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2.00

Description

Tentures et décors en cuirs dorés conservés en Région Languedoc-Roussillon

* Diplômé d’Etudes Supérieures de l’Ecole du Louvre.

Les cuirs dorés – les célèbres « cuirs de Cordoue » – ont été jadis à la mode dans toute l’Europe, surtout du XVIe au XVIIIe siècle. Ils étaient surtout destinés à faire des décors muraux pour orner les plus riches demeures mais on les a aussi utilisés à d’autres fins ; dans le domaine religieux notamment on en faisait volontiers des devants d’autel. Les inventaires du XVIIe et du XVIIIe siècle témoignent de l’existence de tels décors en Languedoc-Roussillon. Ainsi l’inventaire du mobilier du château de Servas (aujourd’hui dans le Gard), établi le 31 mai 1704 à la suite d’un violent sinistre, mentionne une salle estant tapissée d’un fort beau cuir doré… Jean Nougaret, en 1981, a rapporté plusieurs autres exemples : A Narbonne François Daudric possédait en 1613 neuf pièces de goudoumacin en cuyr d’Espaigne doré et argenté ; à Monpellier en 1622 la demeure de M. de Vallancay contenait au premier cabinet de Monsieur une tante de tapisserie de cuir doré ; en 1675 on trouve mention dans les archives du château de Coussergues, près de Béziers, d’une tapisserie de cuir doré dholande rellevé en bosse… ; au palais épiscopal de Béziers existait en 1702 dans le passage de la chapelle… une vieille tapisserie de cuir doré en quatre pièces ; à la Grange-des-Prés à Pézenas existaient dix pièces de tapisseries de cuir marquées aux armes du duc de Montmorency ; il y avait aussi à Aniane (aujourd’hui dans l’Hérault) en 1754 un cuir… tout déchiré et un autre en grisailhe avec les bordures dorées. En fait, au XVIIe siècle, la plupart des grandes demeures des provinces françaises étaient dotées de semblables ornements.

Avec le temps la plupart de ces décors ont disparu. Quelques-uns d’entre eux cependant ont été conservés et ornent toujours l’intérieur d’édifices publics ou d’habitations privées.

Dans la Région Languedoc-Roussillon plusieurs tentures et décors divers en cuir doré peuvent encore être observés. Leur relative rareté justifie de les présenter et de formuler quelques commentaires pour les replacer dans leur contexte originel.

Présentations des objets

1. Les tentures murales (Elles sont toutes localisées en Languedoc).

a) Tenture murale n° 1 (Collection particulière)

Un panneau de cuir doré, entouré d’un cadre en bois peint, décore une chambre à coucher. Il mesure 2,24 m. de haut et 2,00 m. de large. Il est constitué de vingt carreaux disposés en quatre rangées superposées. Chaque carreau mesure 0,57 m. sur 0,40 m. Le décor, en fort relief, est polychrome sur un fond doré plat. L’unité décorative de base s’exprime sur deux carreaux complémentaires et se compose de grosses fleurs et de gerbes de feuillage symétriquement disposées. Ici où là des représentations d’oiseaux agrémentent l’ensemble.

Les principaux motifs sont rehaussés de rouge et de vert foncé. Le panneau est en bon état de conservation ; il provient d’une tenture qui a été déposée et dont le surplus est conservé dans les réserves de la demeure.

Le décor représenté et sa facture – notamment la façon de représenter les fleurs – permettent de conclure qu’il s’agit de cuir doré français de la seconde moitié du XVIIe siècle, originaire de la vallée du Rhône, vraisemblablement d’Avignon, mais l’atelier ne peut en être précisé.

Un décor identique peut être observé sur la tenture murale qui orne la salle à manger d’un petit château en Auvergne, sur un des deux devants d’autel de l’église de La-Chaux-des-Crotenay (Jura) et sur le devant d’autel de la chapelle Notre-Dame-de-Vie du hameau de Pré-Plan à Saint-Sorlin-d’Arves (Savoie). […]

Informations complémentaires

Année de publication

2006

Nombre de pages

25

Auteur(s)

Jean-Pierre FOURNET

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf