Une cité romaine : Béziers, à propos de la thèse de doctorat de Monique Clavel

Alors que depuis longtemps notre connaissance des cités provençales bénéficie des ouvrages de M. Clerc et L.-A. Constans sur Marseille, Aix et Arles, alors que les cités de Bordeaux et Toulouse viennent de trouver l’historien de leur antiquité, 1 il restait à établir des synthèses sur trois cités antiques de Gaule méridionale appartenant à la province romaine de Narbonnaise. À l’heure présente, Narbonne et Nîmes sont sujets de thèses de doctorat-ès-lettres. Et la cité romaine de Béziers vient de faire l’objet d’un fort beau livre de 650 pages, abondamment illustré. 2

L’auteur, Mlle Monique Clavel, qui enseigne à l’Université de Besançon, a intitulé son ouvrage, Béziers et son territoire dans l’antiquité. Il faut, sans plus tarder, reconnaître que l’ouvrage, par son contenu, répond entièrement à son titre, et que l’étude, menée conjointement, de l’agglomération urbaine et de l’espace rural qui en dépend, acquiert ainsi une plus grande consistance, dans la mesure où se révèle sous tous ses aspects une réelle unité historique, une cité antique. Trop souvent l’étude de l’environnement rural a été négligée ; aussi faut-il savoir gré à l’auteur de n’avoir point sacrifié le territoire à la ville. L’un et l’autre, en effet, sont liés de la manière la plus intime et la plus organique, tant sur le plan des réalités administratives et juridiques que des structures économiques et sociales. Comme il apparaît avec force dans les traités d’arpentage de l’antiquité romaine, 3 le territorium, c’est-à-dire le territoire d’une cité, comprend la ville et sa campagne, le sol urbain et le sol rural, urbanum solum et agreste solum. Il s’agit ici, bien sûr, de droit et d’administration. Mais si l’on se réfère aux structures économiques et aux structures sociales, dont l’activité politique est la force la plus élaborée, le lien entre la cité et son territoire est tout aussi évident. La possession de la terre, plus que toute autre activité, permet la pratique de l’activité politique. L’élite sociale, celle qui s’efforce de réaliser, dans ses comportements et dans ses attitudes mentales, l’idéal du citoyen, est constituée de propriétaires fonciers. C’est la terre qui, par excellence, confère l’honorabilité, c’est-à-dire la capacité d’exercer, sans restriction, une activité politique et il n’est pas de désir plus ardent, chez celui qui s’est enrichi par le commerce ou l’artisanat, que de changer de mode de vie, de s’installer dans les activités du propriétaire foncier et de mimer (avec, le plus souvent, l’ostentation du nouveau riche) ses comportements sociaux ou ses attitudes mentales. 4 C’est à la ville, que cette classe politique manifeste des ambitions. C’est, d’ailleurs, une obligation de droit : les lois municipales imposent à tout citoyen candidat à une charge ou à une dignité d’avoir son domicile dans l’agglomération urbaine. 5 Mais si le cadre urbain est le lieu de l’activité politique, il n’en reste pas moins que les élites municipales, ce qu’on peut désigner comme la classe politique, tirent l’essentiel de leurs revenus de la terre. Ainsi se manifeste vigoureusement l’insertion de la ville dans sa campagne, et il faut savoir gré à l’auteur d’avoir envisagé son sujet d’une façon aussi globale et cohérente.

Le biterrois avant la création de la province romaine de narbonnaise

Les premiers chapitres (p. 41-145) permettent de dresser un tableau du Biterrois à la veille de la fondation de la colonie. La marque de Rome y est sensible depuis la constitution de la province de Narbonnaise, mais de nombreux caractères originaux en étaient depuis longtemps dessinés.

Depuis le début du 1er millénaire avant notre ère, les migrations de l’âge du fer avaient recouvert de leurs vagues successives le Languedoc occidental. Venus de l’est, des groupes d’agriculteurs pratiquant le rite funéraire de l’incinération, avaient occupé la zone littorale et la région des collines, et conféré quelque homogénéité à ce premier Biterrois, dès 750-650. Aux relations d’est en ouest concrétisées par l’occupation des sites de Béziers et de Saint-Thibéry (Cessero), pointe de passage privilégiés sur l’Orb et l’Hérault, se surimposent des relations du sud vers le nord, et vice-versa, mettant en contact deux régions dissemblables, le monde montagnard, au milieu humain spécifique, monde des minerais et des métaux, et les pays méditerranéens aux vastes horizons commerciaux. Les contacts s’opèrent aux extrémités de routes qui empruntent de belles voies naturelles, la vallée de l’Orb (site de Causses-et-Veyran) et la vallée de l’Hérault et ses affluents (site de Saint- Julien près de Pézenas). Très tôt, donc, les cadres d’une géographie de la circulation sont fixés par cette texture de routes. Mais d’une importance égale est la mainmise sur les zones cultivables, tant dans la zone des collines de piémont que dans la plaine littorale. Celle-ci n’a point été trop inhospitalière, car les établissements humains voués aux activités de la terre s’implantent jusqu’au voisinage immédiat de la mer (Vendres, Sauvian). 6

Après 600, une évolution des habitats se précise : alors, apparaissent des oppida, où vivent paysans et éleveurs, où se multiplient les influences méditerranéennes, grecques et étrusques. Sans nul doute, c’est pour les routes de commerce une époque d’apogée étain contre sel et céramiques, tel se présente le trafic, dans son ensemble. Il enrichit quelques oppida bien situés, Ensérune, Magalas (Montfo), Saint-Julien de Pézenas, la Monédière (Bessan). Le Biterrois est alors parfaitement intégré, par l’intermédiaire d’Agde, dans la sphère d’influence de Marseille.

L’invasion volque (vers 250-200) bouleverse très peu les structures d’ensemble de la région, hormis sur le plan humain, car l’élément celtique se renforce au détriment de l’élément ibère.

Ainsi quand le Biterrois entre en contact avec Borne, ses cadres de vie sont-ils fixés depuis longtemps : un quadrillage de routes animées, une intense occupation du sol, lui donnent une physionomie que la conquête altéra assez peu. En témoigne la fixation et le maintien d’une première couche toponymique. Si le phénomène parait normal pour la dénomination des fleuves et des montagnes, dont les noms sont établis depuis fort longtemps, en revanche il est plus remarquable que de nombreux sites habités, et non des moindres, aient déjà leur nom et l’aient conservé. Il faut y reconnaitre en premier lieu la preuve de l’ancienneté de certaines structures, mais aussi, dans la survie de la toponymie, celle de la solidité de leur enracinement, Béziers, en premier : le toponyme du futur chef-lieu de la cité (Baeterrae) est fixé. Son origine parait, à l’heure actuelle, élucidée : dans Besara Betarra, l’élément primordial du site, le rocher, à orienté la formation toponymique. 7 Il en est de même pour Saint-Thibéry (Cessero), l’autre habitat-pont de la future colonie de Béziers, occupé très tôt. Peut-être plus récentes, mais néanmoins bien antérieures à la conquête romaine, d’autres formations toponymiques en -ate (qui ont donné la terminaison -as), Pézenas, Magalas, Vias, perpétuent le souvenir d’établissements humains tant sur la côte que dans la zone des collines. 8

Rome et les indigènes au Ier siècle avant notre ère

Au cours du IIe siècle avant J-C, Rome s’intéresse de plus en plus aux régions transalpines, dans lesquelles, Marseille, son alliée, s’inquiète souvent de la proximité inquiétante des tribus celto-ligures. Négociants italiens et marseillais ont des intérêts voisins, nés de la fréquentation des mêmes voies commerciales. Mais ce serait trop majorer le rôle de Marseille si l’on n’insistait sur le dynamisme et les intérêts propres aux groupes de marchands et financiers qui orientaient l’action diplomatique de la république romaine : la faim de terres à exploiter, la recherche de nouvelles sources de revenus publics, autant que la nécessité d’assurer de bonnes relations terrestres entre l’Italie et la riche péninsule ibérique, poussaient Rome à contrôler les régions de Provence et de Languedoc. En quelques années les généraux romains soumettent les tribus gauloises, et entre 121 et 118 doit se placer la création de la province de Narbonnaise.

Rome pratiqua dès lors, une politique d’exploitation méthodique de la province. 9 Que lui demandait-elle ? Cicéron, défendant le gouverneur Fonteius accusé par ses administrés, le révèle : « Il a exigé (de ses administrés) une nombreuse cavalerie pour les guerres que le peuple romain menait alors dans l’univers entier, de grosses sommes d’argent pour la solde de ces troupes, une grande quantité de blé pour soutenir la guerre d’Espagne » 10 ; bref un tribut en hommes, en argent, en denrées. Mais, plus haut il venait de révéler qu’en fait les provinciaux étaient soumis à la tyrannie financière des hommes d’affaires italiens. 11 Aussi la révolte gronde souvent dans les tribus vaincues et Rome se trouve, à plusieurs reprises, en mauvaise posture. Pour pallier quelques unes des difficultés issues de sa politique d’exploitation, elle utilise l’arme diplomatique : diviser pour régner. Non contente de confisquer des terres aux puissants Volques Arécomiques (établis dans le Languedoc oriental), et peut-être également aux Volques Tectosages, elle en détache des tribus marginales : ainsi les Longostalètes de la région biterroise peuvent-ils acquérir une relative indépendance des Tectosages de Toulouse. L’intimidation militaire n’intervient qu’en dernier recours, encore que la colonie de Narbonne, « sentinelle et forteresse avancée contre ces peuples » joue le rôle de point d’appui permanent de la présence militaire romaine.

Inscription de Marennes-Commune d'Aumes
Fig. 1 Inscription de Marennes-Commune d'Aumes (Cliché Marc Huyghe)

L’évolution des rapports entre Rome et les indigènes est mal connue, mais il semble bien que, lorsque Cicéron défend le gouverneur Fonteius, l’ère des révoltes indigènes soit close. Il est évident que l’orateur, pour les besoins de sa cause, avait exagéré les promesses militaires de son client, et insisté trop lourdement sur le danger que représentaient les peuples de Narbonnaise. Trait significatif de l’évolution des rapports entre vainqueurs et vaincus, la fidélité de la Narbonnaise en 52 lors de la guerre des Gaules. Certes dut s’établir, en cet instant critique, une solidarité entre vainqueurs et vaincus face au danger extérieur. Mais plus que cela, c’est la seconde raison invoquée par Mlle Clavel qui peut expliquer cette fidélité des provinciaux, c’est-à-dire « Les tendances pro-romaines d’une partie de l’aristocratie dirigeante » des peuples indigènes. 12

Stèle de C. Pompeius Autéros, Musée lapidaire de Béziers
Fig. 2 Stèle de C. Pompeius Autéros, Musée lapidaire de Béziers. Cloître de la cathédrale St-Nazaire. (Cliché de l'auteur)

L’entrée des indigènes, des chefs de grandes familles pour la plupart, dans la cité romaine est en effet le phénomène capital de l’histoire de la province 13. Gouverneurs romains et généraux, désireux de se constituer de nombreuses clientèles, octroyaient le droit de cité romaine soit à certains de leurs administrés soit aux soldats recrutés sur place, intégrant certes avec mesure, et non sans restrictions juridiques, ces vaincus, ils les arrachaient à leur condition inférieure et désarmaient la plus grande part de leur hostilité. Le procès de Fontéius témoigne de l’opposition des provinciaux à certaines formes excessives de la domination de Rome, mais la protestation des notables visait surtout les excès d’un personnage intéressé, et le choix de formes légales (l’appel du sénat) révèle leur intégration dans le système juridique romain. Ce phénomène de romanisation par l’octroi du droit de cité est connu, au moins une génération avant l’époque de César. Il est difficile d’en suivre les étapes, sinon d’une façon indirecte, à travers les inscriptions de l’époque impériale. La Narbonnaise, tout comme les provinces de la péninsule ibérique, abonde en Valerii, Licinii, Cornelii, Pompei, Julii enfin, dont les familles ne sont pas celles d’immigrants italiens, mais pour la plupart, d’indigènes romanisées. À Béziers, le petit nombre d’inscriptions révèlent à la fois la permanence de l’onomastique celtique et l’entrée dans la cité romaine, bref ce phénomène d’intégration juridique des indigènes, était l’inscription de Marennes (commune d’Aumes) analysée précédemment dans ce bulletin. 14 Le Lucius Valerius de l’inscription de Marennes n’est sûrement pas un cas isolé, et il devient légitime de faire remonter la citoyenneté des Pompei et Julii biterrois aux grands généraux de la fin de la république. Ainsi, le contexte social de la fondation de Béziers présente-t-il un aspect particulier : Narbonne avait été, en son temps, une sentinelle avancée de Rome en Narbonnaise, ses vétérans maintenaient une tradition militaire. Cette définition première d’une colonie romaine s’estompe au cours du Ier siècle avant J-C, dans la mesure où le milieu indigène est plus réceptif : cela explique la nature mixte du corps civique lors de la déduction de la colonie.

Inscription de Q. Caecilius Q. F. Homullus, Musée lapidaire de Béziers
Fig. 3 Inscription de Q. Caecilius Q. F. Homullus, Musée lapidaire de Béziers. Cloître de la Cathédrale St-Nazaire. (Cliché de l'auteur)
Inscription du Rhéteur Phélon Musée lapidaire de Béziers
Fig. 4 Inscription du Rhéteur Phélon Musée lapidaire de Béziers. Cloître de la cathédrale St-Nazaire. (cliché de l'auteur)

La colonie de Béziers

La colonie de Béziers fut fondée soit en 36, soit, plutôt en 35 av. J-C. Par cet acte, Rome marquait plus profondément qu’elle ne l’avait fait jusque là, la vie de la région biterroise. À la suite de Mlle Clavel, on peut envisager trois aspects essentiels de cette déduction : la création d’une ville, surimposée à l’agglomération préexistante, la délimitation d’un territoire, la constitution d’un corps civique assurant une armature humaine à la cité.

L’auteur consacre deux chapitres à l’« acropole biterroise » et à « la parure monumentale » (p. 233-295). Considération liminaire : c’est « le seul oppidum qui après la conquête a connu sur place le développement d’une importante agglomération gallo-romaine. » 15 Narbonne avait été créée en plaine, Béziers romain demeure sur l’emplacement du Béziers celtique. Faut-il trouver une explication spécifique et le désir des Romains de profiter du site défensif exceptionnel ? La réflexion de Strabon qualifiant Béziers de « ville sûre » 16 ne doit pas faire illusion. Il vaut mieux chercher dans la géographie de la circulation une explication au maintien de la ville neuve sur le site de l’agglomération celtique : Béziers est moins ville forte que ville-pont et ville-carrefour

Au long d’un chapitre minutieux se dégage l’organisation de la ville. En la matière, l’apport de la photographie aérienne et l’examen précis de la topographie actuelle sont d’un appoint précieux. La trame du quadrillage antique, de direction N-O S-E, apparait dans les quartiers situés autour de l’actuelle mairie. Le décumanus maximus a fixé le tracé des rues Viennet et du Quatre-Septembre, alors que le cardo maximus correspond aux rues Porte Olivier et des Anciens Combattants. À la jonction de ces deux axes, mais légèrement décalé vers l’ouest, se trouve le Forum, qui devait s’étendre en avant de l’actuel Hôtel-de-Ville. Il ne semble pas que la ville ait été ceinte de murs dès l’époque d’Auguste ce n’est que plus tard, au IIIe siècle, que l’agglomération se rétrécit à l’intérieur d’une enceinte, mise au jour en quelques points, le castram, au périmètre de 1570 m. environ, délimitant une cité de 19 hectares.

En dépit des lacunes de documentation, Mlle Clavel peut définir les grandes lignes de la parure monumentale. Autour du Forum s’ordonnait un groupe de temples, sur la côte nord, et un marché à l’ouest. Mais si leur existence ne paraît pas contestable, leur localisation exacte est plus difficile à préciser. L’étude de l’amphithéâtre est plus aisée car ce monument est très apparent sur la photographie aérienne : son grand axe suit la même orientation N-O / S-E) que le cardo maximus. En revanche, le théâtre, également décelé grâce à la photographie aérienne, est d’orientation Nord-Sud et suit une deuxième direction du tracé urbanistique qu’on retrouve dans quelques tronçons de l’aqueduc.

Ainsi se dégagent les grandes lignes de la topographie urbaine une ville entourée de ses nécropoles qui jouxtent le tracé de la Voie Domitienne de l’Orb, où se trouve, sans doute, une zone portuaire. Mais dans le détail, il demeure de nombreuses obscurités, en dépit des fouilles et des rapports détaillés des anciens, dont le plus précieux est le manuscrit d’A. de Rulman (1625).

À l’instar de la reconstitution du cadre urbain, la délimitation de l’ager baeterrensis, le territoire de la cité, est l’objet d’une étude attentive. On ne saurait reprocher à Mlle Clavel d’avoir utilisé tous les éléments disponibles dans un long chapitre car le résultat est là. Les pages 200-232 sont un modèle de méthode, même si certaines conclusions qu’elles présentaient ont pu être réexaminées. Plusieurs témoignages doivent être mis en relation. En premier lieu, celui des inscriptions. Cest ainsi qu’à Cruzy, une inscription mentionnant l’intervention de la colonie pour faire élever une statue en l’honneur d’un citoyen biterrois (G. Caecilius Homullus, inscrit dans le tribu Popinia), permet d’étendre jusque là les limites occidentales de la cité. De même, l’inscription de Marennes (commune d’Aumes) permet de repousser au delà de l’Hérault les limites orientales. L’étude des termes-frontières apporte d’autres enseignements : le plus significatif est la mention d’une Silva Bitoranda (le celtique -randa indique une limite) qui atteste une extension de l’ager baeterrensis jusqu’aux environs d’Aniane. Mais l’apport le plus important de l’auteur est constitué par l’utilisation systématique de la photographie aérienne et des traces de cadastration qu’elle révèle. Depuis vingt ans environ, l’étude des campagnes de la Gaule romaine a été renouvelée par la prospection aérienne. Ces méthodes, qui avaient donné d’excellents résultats sur les confins désertiques de l’Afrique et de la Syrie romaine, se sont révélées d’une égale fécondité sur notre sol. Les traces de cadastration antique apparaissent sur la carte totopographique et la photographie aérienne. Elles permettent de préciser le tracé de la frontière entre la cité de Narbonne et celle de Béziers et de fixer à l’est, l’extension du territoire biterrois.

Mlle Clavel peut donc, à bon droit, proposer, p. 231, une carte des frontières de la cité de Béziers. Côtoyant sur quelques kilomètres le cours de l’Aude, elle joint le Grau de Vendres à l’étang de Capestang. De là elle se dirige vers le Nord-Ouest, en passant près de Cruzy, pour atteindre la région de Saint-Pons et les monts de l’Espinouse, limites septentrionales. Au nord-est, pour faire une place à la cité de Lodève, la frontière, à partir des sources de l’Orb, se dirige vers le Sud jusqu’au cours de la Dourbie vraisemblablement, qu’elle longe pour atteindre l’Hérault. Elle suit le cours de ce fleuve côtier jusqu’à Aniane et là commence la frontière orientale qui relie Aniane à Balaruc. L’étang de Thau et la rive gauche de l’Hérault font donc partie de la cité de Béziers. Le relevé de ces frontières est l’occasion de vérifier le problème des rapports entre cités gallo-romaines et diocèses ecclésiastiques : en dépit du pessimisme des conclusions de l’auteur, il ressort tout de même que le tracé des limites du diocèse de Béziers se calque, en de nombreux points sur celui de la civitas gallo-romaine : au nord et à l’est, si l’on tient compte, en cette région, que l’évêché d’Agde fut constitué au sein de l’évêché de Béziers. En revanche, à l’ouest, l’adéquation des frontières n’est pas toujours évidente.

Cette description des frontières de la cité appelle cependant discussion sur un point. En effet, un article de M. Gayraud, Diocèse de Saint-Pons et cité antique de Narbonne, reprend la question des frontières communes des cités de Béziers et Narbonne 17. Si pour leur partie méridionale, que Mlle Clavel a fixée grâce à l’étude de la cadastration antique, il l’y a point matière à contestation, il n’en est point de même quand on aborde la région de Cazedarnes et de Saint-Chinian, où les traces du cadastre romain disparaissent et où le tracé des frontières devient plus aléatoire. Mlle Clavel avait cru pouvoir rattacher à Béziers tout le secteur correspondant à l’évêché de Saint-Pons créé en 1318 par détachement de l’évêché de Narbonne. M. Gayraud reprend son argumentation et préfère amputer le territoire de Béziers de la région riche en mines qui se trouvait incluse, au moyen-âge, dans le diocèse de Saint-Pons. De son étude, dont les résultats, dans l’état de notre documentation, emportent la conviction, il ressort que la plus grande partie de l’évêché appartenait à la cité de Narbonne et que la distinction, sur le terrain, entre limite occidentale du diocèse de Béziers et frontière occidentale de la cité gallo-romaine, correspond au grignotage séculaire de l’évêché de Béziers par son puissant voisin. Il faut donc corriger en conséquence les conclusions et la carte de Mlle Clavel.

La déduction d’une colonie implique enfin l’installation d’un corps civique. « J’ai déduit (établi)… des colonies de soldats… en Gaule Narbonnaise » (Colonias in… Gallia Narbonensi… militum dèduxi), affirme l’empereur Auguste dans ses Res Gestae, 28, 1. À l’origine, le corps civique de la cité devait comprendre des vétérans, et le nom de Septimani qui apparaît dans la dénomination de la colonie rappelle leur appartenance à la VIIè légion, reconstituée par Auguste avec d’anciens soldats de César. Mais à ces vétérans italiens d’origine, furent adjoints, dès le début, de nombreux indigènes dont la romanisation était un fait acquis vers 35 avant J-C. L’élite indigène avait obtenu le droit de cité romaine et la levée de troupes à l’époque de Pompée, puis le ralliement à la cause d’Auguste avait dû se traduire par l’élargissement du cercle des citoyens romains. Mlle Clavel relève, à bon droit, que de nombreux gentilices d’habitants de Béziers reprennent ceux des anciens gouverneurs de Narbonnaise ou d’officiers de César 18. On peut recenser également un nombre respectable de Julii. Pouvait-on maintenir hors de l’organisation municipale ces « honesti », ces gens de bien ?, il semble que, pour la colonie romaine de Fréjus, si l’on interprète correctement la généalogie d’Agricola, beau-père de l’écrivain Tacite, le corps civique ait mêlé aux vétérans italiens des indigènes romanisés. Envisageant cette question d’une façon plus générale, mais tout autant significative. Tacite dans le discours qu’il prête à l’empereur Claude (et que les « Fables Claudiennes » de Lyon nous ont restitué d’une façon plus authentique) précise bien que la fondation des colonies augustéennes de Narbonnaise s’est accompagnée de la constitution d’un corps civique amalgamant italiens et indigènes romanisés : « La paix fut solide à l’intérieur et notre puissance contre l’étranger florissante, à l’époque où les Transpadans furent accueillis dans la cité, où, sous l’apparence de nos légions établies dans tout l’univers, par l’annexion à ces colonies des provinciaux les plus vigoureux, il fut remédié à l’affaiblissement de l’empire » (cum specie deductarum per orbem terrae legionum additis provincialium validissimis fesso imperio subventurn est, Tacite, Annales, XI, 24). Ainsi se renforce l’hypothèse formulée par Mlle Clavel dans la colonie romaine de Béziers ont été intégrés des indigènes qui avaient reçu le droit de cité romaine, soit à l’occasion de leur service militaire, soit, plus simplement, à titre individuel, de la part des gouverneurs de la province. Peut-être Lucius Valerius de l’inscription de Marennes en est-il un bon exemple ?

Fragment d'inscription, Musée lapidaire de Béziers
Fig. 5 Fragment d'inscription, Musée lapidaire de Béziers, Cloître de la cathédrale St-Nazaire. (Cliché de l'auteur)
Fragment d'inscription, Musée lapidaire de Béziers
Fig. 6 Fragment d'inscription, Musée lapidaire de Béziers, Cloître de la cathédrale St-Nazaire (Cliché de l'auteur)
Carte 1. Béziers sous l'Empire romain
Fig. 7 Carte 1. Béziers sous l'Empire romain. (D'après M. CLAVEL p. 240 et 249)
Carte 2. Les limites de la cité de Béziers
Fig. 8 Carte 2. Les limites de la cité de Béziers
Carte 3. Distribution des thèmes dans les noms de domaine
Fig. 9 Carte 3. Distribution des thèmes dans les noms de domaine.
(D'après M. CLAVEL p. 304)
Carte 4. Répartition des suffixes dans les noms de domaines
Fig. 10 Carte 4. Répartition des suffixes dans les noms de domaines.
(D'après M. CLAVEL p. 305)

La romanisation

La constitution du corps civique conduit à poser le problème de la romanisation, phénomène complexe qui dépasse la simple admission dans la cité romaine, son aspect juridique. La politique romaine a tendu à intégrer les élites indigènes. En dépit du petit nombre des inscriptions de Béziers, la chronologie de l’assimilation juridique est assez facile à percevoir. Le seul gentilice impérial que l’on puisse relever fréquemment sur les inscriptions est le gentilice Julius (il peut se rapporter à César ou Auguste, plus rarement à Caligula). Mais point de Claudii, de Flavii, de Cocceii, d’Ulpii, d’Aelii, d’Aurelii 19, Aussi, dès les Julio-Claudiens l’admission des élites parait complète. Qu’en est-il des autres couches de la population indigène ? Mlle Clavel a dressé plusieurs tableaux fort intéressants. En premier lieu une répartition des dénominations des personnes suivant qu’elle les comportent trois ou deux éléments, conformément à l’usage romain, ou un seul nom, ce qui correspond à un usage celtique (p. 580)

En second lieu, un tableau où la distinction est faite entre Béziers, Narbonne et l’ensemble de la province (p. 580)

Il en ressort la faiblesse des influences celtiques. Mais il serait fallacieux d’admettre que cette statistique reflète exactement la part respective des influences romaines et celtiques. De larges pans de la population, des ruraux principalement, demeurent inconnus. Or c’est dans ce milieu campagnard que la présence celtique est la plus vivace. C’est donc avec prudence que l’auteur examine ces statistiques et on doit se rallier à son interprétation de la recrudescence des noms uniques au cours des IIe IIIe siècles. À Narbonne apparaît le même phénomène : on avait pensé l’expliquer par un exode rural au profit de la métropole de cité. À Béziers, ce n’est peut-être point le cas, et plutôt que d’exode rural ce pourrait être une preuve de la pénétration plus profonde des usages romains dans le milieu celtique : il s’agirait alors « d’une manifestation des progrès sociaux réalisés par les indigènes dans les campagnes et au premier rang desquels il faut compter la pénétration plus grande de l’écriture et du latin, signe patent des progrès de l’assimilation » 20. Cette juste réflexion se renforce si l’on considère que de nombreux noms uniques sont d’origine latine et non celtique.

L’onomastique révèle donc à la fois son intérêt et ses limites, il n’en reste pas moins qu’associée aux renseignements donnés par la toponymie elle donne la mesure de la romanisation du milieu humain 21. Les noms de domaine, parmi lesquels prédomine le suffixe latin -anum (transformé en -an), plus répandu que le suffixe plus gallo-romain -acum (transformé en -ac), sont pour la plupart formés sur un thème (radical) latin. On obtient aisément une évaluation de l’importance de la romanisation de la classe possédante.

C’est le monde des dieux qui nous livre le plus aisément la vitalité du monde indigène, au niveau des mentalités, en même temps que la fusion réussie entre divinités romaines et locales. Du long chapitre que l’auteur consacre aux cultes du Biterrois (p. 505-586) se dégagent de multiples conclusions. D’abord la permanence des influences grecques vivaces au delà même d’Ensérune documents écrits, objets culturels, attestent la présence du panthéon grec. Ensuite l’importance du panthéon latin, non seulement dans la ville, mais également dans les campagnes où il s’est souvent sur imposé, sans pour autant l’éliminer, au panthéon indigène. Mais, enfin, n’est-il pas surprenant de constater qu’en dépit de cette interpénétration profonde des deux groupes de dieux, se maintiennent intacts de nombreux cultes locaux qui appellent la dévotion des indigènes mais aussi celle d’éléments très romanisés (par exemple, M. Licinius Sabinus honore les Menmandutiae). Plusieurs sanctuaires ont été repérés sur le territoire de la cité, mais il est remarquable que des rapports de bon voisinage s’établissent aux portes mêmes de la ville, puisqu’un très important sanctuaire indigène se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Plateau des Poètes.

Le chapitre d’histoire religieuse permet d’équilibrer les conclusions fournies par l’onomastique et la toponymie. Celles-ci donnent l’impression d’un effacement quasi-total des usages et coutumes indigènes. Au niveau des mentalités, ou du comportement religieux, dans un domaine où toute évolution est plus lente, on est tenté par des conclusions plus nuancées. Les cultes locaux, enracinés dans le sol ou la vie quotidienne, se sont maintenus, même aux portes de la ville sur laquelle veillaient les dieux capitolins. Résistance du monde indigène, alors ? Plutôt résistance, normale, des esprits en matière religieuse, mais sans hostilité, ou mieux permanence de certains comportements, facilitée par la tolérance de Rome en ce domaine.

Activités et société

Pomponius Mela, De chorographia, 11, 15, qualifie Béziers, de cité opulente. Incontestablement, une idée maitresse qui parcourt la thèse de Mlle Clavel est celle de la prospérité de la cité sous l’empire romain. Comme fondement, la terre. Quand Rome s’établit en Narbonnaise, le terroir biterrois est densément occupé et soigneusement exploité, y compris dans le secteur littoral. Néanmoins, les vainqueurs ont marqué de leur empreinte le paysage rural. En premier lieu par la centuriation dont on retrouve los traces dans le cadastre actuel. En même temps, à l’habitat groupé se substitue la dispersion des exploitations. Alors s’établit le système du fondus, organisé autour de la ville, dont le souvenir se maintient dans la toponymie (ainsi Lézignan : Liciniana villa, l’exploitation de la famille Licinia). L’étude minutieuse des toponymes révèle d’ailleurs que dans un quart d’entre eux le radical ou thème est d’origine celtique : on aurait tort de croire, donc, à une spoliation totale des indigènes lors de la fondation de la colonie. Enfin s’opère une modification des cultures dans ce terroir très fertile. Le blé et l’olivier y ont toujours occupé une grande place, sans alimenter cependant un grand commerce d’exportation. C’est le vignoble, en revanche, répandu très tôt, qui assura de bons revenus aux possesseurs du sol quand il parvint à donner naissance à des importations de grande envergure, attestées en Italie même. À ces cultures relativement diversifiées s’ajoute un élevage, qui dut être de qualité, de chèvres et de moutons réputés pour leur laine. Sur la côte, prospéraient les exploitations des salines et les pêcheries et conserveries.

À côté de la terre, apparaissent des ressources naturelles permettant l’essor d’un artisanat ou « d’industries » de transformation : carrières, mines. Mais eurent-elles l’importance que leur attribue l’auteur ? Sa conclusion d’un « dynamisme » du secteur industriel doit être nuancée s’il faut retrancher du territoire de la cité de Béziers la zone métallifère du Saint-Ponais et transférer à Narbonne cette industrie des métaux, à laquelle fait allusion l’épigraphie de cette dernière ville 22. Il en reste que Béziers vit essentiellement de la terre, le secteur artisanal et commercial y est très réduit. La seule corporation connue est celle des fabri, et le monde du travail est bien moins riche et divers qu’à Narbonne. Aussi, (mais l’on doit toujours tenir compte de la faiblesse de la documentation) la classe politique, celle qui accapare les honneurs et gère la cité, apparaît-elle avant tout comme une classe de propriétaires fonciers. Les affranchis sont peu nombreux et leur poids dans la vie municipale extrêmement restreint, sinon inexistant.

La physionomie sociale de la cité est très différente de celle que révèle l’étude de Narbonne ou d’Arles, sises sur de grandes voies commerciales. Certes la proximité de l’emporion narbonnais stimule la culture de la vigne, mais développe-t-elle le dynamisme des milieux d’affaire locaux ? 23 Cité terrienne, Béziers l’est comme Nîmes, une autre voisine. Mais entre elles, également, s’esquisse une différence notable. La cité de Nîmes est plus vaste. Cité de droit latin correspondant au territoire de l’ancienne et puissante tribu des Volques Arécomiques, ses structures politiques et sociales ont été peu bouleversées. Dans la colonie romaine de Béziers, lors de la déduction des vétérans, le sol a été partagé, alors qu’à Nîmes ont été maintenues les structures foncières et la prépondérance des grands propriétaires volques. Ceux-ci, très tôt romanisés, ont pu grâce à leur richesse s’intégrer aux cadres dirigeants de l’empire en accédant au Sénat romain. Nîmois, Viennois aussi, fournissent, dès Tibère et Caligula, quelques années avant l’arrivée des sénateurs espagnols dans le sénat, une belle galerie d’illustres portraits, dominés par la personnalité de Cn. Domitius Afer de Nîmes et L. Valerius Asiaticus de Vienne, grands aristocrates indigènes. À Béziers, comme à Narbonne ou Arles, c’est-à-dire comme en d’autres colonies romaines, point de sénateurs, ou quelques-uns, mais plus tard et de second ordre en général. Le seul sénateur biterrois pourrait être C. Cornelius Fuscus, connu par Tacite, mais dont l’origine est incertaine. Deux membres de l’ordre équestre, il est vrai, mais c’est peu pour une cité de Narbonnaise. En tout cas, au niveau provincial, la place de Béziers apparaît plutôt secondaire 24.

Tel se présente le tableau de Béziers antique une petite cité terrienne, riche de son vignoble. Il faut remercier Mlle Clavel d’avoir tiré le maximum d’une documentation, souvent lacunaire ou d’interprétation difficile. Son ouvrage, agréable à lire, est excellemment et abondamment illustré. Synthèse, pleine de prudence parfois, riche d’aperçus brillants aussi, il vient parfaitement à son heure et ordonne les résultats acquis par une pléiade d’archéologues ou d’historiens locaux. Il facilitera les travaux ultérieurs et tout historien du Biterrois antique ne pourra pas l’ignorer. Quant à l’historien des cités de Narbonnaise il disposera avec lui d’une pierre de bonne qualité.

Michel CHRISTOL
Agrégé d’histoire
Assistant d’Histoire Romaine à la Sorbonne.

Notes

  1 Pour en rester aux travaux d’ensemble : M Clerc, Massalia, Histoire de Marseille dans l’Antiquité des origines à la fin de l’empire romain. Marseille, 1927-1929 ; M. Clerc, Aquae Sextiae, Histoire d’Aix dans l’Antiquité, Aix, 1916 ; L.-A. Constans, Arles antique, Paris, 1921 ; P. A FÉVRIER, Le développement urbain en Provence de l’époque romaine à la fin du XIVe siècle : Paris, 1964 ; R. ETIENNE, Bordeaux antique, Bordeaux, 1962 ; M. LABROUSSE, Toulouse antique, Paris, 1969.

  2 Monique CLAVEL, Béziers et son territoire dans l’antiquité, 1 vol., 644 p. Paris, 1970, les Belles-Lettres.

  3 FRONTIN, Gromatici veteres, 17, ed. Lachmann. Cf. M. CLAVEL, op. cit. p. 202.

  4 L’exemple le plus couramment invoqué, en cette matière, est celui de Trimalcion, magistralement analysé par P. VEYNE, Vie de Trimalcion, Annales Économies Sociétés Civilisations, 1961, p. 213-247.

  5 cf. l’article XCI de la Loi de la Colonia Genetiva Julia.

  6 Il est important de relever dès maintenant cette idée qui parcourt toute la thèse de Mlle Clavel La zone littorale, loin d’avoir été un milieu de répulsion fut, très tôt, humanisée.

  7 Cf. H. GUITER, Autour de Béziers, Congrès de la Fédération Archéologique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, 1959-1963.

  8 Cf. pour la toponymie préceltique, l’appendice au chapitre II, p. 142-141, dans lequel est omis, parmi les noms de rivière, celui de la Peyne : L. MICHEL Revue des Langues romanes, 1960, p. 55-59. Il faut le compléter par l’appendice au chapitre VII, Étude des toponymes d’origine antique de la civitas, dans lequel devraient figurer Pézenas et Vias parmi les noms de lieu d’origine celtique.

  9 Sur le problème, reprenant les travaux antérieurs, P. A. BRUNT, Italian Manpower, Oxford, 1971, p. 209-220.

  10 Cicéron, Pro Fonteio, VI, 13.

  11 Cicéron, Pro Fonteio, VI, 11.

  12 Sur le problème pour les provinces occidentales, Sir Ronald SYME, Tacitas ; Oxford, 1958, II, Appendice 78 ; E. BADIAN, Foreigo clientelae. 1958, Appendice B ; P.A. BRUNT op. Cit. p. 204-205.

  13 Sur le problème pour les provinces occidentales, Sir Ronald SYME, Tacitas ; Oxford, 1958, II, Appendice 78 ; E. BADIAN, Foreigo clientelae. 1958, Appendice B ; P.A. BRUNT op. Cit. p. 204-205.

  14 M. CHRISTOL, Notes sur l’inscription romaine de Marennes (commune d’Aumes), Études sur Pézenas et sa région, 1970, 4, p 5-13.

  15 M. CLAVEL, op. cit. p. 234.

  16 Strabon, Géographie, IV, 1, 6.

  17 M. GAYRAUD, Diocèse de Saint-Pons et cité antique de Narbonne XLIIIème Congrès de la fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon. (Béziers). Montpellier, 1971, p. 41.50.

  18 M. CLAVEL, op. cit. p. 591-593.

  19 Les cas d’Aurelius Saturio (C.I.L. XII, 4243) ne peuvent intervenir dans ces statistiques en raison des fonctions ou du statut des intéressés ils ne sont pas originaires de Béziers. Quant à l’inscription de Flavia Quinta, elle provient de Narbonne : cf. M. GAY RAUD, op. cit. p. 47. Il reste cependant le toponyme Aureilhan (St Jean d’Aureilhan issu d’Aurellus).

  20 M. CLAVEL, op. cit. p. 581.

  21 Sur l’apport de la toponymie, M. CLAVEL, op. cit. p. 584-585 On peut cependant hésiter avant d’intégrer dans la communauté d’origine italienne, les noms de familles issus de toponymes tels que Lézignan (Licinius) Corneilhan (Cornelius) Amilhac (Aemilius) il peut être question d’indigènes romanisés tout simplement.

  22 cf. M. GAYRAUD, op. cit. p. 43-46.

  23 Une lacune, peut-être : les rapports entre Béziers et le grand centre commercial narbonnais Mais disposons-nous d’une documentation ad hoc ?

  24 Sur le problème général de la promotion des élites provinciales, le livre magistral de Sir Ronald SYME, Tacitus, Oxford, 1958, passim.