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Description

Midi Libre : Naissance d’un quotidien régional à la Libération

* Historien

Avant-propos

Pierre Mazier prépara, durant les années d’Occupation, une licence d’histoire et de géographie à la Faculté des Lettres de Montpellier où il eut des maîtres prestigieux, tels qu’Augustin Fliche ou Henri-Irénée Marrou. Beaucoup plus tard, il travailla dans un des services de Midi Libre, et sa formation initiale amena le directeur du journal, Maurice Bujon, à le mandater pour écrire une histoire de Midi Libre. Pour des raisons de circonstances, l’étude réalisée en 1988 par Pierre Mazier ne fut pas publiée. Un historique du journal fut rédigé et publié en 1995 sous la direction de Félix Torres à l’occasion des 50 ans du quotidien.

L’étude de Pierre Mazier ne fait cependant pas double emploi avec le livre de Torres. A mi-chemin entre la distanciation de l’étude historique et l’engagement du chroniqueur happé par la dynamique et le romanesque de la saga journalistique, elle bénéficia de l’accès aux archives et de la collaboration de tout le personnel en activité ou retraité dans les années 1980 ; elle propose un récit très vivant, mais également précis et détaillé, des premières années du journal. C’est pourquoi, il a paru intéressant d’en extraire la substance d’un article relatant les péripéties de la naissance du nouveau quotidien montpelliérain, travail de réécriture et de mise à jour que Pierre Mazier a bien voulu effectuer pour notre revue. [La Rédaction]

Introduction

Comment Midi Libre devient-il, fin 1944, le premier journal régional, au détriment de parutions diverses qui ont pour la plupart disparu ? Quelles influences politiques, quelles ambitions professionnelles expliquent cette émergence ? Dans quel contexte ?

Durant toute la IIIe République, Montpelliérains et Héraultais ont eu à leur disposition deux quotidiens rivaux, Le Petit Méridional et L’Éclair. Le premier représentait les courants républicain et radical-socialiste partisans d’un progrès social modéré ; le second était l’expression des milieux conservateurs et plus précisément royalistes, très présents dans la région. Ces deux journaux avaient su étendre leur zone d’influence sur une dizaine de départements et pouvaient atteindre jusqu’à l’Ariège, le Tarn ou la Haute-Provence. Leur succès avait réduit à la portion congrue les autres organes de presse, locaux ou diffusés depuis l’extérieur de la région, comme La Dépêche de Toulouse.

La période de l’Occupation, du fait des contraintes de la censure, et de l’acceptation du régime de Vichy par les administrateurs, a sinon rapproché du moins conduit à des positions assez communes, les deux journaux concurrents, ce qui les a entraînés dans la même chute. Leur disparition à la Libération a donné naissance à de nouveaux titres de presse, tout à la fois en rupture et pourtant aussi en continuité avec eux. C’est sur la base logistique de l’Éclair que se construit, non sans péripéties, son successeur, Midi Libre, paru le 27 août 1944 pour la première fois. Né à la Libération, Midi Libre ne cessera de progresser et deviendra le plus grand quotidien de la Région.

En voici les acteurs, et le récit de leur entreprise.

Surgis de l’ombre

La fondation de Midi Libre est l’oeuvre d’une équipe ; d’une équipe solide, aux compétences complémentaires, très vite devenue une équipe d’amis. Les hommes qui l’ont constituée, peu nombreux, ont joué un tel rôle dans la genèse de ce journal qu’il convient, à notre avis, de faire, dès maintenant, connaissance avec eux.

Mais présentons-les déjà !

Comme au théâtre antique où l’on ne s’embarrasse pas de subtilités, faisons les venir, à tour de rôle, sur le devant de la scène. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

23

Auteur(s)

Pierre MAZIER

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf