Catégorie : Étiquette :

2.00

Description

Fontcaude, établissement thermal du XIXe siècle

* Recherches réalisées dans le cadre de la licence professionnelle
Architecture ancienne et Techniques de Réhabilitation
sous la direction de Thierry Verdier et Hervé Nicolas.
marieortigosa34@gmail.com

Le thermalisme est un phénomène-clef du XIXe siècle. La bourgeoisie française, à l’imitation des Anglais à la fin du XVIe siècle, s’adonne alors de plus en plus à la villégiature. Elle invente des lieux déclinés sous plusieurs formes dans lesquels s’inscrit la villégiature thermale. Cette dernière devient, au-delà d’une simple cure, un rituel social s’exerçant dans un espace public sur lequel va se déployer la théâtralité des positions. Un bâtiment de bains publics exige une construction particulière qui doit être à même de répondre à sa fonction première, assurer et faciliter les services des eaux. La partie ornementale doit se subordonner à la partie fonctionnelle. L’établissement exige d’être à proximité de la source, d’avoir une bonne exposition, un accès facile et une distribution intérieure commode.

La distribution des thermes antiques repose sur un parcours précis : tepidarium, caldarium, frigidarium. À l’inverse les bains modernes ne présentent rien de comparable malgré la conservation, pour certains édifices, de promenoirs. À la place des grandes salles communes, on trouve des baignoires enfermées dans des cabinets, quelques piscines dédiées à des soins particuliers et, comme seuls lieux communs, des salons et des espaces de déambulation. Le parcours n’est pas du même ordre. Les bains antiques sont décorés dans la plupart des salles des thermes. Dans les bains modernes, les architectes doivent limiter « leurs citations à des espaces non déterminés par la spécificité des soins et propices au décor », soit la façade principale et le hall. Ces conseils se retrouvent appliqués à Fontcaude où le décor se développe seulement à l’extérieur.

Si l’architecte joue un rôle dans la construction du bâtiment, les curistes priment dans la mise en scène. Entre villégiature et cure, la bourgeoisie crée un nouveau rituel thermal directement inspiré des mondanités de l’aristocratie. Mais désormais, cette nouvelle société investit un nouveau type de bâtiment : l’hôtel. L’abonnement aux spectacles, l’utilisation des salons ou encore des cabinets littéraires sont intégrés aux frais obligatoires de la cure et les guides les détaillent et les vantent. La vie thermale se concentre sur l’établissement et quelquefois sur l’hôtel, proche des bains.

Dans son ouvrage sur les Thermes romantiques, bains et villégiatures en France de 1800 à 1850, Dominique Jarrassé nous présente des lieux de villégiatures construits en France durant la première moitié du XIXe siècle. Certains bâtiments sont encore visibles, tel le domaine thermal de Fontcaude, à Juvignac dans l’Hérault. La plupart ont été construits sur le site d’anciens bâtiments romains, contrairement à celui de Fontcaude élevé sur les hauteurs de Juvignac vers 1844. Les travaux y sont effectués dans le but d’exploiter la source chaude dite de La Valadière. Le domaine de Fontcaude était relié autrefois à Montpellier par celui de la Paillade, aujourd’hui golf international. De ce domaine, on ne connaît que des descriptions dans les traités de médecine ou bien les relevés de Jean-Marie Amelin. Cet article propose d’étudier le bâtiment en insistant sur sa particularité dans l’histoire du thermalisme du XIXe siècle. À Fontcaude, il est seulement question d’un établissement thermal accueillant des baigneurs et d’un système hôtelier permettant à des malades étrangers, au sens contemporain du terme, de loger sur place pendant le temps de leur cure. Quels sont alors les avantages d’un tel bâtiment ne puisant pas son origine dans les temps antiques tout en ne se détachant pas pour autant de cet héritage ? Quelle est la nécessité d’un tel établissement dans une région déjà très équipée en matière de stations balnéaires ? […]

Informations complémentaires

Année de publication

2014

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Marielle ORTIGOSA

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf