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Description

Cyclisme : les pionniers et leurs héritiers

Les pionniers

Si jusqu’alors des compétitions sur cycles se déroulaient sur de petits parcours, Paris-Rouen fut la première épreuve cycliste courue entre deux villes, le 7 novembre 1869.

Organisée par le Petit Journal, cette grande première, audacieuse pour l’époque, vit au départ une centaine de concurrents, dont 5 femmes. C’est l’Anglais James Moore qui remporta l’épreuve, monté sur un grand bi, en 10 h 25. La seule femme à terminer se classa 29ème.

Un engouement général

Les péripéties de la guerre de 1870-1871 et ses suites mirent le cyclisme en sommeil, et ce n’est que le 6 février 1881 que fut créée l’Union Vélocipédique de France (UVF) àfin de codifier les épreuves qui faisaient alors la part belle à la débrouillardise, voire la tricherie. Toutes les épreuves sont désormais organisées sous la réglementation de l’UVF, reconnue par les instances internationales en 1897.

Les premiers clubs apparaissent alors. Le Vélo-Club de l’Hérault, fondé en 1882, fut probablement le premier à appartenir à la fédération ; viennent ensuite l’Union Vélocipédique de l’Hérault (1886), ainsi que la création de clubs à Capestang, Lodève, Bédarieux, Lunel. C’est ce dernier qui organisa le Championnat de Fond de l’Hérault avec 15 partants, le vainqueur étant le coureur Py, de Béziers en 2 h 03. Le Vélo-Club de Lunel semble être un club particulièrement dynamique, et lors d’un banquet rassemblant ses membres, on déclama un poème de Louis Feuillade, intitulé « La Bicyclette ».

Les Jeux Olympiques à Paris en 1900, ainsi que la loi de 1901 sur les associations, seront des facteurs déterminants pour la création de nouveaux clubs, comme à Clermont-l’Hérault ou à Poussan. A Montpellier, Montpellier-Vélo, mais aussi l’Association Générale des Étudiants (AGEM) qui crée à son tour une section cycliste.

Le Ministère de la Guerre encourage aussi le cyclisme en organisant des Brevets Militaires Cyclistes, sous l’égide de l’UVF.

Dès 1893, des meetings sur piste ont lieu à Montpellier au Vélodrome Chaptal. Toutes sortes de machines sont admises : vélos, tandems, triplettes, quadruplettes, avec différentes épreuves : vitesse, lenteur, derrière entraîneurs, tentatives de records.., au mépris parfois de la sécurité. La piste du Vélodrome étant démontable, d’autres épreuves se déroulent à Ganges ou Balaruc-les-Bains.

Le Tour de France, créé en 1903, traverse l’Hérault pour la première fois le 8 juillet, au cours de l’étape Marseille-Toulouse (423 km) étape remportée par le Français Hippolyte Aucouturier. L’année suivante, le 13 juillet, le Tour traverse encore une fois l’Hérault, au cours de la même étape Marseille-Toulouse. Après Nîmes, des incidents éclatent occasionnés par des supporters du coureur alésien Ferdinand Payan, celui-ci ayant été disqualifié pour irrégularité. Pour se dégager des manifestants, les organisateurs durent tirer des coups de feu en l’air, le calme ne fut rétabli que vers Lunel.

Le 13 mai 1906, se déroule à Clermont l’Hérault une course de 60 km, sur le parcours Canet, Gignac, Saint-André-de-Sangonis à parcourir deux fois. Le vainqueur fut le coureur Bergé en 1 h 37, devant Causse et Roussel.

Jusqu’en 1914, les épreuves vont alors s’enchaîner. Bien que courues sous la réglementation de l’UVF, l’organisation de ces épreuves est laissée à l’initiative des municipalités, des clubs ou même des particuliers.

La Guerre 1914-1918 arrêtera alors cet engouement et le cyclisme paiera un lourd tribut à la boucherie. Dès 1919, les clubs reprennent leur activité, de nouveaux sont créés, comme à Clermont-l’Hérault. Le Critérium du Midi en 4 étapes est considéré comme la plus importante course régionale. Les brevets militaires, supprimés en mai 1914, sont remis sur pied et obtiennent un grand succès.

On assiste à une intense propagande pour vulgariser le sport cycliste. A Montpellier, Faubourg Boutonnet, est organisée une épreuve de 22 km à laquelle participent 32 coureurs âgés de 18 à 20 ans. Le premier couvre la distance en 30 minutes.

Le Premier Pas Hostins, organisé à Béziers, est réservé aux cyclistes n’ayant jamais couru en compétition.

Le Tour de France, marqué par l’abandon fracassant des frères Pélissier aux Sables d’Olonne, allait traverser Montpellier au cours de la 8e étape Perpignan-Marseille (370 km), le 13 juillet 1919. Étape remportée par le Français Jean Alavoine. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

7

Auteur(s)

Jacques TEISSEDRE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf