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Un microcosme de la société montpelliéraine :
la confrérie des pénitents bleus de Montpellier

Un microcosme de la société montpelliéraine : la confrérie des pénitents bleus de Montpellier
La confrérie des pénitents bleus de Montpellier

A une époque où les associations de tous types jouent un rôle très actif, on oublie souvent que les seuls groupes autorisés à se constituer sous l’Ancien Régime étaient à vocation religieuse. Parmi eux, les confréries de pénitents sont les plus connus. Leurs activités, parmi lesquelles dominent les processions, les relations qui s’établissent entre les membres, faites d’une assistance mutuelle et d’une forte hiérarchisation des rapports, sont autant d’objets qui nous éclairent sur la société d’Ancien Régime. L’étude de la confrérie des pénitents bleus de Montpellier, groupe bien plus récent que les confrères blancs, permet de se faire une idée de la composition sociale d’une jeune confrérie à l’aube de la Révolution, mais aussi des problèmes matériels et spirituels que les pénitents se posent quotidiennement. Elle nous éclaire aussi sur le fonctionnement d’une organisation qui comprend plus de 900 membres.

Lors de sa constitution en 1746 la compagnie des pénitents bleus se revendique l’héritière d’anciens groupes de religieux laïcs comme la confrérie Saint Claude. Quelles sont les étapes de la naissance et du développement des diverses compagnies qui précèdent les pénitents bleus de Montpellier ?

C’est du côté de la confrérie hospitalière Saint Barthélémy que l’on peut trouver des traces du groupe originel. J. Delalain révèle que l’hôpital Saint Barthélémy était contigu au « cimetière du même nom », né au XIème siècle, « sous l’épiscopat d’Arnaud » (1030-1060). Ailleurs, P. Gariel affirme que le cimetière serait rapidement devenu l’« un des plus grands que l’on pût voir ». La présence d’un hôpital ajoute un atout indéniable au succès du cimetière, qui a un rayonnement rapidement plus grand que lui. Comme il va de soi, une église fut bâtie en ce lieu pour le service divin du cimetière. Il s’agirait, selon Delalain, de l’église Saint-Barthélemy, construite du vivant même d’Arnaud Ier. Dans cette chapelle, une seconde confrérie dédiée à « Notre Dame du Charnier et Saint Claude » fait bientôt ses offices. A une date inconnue, la confrérie hospitalière Saint Barthélémy et cette nouvelle venue fusionnent. Quand cette union a-t-elle eu lieu ? Les sources, détruites lors des guerres de religion, ne permettent pas de le savoir.

Les signes véritablement concrets du développement du « domaine Saint-Barthélemy » sont visibles à la fin du XVe siècle, avec la construction d’une nouvelle église en son sein et la rédaction de nouveaux statuts concernant la confrérie de Saint Claude qui résulte de cette union. Ainsi, à partir de 1481, le domaine abrite un nouvel édifice, « construit à l’extrémité du cimetière ». Il s’agit de l’Église Notre-Dame du Charnier et de Saint-Claude, ce dernier étant déjà honoré dans une des chapelles de l’église Saint-Barthélemy. La Notice de 1822 prétend que la précédente chapelle était devenue trop petite “à cause du concours des fidèles”. En 1483, l’apparition des premiers statuts montre la reconnaissance officielle de la confrérie St Claude. Dès lors, les legs à l’origine de la construction de l’église s’intensifient.

En 1561, les événements qui se déroulent lors de la première guerre de religion entraînent la destruction du domaine Saint Barthélémy. L’église Notre-Dame du Charnier est « dévastée et dépouillée en entier de manière à y rendre tout exercice religieux impossible ». Mais, vers 1600, l’Édit de Nantes permet le libre exercice du culte catholique et la renaissance de la confrérie. Après un séjour dans l’église de la Canourgue, en 1601, puis au couvent des Cordeliers, en 1607, les confrères font construire en 1612 une chapelle dans l’église Saint-Paul, alors occupée par les Trinitaires.

Les suites du « Harlan » de 1621 sont dramatiques pour la compagnie. L’église Saint-Paul « fut détruite comme tant d’autres et les confrères se trouvèrent de nouveau sans asile religieux ». Quant au domaine Saint-Barthélemy, qu’ils souhaitaient toujours réintégrer, ses ruines désertes furent démolies et les pierres furent transportées autour de la ville pour y construire des bastions.

En 1663, la confrérie, accoutumée à cohabiter avec des religieux, se donne l’occasion de rentrer chez elle. Dans un contexte de réimplantation des ordres religieux à Montpellier, l’évêque François Bosquet (1655-1676) fait venir les carmes déchaussés à Montpellier. La question du terrain se posant, l’évêque pense à l’ancien domaine Saint-Barthélemy. Ce domaine abandonné était l’objet d’abus de la part de ses voisins. Les confrères acceptent, à condition que ces derniers soient tenus de servir les fondations attachées au cimetière et d’y laisser ensevelir ceux dont les familles y avaient déjà des sépultures. En retour, les confrères se réservent une chapelle dans la future église des religieux. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2003

Nombre de pages

12

Auteur(s)

Guilhem SECONDY

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf