Notes brèves Informations 1979-4 Au Sommaire des Revues
Notes brèves Informations 1979-4 Au Sommaire des Revues
p. 44 à 46
Restauration et mise en valeur de l’église Saint-Martin de Conas
(Première Campagne Été 1979)
Annoncé durant l’hiver par de nombreux articles parus dans la presse locale, le chantier de restauration de l’église Saint-Martin de Conas (XVe siècle) mis sur pied par la commission « Sauvegarde et Restauration » des Amis de Pézenas, a débuté comme prévu le 2 Juillet dernier.
Dès la veille, une quinzaine de jeunes bénévoles, étudiants pour la plupart mais également enseignants, venus de diverses régions de France et même de l’étranger (Espagne-Suisse), s’installaient au Lycée d’Enseignement Professionnel de Pézenas, aimablement mis à notre disposition.
Le travail de restauration proprement dit consistait à mettre à nu un bel appareil de pierres de taille enduit de chaux blanche à plusieurs reprises dès le XVIIIe siècle. L’importance des travaux à réaliser obligeait à limiter la première intervention au transept nord, à la chapelle Saint-François et au chœur de l’église. C’est dans le transept et la chapelle que l’on dût d’abord monter l’impressionnant échafaudage prêté par la société M.E.F.R.A.N., qui permettrait d’atteindre la voûte haute de plus de 8 mètres. Le décrépissage à l’aide de piquettes, de « chemins de fer » et de brosses métalliques pouvait alors commencer, décrépissage vite interrompu par la présence sous l’enduit de chaux, d’une épaisse couche de ciment (« remède » contre l’humidité du jardin du château attenant), que l’on dût attaquer au burin et au marteau. Toutefois, la découverte dans ce mur d’une ouverture surmontée d’un linteau de pierre de grande taille fut une belle récompense. Il s’agirait là probablement, de la porte dite « porte des morts » que l’on retrouve dans de nombreuses églises cisterciennes et qui s’ouvrirait sur l’ancien cimetière aujourd’hui occupé par le jardin du château. Des sondages à l’extérieur permettraient d’assurer cette découverte.
L’équipe s’affaira ensuite à piqueter et brosser l’enduit de chaux recouvrant les parois jusqu’aux voûtes d’ogives. Ce travail terminé dans le transept nord et la chapelle Saint-François, on pouvait boucher les trous et maçonner de nombreux joints avant de passer la sableuse pour effacer les imperfections du burin et rendre ainsi à la pierre son aspect initial.
Le 18 juillet, les échafaudages furent démontés et installés dans le chœur.
Ouvert par deux colonnes engagées, surmontées de chapiteaux au décor floral, le chœur présente sept pans de mur agrémentés d’une corniche et de colonnettes sur lesquelles prennent appui les arcs élancés de la voûte d’ogive. La présence de ces divers éléments décoratifs et les nombreux dommages causés par des gouttières, rendaient le travail plus difficile et plus captivant à la fois. Il fallut procéder au piquetage d’un mortier qui masquait les voûtes, au remplacement des pierres rongées par l’humidité et à leur brossage, opérations nécessaires avant de commencer à sabler.
Le décrépissage permit de découvrir et de mettre au jour dans les chapelles de la Vierge et de Saint-François, quatre placards dont deux très intéressants en forme d’accolade, datant du XVe siècle et vraisemblablement destinés au rangement des burettes. Le placard découvert dans le chœur devait également retenir l’attention : il renfermait un lavabo très simple (sorte de coupelle creusée dans une grande pierre) et servit par la suite d’ossuaire. De plus, comme sur beaucoup d’édifices de cette époque, nous devions noter la présence de marques de tâcherons, témoignages des nombreux tailleurs de pierre qui ont travaillé à la construction de l’église. Il est également à noter que des traces de peintures représentant des motifs floraux (XIXe siècle) et un faux marbre (XVIIIe siècle) apparurent à divers endroits, notamment dans le chœur, la chapelle Saint-François et sur la colonne séparant le chœur de la chapelle de la Vierge. Leur état beaucoup trop fragmentaire ne nous a pas permis de les conserver.
Parallèlement à tous ces travaux, on a procédé au dégagement du pied de la chaire en pierre du XVIIe siècle et de celui de la vasque de marbre des fonts baptismaux du XVIIIe siècle. Cette opération permit en outre de s’assurer de l’existence du premier dallage de l’église, recouvert à la fin du siècle dernier par une chape de ciment qu’il faudra dégager complètement dans une prochaine phase.
L’été 1980 verra se poursuivre la restauration de l’église Saint-Martin de Conas avec l’aide d’une nouvelle équipe de jeunes bénévoles qui auront à décrépir la chapelle de la Vierge, le transept sud et la croisée du transept.
Myriam DEMORE et Alain SIRVENTON.
Le Bulletin de la Société d’Études Scientifiques de Sète
Le dernier bulletin de la société d’Études scientifiques de Sète couvre deux années consécutives (VIII, 1976 et IX, 1977). Sous une couverture illustrée d’une représentation ancienne du port de Sète, il renferme 17 articles dont voici le sommaire :
- J.-L. Fiches et A. Freises, La céramique sigillée découverte au Barrou (Sète, Hérault) ;
- Cl.Brenot, M. Christol, A. Freises, Les monnaies du site du Barrou (Sète, Hérault), Remarques sur la circulation monétaire en Gaule méridionale ;
- Ch. Pellecuer, A. Freises, J. Mancione, Le dépotoir gallo-romain de la propriété Soum (Le Barrou-Sète), 1 – les céramiques claires;
- D. Rouquette et Ch. Pellecuer, Deux sites à céramique métallescente sur les bords de l’Étang de Thau (Loupian – Sète);
- L. Albagnac et M. Feugère, Fibules des environs de Sète (Hérault);
- A. Cablat, Un établissement agricole gallo-romain du 1er siècle à la Peyrade (commune de Frontignan, Hérault);
- R.-P. Charles, Étude anthropologique des tombes médiévales de Saint-Apolis à Florensac (Hérault) ;
- D. Rouquette, Prospections et Recherches 1975-1977 autour du bassin de Thau;
- C. Raynaud, Sarcophages du VIe siècle à Lunel-Viel (Hérault);
- L. Gigou, Recherches sur un lieu-dit Borbor à Sète au XIIIe siècle;
- L. Albagnac, Frontignan et les Montmorency;
- A. Degage, Sète d’après le compoix de 1713;
- A. Degage, Les évêques d’Agde et l’île de Sète au XVIIIe siècle;
- L. Albagnac, Sète, île forte;
- A. Degage, La tour du Castellas;
- F. Massabiau, Le couvent des Picpus, couvent d’hommes installé à Cette avant la Révolution;
- A. Iranzo, Archiconfrérie du Très Saint Sacrement de l’Autel.
Comme d’habitude la partie archéologique est fort étoffée. Plusieurs articles apportent des compléments aux études sur les fouilles du site gallo-romain du Barrou, et il est à souhaiter qu’un jour prochain puisse paraître une synthèse des travaux effectués et des résultats acquis. S’y ajoutent plusieurs notes, d’importance plus restreinte, et nous ne saurions omettre la précieuse chronique des prospections et recherches 1975-1977 autour de l’étang de Thau (Balaruc-le-Vieux, Mèze, Pinet, Pomérols, Sète, Vias, Vic-la-Gardiole, Villeveyrac, Bessan, Castelnau-de-Guers, Florensac).
Mais à cela s’ajoutent des articles sur d’autres périodes historiques. Nous retiendrons surtout celui d’A. Degage, Les évêques d’Agde et l’Île de Sète au XVIIIe ou les contestations d’une ville naissante envers son seigneur, pages 157-167. L’agglomération sétoise a, dès l’origine, bénéficié de gros avantages juridiques qui heurtaient les prétentions temporelles de l’évêque d’Agde : c’est à la longue série des contestations entre les représentants de la communauté, forts de leurs privilèges royaux, et l’évêque, que nous fait assister l’auteur. Si les prétentions de l’évêque pour s’affirmer seigneur foncier furent écartées assez vite, en revanche il n’en fut pas de même dans le domaine politique, où l’on constate de nombreuses interventions pour se libérer du contrôle seigneurial sur l’élection consulaire. Mais, comme le fait remarquer l’auteur en conclusion : « si l’on s’attache à considérer les résultats des différents procès, Sète eut gain de cause sur les questions fondamentales : elle gagna le procès relatif aux droits fonciers et au droit de Police, elle ne perdit que sur les préséances des officiers seigneuriaux aux assemblées ou cérémonies publiques et religieuses et sur la nomination des consuls par le droit de « rétention » des prélats agathois. Ces échecs sont de moindre importance, ils ne concernent que les « droits honorifiques », non les sources de revenus ».
On peut se procurer la revue en s’adressant à la Société d’Études Scientifiques de Sète, Musée Paul Valéry, 34200 SÈTE.
M. C.
