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Description

Basket, Handball, Volley, Football, Rugby,

Pour une géographie des sports collectifs féminins en Occitanie

*   Cartographe CNRS Laboratoire ART-DEV, UMR 5281 Université Paul Valéry, Montpellier 3
** Professeur Émérite de Géographie urbaine et Aménagement du territoire, Université Paul Valéry, Montpellier 3, Laboratoire ART-DEV.

Extrait

« Le sport représente aujourd’hui un enjeu central pour les territoires »

Le sport au féminin c’est d’abord l’histoire d’une conquête, celle de la reconnaissance de la performance féminine certes, mais surtout d’une égalité entre hommes et femmes au sein des pratiques passant par celles concernant le rôle et la place de la femme dans l’univers des sports. Les enquêtes récentes montrent que, de manière globale, les femmes disposent d’une heure par semaine de moins que les hommes pour leurs loisirs et le sport, mais qu’elles sont de plus en plus intégrées dans les clubs (près du tiers des pratiquantes en 2018) et qu’elles pratiquent plus couramment les sports collectifs (10 % des pratiquantes contre 6 % en 2015). Cependant, la tendance à la recherche du « bien être » demeure largement prédominante alors que la pratique de compétition ne concerne tout au plus qu’une pratiquante sur cinq même si les résultats des sportives professionnelles sont de plus en plus appréciés par les femmes en général, sans pour autant que la « passion » soit importante : moins d’une femme sur 10 se dit « passionnée » par les performances des sportifs et sportives.

Notre propos n’est point de faire un tour d’Occitanie des sports au féminin, mais de porter un regard mesuré et actuel sur cinq sports collectifs au féminin, trois de salle (Basket, Handball, Volley soit BHV), deux de terrains de grands jeux (Football et Rugby, soit FR). Le rugby toujours fortement identitaire, le football sport ubiquiste par excellence, le handball qui bénéficie de l’écho des résultats des équipes nationales, le basket premier sport collectif en Occitanie par le nombre de licenciées, le volley plus sélectif quant à ses territoires de prédilection.

Cet article, un bref état des lieux, se veut point de départ d’une réflexion plus approfondie sur les pratiques sportives au féminin en région à l’échelle des communes, intercommunalités, départements tant les territoires supports traduisent par leur diversité les contrastes des espaces régionaux.

Quelques noms, quelques dates, quelques évènements scandent les horizons de ces sports collectifs au féminin. En 1953, les filles du club Fémina Sport de Montpellier qui jouent en extérieur, sont championnes de France de basket (le trophée Dubonnet en fait car le titre officiel n’existe pas pour les femmes). Les filles de la section volley du Montpellier Université Club (MUC) sont sept fois championnes de France entre 1949 et 1962. A Toulouse, le handball s’inscrit au féminin sous l’appellation du TFH (Toulouse Féminin Handball) né du Toulouse Cheminots Marengo Sports, puis du Stade Toulousain Handball et d’une seconde fusion avec Le Toulouse Union Handball. Quelques internationales Sophie Herbrecht, Alexandra Lacrabère, Nodjalem Myaro, Stéphanie Lambert, Nathalie Poulet ont effectué leur formation au TFH. Suite à l’organisation du Mondial féminin en 2007, la Ligue féminine de handball est créée en 2008. Dix ans plus tard, le 16 décembre 2018 à Bercy, l’équipe de France conquiert le titre européen. En rugby, le Toulouse Fémina Sports cumule sept titres de championne de France entre 1975 et 1985 et le Montpellier Rugby Club (MRC, association amateur du MHR, Montpellier Hérault Rugby) huit entre 2007 et 2019. C’est par ailleurs à Montpellier, en 2001, que Louis Nicollin président du club de football crée la première équipe professionnelle féminine de football, avant celle de Jean-Michel Aulas à Lyon (2004). Pour le plaisir et « pour l’égalité hommes et femmes… car le football féminin ne rapporte absolument rien du tout » précise-t-il. Son équipe sera deux fois championne de France et remportera trois coupes de France entre 2001 et 2010. Le sport le plus populaire au monde est longtemps marqué par des interdictions faites aux femmes après l’essor des années 1920 car se donner en spectacle est pour certains « intolérable » (Henri Desgranges, L’Auto, 1925, cité par Laurence Prudhomme-Poncet). Les temps ont bien changé, cinq ans après le Mondial féminin du rugby en France, celui du football en 2019, par son exposition médiatique, a joué en quelque sorte un rôle d’ambassadeur du sport féminin dans son ensemble. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

15

Auteur(s)

Jean-Paul VOLLE, Stéphane COURSIÈRE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf