Privilèges et naissance : une harmonie disparue
La baronnie du Pouget et la vicomté de Plaissan au XVIIIe siècle

La récente élite montpelliéraine, pourvue d’offices et de titres, met en scène dans ses résidences seigneuriales une vision originale du pouvoir, fondée sur l’adjonction de la richesse et de la culture. L’esthétique des jardins d’agrément apparaît comme l’archétype de la nouvelle fonction festive de ces lieux. Mais, à côté de cette réelle modernité, elle montre un conservatisme archaïque en ce qui concerne la hiérarchisation sociale à l’intérieur des communautés rurales. La réaction féodale de la seconde moitié du 18e siècle en est la représentation parfaite.

Ainsi que le constate Jean-Marie Constant : « le sang bleuit lentement » 1. Pour que la noblesse de robe montpelliéraine puisse se faire complètement accepter dans l’ordre nobiliaire, elle acquiert patiemment des terres et des seigneuries aux environs de la ville de Montpellier. Elle noue des liens matrimoniaux, mais aussi financiers, avec la noblesse plus ancienne. De la sorte, le noble de fraîche date construit une reconnaissance pour ses enfants et petits-enfants.

L’acquisition d’une seigneurie se présente certes comme une élévation sociale mais aussi comme un placement financier. La rentabilité entre en considération lors du choix d’un fief par la noblesse de robe montpelliéraine. De graves discussions se révèlent à ces occasions sur le pourcentage de rentabilité des droits seigneuriaux et au sujet de la production céréalière, ou plus généralement agricole, du domaine seigneurial, de la réserve. En outre, l’acheteur demande régulièrement à bénéficier de l’abattement du tiers des droits de lods pratiqué en Languedoc. Parfois, le contrat de mariage stipule que le marié, non-détenteur d’une seigneurie, devra en acquérir une.

A titre d’exemple, lors du premier mariage en 1720 de Jean Antoine Viel, conseiller du roi auprès de la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier, avec Marguerite de Roquefeuil, fille de Fulcrand de Roquefeuil, le contrat de mariage prévoit que le père du marié devra fournir 300 000 liv. à son fils pour l’achat dune « terre en justice » 2.

Ainsi, la possession d’une seigneurie reste un élément important, majeur, en ce qui concerne l’intégration nobiliaire.

Une bonne administration du domaine seigneurial peut laisser à son propriétaire un revenu important. L’essentiel est de ne pas laisser épuiser les terres par un fermier ou un métayer peu scrupuleux ou pressé par les exigences seigneuriales. A ces conditions, les terres dans l’Aumeladès et la vicomté de Plaissan peuvent se montrer généreuses envers leur seigneur. 3

« Il est faux que les terres en France ne rendent pas à proportion de leur bonté. (…) Si on en croyait beaucoup de nos livres nouveaux, la France ne serait pas plus fertile que la Sardaigne et les petits cantons Suisses. » 4.

Une nouvelle image du pouvoir : la richesse et la culture

La noblesse de l’Aumeladès est essentiellement une noblesse de robe, une noblesse qui vit à Montpellier et qui occupe les offices de magistrat ou de trésorier. Malgré la possession d’hôtels particuliers, de biens urbains, situés dans la capitale du Bas-Languedoc le prestige de ces magistrats ne semble pas suffisamment assuré.

Dans une société qui repose largement sur la possession de la terre, la détention de seigneuries constitue le moyen privilégié pour s’élever, se faire accepter et aussi consolider son état. Afin d’asseoir son statut de noble, souvent de date récente, la noblesse de robe montpelliéraine acquiert des seigneuries proches de son lieu de résidence habituel. De la sorte, ces aristocrates peuvent à la fois porter le nom de leur seigneurie, titrée ou non, et faire un placement financier qu’ils espèrent judicieux.

Ainsi surgit un chapelet de châteaux, tout autour de Montpellier et jusque dans l’Aumeladès, de vastes « maisons des champs où ils séjournent périodiquement. L’achat des fiefs par ces riches bourgeois montpelliérains dans la moyenne vallée de l’Hérault, s’étale du 17e siècle au 18e siècle. Les principales causes de vente de ces seigneuries se trouvent dans l’appauvrissement des anciens seigneurs féodaux et dans les guerres de religions, désastreuses pour beaucoup de patrimoines.

A titre d’exemples, Jean de Mirman s’implante dans la future vicomté de Plaissan au début du 17e siècle et Jean- François Xavier Daudé, vicomte d’Alzon, acquiert la baronnie du Pouget en 1770. Lors de l’achat de cette dernière seigneurie, l’acquéreur, qui vit au Vigan, écrit à son oncle Faventine et lui dit vouloir acheter la baronnie « qui est dans le plus beau pays du monde, à une lieu de Clermont-Lodève et de Gignac ». En outre, elle est susceptible de plus grandes augmentations à « peu de frais » et se trouve seulement éloignée du Vigan d’une journée. Il lui demande s’il serait possible de modérer les droits de lods d’un tiers, grâce ordinaire dans les ventes considérables. Cette condition de modération est le seul obstacle à l’achat de la seigneurie. Même le procès en cours sur la mouvance de la baronnie ne décourage pas l’acheteur potentiel car même une issue défavorable ne rendrait « jamais cette affaire mauvaise » 5. Un phénomène identique voit le jour dans le Lodévois voisin. En 1650, Antoine Jougla, trésorier de France en la généralité de Montpellier, acquiert la juridiction de Lauzières. Ou encore, le 4 janvier 1700, Jean-Paul de Girard, conseiller à la cour des Aides, achète la seigneurie de Canet au seigneur de Clermont-l’Hérault 6.

Extrait de la carte de Cassini portant le Pouget et Plaissan.
Fig. 1 Extrait de la carte de Cassini portant le Pouget et Plaissan.

A titre d’exemples, Jean de Mirman s’implante dans la future vicomté de Plaissan au début du 17e siècle et Jean- François Xavier Daudé, vicomte d’Alzon, acquiert la baronnie du Pouget en 1770. Lors de l’achat de cette dernière seigneurie, l’acquéreur, qui vit au Vigan, écrit à son oncle Faventine et lui dit vouloir acheter la baronnie « qui est dans le plus beau pays du monde, à une lieu de Clermont-Lodève et de Gignac ». En outre, elle est susceptible de plus grandes augmentations à « peu de frais » et se trouve seulement éloignée du Vigan d’une journée. Il lui demande s’il serait possible de modérer les droits de lods d’un tiers, grâce ordinaire dans les ventes considérables. Cette condition de modération est le seul obstacle à l’achat de la seigneurie. Même le procès en cours sur la mouvance de la baronnie ne décourage pas l’acheteur potentiel car même une issue défavorable ne rendrait « jamais cette affaire mauvaise » 5. Un phénomène identique voit le jour dans le Lodévois voisin. En 1650, Antoine Jougla, trésorier de France en la généralité de Montpellier, acquiert la juridiction de Lauzières. Ou encore, le 4 janvier 1700, Jean-Paul de Girard, conseiller à la cour des Aides, achète la seigneurie de Canet au seigneur de Clermont-l’Hérault 6.

Les demeures campagnardes se révèlent être à la fois maisons des champs et domaines agricoles 7. Ainsi, l’achat d’une seigneurie équivaut aussi à un placement foncier. A ce titre les actes de vente énumèrent précisément les rentes foncières des divers fiefs vendus.

Le 22 janvier 1727, Antoine Jean Viel, seigneur de Lunas et conseiller à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier, fait l’acquisition de la baronnie du Pouget, moyennant la somme de 138 000 liv. L’acte mentionne que tous les usages, censives, albergues, champarts, rentes, de la baronnie et de ses dépendances, se montent annuellement pour les censives à 400 setiers de tous grains ou environ, dont 300 setiers de froment et autres revenus en vin, huile, poivre, cire, poules, perdrix, lapins et autres portées par les reconnaissances anciennes et nouvelles. Le seigneur vend aussi le troupeau, le foin, le vin, le blé, l’huile, la paille, l’avoine et la récolte actuellement pendante au domaine de 1’Estang et du Pouget et au moulin de Rouvièges, et autres fournitures et graines par lui avancées pour la culture des terres ou la nourriture des valets, pour un prix de 5 000 liv., payé au comptant. Il y est précisé que la vente se fera quitte de toutes charges, tailles, obits et pensions, jusqu’au présent mois de janvier, et pour l’avenir de tout obit sauf et réservé la foi et l’hommage au roi accoutumé pour ladite baronnie duquel elle relève immé-diatement. Deux rentes annuelles existent sur la seigneurie, une de 3 liv. 1 denier due au chapelain de Notre-Dame-de-Monstuejols et une autre de 8 liv. 7 deniers au prieur de Saint-Jean-de-Sainte-Eulalie 8.

En 1770, lors de la revente de la baronnie à Jean-François Daudé, vicomte d’Alzon, le prix de l’acquisition de la baronnie est de 145 000 liv.

Françoise Thérèse de Montcalm, veuve de Jean Viel de Lunas, président à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier, reprend l’acte de vente du 22 janvier 1727.

Le prix se répartit de la façon suivante :

— 52 000 liv. pour la justice, fiefs, redevances, droits seigneuriaux et autres biens nobles,

— 80 000 liv. pour les biens et fonds ruraux,

— 2 500 liv. pour les 2/5 du droit de courtage du lieu du Pouget,

— 3 500 liv. à titre de pot-de-vin,

— 7 000 liv. pour tous les meubles des deux châteaux, pour les biens se trouvant dans la table de l’Estang et pour les arrérages des lods et autres droits seigneuriaux 9.

Dans les années 1760-1770, le seigneur du Pouget afferme ces terres et droits seigneuriaux moyennant une rente annuelle d’environ 5 906 liv.

En partant de ce chiffre, le rapport que retire Daudé d’Alzon, au début de sa possession s’évalue à 4 %.

La vente de la vicomté de Plaissan le 12 mai 1765 par Jean Baptiste François de Polastron, comte de Polastron, à Louis François de Bourbon, prince de Conti, ressemble à celle de la baronnie du Pouget.

Le contrat porte sur les terres et seigneuries, droits et revenus de Saint-Pons, Lavagnac et Roquemengarde, en ce qui concerne le diocèse d’Agde, Bélarga, Plaissan ayant le titre de vicomté, pour le diocèse de Béziers. Après une énumération des droits et la présentation d’une « origine de propriété », le vendeur stipule les rentes annuelles dues par les terres :

— 20 liv. envers le « présenteur » du chapitre de Notre-Dame de Cassan,

— 6 liv. 5 sols envers les Augustins de Montagnac,

— 60 liv. pour la fondation de messes envers le prieur de Saint-Pons et une rente en grain due â l’hôpital-mage de la charité de Montagnac,

— 100 liv. envers le chapitre cathédral de Saint-Pierre de Montpellier pour la vicomté de Plaissan,

— 60 setiers de bled méteil de mouture du moulin de Roquemengarde, mesures de Sales envers les religieux Bénédictins de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert 10.

Le prix global de la vente s’élève à 350 000 liv. francs deniers, à savoir :

— 75 000 liv. pour Saint-Pons,

— 42 000 liv. pour Bélarga et ses dépendances,

— 185 000 liv. pour Lavagnac et ses dépendances, biens et fiefs de Montagnac,

— 20 000 liv. pour Roquemengarde et les biens de Saint-Pargoire,

— 6 000 liv. pour Plaissan et ses mouvances,

— 2 000 liv. pour les biens de Campagnan,

— 8 000 liv. pour les biens et fiefs de Cazouls, Usclas et Paulhan,

— 12 000 liv. pour les capitaux de cabaux, bestiaux, tables de moulins à farines et à huile, bacs, meubles… Le chartrier des terres est remis au prince de Conti 11.

A la somme globale, il faut ajouter une épingle ou un pot-de-vin de 8 400 liv. et les frais d’achat, soit 30 000 liv., ce qui porte le prix de vente à 388 400 liv. Le prince de Conti afferme toutes ces terres et droits pour 20 680 liv. par an. Le rapport qu’il retire de cet achat est de 5,3 % par an 12.

Les placements que font les deux acquéreurs des deux seigneuries, la baronnie du Pouget et la vicomté de Plaissan, se révèlent comme de bonnes affaires au vu de leur rapport.

Les terres rurales possédées par le seigneur du Pouget et qui forment son domaine se trouvent essentiellement à l’Estang. En 1760, la superficie de ce domaine s’élève à 355 sétérées, soit environ 89 hectares 13.

Une augmentation constante, durant toute la seconde partie du 18e siècle, porte la superficie de sa réserve à 373 sétérées et demie, soit environ 93 hectares. Un état des lieux sommaire permet de mieux saisir la configuration de cette propriété.

Dans la ménagerie se trouve un four à cuire le pain. Les bâtiments englobent des greniers, des cabaux, les bâtiments du ramonétage, des remises à un étage, une maison du maître, un endroit appelé la chapelle, une écurie pour les bœufs et une maison dans le jardin. Le seigneur entretient, dans un champ près du jardin du ramonet une pépinière d’arbres et de vignes et une autre d’osiers 14.

Le domaine se compose de 117 sétérées de vignes, 7 de bois, 16 sétérées pour un plantier au lieu de la Glacière, 10 sétérées d’amandiers, 3 sétérées de pommiers â la Mouline, deux vergers dont un de 2 sétérées, le Grand Jardin, faisant 3 sétérées, complantées de fruitiers et pour moitié de Luzerne et enfin, 15 sétérées complantées d’oliviers à la Grande Olivette, en très mauvais état. Tout le reste, soit 200 sétérées, est en champ 15.

L’acquisition constante de terres par le seigneur du Pouget se fait le plus souvent par le moyen de l’achat et plus rarement par la mise en application de son droit de prélation 16.

Cette concentration de terres n’est pas spécifique au seigneur du Pouget. Comme le fait remarquer Emmanuel Le Roy Ladurie, dans son livre sur les paysans languedociens, dans la seconde partie du 18e siècle tout le terroir est « truffé de rassembleurs », le remembrement est un « fait commun, le dénominateur d’une époque ». Cette concentration est le corollaire de la promotion des patriciats urbains 17.

Le seigneur de Tressan possède un domaine plus petit et dont les terres ne sont pas d’un seul tenant. En 1758, il déclare posséder 25 sétérées de terres nobles labourables et dont il fait semer la moitié en seigle 18. Le compoix de 1770 fait ressortir que la superficie de ses terres atteint environ 142 sétérées, soit 35,5 hectares 19.

Enfin, les terres en possession du vicomte de Plaissan dans la vicomté du même nom occupent une superficie totale de 1 577 sétérées, soit environ 394 hectares. 20 Seulement 273 sétérées se classent dans les terres nobles, non soumises à la taille et sur ce total 246 sétérées se situent à la Grange de Montmau. Le terroir de Plaissan ne comprend aucune terre en possession du seigneur 21.

Comme dans le Lodévois, les seigneurs de l’Aumeladès détiennent la plupart du temps plus de terres en roture que de terres nobles, non soumises à l’impôt de la taille 22.

Cette nouvelle élite acquéreur de seigneuries ne se contente pas d’améliorer économiquement les revenus de leurs domaines, elle diffuse dans les communautés rurales de la moyenne vallée de l’Hérault une nouvelle vision du pouvoir au travers des transformations castrales.

Ainsi, le 18e siècle est aussi, pour cette noblesse de robe montpelliéraine détentrice de la plupart des seigneuries, le siècle de l’aboutissement des notions d’unité, d’harmonie et même de symétrie architecturale apparues au 17e siècle. Les anciennes demeures fortifiées laissent place à de véritables maisons de plaisance ouvertes sur des jardins. Il suffit d’admirer le château de Lavagnac et même de Lézignan-la-Cèbe pour être convaincu de l’apparition du goût de la magnificence. Qui plus est, comme le souligne Anne Touzery-Salager, « l’extériorisation de la vie par la création de galeries, d’escaliers apparents et de jardins démontre des préoccupations nouvelles d’ordre esthétique et social » 23. Les châteaux ont de plus en plus une vocation résidentielle. Lavagnac se révèle être l’archétype de cette nouvelle tendance avec ses terrasses latérales, à balustres en double poire, et son parterre, situé face à la façade principale, meublé d’une fontaine et d’un buffet d’eau.

Cependant moins éclatantes, les petites demeures seigneuriales des alentours montrent elles aussi l’intérêt esthétique de ces seigneurs. Face à l’ancienne noblesse féodale, en passe d’être ruinée et qui n’entretient plus ses bâtiments, une jeune noblesse en pleine ascension va restructurer ces vieilles demeures.

En 1702, une demande en réparation du château de l’Estang fait ressortir qu’il n’est plus entretenu depuis 1625. Tous les bâtiments tombent en ruine. A titre d’exemple, l’auteur de cette demande stipule qu’au plus haut du château un « canon de cheminée » d’une hauteur de 6 pans est en ruine.

Une tour du château située au couchant, d’une hauteur de 10 cannes et d’une épaisseur de 6 pans, ainsi que son plancher s’écroulent par défaut d’entretien. Presque tous les planchers et les fenêtres en « ronde demie croisière » menacent de s’effondrer. De nombreuses portes et certains pavés au sol sont entièrement détériorés. La chapelle est entièrement dégarnie et seul l’autel de pierre subsiste. Et enfin, la porte d’entrée du château est en ruine, ainsi que l’aqueduc et les fossés du domaine 24. D’importants travaux seront effectués par les barons successifs du Pouget afin de transformer cette demeure en une résidence agréable. En parallèle et depuis le début du 17e siècle, le château féodal du Pouget est abandonné au profit de l’Estang. En 1727, Jean Antoine Viel, nouveau baron, mentionne dans son dénombrement qu’il est ruiné et découvert 25.

Il en est de même pour le château de Popian, extrêmement vieux et en très mauvais état, qui voit en 1680 une de ses tours s’effondrer faute d’entretien.

Le 17 août 1688, Jacques Durand remet son dénombrement de la terre de Popian. Il y stipule qu’il possède un château « fort vieux » où il a fait faire plusieurs réparations avec deux pont-levis ruinés. La plus grande partie est entourée de fossés et de logements. La grande cour du château a d’un côté une maison réparée et d’un autre trois petites maisons en ruines qui serviront une fois restaurées d’écuries et de greniers. En outre, il possède une aire à dépiquer le blé sur laquelle il y a une habitation délabrée, deux maisonnettes ou cazaux abattues et ruinées et un jardin noble hors de l’enceinte du village. Les maisons rebâties peuvent servir de logement au jardinier. Jacques Durand assigne, en 1696, Charles de Pradines, coseigneur de Popian, devant le sénéchal de Montpellier pour convenir sommairement des éboulements arrivés au château de Popian et des réparations nécessaires pour éviter qu’il ne tombe tout à fait en ruine 26.

Le trait commun de ces châteaux délabrés se trouve dans la permanence du système défensif et dans la présence de tours adaptées à l’artillerie légère.

En ce qui concerne la vicomté de Plaissan, Jean de Mirman, trésorier de France, seigneur de Plaissan, de Bélarga et d’Adissan, fait construire entre 1622 et 1640 le château de Lavagnac. Dans la seconde moitié du 18e siècle, les comtes de Polastron puis le prince de Conti l’embellissent. A cette époque, ils y font construire des écuries, une orangerie, des terrasses et des fontaines 27.

Jean de Mirman, seigneur bâtisseur, embellit aussi, selon le goût rustique du 17e siècle, le château de Bélarga et sûrement améliore celui d’Adissan. Pour cette dernière demeure seigneuriale, il semble que la porte d’entrée avec son bossage, les fenêtres et la fontaine datent de cette période. De plus, en 1668 le seigneur d’Adissan lègue à perpétuité à la communauté un terrain dégagé de ses deux étables, situé entre le château et l’église paroissiale 28. L’obligation contractuelle de conserver ce nouvel espace en place publique reflète la volonté de libérer les abords de cette demeure du reste des constructions villageoises. Ainsi, le bâtiment seigneurial s’impose au regard des voyageurs et des adissanais.

Cette riche magistrature de la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier et citadine de surcroît ne se contente pas de reconstruire les demeures seigneuriales, elle transforme aussi la nature qui les environne. Ces seigneurs trouvent dans le jardin un moyen de retrouver le contact avec la nature.

Outre les jardins potagers qui fournissent des légumes et des fruits aux seigneurs lors des séjours dans leur résidence, certaines de ces demeures « des champs » se composent d’un jardin d’agrément.

Comme le souligne Jean Nougaret, le jardin au 18e siècle se compose souvent de parterres situés à des niveaux différents, de buis en broderie et d’allées coupées aux carrefours par des bassins circulaires 29. Qui plus est, un degré relie fréquemment la demeure au jardin. Les châteaux d’Adissan et de Lavagnac possèdent toutes ces caractéristiques, tandis que celui de l’Estang n’est pourvu que d’un petit jardin d’agrément formé d’allées.

En ce qui concerne le château de Lavagnac, un contrat d’afferme de 1693 fait apparaître un jardin dans son enclos qui se compose d’une orangerie, de parterres et d’allées. Bien évidemment, tout parc, dispose soit d’un puits à roue soit d’une canonade, voire les deux, afin d’être alimenté en eau et d’un pigeonnier pour l’engrais. Le jardinier de Lavagnac doit, en plus de s’occuper du potager, entretenir et enlever les herbes du boulingrin, des allées et tailler les buis et plates-bandes dudit boulingrin 30. En 1764, le fermier entretient et ratisse toutes les terrasses et allées, nettoie les escaliers et les murailles des terrasses ainsi que les pièces d’eau. Il taille les buis des allées deux fois par an, tient le parterre garni de fleurs propres à chaque saison, sort et enferme les vingt-trois orangers, en plus de les changer de terre, de les arroser et de les soigner. En ce qui concerne l’arrosage, il se sert de l’eau du grand vivier 31. En ce qui concerne le jardin du château d’Adissan, les mêmes obligations sont mises à la charge du fermier du potager. En 1736, François de Mirman, seigneur d’Adissan, lui impose d’entretenir les orangers dans « l’ordre du jardinage » et de les ranger et sortir à la saison propice. Le fermier doit ratisser les allées du jardin et les terrasses, tailler les buis et les palissades de façon propre et tenir le parterre sans herbe. En outre, il prend aussi soin des rosiers, doit réparer le grand et le petit vivier et entretenir la fontaine des eaux 32.

Au cours des différents contrats d’afferme des potagers se détache peu à peu le jardin d’agrément. Les seigneurs imposent dans leurs domaines ruraux, en même temps que les rénovations architecturales, une nouvelle esthétique à vocation festive, de plaisir, toute emplie de géométrie. A l’évidence, ce nouvel idéal du beau, appliqué autant au château qu’au jardin d’agrément, renforce la prééminence du seigneur dans son domaine. Il abandonne la demeure féodale, symbole d’un pouvoir en voie de disparition, archaïque, pour la maison de plaisance, reflet de l’instruction et de la richesse de son détenteur. Ces deux critères sociaux le replacent ainsi à la tête de la communauté seigneuriale. Il attire de la sorte sur lui les regards de ses sujets et devient l’inspirateur, le modèle, en matière de goût pour les habitants des seigneuries avoisinantes. Toutes ces précautions et intérêts pour les parcs mettent en évidence le goût classique de cette noblesse provinciale pour les jardins à la française du 17e siècle. Aucun de ces seigneurs ne semble avoir eu un quelconque attrait pour le modèle anglais qui se manifeste au 18e siècle. Ainsi, un certain traditionalisme se manifeste dans l’architecture de ces jardins.

Superposée à ces nouveaux critères du pouvoir que sont la richesse et la culture, une volonté de maintenir les droits seigneuriaux, coupés de leurs racines, continue de guider cette nouvelle élite.

Un pouvoir formel d'origine féodale : une réaction archaïque

L’architecture générale des châteaux et domaines de cette partie de la moyenne vallée de l’Hérault respecte les caractéristiques communes régionales. Ce ne sont que de grandes maisons rurales où « le plan massé rectangulaire est de loin la formule la plus répandue ». Cette caractéristique se retrouve dans de nombreux châteaux de la moyenne vallée de l’Hérault, tels que ceux de Marennes sur la commune d’Aumes, d’Adissan, de Tressan et de Popian. Les techniques de construction sont identiques à celles utilisées pour les mas, comme le soulignent pour d’autres châteaux de la région, plusieurs historiens de l’histoire de l’art. La pierre de taille y est réservée aux fenêtres, aux portes d’entrée et aux chaînes d’angle, alors qu’un crépi coloré unifie la surface des murs construits en pierres rassières 33. Ces caractéristiques se retrouvent dans les châteaux d’Adissan, de Bélarga, de Tressan, de Puilacher et de Popian.

L’architecture vernaculaire du 16e siècle à la fin du 18e siècle a pour trait caractéristique l’austérité des façades castrales. Le seul effort décoratif se concentre sur les portes d’entrées et ce mouvement trouve son apogée au 17e siècle 34.

Ces portes sculptées sont le principal attrait de ces façades. Elles sont rarement amorties par un fronton interrompu parfois par un « tabernacle », souvent disparu depuis, destiné à recevoir les armoiries. Là aussi, le dessin d’Amelin, conservé â la Bibliothèque municipale de Montpellier, nous permet d’apercevoir un tel ouvrage architectural sur la porte du château de Bélarga 35. En ce qui concerne la porte du château de Puilacher, elle comporte certes un fronton triangulaire mais sans édicule.

Ces entrées se classent dans deux grandes catégories de décors soit à bossage, propre à suggérer le caractère défensif de l’ouvrage, soit à encadrement de pilastres, plus maniéré.

Entrent dans la première catégorie le château d’Adissan, décoré d’un bossage à anglets, et ceux de Bélarga et de Fontès. La demeure seigneuriale de Puilacher, avec sa porte plein cintre, se place, elle, dans la seconde famille, celle des encadrements de pilastres.

Les armoiries

Cette marque d’identification et de propriété que serait le blason placé à l’entrée du château seigneurial n’entre pas à ce niveau dans le visuel de la seigneurie.

Cependant, les armes des seigneurs se retrouvent dans d’autres lieux et sur d’autres objets tels que les sceaux armoriés dans certains testaments. A titre d’exemple, en 1760 Jean François Gabriel, comte de Polastron, vicomte de Plaissan, baron de Saint-Pons-de-Mauchiens, seigneur de Lavagnac, de Bélarga et d’autres places, mentionne dans son contrat général d’afferme que les fermiers de Bélarga réclameront uniquement les droits de mouture accoutumés avec la mesure marquée de ses armes 36.

En 1784, les coseigneurs d’Adissan, Focras de la Neuville et le Blanc scellent de leurs armes les lettres de procureurs postulants accordées à trois nouveaux praticiens de la justice seigneuriale 37.

Ou encore à l’intérieur des églises apparaissent de nombreux blasons. A titre d’exemples, dans l’église de Pouzols, les fonts baptismaux, datant du 17e siècle, supportent les armes des Hugues, famille noble du lieu. Les Mirman, patrons de la chapelle Saint-Marcellin d’Adissan, apposent leur blason sur le dessous du pied du calice de cette même chapelle. Enfin, dans la chapelle nord de l’église de Popian, sépulture des seigneurs du lieu, se trouvait une plaque rectangulaire armoriée datant de 1586. Les armes y figurant appartiennent non pas aux Azèmar-Soubé comme cela est indiqué dans l’inventaire des monuments du canton de Gignac mais a la famille des Tuffes de Taraux seigneurs de Popian au 16e et 17e siècle 38. Actuellement ce blason se trouve dans la cage d’escalier de la mairie du lieu.

Les tours

Du fait du peu d’éléments é décoration dans ces châteaux, leurs caractéristiques principales sont la compacité et l’austérité des formes, avec des corps de bâtiments d’égale hauteur et cantonnés de tours. Il ressort de l’architecture de ces bâtisses qu’une grande variété existe dans la forme des tours d’angle. A l’instar du château de Puilacher, ceux de l’Estang au Pouget, et de Popian comportent de tours rondes, alors que ceux d’Adissan et de Saint-Bauzille-de-la-Silve sont encadrés par deux tours carrées. Le nombre de ces éléments varie d’un domaine à l’autre. Il est mentionné pour le château de l’Estang au Pouget, quatre tours, celui d’Adissan en comporte trois, ceux de Popian et de Saint-Bauzille-de-la-Silve sont encadrés par deux de ces bâtiments. Il n’en subsiste qu’une seule d’angle au nord du château de Puilacher 39.

Il existe tout de même certaines demeures seigneuriales qui ne possèdent plus de tour, à l’imitation de celle de Tressan, qui date du 13e siècle, ou encore de celle de Bélarga. Les châteaux plus récents de Jourmac et de Lercare en sont également dépourvus. Par contre, certains de ces châteaux possèdent un pavillon central contenant l’escalier et dominant les toitures adjacentes, ce qui marque l’axe de l’édifice. Comme le fait remarquer Anne Touzery-Salager, il ust possible de voir dans l’architecture de certaines de ces demeures, du moins pour les plus anciennes, un reste de donjon 40. Ce dernier ne représentant plus rien dans la seigneurie, il disparaît dans la masse du château pour accueillir une cage d’escalier.

A Lavagnac, l’ancienne silhouette du château se distingue, encore après les travaux de la première moitié du 17e siècle, campée entre deux tourelles en encorbellement et dominée par un pavillon central, aujourd’hui détruit.

La travée d’escalier isolée en pavillon pourrait à Lavagnac, à Bélarga ou encore à Adissan se situer à l’emplacement de l’ancien donjon.

En ce qui concerne Adissan, l’existence de cette troisième tour centrale, disparue à la Révolution, ressort dans la description du château se trouvant dans le compoix de cette communauté 41.

A l’instar de Lavagnac qui possède deux tourelles, le château de Bélarga encore en 1828 avait conservé son unique tourelle sur son élément médiéval de la pointe Ouest 42.

La permanence des tours rondes ou carrées en angle va bien au-delà d’un « attachement symbolique à ces marques de féodalité dont le rôle ostentatoire clame l’affirmation des droits nobiliaires » comme le remarque l’auteur précité 43. La manifestation extérieure du pouvoir et du rang seigneurial à l’intérieur des communautés villageoises, encore fortement hiérarchisées au 18e siècle, se révèle dans ces éléments architecturaux.

Les marques de justice

Le plus visible des droits honorifiques découlant de la haute justice consiste en la possession d’un château comprenant des tours à créneaux plus hautes que le toit, un pont-levis et une girouette 44.

En ce qui concerne les ponts-levis, là aussi, la seule trace qui subsiste au début du 18e siècle se trouve dans le dénombrement de Jacques Durand, seigneur de Popian. Il y détient le château « fort vieux », où il a fait faire plusieurs réparations, se composant de deux tours et de deux ponts-levis ruinés 45.

Les seigneurs justiciers attachent une grande importance à la possession d’un château et de ses ornements honorifiques, à tel point que tout nouveau seigneur justicier applique immédiatement à sa demeure le terme de château. Denis Flotte et Simon de Portal, nouveaux vassaux respectivement de Pouzols et de Saint-Bauzille-de-la-Silve en 1774, sont les archétypes de cette règle. Leurs demeures villageoises deviennent un château le lendemain de l’inféodation de la seigneurie 46. Ceci est d’autant plus flagrant que dans un contrat de bail à cens, en date du premier octobre 1757, il est précisé que Simon Portal a incorporé l’ancien mur de clôture du village dans le mur de façade de sa maison 47.

Une remarque identique s’applique au château de Jourmac, sur le bord de l’Hérault. Jacques de Massanne, trésorier de France, seigneur de Jourmac, y possède un château, qualifié dans le compoix de Gignac de « maison claux » 48.

Il apparaît que la dénomination de château a pour objectif principal de rappeler la réelle détention par le seigneur de la haute justice dans le terroir, dans la seigneurie. Qui plus est, à l’inverse, là où existe un château, les justiciables voient dans ces demeures seigneuriales le siège naturel de l’institution judiciaire. Là se trouve le tribunal et parfois la marque de haute justice qu’est la prison.

Ceci est si réel que, dans le paysage de la seigneurie, les châteaux féodaux de cette partie de la moyenne vallée de l’Hérault s’imposent par leur masse au regard du voyageur. Ces demeures avec leurs tours dominent le plus souvent les autres bâtiments publics, tels que l’église ou encore le beffroi. A titre d’exemple, le château de Popian, construit sur le sommet d’une colline, surplombe et l’église et la porte d’entrée du village qui supporte le beffroi. Les châteaux de Bélarga, d’Adissan et de Puilacher entrent dans la même perspective : ils s’imposent à la communauté villageoise malgré leur excentricité.

L’apparition du terme de château à la suite de ces inféodations a pour objectif d’assimiler ces nouveaux seigneurs hauts justiciers aux seigneurs châtelains. De fait, ils s’arrogent ce titre honorifique, sans pour autant le porter. En reprenant la définition du châtelain qu’en donne Ferrière, il est remarquable de voir la parfaite similitude entre son acception de ce terme et les droits des seigneurs ci-dessus.

Selon ce juriste, le châtelain est un seigneur qui a droit d’avoir une maison forte, une étendue de terre, la haute justice dans sa seigneurie et le droit de supériorité sur d’autres justices. Il ajoute dans sa définition de la châtellenie que « l’honneur de la domination seigneuriale » réside au château, au manoir principal du fief 49. Il ressort clairement que les seigneurs de cette partie de la moyenne vallée de l’Hérault conçoivent leur pouvoir dans leur fief à l’identique du seigneur châtelain.

En ce qui concerne les marques de justice proprement dites, c’est-à-dire les piloris et fourches patibulaires, il ne reste au 18e siècle tout au plus que des traces toponymiques 50. Les piloris de l’Estang et de Saint-Amans-de-Teulet, dressés en 1388 et avant 1355, ont disparu depuis fort longtemps 51. L’ancien emplacement des fourches patibulaires de la seigneurie de Popian ne sert plus qu’à indiquer la séparation entre cette dernière et le terroir de Gignac 52. Il en est de même dans les seigneuries avoisinantes. La mémoire a gardé l’emplacement des fourches patibulaires de Fontès qui se trouvaient sur l’ancien oppidum du Céressou 53. A l’évidence, ce signe féodal a perdu toute son importance et de ce fait a disparu du paysage de la moyenne vallée de l’Hérault.

L’esthétique féodale ressort également, comme un leitmotiv, au travers de tous les droits honorifiques détenus par les seigneurs hauts justiciers.

A titre d’exemple, ils possèdent entre autres, dans cette partie de la moyenne vallée de l’Hérault, le droit de se qualifier seigneur du lieu en question, de porter le nom du village dont ils sont seigneurs, le droit de litres et ceintures funèbres, tant en dehors qu’à l’intérieur de l’église de la seigneurie 54, et le droit commun d’avoir un banc dans l’église 55.

Le droit au nom

En ce qui concerne le nom de la seigneurie, c’est souvent la seconde génération de seigneur qui ajoute au patronyme le nom soit d’une seigneurie soit d’un tènement ou d’un fief. Cette pratique est très courante au 18e siècle et permet d’individualiser les différents membres d’une famille. En outre, pour certains bourgeois nouvellement anoblis, l’addition d’une particule met en évidence leur nouvel état, à l’exemple de Pierre Durant, seigneur de Popian, qui ajoute de Lussac, nom d’un fief qu’il possède, à son nom 56. En 1754, un des fils de Jean Antoine Viel, baron du Pouget, ajoute à son patronyme le nom d’une seigneurie qui compose la baronnie l’Estang 57.

Le nom propre devient de la sorte la marque extérieure d’une ascension sociale. Il signifie la nouvelle appartenance et l’assimilation à long terme à la noblesse. Il apparaît ainsi comme un aspect social important. En ce qui concerne les seigneurs d’ancienne noblesse, l’ajout du nom de la seigneurie permet essentiellement d’individualiser la personne dans la lignée.

François de Lasset, seigneur d’Adissan et de Bélarga jusque dans la première moitié du 17e siècle, signe du nom Bélarga tous les actes notariés qu’il passe 58. En 1722, dans l’acte de mariage de François de Mirman, son père est appelé Mirman de Bélarga. En 1753 son fils apparaît sous le nom d’Adissan 59.

Les droits en matière religieuse

En ce qui concerne le droit de litres et de ceintures funèbres, rien ne permet de dire si les seigneurs l’exercent ou non. Il semble probable que dans les paroisses ce droit n’ait pas de réalité, car la plupart des seigneurs ne se font pas enterrer dans leur seigneurie mais à Montpellier.

Il semble même que certains seigneurs interdisent dans leur testament de mettre en pratique ce droit : le testament de François d’Arènes, « comte » de Plaissan mentionne un semblable refus « en premier lieu je recommande mon âme à la Très Sainte Trinité par les mérites infinis de notre Seigneur Jésus Christ (…) veux que mon corps soit enterré dans l’église paroissiale de Bélarga sans aucune cérémonie, ni frais funéraire que ceux qui seront d’une absolue nécessité et conformément aux règles de l’Église » 60.

En conséquence et à la différence des écrits de Babeau pour le reste de la France, il semble que les églises de l’Aumeladès ne se voient pas recouvrir, d’une bande noire à leur entour, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, à la mort des seigneurs justiciers 61. L’esprit de la réforme tridentine, dans sa volonté de dénuement et de recherche de l’héroïsme chrétien, s’oppose à l’exhibition de telles marques de deuil empreintes sur les murailles des églises après la mort des seigneurs pour honorer leurs mémoires. Cependant, à l’intérieur de l’église de Pouzols sur les piliers de la chapelle apparaissent des restes d’une bande noire, à l’évidence une litre. Malheureusement, il nous est impossible de savoir à quelle époque remonte cette trace de peinture 62.

Une seule fois ce droit surgit dans les papiers du Pouget, à la mort du président de Lunas, baron du Pouget. Sa veuve mentionne dans la succession que les funéraires s’élèvent à 1 299 liv. 19 sols.

Ils recouvrent les services, prières, litres et ceintures funèbres 63. A cette occasion, l’église Sainte-Catherine du Pouget se recouvre de ce signe funéraire. Le 9 août 1742, Antoine Jean Viel de Lunas, seigneur baron du Pouget, président en la Cour des Comptes…, âgé d’environ quarante- cinq ans, y est enseveli.

Outre les droits de litres, le seigneur lors de la bénédiction ou du baptême d’une nouvelle cloche est généralement choisi comme parrain. A titre d’exemple, en 1727, lors la bénédiction de la cloche de la paroisse de Saint-Amans-de-Pouzols se trouve présent en tant que parrain Jean Antoine Viel, seigneur et baron de Lunas, du Pouget, de Saint-Bauzille, de Saint-Amans et de Pouzols. La marraine est la femme de Jacques Eustache de Calmès de Lercare, seigneur de Brignac et de Lercare, Marie de Viveroi 64. Les droits honorifiques en matière religieuse dont jouit le seigneur du Pouget dans toute la baronnie apparaissent aussi dans un arrêt du parlement de Toulouse en date du 30 juin 1778. Les magistrats Toulousains rappellent à cette occasion que le baron et sa famille reçoivent au début de la messe dominicale, séparément du public et d’une manière distinctive, l’eau bénite lors de l’aspersion. Après l’Évangile lors du prône, les curés de la baronnie recommandent tous les dimanches et jours de fête le seigneur et sa famille aux prières publiques. Pendant l’offertoire le seigneur puis sa famille reçoivent le pain bénit immédiatement après les prêtres. Le 2 février, lors de la fête de la Purification, le baron, séparément du public, reçoit des marguilliers les cierges bénits 65.

L’arrêt du Parlement fait également défense aux marguilliers de faire des bancs à marque seigneuriale. Ces derniers devront par conséquence abattre les accoudoirs, agenouilloirs, fermetures et dossiers des bancs dans un délai de huitaine. L’honneur d’allumer les feux de joie revient au seigneur du lieu et en son absence à ses officiers de justice. Plus largement, il est interdit, sans autorisation expresse du seigneur, de préparer toute sorte de réjouissances publiques. En ce qui concerne l’allumage des feux, nous pouvons y voir l’empreinte de la lutte que livre l’Église aux anciennes croyances et plus particulièrement à celles qui entourent les feux de la Saint-Jean.

La prééminence du seigneur dans la communauté villageoise

Les magistrats rappellent en plus l’ordre de préséance dans les différentes cérémonies. Immédiatement après le seigneur et sa famille viennent les officiers de justice de la baronnie (viguier, juge, lieutenant de juge et procureur fiscal) suivis des consuls en chaperons, sous peine d’une amende de 500 liv. pour ces derniers 66.

Tous ces droits placent le possesseur de la baronnie à la tête de toutes les manifestations publiques officielles. Ainsi, tout regroupement de personnes est strictement contrôlé et hiérarchisé, toute fête populaire encadrée et limitée. La spontanéité disparaît pour laisser la place à l’ordre. La fête octroyée est la règle. Néanmoins, ces signes extérieurs matérialisant la puissance seigneuriale, la hiérarchie sociale, se révèlent être rejetés par les habitants des communautés rurales. A titre d’exemple, les charivaris se font spontanément et parfois se transforment en un défi vis-à-vis de l’autorité seigneuriale impuissante.

En 1784, la jeunesse du Pouget danse dans les rues et plans publics sans respect pour la défense seigneuriale de s’attrouper. Elle va même jusqu’à danser, chanter et jouer du fifre et du tambour, armée de bâtons ferrés, devant la porte de la demeure de l’Estang 67. Qui plus est, ce rejet se retrouve aussi dans le refus manifeste du port du chaperon par les consuls lors des cérémonies publiques et il faut les menacer d’une forte amende afin qu’ils s’en vêtent. En cela il faut voir une récusation de la hiérarchisation seigneuriale plutôt qu’un quelconque désaveu du rôle social de ce vêtement. Le chaperon, avec un bouton au-dessus de l’épaule aux couleurs du seigneur, apparaît comme une marque de dépendance envers le seigneur. Dans l’abstention de son port, c’est bien cette dépendance même qui est contestée. En 1767, la communauté de Canet et ses trois consuls remercient leurs seigneuresses de leur autorisation de porter un chaperon, à leur livrée, de couleur rouge et le petit rond qui se trouve au-dessus de l’épaule sera de la couleur « ventre de biche », conformément à leur permission 68.

Mais, le vêtement en tant qu’élément de différenciation des groupes sociaux reste un signe important. Le baron du Pouget ne reproche-t-il pas au premier consul, lors de son procès qui l’oppose à la communauté du Pouget, qu’il « se plaît dans l’illusion et la vanité, qui, de simple ménager, s’est persuadé de parvenir au rang de Gentilhomme, en usurpant le titre de noble, et en portant des armes, dont la décoration n’est point faite pour lui… » 69.

Ainsi, l’arrêt de 1778 révèle plus une réaction féodale désuète que l’acceptation par tous des marques de respect si ce n’est d’estime des habitants de la seigneurie. Les bancs à marques seigneuriales sont largement reproduits par les marguilliers et le seigneur du Pouget est obligé de faire appel au Parlement de Toulouse pour faire accepter ses droits.

Un autre droit honorifique, vestige de la féodalité dominante, persiste malgré de nombreuses contestations la prestation de serment par les nouveaux consuls entre les mains du seigneur haut justicier. Certes, les consuls ne prêtent plus serment à genoux, ainsi que cela peut se rencontrer dans un arrêt du Parlement de Toulouse en date du 15 mars 1607 les y condamnant, néanmoins ils doivent toujours se rendre auprès du seigneur en signe de soumission 70. Très souvent, en l’absence du seigneur non résidant dans la seigneurie, ils prêtent serment auprès de l’officier de justice, comme cela se pratique à Adissan, à Saint-Bauzille-de-la-Silve ou encore à Pouzols 71. En ce qui concerne Le Pouget, un contentieux existe entre le baron et la communauté au sujet de la nomination par le premier des trois consuls.

Les magistrats Toulousains en 1778 reconnaissent dans un arrêt, fortement marqué par la réaction féodale, à Jean- François Xavier Daudé, vicomte d’Alzon et baron du Pouget, la possibilité de choisir sur une liste consulaire trois sujets qu’il jugera à propos pour occuper ces fonctions.

Les nouveaux consuls désignés de la sorte prêteront serment entre les mains du seigneur dans son château, ou en son absence entre les mains de ses officiers. Après la prestation de serment, ils seront tenus de faire une visite en chaperon au baron, ou en son absence à ses officiers 72.

Un arrêt du conseil du roi du 4 mai 1787 casse l’arrêt du Parlement de Toulouse et rend les élections libres. Dorénavant, les consuls doivent seulement prêter serment en chaperon postérieurement à l’élection 73.

Après cette lutte de plusieurs années entre le seigneur et la communauté, Le Pouget entre dans le droit commun en cette matière de cette partie de la moyenne vallée de l’Hérault. Les nouveaux consuls prêtent serment au seigneur « de bien remplir les devoirs de leur charge », mais en pratique ils le font devant un des officiers de justice. Dans ce cas, la « reconnaissance » féodale des consuls ne se transforme-t-elle pas en un serment de droit public, fait à l’autorité publique en la personne du juge ? Toute fidélité seigneuriale, de droit privé, disparaît au profit de la fonction consulaire.

Dorénavant deux pouvoirs distincts coexistent dans la seigneurie.

Enfin, un droit tout formel reste en la possession de certains seigneurs celui de publier en son nom le ban des vendanges. Droit formel car le détenteur de la haute justice ne fait qu’enregistrer la fixation du jour du début des vendanges décidé par des prud’hommes de la communauté. Adissan et le Pouget entrent dans cette catégorie 74. En ce qui concerne Saint-Bauzille-de-la-Silve, ce sont les consuls qui fixent et annoncent la date de début des vendanges. Le seigneur ne possède même plus le droit de publication 75.

Dans ce dernier cas, la fiction que représente ce droit seigneurial n’existe même plus, le seigneur n’occupe plus aucune place en matière de commandement.

Au terme de cet article, qui ne prétend pas épuiser le sujet, il est nécessaire d’insister sur le fait que la possession de la richesse et de la culture permet à cette récente noblesse de robe de s’imposer comme la nouvelle élite. Au siècle des Lumières, l’argent forme cette nouvelle minorité disposant de privilèges. En rachetant les seigneuries ou en s’alliant à l’ancienne noblesse féodale, elle impose un renouvellement des critères architecturaux et en corollaire, celui de la vision du pouvoir. Il ne suffit plus d’être bien né pour gouverner mais encore faut-il avoir un patrimoine important et détenir une culture suffisante. Le noble démuni, même d’ancienne souche, et sans plus de connaissance que son fermier, se voit rejeté par la société qui surgit. Cette nouvelle élite montre parfois à travers certaines réactions de type féodal un attachement au passé mais à un passé qui aurait perdu son âme.

La réaction féodale du baron du Pouget se manifeste comme essentiellement formelle, sans fondement quelconque si ce n’est la domination financière. Cependant, il ressort aussi que ces magistrats montpelliérains restent en partie attachés à un certain classicisme qui se retrouve autant dans l’architecture que dans l’ornementation des jardins.

Ce n’est qu’avec l’apparition dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de la haute noblesse, comme les Conti, que l’austérité régionale disparaîtra réellement. Ainsi, l’esprit des courtisans reste encore assez éloigné des préoccupations provinciales.

État des châteaux de l'Aumeladès

1. Le Pouget

Deux châteaux (le vieux, noble et l’Estang, rural), un moulin bladier, noble et un autre à huile, rural et allodial. Une partie du droit de courratage est rachetée par le seigneur. Ce droit est un droit rural et allodial (ne fait pas partie des hommages dus), acquis par Viel de Lunas.

Description au 18e siècle : Les seigneuries du Pouget et de Saint-Amans-de-Teulet s’étendent sur 1 391 hectares et les communautés se composent de 709 personnes en 1780.

Le château de l’Estang se trouve hors du village en campagne. Il est entouré de fossés, flanqué de quatre tours avec sa basse-cour, prisons, garenne, écuries, pailler, maison pour le jardinier, poulailler, bergerie, une ménagerie où se trouve un four à cuire le pain, jardin avec son puits à roue, champs, aire, prés, vignes et olivettes, contenance du château et couverts, 262 cannes les cours et aisances, 115 cannes ; la bergerie, 99 cannes ; le cazal & abonau, 74 cannes 5 pans, et les terres, environ 270 sétérées.

Actuellement, le château féodal du Pouget ou « château royal de Mailhorque » conserve extrêmement peu de vestiges apparents. Quelques baies géminées à caractère somptueux du XIVe siècle ont été réutilisées au XIXe siècle. Initialement, le château primitif devait être de forme rectangulaire accosté partiellement de fossés. Entre le XIIIe et le XIVe siècle, consécutivement à l’installation des rois de Majorque dans la seigneurie de Montpellier, le château d’origine est abandonné au profit d’un nouveau bâtiment, intégré à l’enceinte collective et commandant la porte principale de la cité. Ainsi, le vieux donjon central se voit abandonné par le seigneur pour une nouvelle maison excentrée mêlée aux maisons villageoises.

Le château de l’Estang se distingue encore par son entrée en forme de pavillon qui s’ouvre sur une cour d’honneur. Cet espace intérieur est bordé par des bâtiments forme un plan en U ouvert sur une pinède.

2. Saint-Bauzille-de-la-Silve

Description au 18e siècle : La seigneurie de Saint-Bauzille-de-la-Silve s’étend sur 863 hectares et la communauté se compose de 354 personnes en 1780.

Le château est pourvu de deux tours, une basse-cour, un parterre, four à cuire le pain et espace de terrain devant l’entrée du château, le tout contigu confrontant en corps de marin (vent du sud-est) le plan du puits commun et le jardin du curé, de grec (vent d’Est) le cimetière pour le parterre et un espace de terrain pour le four près du cimetière 76.

Contenance de l’ensemble 246 cannes carrées, savoir le château 49, la basse-cour 104, le parterre 70, le fout 14 et J’espace devant le château 9 cannes.

Actuellement, cette ancienne demeure villageoise, dont la façade est un morceau de l’ancienne muraille, ne conserve rien de son prestige d’antan. Son état de décrépitude avancé enlève tout intérêt à ce « château ».

3. Saint-Amans-de-Teulet

Les prieurs du lieu et les seigneurs du Pouget en sont seigneurs au XVIIIe siècle.

Recherche archéologique : La tour de Teulet, une des premières initiatives de construction post-carolingienne, se situe au centre d’un coteau semi-artificiel sur le tènement de Pater-Nostre. Son allure générale peut faire penser à celle d’une motte. Elle se distingue au sol par un massif rectangulaire maçonné de 8,50 m de long et de 6 m de large. L’épaisseur des murs peut atteindre 1,50 m. L’emprise de cette construction lourde et massive est de 51 m2 ce qui exclurait l’existence d’un habitat aux abords de la tour.

4. Popian

Le château construit sur un pioch domine le village. Les bâtiments du château ont été profondément réaménagés au XIXe siècle.

Description au 18e siècle : La seigneurie de Popian s’étend sur 586 hectares et la communauté se compose de 158 personnes en 1780.

Un château noble « fort vieux » où il a fait faire plusieurs réparations auquel il y a deux tours et deux ponts-levis ruinés, la plus grande partie est entourée de fossés avec les logements qui suivent : au bas de la descente du château se trouve une grande cour où se trouve d’un côté une maison réparée, appelée de Prunet.

De l’autre côté de la cour se trouve trois petites maisons en ruines qui serviront une fois réparées aux écuries et greniers.

Actuellement : Le château de Popian de masse rectangulaire, abritant la mairie et une école, conserve une tour ronde en voie de restauration et un pont à deux arches avec rampe à balustres. La tour ronde isolée du reste du corps du bâtiment peut être datée grâce à l’architecture de ses baies et par ses aménagements défensifs (canonnières en flanquement) de la première moitié du XVIe siècle.

5. Tressan

Description au 18e siècle : La seigneurie de Tressan s’étend sur 392 hectares et la communauté se compose de 349 personnes en 1780.

— Un château, du XIIIe siècle, avec son pigeonnier, une partie de basse-cour, une écurie, une écurie-bergerie, deux patus et la terrasse et le fossé autour du château.

— Une partie de la basse-cour est rurale.

— Le château fait 116 cannes.

— La basse-cour 106 cannes.

— L’écurie 25 cannes et l’autre écurie 12 cannes, la bergerie 46 cannes.

— Un patus 121 cannes, 1/4 de patus 9 cannes

— 1/4 de terrasse 171 cannes, les 3/4 du fossé 72 cannes.

Plus une partie d’un champ appelé le Verger au-dessous du château : 12 sétérées 20 cartes 31 dextres.

Actuellement : Entre le XIIIe et le XIVe siècle, le château s’intègre à l’enceinte collective et commande la porte principale du bourg. A ce moment cette demeure seigneuriale n’occupe plus le centre du village et ainsi n’apparaît plus comme le centre de la vie communautaire.

L’état de cette ancienne demeure seigneuriale est médiocre et les seuls restes d’éléments architecturaux sont les fenêtres renaissances sur sa façade.

Selon Mestre, le château de Tressan bien avant le XVIIe siècle apparaissait avec une enceinte fortifiée de forme carrée avec des tours de ronde dans l’épaisseur. En son centre se trouvait un bâtiment flanqué de deux tourelles rondes 77.

6. Puilacher

Description au 18e siécle : La seigneurie de Puilacher s’étend sur 268 hectares et la communauté se compose de 50 personnes en 1780.

— Un château, du IXe et Xe siècle, avec son pigeonnier.

— La seigneurie est attenante d’une part à Plaissan et d’autre part à l’Estang du Pouget. L’église est une annexe de celle de Tressan.

— La terre de Puilacher n’aurait pas plus d’un quart de lieue en longueur et autant en largeur. Il n’y a que dix feux habités par des ménagers et des laboureurs, sans compter le presbytère.

— Le château de Puilacher comporte une porte plein cintre avec des encadrements de pilastres et un fronton triangulaire sans édicule.

Actuellement : L’excellent état de conservation de ce château de masse rectangulaire offre au regard de nombreux vestiges. Cette demeure conserve une tourelle ronde à l’angle nord ainsi que sur la façade ouest de nombreuses fenêtres renaissances. La porte d’honneur garde tout son air grandiose.

7. Bélarga

Deux châteaux existent, un féodal dans le village et un à l’extérieur (Lavagnac).

L’établissement du château, attenant à un moulin, et d’un bourg à cet endroit apparaît en 1281.

L’ancien château de Campagnan est une antique fortification féodale, construite entre le IXe et Xe siècle. Ce lieu faisait partie de la paroisse de Bélarga.

Description au 18e siècle : La seigneurie de Bélarga s’étend sur 413 hectares et la communauté se compose de 231 personnes en 1780.

— Le château noble de Bélarga se trouve dans le lieu en bordure du fleuve Hérault, près du moulin à bled. Il possède un pigeonnier. Hors du château se trouvent une écurie et un grenier à foin.

— Le château se compose d’une cour ou terrasse avec un petit jardin sec derrière.

— Il confronte de terral (vent du nord-ouest) la muraille du lieu et la rivière d’Hérault, de Narbonne (vent d’ouest) le chemin qui va au moulin bladier et l’entrée du château, du grec (vent d’est) un cazal de la communauté.

— Il fait 88 cannes 6 pans, la cour 191 cannes 3 pans et le jardin 10 dextres.

Actuellement : Le château excentré par rapport au village est en bon état, de masse rectangulaire, dont il reste une tour ronde. La façade est percée de fenêtres du XVe siècle, décorées d’un bossage au XVIIe siècle.

Il ressort de l’appareillage un grand soin dans sa construction. La porte d’honneur au décor identique est surmontée d’un fronton triangulaire interrompu par un édicule.

Encore en 1828, ce château conservait, en plus une tourelle sur son élément médiéval de la pointe ouest.

8. Lavagnac

Ce château se trouve sur les bords de l’Hérault hors de toute agglomération entre Bélarga et Montagnac. Son plan général date de 1632. La physionomie de ce château apparaissait avec quatre grands corps cantonnés de tourelles en encorbellement et dressés sur trois niveaux autour d’une cour centrale carrée. Une sorte de donjon-pavillon émergeait d’un corps principal et paré d’un balcon en fer forgé. Des travées de croisées à meneaux apparaissaient sur la façade.

Actuellement : Il ne demeure que trois côtés du quadrilatère initial et le pavillon central a disparu ainsi que les croisées à meneaux. Le caractère Empire que reflète ce château actuellement provient vraisemblablement des rénovations du début du XIXe siècle.

Deux corps d’orangerie symétriques perpendiculaires au corps central sont reliés entre eux par une galerie.

Du côté du fleuve et du jardin, la façade principale est entièrement reconstruite en pierre de taille. Cette façade monumentale et sobre de 70 m se trouve ajourée de dix-neuf baies en rez-de-chaussée.

Seule une porte-fenêtre centrale avec un petit balcon vient interrompre la façade principale qui surplombe un parterre retracé en même temps que la restauration du château.

9. Adissan

Description au 18e siècle : La seigneurie d’Adissan s’étend sur 446 hectares et la communauté se compose de 319 personnes en 1780.

Un château noble avec offices et écuries, un four banal seigneurial dans le village, un moulin à huile banal possédé par un particulier et le droit de courtage qui appartient au seigneur du lieu 78.

Le château, excentré par rapport au reste du village, consiste en trois tours et autres bâtiments, orangerie, écurie jasse, « terrasse dans laquelle à un degré à deux montées pour aller au premier appartement » sur le devant une galerie en pierre de taille, autre degré à deux descentes au fond de ladite terrasse sous le plafond duquel est une fontaine avec un bassin en forme de coquille, parterre avec un grand vivier, au milieu un jet d’eau. Un jardin avec fruitiers coupé par deux grandes allées en croix au milieu desquelles se trouve un grand vivier rond formé avec des pierres de taille et un autre grand jet d’eau au milieu du pré. Un champ avec des mûriers, le tout joignant.

— Il existe au XVIIe siècle un pigeonnier dans le jardin joignant le château.

— En 1668-1761, l’eau qui passe dans le jardin sert au moulin à huile. Les canaux conduisent l’eau au jardin.

— L’eau vient de la canonade du jeu de paume et se jette dans le puits du moulin à huile.

— Le jardin est composé de terrasses, d’allées de buis Grenadiers et Laurentins, de palissades et d’un parterre.

Actuellement : Ce château fut l’objet de partages au XIXe siècle et toute la partie nord qui entoure la place de l’église est actuellement séparée de l’actuel édifice.

Il conserve deux tours sur trois mais a perdu les viviers en pierre de taille et les deux grandes allées d’arbres en forme de croix. Les transformations architecturales encore visibles datent pour l’essentiel du XVe et XVIIe siècle.

Les restes de l’escalier d’honneur du XVIIe siècle, remanié à la fin du XIXe siècle, permettent d’imaginer l’impression de magnificence qui se dégageait de ce lieu. En outre, un début de symétrie se fait jour sur la façade avec ses fenêtres régulières, sa porte d’entrée centrale et les deux portes du XVIIe siècle en rez-de-chaussée faces à l’escalier. Malheureusement, une de ces deux portes a disparu au début du XXe siècle.

Notes

1.Constant (J.-M.), La noblesse Française aux XVIe et XVIIe siècles, Paris, 1985, pp. 97-104.

2.A.D.H., 2 E 62/177, Jacques Laboissière, notaire à Montpellier, 27 juin 1720.

3.Le pays de l’Aumeladès et la vicomté de Plaissan, politiquement et géographiquement, possèdent des limites très nettes. Ces deux fiefs de dignité forment une unité géographique indiscutable. Géographiquement, les frontières de cette contrée se calquent sur des barrières naturelles. D’un côté, le causse d’Aumelas, qui varie entre 300 et 339 mètres environ pour son plus haut sommet, est une barrière bien accusée entre la vallée de l’Hérault et la plaine de Montpellier qui s’étend jusqu’à la mer. Ce plateau calcaire vient mourir avec la montagne de la Moure au pied des villages de Villeveyrac et de Poussan. D’un autre côté, ces deux fiefs de dignité s’étendent, pour leur essentiel, sur les premières terrasses fluviatiles de l’Hérault, de Gignac à Montagnac. Ils se composent d’une vingtaine de petits piochs, formant ainsi une chaîne de monticules qui commence au tènement de Pater Noster, à Saint-Amans-de-Teulet, et s’éteint avec la montagne de la Moure. Toutes les seigneuries établies dans ces deux contrées forment un paysage de petites terrasses oscillant entre 40 et 90 mètres d’altitude. La baronnie du Pouget et la vicomté de Plaissan se présentent sur un territoire homogène de 6 923 hectares. Politiquement, l’Aumeladès fait partie de l’enclave Nord-Orientale de la vicomté de Béziers dont le fleuve Hérault marque la frontière entre le Lodévois et la vicomté Biterroise. Ce territoire excentré fait ainsi face aux cités de Lodève, de Clermont-l’Hérault mais aussi de Montpellier. Qui plus est, elle forme une terre de transition entre la plaine littorale et l’arrière-pays montagneux du Rouergue. A ce titre, la tour puis la ville de Gignac et le château de Bélarga, à chaque extrémité de la baronnie du Pouget, se révèlent des places importantes grâce au contrôle qu’elles exercent sur les deux passages du fleuve.

4.Voltaire, Dictionnaire philosophique, T. I, Société littéraire typographique, 1785, Paris, p. 151, mot Agriculture.

5.A.D.G., 1 E 1831, archives Faventine.

6.Appolis (E.), Un pays languedocien au milieu du XVIIIe siècle. Le diocèse civil de Lodève étude administrative et économique, Albi, 1951, p. 25.

7.Nougaret (J.), Pézenas, évolution urbaine et architecturale du 16e à la fin du 18e siècle, thèse d’histoire de l’Art, Montpellier, 1969, p. 251.

8.A.D.H., 2 E 56/557, Augustin Clément, notaire à Montpellier, p. 556. Le setier est une unité de mesure des grains équivalente à 73, 33 litres au Pouget, à Saint-Bauzille, à Tressan, à Puilacher, à Popian, à Pouzols et à Gignac. En ce qui concerne Adissan, Bélarga et Plaissan le setier est de 63,03 litres comme à Pézenas.

9.A.D.H., I E 1434, chartrier du Pouget. La table d’inventaire consiste en tous les biens mobiliers qui font partie de l’exploitation. Ex. bêtes à laine, animaux de trait avec leurs équipements, matériel vinaire, outils agricoles, vin et grains.

10.  Bled: ancien français, céréales. Le blé est la plus répandue dans l’Aumeladès. Deux qualités existent : la touzelle qui est la meilleure qualité et le froment de qualité inférieure. Le méteil ou melteil est un mélange de plusieurs espèces de céréales, généralement froment et seigle, que les paysans sèment et qu’ils récoltent ensemble.

11.  A.D.H., 14 F 53, vente de Lavagnac.

12.  AN., R3 62, archives Conti sur Lavagnac. A.D.G., I E 1791, archives Faventine.

13.  A.D.H., C 5005, n° 310, déclarations du Vingtièmes de Saint-Bauzille. La sétérée est une unité de mesure valant en moyenne dans cette partie de la moyenne vallée de l’Hérault 24,69 ares, excepté à Popian ou elle est égale à 15,80 ares et à Plaissan à 47,40 ares.

14.  Ramonet : chef de culture dans l’agriculture, sous la forme d’exploitation directe. Ramonétage, lieu où réside le ramonet, état de ramonet.

15.  A.D.H., 1 E 1465, chartrier du Pouget.

16.  Droit de prélation les seigneurs de l’Aumeladès peuvent lors d’une mutation de bien immobilier renoncer à la perception des droits de lods et effectuer un retrait censuel, féodal, c’est-à-dire, réunir la tenure vendue à leur domaine en payant à l’acquéreur le prix et les frais de l’acquisition. Le seigneur peut user de ce droit durant une année à compter du jour de la dénonciation par l’acquéreur de son acquisition. Si le nouveau tenancier ou vassal ne fait pas de dénonciation, le droit du seigneur se prescrit alors par trente ans. Le terme prélation regroupe sous un même droit le retrait censuel et féodal, malgré le refus par le Parlement de Toulouse de reconnaître ce dernier droit. Pour plus de renseignements sur l’application de ce droit voir Huppe (Ph), Le gisant de la féodalité dans l’ombre des Lumières. La féodalité dans la baronnie du Pouget et la vicomté de Plaissan au 18e siècle, Éditions Manique Mergoil, 1998.

17.  Le Roy Ladurie (E.), Les paysans du Languedoc, Paris, 1969, pp. 298-299.

18.  A.D.H., C 5010, déclarations du Vingtième de Tressan.

19.  A.D.H., 1 Mi 354 R1, compoix de Tressan de 1770.

20.  Les possessions vicomtales de Plaissan comprennent les domaines de Lavagnac, de Roquemengarde, la Grangette, de Béluguete, le domaine de Saint-Pons-de-Mauchiens, la grange de Montmau et le domaine de Bélarga.

21.  A.D.G., 1 E 1791, archives Faventine.

22.  Appolis (E.), op. cit., p. 88.

23.  Touzery-Salager (A.), Les châteaux de la région montpelliéraine à la veille de la Révolution, thèse d’histoire de l’Art, Université de Provence, Aix-Marseille I, Oct. 1988, p. 19.

24.  A.D.H., I E 1465, chartrier du Pouget.

25.  A.D.H., 1 E 1437, chartrier du Pouget.

26.  A.D.H., 1 E 1474, chartrier du Pouget.

27.  Nougaret (J.), De la maison forte à la maison des champs, in V.M.F., avril 1983, pp. 58-69.

28.  A.D.H., 2 E 57/539, Jacques Rey, notaire à Paulhan, 13 avril 1668.

29.  Nougaret (J.), op. cit., pp. 58-69.

30.  A.D.H., 2 E 82/11, Raymond Nougarède, notaire à Bélarga, 20 avril 1693.

31.  A.D.H., 2 E 69/154, Pierre Annequin, notaire à Pézenas, 6 juin 1764.

32.  A.D.H., 2 E 51/8 1, Mathieu Poussou, notaire à Adissan, n° 127, 287 et 453.

33.  Nougaret (J.), Pézenas, évolution urbaine et architecturale du 16e à la fin du 18e siècle, thèse d’histoire de l’Art, Montpellier, 1969, p. 271. Touzery-Salager (A.), op. cit., p. 17.

34.  Nougaret (J.), op. cit., p. 177. Touzery-Salager (A.), op. cit., p. 5.

35.  Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Gignac un canton de la moyenne vallée de l’Hérault, Paris, 1992, p. 30.

36.  A.D.H., 2 E 69/153, 1759-1762, Pierre Annequin, notaire à Pézenas, p. 1050. Voir aussi : A.D.H., 67 EDT FF/1, justice de Fontès. Les mesures y portent les armes des seigneurs de Fontès.

37.  A.D.H., Sous-série 10 B, T. 1, Ordinaires d’Adissan, n° 42, 4 mai 1784.

38.  Actuellement visible dans la nef de l’église de Pouzols. A.D.H., 1 Mi 266-267, visites pastorales. Inventaire général des monuments et richesses artistiques de France. Gignac un canton de la moyenne vallée de l’Hérault, 1992 p. 67. Caux (H. de). Catalogue général des Gentilshommes de la province de Languedoc, Pézenas, 1676 p. 44.

39.  A.D.H., I E 1437, 1737 Hommage au baron du Pouget.
A.D.H., I E 1474, 17août 1688, dénombrement la terre de Popian.
A.D.H., I Mi 482, compoix d’Adissan 1696 à 1778.
A.D.H., B 11060, compoix de Saint-Bauzille-de-la-Silve 1779.
Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Gignac un canton de la moyenne vallée de l’Hérault, 1992, p. 70.

40.  Touzery-Salager, op. cit., p. 17.

41.  A.D.H., I Mi 482 compoix d’Adissan 1696 et 1778.
Rey Lacroix, Histoire de Montagnac, Béziers 1843, art. Adissan.

42.  Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France Gignac un canton de la moyenne vallée de l’Hérault, 1992, p. 30.

43.  Touzerv-Salager (A.), op. cit., p. 17.

44.  Cambolas (J.), Décisions notables sur diverses questions du droit, Toulouse, 1735, p. 520.

45.  A.D.H., 1 E 1474, chartrier du Pouget.

46.  A.D.H., 2 E 37/209, Jean-Antoine Pons, notaire à Gignac, pp. 314 et 335.

47.  A.D.H., 2 E 25/235, Jean André, notaire à Canet, p. 254.

48.  Série E suppl. Gignac, CC 26, compoix fait en 1748 avec annotation de 1778.

49.  Ferriere (C.-J. de), Dictionnaire de droit et de pratique, T. 2, Paris, 1769, p. 164.

50.  Pilori : Marque de haute justice. Poteau qu’un haut justicier fait élever à un carrefour pour marque de sa seigneurie et où sont placés ses armes et ordinairement un carcan. Le pilori sert aux punitions corporelles non capitales et se trouve en général à l’intérieur d’une ville ou village, à la différence des fourches patibulaires ou gibet, qui se trouvent hors des villes et qui servent qu’aux supplices capitaux.
Ferriere (C.-J. de), op. cit., p. 578.

51.  H., 1 E 1465, chartrier du Pouget (l’Estang).
A.D.H., 1 E 1461, chartrier du Pouget (Saint-Amans-de-Teulet).

52.  A.D.H., 1 E 1474, chartrier du Pouget.

53.  Bigot-Valention (abbé), Histoire populaire de Fontès et de ses environs, Montpellier, 1878, p. 216.

54.  Droit de litre : lors de la mort du seigneur haut justicier, ses héritiers peuvent faire peindre, sur les murs extérieurs mais aussi intérieurs de l’église paroissiale, une ceinture funèbre, appelée litre, qui consiste en une bande noire, avec les armoiries du défunt.

55.  Le droit de banc est de droit commun pour les seuls seigneurs hauts justiciers et les patrons. Le seigneur haut justicier peut placer son banc dans le lieu le plus honorable et dans le chœur de l’église. Toutes les autres personnes doivent en demander l’attribution, souvent moyennant finance, aux marguilliers des églises. Seuls ces derniers peuvent faire des règlements touchant à l’emplacement ou au déplacement des bancs.
Ces attributions dans une église ne durent que le temps de la vie de l’usager ; ce droit est personnel, viager et révocable. Pour plus de renseignement sur l’application de ce droit voir : Huppe (Ph.), Le gisant de la féodalité dans l’ombre des Lumières. La féodalité dans la baronnie du Pouget et la vicomté de Plaissan au 18e siècle, Éditions Monique Mergoil, 1998.

56.  A.D.H., 2 E 62/177, Jacques Laboissière, notaire à Montpellier, 11 mai 1719.

57.  A.D.H., 2 E 62/218, 1754, Ricard, notaire à Montpellier, p. 377.

58.  A.D.H., 2 E 25/278, Jean Astruc, notaire à Paulhan, pp. 2, 11.

59.  Arch. Municipales de Montpellier, Actes de mariage des paroisses de N. D. des Tables.

60.  A.D.H., 2 E 82/16, Jean Nougarède, notaire à Bélarga, 2 mai 1716, enregistrement du testament de François d’Arènes, Comte de Plaissan…

61.  Babeau (A.), Le village sous l’ancien régime, réed. de 1878, Genève, 1978, p. 183.

62.  Actuellement visible dans une chapelle latérale de l’église de Pouzols.

63.  A.D.H., 2 E 62/589, 1772, succession du Président de Lunas et de messieurs de Lestang et de Sourlan, fils du Président.

64.  A.D.H., 1 Mi EC/215 R1, Pouzols état civil.

65.  L’aspersion avec l’eau bénite est réservée au célébrant de la messe. L’officiant, à genoux sur le degré inférieur de l’autel, asperge trois fois avec l’aspersoir trempé dans l’eau bénite le devant de l’autel, en chantant, selon le temps, Asperges me ou bien au temps pascal Vidi aquam. Puis, il se lève et asperge les ministres, les clercs en commençant par les plus dignes et immédiatement après le seigneur et sa famille. Ensuite il se dirige, en tournant sur sa droite, vers l’allée centrale de l’église qu’il parcourt en aspergeant les fidèles, à l’aller du côté de l’épître et au retour du côté de l’évangile. Tout en aspergeant, il récite à voix basse le psaume Miserere ou Confitemini.
– Le pain bénit est un substitut à la communion pour les fidèles indignes de communier. Après l’offertoire le prêtre se présente au balustre où la personne qui présente le pain l’attend et y bénit le pain. Le pain ainsi béni sera par la suite coupé et distribué dans toute l’église par un marguillier.
Ce pain particulier était présenté en premier au clergé, ensuite au seigneur justicier et ensuite aux fidèles. Chaque paroissien offrait à son tour le pain qui devait être béni à la messe.
– La bénédiction des cierges est faite par celui qui célèbre la messe lors de la fête de la Purification (2 février ). Les cierges bénis par le célébrant se trouvent au côté de l’épître. Après leur bénédiction, le prêtre distribue un cierge à chaque clerc présent puis les marguilliers de la paroisse en apportent un au seigneur et à sa famille et ensuite les fidèles se rendent à l’autel pour recevoir des mains du prêtre un cierge bénit.
–      Le Prône comprend les prières, les annonces des fêtes, des jeûnes, des abstinences.., et les instructions qui se font après l’Évangile de la messe paroissiale.

66.  A.D.H.G., B 1776, f° 415, 30juin 1778, arrêt de la Grand Chambre. A.D.H., I E 1452, chartrier du Pouget.

67.  A.D.H., Sous-série 10 B, T. 9, Ordinaire du Pouget, n° 29.

68.  A.D.H., 2 E 71/29, Guillaume André, notaire du Pouget, 11 octobre 1767.

69.  A.D.H., 8 F 150, procès entre le baron du Pouget et la communauté du Pouget.

70.  A.D.H., 1 E 14, mention de l’arrêt du Parlement de Toulouse.

71.  A.D.H., 2 EDT BB 1, 1704-1723, délibérations communales d’Adissan.
A.D.H., 160 EDT, BB 6, 1731-1738, délibérations de Saint-Bauzille-de-la-Silve.
A.D.H., 160 EDT, BB 11, 1782-1794, délibérations de la communauté de Pouzols.

72.  A.D.H., 1 E 1452, chartrier du Pouget.

73.  A.D.H., A 124, nomination des consuls et des officiers de justice par Daudé d’Alzon. Recueil des Édits, déclarations…

74.  A.D.H., 1 E 1452, chartrier du Pouget.
A.D.H., 2 EDT BB 1, 1704-1723, délibérations communales d’Adissan.

75.  A.D.H., 160 EDT, BB 10, 1773-1782, délibérations de Saint-Bauzille-de-la-Silve.

76.  Les directions sont données en fonction des vents :
– vent du Nord-Ouest : taraou (terral) ;
– vent du Nord-Est : aquilo ; nom romain qui vient du mot noir ;
– vent du Sud-Est : vent d’autan (de : ab alto) ou marin ;
– vent d’Est : le grec, froid et humide ;
– vent d’Ouest : narbonnais.

77.  Mestre (J.), Histoire de la ville de Gignac et des communes de son canton des origines à 1900, Arts et Traditions Rurales, 1988, p. 209.

78.  Droit de courtage : droit qui émane du droit de police des marchés et de la surveillance des poids et mesures. Droit de poids et mesures sur les transactions les plus usuelles.