Catégorie : Étiquette :

2.00

Description

Patrimoines, marqueurs et identités dans la zone frontalière de la vallée l’Hérault :
Vers une nouvelle société rurale ?

Il est de bon ton aujourd’hui de postuler que les sociétés locales sont rentrées dans une ère nouvelle et connaissent une mobilité accrue, se complétant d’une sociabilité développée sur la base de réseaux via la communication électronique, de la multi appartenance et de la substitution de groupes d’intérêts économiques ou culturels à la traditionnelle solidarité spatiale. La banalisation des territoires, devenus simples supports de l’activité humaine deviendrait la règle et aboutirait à la fin des identités spatiales, en particulier en zone urbaine et périurbaine, le rural étant amené à suivre cette évolution.

Si cette tendance peut trouver sans doute quelques illustrations, on constate pourtant que le « local » garde une grande importance dans les modes de vie et les représentations et qu’il est l’objet d’investissements économiques, sociaux et culturels. Parmi les diverses figures de la localité, les sociétés rurales nous semblent chercher de nouvelles voies. Pour une grande partie d’entre elles la population s’est renouvelée et diversifiée ; l’activité économique s’est transformée, en réduisant le secteur agricole, mais en important aussi du chômage structurel ; la relation avec le monde urbain s’est intensifiée. Certains groupes sociaux qui investissent leurs territoires jouent d’appartenances diversifiées, et les associations nouvelles qui émergent rompent avec les usages traditionnels. On peut ainsi parler de nouvelles sociétés rurales.

Comment ces dernières luttent-t-elles contre la tendance à l’homogénéisation ? Le traitement du patrimoine est sans doute une réponse à l’urbanisation des sociétés rurales, c’est à dire un symptôme et un remède. Car la culture locale ne se construit plus d’une façon endogène en mettant à profit les ressources locales (particularités géographiques, héritage historique, traditions, savoirs-faire) mais se construit sur la base d’emprunts et d’introductions de nouveaux modes de vie (souvent importés par les nouveaux habitants, liés à des métiers du tertiaire, vus à la télévision…) qui organisent des syncrétismes. Comment interviennent les acteurs publics dans ce changement social ? L’homogénéisation tant redoutée est-elle freinée par l’activité créatrice des collectivités locales ? Ces dernières sont d’abord des lieux d’échange qui offrent des réponses spécifiques à des questions qui concernent l’ensemble de la société. De ce point de vue les communautés humaines « entre deux mondes », celles qui habitent le péri-urbain lointain, sont intéressantes. La Vallée de l’Hérault en particulier offre un exemple de ces évolutions et de réponses spécifiques qui lui sont faites.

Un espace frontalier : les localités contre la vallée

En dépit d’un identification rhétorique précoce unifiante proposée au début du XXe siècle par l’érudit historien, botaniste et poète local Gaston Combarnous qui y verra « le coeur de l’Hérault », la vallée de l’Hérault fut bien davantage connue pour son morcellement et son incapacité à faire territoire, que pour son caractère identitaire, alors que paradoxalement son cours d’eau donne son nom au département

Le fleuve éponyme qui traverse cet espace, lui même fut longtemps peu mis en valeur quand ce n’est pas ignoré. Il est vrai qu’il se rendit célèbre par des inondations et des débordements historiques réguliers et multiples, notamment en 1907. Et nombre d’ingénieurs (comme Duponchel en 1860 et d’autres plus tard) ont tenté de le réduire, avant que le lac du Salagou lui-même ne soit créé dans les années 1960 pour soumettre, en vain ses excès. S’il fut connu surtout pour sa capacité à offrir au XIXe siècle une source d’énergie aux moulins, aux usines locales spécialisées dans le textile ou les cuirs, et plus tard des gravières aux industriels, les traditions locales l’ont ignoré. La rupture du barrage municipal de Gignac dans les années 1960, témoigne dans un certain sens, de ce discrédit local. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

7

Auteur(s)

Richard LAURAIRE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf