Villages narbonnais aux XVIIe et XVIIIe s.
Les Villages dépendant de l’Archevêque de Narbonne

Il ne saurait être question d’étudier tous les villages du Narbonnais. Malgré quelques analyses isolées, l’étude d’ensemble reste à faire. Tout traiter serait d’ailleurs impossible. Aussi avons-nous choisi un commun dénominateur à quelques villages la dépendance à l’égard d’un même seigneur, l’archevêque de Narbonne ; ce qui, étant donné le rôle que joue l’archevêque, est orienter cette courte étude sur le fonctionnement des institutions villageoises 1.

En première approche, comment décrire le village ?

En Narbonnais, la plupart des villages ont un bon millénaire d’existence. La structure du terroir, le parcellaire, à peu de choses prés, sont fixés depuis des siècles. Aux XVIIe et XVIIIe s. les modifications seront infimes. Les traits principaux des villages du Narbonnais se sont fixés du XIe au XIVe s. – c’est la période de grande croissance villageoise en Narbonnais, où les villages construisent îlots et rues selon des solutions diverses mais qui ont presque toutes un air de parenté, où les terroirs se fixent définitivement les uns par rapport aux autres, où les consulats et les institutions communautaires se déterminent par la plupart.

Au XIVe s., le changement le plus important sera que, la croissance terminée, le village, ne s’étendant plus, sera obligé de s’enfermer à l’intérieur de rempart pour se défendre des conflits intérieurs au Narbonnais ou des passages des gens de guerre. Ce rempart dont la fonction de défense sera importante jusque vers 1650 fossilisera en quelque sorte le village : il restera pour des siècles, dans la plupart des cas, la limite indépassée et indépassable du lieu.

Le processus de différenciation et d’organisation des villages ne concerne donc pas la période moderne. Aucun village ne paraît s’effondrer ni croître démesurément du XVIe au XIXe s. Les seules transformations que l’on relève sont par exemple l’abandon entre 1640 et 1690 du village du Lac à moins dune lieue au nord de Sigean, fortement éprouvé par la peste de 1632 et surtout lieu d’étape sur la route du Roussillon, ce qui entraîna le déguerpissement des habitants. Malgré des menaces souvent répétées lors des mauvaises récoltes, on ne voit aucun abandon passager ni partiel de communauté.

Situés sur des buttes à quelques mètres au-dessus de la plaine mal égouttée, beaucoup de villages narbonnais sont circulaires.

Mais parmi ceux qui dépendent de l’archevêque de Narbonne, quelques uns s’écartent de ce modèle : les plus petits comme Fonjoncouse en pleines Corbières dont les maisons et les flots sont lâches, ou Cruscades à la limite nord des Corbières et à portée de l’ancien grand chemin de Carcassonne à Narbonne, ne sont ni parfaitement ronds ni entourés de remparts. Étaient-ils trop isolés comme Fonjoncouse ou n’eurent-ils pas suffisamment de ressources pour entourer le lieu de hautes murailles ? Des gros villages, seul Salles-d’Aude s’étire le long d’une rue centrale. À l’évidence jamais Salles-d’Aude ne fut entouré de remparts.

Exceptions. Partout ailleurs les villages sont parfaitement structurés, organisés. On les trouve ainsi au début des années 1700 : ovales généralement constitués autour d’un premier îlot, église-presbytère et dépendances (Saint-Marcel, Bize) ou ancien château (Sigean ou Gruissan). Ce noyau originel ou pôle de croissance a donné la direction et l’orientation aux premières rues et impasses.

Autre exception : Sigean. C’est le seul village du Narbonnais qui soit sorti vraiment de ses remparts. À l’extérieur de la ville se sont développés d’importants faubourgs (les termes resteront en usage au-delà de la fin du XVIIIe s.) dont les rues se croisent perpendiculairement, s’opposant en cela à la ville constituée d’anneaux concentriques. Mais entre 1650 et 1660, l’archevêque de Narbonne imposa la construction d’une nouvelle église destinée à se substituer à l’ancienne, rurale, et trop exposée aux vols et aux excès des troupes allant ou revenant du Roussillon. L’emplacement choisi fut à la limite de la ville et du faubourg. Une place s’étendit devant. Elle devint le lieu de rencontre et le trait d’union entre les deux parties du village.

Les villages sont plus souvent étirés ouest-est que nord-sud. Les rues principales sont donc orientées ouest-est, alors que les îlots et surtout les impasses autour desquelles ils s’organisent s’ouvrent au sud ou à l’est. Si l’îlot et la maison du village narbonnais se défendent ainsi efficacement du vent dominant l’hiver, et du soleil l’été, les rues principales sont orientées de telle façon qu’elles sont balayées sans entrave : le vent était l’agent purificateur dans ces villages souvent totalement dépourvus d’eau (le puits commun ou la fontaine où s’approvisionne la communauté est souvent à l’extérieur du village comme à Gruissan, Saint-Marcel ou Sigean).

On n’emploie pourtant pratiquement jamais dans les textes, le terme de village, sauf lorsqu’il s’agit de le différencier de la ville ; et les grosses bourgades s’attribuent avec complaisance et satisfaction la dénomination de ville. Les deux mots les plus courants sont « le lieu », terme peu précis qui qualifie l’agglomération désignée par un nom et habitée (par opposition aux écarts, métairies ou châteaux) et la « communauté » qui rend compte des habitants, de leur organisation sociale et de la permanence de cette organisation par delà les siècles.

Faut-il encore introduire les rapports entre le lieu, la communauté et l’assise de cette communauté dans l’espace : le terroir.

En Languedoc, comme ailleurs, le village est d’abord le centre de vie d’une communauté laborieuse dont l’essentiel des ressources est tire du sol Mais celui-ci sert à la communauté à se définir et à établir sa solidarité. Pour ne prendre qu’un exemple en Languedoc, pays de taille réelle, les impôts sont assis sur la terre. Les « non-valeurs » sont à la charge de la communauté. Celle-ci en contrepartie a le droit, pour soulager « le général et le particulier » des habitants, d’en faire titre et de les adjuger. De même elle essaie de garder une réserve foncière lorsque les défrichements à la fin du XVIIIe s. semblent excessifs et risquent de trop restreindre les vacants nécessaires à la pâture du bétail : fonction d’équilibre, d’autorégulation, qui est aussi une définition du village, de sa nature et de son fonctionnement.

Dans ce terroir qui dépend juridiquement de la communauté, le village n’est pas seul. Les métairies sont souvent, à l’écart du village, des centres de vie autonomes, nettement distincts de la vie villageoise. Ne faut-il pas faire la différence entre le terroir strictement villageois, dont les parcelles sont presque toutes possédées par les membres de la communauté qui vit au village, et la zone périphérique des métairies réunissant autour d’elles de petits terroirs autonomes soudés dont ceux qui les habitent et les travaillent n’ont que peu de relations avec le village ? La distance n’est pas seulement géographique en effet. Recrutant leur main d’œuvre presque toujours ailleurs que dans la communauté, elles ne vivent pas au même rythme les métairies et leurs habitants sont beaucoup plus dépendants du gros propriétaire, noble ou bourgeois citadin, que ne le sont les villageois.

À la limite, devons-nous concevoir le village comme l’agglomération seulement avec les habitants qui y résident et constituent, au sens propre du terme et au vécu, la communauté à l’exclusion de tous ceux qui vivent en dehors d’elle, même s’ils habitent et travaillent sur le terroir, parce qu’ils ne sont pas intégrés à la vie villageoise ou ne participent pratiquement pas aux institutions créées par la communauté, qui la font fonctionner, où chacun plus ou moins joue un rôle.

Dans un gros village comme Sigean qui a plus de mille habitants, les institutions communautaires sont nombreuses, complexes et complémentaires : institutions plus ou moins liées à l’église (œuvres, hôpital) confréries de la charité ou des dames de la miséricorde), seul domaine où les femmes sont tolérées, enfermées dans des fonctions d’assistance et de consolation ; jeunesse auquelle on donne un abbé, qui élit son chef et dont le conseil se plaint souvent ; conseil de la communauté, des hommes majeurs, hiérarchisé et lieu privilégié des tensions du pouvoir.

Ce village languedocien a-t-il conscience de sa spécificité ? Prompt à se déchirer intérieurement, il ressoude immédiatement son unité lorsqu’il s’affronte aux villages voisins et se précipite devant la justice pour ne rien céder des droits de la communauté. Entre villages voisins ce qui l’emporte, ce n’est pas la solidarité mais beaucoup plus les relations conflictuelles.

Il est fort rare, sauf dans les basses Corbières de voir la mention de réunions intercommunautaires. Le village est toujours seul dans ses relations avec le diocèse civil, le subdélégué… À cet égard on est bien dans une civilisation villageoise, mais où les communautés, à l’égard du pouvoir, sont totalement atomisées.

Plan de Sigean - 1816. (Archives Municipales).
Plan de Sigean - 1816. (Archives Municipales).

Jamais on n’a l’expression ou la revendication d’une spécificité narbonnaise ou languedocienne. Dans les cahiers de doléances de 1789 même on ne relève rien à cet égard. On pourfendra seulement, mais avec véhémence, les États de Languedoc et leur constitution « vicieuse ».

Le conseil de la communauté, dans ses réunions et dans les fonctions exercées par ses membres ou les officiers qu’il désigne, chargés plus expressément d’une tâche de gestion, de surveillance ou de contrôle, est l’institution qui en Languedoc caractérise le mieux le village, qui le représente juridiquement à l’extérieur ou à l’intérieur, lorsqu’un particulier est en désaccord avec lui (ce qui n’empêche pas des groupes d’habitants de former des syndicats lorsqu’ils s’affrontent au parti qui est au pouvoir). L’exemple de Sigean où la documentation malgré des lacunes présente une assez bonne continuité pendant deux siècles permettra de cerner quelques traits de son évolution aux XVIIe et XVIIIe s. et des rapports de la communauté et de son seigneur l’archevêque de Narbonne 2.

À la fin du XVIe s. on ne dispose pas du compte-rendu des réunions du conseil, seulement de la nomination des consuls, du nom des conseillers et des officiers de la communauté. La désignation se faisait avec beaucoup d’exactitude chaque année. Le conseil était composé de trois consuls et de conseillers en nombre variable selon les années (18 souvent, augmentant à mesure que l’on va vers 1600). En 1606, une ordonnance de l’Archevêque de Narbonne fixera ce nombre à 70 en trois « échelles » 3.

Les officiers de la communauté sont nombreux : 32 en 1588. Mais sur ce total 12 seulement ne font pas partie de la liste des conseillers (et sur les 12, deux femmes sont désignées comme procureurs de Notre-Dame). Ils sont clavaires, ouvriers de l’œuvre St Félix, de l’œuvre St Antoine, de l’œuvre St Sébastien, du Purgatoire, de St Eloi, de Notre Dame du Chapelet, des lampesous (le luminaire), procureurs de l’hôpital, du Pla, de l’étang Boyer, estimateurs, sur-estimateurs, carreiriers (visiteurs des chemins), auditeurs des comptes. La gestion de la communauté est donc exercée par un groupe important, et on ne distingue pas fondamentalement ce qui relève du spirituel et du temporel œuvres, étangs, terroir, sont considérés comme faisant partie du patrimoine villageois et mis à peu près sur le même plan.

Un demi-siècle après, où en est le conseil ? La fréquence des conseils est très régulière, en moyenne deux réunions par mois 4. Le rythme des réunions est soutenu tout au long de l’année avec une pointe en septembre qui correspond à ce qui est le temps fort de la vie communautaire : la nomination des consuls et des officiers de la communauté. On respecte à la lettre le règlement de l’archevêque de 1606 concernant l’élection des conseillers matriculés, des consuls, des officiers municipaux. Le premier dimanche de septembre dans le château de l’archevêque, en présence des officiers du seigneur, on élisait les consuls sur une liste de trois noms par échelle, dressée par les consuls sortant de charge. Après 1660 cependant on perdra l’habitude de se réunir le premier dimanche de carême dans le château pour pourvoir au remplacement des places vacantes de la matricule.

Jusqu’en 1650-52 (et surtout pendant les années 1640-50) les réunions du conseil ne se font pas toujours dans la maison de ville une fois sur 5 elles se déroulent dans l’église même (surtout dans la chapelle St Martin) à l’issue de vêpres ; une fois sur 10 on se réunit dans des maisons particulières (peu chez les consuls ou le greffier, davantage chez de grandes familles). Lorsqu’il y a urgence, que l’on ait peur ou que l’on craigne une attaque des Espagnols, le conseil se réunit sur la place publique 5.

Après 1652, on ne se réunira plus jamais que dans la maison de ville (à l’exception des actes officiels qui se déroulent dans le château).

Le bayle qui ne venait que de loin en loin aux séances du conseil, les préside constamment à partir de 1649. La Fronde a-t-elle incité l’archevêque à tenir de plus près la communauté ?

Le curé est admis au conseil en 1668 6. Il fait aussitôt preuve de beaucoup d’assiduité et y joue un rôle très actif. Il donne son avis le premier, signe le premier, après le bayle et avant les consuls, le procès-verbal des délibérations. Ses interventions sont toujours longues, soigneusement argumentées. Le curé se plaît à jouer son nouveau rôle.

Chaque conseiller opine à son rang, selon l’ordre qu’il occupe sur son échelle. Au bas des délibérations les signatures (qu’elles soient bien faites ou seulement des idéogrammes ou des croix) respectent l’ordre d’intervention. Cela marque très bien ce qu’est le conseil : une excellente expression de la société organisée, hiérarchisée, où chacun est à sa place, et où personne ne transgresse son rang. Il y a bien, certes, hors du conseil, des atteintes passagères à la hiérarchie, notamment à la personne des consuls, qui se font injurier et malmener. Mais de telles actions sont considérées comme des atteintes graves aux représentants de la communauté et à travers eux à la communauté toute entière, qu’il faut toujours réparer.

L’assistance du curé aux conseils est à replacer dans un contexte plus large. En Narbonnais c’est, dans bon nombre d’endroits, la consécration de la résidence du curé au village. Avant 1630, fort peu de curés en titre (souvent chanoines d’un des chapitres de Narbonne) résidaient en effet dans leur paroisse. On note également à Sigean vers 1650 que si l’on continue à désigner chaque année avec beaucoup d’exactitude les officiers de la communauté les délibérations du conseil ne portent plus trace du choix des marguilliers des différentes œuvres ou des procureurs de l’hôpital (bien que l’on continue à élire les « demandaire » de Notre-Dame, les dames de la Miséricorde 7.

Avec une assistance beaucoup plus assidue du curé au village la gestion des biens temporels et celle du patrimoine spirituel ont-elles été séparées ? La construction de la nouvelle église à Sigean fut-elle l’occasion de la reprise en main par le clergé de tout ce secteur d’activité communautaire ? Ce serait le signe d’une « sécularisation » du conseil, de ses responsabilités et de ses champs d’activité. À partir de la fin du XVIIe s., l’élection des officiers de la communauté tendra à se faire plus irrégulière, du moins celle des « anciens officiers » (procureurs du Pla, des étangs…). On ne parle plus, de même, des quêteuses. Les femmes n’apparaissent donc plus dans la communauté avec un rôle officiel.

À partir de 1696 8 les officiers nommés s’occupent essentiellement d’objets matériels, de la police, de la reddition des comptes, des chemins. Bientôt les charges essentielles seront les charges financières, liées à l’impôt : compoix cabaliste, capitation… La communauté dans ses fonctions de gestion est devenue une machine à préparer et à collecter l’impôt. C’est ce qui motive les délibérations les plus nombreuses et bientôt le rythme annuel des délibérations 9. C’est par là que pénètre le rythme royal et l’intégration villageoise au royaume. Le sens des officiers change. Tous les officiers de la communauté ou presque avaient à la fin du XVIe s. leurs activités tournées vers la communauté ou des préoccupations exclusivement villageoises, qui globalement peuvent ressortir de son patrimoine (les œuvres, les étangs, les chemins ou les dommages aux biens dans le terroir). Insensiblement, au milieu du XVIIe s. tout un pan des activités de la communauté (celles qui ont un rapport avec le religieux) lui échappent, ou à tout le moins ne sont plus centrales. Au XVIIIe s. la sécularisation semble beaucoup plus nette (la présence du curé au conseil le marque bien, même si d’une certaine manière elle contribue à la retarder). La nature des officiers et leur fonction sont désormais surtout orientées vers l’extérieur : le prélèvement fiscal. C’est la marque d’un appauvrissement intérieur de la vie communautaire et d’une perte d’indépendance du village.

Au milieu du XVIIe s. la dépendance à l’égard de l’archevêque, au moins dans les formes, était très forte. Les consuls, une fois élus, avaient coutume de lui rendre visite à Narbonne. En son absence, c’est le vicaire général qui les recevait. La délégation se munissait invariablement d’un présent de gibier (12 ou 24 paires de perdrix). Jusque vers 1660, le présent de chasse était rituel et fait au moins une fois l’an. Après 1660 si on allait toujours à Narbonne ou à Pézenas rendre visite à l’archevêque on avait, semble- t-il beaucoup moins de crainte, le jour dit, à ne pas réunir le nombre de paires de perdrix que l’on s’était promis. Les délibérations ne mentionnent ensuite plus le présent. On le fait peut-être encore ; ne plus le mentionner cependant est déjà un indice qu’on y attachait de la part de l’archevêque ou des Sigeannais un peu moins d’importance.

L’archevêque suivait alors avec beaucoup d’attention, les affaires de la communauté : les consuls se voyaient par exemple convoquer pour essayer d’apaiser un différend entre consuls et particuliers qui dégénérait en procès 10.

Comment le conseil évolue-t-il au XVIIIe s. ?

Fin XVIIe s. le bayle préside toujours et le curé continue à marquer de son empreinte le conseil. Mais la création des offices de maire par la royauté, pour des raisons fiscales, va allumer au début du XVIIIe s. un conflit long de plusieurs années aux multiples rebondissements qui divisera le village. La création d’offices de maire était, de fait, une intervention du roi dans la communauté par dessus l’autorité du seigneur. L’archevêque sentit son pouvoir contesté en plein conseil de la communauté. Il lui fallut des pressions multiples et des menaces même pas déguisées pour venir à bout d’une communauté qui avait trouvé un excellent moyen pour fronder et tenter par personne interposée puis directement de recouvrer un peu d’autonomie.

Tous les ans, fin août début septembre, moment du renouvellement des consuls, recommencèrent conflits de préséance et de pouvoir. Le 1er juillet 1699, Monsieur Angles « bachelier en droit, bayle et lieutenant au siège de Sigean » pourvu de l’office de maire était installé en grande cérémonie. La solution qui préservait les intérêts de l’archevêque avait été trouvée : le bayle-maire. Mais la communauté décida le remboursement de l’office de maire après l’arrêt de 1700 qui permettait l’opération.

Le conflit éclata lorsque, en 1705, parut au conseil, Monsieur Barthe pourvu d’un office de consul perpétuel 11. Le dernier dimanche d’août, le Vicaire Général du diocèse voulut, pour écarter Barthe, que l’on procède à l’élection d’un maire. Le curé était chargé de l’intervention (vigoureuse…) au conseil. Barthe opposa aussitôt son droit de consul perpétuel. Le conseil hésita et ne décida rien. Le dimanche suivant, le curé exigeait une délibération préalable : le conseil devait s’engager à reconnaître qu’une réélection éventuelle de Barthe ne découlait pas « de sa prétention à être consul perpétuel ». Barthe fut cependant élu. Le procureur juridictionnel essaya bien de lui opposer qu’il n’avait pas rendu ses comptes, et qu’il ne devait donc pas être élu. En vain. C’était un coup sévère pour le pouvoir seigneurial.

L’archevêque s’inquiéta-t-il vraiment ? Le 14 mars 1706, une somme de 5 livres 6 sols était déboursée pour placer les armes de l’archevêque sur la porte de la ville. Voulut-il rappeler ainsi qu’il était le seul seigneur et le maître de Sigean ?

Le dernier dimanche d’août 1706, le curé ouvrit la séance du conseil par la lecture d’une lettre de l’archevêque : « Je vous prie de faire connaître aux habitants de Sigean… que mon intention est qu’à la prochaine élection qui se fera dimanche, le Sr Boussonnel (qui était le nouveau bayle) soit nommé pour la mairie.., qu’il soit le seul proposé pour être élu ». Barthe dut s’incliner, malgré de vives protestations. Il demeura cependant consul. L’intervention seigneuriale parut-elle insupportable à la plupart des conseillers ? Au conseil du 28 novembre suivant, on se plaignit que « depuis quelque temps » la plus grande partie des conseillers matriculés refusent de s’assembler et de délibérer sur les affaires communes… Il faudrait faire des représentations à l’archevêque 12. La majorité des conseillers présents quitta la réunion et ne signa pas le procès-verbal.

En 1707, Barthe, employant l’argument dont on s’était servi à son égard l’année précédente, réclama un nouveau maire, et que Boussonnel soit remplacé. L’archevêque écrivit aussitôt au conseil. Il avait été averti « par bruit public » de ce qui se passait, sentait que l’on voulait « passer outre » à sa volonté. Faites « attention à tout ce que Monsieur le recteur vous dira de ma part » ajoutait-il. Il fallut que la communauté s’engage à laisser les officiers de l’archevêque présider les délibérations du conseil.

Le 8 septembre, le curé, malgré l’aide du bayle, ne réussit pas à faire élire le candidat seigneurial. Barthe fut élu à nouveau maire. La séance dut être dramatique. On alla chercher chez eux les conseillers qui refusaient de paraître au conseil, pour ne pas avoir à prendre parti. Des voix s’éparpillèrent (ce qui était se prononcer contre l’archevêque sans l’affirmer avec trop de netteté). Le curé protesta de la nullité de l’élection. Il imposa que le registre de délibérations « soit chargé de la contrariété des avis que plusieurs conseillers matriculés ont donné et du peu de cas que l’on fait de la lettre du Sr Vicaire Général qui a été lue à l’assemblée ». Ni le curé, ni le bayle ne parurent à la réunion suivante. Mais début octobre, le bayle faisait savoir qu’une ordonnance avait été rendue par l’intendant : l’élection du maire et des consuls faite le mois précédent, était déclarée nulle. Barthe était prié de se présenter devant l’intendant. Personne n’osa protester ouvertement. Pour faire respecter son autorité, l’archevêque avait été obligé de recourir à l’intendant.

L’opposition à l’archevêque ne désarma pas. Barthe et le curé se heurtaient en toute occasion. L’évêque trouva néanmoins le moyen de venir à bout de Barthe : en se servant des offices de maire alternatif puis triennal accordés à des partisans. Barthe abandonna la partie en 1710.

Les luttes ne s’épuisent pas pour autant. En 1711, le vicaire général écrivait au procureur juridictionnel : « Voyez… si l’on ne pourrait pas joindre aux sujets proposés Jean Pons pour le second rang ». Des conseillers protestent. Pons n’est pas conseiller matriculé, c’est donc une atteinte aux privilèges de ceux qui font partie de la matricule. Lors de l’élection, les conseillers refusent d’obtempérer au choix seigneurial. Ils préfèrent élire comme consul de deuxième rang Barthélémy Astre, petit propriétaire de 2,6 Ha, qui signe d’une croix.

Les esprits paraissent alors au comble de l’excitation à Sigean. Le parti anti-seigneurial l’emporte régulièrement il est vrai. L’archevêque envoie Monsieur de la Broutte, noble qui avait un domaine près de Sigean, afin d’assembler le conseil « pour s’instruire des aferes que plusieurs habitans ont entre eux ». On tente de perdre certains dans l’esprit de l’archevêque, accuse Monsieur Angles. Plusieurs « se donnent des airs de petits maîtres et de petits seigneurs » dans Sigean, protestent d’autres 13.

En 1713, le 1er consul se réclame de l’ordonnance de Basville du 17 juillet 1712 pour revendiquer la présidence du conseil (qui devait être donnée au maire ou en son absence au premier consul) et qualifier « d’atampta innouy » l’attitude d’un officier de nom seulement, quy n’a nuls pouvoirs ». Le procureur juridictionnel avait voulu, en tant qu’officier de l’archevêque, autoriser la délibération du conseil. L’archevêque, « ses officiers, tant le bayle que le procureur juridictionnel authorisent tous les consuls ».

Une lacune des sources (de 1714 à 1736) ne permet pas de savoir jusqu’à quelle date se prolongea le conflit.

La période 1696-1714 est donc cruciale et montre bien à l’occasion des affrontements dont le conseil fut l’enjeu et le lieu, les tensions villageoises.

Ce qui frappe d’abord le plus c’est l’essoufflement des institutions villageoises, du moins dans leur fonctionnement : la désignation de la matricule et des 50 conseillers en trois échelles, par exemple, ne se fait plus que de loin en loin. Mais l’élément nouveau est l’intrusion directe ou indirecte du pouvoir royal. La création des offices de maire par la monarchie bouleverse le jeu traditionnel du pouvoir au village qui était la cooptation sous contrôle seigneurial. Le conseil était à la fin du XVIIe s. très étroitement encadré par le bayle et le curé qui paraît alors constamment comme l’homme de confiance de l’archevêque. Or les officiers du seigneur sont, de fait, menacés de perdre la présidence du conseil. C’est ce que revendiquera constamment Barthe et, à sa suite, les consuls. Cela revenait à mettre le seigneur à la seconde place. C’est la raison pour laquelle la communauté, ou un parti majoritaire en son sein, batailla ferme contre l’archevêque, pliant à chaque menace trop violente, mais se rebellant sans cesse.

Faut-il inscrire ce moment de vive tension dans une lutte multiséculaire de la communauté pour affirmer son autonomie à l’égard du pouvoir seigneurial, et acquérir derrière l’écran de la monarchie davantage d’indépendance ?

Les luttes recouvrent-elles des oppositions sociologiques ? On retrouve, dans chaque camp, des gros et des petits propriétaires (cf. infra). On peut simplement constater que le camp des opposants au seigneur est constitué de propriétaires en moyenne un peu plus gros que celui de ses partisans. Le niveau scolaire, si l’on en croit les signatures au bas des délibérations, serait un peu supérieur parmi les opposants. Le partage du village en deux a donc traversé toutes les couches sociales.

Au 1/3 du XVIIIe s., l’impression donnée par le fonctionnement du conseil est celle d’une profonde décadence : « Il y a plus de cinq ans qu’il n’a pas été procédé à la nomination de nouveaux officiers dans la communauté » (5 janvier 1738) mais aussi la reprise en main totale du conseil par l’archevêque. Le bayle est reçu, en 1737 comme maire, il préside à toutes les réunions ; l’archevêque désigne lui-même les consuls sur une liste de trois noms 14.

De 1740 à 1755, les trois mêmes consuls restent en charge sans interruption. Dans les années 1750, des représentants de la noblesse (le chevalier Raymond Pech de la Clause capitaine d’infanterie, Monsieur Pech de l’Om, Monsieur Cazalbon de Saint Jean, Monsieur Angles de la Légune) se remettent à assister au conseil.

Après 1765, les élections consulaires ne se passent plus jamais dans le château de l’archevêque. Cette forme symbolique de soumission n’avait plus de raison d’être, puisque c’est le représentant de l’archevêque qui, de Narbonne désignait lui-même les consuls. Le bayle n’assistera même plus au conseil après 1768.

À la fin du XVIIIe s., les contacts entre le consul et le clergé s’effacent peu à peu : le curé n’assiste plus au conseil et ce, depuis 1730 environ) sauf s’il est directement concerné par une délibération, comme le choix du régent ou de la régente ; ce ne sont plus les vicaires généraux qui sont chargés de la nomination et de la surveillance des consuls, mais le juge de la temporalité.

Toute relation personnelle ou symbolique dans les formes et les cérémonies entre la communauté et le seigneur avait disparu. Le pouvoir seigneurial n’intervenait plus à l’égard du conseil que par le choix des consuls, et plus particulièrement du maire, le seul auquel le juge de la temporalité prêtait grand soin. On comprend qu’à Sigean, la revendication du libre choix des députés aux États de Languedoc et aux États Généraux ait correspondu à un sentiment très profond.

Les fluctuations du conseil de la communauté de Sigean, pendant les XVIIe et XVIIIe s., sont-elles des épiphénomènes ou l’expression d’un déplacement du pouvoir à l’intérieur de la communauté : l’influence change-t-elle de main, d’un parti à l’autre ou même d’un groupe sociologique à l’autre ?

Pour aborder cette question, on s’appuiera sur les compoix. Ceux-ci, il est vrai, saisissent seulement la propriété foncière à l’intérieur du seul terroir de Sigean sans prendre en compte les autres éléments de la fortune qui font aussi la position sociale et excluent du champ d’analyse tous les non-propriétaires.

Quatre compoix ont été conservés qui constituent de bons repères car ils correspondent à des moments significatifs de la vie communautaire 15.

Le trait le plus marquant de l’évolution du terroir et de la répartition de la propriété à Sigean est la progression de la grande propriété. L’écart se creuse tout au long de ces deux siècles entre la masse des tout petits et les plus gros. En rend compte sommairement le tableau suivant qui présente ce que possèdent en pourcentage comme superficie dans le terroir les 10 % des plus gros propriétaires et les 50 % des plus petits propriétaires.

L’analyse des compoix (cf. schéma n° 3) révèle que, globalement, la répartition des conseillers en trois échelles est bien une répartition selon le niveau de fortune. Bien que la hiérarchie d’une échelle à l’autre ne soit pas rigoureuse, la première échelle rassemble surtout de gros propriétaires, la seconde des moyens, la troisième des petits. La majorité (les 50 % des propriétaires les moins bien lotis) est cependant sous-représentée, bien que les ciseaux qui s’ouvrent entre la représentation des gros et des petits taillables suivent à peu près l’écart qui se creuse entr’eux à l’intérieur de la communauté. Il est certain cependant que le fonctionnement du conseil, où chacun s’exprimait selon le rang qu’il occupait sur les échelles, renforçait la prééminence des notables.

Ce qui frappe dans les années 1650, c’est la très forte participation des conseillers matriculés au conseil. Tous n’ont pas la même assiduité, mais tous y viennent au moins une fois par an. Les plus constants aux réunions du conseil se retrouvent dans les trois échelles.

Dans les années 1700-1710, la participation au conseil est moins forte. Les propriétaires les plus petits n’y paraissent que fort peu. Les luttes qui durent pendant toute la période, se déroulent donc essentiellement entre les plus forts taillables.

À la fin du XVIIIe s., la réorganisation des conseils politiques a fait chuter, à Sigean, le nombre de ceux qui participent effectivement à la gestion de la communauté.

Pendant ces deux siècles donc, le conseil s’est insensiblement réduit.

Mais tout au long des XVIIe et XVIIIe s., la composition sociologique du conseil reste remarquablement stable à Sigean. La concentration de la propriété et la multiplication des micro-propriétaires ne s’est traduite jusqu’à la fin du XVIIIe s., ni par des remises en causes fondamentales ni par une redistribution du pouvoir.

L’exemple de Sigean est-il singulier ou traduit-il correctement ce qui se passe ailleurs dans les communautés dépendant de l’archevêque de Narbonne ? On a quelques difficultés à suivre partout à la fois, car les séries documentaires ne sont pas aussi continues. Quelques exemples permettent cependant de nous éclairer assez bien.

À Saint Marcel 16, au milieu du XVIIe s., le bayle est omniprésent au conseil (il est attesté à Salles-d’Aude, Gruissan …). Apparemment il est partout.

Lors de la nomination des consuls, les officiers de l’archevêque se déplacent pratiquement partout. Le viguier en personne préside le plus souvent la cérémonie d’élection. De même l’archevêque, directement ou par l’intermédiaire de son vicaire général, intervient très fréquemment dans les affaires des communautés. L’exemple de Saint-Marcel le montre aussi, Sigean n’est pas la seule communauté où l’on a coutume de faire, chaque année, un présent de chasse.

Dès 1670, partout les curés viennent au conseil. A Saint-Marcel, par exemple, le curé assistera au conseil avec beaucoup de régularité de 1670 à 1730.

La création des offices de maires a-t-elle soulevé dans tous les villages, les mêmes tempêtes qu’à Sigean ? Il ne paraît pas. Mais à Salles-d’Aude, en 1695, c’est le co-seigneur de Salles, Gabriel de Bénévent qui est pourvu de l’office de maire et qui présidera pendant plusieurs années tous les conseils.

Jusqu’à quelle date le bayle joue-t-il un rôle dans les conseils des différents villages ? C’est à Salles-d’Aude que l’on constate le plus tôt l’effacement du bayle. Cette disparition précoce est-elle à mettre en relation avec la co-seigneurie ? À Salles, le bayle n’assiste plus au conseil après 1745.

L’effacement du bayle est progressif dans lés villages : à Cruscades après 1750 (mais celui-ci assistera à un conseil le 13 juin 1773). À Saint-Marcel, la dernière mention du bayle dans les délibérations date de 1774. Mais, dès le 10 juin 1770, il est spécifié que le premier consul « préside en l’absence de messieurs les officiers de justice du présent lieu et procureurs du seigneur qui résident en la ville de Narbonne ». La même formule sera reprise en tête de tous les procès-verbaux de délibérations pendant trois ans puis abandonnée. Les officiers de l’archevêque auront alors totalement disparu du conseil des communautés.

Dernier trait commun à toutes les communautés : dans la seconde moitié du XVIIIe s., la nomination des consuls est faite par le juge en la temporalité, sur présentation d’une liste par le conseil. Mais à la différence de Sigean, les consuls choisis se rendent à Narbonne et vont prêter serment de fidélité à l’archevêque dans la maison même du juge.

L’exemple de Sigean est donc bien représentatif et valable pour l’ensemble des villages dépendant de l’archevêque de Narbonne. Au moins pour la nature, le fonctionnement du conseil et les relations avec le seigneur les caractères sont largement communs, l’évocation similaire à quelques années près.

Les conflits de pouvoir ne sont cependant pas aussi violents ailleurs. Est-ce dû à l’importance de la communauté, au rôle antérieur de Sigean, proche de la frontière, ce qui lui avait donné une position stratégique importante ? Cela reste à élucider totalement.

Annexe

Procédure de désignation du Conseil de Cruscades pour 1786-87 (A.M. Cruscades ID I)

L’an mil sept cent quatre vingt cinq et le vingt-neuf décembre, le Conseil de la Communauté de Cruscades Dioceze de Narbonne a été assemblé en la forme ordinaire dans l’hôtel de ville dudit lieu par le Mandemenent de Mr Dominique Mas Consul a laquelle assemblée ont été presens MM. les Conseillers politiques soussignés ou marqués.

… a été dit par le sieur Mas Consul que cette communauté est dans l’usage de procéder au Renouvellement du Conseil et que son tems etant echu le vingt-quatrieme du courent, que suivant cet uzage, le Consul doit nommer trois sujets pour etre presentés à Monseigneur l’archevêque de Narbonne seigneur de ce lieu pour elire l’un qu’il trouvera a propos des trois sujets présentés pour faire la fonction de consul pendent deux années surquoy il prie l’assemblée de délibérer.

… L’assemblée a prié ledit sieur Mas Consul de nommer trois sujets et à l’instant led. Sr Consul o nommés le Srs Alexis Piquet, Pierre Coulon et Jerome Coulon. Laquelle nomination l’assemblée a unanimement approuvée et elle supplie Monsgr L’archevêque ou à son absence qui de droit de vouloir faire le choix des trois sujets qu’elle a l’honneur de lui présenter pour exercer la charge de Consul pendant deux années suivant l’uzage et coutume de cette communauté, l’assemblée recommandant lesd trois sujets des gens d’honneur et de probité…

Du Septième Janvier mille sept cent quatre vingt six, nous Juge de la Temporalité de l’archevêché de Narbonne soussigné en l’absence de Mgr l’archevêque et sous son bon plaisir vu la délibération ci-dessus de la Comté de Cruscades duement contrôlée portant la proposition de trois sujets pour l’un d’eux etre élu Consul dans lad Comté avons élu pour Consul a ladite communauté Jerome Coulon l’un des trois sujets proposés a la charge par lui de pretter serment devant nous en tel cas requis et accoutumé de bien et duement faire les fonctions de sa charge pendant un an.

signé : Castan Juge

Du 12 Janvier 1786 par devant nous juge a comparu jerome Colomb qui nous axibé la déliberation cy contre duement controllée et l’élection par nous faite de sa personne pour Consul du lieu de Cruscades requerant qu’il nous plaise recevoir le serment de sa charge qu’il offre de nous rendre,

… a l’instant ayant de notre injonction mis la main sur les Stes evangilles il a promis et jure de bien et due- ment d’acquitter des fonctions de sa charge…

Signé : Castan Juge Coulon

Notes

  1. Dans le diocèse de Narbonne, l’archevêque est seigneur des villages de Alaignes, Albières, Capestang, Cubières, Bize, Canet, Cruscades, Fonjoncouse, Fourtou, Gruissan, Montels, Nissan, Peyriac-de-Mer, Pieusse, Routié, Saint-Marcel, Salles-d’Aude, Sigean, Ventenac, Villedaigne, Villerouge, Termenès.

  2. A.M. Sigean, BB 1 à 12.

  3. BB I F° 127 et suiv.

  4. Cf. schéma 1 et 2.

  5. 26 avril 1641 : le curé de Roquefort est venu avertir que les Castillans risquent d’arriver d’un moment à l’autre et de tout brûler.

  6. BB 7 f° 107-108 : ordonnance du vicaire général enjoignant aux recteurs d’assister aux assemblées politiques de leurs paroissiens, 27 août 1668.

  7. B8 5 f° 18 1er septembre 1647.

  8. Lacune des registres de délibérations de 1673 à 1696.

9. Cf. schéma n° 2.

  10. Par exemple BB 6 f° 218-220 : 26 novembre 1663.

  11. Pour tout ce qui suit : BB 8.

  12. BB 8f° 241.

  13. 11 novembre 1711.

  14. BB 9 f° 69 : 19 janvier 1728 « il sera déféré aux sentences de Monseigneur l’archevêque » cela « tiendra lieu d’élection ».

  15. Quatre compoix : CC 4 compoix de 1588, CC 7 compoix de 1654, CC 10 compoix de 1707, CC 19 compoix de 1778. L’essai de comptabiliser l’assistance et l’assiduité aux conseils a été fait sur cinq ans qui entourent la date de référence dont deux années avant et deux années après.

  16. A.M. Saint-Marcel I DI (1647-1657) Série n° 1 : 1677-1735, n° 2 : 1739-1793. A.M. Cruscades I DI A.M. Salles-d’Aude I DI – 4…