Un radicalisme à la Belle Époque sous influence ?
Les républicains héraultais, promoteurs de l'idéologie de l'« Anti-France » 1 !

* Docteur en Science Politique, Université de Montpellier I

La Belle-Époque, précédant le Premier conflit mondial est sans contexte celle de l’émergence de l’organisation politique, de la structure partisane et de son affirmation dans la société française 2. Forme accomplie du suffrage universel, porteur de l’éclosion de la démocratie des masses, la politique n’est plus alors le fait uniquement du personnalisme notabiliaire 3 mais bien de marques nationales qui défendent des idéologies partout dans le territoire de la République 4. C’est dans ce contexte particulier d’« unformisation » latente, où les partis politiques sont perçus comme les « enfants de la démocratie » que se crée la première formation politique en France, le Parti républicain radical et radical-socialiste (PRRRS) tant au niveau national en 1901 5 qu’au niveau départemental en 1904 dans l’Hérault 6. Son programme politique est simple, il veut enraciner la République face à ses détracteurs et en cela il s’inscrit bien dans la continuité des luttes révolutionnaires du XIXe siècle, du programme de Belleville de 1869 7. Le PRRRS est le parti de la défense de la République contre tous ses opposants qu’ils soient défenseurs d’une idéologie conservatrice ou collectiviste.

Le Languedoc méditerranéen est une des terres d’élection pour ce parti qui semble être hégémonique dans sa représentation politique 8. Parti laïc 9, parti de la défense de l’héritage révolutionnaire 10 et de l’intransigeance républicaine 11, il ne semble en rien susceptible d’être porteur d’une revendication de rejet et de dénigrement comme celle prônée par Charles Maurras, qui dénonce tour à tour les différentes « espèces » composant l’Anti-France, « juifs, protestants, franc-maçons et métèques ». Pour autant dans l’Hérault, et en Languedoc méditerranéen, certains exemples démontrent le contraire, les radicaux-socialistes, et les républicains du Midi ont pu développer lors de campagnes électorales des arguments politiques empruntés à la frange la plus extrême des forces conservatrices. Ainsi tour à tour, nous trouvons des républicains et des radicaux-socialistes dénonçant les étrangers, les juifs, les protestants et même les franc-maçons, pourtant considérés à juste titre comme les véritables initiateurs du PRRRS 12. Pourquoi une telle rupture par rapport à l’idéologie prônée nationalement par le PRRRS ? Faut-il voir dans ces pratiques une forme de refus de la lente mise en place de la nationalisation du politique, avec l’affirmation de l’autorité d’une structure partisane centrale pour ne pas dire centralisée ?

Les radicaux-socialistes en dépit de leurs statuts de dignes héritiers de la Révolution française se sont montrés parmi les plus rétifs à la Belle-Époque 13 face à cette structuration verticale, retardant même de fait jusqu’au Congrès de Pau en 1913, l’organisation de leur propre parti 14. Où bien faut-il seulement appréhender ces cas, comme des pics ou des expressions localisées dénuées de fondement routinier et à ce titre tout à fait exceptionnels ? L’étude des crises sociales, des pics au détriment des routines n’est pas forcément privilégiée par les politistes qui ne souhaitent pas s’attarder sur des particularismes locaux au détriment des règles générales de fonctionnement de la société. Pour autant l’étude des « moments chauds », notamment dans des périodes historiques dépassant le cadre de l’histoire immédiate, comporte de nombreux intérêts à condition toutefois de ne pas les comprendre comme des règles générales 15 et de les replacer dans leur contexte global afin de caractériser les systèmes politiques territoriaux 16. L’existence de radicaux-socialistes ou de républicains, promoteurs du clivage maurrassien ne doit pas surprendre dans le contexte politico-social de la Belle-Époque, fortement imprégné par l’affaire Dreyfus 17. Ce fait permet seulement de revenir sur un poncif historiographique et politique qui veut qu’au lendemain de l’Affaire Dreyfus, le clivage autour des questions de l’altérité, et notamment de l’antisémitisme 18, intègre parfaitement les contours du clivage Gauche / Droite 19. L’histoire politique du mouvement républicain d’une part mais également de l’ensemble des formations politiques classées à gauche sur l’échiquier politique français ne semble pas exempte de cas rompant avec cet « idéal type » 20.

L’existence de radicaux-socialistes héraultais « adeptes » des théories de l’Anti-France l’atteste. Elle détonne au cœur du Midi rouge, dans un département où si les forces conservatrices sont organisées autour d’un Parti royaliste, elles jouent le plus souvent les utilités lors des élections 21 ou tous au plus les arbitres dans la compétition à laquelle se livrent les radicaux-socialistes et les socialistes 22. C’est sans doute cette absence systématique de candidature de forces politiques conservatrices, pourtant organisées qui peut expliquer l’utilisation du registre maurrassien durant les campagnes électorales. Parmi les quatre espèces de l’Anti-France, toutes n’ont pas le même succès parmi les radicaux-socialistes et républicains, héraultais et languedociens. Par ordre d’intensité décroissante, le classement serait d’abord les « Francs-Maçons », puis les « Juifs », les « Métèques » compris comme l’ensemble des étrangers et enfin les « Protestants ». Si les trois dernières catégories ne semblent pas marquer un clivage interne fort à l’intérieur du PRRRS par contre la quatrième semble elle être « fondatrice »d’un certain factionnalisme à l’intérieur du radicalisme héraultais. S’agit-il là d’un « particularisme local » ou tout simplement d’une conséquence de la structuration d’un système partisan ? Pour répondre a cette question et essayer de comprendre les raisons qui ont conduit certains militants et élus de formations politiques républicaines et de gauche à être des « adeptes » et parfois des promoteurs des théories de l’Anti-France, il faut dans un premier et deuxième temps, faire un état des dénonciations des « Protestants, Métèques et Juifs », puis des « Francs-Maçons » pour ensuite dans une troisième séquence caractériser ces actes dans un contexte tant local que national. À la lecture de cette introduction, designer les radicaux-socialistes héraultais de la Belle-Époques, comme des « adeptes » de l’idéologie de l’« Anti-France » ne semble ni une gageure, ni même un effet de style.

Les Radicaux-socialistes contre les « Protestants, Métèques et Juifs »

Pour appréhender l’opinion des formations politiques et notamment celle du PRRRS, la meilleure des sources dont nous disposons en dehors des périodes électorales est sans aucun doute la presse partisane. En effet, le PRRRS comme la majorité des partis de gouvernement (il est d’ailleurs le principal de la Belle-Époque), est très peu surveillé par les forces du Ministère de l’intérieur 23, ce qui a pour conséquence l’existence de très faibles ressources patrimoniales. Parmi la presse politique partisane républicaine et radical-socialiste, le principal titre de l’Hérault est le Petit Méridional 24 C’est d’ailleurs dans ce quotidien que des mentions relevant de l’Anti-France peuvent être relevées au gré des lectures de consultation.

À la fin du XIXe siècle, une mention est faite concernant de façon négative les Protestants, « nous ne voulons d’aucune orthodoxie, ni romaine, ni protestante » 25. Il semble toutefois que ce soit le résultat d’un climat anticlérical qui touche indifféremment protestants et catholiques. Le clivage confessionnel catholique / protestant, dans l’Hérault à la différence du Gard semble suivre les contours du clivage gauche / droite à quelques rares exceptions. En effet, le Gard semble quelque peu échapper à ce cadre notamment à l’occasion de l’élection législative de 1906 qui se fait sur fond de la querelle des inventaires, dans la circonscription du Vigan où le candidat de la droite conservatrice est Cazalis de Fontdouce, protestant et pratiquant 26. Au-delà de l’épisode singulier, il faut retenir qu’un protestant peut être conservateur et critiquer la Loi de Séparation. Ce fait dépasse les uniques trajectoires d’acteurs comme le démontre le « groupe Sully », association de protestants monarchistes 27. L’engagement à droite de protestants est significatif d’une certaine dichotomie entre religion et politique 28. L’anti protestantisme autour la Belle-Époques ne semble pas avoir de très nombreux échos dans les milieux politiques républicains 29 à la différence de certaines autres dénonciations maurrassiennes. En effet rares sont les cas de dénonciation a l’intérieur du camp républicain de candidats protestants. Les campagnes électorales de l’emblématique député Paul Menard-Dorian a Lunel attestent ce fait 30.

Les autres pans de l’Anti-France sont régulièrement dénoncés au gré des fluctuations et des campagnes électorales par les républicains dans leur ensemble et notamment les radicaux-socialistes. Face au « péril étranger », la position des radicaux-socialistes, tout comme d’ailleurs celles des socialistes tout au long du premier XXe siècle est la défense du travailleur français 31, formant à la Belle-Époque les contours d’une France hostile. Les républicains reprochent à cette main d’œuvre étrangère de « peser sur les salaires et d’entretenir le chômage et de permettre aux patrons de trouver là une arme efficace pour briser les grèves » 32. La remise en cause de l’immigration étrangère intervient lors de toutes les crises sociales et politiques à Aigues-Mortes 33, ou bien à Bédarieux en 1903 ou en 1912 à Baillargues 34. Les raisons de ces prises de position sont expliquées dans un article du Petit Méridional qui « refuse de voir le pays devenir un ramassis de toutes les races » 35. La présence du terme de « race » dans les argumentaires politiques des républicains est fréquente quelque soit d’ailleurs le jugement fait. Dans la société de la Belle-Époque, il s’agit bien d’un terme récurrent de vocabulaire. Un des propagateurs français de ce concept Georges Vacher de Lapouge a d’ailleurs enseigné à Montpellier dans les années 1890 et milité au Parti ouvrier de France de Jules Guesde, soulignant les liens ténus avant l’Affaire Dreyfus des deux engagements 36.

Le critère de l’antisémitisme ne semble pas avoir été rejeté dans leurs argumentations par les républicains. En de nombreuses occasions, il s’agit d’ailleurs d’un critère « discriminant » à l’intérieur du camp républicain. Parmi les cas les plus illustratifs de ce phénomène, la désignation de Pierre Masse dans la circonscription de Lodève en 1914 doit être retenue. Si le dossier électoral ne comporte aucune trace d’attaque à caractère antisémite de la part des autres candidats républicains durant la campagne électorale 37, pour autant la presse républicaine s’en fait l’écho 38. C’est donc aux cris d’« À bas le Juif » que certains congressistes saluent l’investiture de Pierre Masse. La trajectoire parlementaire de ce dernier dans l’Hérault député, puis sénateur, après une brillante carrière d’avocat ne fait en rien exception à cette hostilité qu’ont du affronter d’autres candidats républicains de la part d’adversaire de gauche jusqu’à la veille de la Deuxième Guerre Mondiale. Lors de l’élection législative partielle en 1937 dans la Troisième circonscription de Montpellier (Sète), le socialiste Jules Moch doit faire face à l’antisémitisme de droite prônée par le journal l’Éclair mais aussi à un antisémitisme de gauche latent soutenant la candidature de l’USR Gaston Escarguel 39. Cette division tant dans le camp républicain qu’à l’intérieur de la famille politique radical-socialiste autour de la question antisémite renvoie à d’autres comportements politiques, comme l’affirmation républicaine d’un antimaçonnisme.

L'antimaçonnisme, une valeur de gauche et radicale

La République radicale est franc-maçonne. Cette affirmation loin d’être une litote des antirépublicains 40 est reprise à la fois par la majorité des chroniqueurs et journalistes mais également par bon nombre d’historiens 41. Les liens entre maçonnerie et radicalisme ne sont plus à démontrer, André Combes les modélisent même comme le « ciment de la République » 42. Dans l’Hérault cette situation est un état de fait qui générateur de conflit comme le souligne dans le quotidien “réactionnaire”, le Télégramme, Georges Lachapelle commentant dans un article d’analyse de la politique méridionale où il critique le scrutin d’arrondissement :

« …pour donner une idée de la décomposition des partis et de la confusion des programmes qu’a provoquées le scrutin d’arrondissement, on peut citer encore l’extravagance des luttes électorales dans le département de l’Hérault. Autour d’un journal radical s’était formé un clan ou, comme on le dit ici une “petite chapelle” dont le dessein était d’accaparer tous les mandats et par conséquent toutes les faveurs administratives. Il va de soi que ceux qui n’en bénéficiaient pas étaient forts jaloux de cette puissance rivale : ils ont donc multiplié les efforts pour la briser et ils y ont à peu près réussi. Divisés en deux camps, les républicains que l’on nomme les chapelards parce qu’ils font parti de la “ petite chapelle ” et les antichapelards se sont jetés les uns contre les autres avec une violence inouïe. Résultat : M. Lafferre à Béziers, Pélisse à Lodève, qui sont radicaux ont seuls conservé leurs sièges et il ne faut pas le regretter, car ils n’auraient pu être remplacés que par d’autres radicaux moins raisonnables ou par des socialistes » 43.

Le constat journalistique de « dualisme » n’est évidemment pas neutre, il est d’ailleurs structurant pour la presse héraultaise où chacune des phratries dispose d’un organe de communication 44. L’administration préfectorale ne le remet pas elle non plus en cause, notamment lors des élections législatives de 1914 dans les arrondissements de Béziers et de Saint-Pons où il atteint son paroxysme :

« …le parti réactionnaire semble pas devoir présenter de candidat et ses suffrages, qui sont allés à M. Pech, en 1910, se porteront sur le candidat socialiste à défaut d’un candidat du parti républicain dissident et anti-lafferriste. Ce dernier parti fait, paraît-il, de pressantes démarches auprès de M. Signoret, avocat, maire de Béziers, pour qu’il accepte de se présenter comme le fit son prédécesseur à la mairie M. Pech, aujourd’hui décédé, M. Signoret a jusqu’à présent résisté à toutes les sollicitations et on pense, en prévoyant actuellement un échec, il préfère attendre l’éventualité de la vacance du siège de M. Lafferre, si celui-ci passe au Sénat en 1915 » 45.

Faut-il y voir à travers cet exemple, seulement un affrontement de personnes comme tentent de le démontrer le Sous-Préfet de Saint-Pons, “la lutte qui se poursuit dans l’arrondissement n’est pas une lutte de principes mais une lutte intense entre deux hommes” 46 ou bien un réel clivage du radicalisme héraultais autour de l’adhésion ou non à la maçonnerie ? Dans l’arrondissement de Béziers, il semble que cet engagement soit effectivement fondateur de clivage. C’est même une évidence en prenant en considération, les déclarations des candidats radicaux-socialistes challengers. En 1906, la candidature de Victor Sébastian est pour le quotidien royaliste, l’Eclair avant tout « biterroise, viticole, antipoliticarde et anti-franc-moucharde » ;47. En 1910, Henri Pech, maire de Béziers depuis 1907, est décrit par le Télégramme comme “radical intègre, immuable dans sa ligne de conduite, si Monsieur Pech se présente avec un programme politique différent de celui qu’a toujours défendu le Télégramme, il reste du moins celui de tous les candidats opposés à Lafferre dont les idées et la ligne de conduite se rapprochent le plus de celles qui sont les nôtres. Nous n’avons pas à hésiter, c’est pour Monsieur Pech que nous devons voter” ;48. Cette opposition est mis en évidence par les deux élections de 1910. Chacun des deux députés sortants appartient à une phratrie. Jules Razimbaud, député de Saint-Pons est le candidat “indépendant, antichapelard”, formalisant ainsi sa rupture avec Louis Lafferre, député de Béziers. Leurs concurrents Charles Caffort, maire et conseiller général d’Olonzac et Henri Pech, maire de Béziers et conseiller général de Béziers I s’inscrivent eux aussi dans cette même ligne de fracture.

Dès lors, il semble bien qu’il faille retenir l’hypothèse de deux organisations politiques qui partent en ordre de bataille aux élections au-delà de tout personnalisme politique. Cette piste est développée par Marc Combas qui prend pour exemple la préparation des élections législatives de 1910 où s’organise un « Congrès radical socialiste indépendant d’investiture pour désigner le candidat du « vrai Parti républicain » » ;49. Il y a bien une opposition d’organisation entre « petite chapelle » et « anti-chapelard ». Le surnom de « petite chapelle » désigne le groupe le plus important des fondateurs de la Fédération républicaine radicale et radical-socialiste en 1904 50 et atteste de la réalité de l’engagement maçonnique dans cette structure autour de la figure emblématique de Louis Lafferre 51. Ce constat remet en cause que le PRRRS soit l’expression politique de la Franc-maçonnerie. En effet si de nombreux franc-maçons sont effectivement adhérents du PRRRS dès sa fondation en 1901, lors du Congrès de Marseille en 1903, il est décidé que la participation ès qualités des loges à la vie du parti cesse d’être tolérée 52. Il y a bien une rupture entre adhésion collective comme elle était formulée à l’occasion des premiers congrès et engagement individuel dans une organisation politique nationale et locale. Cette rupture n’est pas évidente dans la Fédération héraultaise du PRRRS et c’est sans doute ainsi que la propagande de l’Anti-France peut être récupéré par certains radicaux-socialistes.

L'utilisation des concepts de l'Anti-France, ferment idéologique ou effet de système ?

Au travers des différents exemples précédents, il est incontestable que l’idéologie de l’Anti-France est présente au sein des débats internes des républicains mais surtout des radicaux-socialistes. Cette présence est-elle la conséquence d’un ferment idéologique ou plus simplement un effet du au système politique héraultais, très particulier notamment dans les citadelles et fiefs radicaux, où la marque « radicale » est nécessaire pour toutes victoires électorales. Un des opposants les plus virulents à la Franc-maçonnerie parmi les parlementaires radicaux-socialistes est sans aucun doute le sénateur Jules Razimbaud, ancien député de la circonscription Béziers-Saint-Pons qui est pourtant considéré par l’administration préfectorale comme faisant « son devoir d’honnête et de probe républicain » 53. Il est très souvent considéré comme l’« antichapelard » le plus acharné. À partir de son exemple, il est caractéristique que pour l’administration préfectorale le couple anti-franc-maçon / antirépublicain n’est pas validé. Celle-ci cherche ailleurs que dans la sphère des idées la raison de cette intense lutte interne. À l’occasion des élections sénatoriales de 1906, une tentative d’explication est donnée 54 :

« Cependant M. Razimbaud sera soutenu par le parti socialiste, non pas au premier tour, s’il est vrai que ce parti doit aussi présenter une liste, mais au deuxième tour il reportera toutes ses voix sur lui, voix qui s’augmenteraient très certainement des voix réactionnaires. Les délégués sénatoriaux réactionnaires en effet ne veulent à aucun prix voter pour les candidats soutenus par le Petit Méridional, journal selon eux “des fiches et des franc-maçons”. Enfin un grand nombre de républicains gouvernementaux, et non des moindres, désireraient beaucoup que l’union des forces républicaines se fasse sur les noms de Déandris, Augé et Razimbaud. Tels sont les bruits qui sont parvenus jusqu’à moi ».

Ce compte-rendu administratif éclaire avec force la situation partisane et électorale de l’Hérault notamment par rapport au principal concurrent électoral du PRRRS, la SFIO. Si lors de son Meeting aux Arènes de Béziers, Jean Jaurès parle devant une foule de 15 000 personnes, son public est composé de socialistes de toutes tendances et d’un bon nombre de radicaux-socialistes opposés à la Franc-maçonnerie 55. La force des candidats socialistes lors des élections suivantes et notamment Marcel Cachin lors des législatives de 1906 56 ou Édouard Barthe lors de celle de 1910 57, est de se présenter entre autres comme des candidats « antichapelards » afin de récupérer les voix des réactionnaires, d’une part mais aussi celles des radicaux-socialistes « anti-chapelard » et bien sûr de l’ensemble des socialistes. Ainsi lors de sa première candidature aux élections législatives en 1910, le candidat socialiste et républicain Édouard Barthe utilise ce ressort comme de nombreux autres, pour être assimilé à un candidat « attrape-tout », face à son adversaire, le sortant radical-socialiste Justin Augé. Cette posture « catch-all » semble être tout autant la règle que la méthode pour les socialistes dans la lutte qu’ils mènent pour mettre à mal l’hégémonie électorale des radicaux-socialistes de l’Hérault à la Belle-Époque. Ils reprochent à la Franc-maçonnerie d’être un syndicat d’intérêts, « Camarades, il importe que par une action soutenue, le parti ouvrier se défende contre le parti chapelard, contre les Moulin et les Dupré qui, parce que franc-maçons, prétendent détenir le monopole de la République, ne visent qu’à assurer pour eux et pour leurs amis, le monopole de ses faveurs » 58. À Narbonne au contraire ce sont les socialistes qui paraissent être les maçons les plus actifs 59. L’opposition à la Franc-maçonnerie n’est donc en rien idéologique mais bien pragmatique en fonction de la place occupée par les partis politiques. L’échec de Marcel Cachin mais la victoire d’Édouard Barthe, quatre ans plus tard indiquent bien qu’il ne s’agit pas d’une règle sûre mais que tout de même elle donne des résultats. C’est sans doute pourquoi ce positionnement est adopté par certains radicaux-socialistes afin de s’affirmer tout aussi bien en interne qu’en externe par rapport à une Fédération départementale fondée autour de Louis Lafferre, franc-maçon aux responsabilités nationales.

Au-delà de la lecture de ce clivage ce qui se joue chez les radicaux-socialistes c’est bien l’affirmation au niveau départemental de la structure parti politique comme organisation sélectionnant ses candidats. Pour le PRRRS, le processus de désignation est relativement simple c’est l’adoption de la candidature lors d’un congrès de circonscription, modélisant bien ce parti en un « parti de militants ». Dès lors les prises de positions antimaçonniques semblent des postures de candidats dans la compétition interne à laquelle se livrent les radicaux-socialistes. Ce clivage comme tout autre d’ailleurs pris à l’idéologie de l’Anti-France semble conjoncturel. C’est sans doute comme cela qu’il faut analyser les cris d’« À bas le Juif » de certains congressistes « saluant » l’investiture de Pierre Masse lors en 1914. Les deux thèmes privilégiés sont parfaitement intégrés par l’opinion publique et les lecteurs « républicains » puisque les candidats les utilisant ne sont pas électoralement pénalisés. Au-delà de la surprise de l’utilisation de cette idéologie par des radicaux-socialistes, c’est son intégration lors des élections externes entre républicains qui interrogent tout à la fois l’approche programmatique des élections mais aussi son aspect clivage partisan et même rôle du parti. Incontestablement, la fédération héraultaise du PRRRS ne remplit pas son rôle lors des investitures. En effet, la plupart des élections mettent au moins en présence deux candidats faisant profession de foi du radicalisme, généralement l’un « chapelard » et l’autre non. Les uns sont reconnus comme des « radicaux-socialistes officiels » et les autres comme des « radicaux-socialistes indépendants » 60. Ce clivage interne semble d’ailleurs disparaître ou de moins s’amenuiser au lendemain de la Grande Guerre comme en témoigne le rapprochement des deux tendances dans l’arrondissement de Saint-Pons :

L’Union c’est la Victoire, affiche, 1919. Archives départementales de l’Hérault, 3 M 2467.
Fig. 1 L’Union c’est la Victoire60, affiche, 1919.
Archives départementales de l’Hérault, 3 M 2467.

Cet exemple d’union sacrée est également observable à Béziers lors des élections municipales de 1919 : “le résultat des élections municipales découle de l’attitude prise par le maire de Béziers, Monsieur Verdier et la fraction républicaine de l’ancien conseil au moment des élections législatives au cours desquelles ils ont patronné ouvertement la liste radicale de Monsieur Lafferre et se sont attirés ainsi l’appui du Parti radical qui les avait combattu jusqu’ici” 62. Les clivages en interne et dans le camp républicain évoluent. Dans l’Entre-deux-guerres, ce n’est plus l’appartenance ou non à la Franc-maçonnerie qui est stigmatisée mais avant tout la perception de l’étranger et le fait d’être « juif ». Ces deux expressions se retrouvent dans tous les partis tant de droite que de gauche. Elle atteindra son paroxysme sous le régime de Vichy où le sénateur radical-socialiste Pierre Masse est « détenu à Paris comme otage en sa qualité de juif » 63. Dès lors ces expressions chez les radicaux-socialistes héraultais à la Belle-Époque sont à considérer avec réserves tant par rapport à l’idéologie qu’ils véhiculent que par l’utilisation qui en est faite. Sont-ils des adeptes de l’idéologie de l’Anti-France ou utilisent-ils celle-ci comme critère de discrimination dans leurs affrontements internes ?

Les affrontements internes du radicalisme héraultais ne sont pas sans doute du seulement aux rivalités des candidats et au personnalisme politique. Ils recouvrent d’autres lignes de clivages. La mise en évidence d’un clivage autour des valeurs de l’Anti-France peut dans un premier temps surprendre et interroger. Mais il faut bien la remettre dans un contexte historique particulier, celui de la Belle-Époque, postérieur de peu à l’Affaire Dreyfus et dans un contexte plus large celui de la IIIe République où la remise en cause de l’étranger 64 côtoie l’affirmation de la puissance coloniale française, définissant une « République raciale » 65. Dans ce large contexte de diffusion des connaissances, il paraît improbable que les radicaux-socialistes héraultais ne fussent pas toucher en plein « moment républicain » 66 par les thématiques de l’Anti-France.

Notes

   1.Ce travail s’inscrit dans une recherche post-doctorale intitulée « Antisémitisme et xénophobie chez les Républicains du Midi méditerranéen (1892-1942) » soutenue pour l’année 2005-2006 par la Fondation de la Mémoire de la Shoah.

   2.Serge Berstein, « Naissance des partis politiques modernes », L’Invention de la démocratie, 1789-1914, (ss. dir.) Serge Berstein et Michel Winock Paris, Seuil (Histoire de la France politique), 2002, 523 p., pp. 415-466. Raymond Huard, « Aboutissements préparés et cristallisations imprévues : la formation des partis », La France de l’Affaire Dreyfus, (ss. dir.) Pierre Birnbaum. Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires), 1994, 594 p., pp. 87-119, La Naissance du parti politique en France. Paris, P.N.F.S.P., 1996, 383 p.

   3.Eric Phélippeau, L’Invention de l’homme politique moderne. Paris, Belin (Socio-histoires), 2002, 367 p.

   4.Fabien Nicolas, « Le Canton : un espace oublie des partis politiques sous la Troisième République ? Étude de l’emprise électorale du Parti républicain radical et radical-socialiste en Biterrois », Le Canton dans la France contemporaine : nature, structure, fonctions, avenir. Actes du colloque organise par le CHRISCO (Rennes II), 21-23 septembre 2006 (a paraitre Presses universitaires de Rennes).

   5.Gerard Baal, Le Parti radical de 1901 à 1914. Paris, Thèse d’État de Lettres Paris I (ss. dir. Maurice Agulhon), 1991, 4 volumes, IV-1742 p., « La Fondation du Parti radical », L’Âge d’or des Républicains (1863-1914), (ss. dir.) Paul Baquiast, Actes du troisième Colloque international de l’A.E.C.P. organise le 6 juin 1999. Paris, L’Harmattan, 2001, 288 p., pp. 113-141.

   6.Fabien Nicolas, Ressources privées et mobilisation politique : la construction du Parti républicain-radical et radical-socialiste Béziers (1901-1939). Montpellier I, Thèse en Science Politique (ss. dir. Paul Allies), 2004, 614 p., Jean Sagnes, « Le Radicalisme héraultais sous la Troisième République », Cahiers d’histoire de l’Institut de recherche marxiste, nouvelle série, 1980, n°1 (35), pp. 65-84.

   7.Jeanne Gaillard, « Gambetta et le radicalisme entre l’élection de Belleville et celle de Marseille en 1869 », Revue Historique, 519, juillet-septembre 1976, pp. 73-88, Jean Garrigues, « De Gambetta à Boulanger : les radicaux face a la république opportuniste », Un Siècle de radicalisme, eds Serge Berstein et Marcel Ruby. Lille, Presses universitaires du Septentrion (Histoire et civilisations), 2004, 287 p., pp. 29-48.

   8.Franck H. Huttington, Popular radicalism and the peasantry in lower Languedoc, 1830-1914. Ann Arbor (Michigan-U.S.A.), Brown University, 1985, IX-482 p.13, Leo A. Loubere, Radicalism in mediterranean France: its rise and decline, 1848-1914. New- York, State University of New-York Press, 1974, XVII-258 p.

   9.Daniel-Louis Seiler, « Logique et structure des rapports Eglise / État en France », Religion et politique, Pole Sud, Revue de Science politique de l’Europe méridionale, n°17, novembre 2002, pp. 45-61.

   10.Jean Sagnes, « L’Idée républicaine en Languedoc de la Révolution au début du XXe siècle : l’exemple de Beziers », Saint- Denis ou le jugement des Rois, (ss. dir.) Roger Bourderon. Saint- Denis, Ed. P.S.D., 1993, pp. 425-435.

   11.Gérard Baal, « La Tradition d’intransigeance républicaine et le refus des ralliements, l’exemple du radicalisme des années 1890 a 1914 », Révolution et République, l’exception française. Actes du colloque de Paris I, 21-26 septembre 1992. Paris, Ed. Kime, 1994, 699 p., pp. 603-616, « Les Radicaux et la République », Révolution et République, l’exception française. op. cit., pp. 636-648.

   12.André Combes, « Maçonnerie et radicalisme de 1830 a 1939 », Cahiers d’histoire du radicalisme, 1985, n°1, pp. 1-30.

   13.Serge Berstein, « Le Parti radical et le problème du centralisme (1870-1930) », Régions et régionalisme en France du XVIIIe siècle à nos jours. Actes du colloque tenu à Strasbourg, le 13 octobre 1973. Paris, Puf, 1977, 595 p., pp. 225-240.

 14.Gérard Baal, Le Parti radical de 1901 a 1914, op. cit., p. 1431-1505

 15.Bertrand Badie et Richard Dubreuil, « Analyse systémique d’une crise : le Front populaire », Revue française de Science Politique, volume XXIV, n°1, janvier-février 1974, pp. 80-112.

 16.Fabien Nicolas, « Fait divers et xénophobie en Midi républicain a la fin du XIXe siècle : connaitre les pics pour appréhender la routine », Recherches Régionales, avril-juin 2006, 47e année, n°182, pp. 70-79.

 17.Pierre Birnbaum (ss. dir.), La France de l’Affaire Dreyfus. Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires), 1994, 594 p., Vincent Duclert, L’Affaire Dreyfus. Paris, La Découverte (Repères, 141), 1994, 126 p., Gérard Baal, « L’Affaire Dreyfus et le Bloc des Gauches », Jean Jaurès, Cahiers trimestriels, 1995, n°138, pp. 91-103.

 18.« Entretien avec Madeleine Rébérioux, Histoire de l’Antisémitisme en France », Regards sur l’actualité, n° sp. « Racisme et antisémitisme », n°305, novembre 2004, pp. 17-33, p. 25 : « Quant a l’antisémitisme de gauche, l’affaire Dreyfus en sonne le glas».

 19.Marc Crapez, « De quand date le Clivage gauche / droite en France ? », Revue française de Science Politique, volume 48, n°1, janvier-février 1998, pp. 42-75.

 20.Ralph Schor, L’Antisémitisme en France pendant les années 30. Paris, Éditions complexes (Questions au XXe siècle), 1992, 381 p., p.48.

 21.Philippe, Secondy, « La Droite extrême » dans l’Herault (1890-1944). Sociologie historique d’une « configuration politique« . Université de Montpellier I, Thèse en Science Politique (ss. dir. Paul Allies), 2001, 726 p., 2 tomes, « Royalisme et innovations partisanes : les « Blancs du Midi » a la fin du XIXe siècle », Revue française de Science politique, vol. 53, n°1, février 2003, pp. 73-99.

 22.Fabien Nicolas (ss. dir), La Grappe au Poing. Les Socialistes en Languedoc méditerranéen. Nîmes, Éditions Champ social, 2007, 122 p.

 23.Janine Bourdin, « Archives et documentation sur les partis a la Fondation nationale des Science Politique », La Gazette des Archives, n° sp. Les archives des partis politiques, n°148, janvier-mars 1990.

 24.Roland Andreani, La Presse quotidienne de Montpellier, des origines à 1944. Toulouse, Thèse de Doctorat-es-lettres d’État, 1989, 1278 P, 3 volumes.

 25.Robert Sauzet, Les Cévennes catholiques. Histoire d’une fidélité XVIe-XXe siècle. Paris, Librairie Perrin, 2002, 416 p., p. 322.

 26.Yolande Fourchard-Gounelle, Religion et politique en France le Gard (1881-1914). Clivages idéologiques et conflits sociaux. Montpellier, Thèse d’Histoire Université Paul Valéry (ss. dir. J. Sagnes), 1997,2 volumes.

 27.Grace Davie, Rignt wing Politics among french Protestants (1900-1944) with special Reference to the Association Sully. Londin, These of London School of Economics, 1975, 323 p.

 28.Gérard Cholvy, « Religion et politique en Languedoc méditerranéen et Roussillon a l’époque contemporaine », Droite et gauche de 1789 a nos jours, Actes du colloque de Montpellier, 9-10 juin 1973 du Centre d’Histoire contemporaine du Languedoc méditerranéen et du Roussillon. Montpellier, Presses de l’Université Paul Valery, 1975, 377 p., pp. 33-74.

 29.Jean Bauberot, « L’Anti protestantisme politique a la fin du XIXe siècle », Revue d’histoire et de philosophie religieuse, 1972, 4, pp. 449-484 et 1973, 2, pp. 177-221, Jean Bauberot et Valentine Zuber, Une Haine oubliée. L’anti protestantisme avant le « pacte laïque » (1870-1905). Paris, Albin Michel (Sciences des religions), 2000, 334 p., Michele Sacquin, Entre Bossuet et Maurras. L’anti protestantisme en France de 1814 a 1870. Paris, Librairie Champion (Mémoires et documents de l’École des Chartes, 54), 1998, 526 p.

 30.Yolande Fourchard-Gounelle, « Au Service de l’idéologie radicale : Paul Menard-Dorian, député républicain en Languedoc », La République en Languedoc et Roussillon, 1792-1958. Nîmes, Ed. Société d’Histoire moderne et contemporaine de Nîmes et du Gard, 1993, pp. 102-113.

 31.Stéphane Courtois, « Les Partis politiques et la question de l’immigration », Italiens et Espagnols en France, 1938-1946. Colloque international de Paris, organise par le C.N.R.S. les 28-29 novembre 1991. Paris, I.H.T.P. ed., 1992, 614 p., pp. 197-214.

 32.Laurent Dornel, La France hostile : sociohistoire de la xénophobie (1870-1914). Paris, Hachette, 2004, 361 p.

 33.Fabien Nicolas, « Fait divers et xénophobie en Midi républicain, op. cit.

 34.Roland Andréani, Armée et nation en Languedoc méditerranéen, 1905-1914. Montpellier, Thèse de l’Université, 1974, 459 p., p. 375.

 35.Le Petit Méridional, 23 septembre 1908.

 36.Guy Thuiller, « Un Anarchiste positiviste Georges Vacher de Lapouge », L’Idée de race dans la pensée politique française contemporaine. Paris, Éditions du CNRS, 1977, pp. 48-65.

 37.Archives départementales de l’Hérault, 3 M 1230, 3 M 1232, 3 M 1233 Élections législatives 1914.

 38.Petit Méridional, 3 avril 1914.

 39.Olivier Dedieu, « Jules Moch, député de Sète, un parachutage en terre languedocienne », Midi rouge, Bulletin de l’association Maitron Languedoc-Roussillon, n°9, juillet 2007, pp. 23-30.

 40.Bruno Clemenceau, « La République, c’est la franc-maçonnerie ou la République vue par les écrivains anti maçons français (1880-1914)« , Journée d’études du 2 septembre 1999 organise par le Centre d’Histoire de l’Université Montaigne-Bordeaux III, 10 p.

 41.Mildred J. Headings, La Franc-maçonnerie française sous la République (trad. de l’américain Marie-Thérèse Gravier). Paris, Ed. du Rocher, 1998, 253 p., Madeleine Reberioux, « Les Francs-Maçons et la République », Cent cinquante ans de Franc-maçonnerie en France (1789-1940), Les Rencontres de Béziers, 15 juin 1991, (ss. dir.) Jean Sagnes. Béziers, Édité par la Municipalité, 1992, 87 p., pp. 37-46.

 42.André Combes, -« La Franc-maçonnerie, ciment des forces de gauche, 1898-1918 », Histoire des franc-maçons en France de 1815 à nos jours, (ss. dir. Daniel Ligou). Toulouse, Privat, 2000, 254 p., pp. 99-112., « Radicalisme et franc-maçonnerie », Un Siècle de radicalisme, eds Serge Berstein et Marcel Ruby. Lille, Presses universitaires du Septentrion (Histoire et civilisations), 2004, 287 p., pp. 71-84.

 43.Georges Lachapelle, « Politique d’arrondissement dans le Midi » Le Télégramme, 7 mars 1914.

 44.Fabien Nicolas, « Entre aliénation et domination : les rapports presse-parti dans la construction de l’hégémonie radical-socialiste Béziers sous la IIIe République », Communication a la journée d’étude Le Journalisme en démocratie : on contre-pouvoir imaginaire ?, organisée par le Laboratoire Théorie politique et rapports sociaux de l’Université de Paris VIII, le 22 septembre 2006

 45.A.D.H., 3. M. 1233, Notes du cabinet du Préfet de l’Hérault, circonscription de Béziers, Élections législatives de 1914, non datée.

 46.A.D.H., 3 M. 1233, Rapport confidentiel du Sous-Préfet de Saint-Pons au Préfet de l’Hérault, 19 septembre 1913.

 47.L’Éclair, 1er mai 1905.

 48.Le Télégramme, 24 avril 1910.

 49.Le Petit Méridional, 17 mars 1910.

 50.Fabien Nicolas, Ressources privées et mobilisation politique : la construction du Parti républicain-radical, op. cit.

 51.Jean Sagnes, « Le Radicalisme héraultais sous la Troisième République », op. cit., p. 68.

 52.Gérard Baal, Le Parti radical de 1901 a 1914, op. cit., p. 94.

 53.A.D.H. 3 M. 1688, Lettre du Sous-Préfet de Saint-Pons au Préfet de l’Hérault, 27 avril 1907.

 54.A.D.H., 3 M. 1304, Rapport du Commissaire spécial de Montpellier a Monsieur le Préfet de l’Hérault, 24 octobre 1905.

 55.Olivier Dedieu, « Les Ambivalences », La Grappe au Poing. Les Socialistes en Languedoc méditerranéen, op. cit.

 56.Jean Sagnes, « Gauche marxiste et gauche jacobine en Biterrois travers les campagnes de Marcel Cachin et Louis Lafferre en 1906 », Droite et gauche de 1789 à nos jours, Actes du colloque de Montpellier, 9-10 juin 1973 du Centre d’Histoire contemporaine du Languedoc méditerranéen et du Roussillon. Montpellier, Presses de l’Université Paul Valery, 1975, 377 p., pp. 235-253.

 57.Paul Allies, « Les Élections législatives du 24 avril 1910 dans la circonscription de Pézenas-Bedarieux. Changements politiques et continuité notabiliaire », Études sur Pézenas et l’Hérault, XI, 1980, 4, pp. 29-41.

 58.« Contre Dupre, contre la Petite Chapelle », Le Populaire du Midi, 30 juillet 1913.

 59.Jean Sagnes, « Franc-maçonnerie et politique en Bas-Languedoc », Cent cinquante ans de Franc-maçonnerie en France (1789-1940), Les Rencontres de Béziers, 15 juin 1991, (ss. dir.) Jean Sagnes. Béziers, Édité par la Municipalité, 1992,87 p., pp. 47-56, p. 51.

 60.Jean Sagnes, « Les Radicaux de Montpellier au début du XXe siècle », Annales du Midi, tome 141, janvier-mars 1979, n°1, pp. 72-94.

 61.A.D.H. 3 M 2467, Lettre du Sous-Préfet de Saint-Pons à Monsieur le Préfet de l’Hérault, 22 novembre 1919.

 62.A.D.H. 3 M 2467, Mutations intervenues dans le personnel municipal, élection du 30 novembre 1919.

 63.A.D.H., 172 W 30, Rapport d’activités, op. cit., « Pierre Masse, garde une assez grande influence dans le département et resté très populaire dans la masse des électeurs ».

 64.Ralph Schor, L’Opinion française et les étrangers en France 1919-1939, Paris, Publications de la Sorbonne, 1985.

 65.Emmanuelle Sibeud, Une Science impériale pour l’Afrique, Paris, Éditions de I’EHESS, 2002. Voir également sur ce point Carole Reynaud-Paligot, La République raciale, 1860-1920, Paris, P.U.F., 2006 et Races, racisme et antiracisme dans les années 1930, Paris, P.U.F., 2007.

 66.Jean-Fabien Spitz, Le Moment républicain en France, Paris, Gallimard NR.F., 2005.