Monnaies de l’oppidum d’Aumes (Hérault… 1977-1981)
Monnaies de l’oppidum d’Aumes (Hérault… 1977-1981)
p. 23 à 34
Le territoire de la commune d’Aumes (Hérault) a donné lieu à deux publications récentes 1 qui ont fait connaître des documents numismatiques mis au jour durant les trois premiers quarts du XXe siècle. Nous présentons aujourd’hui un ensemble de monnaies découvertes, de 1977 à 1981, par l’un d’entre nous (A.R.) lors de prospections de surface autorisées 2 soit un total de 209 documents, et, d’autre part, une dizaine de monnaies qui nous ont été généreusement communiquées par M.M. Lhermet 3. Aux 35 documents de 1976 et aux 11 de 1981, nous pouvons ajouter les 218 qui font l’objet de notre étude et qui nous permettront de présenter une vue d’ensemble de la circulation monétaire fondée sur une base statistique suffisante 4.
Catalogue des monnaies 5 (Fig. 1-5)
A) Monnaies de Marseille
a) obole
D/ Tête masculine à gauche. R/ Dans les branches d’une roue centrée, lettres M A.
n° 47 (=AR 199) (0,64 g ; 10,5/12 mm ; 1,5 mm ; 7), 48 (=AR 71) (0,62 ; 9/10 ; 1,5 ; 12 ; les lettres du revers sont inversées A M), 49 (=AR 13) (monnaie incomplète : 0,46 ; 11 ; 1,8). 6
b) drachme
D/ Tête d’Artémis à droite. R/ Lion à droite ; au-dessus et au-dessous légende grecque : Massa/liétôn entre les pattes du lion, lettres grecques : E, A. n° 50 (=AR 57) (monnaie fourrée 2,01 ; 14/15 : 2. 7
c) petit bronze au taureau cornupète
D/ Tête d’Apollon à droite. R/ Taureau cornupète à droite ; au-dessus, en lettres grecques Massa, à l’exergue, suite de la légende du dessus : liêtôn ou, plus fréquemment, lettres de série.
n° 51 (ML 6) (3, 81 ; 15 ; 4 ; 2), 52 (=AR 145) (2,90 ; 14/16 ; 3 ; 12), 53 (=AR 147) (2, 62 ; 13/15 ; 2 ; ? ; il pourrait s’agir d’une imitation), 54 (=AR 64) (2,60 ; 15 ; 3 ; 6), 55 (=AR 17) (2,48 ; 13/14 ; 3 ; 2), 56 (=AR 4) (2,45 ; 15/16 ; 2,5 ; 4) 57 (=-AR 58) (2,35 ; 14/15 ; 2,5 ; 6),58 (=AR 185) (2,31 ; 14/15 ; 2,5 ; ?), 59 (=ML 4) (2,24 ; 15 ; 3 ; 3), 60 (=AR 111) (incomplet : 2,14 ; 14/15 ; 2,5 ; 6), 61 (=AR 14) (incomplet 2,13 ; 13/15 ; 3 ; 7), 62 (=AR 152) (2,12 ; 13/15 ; 3 ; ?), 63 (=AR 25) (incomplet : 2,08 ; 14 ; 2,5 ; 5), 64 (=AR 19) (2,03 ; 13/14 ; 2,5 ; 6), 65 (=AR76) (1,99 ; 14/15 ; 2 ; 3), 66 (=AR2) (1,96 ; 13/14 ; 2 ; 5 à l’exergue, lettres delta, probable, et tau), 67 (=AR 20) (1,94 ; 13/14 ; 2,5 ; 6), 68 (=AR 138) (1,92 ; 17/14 ; 2,5 ; 7), 69 (=AR 24) (1,92 ; 13/14 ; 2,5 ; 9), 70 (=ML 8) (1,91 ; 14,2 ; 6), 71 (=AR 15) (1,87 ; 14,2 ; 1 ; la légende, au-dessus du taureau, commence par deux M liés ou par M et un lambda : il peut s’agir d’une erreur de graveur ou d’une imitation(, 72 (=AR 106) (1,84 ; 13/14 ; 2 ; 9), 73 (=AR 140) (1,84 ; 13/14 ; 2 ; 5 ; au droit, derrière la tête, lettre grecque, xi ; au revers, à l’exergue, seconde partie de la légende), 74 (=AR 181) (1,81 ; 13,5/14,5 ; 2 ; 6), 75 (=AR 135) (incomplet : 1,80 ; 14/15 ; 2 ; 2 ?), 76 (=AR 113) (1,77 ; 13/14 ; 2,5 ; 6), 77 (=AR 78) (1,75 ; 13 ; 2 ; 7), 78 (=AR 23) (1,73 ; 12/14 ; 3 ; 6), 79 (=AR 3) (1,73 ; 14 ; 2 ; 4 ; au droit, la tête est à gauche ; il doit s’agir d’une imitation), 80 (=AR 96) (1,70 ; 12/13 ; 2 ; 5) 81 (=AR 114) (1,68 ; 14/15 ; 2 ; 5), 82 (=AR 202) (1,65 ; 13,5/15 ; 2,5 ; 7), 83 (=AR 21) (1,65 ; 12/14 ; 2 ; 6), 84 (=AR 163) (1,60 ; 13/14 ; 2,5 ; 5), 85 (=AR 18) (1,56 ; 14 ; 3 ; 5 ; au droit, derrière la tète, lettre grecque : xi ; à l’exergue du revers :… E), 86 (=AR 16) (1,55 ; 14/15 ; 2 ; 6), 87 (=AR 195) (1,54 ; 13/13,5 ; 2,5 ; 4 ; à l’exergue du revers : xi et, probablement, un delta ( ?), 88 (=ML 1) (1,53 ; 14/15 ; 3 ; 6 ; à l’exergue du revers ; …Sigma, Mu), 89 (=AR 112) (1,52 ; 13/14 ; 2 ; 6), 90 (=AR 70) (1,48 ; 11/13 ; 2 ; 4), 91 (=AR 149) (incomplet : 1,40 ; 14 ; 2,5 ; 5 à l’exergue du revers : xi et une seconde lettre qui pourrait être : Mu), 92 (=AR 157) (1,28 ; 14/16 ; 1,5 ; 6), 93 (=AR 139) (incomplet : 1,28 ; 12 ; 2 ; 6), 94 (=AR 26) (incomplet : 1,28 ; 12/13 ; 2 ; ?), 95 (=AR 1) (1,25 ; 14/15 ; 2; 5 à l’exergue du revers : xi et chi…), 96 (=AR 160) (incomplet : 1,25 ; 12/15 ; 2 ; 2), 97 (=AR 22) (monnaie percée ; 1,25 ; 14 ; 2 ; 6 ; à l’exergue du revers : xi ( ?) et Lambda), 98 (=AR 77) (1,24 ; 12/13 ; 2 ; 5), 99 (=AR 201) (1,23 ; 11,5/13,5 ; 2,5 ; ?), 100 (=AR 134) (1,18 ; 12/13 ; 2; 12), 101 (=AR 155) (incomplet : 1,16 ; 11/14 ; 2 ; 10 ; à l’exergue du revers : Delta, Tau), 102 (=AR 142) (1,07 ; 12 ; 2 ; 5), 103 (=AR 156) (incomplet : 1,03 ; 12 ; 2 ; 6), 104 (=ML 10) (incomplet : 1,01 ; 13 ; 2 ; 6), 105 (=AR 102) (incomplet : 0,98 ; 11/12 ; 1,5 ; 6), 106 (=ML 7) (incomplet : 0,97 ; 11/12 ; 2 ; 6) 107 (=AR 197) (incomplet : 0,91 ; 11,5/12,5 ; 2 ; 5), 108 (=AR 204) (0,89 ; 12,5/13 ; 2 ; 7).
Ces séries de petits bronzes au taureau cornupète, frappées au IIe et au Ie siècles avant J.-C. et qui ont connu de nombreuses imitations et contre-façons, ont eu une longue circulation, probablement jusqu’au premier siècle après J.-C. 8
d) petit bronze au taureau passant
D/ Tête d’Apollon à gauche. R/ Taureau passant à droite ; au-dessus, en lettres grecques. Massa, devant et à l’exergue, éventuellement, lettres de série.
n° 109 (=AR 27) (2,19 ; 12/14 ; 3 7 à l’exergue du revers : Lambda), 110 (=AR 100) (2,16 ; 13/14 ; 2,5 ; 7), 111 (=AR 31) (2,12 ; 14/16 ; 2 ; 7), 112 (=AR 28) (2,02 ; 13/14 ; 2,5 ; 7 ; au droit, devant la tête : K ; à l’exergue du revers : Lambda), 113 (=AR 101) (1,95 ; 13/14 ; 2,5 ; 5), 114 (=CAR 159) (1,88 ; 14/16 ; 2,5 ; 7 ; au droit, devant la tête : K ; à l’exergue du revers Lambda ; devant le taureau, traces d’un Pi), 115 (=AR 177) (1,87 ; 14/15 ; 2 ; 6), 116 (=AR 150) (1,66 ; 13/14 ; 2 ; 8), 117 (=AR 192) (1,65 ; 13,5/14 ; 2,5 ; 7), 118 (=AR 30) (incomplet : 1,54 ; 14 ; 2,5 ; 7), 119 (=AR 66) (1,53 ; 13/14 ; 2,5 ; 7), 120 (=AR 200) (1,51 ; 13/14 ; 2 ; 7), 121 (=AR 32) (1,50 ; 14 ; 2 ; 7), 122 (=AR 148) (1,50 ; 12/13 ; 2,5 ; 4), 123 (=AR 29) (incomplet : 1,42 ; 15 ; 2 ; 8), 124 (=AR 189) (1,39 ; 13/13,5 ; 2 ; 7 ; à l’exergue du revers Lambda), 125 (=AR 198) (1,32 ; 13/14 ; 2,5 ; 7), 126 (=AR 130) (1,17 ; 14 ; 2 ; 7), 127 (=AR 180) (incomplet : 1,09 ; 11,5/12,5 ; 2 ; 7), 128 (=AR 337 (incomplet : 0,91 ; 14 ; 2 ; 7).
Comme les petits bronzes précédents, ces monnaies ont eu une longue circulation bien qu’elles ne semblent avoir été frappées qu’au 1er siècle avant J.-C. 9
B) Monnaie des Samnagètes
D/ Tête à droite, sans légende R/ Taureau cornupète à droite ; au-dessus, en lettres grecques : [S]/amna, à l’exergue : [g] êt/ [ôn]
n° 129 (=AR 79) (2,15 ; 12/15 ; 3 ; 9).
Il s’agit d’une émission dont la typologie est directement inspirée des émissions de Marseille et qui a été produite par un peuple dont, jusqu’à aujourd’hui, nous ignorons la localisation qui, d’après la carte de répartition des découvertes monétaires, peut être envisagée entre les départements de l’Hérault, du Gard, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Le site d’Aumes constitue, avec celui de Magalas, la distribution la plus occidentale. Tout laisse croire que l’émission (plusieurs séries sont connues) se place au 1er siècle avant J.-C. 10
C) Monnaies de la région Narbonne-Béziers
a) Briganticos
D/ Tête masculine à droite, derrière la tête, sur les exemplaires bien centrés, se trouve une massue. R/ Lion à droite, la queue relevée au-dessous, entre deux lignes, inscription, en lettres grecques : Briganti (cou) ou -(cos). n° 130 (=AR 144) (10,28 ; 24 ; 3,5 ; 5 ; à l’exergue du revers, devant la lettre grecque : Rhô, apparaît bien la partie supérieure de la lettre : B), 131 (=AR 146) (quart de monnaie : 2,93 ; 12 x 13 ; 3,5 ; 5 ou 6 ; malgré la dimension on aperçoit nettement une partie de la légende : … rigan…).
Cette émission du « chef gaulois » Briganticos se situe dans la région de Narbonne-Béziers (c’est la carte de répartition des découvertes qui permet de l’affirmer) et est datée du 1er siècle avant J.-C. 11
b) Bitoucq
D/ Tête masculine à droite, derrière la tête, une massue R/ Lion à droite, la queue baissée au-dessous, en deux lignes, inscription en lettres grecques ; Bitoucos / Basileus (le sigma terminal a la forme lunaire (C) et se trouve gravé une seule fois en « facteur commun » pour les deux lignes de l’inscription),
n° 132 (=AR 75) (11,47 ; 26/27 ; 3,5 ; 1).
Le lieu d’émission et la datation sont identiques à ceux de la série précédente. 12
c) Neroncen
D/ Tête féminine à droite R/ Taureau bondissant à droite ; au-dessous, en lettres ibériques N-E-R-O-N-C-E-N
n° 133 (=AR 59) (monnaie coupée : 6,25 ; 23 ; 3 ; 7).
Cette série a probablement été émise à Montlaurès (Narbonne, Aude) à la même période que les deux séries précédentes 13
d) Biricantio/Biricatio
D/ Tête féminine à droite R/Taureau bondissant à droite au-dessous, en lettres ibériques, légende déformée – BI-R-CA-TI-I-O.
n° 134 (=ML 9) (9,24 ; 25/26 ; 3 ; 10).
Le lieu d’émission se situe dans la région Narbonne-Béziers et la datation est identique à celle de la série précédente 14
D) Monnaies de Nîmes et sa région
a) Petit bronze des Volques Arécomiques au personnage en toge
D/ Tête féminine à droite ; devant, une couronne derrière : VOLCAE. R/ Personnage en toge debout à gauche devant, une palme ; à droite, AREC.
n° 135 (=AR 67) (1,93 ; 14/16 ; 2 ; 6), 136 (=AR 80) (175 ; 14 ; 2 ; 6), 137 (=AR 118) (1,60 ; 12/14 ; 2,5 ; 12), 138 (= AR 184) (1,54 ; 13/13,5 ; 2 ; 9), 139 (=AR 153) (1,42 ; 13 ; 2 ; 6), 140 (=AR 141) (1,35 ; 13 ; 1,5 ; 6), 141 (=AR 34) (1,31 ; 13/14,5 ; 2 ; 8), 142 (=AR 196) (exemplaire très usé : 1,29 ; 12/13 ; 2 ; 11).
Cette émission nîmoise est datée des années 70/49 ( ?) avant J.-C. 15
b) Petit bronze de Nîmes au sanglier
D/ Tête féminine à gauche R/ Sanglier à gauche ; au-dessus, en lettres grecques Nama ; à l’exergue, la suite de la légende : sat.
n° 143 (=AR 107) (1,91 ; 13/14 ; 2 ; 6), 144 (=AR 188) (170 ; 15 ; 2,5 ; 6), 145 (=AR 69) (1,55 ; 13,5/15 ; 2 ; 8), 146 (=ML 3) (exemplaire très usé : 1,27 ; 13/14 ; 2 ; 6), 147 (=AR 68) (1,26 ; 13 ; 2 ; 6), 148 (=AR 5) (incomplet : 0,77 ; 9/11 ; 2 ; 5), 149 (=AR 165) (fragment : 0,69 ; 7×11 ; 2 ; ?).
Cette émission nîmoise est placée entre 120/110 et 70/60 av. J.-C., en tout cas avant 49 avant J.-C. 16
c) Semis de Nîmes à la légende NEM COL
D/ Tête casquée à droite, derrière. S.R/ Personnage debout à gauche, appuyé sur une colonne et tenant une patère au-dessus de deux serpents ; à droite : NEM COL.
n° 150 (=AR 115) (2,22 ; 14/15 ; 2,5 ; 11)
Cette série a été frappée à Nîmes entre 44 et 42 avant J.-C. 17
d) As de Nîmes au crocodile
D/ Bustes adossés d’Agrippa et d’Auguste ; au-dessus : IMP ; au-dessous : DIVI F. R/ Crocodile attaché à une palme accostée d’une couronne de part et d’autre : COL NEM.
n° 151 (=AR 92) (moitié : 4,74 ; 25 ; 3 ; ?), 152 (AR 207) (moitié : 4,34 ; 25 ; 2,5 ; 7), 153 (=AR 6) (moitié 4,21 ; 26 ; 2,5 ; 6).
L’état de conservation de ces trois exemplaires, qui ont joué le rôle de division dans la circulation, ne permet pas de préciser s’ils appartiennent au premier (28/27 – 9 av. J.-C.) ou au deuxième type (8 – 3 ( ?) av. J.-C.) qui sont distingués dans ces abondantes émissions nîmoises 18.
E) Monnaies à la croix
D/ Éléments plus ou moins complets appartenant à une tête à gauche de style « cubiste ». R/ Dans les cantons d’une croix, meubles divers (hache au 3ème canton, olive ou annelet avec croissant aux autres.
n° 154 (=AR 122) (3,37 ; 12/13 ; 3,5/ ?), 155 (=ML 2) (Monnaie fourrée : 3,32 ; 12 ; 13,5/4 ; 6), 156 (=AR 127) (monnaie fourrée : 2,67 ; 12/13 ; 3 ; ?), 157 (=AR 203) (monnaie fourrée : 1,78 ; 13/14 ; 2,5 ; 6).
D’autres exemplaires, mal empreints et usés, relèvent de l’ensemble « monnaie à la croix»
n° 158 (=AR 123) (1,89 ; 12 ; 2 ; 2 ; ? ; à rapprocher des séries de Goutrens ou des séries aux feuilles aquatiques), 159 (=AR 35) (monnaie fourrée : 1,69 ; 11/14 ; 2 ; ? ; le droit est fruste mais le revers permet un rapprochement avec les séries de Goutrens), 160 (=AR 36) (monnaie fourrée : 3,34 ; 13/15 ; 3 ; ? ; le type est indéterminé), 161 (=AR 37) (monnaie fourrée : 2,07 ; 14/15 ; 2 ; ? ; la monnaie est fruste), 162 (=AR 103) (monnaie fourrée et incomplète : 3,06 ; 13 ; 4 ; ? ; cet exemplaire ne laisse apercevoir que les traces de la croix du revers) 19.
Deux divisions, avec la tête cubiste à gauche et la hache au revers complètent cet ensemble :
n° 163 (=AR 191) (0,50 ; 8,5/10 ; 1,5 ; 3), 164 (=AR 128) (0,40 ; 9 ; 1 ; 8) 20.
On rattache à l’ensemble « monnaie à la croix » des monnaies qui présentent au revers un sanglier et qui sont connues par le trésor de Goutrens (Aveyron) et par quelques découvertes isolées :
n° 165 (=AR 164) (monnaie fourrée : 1,30 ; 13/14 ; 2 ; ? ; le droit est fruste, le revers laisse voir le sanglier à gauche avec un cercle au-dessus 21.
F) Potins
Parmi les monnaies antiques six monnaies coulées (potins) ont été recueillies. Certaines d’entre elles ont, certainement, été produites dans le sud de la France, d’autres viennent de la Celtique, d’autres enfin sont des imitations. Nous les donnons ici de façon groupée, en raison de leur nombre limité, et nous préciserons, rapidement, leurs types.
n° 166 (=AR 8) (1,83 ; 15,5/16 ; 2 ; au revers, animal au long cou, à gauche, avec deux points superposés devant lui), 167 (=AR 39) (1,70 ; 14/15 ; 2 ; animal au long cou à gauche), 168 (=AR 116) (1,46 ; 13 ; 2,5 animal à gauche) 169 (= AR 38) (2,44 ; 15/16 ; 2,5 ; au droit, tète à droite ; au revers, sanglier à droite), 170 (=AR 117) (3,47 ; 16/17 ; 4 ; au revers, animal à gauche ; série dite « potin à la diabolique », 171 (=AR 168) (4,81 ; 20 ; 3 ; au droit, tète à gauche ; au revers, aigle).
Ces émissions ont été faites au milieu du 1er siècle avant J.-C. 22
G) Monnaies celtiques
a) Petit bronze à légende C M E P
D/ Tête masculine à droite. R/ Cheval libre à droite au-dessous, en lettres grecques, peu visibles sur cet exemplaire : C M E P, soit Smer.
n° 172 (=AR 105) (1,43 ; 14/15 ; 1,5 ; 7).
Cette monnaie a été frappée dans la Gaule méridionale, au nom d’un personnage (Smer…), probablement entre 70 et 30 avant J.-C. 23
b) Monnaie à légende BIRACOS
D/ Tête masculine à gauche dans un grènetis, la chevelure tombant en deux nattes bouletées. R/ Sanglier à gauche dans un grènetis au-dessus, légende …. RACOS.
n° 173 (=AR 9) (argent : 2,15 ; 12/13 ; 2,8), 174 (=AR 7) (argent : 2,16 ; 12/14 ; 2 ; 11 ; nous n’avons pas hésité à placer ici cet exemplaire bien que le droit soit fruste (et, probablement, incus du revers) et que le revers ne laisse apparaître qu’une partie du sanglier et pas de légende : la parenté avec la monnaie 172 nous semble cependant très forte).
La monnaie à légende BIRACOS n’est, jusqu’à aujourd’hui, connue que par un exemplaire conservé au Cabinet des Médailles de Paris (BN 9579 : poids 1,90), provenant de la collection Saulcy mais qui n’a pas de provenance enregistrée. F. de Saulcy avait attribué cette émission à un chef breton 24 ce qui n’avait pas été accepté par J. Evans. Le catalogue de la Bibliothèque Nationale 25 concluait, en 1889, la notice par les phrases suivantes : « M. John Evans incline à voir dans Biragos un produit du monnayage gaulois plutôt que breton ; M. de Saulcy ne veut pas reconnaître cette pièce comme appartenant à la Gaule. La question reste indécise entre les deux pays, en attendant que quelque nouvelle découverte vienne jeter de la lumière sur son origine réelle ». A. Blanchet, en 1905 26, ne faisait pas de proposition de classement et aucun élément nouveau n’a été avancé jusqu’à aujourd’hui.
La forme du flan est tout à fait comparable à celle de plusieurs séries de monnaies à la croix auxquelles, par ailleurs, les trois poids connus permettent de lier cette émission.
Nous proposons donc de voir dans cette émission d’argent (un peu faible) à légende Biracos une émission de la Gaule méridionale, proche du domaine des monnaies à la croix et dont la provenance d’Aumes permet maintenant de commencer à construire une répartition qui confirmera l’opinion de J. Evans et ajoutera une nouvelle série au Corpus des monnaies celtiques de Gaule 27.
H) Monnaie ibérique
D/ Tête masculine à droite R/ Cavalier avec lance à droite la légende est hors flan.
n° 175 (=AR 126) (moitié : 1,43 ; 18 ; 1,5 ; 1).
Il s’agit d’un denier, dont la série ne peut pas être précisé et qui a été émis, en Espagne, aux IIe-Ier siècles avant J.-C. 28
I) Monnaies de la République romaine
a) Bronze. As oncial
D/ Tête de Janus. R/ Proue à droite, devant – I ; à l’exergue : R O M A.
n° 176 (=AR 86) (19,14 ; 28/30 ; 4 ; 3).
Cette émission date de la période IIe siècle – 91 avant J.-C.
b) Argent - Deniers
- Denier PAVLLVS LEPIDVS
D/ Concordia à droite, à gauche : [PAVLLVS LEPIDVS] à droite : [CONCO] RDIA.
R/ Trophée au-dessus : [TER] ; à l’exergue : [PAV] L L VS
n° 177 (=AR 95) (monnaie fourrée 3,58 ; 18/19 ; 3,5 ; 2) 29.
- Denier CAESAR
D/ Instruments de sacrifice. R/ Éléphant et monstre marin ; à l’exergue CAESAR.
n° 178 (=AR 186) (exemplaire fourré et incomplet : 2,98 ; 17 ; 2,5 ; 8) 30.
3/ Denier C CONSIDIVS PAETVS
D/ Tête d’Apollon à droite dans un grènetis ; derrière A. R/ Chaise curule au-dessus CO N S IDI ; à l’exergue PA ETI.
n° 179 (=AR 183) (2,46 ; 17/18,5 ; 2 ; 9) 31.
J) Monnaies de l'Empire romain
Le petit nombre d’exemplaire dont nous disposons et le mauvais état de conservation nous invitent à grouper ces neuf monnaies dans un catalogue rapide.
n° 180 (=AR 121) (monnaie fourrée : 1,43 ; 13/15 ; 2 ; ? ; il pourrait s’agir d’un quinaire d’Auguste, par exemple au revers ASIA RECEPTA, type Roman Imperial Coinage 18, de 28-26 avant J.-C.), 181 (=AR 87) (13,28 ; 26 ; 3,5 ; 6 ; as d’Agrippa au revers de Neptune, type R.I.C., l,p. 108, n° 32, émis sous Tibère ou Caligula.), 182 (=AR 81) (monnaie percée : 7,39 ; 25/26 ; 2 ; ?; monnaie fruste, probablement un as du Haut Empire), 183 (=AR 99) (moitié : 1,12 ; 19 ; 1 ; 12 ; antoninianus de Probus (276-282), 184(=AR 175) (incomplet : 1,25 ; 18 ; 1 ; ?; bronze du IVe siècle), 185 (=AR 60) (moitié : 0,80 ; 14 ; 2 ; 4 ; aes 4 du IVe siècle), 186 (=AR 97) (0,91 ; 12 ; 1 ; 6 ; monnaie d’Arcadius (395-408), 187 (=AR 98) (0,59 ; 8 ; 2 ; 2 ; ? ; petit bronze de la fin du IVe – début du Ve siècle (imitation 7)), 188 (=AR 11) (0,46 ; 8/9 ; 1 ; ? ; 7 ; petit bronze de la fin du IVe – début du Ve siècle).
K) Monnaies antiques frustes
Dans ces prospections de surface, vingt-sept monnaies, très probablement antiques, sont tout à fait frustes si bien que leur description sera réduite aux renseignements techniques 32.
n° 189 (=AR 12) (26,48 ; 33/34 ; 4 ; sesterce du Haut Empire ou monnaie du XVIIIe siècle), 190 (=AR 40) (incomplet :4,53 ; 21 ; 3 ; ?; au droit, tête à droite ?), 191 (=AR 41) (1,71 ; 4/16 ; 2 ; ?), 192 (=AR 42) (1,29 ; 12/14 ; 1,5 ; ?), 193 (=AR 43) (1,52 ; 12/14 ; 2 ; ?), 194 (=AR 44) (incomplet : 3,44 ; 18 ; 3,5 ; ?), 195 (=AR 61) (1,95 ; 10/12 ; 4 ;? ; il s’agit d’une pastille de métal), 196 (=AR 65) (2,25 ; 12/14 ; 3 ; ?), 197 (=AR 72) (incomplet : 1,54 ; 12 x 13 ; 2 ; ?), 198 (=AR 73) (0,22 ; 8/9 ; 1 ;?), 199 (=AR 82) (moitié : 2,23 ; 24 ; 2 ; ?), 200 (=AR 83) (moitié : 7,85 ; 29 ; 3 ; ?), 201 (=AR 88) (1,96 ; 13/14 ; 2; ?), 202 (=AR 108) (argent : 2,20 ; 8 x 12 ; 4 ; ? ; il s’agit d’une sorte de petit lingot), 203 (=AR 110) (moitié : 6,47 ; 30 ; 2,5 ; ?), 204 (=AR 129) (incomplet : 1,01 ; 10/15 ; 2,5 ; 7), 205 (=AR 143) (incomplet : 4,15 ; 21 x8 ; 4,5 ; ?), 206 (=AR 161) (moitié : 7,87 ; 30 ; 4 ; ?), 207 (=AR 174) (moitié : 11,58 ; 32,5 ; 4 ; ?), 208 (=AR 176) (0,71 ; 11/11,5 ; 1,5 ; ?), 209 (=AR 178) (moitié : 1,63 ; 18 ; 1,5 ; ?), 210 (=AR 182) (moitié : 10,20 ; 29,5 ; 4,5 ; ?), 211 (=AR 187) (2,39 ; 15 ; 2 ; ?), 212 (=AR 193) (0,86 ; 11 ; 2,5 ; ?), 213 (=AR 205) (incomplet : 0,72 ; 11/15 ; 1,5 ; ?), 214 (=AR 206) (incomplet : 0,97 ; 12/13,5 ; 2 ; ?), 215 (=AR 209) (2,11 ; 14,5 ; 3 ; ?).
L) Monnaies médiévales, modernes, contemporaines
Une prospection systématique de surface livre des documents de toutes les époques et, bien que notre intérêt soit davantage porté vers les périodes de l’Antiquité, nous avons tenu à donner le catalogue rapide, et non illustré, des monnaies médiévales, modernes et contemporaines que nous avons rencontrées 33.
n° 216 (=AR 10) (argent faible, incomplet : 0,45 ; 15/16 ; 0,5 ; croix et personnage debout de face avec une épée droite époque médiévale), 217 (=AR 74) (0,72 ; 17 ; 1 ; double tournois de Louis XII (1498-1515), 218 (=AR 169) (0,57 ; 12/13,5 ; 0,5 ; denier tournois de François Ier (1515-1547), 219 (=AR 2081 (argent ; 0,45 ; 12,5/13,5 ; 0,5 ; émission espagnole), 220 (=-AR 104) (2,52 ; 20 ; 1 ; double tournois Louis XIII, 1617), 221 (=AR 62) (2,49 ; 20/21 ; 1 double tournois Louis XIII, 1634, atelier de Lyon), 222 (=AR 136) (1,70 ; 20 ; 1 ; double tournois, Louis XIII, 1639), 223 (=AR 94) (2,57 ; 20 ; 1 ; double tournois, Louis XIII, 1639), 224 (=AR 190) (2,10 ; 19 ; 1 ; double tournois, Louis XIII, 1639), 225 (=AR 63) (2,73 ; 20 ; 1 ; double tournois, Louis XIII, atelier de Paris), 226 (=AR 47) (2,64 ; 20,5 ; 1,5 ; double tournois, Louis XIII), 227 (=AR 85) (2,17 ; 20 ; 1 ; double tournois, Louis XIII), 228-(=AR 109) (1,09 ; 19 ; 0,5 ; double tournois, Louis XIII), 229 (=AR 93) (2,25 ; 20 ; 1 ; double tournois, Urbain VIII, 1635), 230 (=AR 172) (2,86 ; 20 ; 2 ; double tournois, Urbain VIII, 1637), 231 (=AR 131) (2,29 ; 19 ; 1 ; double tournois, Urbain VIII, 1640), 232 (=AR 46) (incomplet : 1,51 ; 19 ; 1 ; double tournois, Charles II de Gonzague, 1637-1659), 233 (=AR 45) (1,52 ; 19 ; 1 ; idem), 234 (=AR 151) (2,90 ; 20 ; 1 ; double tournois, Dombes, Gaston d’Orléans, 1627-1650), 235 (=ML 5) (1,21 ; 17 ; 1 ; dernier tournois, Gaston d’Orléans), 236 (=AR 119) (1,24 ; 16 ; 1 ; denier tournois, Louis XIV, 1650), 237 (=AR 49) (1,68 ; 22,5 ; 1 ; trente deniers de billon, Louis XIV, 1709-1713), 238 (=AR 48) (4,20 ; 25,5 ; 1 ; sol de six deniers, Louis XIV, 1643-1715), 239 (=AR 84) (1,79 ; 19/20 ; 1 ; double tournois), 240 (=AR 120) (1,23 ; 17 ; 1 ; double tournois), 241 (=AR 130) (1,79 ; 20 ; 1 ; double tournois), 242 (=AR 154) (1,40 ; 17/18 ; 1 ; double tournois), 243 (=AR 166) (2,47 ; 20 ; 1,5 ; double tournois), 244 (=AR 171)(2,70 ; 20 ; 2 ; double tournois), 245 (=AR 173) (1,10 ; 19 ; 1 ; double tournois), 246 (=AR 51) (3,99 ; 25 ; 1 ; 6; jeton, Louis XV, 1715-1774 : H. de la Tour, n° 2144), 247 (=AR 91) (1,84 ; 20/21 ; 1 ; 4 maravedis, Cuenca, Philippe IV, 1621-1625, surchargé 1655 (Burgos)), 248 (=AR 167) (1,19 ; 16 ; 1,5 ; non attribuée, datation 1762), 249 (=AR 52) (1,70 ; 19 ; 1 ; dix centimes, Napoléon Ier, Perpignan, 1809), 250 (=AR 158) (1,85 ; 20 ; 1 ; deux centimes, Napoléon III, Paris, 1853), 251 (=AR 53) (4,83 ; 25 ; 1 ; cinq centimes, Victor-Emmanuel II, Naples, 1861), 252 (=AR 124) (4,73 ; 25 ; 1; cinq centimes, Napoléon III, Strasbourg, 1862), 253 (=AR 194) (4,55 ; 25 ; 1 ; cinq centimes, Napoléon III, Bordeaux, 1862), 254 (=AR 133) (9,77 ; 30 ; 2 ; dix centimes, Victor-Emmanuel Il, 1866), 255 (=AR 54) (4,65 ; 25 ; 1 ; cinq centimes, République, Paris, 1882), 256 (=AR 132) (9,83 ; 30 ; 2 ; deux centimes, République Argentine, 1891), 257 (=AR 125) (4,94 ; 25 ; 1 ; cinq centimes, République, 1911), 258 (=AR 90) (3,99 ; 23 ; 1,5 ; un franc, Chambre de Commerce de France, 1923), 259 (=AR 89) 11,87 ; 18 ; 1 ; cinquante centimes, Chambre de Commerce de France, 1923), 260 (=AR 137) (1,15 ; 20 ; 2 ; cinq centimes, Espagne, 1945), 261 (=AR 55) (2,22 ; 19/21 ; 1 ; médaille religieuse XIXe-XXe siècles), 262 (=AR 179) (7,70 ; 19/20 ; 3,5 ; plomb de commerce, toiles peintes étrangères), 263 (=AR 56) (6,16 ; 18/19 3 ; plomb de commerce), 264 (=AR 50) (1,11 ; 19 ; 0,5 ; monnaie moderne fruste).
Si l’on réunit les documents numismatiques actuellement signalés pour l’oppidum d’Aumes, on atteint un total de 263 monnaies, parmi lesquelles nous éliminerons les 30 frustes et les 50 documents frappés entre le VIIIe siècle et le XXe siècle, pour porter notre attention, plus spécialement, sur les 183 monnaies antiques. En 1976 et en 1981, le catalogue avait été synthétisé dans un tableau qui, par ses pourcentages, permettait de saisir, directement, la part de chaque série dans l’ensemble considéré.
Nous présentons aujourd’hui, l’ensemble des 183 monnaies sous la forme d’histogrammes (Fig. 6) qui, de façon visuelle directe, permettent de percevoir les périodes d’émissions, avec un système d’axes en relation avec les séries non romaines (A-H) et un autre avec les séries de la République et de l’Empire romains (05-16) 34. De plus cette représentation, déjà utilisée pour d’autres sites 35, facilite les comparaisons. Nous devons, enfin, rappeler qu’il s’agit ici de découvertes de surface et qu’il est donc impossible de savoir la durée d’utilisation des monnaies alors que tableaux ou histogrammes prennent en compte les dates d’émission.
Quoiqu’il en soit, les histogrammes d’Aumes montrent, de façon nette, pour les séries non-romaines, une très forte dominante des émissions de Marseille et, à quelque chose près, un parallélisme entre les séries frappées dans la cité voisine de Nîmes et les séries à la croix, celtiques ou ibériques (on notera la rareté des monnaies hispaniques) 36. Pour la période romaine, les monnaies de la République sont peu nombreuses 37 même pour le bronze et, pour l’Empire, à l’exception de la période du début du Haut Empire, renforcée par les séries coloniales de Nîmes, on conviendra que du Ier au IVe siècles les séries restent très mal représentées 38. Deux questions restent ouvertes : celle de la durée de l’habitat sur le site de hauteur et celle du début et de la durée de l’occupation au pied de l’oppidum. La répartition topographique dont nous disposons n’est pas éloquente et ne permet pas de résoudre l’une ou l’autre des questions. Tel qu’il est, ce graphique ne conduit pas à la conclusion d’une occupation continue sous I Empire (tous tènements confondus) mais, nous l’admettons, la récolte n’est pas suffisante pour apporter une solution. Il convient donc de poursuivre les recherches (et d’en publier les résultats) pour compléter – et, s’il le faut, modifier – la répartition monétaire que nous avons obtenue.
Les découvertes monétaires faites sur l’oppidum d’Aumes, de 1977 à 1981, renforcent très largement les conclusions auxquelles les études antérieures étaient parvenues, mais, en même temps, elles montrent que nos connaissances restent limitées sur un site clé de la vallée de l’Hérault qui se trouvait au carrefour de voies fluviale et terrestres. Il appartient aux recherches archéologiques 39 d’apporter le secours de la stratigraphie pour la chronologie et d’augmenter un médaillier maintenant connu 40.
Notes
1 M. Michel, J.-C. Richard, D. Rouquette, L’oppidum d’Aumes (Hérault), archéologie et monnaies Études sur Pézenas et sa région, 7, 1976, n° 4, p. 9-20 ; M. Schwaller, Monnaies d’Aumes oppidum et environs), Études sur Pézenas et l’Hérault, 12, 1981,n° 1 p. 31-35.
2 Il n’est pas inutile de rappeler ici que toute prospection de surface exige, d’une part, l’autorisation du propriétaire du terrain et d’autre part, l’autorisation du Directeur régional des antiquités historiques. La multiplication, durant ces dernières années, de prospections clandestines a privé la science d’un grand nombre de renseignements. En ce qui concerne la monnaie, il est primordial, on le sait, que le lieu précis de découverte soit enregistré car c’est ainsi que peuvent aboutir les études concernant l’attribution de frappes et la circulation monétaire.
3 Nous remercions très sincèrement M. M. Lhermet d’avoir bien voulu nous permettre de joindre à cette étude les documents dont il dispose.
4 Pour tout ce qui concerne l’utilisation de la statistique on peut se reporter maintenant au tome 5, 1981 de la revue Pact intitulé : « Statistique et numismatique » et qui constitue les Actes d’une Table ronde tenue à Paris en 1979.
– Le total des monnaies est bien de 218 car parmi les 209 documents numérotés, l’un (AR 162) est, en fait, une plaque de plomb.
5 Ce catalogue prend la suite du catalogue de 1976 (n° 135) et du catalogue de 1981 (onze documents que nous numéroterons 36-46). Notre catalogue – (donc n° 47) – indique, entre parenthèses, l’origine des documents (AR A. Rougerie, n° 1. 209 ; ML M. Lhermet, n° 1-10). De cette façon, l’ensemble des documents publiés sur cette commune est, peu à peu, construit. Les descriptions resteront sommaires. Nous donnons, entre parenthèses, à la suite du numéro général d’inventaire et de la référence d’origine, dans l’ordre : le poids, en grammes (suivi, le cas échéant, pour les monnaies coupées, de l’indication de la partie restante : 1/2, 1/4…), le module et l’épaisseur du flan, en millimètres, la direction des coins, en chiffres du cadran horaire. Si, dans une série, un exemplaire présente une particularité ou un complément par rapport à la description générale, nous l’ajoutons en dernière place. Les numéros de l’illustration sont ceux du catalogue. (fig. 1-5).
– Pour une présentation d’ensemble de grands ensembles monétaires provenant de sites archéologiques, nous nous permettons de renvoyer à celle du site de Mailhac (Aude) Gallia, 37, 1979, p, 1-53 ou de Mouliets-et-Villemartin (Gironde) ; Gallia, 41, 1983, p. 25-57, ainsi qu’à l’étude d’ensemble de J.-C. Richard, G. Depeyrot et L. Albagnac, Étude des découvertes et de la circulation monétaire dans la région de Montpellier (Hérault, France), (IIIème siècle avant J.-C. – Vème siècle après J.-C.), Numisma, 28, 1978, p. 241-306, où sont présentés des exemples et les principes de ce type d’étude.
6 Les émissions de ces oboles Sont placées entre le IVe et le 1er siècles avant J.-C. Gallia, 41, 1983, p. 27 ; Cl. Brenot et A. Sias, Archives de la ville de Marseille, Cabinet des Médailles, Catalogue du Fonds général (Marseille, la Sicile et la Grande Grèce), Marseille, 1981, p. 21-27.
7 Les émissions de ces drachmes sont situées entre le IIIe et le 1er siècles avant J.-C. Gallia, 37, 1979, p. 15 ; Cl. Brenot et A. Sias, op. cit., p. 39-54 et, pour la série à laquelle se rattache notre drachme (type BN 1221-1222) cf. p, 47.
– Comme ces monnaies proviennent de la surface, il n’est pas possible de déterminer le niveau archéologique auquel elles étaient liées. S’agissant, de monnaies d’argent, il est évident que leur durée de circulation a été longue ces oboles et cette drachme peuvent marquer une occupation du 1er siècle avant J.-C.
8 Gallia, 37, 1979, p. 16 ; Cl. Brenot et A. Sias, op. cit. p. 30-31.
9 Gallia, 37, 1979, p, 16; Cl. Brenot et A. Sias, op. cit., p. 31. J.-C. Richard aura l’occasion d’étudier, ailleurs, les différentes séries de ce monnayage et les problèmes de datation.
10 Sur les Samnagétes, or, se reportera, en dernier lieu à l’étude de M. Gayraud et J.-C. Richard, Les inscriptions gallo- romaines de l’oppidum du Castellas à Murviel-lès-Montpellier (Hérault), Études sur l’Hérault, 13, 1982, n° 3, en particulier p. 24-26. Le dossier numismatique sera étudié, ailleurs, par J.-C. Richard ; La série est représentée à la Bibliothèque Nationale par les numéros 2256-2275 (H. de La Tour, Atlas de monnaies gauloises, Paris, 1892, pl. V, 2256 ; cf. A. Blanchet, Traité des monnaies gauloises, Paris, 1905, p. 240).
11 A la Bibliothèque Nationale, cette série est représentée par les numéros 2401-2404 et 2405 A (H. de La Tour, op. cit. pl. VI, 2403 ; cf. A. Blanchet, op. cit., p. 275). C’est W. Froehner (Le roi Brigantikos, Revue Numismatique, 1907, p. 101-103) qui, reprenant l’hypothèse du Marquis de Lagoy (Médaille de Riganticus, vel Briganticus, roi de Galatie, Revue Numismatique, 1839, p. 17-20) proposa de lire un B en tète de la légende, en se fondant sur un exemplaire du commerce parisien. Un exemplaire avec la trace du B initiai vient d’être publié : Sylloge Nummorum Graecorum, The Royal Collection of coins and Medals, Danish National Museum, 43, Spain-Gaul, par G. K. Jenkins et A. Kromann, Copenhague, 1979, n° 678 (9,41 g) et un autre (7,28 g lieu de découverte inconnu) nous a été communiqué par M. Lhermet. Ce dernier exemplaire offre, par ailleurs, une altération de la légende car le N n’a pas été gravé, faute que l’on trouve aussi sur l’exemplaire 2404 (8,76 g) de la Bibliothèque Nationale, Enfin, tous ces exemplaires ne nous permettent pas de déterminer la finale des deux formes connues : Briga(n)ticos ou Briganticou car la dernière lettre est soit hors flan soit mal empreinte ou détériorée. Les datations actuellement retenues pour l’ensemble des monnayages de la région de Narbonne-Béziers ont été présentées par J.-C. Richard, Les monnayages indigènes de Narbonne et sa région, Narbonne, archéologie et histoire, 1, Montpellier, 1973, p. 135-149.
12 A la Bibliothèque Nationale, cette série est représentée par les numéros 2406-2408 (H. de La Tour, op. cit., pl. VI, 2408) ; J.-C. Richard, op. cit., p. 135-149.
13 A la Bibliothèque Nationale, cette série est représentée par les numéros 2448 et sq. (H. de La Tour, op. cit., pl. VI, 2449) ; J.-C. Richard, op. cit., p. 135-149.
14 J.-C. Richard, Les monnaies à légende ibérique Biricantin/Biricantio/Biricatio de la Gaule du Sud, II Simposi Numismatic de Barcelona, Barcelone, 1980, p. 23-29. Notre exemplaire est publié dans cette étude sous le n° B-11. La série est représentée à la Bibliothèque Nationale par les numéros 2499-2505 (H. de La Tour, op. cit., pl. VI, 2499). La carte de répartition s’est enrichie d’un nouveau point de découverte (Saint-Pons-de-Mauchiens, Hérault) avec un exemplaire coupé qui laisse apparaître la fin de la légende, très nette : [Biric]atio.
15 Gallia, 37, 1979, p. 20 : BN 2662-2683 ; La Tour, pl. VI, 2677 ; J.-B. Giard, Le monnayage antique de Nîmes, Bulletin de l’École antique de Nîmes, nouvelle série, 6-7, 1971-1972, p. 49-50 et 58-59.
16 Gallia, 37, 1979, p. 20 : BN 2684-2700 ; La Tour, pl. VI, 2698, J.-B. Giard, op. cit., p. 49 et 57 (qui date « avant 49 av. J.-C. ») ; M. Py (Acta Numismatica, 4, 1974, p. 105, 109-111, 124-126, 144) propose, d’après les résultats des fouilles de Nages (Gard), la période 120-60 av. J.-C.
17 Gallia, 37, 1979, p. 20 BN 2729-2739 ; La Tour, pl. VII, 2735 ; J.-B. Giard, op. cit., p. 50-53, 59-60 ; D. Roman, La fondation de Ia colonie de Nîmes : problèmes de chronologie, Bulletin de l’École antique de Nîmes, nouvelle série, 14, 1979, p. 99-104.
18 Gallia, 37, 1979, p. 22 ; BN 2740-2817 ; La Tour, pl VII ; J.-B. Giard, op. cit., p. 54 et 60.
19 Gallia, 37, 1979, p. 25 ; Gallia, 41, 1983, p. 30-36 ; BN 2959-3557 ; La Tour, op. cit., pl. VIII-X ; J.-B. Colbert de Beau. lieu, Traité de Numismatique Celtique, 1, Paris, 1973, p. 285-286 : pour les périodes métrologiques qui organisent ce monnayage durant la première moitié du Ier siècle avant J.-C.
20 Gallia, 41, 1983, p. 36 ; BN 3371-3414, 3555-3557 ; La Tour, op. cit, pl. X.
21 La Tour, op. cit., pl. X. Sur le trésor de Goutrens : A. Blanchet, op. cit., p. 285 et 543 ; S. Scheers et J. Delaporte, Monnaies gauloises de Seine-Maritime. Musée départemental des Antiquités, Rouen, 1978, p. 36-38, n° 102-128 avec quatre lingots provenant du trésor.
22 Gallia, 37, 1979, p. 26 ; 41, 1983, p. 46. Nous disposons maintenant d’un ouvrage qui facilite l’étude des potins méridionaux et de ceux qui sont attribués aux peuples de la Celtique en particulier les Eduens, les Séquanes (La Tour, op. cit., pl. XVI) ou les Sénons (pl. XXX) G. Gentric, La circulation monétaire dans la basse vallée du Rhône (II-Ier s. av. J.-C.) d’après les monnaies de Bollène (Vaucluse), Caveirac, 1981, p. 38 et sq. voir aussi : G. Gentric et Ch. H. Lagrand, Les monnaies de Saint-Pierre-les-Martigues (Bouches-du-Rhône) (fouilles 1971-1979), Documents d’archéologie méridionale, 4, 1981, p. 5-28.
23 BN 4363-4364 ; La Tour, op. cit, pl. XIII, 4363 : la monnaie est « classée » sous la rubrique « Incertaines », entre les Petrocores et les Cadurques : J.-C. Richard, Les petits bronzes celtiques à légende CMEP IBN 4363-4364), Studia Paulo Naster Oblata, 1 Numismatica antiqua, Louvain, 1982, p. 323-328 (notre exemplaire figure dans cette étude sous le n° 12).
24 F. de Saulcy, Revue Numismatique, 1860, p. 173 et pl. VIII, 11.
25 E. Muret et A. Chabouillet, Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1889, p. 224, s. n. 9579, qui renvoie aux études de F. de Saulcy et de J. Evans (Revue Numismatique, 1861, p. 2).
26 A. Blanchet, op. cit., p. 104. Le nom de Biracos est connu dans le Midi de la France.
27 Nous adressons nos plus sincères remerciements à M.J.-B. Colbert de Beaulieu qui a bien voulu examiner ces monnaies et approuver nos propositions, après les avoir fait passer au crible de son implacable et vivifiante critique.
28 Pour l’ensemble des monnayages émis durant l’Antiquité dans la Péninsule ibérique, on se reportera maintenant à l’étude de L. Villaronga, Numismatica antigua de Hispania, Barcelone, 1979.
29 M. H. Crawford, Roman republican coinage, Cambridge, 1974, p. 441, n° 415/1 : 62 avant J.-C.
30 M. H. Crawford, op. cit., p. 461, n° 443/1 : 49/48 avant J.-C.
31 M. H. Crawford, op. cit., p. 476, n° 465/2 a. 46 avant J.-C.
32 Il ne nous a pas semblé utile d’illustrer ces 26 exemplaires dont les fiches sont conservées dans nos dossiers pour tout examen.
33 Il ne saurait être question de tirer des enseignements immédiats de monnaies de cette époque, découvertes en dehors de tout contexte archéologique d’une part parce que leur durée de circulation a été très longue (dans certains cas jusqu’en plein vingtième siècle), d’autre part, comme nous l’avons déjà remarqué à propos d’autres sites, parce que, dans des terres agricoles, les monnaies peuvent, en fait, provenir des villages, avec les engrais (le fumier villageois était souvent augmenté par les ordures et les nettoyages ménagers). Quoiqu’il en soit, puisque ces documents ont été, pour la plupart, identifiés, nous avons préféré les publier.
34 Le classement par période repose sur les divisions suivantes :
– axes en haut et à gauche : A (Marseille), B (Monnaies de la rive gauche du Rhône autres que celles de Marseille), C (Monnaies pré augustéennes de Nîmes et de sa région). D (Monnaies ibéro-celtiques de la rive droite du Rhône), E (Monnaies à la croix), F (Potins), G (Monnaies de la Celtique), H (Monnaies de la Péninsule ibérique)
– axes du bas : 05 (124-92 avant J.-C.), 07 (79-49 avant J.-C.), 08 (49-45 avant J.-C.), 1A (27-2 avant J.-C.), 1b (2 avant J.-C. 41 après J.-C.), 4 (96-117 après J.-C.), 6 (138-161 après J.-C.), 10 (259-275 après J.-C.), 11 (275-294 après J.-C.), 14 (348-364 après J.-C.), 16 (388-402 après J.-C.).
35 Cf. J.-C. Richard, G. Depeyrot, L. Albagnac op. cit supra note 5 ; Gallia, 37, 1979, p. 51.
36 Cette situation est une constante des sites de la rive droite du Rhône jusque vers Narbonne.
37 J.-C. Richard, Les monnayages indigènes de Narbonne et sa région, Narbonne, archéologie et histoire 1, Montpellier 1973, p. 144-146.
38 Les sites occupés, de façon continue, durant le Haut Empire ou durant le Bas-Empire, présentent des histogrammes différents ; en particulier, le IVe siècle est, en règle générale, très fourni.
39 Les articles sur Aumes publiés en 1976 et 1981 donnent un compte rendu des découvertes archéologiques et la bibliographie archéologique et historique sur le site et ses abords.
40 Il nous reste l’agréable devoir de remercier ici tous ceux qui ont facilité nos recherches sur le site d’Aumes M. le Maire d’Aumes, M. André, Mme Arcay, M. Billière, M. Coste, M. Fernandez, Mme Ganigal-Monteils, M. Kruger, M. Ruiz, M. Vignal M. Ulloa. Sans leur autorisation ou leur collaboration, cette étude n’aurait pas pu voir le jour.
