; mais d’ici jusqu’à la fin de la phrase, le sujet de chaque verbe à l’exception de preciperee est au pluriel. Le notaire a oublié les successeurs de Rostaing.

45.  MS : teneatur.

46.  MS : faceret.

47.  MS : prestaret.

48.  MS : inter, erreur pour et.

49.  MS : tunc, qui doit être une erreur pour nunc.

50.  MS : religos ; copie du 30 juin : religiosi.

51.  MS : Sanctigenasii ; copie du 30 juin Sancti Genesii.

52.  MS : long tiret, parce que les notaires n’ont pas réussi à déchiffrer ce mot; copie du 30 juin : cum.

53.  MS : diocesi, erreur pour diocesis.

54.  MS : pervenerit, erreur pour pervenerint.

55.  Hadiberi = adhiberi.

56.  MS : ejudem, erreur pour ejusdem.

Annexe II - Traduction

1. Hommage de 1200/1201

Au nom du Seigneur, qu’il soit connu de tous, présents et à venir, que, l’an de l’Incarnation du Seigneur 1200 au mois de mars, Hugues de Fozières 1, abbé de Saint-Guilhem, avec l’accord et l’assentiment de toute sa communauté, venant à Châteauneuf, castrum 2 situé au diocèse de Cavaillon, avec des hommes raisonnables qui étaient les membres les plus importants de la communauté, à savoir Pierre Raimond, prieur de Sauve 3, et Ponce de Verfeuil 4, prieur majeur, et Guillaume de Montdardier 5 sacriste, et R. Pierre, cellérier, et Sicard Seigneuret et Déodat de Colombs 6 et Pierre Saint-Guillaume et Guillaume Bernard de Bernis 7 et Pierre de Marsanet 8 allèrent voir, avec diligence et application, noble et illustre Giraud Amic, seigneur dudit castrum, lui demandant de leur part et de celle de Dieu et lui conseillant de leur montrer fidèlement et de reconnaître le fief qu’il possédait au nom du bienheureux Guillaume et de montrer la fidélité qu’il leur devait pour cette raison et d’observer la fidélité ainsi montrée et de faire la redevance annuelle que l’on n’a pas payée depuis longtemps, qui est, comme ils déclarent, d’une vache de plusieurs couleurs et d’avoir soin de payer cette redevance à l’avenir. Ayant écouté toutes ces choses avec attention et les ayant examinées sérieusement, ledit seigneur Giraud Amic, après des délibérations et une discussion agitée avec ses fils, les chevaliers et les fidèles de la terre, qui étaient des vieillards, et après avoir comparé, néanmoins, la tradition commune avec les affirmations des hommes modernes et le vieux récit de ses prédécesseurs, reconnut qu’il possédait la seigneurie dudit castrum avec toutes ses dépendances et territoires et tous ses droits et tènements au nom du bienheureux Guillaume, confesseur, et de l’abbé et de tous ses successeurs qui, dans la suite des temps, auront dirigé et gouverné canoniquement le monastère dudit confesseur.

En outre, il reconnut la reddition du castrum avec la restitution à faire de bonne foi immédiatement, ce qui fut fait pleinement et intégralement.

En ce qui concerne l’hommage que ledit abbé réclamait avec insistance, il fut décidé que celui qui prendrait la succession dans ledit castrum avec l’assentiment du père ferait hommage sans aucune contestation ni dispute quand on le lui demanderait en observant la coutume de la monture que Giraud Amic doit fournir à l’abbé pour l’entretien.

En vérité, pour ce qui est de ladite vache que l’on n’a pas payée depuis longtemps à titre de redevance annuelle, lorsqu’on eut rejeté certaines charges que ledit noble G. Amic relevait contre l’abbé et son monastère et les conditions assez honorables que ledit abbé introduisait pour lui-même, la question fut résolue de la manière suivante : que l’abbé s’en tint là et s’estimât satisfait, mais seulement après avoir reçu du même G. Amic, avec le baiser de fidélité et de paix, la promesse que dorénavant lui et ses successeurs la payeraient fidèlement sans aucune difficulté ni contestation le jour de la fête du bienheureux Guillaume et qu’elle serait envoyée sous la conduite de son propre messager, pourtant avec cette réserve que si on la perdait par quelque infortune ou accident fâcheux après la traversée du Rhône, il faudrait la considérer comme payée.

Une fois que toutes ces choses furent accomplies scrupuleusement et reconnues à Châteauneuf devant tous les habitants du castrum, ledit abbé, avec l’accord et l’assentiment de toute sa communauté, en vertu de sa profession et de sa dignité ecclésiastique et avec le baiser de fidélité et de paix, promit audit noble G. Amic, pour lui-même et pour ses successeurs, de ne jamais aliéner par quelque transaction ou espèce d’aliénation ces droits de seigneurie que l’abbé avait à Châteauneuf et que G. Amic lui accordait et de ne les donner ni à religieux ni à laïc par aucun genre d’échange. Ensuite l’abbé et les moines étant présents pour confirmer cette promesse, ledit noble G. la plaça sous la protection de l’Église romaine et, pour que cette promesse reste stable et durable à perpétuité, la confia au témoignage d’un acte, demandant et priant que tout ce qui s été dit plus haut fût validé par l’apposition du sceau de l’abbé.

Fait à Châteauneuf en présence de tous ceux dont les noms sont inscrits G. de Monteux 9, prévôt, Imbert, chanoine de Notre-Dame des Doms 10, Raynaud, prieur de Châteauneuf 11, R. Gontart et Albert, chanoines de Saint-Ruf 12, P. Mauvoisin 13, Martin Guers, G. Vilas, B. Geoffroy, Dru de Caumont 14, R. de Noves 15, R. Isoard, R. Geoffroy, B. Raynouard, Hugues d’Apt 16, B. de Saint-Firmin 17, G. de Châteauneuf, B. Pierre, B. Giraud, Guets, Isard de Robion 18, G. d’Aubaret 19, Richard, R. Ricard, R. Rostaing, U. (V. ?) André, P. Alasaut, R. Garnier, U. (V. ?) Boze, R. Foucher, P. Audebert, P. Raynouard, R. de Saint-Saturnin 20, P. Guaier, Gautier, Ber. Guaier, Bertrand Hugues, W. de Meynes 21, P. de Forès 22, Bertrand Romeu, G. Hugues, P. Martin, Bertrand Bernard, R. de Meynes, Arbert Fabre, Raynouard, G. Pierre, P. Brès, P. Gautier, R. Lunès 23, Bertrand Boze, Martin Le Moine, Pierre Zabatier, G. François, Ebrard, Ponce Garros, Berguier, Amirat, Pierre Imbert, Laurent, Hugues de Montlaur 24, G. Meunier.

2. Hommage de 1203/1202

En outre, que l’on sache que, l’an du Seigneur Incarné 1203 au mois de décembre, le seigneur Pierre Raimond, abbé de Saint-Guilhem, venant à Chàteauneuf, reçut du seigneur G. Amic l’hommage et le serment et le castrum et tout le reste tel qu’il est présenté dans ce document de part et d’autre. Toutes ces choses furent reconnues et validées par l’apposition de leurs sceaux.

3. Lettre de 1202-1204

P., humble abbé du monastère de Saint-Guilhem, et noble homme G. Amic à leur très saint seigneur et Père Innocent, souverain pontife de l’Église romaine, salut avec la révérence de soumission qui lui est due. Nous faisons connaître à Votre Sainteté, Père, que nous deux, à savoir moi, l’abbé susdit, et moi, Giraud Amic, avons fait sur le castrum de Châteauneuf l’accord contenu dans le document ci-joint et que, par conséquent, nous implorons humblement votre clémence afin que vous confirmiez ledit accord et le validiez par l’apposition de votre sceau, de sorte que rien n’y puisse être changé, ni par nous ni par nos successeurs.

[Copie des chartes de 1200/1201 et de 1203/1202]

Que Votre Sainteté soit toujours en bonne santé, Père.

4. Hommage de 1244/45

Qu’il soit évident pour tous, présents et à venir, que, l’an de l’Incarnation du Seigneur 1244, le 16 des calendes de février, nous, Giraud Amic, seigneur de Châteauneuf, situé au diocèse de Cavaillon, pour nous et pour tous nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, avouons et reconnaissons en vérité à vous, seigneur Guillaume, abbé, et à toute la communauté du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert que nous et nos prédécesseurs, seigneurs dudit castrum, ont possédé et possèdent la seigneurie de ce castrum avec toutes ses dépendances et territoires et tous ses droits et tènements au nom du monastère du bienheureux Guillaume, confesseur, et de tous ses successeurs qui, dans la suite des temps, ont dirigé et gouverné canoniquement le monastère dudit confesseur et qui, à l’avenir, dirigeront et gouverneront ce monastère.

En outre, nous reconnaissons pour nous et pour tous nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, que lorsqu’un nouvel abbé aura été institué canoniquement audit monastère ou lorsqu’un nouveau seigneur aura pris la succession dans ledit castrum, nous et nos successeurs susdits, serons obligés et tenus de faire la reddition de ce castrum audit seigneur abbé qui sera le supérieur, à la réquisition de celui-ci, à la condition, pourtant, que ledit seigneur abbé, après ladite reddition, restitue immédiatement et soit obligé de restituer ledit castrum audit seigneur qui règnera dans ledit castrum à ce moment-là.

Item nous reconnaissons pour nous et pour tous nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, que nous et ceux qui de droit prendront la succession dans ledit castrum devons faire hommage sans aucune contestation ni dispute avec le serment de fidélité audit seigneur abbé quand on nous le demandera, en observant la coutume de la monture que nos prédécesseurs devaient fournir à l’abbé.

Item nous promettons pour nous et nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, avec le baiser de fidélité et de paix, de payer annuellement une vache de plusieurs couleurs sans aucune difficulté ni contestation le jour de la fête du bienheureux Guillaume et de l’envoyer sous la conduite de notre propre messager, pourtant avec cette réserve que si on la perdait par quelque infortune ou accident fâcheux après la traversée du Rhône, il faudrait la considérer comme payée.

Nous, Giraud Amic, pour nous et pour tous nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, reconnaissons et promettons toutes les choses susdites, dans leur ensemble et en particulier, à la condition que ni ledit seigneur abbé ni ses successeurs ni la communauté de ce monastère ni l’abbé avec la communauté, même avec l’autorisation du prieur majeur, ne puissent, par quelque transaction ou espèce d’aliénation, ni donner ni aliéner ces droits de seigneurie que possède ledit abbé ou monastère à Châteauneuf, ni les vendre par quelque sorte de troc ou d’échange ou par n’importe quel genre de transaction que l’on a pu ou que l’on peut nommer ou imaginer à un ou des religieux, à un ou des laïcs, à un ou des lieux, à une ou des communauté civiles. Et s’il arrivait, par quelque accident, que ledit abbé ou ses successeurs qui y étaient à ce moment-là ou la communauté de ce lieu ou les deux, à savoir l’abbé avec la communauté, donnassent, vendissent, troquassent ou échangeassent lesdits droits de seigneurie ou essayassent, de n’importe quelle manière, d’agir contrairement à cet accord, il faudrait considérer ce transfert comme nul et non avenu ; et nous et nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, ne serions ni liés ni attachés à la personne ou aux personnes, au lieu ou aux lieux, au collège ou à la communauté civile avec lesquels on aurait fait l’échange ou quelque aliénation au moyen de n’importe quel genre de transaction et ne serions pas tenus de vous obéir en ceci que nous serions obligés de prêter hommage à la personne ou aux personnes, au lieu ou aux lieux, à la communauté civile ou au collège avec lesquels, par n’importe quel genre de transaction, on aurait fait l’échange ou l’aliénation de ladite seigneurie, ou en ceci que nous serions obligés de rendre un seul desdits services aux personnes ou lieux avec lesquels on aurait fait le transfert. Au contraire, la seigneurie dudit castrum devrait rester entièrement en la possession dudit monastère de saint Guillaume, confesseur, et devrait rester intacte et sans aucune diminution ; et nous et tous nos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, serions tenus de prêter hommage et de rendre tous les autres services susdits à ce monastère et à l’abbé qui y sera pour le diriger, exactement comme si on n’avait fait ni transfert ni aliénation.

Et nous, Guillaume, ledit abbé dudit monastère de saint Guillaume, confesseur, avec l’accord et l’assentiment de toute la communauté dudit monastère, en vertu de notre profession et de notre dignité ecclésiastique et avec le baiser de fidélité et de paix, recevant de vous, Giraud Amic, noble homme, la seigneurie et la reconnaissance dudit castrum et sachant que les choses susdites sont vraies, toutes et chacune, et que de tels accords et pactes ont été faits entre nos prédécesseurs et les vôtres, comme vous reconnaissez ci-dessus, nous vous promettons, dis-je, expressément que nous et nos successeurs observerons lesdits accords et pactes faits avec vous et vos successeurs, futurs seigneurs dudit castrum, intégralement et sans aucune diminution, de bonne foi à perpétuité, vous concédant, à vous et à vos successeurs susdits, que s’il arrivait par quelque accident (puisse Dieu l’éloigner) que l’aliénation de la seigneurie dudit castrum eût lieu en faveur de quelque religieux ou laïc, lieu ou communauté civile ou collège, au moyen de n’importe quel genre de transaction que l’on peut nommer ou imaginer par notre entremise ou par celle d’un de nos successeurs, avec l’accord et l’assentiment de la communauté monastique ou par l’entremise de la communauté avec l’accord et l’assentiment de l’abbé qui serait alors à la tête du monastère, vous ne seriez tenus ni d’obéir en quoi que ce soit à la personne ou aux personnes, ni de leur prêter hommage, ni de leur rendre ou offrir un seul desdits services, ni de nous obéir si nous vous ordonnions, à vous et à vos successeurs, de rendre ou offrir lesdits services ou l’un desdits services à une ou plusieurs personnes. Au contraire, nous savons de façon certaine, nous, ledit abbé et ladite communauté, que d’après le pacte entre nous et nos prédécesseurs et vous et vos prédécesseurs, la seigneurie dudit castrum reste entièrement en la possession dudit monastère maintenant et doit rester intacte et sans aucune diminution irrévocablement.

Fait dans la salle capitulaire du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert, en présence des personnes suivantes, qui ont ratifié le pacte : Pierre Guen ( ?), prieur claustral, Hugues de Saint-Pons 25, infirmier, Guillaume d’Assas 26, cellérier, Bernard de Lieuran 27, sacriste, Rd. d’Aubeterre 28, aumônier, Rd. de Saint-Martial 29, prieur de Londres 30, Alquier de Fozières, Rd. Massadant, Bertrand de Rouvoirargues 31, Guillaume Claudet, Richard de la Rivière, Rd. de Trêves 32, Rd. de Roquefiche 33, Guillaume de Causses 34, Rd. de Saint-Cyprien 35, Rd. Pautrier ( ?). Sont témoins de toutes les personnes susdites : Bernard des Poujets 36, juriste, Bertrand Isnard, chevalier, Raimond de Masmolène 37, Pierre Mazet, clerc, Giraud de Arvenis 38, Pierre Paulhan, maître Philippe, notaire public de noble homme Giraud Amic, Déodat Paulhan, Bertrand Fournetier, Guillaume Persaval, Déodat Escobolier et moi, Guillaume Fabre, qui, ayant juré en public devant beaucoup de personnes de remplir les fonctions du notariat, ai écrit cette charte après avoir été appelé par les parties; et, comme notaire public, sur la demande du seigneur Guillaume de Roquefeuil 39, abbé de Saint-Guilhem, qui pour lui-même et ses successeurs a ratifié cette charte et d’autres faites par ma main, j’ai apposé mon seing.

5. Hommage de 1321

Au nom du Seigneur, amen. Qu’il soit connu de tous et de chacun, présents comme à venir, que, l’an du Seigneur 1321, quatrième indiction, le 24e Jour du mois de novembre, sixième année du pontificat de notre Très Saint Père et seigneur Jean XXII, pape par la divine providence, noble homme Rostaing de Sabran 40, chevalier, seigneur de Châteauneuf, situé au diocèse de Cavaillon, fils et héritier du feu seigneur Giraud Amic, chevalier, et de feu dame Raimbaude de Simiane 41, conjoints, pour lui et tous ses successeurs et héritiers à perpétuité, futurs seigneurs dudit Châteauneuf, reconnut et avoua avec cet acte public, valable à perpétuité, au seigneur et vénérable père Raimond de Sérignac 42, abbé du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert au diocèse de Lodève, que tous ses prédécesseurs, seigneurs dudit castrum, ont possédé et occupé et possèdent actuellement au nom du monastère du bienheureux Guillaume, confesseur du Christ, et de tous ses successeurs qui, dans la suite des temps, ont dirigé et gouverné ledit monastère canoniquement et qui, à l’avenir, dirigeront et gouverneront ce monastère, à savoir la seigneurie dudit castrum avec toutes ses dépendances, appartenances et territoires et tout ce qui peut ou doit faire partie de ce castrum et en toute souveraineté et avec tous ses droits et tènements et districts.

En outre, il reconnut pour lui-même et tous ses successeurs, comme on l’a dit précédemment, à perpétuité, futurs seigneurs dudit Châteauneuf, que lorsqu’un nouvel abbé aura été institué canoniquement audit monastère ou un nouveau seigneur aura pris la succession audit Châteauneuf, le seigneur dudit lieu et ses successeurs susdits seront obligés et tenus de faire la reddition et la reconnaissance dudit castrum audit seigneur abbé qui sera le supérieur, à la réquisition de celui-ci, à la condition, pourtant, qu’après ladite reddition, ledit seigneur abbé restitue immédiatement et soit obligé de restituer ledit castrum audit seigneur qui règnera dans ledit castrum à ce moment-là.

Item il reconnut et avoua pour lui-même et pour tous ses successeurs que ledit seigneur dudit castrum et ceux qui de droit prendront la succession dans ledit castrum doivent faire hommage sans aucune contestation, restriction ni dispute avec le serment de fidélité audit seigneur abbé quand on le leur demandera en observant ou en affirmant la coutume de la monture que les prédécesseurs du seigneur Rostaing, chevalier, devaient fournir à l’abbé.

Item ledit seigneur Rostaing, chevalier, promit audit seigneur abbé au nom du monastère susdit pour lui-même et tous ses successeurs, seigneurs dudit castrum, avec le baiser de fidélité et de paix, de payer annuellement audit monastère à titre de redevance une vache de plusieurs couleurs ou calha 43 sans aucune difficulté, restriction ni contestation le jour de la fête de saint Guillaume et de l’envoyer à Saint-Guilhem sous la conduite de son propre messager, pourtant avec cette réserve que si on la perdait par quelque infortune ou accident fâcheux après la traversée du Rhône, il faudrait la considérer comme payée.

Ledit seigneur Rostaing, chevalier, reconnut et promit et fit les choses susdites, toutes et chacune, pour lui-même et tous ses successeurs, seigneurs dudit Châteauneuf, à la condition que ni le seigneur abbé ni ses successeurs ni la communauté de ce monastère ni l’abbé avec la communauté, même avec l’autorisation du prieur majeur, ne puissent, par quelque transaction ou espèce d’aliénation, ni donner ni aliéner ces droits de seigneurie que possède ledit abbé ou monastère audit Châteauneuf ni les vendre par quelque sorte de troc ou d’échange ou par n’importe quel genre de transaction que l’on a pu ou que l’on peut nommer ou imaginer à un ou des religieux, à un ou des laïcs, à un ou des lieux, à une ou des communautés civiles. Et s’il arrivait, par quelque accident, que ledit seigneur abbé ou ses successeurs qui y étaient à ce moment-là ou la communauté de ce lieu ou les deux, à savoir l’abbé avec la communauté, donnassent, vendissent, troquassent ou échangeassent lesdits droits de seigneurie ou essayassent, de n’importe quelle manière, d’agir contrairement à cet accord, il faudrait considérer ce transfert comme nul et non avenu ; et le seigneur Rostaing, chevalier, souvent mentionné ci-dessus, et ses successeurs dans ledit castrum ne seraient ni liés ni attachés à la personne ou aux personnes, au lieu ou aux lieux, au collège ou à la communauté civile avec lesquels on aurait fait l’échange ou quelque aliénation au moyen de n’importe quel genre de transaction et ne seraient pas tenus d’obéir audit seigneur abbé en ceci qu’ils seraient obligés de prêter hommage à la personne ou aux personnes, au lieu ou aux lieux, à la communauté civile ou au collège avec lesquels, par n’importe quel genre de transaction, on aurait fait l’échange ou l’aliénation de ladite seigneurie ou en ceci qu’ils seraient obligés de rendre un seul desdits services aux personnes ou lieux avec lesquels on aurait fait le transfert. Au contraire, la seigneurie dudit castrum devrait rester entièrement en la possession dudit monastère de Saint-Guilhem et devrait rester intacte et sans aucune diminution ; et ledit seigneur Rostaing, chevalier, et tous ses successeurs, seigneurs dudit castrum, seraient tenus de prêter hommage et de rendre tous les autres services susdits à ce monastère et à l’abbé qui y sera pour le diriger, exactement comme si on n’avait fait ni transfert ni aliénation.

Et ledit seigneur abbé dudit monastère, au nom de son monastère avec le baiser et le serment de fidélité et de paix, reçut dudit seigneur Rostaing, chevalier, seigneur dudit Châteauneuf, la reconnaissance et l’hommage et reconnut que les choses susdites sont vraies, toutes et chacune, et que de tels accords et pactes ont été faits entre leurs prédécesseurs, comme ils ont reconnu et promis ci-dessus audit seigneur Rostaing, chevalier, et à ses successeurs, futurs seigneurs dudit castrum. Ledit seigneur abbé promit, dis-je, expressément que lui et ses successeurs observeraient lesdits accords et pactes intégralement et sans aucune diminution, de bonne foi à perpétuité, concédant au seigneur Rostaing et à ses successeurs que s’il arrivait par quelque accident (puisse Dieu l’éloigner) que l’aliénation de la seigneurie dudit castrum eût lieu en faveur de quelque religieux ou laïc, lieu ou communauté civile ou collège au moyen de n’importe quel genre de transaction que l’on peut nommer ou imaginer par son entremise ou par celle de ses successeurs avec l’accord et l’assentiment de la communauté monastique, ou par l’entremise de la communauté et avec l’assentiment de l’abbé qui serait alors à la tête du monastère, ledit seigneur et ses successeurs ne seraient tenus ni d’obéir en quoi que ce soit à la personne ou aux personnes, ni de leur prêter hommage, ni de leur rendre ou offrir un seul desdits services, ni même d’obéir au seigneur abbé si celui-ci ordonnait audit seigneur Rostaing ou à ses successeurs de rendre ou offrir lesdits services ou l’un desdits services à une ou plusieurs personnes. Au contraire, que ledit seigneur abbé sache de façon certaine que, d’après le pacte entre lui et ses prédécesseurs et le seigneur Rostaing et ses prédécesseurs, la seigneurie dudit castrum reste entièrement en la possession dudit monastère maintenant et doit rester intacte et sans aucune diminution irrévocablement.

Fait dans la forteresse dudit Châteauneuf devant les témoins suivants : seigneur et vénérable père Elzéar de Montpezat 44, moine du monastère de Saint-Gilles 45, et prieur de Roussillon 46, seigneur Raimond de Saint-Julien 47, moine dudit monastère de Saint-Guilhem et prieur de Bélarga 48, et nobles hommes Raimond de Baux, seigneur de Courthézon 49, Giraud Amic, coseigneur de Caumont 50, Raimond Masan dudit Châteauneuf, chevaliers, seigneurs et hommes honorables Bertrand Plantier, chevalier royal, professeur de droit, et Bertrand Rascas de Saint-Quentin 51, juriste, Rostaing Ortigue et Pierre Rancurel d’Avignon, Raimond de Saint-Martial, Rostaing de Montpezat, fils de noble homme Bérenger de Montpezat, seigneur de Saint-Geniès 52, Isnard Gasc, Jacques Orsel du Thor 53, damoiseaux, maître Guillaume Cazes, clerc du diocèse de Maguelone 54, juriste, témoins appelés et convoqués spécialement pour toutes les choses susdites.

Et moi, Pietro Ponzilio da Vigone 55, clerc du diocèse de Turin, notaire public par autorité apostolique et impériale, j’étais présent aux déclarations susdites, toutes et chacune, en même temps que les témoins susnommés ; et j’ai écrit et publié toutes ces déclarations ; et, appelé par les parties susdites, j’ai signé de mon seing accoutumé.

6. Remise de la clef en 1321 (copie du 3 août 1609)

Au nom du Seigneur, amen. Qu’il soit connu de tous et de chacun, présents comme à venir, que l’an du Seigneur 1321, quatrième indiction, le 24e jour du mois de novembre, noble homme Rostaing de Sabran, chevalier, seigneur de Châteauneuf, situé au diocèse de Cavaillon, fils et héritier du feu seigneur Giraud Amic, chevalier, et de feu dame Raimbaude de Simiane, conjoints, rendit et remit, comme symbole de seigneurie, la clef de la tour dudit Chàteauneuf au seigneur et vénérable père en Christ Raimond de Sérignac, abbé du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert au diocèse de Lodève. Ledit seigneur abbé, recevant ladite clef dudit seigneur et chevalier Rostaing, fit ouvrir la tour avec cette clef, fit planter au faîte ou au sommet de ladite tour son étendard ou bannière déployé et y fit crier de diverses manières par beaucoup d’hommes le ou les cris de guerre du bienheureux Guillaume. Ayant accompli toutes ces choses, le seigneur abbé rendit ladite clef audit seigneur Rostaing, chevalier.

Fait dans la forteresse dudit Châteauneuf devant les témoins suivants : seigneur et vénérable père Elzéar de Montpezat, moine du monastère de Saint-Gilles et prieur de Roussillon, seigneur Raimond de Saint-Julien, moine dudit monastère de Saint-Guilhem et prieur de Bélarga, et nobles hommes Raimond de Baux, seigneur de Courthézon, Giraud Amic, coseigneur de Caumont, Raimond Mosan dudit Châteauneuf, chevaliers, seigneurs et hommes honorables Bertrand Plantier, chevalier royal, professeur de droit, et Bertrand Rascas de Saint-Quentin, juriste, Rostaing Ortigue, Pierre Rancurel d’Avignon, Raimond de Saint-Martial, Rostaing de Montpezat, fils de noble homme Bérenger de Montpezat, seigneur de Saint-Geniés, Isnard Gasqui, Jacques Orsel du Thor, damoiseaux, maître Guillaume de Cazes 56, clerc du diocèse de Maguelone, juriste, témoins appelés et convoqués spécialement pour toutes les choses susdites.

Et moi, Pietro Ponzilio da Vigone, clerc du diocèse de Turin, notaire public par autorité apostolique et impériale, j’étais présent aux déclarations susdites, toutes et chacune, en même temps que les témoins susnommés ; et j’ai écrit et publié toutes ces déclarations ; et, appelé par les parties susdites, j’ai signé de mon seing accoutumé avec le seing placé à côté de la souscription.

Tiré de l’acte écrit sur parchemin et en lettres anciennes, en bon état et intact sans être suspect dans aucune de ses parties, comme il paraissait à première vue, acte que l’illustre seigneur François de Simiane, seigneur de Lacoste 57, père et administrateur légal de noble Joachim de Simiane, enfant, seigneur du lieu de Châteauneuf-Messire-Giraud-Lamy 58 au diocèse de Cavaillon, nous exhiba à nous, Colin Tache et François de Landes, notaires aptésiens et citoyens d’Avignon, ce 3e jour du mois d’août, l’an 1609, et retira ensuite et après que nous avions fait une collation convenable. Et il faut vous signaler que nous avons laissé quelques mots en blanc dans la souscription du notaire parce que nous avons découvert que, dans cette partie, ledit acte est déchiré, ce qui n’est pas dû à quelque défaut mais à l’âge du document, dans la mesure où nous avons pu le déterminer au moyen d’une inspection convenable. Appelés pour les choses susdites, nous avons soussigné ceci de bonne foi avec nos seings manuels accoutumés.

Tache
De Landes

Nous, juge ordinaire de la cour temporelle d’Avignon, représentant de notre très saint seigneur le pape et du très saint Siège apostolique, faisons savoir et certifions aux personnes, toutes et chacune, à qui parviendront les présentes que lesdits sieurs Colin Tache et François de Landes, qui ont signé l’extrait reproduit ci-dessus, ont été et sont notaires publics, citoyens d’Avignon de bonne renommée et réputation et que, dans les cours de justice et ailleurs, l’on accorde sans hésitation une confiance absolue à leurs actes et documents antérieurs validés par des seings et souscriptions semblables, en foi de quoi, nous avons fait faire les présentes par notre greffier personnel et nous les avons validées en y faisant attacher le sceau de cette cour.

Donné à Avignon, le 3e jour d’août 1609.

Qu’elles soient scellées.
Veneti, juge
Audibert, greffier

7. Bulle de 1323

Jean, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à la mémoire perpétuelle de la chose.

Les églises et les monastères peuvent administrer leurs affaires dans de bonnes conditions quand, en échange de leurs biens les moins utiles et situés dans des lieux assez éloignés, on les pourvoit utilement et après consultation de biens semblables qui sont plus utiles et plus proches. Assurément, mes fils bien-aimés Raimond, abbé, et la communauté du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert de l’ordre de Saint-Benoît au diocèse de Lodève, par l’entremise de mon fils bien-aimé Hugues de Cassagnes 59, moine dudit monastère, leur procureur, constitué spécialement et légalement à cette fin, eurent soin de nous informer que, bien que Chteauneuf au diocèse de Cavaillon appartienne au monastère susmentionné et soit tenu en fief par cet abbé au nom dudit monastère moyennant une redevance annuelle d’une vache pie ou calha et bien que, pour ce castrum, à chaque changement de seigneur ou de vassal, le feudataire dudit lieu doive faire hommage à l’abbé qui est à la tête dudit monastère à ce moment-là et prêter le serment de fidélité en s’engageant à observer certains autres pactes et accords que l’on décrit plus longuement dans un assez grand nombre de chartes ayant trait aux reconnaissances faites sur cela, néanmoins, parce que l’on reconnaît que ledit castrum est trop éloigné du monastère susdit, on sait que l’abbé et le monastère en tirent peu de profit. C’est pour cette raison que l’on nous a supplié humblement de la part desdits abbé et communauté de bien vouloir rattacher, joindre et réunir au Comtat Venaissin et à l’Église romaine tous les droits desdits abbé et monastère qui sont applicables audit castrum et à tous les hommes, vassaux et habitants, à tout le territoire et à toutes les appartenances de celui-ci et de donner auxdits abbé et monastère la compensation qui leur est due en échange puisque ledit castrum est très utile à ladite Église parce qu’il confine au Comtat. Par conséquent, nous donnons notre approbation bienveillante à ladite supplique que nous avons reconnu être avantageuse pour l’abbé et le monastère susdits et pleine d’avantages pour l’Église romaine après un examen consciencieux des choses susdites ; et, favorable à leurs prières, en transférant audit Comtat et à l’Église romaine en totalité et à perpétuité par autorité apostolique ledit castrum et tous les droits, juridictions et biens qui appartenaient audit abbé et à son monastère, de quelque manière que ce fût, dans ce castrum, dans les vassaux, hommes et habitants dudit castrum et dans tout le territoire et toutes les appartenances de celui-ci, par ladite autorité, nous rattachons, joignons et réunissons ces choses, toutes et chacune, au Comtat et à l’Église susdits pour qu’elles appartiennent désormais à ladite Église romaine et audit Comtat, lesdits abbé, communauté et monastère n’y ayant plus de droits. Quant à la compensation qui appartient auxdits abbé et monastère et que, pour cette raison, nous devons donner là où cela peut se faire d’une manière qui leur convient, nous aurons soin, le Seigneur aidant, de l’offrir dans des conditions avantageuses et avec efficacité. Par conséquent, qu’il ne soit permis à aucun homme d’enfreindre l’acte de notre transfert, rattachement, union et réunion ou d’y contrevenir par un acte d’audace irréfléchie. Pourtant, si quelqu’un ose y porter atteinte, qu’il sache qu’il encourt l’indignation de Dieu tout-puissant et de ses apôtres, les saints Pierre et Paul.

Donné à Avignon, aux calendes de décembre, huitième année de notre pontificat.

NOTES PORTANT SUR L'ANNEXE II

1.Sur ce village, voir Frank R. Hamlin, Les Noms de lieux du département de l’Hérault : nouveau dictionnaire topographique et étymologique, 1983, réimp. Nîmes, 1988, s.v. Fozières.

2.Dans les documents qui concernent Châteauneuf, castrum signifie « village fortifié » et non « château ». Par conséquent, je l’ai laissé dans les textes sous sa formé latine.

3.Il s’agit du prieuré de Saint-Pierre de Sauve. A propos de ce prieuré, voir Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 118-27. Sur le village de Sauve, voir Eugène Germer-Durand (= G-D), Dictionnaire topographique du département du Gard, 1868, réimp. Nîmes, 1988, s.v. Sauve.

4.G-D, 5v. Verfeuil.

5.G-D, 5v. Montdardier.

6.L’ancien hameau de Saint-Martin-de-Colombs (Hamlin, s.v. Colomb).

7.G-D, s.v. Bernis.

8.Lieu non identifié.

9.Guillaume de Monteux, prévôt de l’église d’Avignon. Voir Gallia christiana nova, t. VI, col. 815-16. Il s’agit de Monteux dans le Vaucluse.

10.La cathédrale de Notre-Dame des Doms à Avignon.

11.Avant d’être uni au collège de Saint-Ruf à Montpellier en 1419 (voir la note 12), le prieuré ruflien de Saint-Jean-Baptiste à Châteauneuf dépendait du chef d’Ordre, à savoir l’abbaye de Saint-Ruf à Avignon et, à partir de 1158, l’abbaye du même nom à Valence.

12.Chanoines de l’Ordre de Saint-Ruf qui résidaient au prieuré de Châteauneuf. Le prieur et les autres chanoines étaient chargés du ministère pastoral à Châteauneuf. L’allusion à Saint-Ruf n’a rien à voir avec le Collège de Saint-Ruf, fondé à Montpellier en 1368 par le cardinal Anglic Grimoard, frère du pape Urbain V. Le prieuré de Châteauneuf dépendait de ce collège, comme le disent Gimet et Brémond (Histoire de Châteauneuf-de-Gadagne, p. 59), mais seulement entre 1419, quand l’union du prieuré au Collège fut approuvée et confirmée par Nicolas, évêque de Cavaillon, et 1777 (Montpellier, ADH, G 4113, Parlement de Toulouse, extrait de registre), date de l’union du Collège au Séminaire de Montpellier après la suppression de l’Ordre de Saint-Ruf en 1774. Sur l’union de 1419, voir Montpellier, Archives départementales de l’Hérault, G 4117, document du 3 janvier 1418 (1419, nouveau style), copie certifiée du XVe ou du XVIe siècle, et G 4114, document de 1418/19, copie partielle, probablement du XVIIe siècle; et cf. G 4113, fragment d’inventaire de la main du chanoine Marcel Eusebi, archiviste de l’Ordre vers 1740, p. [l]-[2], [7]-[8]. Sur l’histoire de cet ordre peu connu, voir Yvette Lebrigand, « Origines et première diffusion de l’Ordre de Saint-Ruf », dans Le Monde des chanoines (XIe-XIVe), Cahiers de Fanjeaux, 24, Toulouse, 1989, p. 167-79.

13.Un chanoine du nom de Pierre Mauvoisin figure dans un document avignonnais du 15 avril 1239. Voir Léon-Honoré Labande, Avignon au XIIIe siècle, 1908, réimp. Marseille, 1975, p. 84.

14.Probablement Caumont-sur-Durance dans le Vaucluse.

15.Village des Bouches-du-Rhône.

16.Sur le nom de ce village du Vaucluse, voir Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence, 1950, réimp. Marseille, 1973, p. 55-56.

17.Probablement Saint-Firmin-lez-Uzès. Sur ce village, aujourd’hui incorporé à la commune d’Uzès, voir G-D, s.v. Saint-Firmin-lez-Uzès.

18.Probablement Robion dans le Vaucluse (Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence, p. 239-40).

19.Probablement dans l’Hérault (Hamlin, s.v. Aubaret).

20.Probablement Saint-Saturnin-d’Apt, Saint-Saturnin-lès-Avignon ou Saint- Saturnin près de Saint-Guilhem-le-Désert (Hamlin, s.v. Saint-Saturnin).

21.G-D, s.v. Meynes.

22.Lieu non identifié, mais un Richard de Forès est mentionné dans la partie anonyme de la Chanson de la Croisade albigeoise. Voir l’édition d’Eugène Martin-Chabot, t. III (Paris, 1961), laisse 202, v. 58.

23.Nom de lieu et nom de famille (Hamlin, s.v. Lunés).

24.Probablement dans l’Hérault (Hamlin, s.v. Mont, XLVII).

25.Nom de lieu assez fréquent dans le Midi.

26.Probablement dans l’Hérault (Hamlin, s.v. Assas).

27.Hamlin, s.v. Lieuran-Cabrières et s.v. Lieuran-lès-Béziers.

28.Probablement dans l’Hérault (Hamlin, s.v. Aubeterre).

29.Probablement dans l’Hérault ou dans le Gard (Hamlin et G-D, s.v. Saint-Martial).

30.Il s’agit du prieuré de Saint-Martin-de-Londres, non loin de l’abbaye de Saint-Guilhem (Hamlin, s.v. Saint-Martin-de-Londres).

31.Probablement le mas de Rovayrargues dans le Gard (G-D, s.v. La Rouvière, ferme, commune de Pompignan). Sur le modèle de Veyranicis = Vérargues (Hamlin, s.v. Vérargues) et Roveria = La Rouvière (G-D, s.v. La Rouvière, passim), j’ai traduit Rovoiranicis par Rouvoirargues.

32.G-D, s.v. Trêve (aujourd’hui, Trèves).

33.Cf. Peyrefiche dans le dictionnaire topographique de Hamlin,

34.Hamlin, s.v. Causses-et-Veyran.

35.Peut-être l’alleu de Saint-Cyprien mentionné par Hamlin, s.v. Cypriani.

36.Ou Bernard des Pugets (Hamlin, s.v. Pioch).

37.Actuellement, La Capelle-et-Masmolène. Cf. G-D, s.v. Mamolène.

38.Lieu non identifié. Si Arvenis est une erreur pour Arvernis, il s’agit de Clermont-Ferrand.

39.Château dans le Gard. Voir G-D, s.v. Roquefeuil; Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 114, n. 134 ; et Louis de la Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc : généralité de Montpellier, t. I, Montpellier, 1860, p. 441.

40.G-D, s.v. Sabran.

41.Simiane-la-Rotonde (Alpes-de-Haute-Provence). Simiane-Collongue (Bouches-du-Rhône) ne porte ce nom que depuis 1689. Sur ces deux localités, voir Rostaing, Essai, p. 409.

42.Probablement dans le Gard (G-D, s.v. Sérigsiac).

43.Mot occitan qui signifie « caille » et, au sens figuré, « pie ».

44.Probablement dans le Gard (G-D, s.v. Montpezat).

45.Saint-Gilles-du-Gard.

46.Roussillon dans le Vaucluse. Selon Robert Bailly (Dictionnaire des communes : Vaucluse, Avignon, 1985, P. 346), l’église paroissiale de Roussillon fut donnée à Saint-Gilles en 1048.

47.Probablement dans l’Hérault (Hamlin, s.v. Saint-Julien).

48.Hamlin, s.v. Bélarga.

49.Village du Vaucluse.

50.Giraud Amic de Sabran, coseigneur de Caumont-sur-Durance (Vaucluse) et frère cadet de Rostaing de Sabran, seigneur de Châteauneuf (Gimet et Brémond, p. 79). En 1162, Raimond V, comte de Toulouse, avait inféodé à Giraud 1er Amic le quart qu’il possédait des lieux de Caumont, du Thor, de Thouzon et de Germignargues, à la réserve des droits de justice et d’albergue (Avignon, ADV, E, Titres féodaux, Duché de Caderousse, 236, original sur parchemin ; cf. Avignon, ADV, 2E 13/84, Livre A, fol. 1 r°, inféodation de 1162, où il est question de Châteauneuf aussi bien que du quart des quatre lieux mentionnés ci-dessus. Sur ces documents, voir plus haut, notes de l’article, n° 54, et Léonard, Catalogue, p. 18-19, n° 23-24).

51.Probablement dans le Gard (G-D, s.v. Saint-Quentin).

52.Probablement dans le Gard (G-D, s.v. Saint-Geniès-en-Malgoirès, aujourd’hui, Saint-Geniès-de-Malgoirès).

53.Le Thor dans le Vaucluse.

54.C’est-à-dire de Montpellier.

55.Ville au sud de Turin.

56.Il pourrait s’agir de Cazes dans le Lot, de Cazes dans le département du Tarn-et-Garonne ou d’un village qui a disparu. Dans l’hommage de 1321 (annexes I et II, n° 5), le notaire appelle ce juriste Guillaume Cazes.

57.Lacoste dans le Vaucluse (Bailly, Dictionnaire, p. 218).

58.Nom complet de Châteauneuf au XVIIe siècle avant qu’il ne fût érigé en duché en 1669. Voir, par exemple, Avignon, ADV, 36 J 238, n° 216, fol. [1 r°]. Cf. Gimet et Brémond, p. 7.

59.D’après le Dictionnaire national des communes de France, Paris, 1984, il y a, à l’heure actuelle, quatre villages qui portent le nom de Castagnes; et ils se trouvent tous dans le Midi.