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Description

Un Groupe Franc de Combat durant la Seconde Guerre mondiale

* Historien
** Directeur de recherche (er) CNRS, 34jcr@orange.fr

Dans le cadre de nos recherches sur la période de 1939-1945 et au cours d’entretiens, il nous a été remis un document, pour exploitation et avec autorisation de le publier, comme un témoignage pour l’histoire. Ces six pages dactylographiées ont été écrites en août 1955 par quatre des acteurs du Groupe Franc de Combat de Sète, qui ont voulu leur conférer un caractère solennel en les faisant valider par la gendarmerie de Sète.

François Chafes qui nous a remis la copie de ce récit, vient en quelque sorte ajouter sa signature à celles de ses camarades de Combat. Aujourd’hui, à 89 ans, il continue de témoigner dans les collèges et les lycées pour que sa parole ajoute la touche humaine indispensable à la véracité des écrits.

Ce document offre, avec ces témoignages, un point de vue de l’intérieur sur l’activité et les difficultés du Groupe Franc. Il est ici intégralement transcrit depuis l’original dactylographié.

Historique du « Groupe Franc de Combat » de Sète

« L’on peut dire quinze ans après que c’est spontanément que le Mouvement « Combat » s’est constitué à SETE. A l’origine se sont des jeunes qui se sont réunis, un peu par esprit de fronde contre le gouvernement du vieillard de Vichy, qui ne sera jamais que subi. Leur action n’est encore ni cohérente, ni bien organisée. Mais un point est déjà dégagé : ces jeunes, dans leur patriotisme sincère, n’acceptent ni la défaite temporaire, ni le régime asservi de Vichy. La vraie France est celle qui résiste ! Son seul chef : le Général de Gaulle !

En 1941, un petit noyau existe déjà. Maurice Roche, André Portes et Jean-Marie Barrat ont groupé autour d’eux des camarades d’étude ou de travail, leur âge moyen varie de 17 à 21 ans. Grâce à eux les mots d’ordre anti-gouvernementaux circulent dans la jeunesse sétoise. Le jour de la  fête de Jeanne d’Arc une manifestation est organisée à dix-sept heures, rue Alsace-Lorraine. A l’heure dite, une foule dense, qui a été avertie se presse, la boutonnière fleurie de tricolore ou du bleuet. M. Roche, J.-M Barrat, Maurice et Roger Fournier sont appréhendés par la police. Les deux premiers seront condamnés à une amende par le Tribunal de Montpellier.

Le Mouvement « Combat » est réellement né ce jour là. Il comprend une cinquantaine de jeunes, groupés par quartier et dirigés par M. Roche et ses deux adjoints Porte et Barrat. Sa principale activité est la diffusion des tracts et journaux clandestins, et cette activité et cet état d’esprit prépareront aux taches futures. Les journaux, après avoir été réceptionnés par Roche, sont entreposés chez ses seconds, qui convoquent les responsables de quartier la veille de la date prévue pour la distribution, et chacun emporte sa part. Le jour dit, tous les membres de l’organisation se répandent en ville, vers vingt et une heures, par groupes de deux à six, dans un secteur bien déterminé. Et le lendemain, nombre de nos concitoyens trouvent dans leur boite aux lettres la parole de la vraie France, celle qui espère et combat. Colère des partisans de « l’ordre nouveau ». Sourire des autres.

A l’usage il apparaît que l’organisation existante correspond mal à la situation, et surtout aux tâches militaires futures, qui nécessitent un cloisonnement plus strict et une discipline plus sévère. Il faut également se débarrasser des tièdes et des amateurs. En Février 1942, Molinier, Cauvet, Bouzat et Jacques Renouvin, Chef national, prennent contact à Montpellier, avec M. Roche, en vue de constituer un « Groupe-Franc de Combat » à Sète. Les éléments en seront choisis parmi les jeunes plus ou moins affiliés à l’organisation primitive […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

5

Auteur(s)

Jacques BLIN, Jean-Claude RICHARD RALITE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf