Géographie de la région Chronique des publications récentes (1983)
Géographie de la région Chronique des publications récentes (1983)
Pour rendre compte de la production géographique portant sur la Région au cours de l’année 1983 on a retenu un nombre réduit de thèmes. La liste bibliographique, in fine, s’ajoute à celle des chroniques des années précédentes (1980, 1981, 1982) déjà publiées dans cette même revue. Il est rendu compte en totalité des ouvrages et articles adressés à « Études sur l’Hérault » ; pour les autres il ne s’agit que d’un choix tout à fait arbitraire. Celui-ci ne traduit parfois – et rien de plus – que la facilité d’accès à telle ou telle publication à la périodicité incertaine ; il ne prétend nullement à l’exhaustivité. Enfin rappelons le retard croissant subi par certaines revues, certaines d’entre elles n’ayant encore rien publié ou presque dans le courant de l’année qui suit leur datation.
La parution de l’Atlas et Géographie du Massif Central 1, est l’occasion de saluer l’achèvement de la collection dirigée par Louis Papy chez Flammarion. En fait, « les ouvrages qui ont précédé celui-ci ont décrit divers morceaux du Massif Central », dont les hautes terres caussenardes et cévenoles, qui constituent une partie de la toile de fond de la plaine Languedocienne. Voilà sous la plume d’A. Fel quelques bonnes pages sur la Margeride isolée au centre d’un cercle d’une centaine de kilomètres incluant à peu près toutes les hautes terres dans un pentagone Clermont – Aurillac – Millau – Privas – Saint-Etienne, « curieuse Margeride où viennent mourir toutes les influences géographiques intéressant le Massif Central », dont une « Margeride de Lozère plus étendue et plus rude, bien connue de Mende mais supervisée.., par la Région Languedoc-Roussillon.
Le C.R.D.P. de Montpellier a eu l’heureuse idée de réunir en volume les fiches documentaires de géographie publiées dans le Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie depuis plusieurs années sous forme de brèves mises au point 2. Articles de M.C. Amy de la Bretèque, G. Beaudet, M. Bonnier, P. Carrière, J. Chapman, E. Coulet, L. Davy, R. Ferras, M. Pierchon, A. Soulier, C. Verlaque, A.M. Vidal, J.-P. Volle, sur des thèmes aussi divers que les Gardons ou la Garrigue du Crès, l’industrie ou les coopératives vinicoles, les élections présidentielles, etc.
I. Le tourisme
Un bulletin de la Société Languedocienne de Géographie lui est entièrement consacré et S’ouvre sous une triple présentation ; le Président du Conseil Régional rappelle que le chiffre d’affaires est équivalent à celui de l’agriculture, pour près de 5 000 000 de visiteurs ; le Président du Conseil Général de l’Hérault souligne la place privilégiée du tourisme à l’articulation de toutes les communications et de tous les échanges, « un des secteurs essentiels sinon le plus sérieux de l’économie régionale ». A. Soulier, délégué régional au tourisme et maître d’œuvre du bulletin, a réuni un large éventail d’articles regroupés en cinq rubriques, offre et demande, sollicitation, accueil, apports économiques ; seuls les deux articles consacrés au littoral seront recensés dans une autre rubrique (« la mer »).
La résidence secondaire est devenue objet de placement : 190 000, et un taux record de 19 pour 100 logements en Languedoc-Roussillon : au deuxième rang après la Corse, mais avec le taux de progression le plus rapide de France. Celles-ci dépassent le nombre de résidences principales dans 22 cantons, le littoral en regroupe 103 000 (55 % du parc) mais la montagne se rééquilibre et certaines zones de dynamisme émergent 3. L’hôtellerie de plein air situe aussi la région au premier rang avec 300 000 lits dont la moitié dans des terrains de camping 2 étoiles, les 2/3 sur le littoral, pour près de 10 000 000 de nuitées, Allemands en tête 4. Le tourisme associatif passe par les maisons familiales de vacances 5 : 5 450 lits, et les villages de vacances : 27 000 ; les A.J. enregistrent 51 000 nuitées, les centres de vacances 80 000. Au total plus de 3 000 000 de nuitées, dont la moitié dans l’Hérault (V.V.F., Caisse d’Allocations Familiales, etc.). À l’initiative du Conseil Général les Campotels 6 sont sept dans l’Hérault, du Salagou (1977), à Servian (1981) : 8 000 nuitées d’une clientèle familiale et modeste.
Le tourisme est aussi devenu une des activités de la CNABRL à travers gîtes et campings de la Région et même dans les Hautes-Alpes, « dans les zones déshéritées de l’arrière-pays où trop d’aménageurs et des promoteurs privés répugnent à intervenir » 7. Pour quel touriste-type ? 8 : français, campant moins de trois semaines, et dans l’Hérault. 76 000 000 de nuitées, 30 000 000 dans l’Hérault ; 600 000 étrangers : Allemands précédant les Belges (en hôtel), les Néerlandais (camping) ; les Français viennent d’Île-de-France, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. Les loisirs de proximité 9 sont plus récents, moins bien analysés, le plein air est de plus en plus recherché, Hérault et P. O. sont des départements d’accueil privilégiés.
Le Comité Régional se charge de la promotion, prospecte en Europe et dans la couronne urbaine Lyon – Marseille – Toulouse – Barcelone. Au départ, une image de pays pilote à travers les aménagements du littoral, un type « californien », mais on souhaite recadrer sur une réalité répondant aux souhaits de la clientèle : « Languedoc-Roussillon, destination soleil ». Mais les sommes dépensées ne représentent que l’équivalent du quart de ce que dépense le Cap d’Agde, et à peu près le montant du budget de l’Office de Tourisme de Palavas ! 10 Informatique et télématique apporteront une grande mutation 11 à la gestion, la réservation. Même souci de promotion pour le Roussillon dès 1950 12 ; l’Hérault offre un bon exemple du rôle joué par les O.T. et les S.I. 13. Mais le développement touristique nécessite la mise en œuvre d’actions de formation touchant aux domaines de la commercialisation, l’accueil, l’animation 14. Le patrimoine audois est présenté comme un atout économique et culturel 15, et se veut expression culturelle de la population. Des actions de promotion : « sur les traces des Cathares… routes des abbayes » sont montées, des monographies publiées (Peyrepertuse, Quéribus), des itinéraires jalonnés (canal, étangs) ; 210 000 entrées à la Cité de Carcassonne, 57 000 à Fontfroide, 30 000 à Peyrepertuse (Pâques-septembre) et le catharisme constitue un phare : 87 % des visiteurs en avaient entendu parler avant ; pour 59 % c’est une religion, pour 61 % une hérésie, pour 44 % un fait européen, pour 39 % un fait occitan pur ; quant aux ouvrages, 72 en tout sont mentionnés avec en tête Zoé Oldenburg (Le bûcher de Montségur), et M. Roquebert (Citadelles du vertige).
Les gîtes ruraux ont l’avantage de multiplier l’hébergement en respectant l’environnement 16, associant l’ancienneté et le modernisme. La Lozère sert d’expérience à la carte multi-loisirs 17 qui fait bénéficier d’un tarif réduit et mêle phares et prestations moins attractives : Mende et la Baume, Castanet, l’aven Armand et Dargilan, l’écomusée et le parc du Gévaudan, les sites piscicoles.
Le numéro de l’été de « Monuments Historiques » est tout entier consacré au Languedoc-Roussillon, ce qui permet la réunion d’une série d’articles et d’une riche illustration. La constitution géologique de la Lozère détermine certains aspects de la construction traditionnelle 18, et les difficultés d’accès et de pénétration ont facilité le maintien de l’architecture traditionnelle : maison caussenarde en hauteur, toitures en carène de bateau renversée de la région de Mende. Les chefs-d’œuvre ne doivent point faire oublier l’architecture rurale, à la fois multiforme et fonctionnelle 19, et « la reconquête des identités régionales passe par une réinsertion des témoignages du passé dans la vie de tous les jours ».
Les habitants du Languedoc-Roussillon 20 partent plutôt moins que ceux des autres régions : 73 % des cadres moyens, mais seulement 13 % des agriculteurs exploitants. Au total seulement 43 % partent (54 % en France), dont 82 % en France (39 % dans la région elle- même) et 18 % à l’étranger (13 % en Espagne). La Région accueille en été plus de 3 000 000 de Français plus 600 000 étrangers 21 ; le portrait moyen : un Français, pour moins de 3 semaines, en camping, et surtout dans l’Hérault qui précède les P.O. venant d’abord du Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et Île-de-France, le moins souvent de Basse-Normandie, Limousin, et Poitou-Charentes. On a enregistré 60 000 000 de nuitées en 1977, dont 24 dans l’Hérault, 72 000 000 en 1979 dont 26 000 000, et 76 000 000 en 1982 dont 30 000 000 dans l’Hérault.
Qu’apporte le tourisme à la région ? Pour répondre 22, on peut s’appuyer sur l’inventaire des équipements, l’estimation des fréquentations et des dépenses. Les nuitées (camping, parents-amis, locations, résidences secondaires, hôtel dans l’ordre décroissant) rapportent 8 milliards de francs de dépenses courantes, soit l’équivalent de la production agricole (dont les 2/3 dûs au vignoble), plus 3 milliards de dépenses en capital. Dans le canton de Saint-Jean du Gard 23 on compte un demi-million de nuitées dont 160 000 pour les résidences secondaires, 100 000 pour le camping, et 4 millions de francs de dépenses dont 1,3 à l’hôtel.
Il appartenait à A. Soulier 24 d’avancer quelques propositions pour une politique régionale du tourisme dans une région où ses effets restent mal connus voire mal vécus. Les objectifs : faire connaître l’apport du tourisme dans la troisième des régions d’accueil (1980, 4 000 000 de personnes et 72 000 0000 de nuitées, 5 milliards de francs de dépenses courantes), mieux, en répartir la croissance (on connaît l’allure de toutes les cartes sur le tourisme, montrant un littoral encombré), l’intégrer à l’activité économique régionale comme dans l’Aude ou la Lozère, s’assurer une maîtrise locale. Il y a là une véritable charte, et en tout cas matière à réflexion.
II. La mer
L’essentiel des études porte sur la pêche, mais C. Maurin 25 propose une relecture des données « naturelles » du littoral bas-languedocien à travers la publicité touristique de tous les jours : un matériau d’apparence anodine mais qui concentre et diffuse clichés et stéréotypes ; l’étude, à partir de représentations, souligne les stratégies qui prennent en compte l’espace géographique et montre sa recomposition à des fins de commercialisation. Un tableau croise l’émergence de chacune des composantes du milieu selon les grandes étapes de l’histoire.
En introduction à un numéro très documenté de l’Économie Méridionale A. Berger 26 propose une problématique générale de la pêche. Une exploitation scientifique s’avère nécessaire dans le domaine d’une « économie de cueillette », à part quelques expériences limitées permettant de se dégager de la prédation. Malgré ses 200 kilomètres de côte la région n’a pas grande tradition maritime, tournant longtemps le dos à la mer. Tout change dans les années 60 avec la fièvre touristique : comment imaginer au milieu de milliers d’estivants qu’il y a encore 270 actifs, 32 chalutiers et 81 petits métiers au Grau-du-Roi ? Le quartier de Sète (Gard et Hérault) compte 103 chalutiers, un millier d’embarcations pour les « petits métiers », 18 thoniers (dont 5 à Agde), 14 lamparos en voie d’abandon 27. On recense un millier de patrons et 726 marins relativement jeunes, et plus des 2/3 des embarcations ont moins de 10 ans. À Valras les effectifs baissent rapidement ; Mèze et Palavas (un chalutier) ne comptent que des petits métiers. À Port-Vendres (Aude et P. O.), la quasi totalité de la flotte est composée de chalutiers 28. À Sète la mutation est largement avancée mais c’est exactement l’inverse à Agde et Valras. La rentabilité des chalutiers sétois 29 révèle une course à la puissance, ce qui permet d’aller pêcher plus loin on s’aligne sur une unité-type de 430 C.V. ; portant sur 7 bâtiments, l’étude propose un indice synthétique de rentabilité.
Les thoniers senneurs bénéficient d’un repérage par avion à partir de Fréjorgues pour une pêche qui s’étale de septembre à octobre au large de Port-Vendres, et jusqu’en décembre à Sète. L’article 30 donne apports et prix moyens, un compte d’exploitation avec tous les détails financiers, et trouve justifié le maintien à Sète d’une pêche artisanale.
Deux études prolongent, à propos du littoral, les travaux sur le tourisme réunis dans le numéro spécial du Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie. R. Morel 31 rappelle qu’avant l’intervention de la Mission existaient 23 stations balnéaires classées ; depuis, elles ont hérité d’à peu près 25 000 logements, et au total près de 100 000 logements (premières ventes en mai 1967) ont trouvé acquéreur (3 000 en 1971, 11 000 en 1979). Analysé année par année le marché fléchit en 1983 : et il s’agit du premier marché de résidences secondaires en Europe. P. Racine sacrifie au traditionnel article de mise à jour sur l’aménagement et en rappelle la doctrine : « opération témoin, exemplaire à plusieurs égards… bloquer la spéculation foncière… plan ordonné et harmonieux… urbanisme exigeant » pour 7 stations sur 8 prévues (embouchure de l’Aude). Le bilan est tiré à la fin de la Mission (31.12.82), à travers les sociétés d’économie mixte, au regard de la décentralisation : le contrat de plan État-Région signé en 1984 inclura aussi le tourisme et le Comité Régional recevra la responsabilité de l’aménagement du Languedoc-Roussillon 32.
Les stations sont récentes 33, sauf au droit des villes les plus importantes, dans un ensemble désert et insalubre ; 5 grandes unités créées, on démoustique et on équipe ; la Grande-Motte démarre à partir de 1966. Au titre des sites on ménage des protections Espiguette, Clape, Gardiole, Côte Vermeille, Aresquiers, Maguelone, et en 1975 est créé le Conservatoire du Littoral et des rivages lacustres, maîtrisant 4 000 hectares. La « cabanisation » mêlant paillotes de pêcheurs et baraques, a conduit à la suppression de l’habitat, quel qu’il soit.
Le XXXe Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon portait sur les zones palustres et le littoral, de Marseille aux Pyrénées 14 communications dont certaines présentent un intérêt plus proprement géographique. J.-J. Vidal 34 « délibérément dans la logique des approches de Vidal de la Blache » pose bien les données physiques face à une uniformisation sous le poids des facteurs humains canalisation, assèchement, endiguement, irrigation… pêcheries et salines. 5 critères de définition ont été retenus : moins de 30 mètres d’altitude, économie marginale, sans surmortalité permanente et « naturelle », dans un cadre d’exploitation solide et sans grands conflits idéologiques ; le but : cerner « la société des gens du marais ».
A. Vinas 35 remet l’accent sur les paillotes victimes de « l’aménagement », à la recherche « de ce que pouvaient être le paysage et la vie il y a tout juste quelques décennies ». Le matériau phragmites (sanes) sur ossature de bois, est parfaitement adapté au mode de vie et s’insère bien dans le paysage ; ce que G. Candilis considère comme « un site sans caractère, un désert amorphe »… en se glorifiant du fait qu’« il ne reste plus rien de ce que nous avons trouvé ». En avril 1982 il restait 3 paillotes au Bourdigou et 5 à Coudoulayre au milieu des bulldozers, et il a fallu « bien peu de temps pour anéantir ces humbles demeures qui avaient traversé les siècles ».
Le littoral fait l’objet d’informations dans la Lettre de la Datar 36–37 à travers trois thèmes : comme zone d’échanges, gisement de ressources vivantes (renforcement de la section cultures marines de Sète), et cadre de vie et de loisirs. Les compétences des collectivités locales s’en trouvent fortement accrues, l’opération d’aménagement touristique est désormais conduite par un syndicat mixte groupant Région et départements. Celle-ci entre aussi dans le cadre de la valorisation des stations anciennes car « l’économie d’espace sur le littoral passe notamment par une politique de pleine utilisation du patrimoine existant »… Les opérations les plus importantes prévues par le C.I.A.T. (orientations du 20 décembre 1982) portent sur la plaisance (« favoriser de nouvelles formes de stationnement de bateaux moins consommatrices d’espace ») et sur la maîtrise des campings sauvages ; sont cités, dans le premier cas Fleury d’Aude et Palavas, dans le second : la Camargue.
III. La population
« Repères », publication régulière de l’INSEE, se présente sous une forme nouvelle : celle d’une revue trimestrielle, et de dossiers thématiques. Le numéro 1 présente 4 articles. La vallée de l’Hérault, à laquelle s’intéresse le Conseil Général 38–39 regroupe 100 000 habitants soit le septième de la population du département : 1 habitant sur 4 en 1881, 1 sur 7 en 1982, selon une baisse continue que soulignent tableaux et graphiques. Depuis 1975 seulement 20 communes sur 103 continuent à baisser, alors que des zones de croissance se dégagent, retombées du pôle montpelliérain, zone Clermont-Lodève, canton d’Agde.
La pyramide des âges de la région est publiée par V. Briquel 40 ; les classes intermédiaires ont bénéficié du retrait relatif des moins de 15 ans et des plus de 65 ans la base reste étroite, la part des jeunes s’étant encore réduite. Les mouvements migratoires conservent un fort impact. En 1976 on a compté moins de 20 000 naissances avec une reprise depuis 41 le taux brut de natalité et le taux de fécondité générale ont cru plus vite – depuis cette date – en Languedoc-Roussillon qu’en France, mais ceux-ci restent faibles. Le maintien des flux migratoires observés entre 1975 et 1982 donnerait dans les 25 000 naissances vers 1990.
La montée continue du chômage 42 se poursuit, « et pourtant, depuis 1907, on n’a guère assisté, en Languedoc-Roussillon, à des mouvements de révolte contre ce statut humiliant… » 55 % de femmes, 44 % de 25 à 49 ans les deux sexes confondus et les 2/3 des jeunes de 17 à 19 ans poursuivent encore leurs études ou leur formation. L’instabilité est grande, et si l’on trouve un emploi on se retrouve facilement au chômage l’année d’après ; la surqualification est fréquente par rapport aux possibilités d’embauche. À partir du même rapport établi pour le Centre d’Études de l’Emploi auprès de chômeurs inscrits à l’ANPE (300 dans l’Hérault), Q. Delaunay 43 analyse le concept de chômage, difficile à cerner, l’applique à l’Hérault, où éclatent les structures socio-économiques de type archaïque et qui bénéficie d’une attraction démographique découlant d’une série de mythes : qualité de la vie, prospérité du bâtiment, facilités pour s’établir à son compte.
M. Laget 44 réfléchit sur l’adaptation des profils de la formation à ceux de l’emploi en Languedoc-Roussillon, l’insertion professionnelle, l’utilisation des informations statistiques en ce domaine : dans une « région de croissance et de chômage depuis deux décennies », qui constitue « un champ d’observation exceptionnel par la complexité des problèmes que pose un réseau de Petites et Moyennes Entreprises », plus des groupes d’ordre national et des mutations technologiques rapides. Longue partie méthodologique sur l’approche régionalisée. 31 300 artisans en 1977, 37 600 en 1982 : un gain de plus d’un millier par an et de façon plus rapide qu’ailleurs, puisque la Région est au premier rang national devant la Provence 45. L’Hérault en regroupe 13 000 devant le Gard (9 400), le bâtiment en tête (17 400) devant services et transports (9 000) le plus gros contingent concerne les entreprises de 1 à 3 salariés.
Le taux de chômage est traditionnellement élevé 46 et touche (au 1/1/83) 1 actif sur 8 (1 sur 10 en France) : il est passé de 5 % en 1975 à 11,5 % en 1982, mais reste faible en Lozère, alors que l’Hérault est le plus touché. Entre 1972 et 1982 47 on compte moins d’établissements industriels mais plus de salariés, 2 emplois sur 3 sont dans les grands établissements les évolutions sont différentes agro-alimentaire, 840 emplois en plus, notamment par des créations à Vergèze (Perrier) ; biens intermédiaires + 3 280, bon développement des Verreries du Languedoc à Vergèze, Owens Conning Fiberglass à Laudun, COGEMA au Bosc ; biens d’équipement : + 2 700, avec Merlin Gerin et Crouzet à Alès par exemple ; biens de consommation : – 4 500, le textile est très affecté ainsi que les chaussures.
La région se situe depuis 1982 au premier rang de la croissance démographique en France, mais grâce à un solde migratoire important ; la population se concentre dans le secteur oriental, déjà le plus urbanisé et le plus dynamique, sur le littoral, et à la périphérie des grandes villes 48 : l’article donne les cartes du maximum de population, de sa dynamique spatiale, et d’une évolution séculaire, 1881-1982. Mais le groupe migrant est en voie de rajeunissement, amorce d’un renouveau ?, tout comme quelque reprise enregistrée dans les hauts-cantons ? Les cartes mettent bien l’accent sur la rupture des équilibres intra-régionaux. Densités 1982 ; Hérault 116, Gard 91, P. O. 81, Aude 46, Lozère 14, (France : 100 habitants au km²) 49.
Il y a aussi à glaner dans les articles de portée générale extraits de publications de niveau national et qui soulignent souvent l’originalité de la région 50. Entre 1975 et 1982 les changements sont profonds : Languedoc-Roussillon et Provence-Côte d’Azur enregistrent la plus forte augmentation (3 fois plus vite que la moyenne du pays), mais avec le moteur du solde migratoire : « régions où le chômage est élevé, où le tissu d’entreprises est en voie de reconstitution, où les problèmes de l’agriculture et de la viticulture sont aigus… sorte d’héliotropisme vers des régions maritimes ». Il n’y a pas corrélation entre emploi et mouvements de population : zones d’accueil et fort taux de chômage vont de pair.
Le P.I.B. par habitant est inférieur à 40 000 francs 51 dans un ensemble continu de Midi-Pyrénées à Poitou-Charentes par Auvergne et Limousin (France 48 500 Fr) ; mais la croissance du P.I.B. entre 1975 et 1980 est supérieure à 3,4 % par an, record de France derrière le Limousin 52–53 : détail par secteurs : tertiaire 60,4 %, industrie 21,2, agriculture 10,5, bâtiment 7,9. Pour 137 000 habitants gagnés en Languedoc-Roussillon entre 1975 et 1982 on distingue 5 arrondissements d’exode, agricole ou industriel : Le Vigan, Limoux, Florac, Mende, Alès ; 6 arrondissements d’accueil et de reconversion : Céret, Prades, Lodève, Béziers, Carcassonne, Narbonne ; 3 arrondissements – les plus peuplés – qui recueillent les nouveaux emplois Montpellier, Nîmes, Perpignan 54. En 1985 le cap des 2 000 000 serait franchi dans l’hypothèse de la poursuite des tendances observées depuis 1975. Le point faible : la fécondité et les forts taux de mortalité (population âgée), mais des générations de jeunes arrivent 55.
IV. Les campagnes
Remarquable thèse que celle de Geneviève Gavignaud sur le Roussillon 56. Mais cette grosse étude se présente aussi comme une réflexion qui dépasse largement l’espace pris en compte et qui apporte un éclairage important sur les sociétés rurales méditerranéennes. Signalons simplement les grands titres des trois parties : le « grand œuvre », de la propriété, les structures dans la longue durée ; un impossible capitalisme viticole : structures et conjoncture mi-XIXe mi-XXe siècles ; la propriété dans le mouvement social structures et société, XIXe-XXe siècles. F. Auriac 57 reprend l’essentiel de sa thèse de doctorat : « Système économique et espace : un exemple en Languedoc », soutenue à Montpellier en 1979, et préfacée par R. Brunet.
Le traditionnel inventaire des travaux sur le vignoble passe par les publications de F. Maurel 58 sur l’encépagement à partir de l’enquête viticole menée en 1979-80. Dans l’Aude l’aramon est à l’abandon, le carignan vieillissant ; le Gard conserve le rythme de replantation le plus important à partir de cinsault et grenache ; le vignoble des P. O. se renouvelle mais est le plus âgé dans l’Hérault on note la double action d’amélioration de l’encépagement et de cépages améliorateurs tel le merlot bordelais. Au total les cépages traditionnels régressent. Mais « le commerce n’est-il pas accusé d’avoir élaboré des quasi-beaujolais et des quasi-Bordeaux avec des vins du Midi ? Puisque une demande existe, autant que les producteurs Languedociens la satisfassent sans se prêter à des pratiques douteuses ». L’arrière-pays conserve une triste réputation de zone désertifiée en dehors des estivants saisonniers 59 ; mais le Valborgne révèle une stabilisation démographique et un renouvellement par l’apport de jeunes : une carte les localise, (retour d’enfants d’autochtones, jeunes couples du Nord) mais l’essentiel vient de la région et des départements limitrophes.
Les forêts de la Lozère 60 font l’objet d’une étude qui retrace l’évolution ancienne du couvert forestier, porte sur les reboisements récents et la part de la forêt dans l’économie. Le Parc Régional de Haut-Languedoc 61 reste un secteur qui s’appauvrit et se dépeuple, à cheval sur deux régions et malgré des atouts touristiques incontestables.
Que signifie travailler et décider au pays en Cévenne gardoise ? Zone rurale mais non agricole, à pluriactivité économique face à un tertiaire au rôle grandissant en raison des migrations de travail : « au moment où l’on se plaît à signaler le retour vers la ville, se maintient et peut-être se renforce la tendance de certains non pas à abandonner la ville mais à se donner la double possibilité de profiter à la fois du milieu rural et du milieu urbain » 62. Exemples d’exploitations traditionnelles, de nouveaux exploitants, de néo-ruraux, rapports au tourisme à partir des deux cantons de Valleraugue et St-André de Valborgne. Une nouvelle installée 63 raconte ses difficultés d’installation (à partir de septembre 76) devant les marginaux, les organismes (SAFER) : « je n’ai jamais trouvé autant d’intolérance qu’ici… Enfin les Cévenols m’ont regardé survivre. J’ai tenu 4 hivers. Je suis presque des leurs maintenant ».
Un numéro d’Amiras/Repères vient à la suite des « États Généraux des Pays » tenus à Mâcon en juin 1982. Le dossier part du pays en Languedoc-Roussillon 64 : sous-produit de la région ? En tout cas une résurgence multiforme et trois angles d’attaque : pays et idéologie à travers les contrats du même nom, la littérature néo régionale, la publicité pour les produits de pays, pays et territoire représentations… quelques définitions.., à la suite de séances de travail de la SPELEO (Societat per Estudiar l’Espaci Occitan) 65, avec notamment des interventions de P. Alliès sur les problèmes de territoire, de R. Lafont. Occasion de rappeler en ce domaine les références occitanes (G. Martin, 1963, R. Lafont, 1967 et 1976) et de demander l’élaboration d’une carte des pays (C.F.D.T. Languedoc-Roussillon). J. Cabrol 66 s’interroge sur la nécessité de prendre en compte les aires pédagogiques, véritables « pays scolaires » à travers le support d’un territoire : « si l’enseignement se tournait enfin vers les réalités locales, pratiquant un véritable éveil »… Ne sont cités ici, selon la règle du jeu, que les articles touchant à la région ; ce numéro d’Amiras mérite plus, avec aussi les travaux de J.-C. Lugan, G. Gontcharoff, A. Boudou et J.-P. Neuman…
Le Biterrois un pays ? 67 Un élément de réponse se trouve peut-être déjà dans la cité antique, la civitas biterrensis, mais on s’interroge aussi sur le Biterrois du vignoble et le Biterrois du rugby : « dimension psychologique qui perpétue l’image du pays bien au-delà de son fonctionnement ». Son vignoble, dans sa pseudo monotonie est parsemé de riches demeures, faux « châteaux » à peine centenaires témoignant de la splendeur du capitalisme viticole du XIXe siècle selon les règles d’un éclectisme architectural qui fait voisiner Renaissance Italienne, Second Empire, Néo-gothique britannique 68, et s’avère tout à fait caractéristique des campagnes du Languedoc occidental.
La vallée de l’Hérault, encore mal connue mais suscitant depuis quelques années des études à l’initiative du Conseil Général, bénéficie d’un gros numéro de la revue « Études sur l’Hérault » et d’une illustration de qualité due à C. Camberoque 69. J.-C. Barthez et R. Ferras 70 soulignent l’émergence d’un espace jusqu’ici peu mis en avant.
Puis G. Saumade 71 et M. Vidal 72 rappellent, comme élus, la genèse du projet d’aménagement en 1979 à partir d’une priorité la maîtrise de l’eau, et en préfigurant ce qui serait sur les autres vallées de l’Hérault. Le bilan économique 73 est peu enthousiaste, près du cinquième des exploitations agricoles ont disparu depuis 1970, et près de la moitié des acts appartiennent au secteur tertiaire. J.-C. Maurin 74 met en place le cadre géologique, au carrefour des Causses et de la plaine, de la Montagne Noire et du bassin de Lodève, et C. Bocquillon décrit la mise au point d’un modèle de simulation des crues à travers une quinzaine de scénarios d’aménagement possibles 75. Enfin la Font du Griffe est l’objet d’une action précise menée grâce au Syndicat de la Séranne 76 : réaction d’une population locale face aux risques de dégradation d’un milieu de valeur la garrigue, en butte une fois de plus à une privatisation accélérée.
Enfin la Région donne lieu 77 à un exercice statistique qui apprécierait – toutes précautions prises – les conditions de vie à travers 6 thèmes n’épuisant pas le sujet :
- « On vit plus longtemps ici qu’ailleurs » durée moyenne 74 ans, contre 72 en France, 69 dans le Nord ; explication partielle : un environnement médico-sanitaire plus favorable, 281 médecins pour 100 000 habitants et 117 lits d’hôpital pour 10 000, ce qui est le record de France; autre record ; faibles décès par alcoolisme 2,2 contre 3,7 en France et 5,7/10 000 en Bretagne ; mais, paradoxe, le taux de mortalité reste élevé en raison du nombre de résidents âgés.
- « les possibilités de culture et de loisirs y sont également plus nombreuses qu’ailleurs » : de bons équipements sportifs, 16,4 salles de cinéma pour 100 000 habitants (9,6 en France, 6,2 dans le Nord), mais une fréquentation plus basse.
- « On entre plus tôt qu’ailleurs à l’école mais ceci ne constitue pas un avantage par la suite » : 96,6 % des enfants de 2 à 5 ans sont en maternelle (81,6 % en France), 12 % des habitants sont au moins bacheliers, mais dès le cours préparatoire 17,3 % des élèves sont en retard (supérieur à la moyenne nationale) et cela ne s’arrange pas par la suite.
- « On est souvent moins en sécurité » : 3e rang en France derrière la Provence et l’Ile de France, « On prend près de deux fois moins de risques à habiter en Auvergne ou en Bretagne.
- « Languedociens et Roussillonnais disposent de logements mais souvent inconfortables.., en apparence seulement ». À peine plus de la moitié des logements est considérée comme confortable (les 2/3 en France), mais pour des raisons qui sont aussi d’ordre climatique, l’introduction du chauffage central est récente ; rappelons que le critère de « confort » est eau chaude + W.C. intérieur + chauffage central + douche : au moins un des 4.
- « Les femmes sont moins engagées qu’ailleurs dans le monde du travail. Quand elles le sont, c’est avec plus de qualification ». La région est au 19e rang pour le salariat féminin, au 4e pour la qualification ; 8/10 d’entre elles sont dans le tertiaire, 23 % des cadres sont des femmes.
- Pas de conclusions, mais « en attendant pour la société de s’offrir le miroir le moins déformant possible des conditions de vie qu’elle offre à ses membres. Il reste encore beaucoup à faire avant d’en arriver là ».
V. Les villes
Comment s’exprime le sentiment d’appartenance au Piscénois si celui-ci existe, et jusqu’où ? Le « pays » est admis, et permet l’élaboration d’un modèle graphique de son organisation ; il s’en dégage des affinités ou des ignorances intercommunales ; à chaque commune son pays ou presque, mais en tout cas on admet l’existence d’une microrégion centrée sur la ville 78. Aller à la ville n’est pas uniquement fréquenter ses équipements, on est aussi conscient des attraits touristiques, on connaît plus ou moins bien les rues ; on veut d’abord montrer la vieille ville, et quant à l’affiche, elle passe obligatoirement par Molière. Pézenas c’est aussi la qualité architecturale, les petits métiers familiers, les scènes de rue saisies à la volée 79.
Brillant étudiant en histoire et archéologie à Oxford, Lawrence (avant de devenir Lawrence d’Arabie) se rend en France entre 1906 et 1910 pour préparer une thèse sur l’architecture militaire au temps des Croisades. Il écrit à sa mère : autant de rapports, documentés, pour sa thèse. En 1908 il visite Nîmes, Aigues-Mortes, Agde, Béziers, Narbonne, Carcassonne : « 6 août 1908. Cet endroit est absolument indescriptible. Il est de toutes les époques… Du château, on a d’admirables vues sur les deux chaînes, des Cévennes et des Pyrénées »… 80.
À Montpellier, le secteur sauvegardé hérite d’une ville médiévale largement valorisée à l’époque classique et cache le dépérissement sournois d’un patrimoine architectural de qualité ; il est créé en 1967 81.
Encore les villes à la campagne 82, mais sous forme de rurbanisations. On rappelle les définitions et donne une carte des principales Z.P.I.U. Entre 1962 et 1982 on a enregistré 372 000 habitants en plus, dont 339 000 pour les communes urbaines ; la croissance la plus rapide se situe en bordure des villes-centres ; les satellites sont désormais gagnants, et la ville s’étale sur la campagne proche : un phénomène de style américain ou japonais, à travers l’attrait de la maison individuelle et de communications faciles dans un rayon de plus en plus large. En 1982, 21 communes sont devenues urbaines une dans l’Aude, 4 dans les P. O., 8 dans le Gard ; dans l’Hérault : Grabels, Lamalou, Lattes, Saint-Gély, Saint-Georges d’Orques, Baillargues et Saint-Brès forment une nouvelle agglomération, et Lunel-Viel est rattachée à Lunel. Par contre Gigean (moins de 2 000 habitants) est redevenue rurale. Sur 1 539 communes 184 sont « urbaines », soit 1 363 000 habitants et 70 % de la population de la région.
VI. Le milieu physique
Deux mille ans de l’histoire du climat dans le Midi sont reconstitués à partir d’une étude sédimentologique et stratigraphique de 2 abris sous roche, la Font de l’Oule près de la Fontaine de Vaucluse et l’abri de Font-Juvénal (Conques, Aude). J.-E. Brochier 83 met en lumière des périodes d’hivers rigoureux entrecoupés par une phase douce et humide se terminant au XIVe siècle, et le passage d’une période caractérisée par des versants fixés par la végétation à une période d’intense érosion des sols vers le XIIIe-XIVe siècles.
Dans un numéro double de la Revue du Parc, l’histoire géologique des Cévennes 84 et les circulations souterraines des eaux sont présentées avec de nombreuses illustrations, des blocs-diagrammes, un index géologique et géographique. Par l’étude des minéraux lourds 85 on s’efforce de retracer la mise en place des sédiments de la grotte de la Caune de l’Arago (Tautavel) et de rétablir une chronologie fine du Quaternaire.
VII. Autres thèmes
- La langue occitane. G. Kremnitz 86 rendant compte régulièrement du nombre de candidats à l’épreuve d’occitan du baccalauréat, on peut donner des statistiques sur 6 années et par académie : Toulouse 3 232 et 36 % du total, Montpellier 1 664 et 18 %, Bordeaux 1 230 et 14, Aix 1 016 et 11, pour 9 026 candidats en France (1982).
Au plan départemental :
- Communications. La région évoque en premier lieu un couloir de passage fixé au moins par la Voie Domitienne ça n’est là qu’un des aspects des chemins qui la traversent, à l’usage du marchand, du pèlerin, de l’envahisseur ou du berger. P. Clément nous en révèle la richesse 87 drailles millénaires rompant l’isolement montagnard, voie romaine précédant l’autoroute dans son tracé, à la fois économie et stratégie.
La parution, échelonnée, de la somme mise en chantier par J.-D. Bergasse et de nombreux auteurs sur le Canal du Midi (tome 1, 1982 P.P. Riquet et le Canal du Midi dans les Arts et la Littérature) intéressera le géographe à plus d’un titre. « Trois siècles de batellerie et de voyages » touchent aussi à notre époque 88 à travers quelques-unes de la douzaine de contributions réunies. Sans redire pour chacune d’entre elles la qualité de la présentation, la richesse de l’iconographie, le ton est donné dès la découverte, sur les gardes, de la carte de Du Val. Intéressants récits de voyage souvent mal connus ou inédits, inventaire cartographique du Canal.
– Toponymie. Plus qu’une révision de l’ouvrage de Thomas (1865), nous est offert un répertoire qui se veut exhaustif, avec un commentaire : en tout cas selon la nomenclature des cartes de l’I.G.N. et de Cassini on insiste sur les fausses latinisations du Moyen-âge : Nova Cella (Navacelles) au lieu de Cella Nova (Celleneuve) et sur le cercle toponyme-anthroponyme-toponyme, selon les noms d’origine-témoins du berceau de la famille, et sur la multiplicité de la végétation ; Castan (châtaignier), Boisset (buis), Gineste (genêt) 89–90.
– Médecins. L’évolution des effectifs de médecins libéraux est plus rapide dans la région qu’en France, à part un tassement en Lozère 91 3 711 au 31 décembre 1982, soit 193 pour 100 000 habitants (81 779 et 151 pour 100 000 en France). C’est le deuxième rang de France pour les densités, derrière la Provence mais avant l’Île-de-France ; avec des nuances départementales : Hérault 1 554, Gard 890, P. O. 667, Aude 511, Lozère 89.
Enfin pour 1981 les publications recensées sur le Languedoc-Roussillon étaient au nombre de 57 92 : une production qui continue à s’accroître.
Orientation bibliographique
Les numérotations dans le texte renvoient à la liste ci-dessous, qui ne recense que des publications de l’année 1983.
Abréviations
— A.E.S.C., Annales, Économie, Société, Civilisations, Colin, Paris.
— AMI, Amiras/Repères, Edisud, Aix.
— B.A.F.Q., Bulletin de l’Association Française du Quarternaire, Paris.
— B.S.L.G., Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie, Montpellier.
— C.C., Causses et Cévennes, Montpellier.
— CEV., Cévennes.
— D.R., Dossiers de Repères, Montpellier,
— E.H., Études sur l’Hérault, Pézenas.
— E.M., l’Économie Méridionale, Montpellier.
— LEN, Lengas, Montpellier.
— M.H. Monuments Historiques, Paris.
— P.S., Population et Société, Paris.
— REP., Repères, INSEE, Montpellier.
Notes
1. BOUET G., FEL A., Le Massif Central, Atlas et Géographie de la France moderne, Flammarion, 348 p.
2. C.R.D.P., Documents de géographie du Bulletin de la société Languedocienne, t. 1, Milieu physique, Villes et campagnes, 86 p, t. 2, Hommes et activités, 66 p.
3. ESCUDIER J.L., HERBECQ J.M., MARTINEZ A., Un hébergement touristique en mutation: la résidence secondaire en Languedoc-Roussillon, B.S.L.G., 3-4 p., 311-322.
4. SAUVAIRE B., L’hôtellerie de plein air en Languedoc- Roussillon, B.S.L.G., 3-4, p. 323-337.
5. MARTIN J., Le tourisme associatif en L.R., B.S.L.G., 3-4, p. 339-355.
6. COUTTENIER C., ROMAN J., Les campotels du département de l’Hérault, B.S.L.G., 3-4, p. 357-363.
7. Id., Les activités d’aménagement touristique de la C.N.A.B.R.L., B.S.L.G., 3-4, p. 365-380.
8. id., La fréquentation touristique du Languedoc-Roussillon, B.S.L.G., 3-4, p. 381-391.
9. BLANGY S., Un marché touristique à structurer : les loisirs de proximité, B.S.L.G., n°3-4, p. 393-408.
10. SOULIER A., Le Comité Régional de Tourisme et la promotion du L.R., B.S.L.G. 3-4, p. 409-433.
11. JULIEN G., L’utilisation de la télématique dans le développement touristique régional, B.S.L.G., 3-4, p. 435-442.
12. HOFFMAN Y., La promotion du Roussillon, B.S.L.G., 3-4, p. 443-446.
13. ESCUDIER J.-L., LACAZE P., Le rôle des offices de tourisme et syndicats d’initiative dans la politique d’accueil : l’Hérault, B.S.L.G., 3-4, p. 455.464.
14. X., Schéma régional de la formation professionnelle aux métiers du tourisme (hypothèses de travail), B.S.L.G., 3-4, p. 465-475.
15. SARRET F., Le patrimoine audois : un atout économique et culturel, B.S.L.G., 3-4, p. 477.493.
16. id., Réalisation et commercialisation des gîtes ruraux. Leur insertion dans un espace-Loisir, B.S.L.G., 3-4, p. 447-453.
17. ESCUDIER J.-L., La mise en place des cartes multi-loisirs : La Lozère, B.S.L.G., 3-4, p. 495-505.
18. JOULIA J.C., Architecture montagnarde du Gévaudan, Monuments Historiques, L.-R., n° 127, juin, p. 11.19.
19. LARNAUD L.F., Identité régionale, M.H.L.R., n° 127, juin, p. 62-65.
20. id., Les vacances d’été des habitants du Languedoc-Roussillon, REP 2, p. 15-17.
21. BRIQUEL V., La fréquentation touristique à travers les statistiques, REP, 4, p. 5-10.
22. MICHAUD J.-L., Bilan économique du tourisme en L-R, B.S.L.G., 3-4, p. 507-522.
23. ESCUDIER J.-L., MIOSSEC J.-M., Aspects méthodologiques de l’économie spatiale touristique : Saint-Jean du gard, B.S.L.G., 3.4, p. 539-569.
24. Id., Propositions pour une politique régionale du tourisme, B.S.L.G. 3-4, p. 571-589.
25. MAURIN C., La « promotion touristique » du littoral Languedocien. Espace géographique et construction d’images, AMI., 4, p. 18-32.
26. BERGER A., Pour une approche de l’économie de la pêche, E.M., n° 123, p. 23-26.
27. BERGER A., CANTIE M., PEYRONNEL P., RODRIGUEZ M., L’effort de pêche maritime en Languedoc-Roussillon. Recensement et évolution des capacités productives, E.M. n° 123, p. 27.45.
28. CATANZANO J., Les thoniers senneurs français en Méditerranée : évolution des techniques et spécificité de gestion, E.M., 123, p. 47.64.
29. BERGER A., PEYRONNEL P., Analyse de la rentabilité de l’effort de pêche. Essai d’application aux chalutiers languedociens, E.M. n° 123, p. 65-80.
30. Voir note 26.
31. MOREL R., La conjoncture immobilière : le passé de l’aménagement touristique du littoral est-il garant de son avenir ?, B.S.L.G., 3-4, p. 533-538.
32. RACINE P., L’aménagement du littoral du L.R. : bilan et perspectives, B.S.L.G., 3-4, p. 523-531.
33. DE LEOTOING G., Protection du littoral, M.H.L.R., n° 127, juin, p. 42-47.
34. VIDAL J.-J., Les zones palustres du Languedoc méditerranéen. Essai de définition, approche méthodologique, Congrès de Saint- Gilles, Fédération historique, p. 7.
35. VINAS A., Les paillotes sur l’étang de Salses et sur l’étang de Saint-Nazaire et la vie de leurs habitants avant l’aménagement du littoral, Congrès de Saint-Gilles, p. 173-180.
36. id., Aménagement des espaces sensibles. Politique d’aménagement et de protection du littoral, n° 74, mai, p. 2.
37. id., Grand Sud-Ouest. Aménagements touristiques du littoral, n° 75, juin. p. 6.
38. CALVAT J.M., La population dans la vallée de l’Hérault, REP 1, p. 4.8.
39. Id., La population dans la vallée de l’Hérault, EH., XIV, 1-2, p. 25-29.
40. id., La répartition de la population par âge au recensement de 1982, REP, l, p. 9-14.
41. Id., Naissance et fécondité en Languedoc-Roussillon, REP 1, p. 23-24.
42. Le chômage: un phénomène collectif vécu individuellement, REP, 1 p. 15-22.
43. DELAUNAY Q., Aspects économiques et sociaux du chômage. Analyse de deux départements contrastés : le Nord et l’Hérault, E.M. 123, p. 121-138.
44. LAGET M. et va., L’adéquation formation-emploi. Approche régionale et critique statistique : l’exemple du L-R, E.M., 123 p, 83-104.
45. X., Les emplois salariés dans l’artisanat en 1981, D.R. n° 1, 16 p.
46. Id., Le taux de chômage en Languedoc-Roussillon, REP, 3, p. 19-21.
47. CROS S., 10 ans d’emploi dans les grands établissements industriels en Languedoc-Roussillon, REP, 2, p. 8-13.
48. Id., Nouvelle distribution et dynamique spatiale de la population en Languedoc-Roussillon, MED., n° 4, p. 11-17.
49. X., Superficie, population et densité moyenne des départements et régions (recensement de 1982), P.S. n° 168 et J.O. des 6/1 et 5/2/1983.
50. LETTRE DE LA DATAR. Enseignements généraux pour l’aménagement du territoire des résultats du recensement de mars 1982, n°73, 12 p.
51. id., Le Languedoc-Roussillon, faible pourvoyeur de richesse, REP, n° 2, p. 5-8.
52. BARTHEZ J.-C., FERRAS R., Qu’est-ce que la Vallée de l’Hérault ?, EH., XIV, 1-2, p. 5-12.
53. Voir note 24.
54. id., Migrations et emploi en vingt ans : de fortes disparités locales, REP, n° 3, p. 5-9.
55. id., Une projection de population totale et active au 1/1/1989, HEP, 3, p- 13-17.
56. GAVIGNAUD G., Propriétaires viticulteurs en Roussillon. Structures, conjonctures, société (XVIIIe-XXe siècles). Publications de la Sorbonne, 788 p. en 2 tomes.
57. AURIAC F., Système économique et espace. Économica, 211 p.
58. MAUREL F., Les perspectives de l’encépagement en L.R., E.M. 121, p. 146-158.
59. SIMON-COCHET B., Le Valborgne : un canton en mutation, ou du déclin au « melting-pot », C.C. 1, p. 151-155.
60. SABOULIN-BOLLENA (R. de), Les forêts de la Lozère, Forêt méditerranéenne, n° 1, p. 3-44.
61. LACOMBE R., Parc naturel régional du Haut-Languedoc : mise en valeur de cette région « sub-montagneuse », C.R. Ac. Fr., n° 4, p. 229-235.
62. BARTHEZ J.-C., HARF F., SIMON B., Cantons cévenols en mutation, du déclin au « melting-pot », AMI., n° 6, p. 14-37.
63. GUYARD M., Installation en Cévennes, AMI, 6, octobre, p. 39-42.
64. FERRAS R., Pays en Languedoc-Roussillon, AMI, 5, Juin, p. 40-70.
65. HAMMEL E., A prepaus de pars : discutida al castel d’O, AMI., 5, juin, p. 71-74.
66. CABROL J., Aires pédagogiques, pays scolaires, AMI., 5, juin, p. 83-87.
67. PRADEL C., Le Biterrois, un pays en Bas-Languedoc ?, AMI, 5, juin, p. 96-102.
68. FERRAS C., Les châteaux du Biterrois, Monuments Historiques, Languedoc-Roussillon, n° 127, juin, p. 58-61.
69. CAMBEROQUE C., La vallée de l’Hérault, EH., XIV, 1-2, p. 55-61.
70. Voir note 50.
71. SAUMADE G., Le projet d’aménagement de la vallée de l’Hérault, E.H., XIV, 1.2, p. 13.
72. VIDAL M., L’aménagement de la vallée de l’Hérault : Études, méthode, premières réalisations, EH., XIV, 1.2, p. 15-16.
73. CHABRAN P., Quelques aspects économiques de la vallée de l’Hérault, EH., XIV, 1-2, p. 17-23.
74. MAURIN J.C., Esquisse géologique de la Vallée de l’Hérault, EH., XIV, 1.2, p. 31-40.
75. BOCQUILLON C., L’ordinateur aide à la maîtrise des eaux, dans la vallée de l’Hérault, EH., XIV, 83, 1.2, p. 41-46.
76. ALLÈGRE C., COSTE R., RICHARD J.-C., Autour de la Font du Griffe. L’expérience de l’Association syndicale autorisée de la Séranne. EH., XIV, 1.2, p, 47.54.
77. G. LE SAGE, Quand le statisticien s’intéresse aux conditions de vie.., un exercice non dénué de risques, REP, n°4, p. 11-17.
78. CHRISTOL M., FERRAS R., TERRADES D., Pézenas et le Piscénois : une ville et son pays en Bas-Languedoc. Pratiques et perception d’un espace géographique, EH., XIV, n° 5-6, p. 15.48.
79. Id., Pézenas, EH., XIV, 5-6, p. 11-14.
80. MAYER D., T.E. Lawrence visite la France à bicyclette, URBI, VIII, p. 105-522.
81. VOICHET B., Montpellier : secteur sauvegardé, Monuments Historiques, L.R., n° 127, juin, p. 81-85.
82. BILLAUDEL M., Les citadins à la campagne, REP. n°4, p. 19-25.
83. BROCHIER J.-E., Deux mille ans d’histoire du climat dans le Midi de la France : étude sédimentologique. A.E.S.C., mars, n° 2, p. 425-438.
84. BOUSQUET J.-C., Roches, géologie et paysages du Parc National des Cévennes, CEV 23.24, 72 p.
85. BEINER M., Études des minéraux lourds de la Caune de l’Arago et de son environnement, B.A.F.Q., n° 1, p. 19-23.
86. KREMNITZ G., La participation à l’épreuve d’occitan du Baccalauréat (1982), LEN, 13, p. 103-106.
87. CLÉMENT P., Les chemins à travers les âges, Presse du Languedoc, Montpellier.
88. BERGASSE J.-D. (dir.), Le Canal du Midi. Trois siècles de batellerie et de voyages (t. 2), Cessenon, 34 460, 353 p.
89. HAMLIN F.R., Le nouveau dictionnaire topographique et étymologique de l’Hérault, EH., XIV, n° 3, p. 25-28.
90. id., Les noms de lieux de département de l’Hérault. Nouveau dictionnaire topographique et étymologique, Montpellier, C.E.O.
91. BAZELY P., Médecins en Languedoc-Roussillon, REP. n° 3, p. 23-25.
92. Id., Géographie de la région. Chronique des publications récentes (1981), EH., XIV, n° 3, p. 29-33.
