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2.00

Description

Antoine, Guillaume et Jean Ranc, « peintres de Montpellier ».
Nouveaux documents inédits

* Historien de l’art

Si, pour le public et l’historien les productions d’un artiste constituent l’illustration la plus immédiate de son art, les pièces d’archives qui le concernent permettent bien souvent de mieux connaître l’homme. Dans le cadre de l’étude que nous avons entamée peu avant 2012 sur le catalogue des œuvres du peintre montpelliérain Jean Ranc (1674-1735), élève d’Hyacinthe Rigaud (1659-1743), les Archives Nationales à Paris ainsi que celles du Protocole à Madrid avaient pu nous livrer quelques clés pour mieux comprendre le parcours de cet artiste attachant. Aujourd’hui, celles de l’Hérault dévoilent à leur tour une cohorte d’actes illustrant les liens qui perduraient entre le portraitiste et sa famille restée en Languedoc.

Autour de la figure paternelle d’Antoine Ranc (1634-1716), peintre emblématique de la seconde moitié du XVIIe siècle à Montpellier, tous ces documents, pour la plupart inédits, dressent le tableau d’une famille « bien dans sa ville ». Dans cet ensemble vertigineux d’archives, dont nous ne livrons ici que quelques bribes, les différents testaments que le père de Jean rédigea durant les vingt dernières années de sa vie constituent une véritable découverte de son milieu social. D’autres pièces (obligations, prêts, cautionnements, ventes ou achats de maisons et de terres) nous permettent également de mesurer l’importance du formidable tissu relationnel établi entre les Ranc et les différents acteurs de la vie locale.

Quelques mots d’historiographie

En 1887, lorsque l’historien et critique d’art piscénois Charles Louis Joseph Ponsonailhe publia son article fondateur sur la vie et la carrière d’Antoine et de son fils, il savait le sujet encore presque vierge : « Si j’entreprends aujourd’hui d’étudier ces deux artistes, c’est parce que, je le crois, cette besogne n’a jamais été qu’ébauchée » avouait-il en préambule. De fait, avant lui, il n’y avait eu guère qu’Antoine Dezallier d’Argenville et Louis de La Roque pour avoir évoqué de manière plus ou moins succincte les deux peintres. Tous deux décrivaient notamment « le père » comme un « bon peintre de Montpellier », ayant contribué à la décoration de la plupart des églises de sa ville. Si d’Argenville poussait le mérite d’Antoine jusqu’à considérer ses portraits comme approchant « de ceux de Van Dyck », il semblait davantage vouloir justifier la légende selon laquelle la collection personnelle du vieux maître, dont seuls quelques dessins italiens de Raymond Lafage (1656-1684) sont parvenus jusqu’à nous, avait formé l’œil du célèbre Rigaud, venu apprendre le métier à Montpellier chez le « médiocre » Pezet. La Roque, quant à lui, n’en disait guère plus sur son fils dont il bornait la carrière parisienne à l’anecdote du « portrait parlant » d’Houdar de La Motte avant d’évoquer brièvement ses dernières années espagnoles. Il consacrait néanmoins quelques lignes à son jeune frère Guillaume (1684-1742), également peintre, avouant cependant n’en connaître […]

Informations complémentaires

Année de publication

2018

Nombre de pages

23

Auteur(s)

Stéphan PERREAU

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf