Protestants du Midi
Protestants du Midi
La revue Études sur l’Hérault souhaite compléter son numéro consacré à la publication des Actes de la journée d’histoire moderne de l’Université de Montpellier III, consacré à la notion de Sud et histoire moderne, par une évocation des protestants du Midi, manière comme une autre de commémorer la révocation de l’édit de Nantes d’Octobre 1685.
M. Poton, agrégé d’histoire, a constitué une bibliographie de recherche, que l’on pourra lire à la fin de cet article. Il faut entendre par là une liste de livres et d’articles la plus complète possible, établie d’après les méthodes bibliographiques, destinée à rendre compte de toutes les publications sur un sujet. Le point de départ choisi a été l’année 1970 – de peu, antérieur au bilan consacré à l’historiographie de la réforme à l’Université d’Aix en 1972 1. Le point d’arrivée est 1985. Le domaine géographique couvert par l’enquête est le Bas-Languedoc de l’époque moderne, c’est-à-dire la généralité de Montpellier, les départements actuels des Pyrénées Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard, de la Lozère, de la Haute Loire et de l’Ardèche.
En ce qui me concerne, je me suis efforcé de poser le problème des protestants du Midi de la manière dont, naguère, le doyen Jacques Godechot l’a posé dans la préface de la thèse de Janine Garrisson-Estebe, les Protestants du Midi, sujet capital, car il n’est pas excessif de dire que l’histoire du Midi de la France est liée à celle du protestantisme 2.
Le problème évoqué revient à l’éternelle question posée par l’histoire, est-elle générale et universelle, particulière et locale, et surtout le général et universel vient-il de l’accumulation des histoires particulières et locales. En d’autres termes, dans l’histoire du protestantisme, histoire générale et universelle, y a-t-il une histoire particulière des protestants installés au sud de la France ?
Faut-il présenter le titre de cette chronique avec un point d’exclamation, un point d’interrogation ou un point tout court ?
A en juger par l’actualité récente, protestants du Midi devait être suivi d’un point d’exclamation, largement justifié par deux émissions de télévision : sur A 2, Les Prisonnières, sur FR 3 Les prisonnières d’Aigues Mortes. Le protestantisme c’est la résistance des protestants du Sud à la pression de l’État et des dragons après 1685. Il y a quelques années, une autre émission de télévision avait présenté les Camisards, la résistance armée sans espoir à une occupation militaire. Le théâtre contemporain avec ses compagnies apportait aussi son lot de pièces sur le midi huguenot – le « sobriquet mystérieux » – la Griffe du Lion de Guy Vassal, le théâtre sacré des Cévennes. Le courant déjà ancien des romanciers, J.-P. Chabrol, M. Carrière et surtout André Chamson, coulait dans le même sens. Protestants du Midi doit être suivi d’un point d’exclamation.
L’actualité – la commémoration du tricentenaire de la révocation de l’édit de Nantes -, jette un coup de projecteur sur le groupe protestants, mais, dans la majorité des livres, il s’agit des protestants de France et la part du Midi est très chichement mesurée, même chez l’auteur des Protestants du Midi qui, dans son livre sur la Révocation de l’édit de Nantes 3 évoque page 15 l’état fédéral et communal, indépendant et sudiste », page 28. « Ces protestants qui forment une majorité dans les régions du midi ». L’auteur montre que les protestants français sont entraînés dans la tourmente des guerres de religion qui ne s’achèvent qu’en 1629 tout en laissant presque intact le « croissant protestant du midi dont les cornes sont à La Rochelle et à Lyon » et dont le cœur est la Cévenne. C’est au plus profond de la Cévenne que dès 1683 les protestants – majorité en ce lieu, minorité dans la province et dans le royaume – décident de résister aux ordres de Louis XIV, au besoin par les armes. Isaac Chomel à Tournon en Octobre 1683, Antoine Charrier à Montélimar en Septembre 1683, pris et jugés, meurent sur la roue. Sur près de 300 pages, une dizaine consacrée au protestant du Midi par le spécialiste de la question. Il en est de même dans les autres ouvrages parus cette année 4. Protestants du midi doit être suivi d’un point d’interrogation.
L’historien d’ailleurs est toujours plus tenté par le point d’interrogation que par le point d’exclamation. Depuis que Lord Acton a dit que l’histoire consistait à poser des problèmes, l’historien a créé la problématique, la science du problème, tant et si bien qu’à force de poser des problèmes j’ai un peu peur qu’on ne sache plus que mettre des points d’interrogation sans savoir apporter des solutions. Ni point d’exclamation, ni point d’interrogation ; restait la solution du point tout court qui ne fait que ponctuer la fin d’une proposition.
Un historien se situe dans le temps : il analyse une situation réalisée avant lui ; entre son temps et le moment historique s’interpose d’autres historiens ce qui amène à la nécessité d’entamer toute recherche par ce que j’appellerai volontiers la critique historiographique ; montrer comment les historiens ont, chacun à leur époque, construit leur propre histoire. Cette critique historiographique a fait l’objet d’un colloque à Aix en 1972 et un livre de Philippe Joutard permet de l’établir en posant des bases solides. La critique historiographique nous apprend qu’il y a un protestant du midi et surtout un protestant Cévenol 5.
Ceci dit comment en est on arrivé à cette conscience exprimée d’identité d’un protestant méridional distinct des autres protestants ?
Le premier point à examiner est celui des origines 6. Le fond historique général est la France où devant les manifestations d’un esprit de réforme de l’église au contact des idées répandues par Luther, Zwingli, Capiton, Bucer, Farel, Calvin,… en Saxe, à Zurich, à Strasbourg, dans le pays de Vaud, à Genève,… l’état français se durcit et met en place une législation d’obligation religieuse catholique 7. C’est durant cette période – la répression de l’hérésie Vaudoise est de 1545 8 – que par une rupture volontaire avec l’église établie, malgré la menace de la répression judiciaire – des hommes choisissent la nouvelle religion.
A Vebron, par exemple, trois séries de causes expliquent l’apparition « d’une communauté dominée par les protestants » 9. L’économie traditionnelle unit un terroir à faible capacité céréalière, des troupeaux transhumants, une ressource inespérée : la châtaigne, et des ressources d’appoint recherchées dans la transformation industrielle d’un produit brut, spécialement textile. Resterait à comparer les Cévennes à d’autres régions protestantes : Normandie, Aunis, Saintonge, Poitou pour évaluer l’influence des facteurs sociaux et économiques. Cette économie, dont une partie est monétaire, implique le marché, les échanges, le transport et l’habitude des contacts lointains le courant d’échanges – à étudier – porte en partie vers Lyon, la Suisse, l’Allemagne.
« Les nobles ont joué certainement un très grand rôle dans la propagation des idées religieuses » indique l’auteur comme seconde cause. De fait, la répression reposait pour beaucoup sur les justices pénales proches du lieu du crime. Que peuvent les parlementaires toulousains sur l’habitant de Vebron ? Une répression efficace ne pouvait se fonder que sur la justice locale du seigneur haut justicier, ou sur celle du baillage-sénéchal proche, ou encore du présidial tout neuf. Si l’organe répressif fait défaut il n’y a pas de répression et si l’organe répressif change de camp c’est le triomphe assuré pour son parti. L’attitude de la noblesse cévenole devient alors déterminante, sinon dans l’adhésion à la réforme du moins dans la non répression. J’ajouterai que les limites du Languedoc des États me paraissent correspondre – le cas de Montauban mis à part -, assez bien aux zones de forte implantation protestante ce qui à tout prendre inciterait à examiner de plus près l’action des États d’une part et celle des gouverneurs – les Montmorency – d’autre part.
La troisième cause est recherchée par Robert Poujol du côté des institutions féodales : les fiefs de l’évêque de Mende restent catholiques. On peut élargir le propos à l’influence des structures féodales, pas si mortes au XVIe siècle qu’on le dit habituellement : le seigneur naturel peut entraîner ses vassaux. Les Rois de Navarre, qui n’ont plus que le Béarn pour toute base royale, ont des fiefs en Rouergue, Gévaudan, Cévennes. Le rayonnement des Béarnais s’étend sur tout le midi. Aux Reines de Navarre, Marguerite, Jeanne, Marguerite encore, répond, à l’Est du Languedoc, Renée de France, duchesse douairière de Ferrare.
Le processus peut être lié de façon plus large aux institutions religieuses en place à l’époque et, à la qualité du clergé en place appelé à s’opposer à l’innovation. L’implantation des grandes seigneuries ecclésiastiques des évêchés ou des abbayes peut expliquer le passage à la réforme, ainsi que la fuite souvent précoce de l’encadrement ecclésiastique. On me permettra de souligner que l’installation de la réforme met en cause un quatrième facteur, non présenté comme facteur par R. Poujol, mais bien mis en évidence par lui pour Vébron « la conversion s’opère par délibération collective sur la place publique ».
Il faut prendre en compte la permanence de la communauté villageoise méridionale organisée politiquement pour gérer ses propres affaires. La recherche doit être menée sous l’angle comparatif avec d’autres communautés situées dans une autre zone méridionale.
Passer de Vebron, à Pignan 10 et au dix villages, dix visages 11 ne changent que peu les circonstances d’adhésion au protestantisme. A Marsillargues, les mêmes circonstances jouent leur rôle 12. Deux seigneurs un laïc, un ecclésiastique – l’abbé de Psalmodi – desquels la commune s’émancipe ; une communauté de près de 3 000 habitants avec une société diversifiée. A Marsillargues s’ajoute encore un autre facteur : l’arrivée d’un pasteur venant de Genève ; à la suite de sa prédication l’église est dressée. Le consistoire réclame un pasteur le 2 Avril 1561 dans une requête adressée à Genève rédigée « en un style curieux où les psaumes irriguent un français à peine dégagé de l’occitan… un langage propre à la huguenoterie méridionale ».
L’ensemble de l’histoire de cette période est couvert par l’ouvrage de J. Garrisson, Les protestants du Midi (1559-1598) 13 qui a étudié les origines « d’un fait permanent, le croissant protestant du midi avec les cornes à Lyon et à la Rochelle », a lu les registres du consistoire rédigés « toujours en français même si la délibération est en occitan » dont les pages apparaissent comme les sentences de « tribunal de mœurs ». Elle a suivi la mise en place du personnel pastoral et réuni des informations sur près de 600 pasteurs méridionaux : recrutés ou un synode provincial, ayant reçu l’imposition des mains d’un ministre. D’après l’auteur déjà apparaitrait « dans les provinces unies du Midi » une forte originalité protestante se reconnaissant dans l’organisation politique une hiérarchie d’assemblées politiques partant de la communauté d’habitants pour culminer dans des États généraux. Ce type d’organisation rappelle, dans le domaine politique, l’organisation religieuse du système presbytero-synodal. Ces institutions, en Languedoc notamment, doublent l’organisation traditionnelle des États et du gouverneur. La position politique du gouverneur Montmorency-Damville est claire : il se fait le champion de l’union et par conséquent maintient partout les institutions existantes qui agissent sur le plan politique et laissent de côté l’exaspération des oppositions religieuses. La IIIe partie : Changer l’homme aide à mieux dégager l’identité d’un protestant du midi c’est-à-dire d’un protestant non inquiété pour sa foi entre 1574 et 1598 puisqu’il la vit à l’intérieur d’une province protégée par les armées protestantes, au cœur du dispositif. Le culte familial peut se développer selon le précepte de Calvin rappelé par l’auteur : « chaque famille particulière doit être une petite église particulière ». En famille on lit la Bible et l’on chante les psaumes. Ce culte familial s’accorde bien de l’anti cléricalisme foncier des pays d’oc » et mal de son corollaire « les contraintes ecclésiastiques » avec la « présence obligatoire au prêche », le dimanche et le mercredi suivi, le dimanche, d’une instruction catéchistique. Les quatre Cènes, plus spécialement celle de Pâques, sont très surveillées par les Consistoires et les pasteurs. « Le protestant a acquis la certitude tranquille d’être un élu », il forge sa certitude dans la lutte pour que progresse la vraie religion et l’évangile…, il combat le péché et dans cette guerre Dieu est à son côté ». Les Consistoires « ordonnent la vie quotidienne » et les protestants vivent selon l’ordre divin », car « les consistoires ne s’embarrassent pas d’explication pédagogique et se bornent à faire respecter les interdits ». Repris par l’auteur dans L’homme protestant ces marques d’identité protestante apparaissent très nettement dans le sud du royaume, là où les protestants sont, selon les lieux, fortement majoritaires, à égalité, voire faiblement minoritaires.
Alors commence pour les protestants du midi, dans le régime de l’Édit de Nantes, une période de confrontation avec les catholiques eux-mêmes en pleine réforme. La marque la plus patente de ces oppositions est l’abondance des controverses ces combats singuliers entre deux Héraults, aux règles contractuelles soigneusement définies, avec le combat, aux enjeux précisés, quelquefois la conversion des combattants vaincus, quelquefois même celle de leurs fidèles. Partis d’Avignon les spécialistes de la controverse catholique parcourent le Languedoc à la recherche des adversaires et ils les trouvent souvent, tel ce dominicain Michaelis qu’oppose une longue controverse au pasteur de Montpellier Jean Gigord 14.
Les évêques participent très largement à la réforme catholique dans les 22 diocèses du Languedoc des États et surtout organisent la contre-réforme, tant à l’échelle du royaume dans les réunions périodiques des Assemblées du Clergé 15 qu’à l’échelle de la province ecclésiastique dans des conciles provinciaux qu’à l’échelle du diocèse par une action multiforme. Grâce à Robert Sauzet, il est possible de suivre la « Contre Réforme et la réforme catholique en Bas Languedoc au XVIIIe siècle 16 à partir du diocèse de Nîmes. On y voit comment sous l’impulsion des évêques se reconstruisent les églises, s’enseigne le catéchisme catholique, se rétablissent les curés dans les paroisses. On voit aussi comment sous le régime de l’Édit de Nantes peu à peu les libertés se trouvent réduites et grignotées par ce que l’on a convenu d’appeler « l’application à la rigueur ». Pourtant dans le diocèse de Nîmes, pas encore amputé d’Alès, il demeure à ces protestants du midi assez de force pour que R. Sauzet appelle un chapitre : « Vitalité du protestantisme ». Les catholiques grâce à l’Édit de Nantes pénètrent les consulats, les collèges, accueillent les missions des jésuites, des capucins, des doctrinaires, provoquent quelques abjurations. Mais, majoritaires souvent, cas unique dans le royaume sans doute, les protestants conservent une vitalité spirituelle, sociale, politique et économique » 17.
Dans les consulats mi parties les protestants qui constituent souvent la majorité des électeurs élisent pour consul un catholique absent ou un non résident si bien que le pouvoir reste aux consuls présents et résidents qui s’avèrent être protestants. Ailleurs, ils élisent « le plus faible… fantôme et prête-nom des protestants comme l’écrit Mgr. Cohon, évêque de Nîmes, à propos d’Aigues Vives où il y avait 4 catholiques pour 900 protestants 18. Ailleurs, les femmes s’en prennent aux missionnaires, les chassent des villages 19. La vitalité protestante se marque aussi dans la construction des temples, plus de soixante précise R. Sauzet, cette construction qui est en contravention directe avec les clauses de l’Édit de Nantes, ce que montre l’enquête de 1663 durant laquelle une commission mi-partie constate que dans le diocèse de Nîmes, 40 temples n’ont aucun titre et 44 « des titres discutables ». Le « petit peuple protestant » nîmois a l’habitude de l’émeute qui fait peur aux catholiques qui craignent une nouvelle Michaelade. Émeute à propos d’un élève des jésuites qui veut échapper à ses tuteurs protestants en se réfugiant au palais épiscopal : le palais épiscopal est forcé, pillé, trois serviteurs de l’évêque sont massacrés ; pendant plus d’un an le chapitre cathédral reste à Beaucaire (31 Août 1650). Emeute en 1653, des compagnies armées se forment pour empêcher l’exécution des interdictions de culte en Vivarais. Émeutes qui se succèdent en 1657 pendant la période électorale car les catholiques zélés veulent s’emparer du consulat. L’arrivée de l’évêque Cohon ; le dimanche 30 Décembre 1657 déclenche une émeute qui provoque une nouvelle fois la fuite des catholiques vers Beaucaire. Il faut des négociations longues et difficiles pour parvenir à l’accord de Tarascon (11 Février 1658) qui, entre autre, accorde l’amnistie aux émeutiers. Le résultat de cette vitalité protestante est de provoquer « le fiasco de la reconquête catholique » en effet, dans les années 1680 on voit encore des catholiques abjurer leur religion pour se convertir au protestantisme.
La conclusion de R. Sauzet montre qu’à la fin du XVIIe sous le choc de la révocation le protestantisme cévenol tend à devenir une force économique, sociale, politique, très homogène, qui garde son influence jusqu’à nos jours. Récemment la vie de St-Jean du Gard dans les vingt années cruciales de l’application de l’Édit à la rigueur jusqu’à la révocation a été évoquée par D. Poton 20. Les archives municipales classées par Ch. Delormeau, conservées avec un soin jaloux par la municipalité, sont à la base de cette étude. Ce bourg d’une vallée cévenole avait 300 maisons qu’habitaient des citadins, à proprement parler, 16 % de la population peut être classé dans les activités d’encadrement (lois, santé, régents) dominés par les « Bourgeois », vivant dans l’oisiveté active de la rente, ce « titre » reconnaissant plutôt l’ancienneté et le prestige de la famille que sa richesse Tous les groupes d’encadrement figurent largement au Conseil politique et au Consistoire. Quatre familles nobles : Carlot, Vignolles, Assas, Momtollon. Carlot arrive en 1652 de Nîmes, après avoir acheté la seigneurie de Saint-Jean aux Bonnet de Thoyras. Seigneur protestant il siège au consistoire et ses relations avec la noblesse de l’extérieur en font le député tout désigné pour les synodes. Lors de la tenue du synode national de 1659, il est même désigné comme commissaire pour inspecter les Académies ; Die, Montauban, Nîmes et la septentrionale Saumur. Les autres familles nobles toutes liées entre elles par le sang sont aussi protestantes. La mi-partition des consulats remet en selle la communauté catholique après 1660. L’église St-Jean comme toutes autres, est organisée suivant le système presbytéro-synodal et le consistoire se réunit régulièrement : il reflète dans son recrutement, assez fidèlement, les structures sociales du bourg avec une habituelle insistance sur le groupe des « notables » et sur celui des « marchands » (44 % au consistoire, 35 % dans le bourg).
Dès 1683, dans le bruit des armes, devant les interdictions de culte, la destruction du temple, les protestants méridionaux s’émeuvent : les uns veulent résister les armes à la main, les autres sur place en continuant comme si de rien n’était à assister au culte dans les ruines des temples. Des troupes circulent en Cévenne et peu à peu les choses deviennent claires : « il ne s’agit plus du devoir d’étape que le Roi eut exigé de toutes les communautés du royaume, mais d’une opération d’intimidation envers la réforme des Cévennes » 21, c’est-à-dire qu’au cours de 1684, 1685, les dragons du Roi sont mis en garnison chez les protestants et qu’ils ont pour mission de provoquer des abjurations.
L’histoire de la révocation de l’Édit de Nantes dépasse largement le cadre des provinces méridionales du royaume il s’agit d’un moment où l’histoire nationale rencontre l’histoire locale et même l’histoire familiale. Un acte national – adapté à son champ d’application – ne correspond pas nécessairement aux conditions locales 22. Dans le Midi, spécialement dans le Bas-Languedoc, là où les protestants sont majoritaires, ils réussissent souvent à échapper aux pressions par une abjuration individuelle et la résistance ne peut que s’organiser ; comment admettre une mesure qui touche tant d’hommes et de femmes ? D’autre part, il y a lieu d’envisager des différences entre le milieu urbain et le milieu rural et dans le milieu rural entre la plaine et la montagne. Autant de paysages autant de réactions possibles.
A Marsillargues, à Vauvert, on vit sur place le dilemme qui a fait le sujet de l’article posthume de Jean François Breton dans le lien des Chercheurs Cévenols :
Partir ou rester ? Pour rester il faut abjurer « l’hérésie de Calvin » entre les mains d’un prêtre : cet acte suffit, semble-t-il, pour ramener au droit commun de l’obligation catholique en place depuis le XVIe siècle (blasphème, sanctification du dimanche, assistance à la messe de la paroisse…). Les habitants de Marsillargues se partagent inégalement : 1082 abjurent, 318 « partent ». A Vebron en un mois 622 abjurations. A Pignan le nombre des abjurations est aussi important, celui des fugitifs est dans la proportion de 8,7 % des effectifs protestants.
La fuite était interdite par loi et ceux qui partent doivent tout laisser sur place. En route, en cas d’arrestation, la prison pour les femmes, les galères pour les hommes sont au bout du chemin. Grâce à Magali Schaeffer, le chercheur dispose d’un guide bien informé et sûr touchant les biens des religionnaires fugitifs du Languedoc. Dès la préface, on sait que malgré le désir de fuir les persécutions pour exercer librement le culte, dans la nécessité de maintenir un patrimoine « les familles émigrent rarement dans leur totalité » 23.
C’est après la révocation de l’Édit de Nantes que naît, – me semble t-il -, dans la résistance active au catholicisme et la résistance active aux missionnaires, aux dragons, peut- être faudrait-il même dire un protestant du Bas-Languedoc et sans doute plus justement encore un protestant cévenol.
Il n’y a pas lieu d’évoquer ici les Camisards bien connus grâce au livre de Philippe Joutard qui porte en couverture une photographie extraite du film de René Alliot, bien connu aussi grâce à la publication par Henri Bosc de la Guerre des Camisards, mais il y a lieu de s’attarder sur la Légende des Camisards 24, car c’est ici, autour de ces révoltes de la montagne cévenole que se forge une mentalité et que se crée une identité de longue durée. Si le protestant Cévenol était un protestant comme les autres mais vivant en Languedoc, il existe maintenant un camisard Cévenol parfaitement typé et surtout qui sait transmettre son identité ; « fierté, confiance dans le sang… Mon grand-père m’a parlé d’Abraham Moizel… le fusil à portée de main par crainte de la guerre religieuse l’éternel sentiment de méfiance du minoritaire qui devient le persécuté au moindre incident, méfiance et crainte » 25. Une cévenole me disait récemment qu’elle ne se sentait vraiment chez elle, perdue dans la masse, qu’en pays de Vaud. Que ces protestants soient des méridonaux Ph. Joutard en donne la preuve en citant à la fin de sa bibliographie raisonnée R. Lafont : Clefs pour l’Occitanie (p. 109-111). Paris ».
Pour évoquer l’église du désert, on peut recourir aux Procès verbaux des Assemblées quinquennales du Clergé de France. Devant l’assemblée de 1745 les évêques de la Province de Narbonne dénoncent les protestants de leur diocèse.
« …Depuis 1743, les concubinages se sont multipliés…, l’usage de faire baptiser les enfants par les ministres s’est établi…, les ministres délivrent des certificats de baptême et de sépultures, actes essentiels pour établir l’état des paroisses et les successions des familles…
« …Une de leur plus récentes entreprises a été d’établir des maîtres d’école et de catéchisme de leur religion… Ces prétendus maîtres enseignent dans les villes et les campagnes le chant des psaumes de Bézé et de Marot et la doctrine de Calvin… pendant que les maîtres catholiques sont abandonnés et inquiétés de toutes les façons surtout dans les endroits où les religionnaires dominent… ».
« Les livres à l’usage de la secte se répandent… on en a débité pour des sommes considérables à deux assemblées tenues en Vivarais au mois d’Octobre et de Novembre dernier. Le Catéchisme d’Ostervald recommandé récemment dans leur synode a été imprimé à Toulouse.
« Ils se sont assemblés en synode de province, le synode national… tenu au mois d’Aout de cette année 1744… du côté de Sommières…
Nous perdons en moins de deux mois les soins et les peines qu’on a pris pendant cinquante ans pour ramener ces pauvres aveugles, nous nous voyons revenus quasi au même état où nous étions à la révocation de l’Édit de Nantes. Nous perdons l’espoir de réussir leur conversion » 26.
Le « pasteur du désert » Barthélemy Claris, a trouvé ces biographies en 1983 avec A. Fabre et R. Pic : il était un de ces pasteurs dénoncés par les évêques du Languedoc aux Assemblées du Clergé. Barthélemy Claris est né dans les Cévennes, il a connu ces marches grâce auxquelles « les nouveaux convertis du bourg » se réunissaient en assemblée, la nuit à la lueur de quelques chandelles, dans les bois de la Vigère, les devois de Labat et de Caadet. Plus âgé c’est sans doute à un appel d’Antoine Court que répondit Barthélemy Claris il devient prédicant, puis proposant, organisant des « services divins célébrés la nuit ». De 1730 à 1748, Barthélemy Claris exerça ses fonctions de pasteur en Bas-Languedoc, publiant des lettres crânement signées « Ministre du Saint-Evangile et sous la Croix » 27.
Les Saurins de Calvisson étudiés par Ildebert Exbrayat subissent eux aussi la répression comme le montre les titres de chapitre : « L’académicien nîmois emprisonné, Jean III Saurin, l’académicien en fuite, Jean III Saurin, l’académicien à Genève, les descendants de l’académicien en Hollande, Angleterre, Irlande » 28.
C’est le moment de la naissance de la croix huguenote grâce à l’orfèvre nîmois Maystre en 1688 29.
L’Édit des non catholiques de Novembre 1787 n’est pas un édit intéressant spécialement le Languedoc, mais c’est ici sans doute qu’il est accueilli avec le plus de soulagement : établissant l’état des personnes par les déclarations de mariage, de naissance, de décès, il fait sortir le « nouveau converti » – comme les autres non catholiques -, du néant mais il n’en fait pas pour autant un protestant puisque tout culte public reste totalement interdit.
Les protestants du Midi participent à la révolution française spécialement à Nîmes où commence à se préciser l’attachement des milieux protestants à un idéal républicain et laïc. La récente Histoire de Nîmes aide à mieux cerner ces attitudes. Le protestant nîmois est souvent un chef d’entreprise, figure dans les assemblées municipales et départementales, il est dans la garde nationale, souvent officier, il est citoyen actif, d’opinion il est républicain, puis bonapartiste. Il trouve face à lui ses propres ouvriers, ses employés, ses administrés, ceux à qui il se heurte dans les opérations de maintien de l’ordre, les citoyens passifs, ceux-là sont monarchiques et catholiques Le conflit politique, social, religieux est toujours latent et explose à chaque occasion. La Terreur blanche en est une. Des bandes se forment, « rançonnent les protestants aisés… pillent les maisons… des femmes sont troussées en pleine rue… frappées à coup de « bâton royal » (c’est un battoir à linge avec des clous dessinant une fleur de lys) » 30.
La terreur blanche laisse une empreinte tenace sur les protestants du Midi : elle alimente la méfiance à l’égard des catholiques monarchiques volontiers persécuteurs descendants des dragons qui pendant le désert pourchassaient les hommes pour les envoyer aux galères et les femmes pour les enfermer à la Tour de Constance. Dès lors, les protestants méridionaux conforment leur attitude sur celle des catholiques du Midi et en adoptent l’exact contre-pied : républicains si les catholiques sont monarchistes, de gauche si les catholiques sont de droite. Ce qui explique quelquefois les choses c’est que parfois le catholique minoritaire prend le contre-pied du protestant majoritaire ce qui contribue, – en Cévenne notamment -, à compliquer singulièrement les analyses. Toujours est-il que la terreur blanche quelque soit le nombre des victimes continue à creuser un peu plus le fossé entre les deux communautés religieuses venant renforcer celui qui s’était créé face à la persécution par l’État, ses forces de l’ordre, sa justice et ses galères ou prisons 31.
Le poids numérique des communautés protestantes du Languedoc n’a guère varié semble-t-il depuis la fin du XVIIe siècle jusqu’à nos jours. Le haut Languedoc, autour de Montauban, de Castres, Mazamet, Puylaurens, groupe environ 150 000 protestants autour de 10 % à 15 % de la population totale pour les territoires de Castres et de Lavaur et de 4 à 5 % pour le Montalbanais 32. Les chiffres donnés par S. Mours 33, vont dans le même sens : la province synodale de Haute Guyenne comprend 60 000 protestants, celle du Béarn 30 000, celle du Haut Languedoc avec Foix 25 000. Pour le Languedoc oriental les chiffres sont beaucoup plus élevés : près de 100 000 protestants sont comptés dans la province du Bas-Languedoc (Montpellier, Nîmes, Uzès), presque autant 85 000, dans la province des Cévennes, encore 48 000 dans celle du Vivarais, soit près de 250 000 en tout. Le protestantisme français après l’Édit de Nantes est devenu phénomène méridional : 6 provinces du Nord comptent 159 000 protestants, 10 provinces du Sud 700 000 dont, on l’a vu, 250 000 en Languedoc oriental et plus de 100 000 en Languedoc occidental, soit pour l’ancien Languedoc des États de Languedoc la moitié de l’effectif du protestantisme méridional. Faut-il ajouter que ce protestantisme méridional est dominé par le protestantisme du Bas-Languedoc, à la fois rural en Cévenne, Vaunage, petite Camargue et urbain à Montpellier et à Nîmes.
Les protestants de l’Hérault sont connus grâce aux recherches de G. Cholvy 34 et ceux du Gard à travers celles de R. Huard et d’A. Encrève 35. Grâce à ces ouvrages récents le portrait du protestant méridional se précise et s’affine. Dans l’Hérault le protestant est surtout un urbain un montpelliérain, il est maire de Montpellier comme Pagezy, banquier réputé, peintre de talent comme Bazille et bien entendu pasteur et théologien de renommée mondiale, il est aussi professeur à l’université et membre de ces sociétés savantes où un dosage subtil maintient un équilibre inavoué entre les confessions. Il est une des cibles de Mgr. de Cabrières, l’évêque de Montpellier de la fin du XIXe siècle et de l’entrée en XXe siècle. Quelques communautés protestantes demeurent celles des « dix villages », celle de Ganges et de la vallée de l’Hérault, celle de Bédarieux. Plus ou moins vivantes toutes les communautés d’avant révocation sont là.
Dans le Gard « les 121 000 protestants recensés à la fin du second empire forment de loin la plus importante communauté protestante de France. A ce poids numérique s’ajoute un grand prestige moral enraciné dans des souvenirs historiques… En outre, face aux orthodoxes parisiens, Nîmes assume la responsabilité d’être la citadelle du libéralisme. Ainsi les choix des protestants du Gard, ceux-ci en sont conscients, ont une importance nationale 36. On retrouve dans ces phrases de R. Huard la réalité de l’existence d’un protestant du midi plus spécialement du bas-Languedoc et de Cévenne.
L’autre corne du croissant protestant centré sur Montauban n’a pas la même importance numérique et qualitative malgré la faculté de théologie. Le transfert de celle-ci à Montpellier est affaire de circonstances mais aussi reconnaissance du rôle éminent du Bas-Languedoc dans le protestantisme.
Le protestantisme gardois s’appuie sur des bastions : « la diagonale de 12 cantons qui traverse le département du Nord-Ouest au Sud-Est…, de Vauvert à Anduze en passant par Sommières ». Dans ces bastions le protestant est majoritaire, massivement majoritaire, c’est-à-dire que toutes les couches sociales sont représentées : rurales dans les cantons ruraux, citadines, bourgeoises, ouvrière et artisanale dans les bourgs et les villes et que à la ville et à la campagne elles sont encadrées par les notables qui figurent dans toutes les institutions, sans oublier les œuvres dont ils assurent la direction en prenant en charge le financement.
A Nîmes, l’évêque Mgr. Plantier, « personnalité particulièrement combattive », souligne que la défaite de 1871 infligée à la France par une puissance protestante est « un avertissement pour les catholiques ». La masse des protestants gardois, profondément attachée aux principes acquis de la révolution française, l’égalité politique, la défense des libertés, l’esprit national a dès 1848 rallié la république sans difficulté » 37.
Les études anciennes de A. Siegfried ont souligné cette attirance des protestants méridionaux vers la gauche, voire la gauche la plus extrême quand elle défend les libertés. C’est l’attachement à la liberté qui caractérise le mieux le protestant méridional hostile à tous les encadrements sociaux, politiques, cléricaux et même confessionnels. Ce n’est pas un hasard si dans le débat, presque complètement méridional entre orthodoxes et libéraux, les protestants du midi choisirent le camp libéral.
G. Cholvy cite un article du Journal du Midi du 6 Mars 1892 caractéristique d’une mentalité « Parce que leurs ancêtres furent persécutés il y a trois cents ans nos protestants sont convaincus que pouvoirs, honneurs et places lucratives leur appartiennent de droit. Le département du Gard est un fief féodal dont ils sont les seigneurs et qu’ils régentent à leur gré » 38.
Encrève rappelle les chiffres de 1851, il y a en France 565 000 réformés auxquels s’ajoutent 270 000 luthériens. Dans le Gard on recense 130 000 protestants, soit 30 % de la population du département, dans l’Ardèche 47 000, soit 12 %, dans la Lozère 23 000, mais ils sont groupés dans le Sud Est du département où ils représentent 90 % de la population du canton de Pont de Montvert, 86 % de celui de Barre des Cévennes, 73 % de celui de Saint Germain de Calberte 39. L’Hérault enfin compte 16 000 protestants surtout montpelliérains 40. Près de la moitié de l’effectif du protestantisme français est localisé dans le midi languedocien, ce qui tendrait une fois de plus à majorer la part des languedociens parmi les protestants du Midi par rapport à ceux du Castrais, de Mazamet, de Revel, de Puylaurens, de Montauban.
Preuve de vitalité ou d’esprit d’indépendance les sectes pullules en Cévenne ; elles ont été étudiées par J.-P. Boisset en 1969 41. On compte des baptistes, des méthodistes, implantés dès le début du XIXe siècle des darbystes, des Hinchistes, des libertistes fondent leurs églises au milieu du XIXe siècle, puis les Salutistes et les Adventistes à la fin du XIXe siècle. Les Pentecotistes se réunissent depuis 1936. L’association évangélique de Generargue est datée de 1945, les Duckertistes apparaissent en 1960. Passant des sectes au monde de la sociabilité J.-P. Boisset étudie les coopératives, les associations de jeunesse et en comparant les recrutements contemporains avec des chiffres anciens, – fugitifs, galériens, nouveaux convertis -, il aboutit à la conclusion que, chaque fois, dans une durée tri séculaire les mêmes groupes sociaux se retrouvent, les ruraux pour un tiers, les artisans commerçants pour un autre tiers, les inactifs enfin pour le dernier tiers. Les traits communs analysés chez le cévenol laissent apparaître l’esprit d’indépendance, la mentalité individualiste, l’auteur dit « une mentalité de dissident », le refus dune autorité trop forte politique, sociale ou ecclésiale. Ces constantes mènent à des comportements fondés sur la reconnaissance de l’expérience individuelle ou personnelle d’où la valeur prêtée à l’inspiration et la propension au prophétisme. L’individualisme pousse à la secte mais en même temps la condamne à terme puisqu’elle est manifestation de groupe tendent à l’isolement collectif par des interdits, des marques d’appartenance, comme chez les darbystes parmi lesquels « on ne mange pas de boudin ». Les livres de D. Vidal concernent justement ce prophétisme sectaire si caractéristique du midi 42.
Allant dans le même sens le témoignage du professeur Jean Boisset, prenant la parole à la fin de Juillet pour commémorer, comme chaque année, « l’assemblée surprise au col de Mouzoules le 19 Avril 1742 ». Le 27 Juillet 1975 en conclusion à la communication qui porte ce titre il écrit : « Je me suis efforcé de parler en enfant du pays pour rapporter un épisode de l’histoire de ce pays… Je suis ce que je suis parce que mes, ancêtres ont été ce qu’ils ont été… J’ai été formé par cette âme des objets inanimés et par cet esprit des âges passés et des hommes d’autrefois. J’ai voulu avoir cette ténacité qu’ils ont eue et je voudrais vivre avec la foi qui les a fait vivre » 43. Pour terminer cette évocation qui finalement révèle un protestant du midi devenu depuis le XVIIe siècle surtout un protestant languedocien, je souhaiterai citer quelques phrases de Frédérique Hébrard, la fille d’André Chamson qui, dans la chambre de Goethe, évoque cette imprégnation reçue dans le milieu familial qui façonne le protestant du midi, le protestant Cévenol, le protestant Gardois : « J’allais vivre chez mémé à Nîmes… C’était ça, mémé… on n’était’ jamais quitte de rien avec elle. On s’en va, on quitte Nîmes. On m’emmène vers les Cévennes, vers le refuge de nos montagnes, c’est là qu’est notre Sinaï… A Valleraugue… je proposais à mémé de danser pour les soldats… ce qui lui fit prendre une colère terrible : – C’est à ça que tu penses quand la patrie est en danger ! Quand la république est perdue ! Mais de qui tiens-tu… ? Tout y passa, les martyrs du désert, les galériens, la tour de Constance, les grands-mères fileuses, l’arrière grand-père Frédéric Bonnet Rouge, l’arrière grand-père Aldebert le Républicain.., et ma mère première à l’école des Chartes ! et mon père ce héros qui a été traduit dans toutes les langues ! ». Ailleurs au fil des pages on peut lire : « …Mémé disait avec consternation, « Ma nièce a épousé un homme de droite. Si mon pauvre mari avait vu ça !… Dans la poussière de la cour de l’Hospitalet, du bout d’une baguette de châtaigner, mon père écrit le mot que grava Marie Durand dans la pierre de la tour de Constance : Résister… Les Cévennes, la Vaunage, la Camargue et pas une goutte de sang qui ne soit hérétique depuis au moins la croisade des Albigeois…
Durant la seconde guerre mondiale il se crée des maquis protestants, spécialement celui d’Ardailles dont le chant de guerre faisait rimer maquisard avec camisard prenant en compte tout l’héritage de résistance géré par les protestants méridionaux et que l’on peut déjà lire sur la margelle du puits de la Tour de Constance. Certains catholiques se retrouvèrent sinon dans la collaboration du moins dans le vichysme d’avant 1942 ce qui n’est pas sans relancer les polémiques confessionnelles 44.
Parvenu au terme de ce tour d’horizon il est devenu plus aisé de résoudre le problème posé initialement. Dans les années 1560 se créent plus puissamment, plus fortement dans le sud du royaume qu’ailleurs des communautés qui adoptent le calvinisme. Eloignées du centre du royaume elles échappent à la répression et deviennent le cœur puissant « croissant protestant du midi ». Le protestant du midi est le dernier à perdre ses libertés, ses franchises, ses places de sûreté après des sursauts militaires puissants faisant échouer le Roi de France au siège de Montauban, ne cédant à ce même Roi l’entrée de Montpellier qu’après un long siège. Certes La Rochelle peut s’enorgueillir d’un long siège exigeant la construction de la digue célèbre… mais le protestant Rochelais reste un isolé. C’est avec la révocation de l’Édit de Nantes qu’apparaît en -pleine lumière le Protestant du midi : devant le dilemme « Partir ou Rester », il a choisi de rester et de résister. La révolte camisarde achève de donner à ce protestant méridional, Languedocien, Cévenol les traits de son identité propre. Dès lors la légende nourrit l’identité et l’identité nourrit la légende. Bien malin le sophiste qui résoudra ce problème d’œuf et de poule. 45
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33. Mours (S.) – Les églises réformées. Paris 1958.
34. Cholvy (G.) – Géographie religieuse de l’Hérault contemporain. Paris 1968. – Le diocèse de Montpellier à l’époque contemporaine. 3 volumes Paris Lille. 1974.
35. Huard (R.) – La préhistoire des partis dans le Gard. Paris. 1982. – « Les protestants du Gard pensée et action dans les débuts de la IIIe république » Actes du colloque les débuts de la IIIe république. B.S.H.P.F 1979. – Encrève (A.) – voir note 31.
36. Huard (R.) – Voir B.S.H F 1979.
37. Id. Ibid.
38. Cholvy (G.) – « Religion politique en Languedoc à l’époque contemporaine, dans Droite et Gauche de 789 à nos jours ». Montpellier 1975.
39. Encrève (A.) – « Protestants et politique ; protestants du Midi en Décembre 1851 », dans Droite et Gauche de 1789 à nos jours. Montpellier 1975.
40. Cholvy (G.) – Géographie religieuse de l’Hérault contemporain. Montpellier. 1968.
41. Boisset (J.-P.) – Les sectes protestantes en Cévenne. – doctorat de 3e cycle de sociologie (dactylogramme). – université de Montpellier III. 1969.
42. Vidal (D.) – cf. Bibliographie de recherche par D. Poton.
43. Boisset. (J.) – Allocutions prononcées au col de Mouzoules : L’assemblée surprise au col de Mouzoules (Juillet 1975) – Être Cévenol aujourd’hui (Juillet 1976). Textes multigraphiés.
44. Cholvy (G.) – Géographie religieuse… Ibid. p. 396-400.
45. Les revues se sont toutes intéressées à la question de la révocation de l’Édit de Nantes, y compris les magazines comme L’Express avec un dossier protestant (7/14 Octobre 1985). Le Bulletin de la Société de l’histoire du Protestantisme français consacre les n° 3 et 4 de 1985 à ce thème. Réforme a publié le 23 Mars 1985 un numéro intitulé « L’Édit de Nantes est révoqué ». Notre histoire, nouveau magazine qui porte en sous-titre : « la mémoire religieuse de l’humanité » a publié un dossier : « La révocation de l’Édit de Nantes » dans son numéro 11, l’Histoire, dans son numéro 77. Évangile et Liberté entre autres articles a publié en Janvier 1985 l’intervention de D. Ligou aux journées libérales de Sète.
