Notes brèves Informations 1982-2 Au Sommaire des Revues
Notes brèves Informations 1982-2 Au Sommaire des Revues
Plantes médicinales et médecine populaire en Bas-Languedoc
Tel est le thème de la première exposition réalisée par le Muséobus de l’Hérault.
Créé par l’Office Départemental d’Action Culturelle, financé en particulier par l’Établissement Public Régional, la Direction des Musées de France, le Crédit Agricole, et par le Conseil Général de l’Hérault, le Muséobus est un musée mobile qui rayonnera sur l’ensemble du département et tentera de créer une dynamique autour de présentations muséographiques : expositions, montages, films, conférences etc.
La première exposition, qui sera présentée dans les cantons des Matelles, de Ganges, de Bédarieux, de Lunas, de Saint-Gervais, puis dans le Minervois, cerne un aspect fondamental de la civilisation rurale l’utilisation des plantes médicinales, qui soutient la médecine populaire du Bas-Languedoc.
L’usage des simples est une pratique reconnue depuis la plus haute antiquité. Par ailleurs, le XXe siècle a connu une révolution médicale et pharmaceutique, qui a tendance à reléguer la médecine naturelle au second plan. Toutefois, depuis une dizaine d’années, le monde urbain redécouvre les vertus des plantes, pour diverses raisons souci écologique de redécouverte de la nature, lassitude du remède chimique attribué à forte dose et coûteux, désir du retour à la vie simple.
L’exposition se décompose en deux parties. L’une analyse l’utilisation traditionnelle des plantes, notamment aux XVIe-XVIIIe siècles, époque qui vit le développement du « Jardin des Plantes » de Montpellier, puis étudie le débat entre médecine populaire et médecine savante, au cours du XIXe siècle. L’autre présente une vingtaine de plantes médicinales qui se trouvent dans les garrigues languedociennes : description, définition des usages etc.
Un fascicule d’une cinquantaine de pages, comportant une longue présentation introductive, puis un catalogue très détaillé, enfin une bibliographie, et surtout une abondante illustration, permet de prolonger la visite, ou d’acquérir une information de qualité. On peut se le procurer en s’adressant à l’ODAC, 857, Rue Saint-Priest, 34100 – MONTPELLIER.
Le groupe audois de recherches et d’animation ethnographique
Nul n’ignore l’apport de la revue Folklore (fondée en 1938). C’est autour d’elle que se sont ébauchées, puis nettement dessinées les perspectives les plus neuves d’une ethnologie des pays d’oc. Le Groupe Audois de Recherche et d’Animation Ethnographique (GARAE), qui s’est constitué en 1981, se propose de mieux poursuivre et de parfaire cet effort de près d’un demi-siècle. Certes, c’est l’Aude qui est au cœur des préoccupations premières des participants. Mais qui pensera que nos terres voisines sont fondamentalement différentes ? D’ailleurs peut-on isoler le pays audois de l’ensemble languedocien ? Ce n’est point l’avis, en tout cas, des animateurs de l’association. Aussi sera-t-elle certainement bien accueillie en pays héraultais.
Pout tous renseignements s’adresser à GARAE, 50 rue Buffon, 11000 Carcassonne.
Une exposition sur la vigne et le vin
Sous le titre Bacchanales culturelles autour du Pic Saint-Loup le Musée des Matelles organise une exposition sur la culture de la vigne dans le Languedoc antique, grâce au concours de 1’ODAC et de la Conservation départementale des Musées. Un catalogue accompagne l’exposition. Il comporte plusieurs textes d’explication, rédigés par les archéologues régionaux, qui ont mis au jour soit les documents relatifs au commerce des vins (quand ils étaient importés) soit les preuves d’une production viticole locale (dans une deuxième phase). Une bibliographie, très détaillée, clôt le fascicule. Elle permettra à tous ceux qui veulent de plus amples informations, d’accéder aux publications originales. Un seul regret : qu’elle n’ait pas été classée de façon méthodique.
Une exposition sur l’architecture régionale
La ville de Pézenas par son passé, son urbanisme et son architecture est particulièrement sensible à l’aspect historique et culturel de son patrimoine.
Pour permettre à la population de la région, aux scolaires et aux touristes de mieux apprécier le paysage urbain et les chefs d’œuvres édifiés, l’exposition « Connaissance de l’architecture » souhaite présenter un panorama très pédagogique de l’évolution des constructions de la préhistoire à nos jours. Les quelques clefs de vocabulaire, de technique, choisies parmi tant d’autres sont destinées à aider les visiteurs des monuments, leurs permettant de mieux juger la beauté, la technique, les dates des édifices sans qu’il leur soit nécessaire dans la plupart des cas de suivre les indications des guides.
La présentation fait appel à des dessins, plans, schémas, coupes, maquettes. Les photographies choisies parmi les plus significatives, illustrent les monuments de l’Hérault, mais aussi de la région.
Sont ainsi illustrés, les premiers foyers, les premiers villages, les monuments mégalithiques. La civilisation des oppida a précédé la cité romaine. Cette dernière a marqué une évolution importante dans l’urbanisme, la construction, la cadastration. Les paysages actuels sont souvent un héritage de l’implantation romaine.
Après une longue période où l’absence de documents ou de fouilles ne permet pas de connaître les constructions, le Moyen-Âge est essentiellement connu par ses églises.
Mais des documents présentent des monuments moins célèbres. La période gothique moins brillante que celle du nord, moins connue également, mérite cependant une réelle attention. La renaissance n’a pas laissé grande trace. Pendant la période classique, les exemples pris à Pézenas, Montpellier, Béziers et d’autres lieux montrent ce qu’une architecture provinciale peut, avec beaucoup de bonheur, emprunter à l’architecture nationale.
Le XIXème et le XXème siècle n’ont pas été oubliés.
Certains panneaux présentent des indications techniques liées aux problèmes de la connaissance de l’architecture. Ainsi, pour la période Antique, la Direction des Antiquités Historiques, présente les problèmes des fouilles et ce que l’on peut déduire des résultats. Quant aux services de l’administration des monuments historiques ils ont plus particulièrement mis l’accent sur les problèmes de restauration et la mise en valeur de bâtiments anciens plusieurs fois remaniés. Une évolution du goût, de l’esprit se traduit par un respect encore plus grand du bâtiment.
L. Gigou
Le bicentenaire d’une loge héraultaise
A l’occasion du bicentenaire de sa création (1782) la loge sétoise « Les Vrais Amis Fidèles », affiliée au Grand Orient de France, publie une plaquette qui retrace son histoire et fait le bilan de son expérience. S’appuyant sur les archives de la Loge et du Grand Orient, mais aussi sur les archives locales et départementales, les auteurs dégagent de nombreux traits intéressants pour l’historien.
D’abord à propos des origines : elles révèlent l’influence de Montpellier, bien supérieure à celle d’Agde, et l’impact conjoncturel de la guerre d’indépendance américaine (1776-1783) (la loge n’est-elle pas, à ses débuts, « Les Vrais Amis Fidèles des Treize États Unis » ?), renforcé à Sète par des tentatives commerciales en direction de l’Amérique. Mais ces entreprises de négoce tournent court, arrive la Révolution, puis l’Empire et le Blocus continental, préjudiciable au dynamisme sétois. Si dans le recrutement maçonnique se retrouvent toujours des gens du négoce, la composition s’infléchit au profit des fabricants et négociants de moindre envergure chapeliers, boulangers, bouchonniers, maîtres de chais.
Le centenaire de 1882 coïncide avec les débuts de la IIIe République. Les travaux de la Loge traduisent déjà une profonde adhésion aux idéaux républicains et progressistes, auxquels elle demeure attachée pendant tout le second siècle de son existence. Certaines questions traitées le révèlent. Face au recrutement féminin, pas d’hostilité de principe. Face au recrutement d’étrangers, mêmes allemands, en période de tension revancharde, même attitude : « au regard de (la) loi maçonnique, (la) nationalité n’est point une cause d’indignité ». Attachement inébranlable à la laïcité. Fidèle engagement républicain : il est intéressant de relever qu’au moment de l’« affaire des fiches » et de l’« affaire Dreyfus », un des principaux sujets de réflexion et de travail se rapporte à la nature de l’institution militaire et au rôle de l’encadrement.
Ni panégyrique de la loge, ni apologie de ses membres, cette plaquette apporte avec un réel recul et un grand souci d’équilibre, des matériaux de qualité et des réflexions précieuses, à tout le moins constitue un « document » irremplaçable sur un courant de réflexion et d’action enraciné depuis longtemps dans notre région.
Le midi rouge : mythe et réalité
On annonce la proche publication d’un ouvrage de J. Sagnes, Le Midi Rouge Mythe et Réalité. Études d’histoire occitane, d’environ 300 pages, de format 14 x 22. Il s’agit d’une approche de la tradition « rouge » des pays occitans, de la Seconde République à 1939 celui du passage du républicanisme au socialisme dans la seconde moitié du XIXe siècle, celui de la dualité gauche bourgeoise / gauche socialiste avant 1914, celui de la diversité des luttes sociales. Il examine par ailleurs l’évolution de l’historiographie occitane récente, l’apport original des occitanistes et la quête actuelle d’une identité régionale, ici occitane, qui est une caractéristique de notre temps.
Jean Sagnes, maître-assistant à l’Université de Perpignan, a publié en 1980 Le mouvement ouvrier en Languedoc (Toulouse, Privat). Il est l’auteur de divers articles. Les lecteurs de la revue connaissent son article sur le témoignage du commandant Villarem relatif aux événements de 1907 et son étude du « livre des sept transportés politique de 1852 », républicains originaires de Saint-Thibéry.
Pour recevoir un bulletin de souscription (au prix de 70 F.) s’adresser à
Jean Sagnes, Université de Perpignan,
chemin de la Passio Vella, 66025 PERPIGNAN-CÉDEX.
Un quarante-huitard occitan Pierre-Germain Encontre
Les lecteurs de la revue connaissent les travaux de R. Huard et Cl. Torreilles, qui présentèrent l’an dernier le cahier d’un déporté politique, républicain de Saint-Thibéry, déporté en Algérie en 1852, et l’œuvre du Biterrois Eugène Relin.
Ces deux auteurs viennent de publier chez Privat (14, rue des arts, 31000 Toulouse) une étude intitulée : Un Quarante-huitard occitan Pierre-Germain Encontre (un vol. de 272 p., collection « Résurgences », 87 F).
Écrivain occitan, militant politique, quarante-huitard déporté après le coup d’état du 2 décembre 1851, ce languedocien est presque inconnu. On peut s’en étonner, car la diversité des domaines qu’il a abordés – la poésie occitane d’inspiration populaire, la polémique religieuse anti-méthodiste, l’action politique, électorale et révolutionnaire – aurait pu susciter la curiosité des chercheurs sur tel point particulier. Il n’en fut rien : la déportation, une mort précoce ont, avec une impitoyable dureté, non seulement ruiné l’existence d’Encontre, mais effacé son œuvre des mémoires.
Pourtant, au delà de sa propre personnalité – curieuse et attachante – le cheminement intellectuel et politique d’Encontre, les formes de son intervention littéraire et politique jettent une vive lumière sur quelques réalités majeures du XIXe siècle en Occitanie. Et d’abord sur les sources du républicanisme et de la démocratie socialiste dans cette région.
Comme le veut la collection « Résurgence », les auteurs introduisent et commentent les écrits de Pierre-Germain Encontre en proposant les différentes données utiles à leur lecture.
La nécropole du Peyrou à Agde
Découverte en 1977, de façon fortuite, la nécropole du Peyrou, à Agde, semble devoir apporter des renseignements de premier ordre sur les premiers contacts en indigènes et Grecs sur le littoral languedocien. Grâce à la compréhension du promoteur, à la bienveillance des propriétaires, et à l’appui technique de la municipalité d’Agde, une fouille d’urgence put être entreprise dès que M. Adgé signala les premières découvertes.
Le site archéologique comporte trois nécropoles (VIIe s., IVe-IIe s., milieu du Ier s. ap. J.-C.). A. Nickels, C. Pellecuer, C. Raynaud, J.-C. Roux, M. Adgé, nous apportent les premiers résultats (La nécropole du Ier âge du fer d’Agde : les tombes à importations grecques, Mélanges de l’École française de Rome, 93, 1981, p. 89-125), qui permettront d’attendre avec moins d’impatience la publication complète qui est promise.
Les auteurs s’intéressent essentiellement à quatre sépultures, qui comportent, entre autres, des céramiques d’importation. Ce matériel (coupes et vases) peut être daté, de façon assez précise, du troisième quart du VIIe s. Il est donc parvenu en Languedoc antérieurement à la colonisation grecque. C’est un matériel précolonial (p. 100), transporté non par les Étrusques ou par les Phocéens, mais plutôt par des Grecs des Îles de l’Égée. Il est le témoignage non d’un courant d’échanges réguliers mais d’une phase d’exploration se traduisant par des cadeaux personnels aux notabilités indigènes. D’ailleurs, c’est dans les tombes les plus richement constituées que se trouvent ces objets.
L’apport de cette nécropole semble donc considérable. Comme l’indiquent les auteurs (p. 105) « nous disposons désormais de quatre ensembles clos, particulièrement riches et bien datés, qui fournissent des points de repères solides pour l’étude des cultures du Ier Age du fer dans le sud de la France », dans une zone qui part de l’Hérault (Pézenas, Saint-Julien, Agde) et s’étend jusqu’à l’Aude (Mailhac, Lézignan).
