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Description

Origine et histoire du BnF Latin 3881 :
l’évêque de Maguelone Galtier et l’érudit montpelliérain Jean de Rignac

Introduction

Le manuscrit latin 3881 de la Bibliothèque nationale de France est intéressant à plus d’un titre. La quasi-totalité des textes qu’il contient a fait l’objet d’études, parfois anciennes, parfois très fouillées : le Polycarpus, par Paul Fournier ; sa version du Liber Sententiarum Magistri A., exhumée par Hermann Hüffer, qui a servi à Paule Maas pour établir l’édition de ce texte ; des canons de conciles, qui furent utilisés entre autres par Baluze lorsqu’il travailla à ses rééditions posthumes du De concordia sacerdotii et imperii de Pierre de Marca et, plus récemment, par Robert Somerville ; Roger E. Reynolds a, quant à lui, donné une analyse détaillée de l’Epistula ad Leudefredum.

Nous allons nous pencher ici à la fois sur l’histoire du manuscrit et son origine, ainsi que sur un de ses textes, désigné dans le sommaire donné par la BnF comme « Notitia provinciarum a Wamba, Rege Gothorum, in concilio Toletano edita », aussi connu sous le nom de Divisio Wambæ ou plus anciennement de Hitación de Wamba, version qui n’a jusqu’à présent pas retenu l’attention des érudits.

Nous n’aborderons pas ici les questions que nous avons traitées ailleurs de l’authenticité et de la datation de la source de la Divisio Wambæ, mais celle, indépendante, de la place de ce manuscrit dans les familles décrites par Vázquez de Parga. Pour la description du manuscrit, nous renvoyons à celle de Paule Maas, avec les corrections suivantes : les canons de conciles d’Urbain II et Calixte II occupent les f° 181 v° à 185 r°, intercalés au Polycarpus qui s’achève au f° 186 r ; la Divisio Wambæ se trouve aux f° 186 v° à 187 v°, suivie par l’Epistula ad Leudefredum qui commence au bas du f° 187 v° jusqu’au f° 190 v°. On complètera par ce qu’elle n’a pas su déchiffrer dans le contreplat du manuscrit : au crayon, d’une écriture moderne, on lit « (1682) aux armes de M. de Rignac, conseiller à la cour des Aides de Montpellier, voir ms. lat. 9364 f. 74-75 » ; en dessous, à la plume : « la notice de ce ms se trouve dans mon philologue, ann. 1818. – je la dois à Monsieur D’hautefort Gail. » Enfin le don du manuscrit à Colbert date de 1682 et non de 1662.

Histoire du manuscrit

Le Latin 3881 apparaît en effet sans ambigüité dans les sources en 1682, date à laquelle il fut offert par un M. de Rignac à Colbert. Le BnF Latin 9364, recueil de documents rédigés par ou pour Baluze et ayant trait aux manuscrits rassemblés pour la bibliothèque du ministre, indique au f° 74 r° : « Catalogue des mss donnés à Monseigneur par M. de Rignac coner en la cour des Aydes de Montpeslier, arrivés dans la bibliothèque le 6 février 1682 » et au f° 75 r° « Policarpus Gregorii Cardinalis Concilia Urbani II », identifié à l’actuel Latin 3881. Le manuscrit porta alors le numéro 4047 dans la collection de Colbert. Il est décrit dans le catalogue de sa bibliothèque comme « Polycarpus Gregorii Cardinalis / Concilia Urbani II & Calixti II » (disposé sur deux lignes). Avec l’essentiel de la collection du ministre, le codex rejoindra la Bibliothèque du roi en 1732.

Comment le Latin 3881 était-il parvenu entre les mains de ce M. de Rignac ?

En 1965, Jacqueline Rambaud-Buhot signalait, brièvement, dans un article sur Baluze, que le Latin 3881 devait provenir de Saint-Sauveur d’Aniane. Cette identification, comme l’explique Robert Somerville, dérive de plusieurs commentaires de Baluze, insérés au De concordia sacerdotii et imperii de Pierre de Marca et relatifs aux canons des conciles de Bénévent, de Troia, de Plaisance, de Clermont et du Latran, précisant qu’ils étaient extraits d’un manuscrit de l’abbaye d’Aniane, qui se trouvait alors dans la bibliothèque de Colbert (« … in vetero codice MS. monasterii Anianensis, qui nunc extat in bibliotheca Colbertina »). Les conciles en question sont précisément ceux contenus dans le Latin 3881. Le rapprochement entre Aniane et le Latin 3881 est confirmée par le catalogue de la bibliothèque de Colbert précité, où, à la hauteur des deux lignes de description correspondant au Latin 3881, a été tracée par la même main une accolade suivie de « Anian. », mot ensuite barré. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

17

Auteur(s)

David GAZEL

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf