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Description

Deux familles d’artisans montpelliérains : les Subreville et les Coula

Les artisans du bois montpelliérains n’ont jamais fait l’objet d’étude. Seuls les noms du menuisier André Coula et du sculpteur Antoine Subreville ont été mentionnés par les auteurs anciens. Alexandre Germain, dans son article sur le couvent des Dominicains de Montpellier, publié en 1855, est le premier à mentionner les deux artistes. A l’aide de deux Prix-faicts, il attribue la réalisation du retable du maître-autel du couvent aux deux artisans et précise seulement qu’André Coula est le beau-père d’Antoine Subreville. Il rend le retable de la chapelle Saint Joseph, située dans la même église, à Subreville. Dans ses biographies montpelliéraines, La Roque ne parle que de Subreville qui est associé au décor de la chapelle des Pénitents Blancs de Montpellier. L’auteur confond André Coula avec son frère Timothée et la sœur Louise qu’il mentionne est la fille d’un pâtissier de Montpellier.

L’ensemble de ces informations ont été reprises par Francine Amal et Alain Chevalier dans l’ouvrage qu’ils ont consacré, en 1993, à la peinture montpelliéraine du XVIIe siècle. Plus récemment, Jean Nougaret a apporté de nouvelles informations sur les deux artisans. Dans Montpellier Monumental publié en 2005, il évoque les travaux réalisés par André Coula à la maison consulaire et précise le rôle joué par Antoine Subreville dans la décoration de la chapelle des Pénitents Blancs.

De nombreux documents récemment découverts permettent d’ébaucher l’étude de ces deux artistes et d’en découvrir même un nouveau Georges Subreville, père d’Antoine. Originaire de Toulouse, il a commencé sa brillante carrière à Narbonne où il est à la fois menuisier, sculpteur et entrepreneur de travaux. Après avoir passé quelques années à Saint-Chinian, le sculpteur et sa femme s’installent à Lodève où va naître Antoine. Très proche de Mgr Plantavit de la Pause, Georges Subreville devient le principal sculpteur de la ville. À sa mort, son fils Antoine se rend à Montpellier où il va épouser la fille d’André Coula, maître menuisier issu d’une grande famille de menuisiers montpelliérains. Son père Barthélémy et son frère Thimothée jouissent à Montpellier d’une certaine estime. Il est probable que de nouveaux documents viendront enrichir l’histoire de ces deux familles.

Georges Subreville

Le séjour à Narbonne

Georges Subreville est originaire de Toulouse ; toutefois on ne connaît pas sa date de naissance. Le menuisier habite à Narbonne dès 1627 où il semble animer un important atelier comportant 14 bancs ou établis équipés de tout leur outillage. Cette année là, il se rend à Béziers pour prendre en apprentissage Jehan, fils de Jeanne Madailhe et de feu Jehan Guiraud maître menuisier de Béziers. Le jeune apprenti s’installe à Narbonne pour une durée de 3 ans pendant lesquels Georges Subreville promet de lui enseigner son métier. Pendant la durée de l’apprentissage, le menuisier prend en charge le logement et la nourriture du jeune Jehan et recevra en compensation la somme de 106 livres.

L’année suivante, Georges Subreville loue à Pierre Sabatier, marchand de draps de Narbonne, une maison située dans le quartier de Bourg, rue de la Parairie, pour une durée de 4 ans. Le prix annuel du loyer s’élève à 90 livres. Le menuisier s’engage à refaire le mur faisant séparation de la boutique et du couloir donnant accès à l’escalier. Il pourra arranger la maison à sa guise, à condition de prévenir le propriétaire. Si les réparations effectuées sont nécessaires et utiles, celui-ci s’engage à les rembourser au menuisier. Le cas contraire, elles seront à la charge du locataire. Cette année là, le menuisier reçoit de nombreuses commandes. Les Pénitents Blancs de Narbonne lui confient, au mois de mars, la réalisation des stalles de la tribune de la « casette ». Au mois de mai, le menuisier réalise un « comptoir » pour la confrérie Notre-Dame de Larmourguier. À la même époque, le baron de Sorgues lui commande un retable pour la chapelle qu’il possède dans l’église des Carmes de Béziers. Le retable sera doré par les frères Rodière. Au début du mois de juillet, le menuisier sous-traite les divers travaux à faire à la maison consulaire de Narbonne avec le charpentier Jean Conmignes et le maçon Guillaume Vidal. Ils devront, entre autres, poser une toiture en pavillon recouverte d’ardoise sur « le petit consistoire de la bassecour ».

Toujours en juillet de la même année, il exécute divers travaux à la chambre de l’archevêque. Au moment de son arrivée à Narbonne, le nouvel archevêque Monseigneur de Rébé se fait aménager une nouvelle chambre dans son palais. Son secrétaire, Claude de La Brosse, par contrat du 18 juillet 1628, confie la réalisation d’un « plaint fons et planchier » à Georges Subreville. Il s’agit d’un plancher dissimulé par un plafond de bois, porté par une corniche faisant le tour de la pièce. Le texte précise que la corniche sera ornée de panneaux « avec les figures quy sont contenues dans les compratimants d’iceux ». L’ensemble réalisé en sapin est estimé à 108 livres et doit être terminé dans un mois. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2013

Nombre de pages

38

Auteur(s)

Denis NEPIPVODA

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf