Mémoire d'Oc n° 078
Mémoire d'Oc n° 078

Mémoire d'Oc n° 78 (février 2000)
Des banhs vieilhs aux modernes bains douches (2)

37 pages – (2000)

Introduction

Sans remonter au Déluge – qui est pourtant une fameuse histoire d’eau – nous pouvons considérer comme fort ancienne la pratique des bains.

A l’époque archaïque d’HOMERE, bains tièdes et frictions nettoyaient et délassaient les corps fatigués des valeureux héros. Au chant X de l’ILIADE, nous voyons ULYSSE s’abandonner aux flots marins pour se débarrasser de la poussière et de la sueur des combats, puis se baigner dans une cuve avant d’offrir un sacrifice à ATHENA. L’acte a ici une connotation religieuse : l’eau fait partie d’un rituel de purification. Dans l’ODYSSEE, ULYSSE – toujours lui – se voit offrir un bain par CIRCE en signe de bienvenue.

Mais les simples mortels aimaient, eux aussi, les bienfaits de l’eau. Dans le monde grec, les établissements de bains apparaissent au VIème siècle avant Jésus Christ et leur histoire accompagne celle de l’entraînement physique ; du reste, ils se multiplient à proximité des « palestres », ancêtres de nos modernes salles de gymnastique. Parallèlement se développe la science hygiénique, dont le but est d’aider le citoyen à améliorer et conserver la santé ; bains et massages deviennent alors des moyens de prévention.

Les Romains héritent de ces modes de vie ; les Gallo-romains à leur tour conservent l’habitude d’aller aux thermes dont de nombreux vestiges ont été retrouvés à ce jour. Non seulement ils ont laissé l’ »objet » mais aussi le nom : le mot « bain » dérive du latin « balneum » ; quant à la « douche », peu courante à l’époque, elle est tout simplement la traduction de l’italien « doccia » et apparut seulement en 1580 ; MONTAIGNE l’emploie cette même année dans son « Journal de voyage en Italie« . Mais nous n’en sommes pas encore là !

Voici venir le Haut Moyen-Âge, époque où progresse le Christianisme ; l’Église primitive néglige le corps; et le refus de l’hygiène devient un signe d’élévation morale. Cependant, l’habitude de se rendre aux thermes perdure aux premiers temps de l’ère chrétienne et sous les invasions. Les « Barbares » n’éprouvaient pas les répugnances de l’Église à l’égard de l’eau. ATTILA avait ses propres bains et CHARLEMAGNE incitait ses amis, ses fils et même ses soldats à plonger avec lui dans la piscine de son palais d’AIX-LA-CHAPELLE.

En Occident toutefois, les « vertueuses » prescriptions de l’Église avaient progressé. Même le baptême par immersion disparaît, vers le VIIIème siècle, remplacé par une simple aspersion ; et ALFONSE VI de CASTILLE fait détruire toutes les étuves de son royaume pour éviter l’amollissement de ses soldats : les bains sont la porte de l’Enfer ! Est-ce le glas des plaisirs de l’eau ?

Eh bien non ! Nous allons voir que notre bonne ville, à peine née, va montrer qu’elle ne tient pas à mijoter dans la saleté et se doter, comme les anciennes villes grecques et romaines, d’établissements de bains et autres thermes.

Contenu du numéro :

Banhs vieilhs (I)

Les anciennes étuves de Montpellier :
     La rue des étuves ou rue des Banhs,
     Le métier d' »estubier »,
     Le destin des étuves de Babot.

Les avatars de la notion d’hygiène… et la condition de « stubier » jusqu’au XVIIIe siècle :
     Considérations générales,
     L’Édit de mars 1673… et la suite,
     La communauté montpelliéraine des barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes.

L’Hygiène en marche au XIXe siècle :
     Bains publics : nécessité, confort, idéal politique et social,
     L’éternelle vocation de la rue des Étuves : les « Bains de Paris ».

Autres eaux, autre lieux :
     Le quartier du Peyrou, les « bains du Peyrou »,
     Les bains et lavoirs de la route de Nîmes,
     Les bassins de natation du Lez.

Mémoire d’Oc

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2 place Pétrarque
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