Cyclisme : les pionniers et leurs héritiers

* Ancien Président du Comité départemental de la FFC

Les pionniers

Si jusqu’alors des compétitions sur cycles se déroulaient sur de petits parcours, Paris-Rouen fut la première épreuve cycliste courue entre deux villes, le 7 novembre 1869.

Organisée par le Petit Journal, cette grande première, audacieuse pour l’époque, vit au départ une centaine de concurrents, dont 5 femmes. C’est l’Anglais James Moore qui remporta l’épreuve, monté sur un grand bi, en 10 h 25. La seule femme à terminer se classa 29ème.

Un engouement général

Les péripéties de la guerre de 1870-1871 et ses suites mirent le cyclisme en sommeil, et ce n’est que le 6 février 1881 que fut créée l’Union Vélocipédique de France (UVF) àfin de codifier les épreuves qui faisaient alors la part belle à la débrouillardise, voire la tricherie. Toutes les épreuves sont désormais organisées sous la réglementation de l’UVF, reconnue par les instances internationales en 1897.

Les premiers clubs apparaissent alors. Le Vélo-Club de l’Hérault, fondé en 1882, fut probablement le premier à appartenir à la fédération ; viennent ensuite l’Union Vélocipédique de l’Hérault (1886), ainsi que la création de clubs à Capestang, Lodève, Bédarieux, Lunel. C’est ce dernier qui organisa le Championnat de Fond de l’Hérault avec 15 partants, le vainqueur étant le coureur Py, de Béziers en 2 h 03. Le Vélo-Club de Lunel semble être un club particulièrement dynamique, et lors d’un banquet rassemblant ses membres, on déclama un poème de Louis Feuillade, intitulé « La Bicyclette » 1.

Les Jeux Olympiques à Paris en 1900, ainsi que la loi de 1901 sur les associations, seront des facteurs déterminants pour la création de nouveaux clubs, comme à Clermont-l’Hérault ou à Poussan. A Montpellier, Montpellier-Vélo, mais aussi l’Association Générale des Étudiants (AGEM) qui crée à son tour une section cycliste.

Le Ministère de la Guerre encourage aussi le cyclisme en organisant des Brevets Militaires Cyclistes, sous l’égide de l’UVF.

Dès 1893, des meetings sur piste ont lieu à Montpellier au Vélodrome Chaptal. Toutes sortes de machines sont admises : vélos, tandems, triplettes, quadruplettes, avec différentes épreuves : vitesse, lenteur, derrière entraîneurs, tentatives de records.., au mépris parfois de la sécurité. La piste du Vélodrome étant démontable, d’autres épreuves se déroulent à Ganges ou Balaruc-les-Bains.

La bicyclette devient alors un moyen d’affirmer sa personnalité. Certains duels, dit-on, se règlent non au pistolet, mais sur la piste !

La saison cycliste se déroule du printemps à l’automne et alterne piste, route, brevets militaires et course cyclo-pédestre (cycle-cross).

Les prix sont relativement peu élevés et consistent en matériel : boyaux, freins, maillots, etc. Quelquefois des bouteilles d’apéritif !

Le Tour de France, créé en 1903, traverse l’Hérault pour la première fois le 8 juillet, au cours de l’étape Marseille-Toulouse (423 km) étape remportée par le Français Hippolyte Aucouturier. L’année suivante, le 13 juillet, le Tour traverse encore une fois l’Hérault, au cours de la même étape Marseille-Toulouse. Après Nîmes, des incidents éclatent occasionnés par des supporters du coureur alésien Ferdinand Payan, celui-ci ayant été disqualifié pour irrégularité. Pour se dégager des manifestants, les organisateurs durent tirer des coups de feu en l’air, le calme ne fut rétabli que vers Lunel.

Le 13 mai 1906, se déroule à Clermont l’Hérault une course de 60 km, sur le parcours Canet, Gignac, Saint-André-de-Sangonis à parcourir deux fois. Le vainqueur fut le coureur Bergé en 1 h 37, devant Causse et Roussel.

Jusqu’en 1914, les épreuves vont alors s’enchaîner. Bien que courues sous la réglementation de l’UVF, l’organisation de ces épreuves est laissée à l’initiative des municipalités, des clubs ou même des particuliers.

La Guerre 1914-1918 arrêtera alors cet engouement et le cyclisme paiera un lourd tribut à la boucherie. Dès 1919, les clubs reprennent leur activité, de nouveaux sont créés, comme à Clermont-l’Hérault. Le Critérium du Midi en 4 étapes est considéré comme la plus importante course régionale. Les brevets militaires, supprimés en mai 1914, sont remis sur pied et obtiennent un grand succès.

On assiste à une intense propagande pour vulgariser le sport cycliste. A Montpellier, Faubourg Boutonnet, est organisée une épreuve de 22 km à laquelle participent 32 coureurs âgés de 18 à 20 ans. Le premier couvre la distance en 30 minutes.

Le Premier Pas Hostins, organisé à Béziers, est réservé aux cyclistes n’ayant jamais couru en compétition.

Le Tour de France, marqué par l’abandon fracassant des frères Pélissier aux Sables d’Olonne, allait traverser Montpellier au cours de la 8e étape Perpignan-Marseille (370 km), le 13 juillet 1919. Étape remportée par le Français Jean Alavoine.

L'âge d'or

Cette renaissance du cyclisme après la guerre trouve sa consécration dans la restructuration de l’Union Vélocipédique de France qui est déclarée d’utilité publique en 1920. Les Comités départementaux sont créés, celui de l’Hérault est composé comme suit : Président, M. Brodard, vice-présidents, MM. Vetsch et Rongier, secrétaire, M. G. Fuzier, trésorier, M. J. Fuzier. Son siège est au n° 9, rue Maguelone à Montpellier.

La licence permet au coureur de participer gratuitement à certaines courses de l’UVF, et aux autres qui n’ont pas le label fédéral, avec une réduction du tarif d’engagement de 50 %. Elle est obligatoire et valable pour l’année civile. Le Comité départemental recueille l’affiliation des clubs et établit le calendrier mensuel des épreuves.

Identification au champion : quelques cyclistes prennent sa roue
Fig. 1 Identification au champion : quelques cyclistes prennent sa roue. ADH, 1926 W 868

Les prix en espèces font leur apparition le 4juillet 1920 est organisée à Gigean, une course dotée d’un premier prix de 80 francs, suivie le dimanche suivant d’un brevet militaire de 150 km.

Les championnats militaires, réservés aux régiments de la Division, ont lieu au Champ de Manœuvres de Montpellier en 1920, et comprennent des épreuves sur route et de vitesse. Les vainqueurs sont qualifiés pour représenter le Corps d’armée au Championnat de France à Paris.

Une course professionnelle, le Circuit du Languedoc est patronnée par le journal l’Éclair, en 1923. Le Premier Pas Dunlop, épreuve réservée aux coureurs débutants, et disputée dans toute la France, date de cette époque.

Le 17 mai 1925, le Championnat de l’Héraut a lieu à Saint-Jean-de-Védas : vitesse sur 1 km, fond sur 100 km, sur le parcours Saint-Jean-de-Védas, Pézenas et retour. Le vainqueur final Bouquet remporta les deux épreuves, et fut sacré champion de l’Hérault.

Le commissaire de course pointe les passages
Fig. 2 Le commissaire de course pointe les passages. A l'arrière plan les véhicules des organisateurs de l'épreuve. ADH, 1926 W 807

Le 30 août de la même année se court le Circuit de l’Hérault sur le parcours suivant : départ de Montpellier à l’Octroi de la Pile (début de l’Avenue Charles Flahault), Ganges, Madières, Lodève, Lunas, Bédarieux, Pézenas, Béziers, Mèze, arrivée à Montpellier, au Rieucoulon, un parcours musclé Six mille spectateurs assistent à la victoire de Curtel, un excellent coureur régional. Le Grand Prix de Montpellier, sur 90 km, a lieu le 15 juillet 1928, victoire d’Olivier, lui aussi un coureur régional de valeur. Plusieurs localités organisent des Grands Prix cyclistes à l’occasion de leur fête votive, ceux de Mauguio et Pignan semblent être les plus anciens.

Depuis 1919 le Tour de France traverse régulièrement Montpellier où un contrôle est organisé sous la direction de M. Brodard, le président du Comité départemental, au cours d’une étape Perpignan-Toulon, ou Perpignan-Marseille.

Il faut attendre le 14 juillet 1930 pour voir le Tour s’arrêter à Montpellier pour la première fois, au cours de la 11ème étape Perpignan-Montpellier (164 km) : victoire de Charles Pélissier, qui remporta au total 8 étapes dont les 4 dernières. Remarquable par ses innovations, ce Tour 1930. D’abord il se court, pour la première fois, par équipes nationales. L’organisation fournit les vélos uniformément peints en jaune avec le sigle A (l’Auto). Les auditeurs de la TSF purent aussi pour la première fois écouter en direct les commentaires de Jean Antoine et Alex Virot. Enfin, pour faire face à ces nouvelles dépenses budgétaires, une caravane publicitaire était créée. Jusqu’en 1939, le Tour fera régulièrement étape à Montpellier.

Les cycles Peugeot patronnent des Grands prix Cyclistes dans tout le département, ainsi une épreuve en 2 étapes de 150 km et 172 km, les 25 et 26 juin 1932. Victoire de Calamel dans la 1re étape et de Mauclar dans la 2ème, déclaré vainqueur final.

Les grandes courses attirent la foule
Fig. 3 Les grandes courses attirent la foule. ADH, 1926 W 819

Les commerçants patronnent et sponsorisent aussi des épreuves, ainsi le Grand Prix de la Chapellerie Alfred a lieu le 14 août 1932 sur 120 km. Victoire de Revill devant Plantin et Bonnieu. L’enseigne existe toujours, rue de la Loge à Montpellier.

A Lodève, le 7 août 1932 se déroule un tournament sur piste par équipes de 2 coureurs. Le Petit Méridional rapporte que le départ fut donné à 12 h 30 et que le classement établi à 17 h 30 donne l’équipe Bonnieu-Prieur vainqueur. L’épreuve est suivie par une foule considérable, des cars spéciaux avaient amené des spectateurs de tout l’arrondissement.

Sur piste également, sont organisées bon nombre de réunions. Le vélodrome Buffalo à Montpellier connaît un certain succès. Les 14 et 15 juin 1935 est organisé un Gala de la Presse, avec une course de 24 heures à l’américaine. Huit équipes sont en présence dont les Parisiens Boucheron-Mouton, habitués du Vélodrome d’Hiver. Sont aussi présentes deux équipes héraultaises : Olivier-Plantin et Vic-Charras ; les Parisiens l’emporteront, Olivier-Plantin et Vic-Charras termineront aux dernières places. Cette manifestation fut suivie par une foule de cinq mille personnes environ.

La création du Guidon Sportif Sétois en 1935 allait donner encore plus de dynamisme, avec l’éclosion d’un jeune coureur Louis Cavalier, champion de France militaire en 1939. Les meilleurs héraultais ont alors pour noms : Olivier, Plantin, Vic, Charras, Puig, Giner…

Les journaux consacrent alors de nombreux articles et de pleines pages de photos à la gloire d’un cyclisme qui semble alors à son apogée sur le plan international : de 1930 à 1939, le Tour de France a été gagné 6 fois par des Français : André Leducq (1930-1932), Antonin Magne (1931-1934) champion du Monde en 1936, Georges Speicher (1933) également Champion du Monde en 1933, Roger Lapébie (1937), Maurice Archambaud, recordmen du monde de l’heure (45,840 km), sans compter les nombreuses médailles acquises aux J.O. en 1932 et 1936. Heureuse époque !

La guerre encore une fois allait interrompre ce véritable âge d’or.

Le Grand Prix de Saint-Gervais-sur-Mare le 31 août 1939 gagné par Prior de Lézignan sera sans doute la dernière épreuve avant le 3 septembre 1939. Le 20 décembre 1940, l’Union Vélocipédique de France cédait la place à la Fédération française de Cyclisme qui supprimait les Comités départementaux.

La tactique de course se met en place
Fig. 4 La tactique de course se met en place : tentative d'échappée dans une côte.
ADH 1926 W 885

L'Après-guerre

La paix revenue, deux clubs furent créés à Montpellier : l’Union Cycliste Montpelliéraine, sous la présidence de Louis Valette et le Vélo Club Montpelliérain, président : Emile Durand. Un autre club vit aussi le jour, à l’initiative d’Henri Méric. Ces trois clubs fusionnèrent ensuite sous l’appellation d’Entente Cycliste Montpelliéraine. Malheureusement, il ne reste plus trace de l’activité de ces clubs, qui connurent à tour de rôle une intense activité et une certaine importance. L’Entente Cycliste Montpelliéraine était le club support du G. P. Cycliste Midi-Libre auprès des instances fédérales. Une officieuse délégation de l’Hérault remplaçait le Comité départemental dissous par la FFC, afin de gérer les calendriers et de maintenir le contact entre les clubs et le Comité régional.

Le cyclisme était alors bien remis sur pied, et on pouvait assister à bon nombre d’épreuves importantes comme le Grand Prix du Travailleur du Languedoc en 3 étapes où de jeunes coureurs se distinguèrent, comme Donatella, vainqueur en 1947.

Un jeune Biterrois, Henri Massal, gagna sa place dans l’équipe de France du Tour 1947 en remportant le Circuit des Six Provinces. Il allait remporter l’étape Marseille-Montpellier en battant sur l’Esplanade ses dix compagnons d’échappée (12ème étape).

Des épreuves locales spectaculaires ont lieu, comme par exemple à Béziers, au lendemain d’une corrida, où se dispute le 13 août 1948 le 5ème Bol d’Or, épreuve par équipes de 2 coureurs. Habituée des courses de 6 jours, nombreuses alors sur les vélodromes français, l’équipe parisienne Godeau-Goujon s’imposa. Le 31 août 1950, en soirée à Montpellier sur la Promenade du Peyrou, eut lieu un Critérium d’après Tour avec un plateau de choix. Le Belge Schotte qui venait d’être sacré Champion du Monde et son compatriote Lambrecht, Ferdi Kubler, vainqueur du Tour, les Italiens Bartali, Leoni, Magni, ainsi que Guy Lapébie et les meilleurs régionaux complétaient cette affiche.

Auparavant, en 1948, le Tour s’était arrêté à Montpellier, avec l’étape Toulouse-Montpellier, qui consacrait la victoire du Belge Impanis. A signaler la présence dans l’équipe régionale Centre-Sud-Ouest, des Héraultais Daniel Orts et Henri Massal. En 1951, on note une dramatique arrivée du Tour : à l’issue de l’étape Carcassonne-Montpellier gagnée par Hugo Koblet. Coppi malade termina à plus de 33 minutes du vainqueur et hors délai mais repêché par les Commissaires, il gagna ensuite l’étape Gap-Briançon et termina 10ème au classement général.

A cette époque le quotidien Midi Libre patronnait un classement par points appelé Maillot-Rente disputé sur les principales épreuves régionales. L’élite des catégories amateurs et indépendants, sorte de semi-professionnels, se disputait âprement ce trophée richement doté.

C’est le dimanche 24 avril 1949 que le départ du 1er Grand Prix Midi-Libre fut donné pour un périple de 250 km qui menait les coureurs de Montpellier à Carcassonne. Le Biterrois Henri Massal, par sa victoire, gagnait sa place pour son troisième et dernier Tour de France dans l’équipe du Centre-Sud-Ouest. Durant plus d’un demi-siècle cette épreuve qui se transforma en course à étapes en 1952 fut le fleuron du cyclisme dans la région, et l’une des plus importantes courses par étapes organisées en France – en dehors du Tour !

La Route de France, épreuve amateur par étapes créée en 1951, allait révéler de jeunes talents héraultais tels Ferrer, Palacin, Linares, et plus tard Reverdy. Deux arrivées d’étape eurent lieu dans l’Hérault, à Montpellier avec la victoire du Danois Nolten et à Béziers, victoire de l’Espagnol Gil.

Un peu plus tôt MM. Fornons père et fils avaient fondé à Montpellier la marque des Cycles Splendid. Henri Massal et le grand sprinter espagnol Miguel Poblet, vainqueur du GP Midi Libre en 1955 et de Milan-San Rémo en 1957, entre autres porteront le maillot rouge et blanc des Cycles Splendid.

En 1977, la FFC rétablit les comités départementaux, celui de l’Hérault se met aussitôt en place sous la présidence de Serge Fort. Aidé par de nouvelles instances départementales, comme l’Office départemental des Sports de l’Hérault (ODSH) devenu depuis Hérault Sport, et le Comité départemental Olympique et Sportif (CDOS) à partir de 1984, il agira dans de nombreux domaines : formation de cadres et dirigeants, mise en place de stages, envoi d’équipes départementales dans différentes épreuves, ou encore l’organisation des Championnats départementaux.

En 1986 le Comité départemental organisa la première Ronde de l’Hérault, course par handicap ouverte à tous qui annonçait l’ère des cyclosportives.

Quelques épreuves sans lendemain allaient voir le jour, tel un Tour de l’Hérault amateur, organisé vers la fin des années 1970, gagné par l’Irlandais Stephen Roche, futur vainqueur du Tour 1987.

Affiche du Grand Prix Midi Libre en 1949
Fig. 5 Affiche du Grand Prix Midi Libre en 1949

Déclin et mutations

Les premières épreuves réservées aux Femmes voient le jour : on peut citer les Six Jours de St Ambroise en 1986, avec une arrivée d’étape à Sète au Mont Saint-Clair, dans le cadre du cinquantenaire du Guidon Sportif Sétois, et la victoire de Jeannie Longo, et le lendemain à Vendargues, victoire de la Hollandaise Monica Havik. L’année suivante c’est Jeannie Longo qui triompha à Vendargues.

On note aussi à travers le Département le passage en 1992 d’une épreuve féminine : le Tour de la Communauté Européenne, avec départ de la principauté d’Andorre et arrivée en Italie : victoires à Capestang de la Hollandaise Van Moorsel et à la Grande Motte de la Tchèque Distrac.

Le 29 septembre 1988 le Catalan Ricardo Boffill, architecte du quartier d’Antigone, donnait au Peyrou le départ de la première édition de la course Montpellier-Barcelone. Disputée en cinq étapes avec un départ soit de Montpellier, soit de Barcelone, cette épreuve réservée aux amateurs, idéalement placée au calendrier juste avant les Championnats du Monde, attirait l’élite amateur du cyclisme européen elle connut onze éditions, et beaucoup de coureurs, devenus professionnels se firent connaître à cette occasion. Patrick Bonnet et Stéphane Goubert furent les meilleurs Héraultais. Faute de moyens financiers, la course disparut en 1998.

Autre course éphémère : les Boucles de Thau, réservée aux catégories Juniors, et organisée par le Guidon Sportif Sétois. Deux Héraultais s’y illustrèrent : Ghislain Marti (du VC Mauguio) et Jérôme Sorli (CVS Bédarieux).

Le Tour de France continue d’arriver dans l’Hérault à intervalles plus ou moins réguliers. En 1980, Patrick Bonnet termine 2ème de l’étape Lézignan-Corbières – Montpellier, derrière le Belge Ludo Peeters et battent tout le peloton au sprint.

Patrick Bonnet remporta ensuite le prologue du GP Midi-Libre en 1984. La même année il porta le Maillot Rose au Giro d’Italie.

Lunel fut le théâtre, le 27 octobre 1990, de la finale de la première Coupe du Monde 2 de Cyclisme Professionnel, sur les routes de Petite Camargue. Cette épreuve contre la montre de 50 km, vit la victoire du Hollandais Éric Breukink. L’Italien Gianni Bugno s’adjugeait le trophée, après avoir remporté la Wincatour-Classic et le Giro d’Italie. Capitale du cyclisme mondial à cette occasion, Lunel a connu de nombreuses festivités rassemblant le sport et les traditions, suivies par une foule nombreuse.

Nouvelles disciplines

Avec l’apparition de nouvelles disciplines : le BMX, le VTT et les cyclosportives, la tendance alors est à un cyclisme de loisir, plus ludique, avec un entraînement moins rigoureux. La Ronde de l’Hérault, course par handicap créée en 1986, laissait la place à la cyclosportive Roger Pingeon en 1996. Roger Pingeon, ancien vainqueur du Tour de France 1967 et du Tour d’Espagne 1969, et installé à Montpellier, était animateur à Hérault Sport. Rapidement, cette cyclosportive organisée à Gignac en partenariat avec Hérault-Sport par le Comité Départemental de l’Hérault allait obtenir un grand succès. Interrompue en 2003 pour des raisons de réglementation, elle reprit de plus belle en 2006. Des parcours judicieusement choisis, à travers des paysages grandioses, comme les traversées du Cirque de Mourèze ou du Causse du Larzac, une organisation irréprochable, avec des animations durant tout un week-end, attirent chaque année une foule de curieux et de passionnés.

Une autre Cyclosportive organisée à Lunel : la Cigale Luc Leblanc connaissait aussi un grand succès à partir de 2002 ; il semble, hélas, que 2009 aura connu sa dernière édition.

Le VTT connaît également un grand succès. Avec 5 sites VTT reconnus par la FFC et une grande traversée de l’Hérault d’Est en Ouest avec plus de cinq cents kilomètres de pistes, le département possède un réseau bien entretenu et balisé, réseau qui sert également à la randonnée équestre et pédestre.

La manifestation Caylar en Larzac organisée en septembre par le Comité départemental en partenariat avec Hérault Sport, attire chaque année un public nombreux, attiré par une excellente organisation et des compétitions à la portée de tous. Dans son édition du 13 septembre 2009, la Caylar en Larzac a pris une dimension nationale en organisant la 2ème manche de la Coupe de France de VTT, catégorie Marathon sur 95 km.

Le VTT comporte plusieurs disciplines comme le 4x couru sur un parcours descendant comportant des bosses spectaculaire, mais aussi casse-cou ; le Trial, discipline née chez des passionnés de moto-trial, qui n’avaient pas les moyens de s’acheter une moto : elle consiste à franchir des zones naturelles ou non, qui font appel à des notions d’équilibre et de maîtrise du vélo sans mettre pied à terre. Un jeune Fabréguois Marc Caisso truste les titres dans cette spécialité : 3 fois Champion du Monde, 4 fois Vice Champion du Monde, 4 titres de Champion d’Europe, 8 titres de Champion de France. En 2009 Marc Caisso aura participé aux différentes manches de la Coupe du Monde. Chez les Dames, Lucie Miramond fut Championne de France en 2005, en Coupe de France et 5e au Championnat du Monde Trial Dames. Elle a intégré aujourd’hui l’Équipe Technique Régionale (ETR).

Enfin, la randonnée cycliste s’adresse aux amoureux de la nature. Sous la présidence de Jean-Pierre Barber, le BC Frontignan est le seul club BMX (Bicycle Moto Cross) de la Région. Avec une centaine de licenciés et une piste de haut niveau qui accueille des manches de Coupe d’Europe, le BC Frontignan est l’un des meilleurs clubs français, comptant dans ses rangs Moona Moocaille, champion du Monde Junior et vice Champion d’Europe Elite. Le BC Frontignan participe aux diverses manches de Coupe de France et d’Europe, ainsi qu’aux divers championnats régionaux et nationaux.

Cette discipline se déroule sur une piste de 270 à 400 m, parsemée d’obstacles, bosses, doubles en tables. L’effort est rapide et violent. Comme le VTT, le BMX a plusieurs formes de pratique, tel le RACE, discipline première, ou plus inattendu le STREET, dont le terrain d’évolution est la rue, les escaliers avec leurs rambardes ou le mobilier urbain. Toutes les figures sont permises.

Déclin de la route

Actuellement, le cyclisme sur route est en récession dans le département : les difficultés de circulation, les contraintes administratives, rigides et parfois tatillonnes, le financement aléatoire, découragent les organisateurs.

La presse de son côté n’apporte plus au cyclisme régional la même attention qu’autrefois. Depuis 1998 aucune course amateur ne s’est déroulée à Montpellier, encore que des clubs comme le VCC Béziers, le GS Sète, le VC Mauguio-Carnon, Montpellier-Languedoc Cyclisme ou le VC Védasien, s’accrochent à force de ténacité et parviennent à produire un calendrier conséquent.

Aussi doit-on saluer la performance de Christel Ferrier-Bruneau (du club Béziers-Méditerranée), Championne de France sur route. Continuant sur sa lancée, elle a remporté fin 2009 la 1re manche du challenge La France Cycliste de Cyclo-cross et termine 2ème du championnat de France couru le 10 janvier 2010.

Quelques épreuves professionnelles parcourent encore le Département, l’Étoile de Bessèges en 2007 au cours de l’étape Pézenas-Palavas (victoire de l’Italien Furlan), ou bien le Tour méditerranéen avec un départ de Béziers en 2009. Le Tour de France continue bien sûr à passer dans l’Hérault à intervalles plus ou moins réguliers. On se souviendra de l’édition 2009 et d’une acrobatique étape contre la montre par équipes de 39 km, avec départ et arrivée à Montpellier, qui a vu la victoire de l’équipe Astana. L’équipe Ag2r, emmenée par l’enfant du pays Stéphane Goubert a pris la 8ème place à 1 mn 48 s. des vainqueurs.

Le circuit de l'Hérault
Fig. 6 Le circuit de l'Hérault : la recherche d'un équilibre territorial. ADH, PAR 692

Si on n’hésite pas à bloquer une ville pour une étape du Tour, par contre on est plus réticent à la nécessité de neutraliser quelques rues dans un quartier excentré pour l’organisation d’épreuves de jeunes amateurs. Montpellier-Languedoc cyclisme, par exemple, organise une course de juniors, le Tour Cévennes-Garrigues dans le Gard, le VC Mauguio-Carnon présente un GP cycliste minimes et cadets à Assas, ou bien encore c’est une manche du Trophée départemental Minime-Cadets qui est annulée, par défaut d’autorisation municipale (30 août 2009).

Le cyclisme sur route, inventé par la France, ne demande aucun investissement particulier, puisque le lieu d’évolution est la voie publique. Lui qui a donné tant de titres mondiaux et de médailles olympiques, mériterait quand même plus de considération. Dans ces conditions, il sera difficile de trouver un jeune talent, successeur de Stéphane Goubert. Il y aura vingt cinq ans en 2010 que le Tour de France n’a pas été gagné par un Français (Bernard Hinault en 1985). Vingt cinq ans : une génération.

Le Comité départemental

Actuellement, le Comité départemental de l’Hérault, sous la présidence de Jean-Pierre Devise rassemble un millier de licenciés répartis dans 28 clubs, toutes disciplines confondues. Il développe des actions sur le Département dans une logique de « Cyclisme pour tous ».

Il gère les divers championnats et challenges départementaux. En partenariat avec Hérault Sport, il organise la Cyclosportive Roger Pingeon en avril et la Caylar-en-Larzac VTT en septembre.

Enfin, le Comité départemental est un lien entre les clubs et les instances fédérales.

Notes

   1.En date du 30-01-1898.

   2.La Coupe du Monde est un classement par points obtenus sur les principales épreuves du calendrier cycliste. Elle récompense la régularité tout au long de l’année, contrairement au Championnat du Monde couru sur une seule journée.