Méditerranée orientale et Mer Noire :
rapprochements de céramiques (Fin VIIe s. – 1er et 2e quarts du VIe s.)

A nouveau vouloir aborder, par le biais des céramiques d’époque archaïque (c’est-à-dire, pour l’essentiel, du VIe s. et dans quelques cas, probablement, du VIIe s.), le rôle sinon de la basse vallée de l’Hérault du moins de La Monédière en ce qui concerne l’hellénisation de toute une partie du Languedoc occidental, c’est également tenter d’apporter un complément d’information à nos collègues qui s’intéressent de près ou de loin 1 à une région remarquable dont la vocation était inscrite clairement dans la géographie 2.

C’est aussi s’efforcer de montrer qu’avant les abondants arrivages sur le site héraultais de la céramique attique à figures rouges et à « vernis » noir du Ve s. 3, ce site connaissait déjà des contacts 4 qui le rangeaient parmi les rares sites portuaires ou de lagune dont l’activité était alors comparable, c’est-à-dire surtout Emporion/Ampurias et Pech Maho à Sigean 5, sans parler, bien sûr, d’Agde dont l’activité d’époque archaïque sera, quelque jour à venir, découverte 6.

Certes tout ne peut pas être révélé à propos d’un gisement occidental d’époque archaïque par l’examen d’une vingtaine de fragments de céramique de technique fine et par des rapprochements faits avec des exemplaires recueillis en Méditerranée orientale. Les meilleurs éclaircissements au sujet de La Monédière comme à propos de tout gisement préromain languedocien viennent et viendront de fouilles stratigraphiques, par les comparaisons du matériel des niveaux et des couches, par la recherche de proportions et en tenant compte absolument de toutes les céramiques 7.

Nous sommes donc conscients du caractère limité de notre apport mais il nous semble qu’il soit possible de l’inclure dans des considérations d’une portée plus générale.

En effet, en présentant vingt fragments choisis parmi les nombreux exemplaires de céramique tournée non attique de l’ancienne collection J. Coulouma 8 il faut aussi se poser les questions suivantes :

  1. Quelles céramiques, trouvées en Méditerranée nord-occidentale, peut-on, sans risque de grave erreur, classer parmi les vases dits de la « Grèce de l’Est » ? En d’autres termes existe-t-il, pour un œil des critères suffisamment sûrs ?
  2. Quels gisements, entre la basse vallée du Rhône gardoise et la baie de Rosas, ont fourni sinon des céramiques comparables à celles que nous présentons, du moins des pièces de céramique tournée non-occidentale 9 et non-attique datables du VIe ou de la fin du VIIe s. ?
  3. Le Languedoc occidental, basse vallée de l’Hérault comprise, a-t-il été plus ou moins favorisé que le Languedoc oriental en ce qui concerne les apports de céramique gréco-orientale pendant les deux premiers quarts du VIe10. Ceci revient à. dire « les fouilles publiées actuellement, sur l’ensemble du Languedoc méditerranéen, permettent-elles déjà de se faire une opinion ? » Ou bien la vérité finale serait-elle la suivante : le delta antique le plus accessible avec ses lagunes avoisinantes et une longue vallée en plaine c’est-à-dire ceux de l’Hérault seraient-ils à mettre tout à fait à part ? Cette région serait-elle, pour les céramiques en question, la plus favorisée sur la côte du Golfe du Lion ?
  4. Que peuvent nous apprendre les arrivages de céramique étrusque, notamment de canthares en bucchero nero, là où ils sont fréquents ? Peuvent-ils nous apporter une aide pour mieux comprendre les limites chronologiques et le mouvement commercial de l’époque archaïque ? 11

Parmi ces questions une seule doit être traitée avant de présenter les vingt pièces en provenance de La Monédière : il s’agit non seulement de la possibilité ou non de distinguer, sur un exemplaire en provenance des fouilles occidentales ici languedociennes, des caractéristiques attribuables aux céramiques de la Grèce de l’Est mais aussi d’un essai de détermination – à l’œil nu de ces caractéristiques. Les autres questions ne pourront évidemment être abordées qu’à la suite du relevé descriptif et comparatif concernant les documents de l’ancienne collection Coulouma.

Tenter de classer parmi les céramiques dites de la Grèce de l’Est des exemplaires recueillis dans des gisements du bassin méditerranéen nord-occidental paraît être une entreprise très aventureuse. Sur le sujet il semblerait que le débat doive forcément rester « ouvert ».

A vrai dire beaucoup de considérations favorisent cette façon de voir : d’une part en Méditerranée orientale une variété de centres de production de céramique a existé, centres qui sont encore mal connus 12, d’autre part, même en Méditerranée orientale, il est souvent difficile sinon impossible de départager les produits d’ateliers dès qu’il s’agit de céramique commune ou même de céramique de style orientalisant.

Notre propos, devant un document de céramique provenant d’un gisement de la Méditerranée nord-occidentale, ne peut donc pas être de lui attribuer une origine précise. N’en vient-on pas d’ailleurs maintenant à penser qu’il peut être dangereux et inexact de parler de céramique rhodienne, avec ou sans guillemets ? 13 A l’appellation vague à souhait de céramique « ionienne » c’est tout juste si l’on peut oser ajouter céramique type de Samos, céramique type de Lesbos ou bien encore céramique type des Iles, l’Insei ionisch de certains travaux en langue allemande d’il y a quelque temps déjà.

Il suffira donc, pour l’heure, de s’efforcer de déceler ce qui peut – en général – caractériser des productions de la Grèce de l’Est.

Tout d’abord ce n’est qu’après de longues et patientes recherches conduites principalement dans les réserves des musées, contrôlées par une documentation en bibliothèque, vérifiées aussi, dans la mesure du possible, sur le terrain, qu’une telle tentative a quelques chances d’aboutir à des conclusions qui ne soient pas en contradiction totale avec un document nouveau qui surviendrait. Il n’est donc pas question d’analyses de laboratoire. En effet, nous avouons qu’il est « vain », pour qui n’est pas homme de laboratoire, de vouloir adjoindre à ses propres constatations celles qui peuvent être fournies par un laboratoire : à la vue partielle, même chiffrée, il faut préférer la vue globale. De plus, tant que les analyses de laboratoire ne seront pas faites sur une grande échelle, elles resteront d’une utilité très limitée, limitée même, pourrait-on dire, à leurs auteurs 14.

C’est avec des moyens plus simples qu’il faut compter. En sériant les questions il n’est pas impossible de beaucoup apprendre. A la méthode qui a été proposée plus haut, il est bon et même nécessaire d’ajouter des compléments pratiques connaissance, manuelle et visuelle, des problèmes de technique, examen attentif, mais avec un certain détachement critique, de tout ce qui est ornementation, esprit constamment en alerte, à l’écoute de ce qui se dit, de ce qui est fait de nouveau.

Généralités, banalités ? Oui et non mais c’est ainsi qu’un jour, devant une aquarelle reproduisant fort exactement les couleurs de la terre cuite et du décor d’une coupe estimée par l’inventeur « ionienne », on peut, avec assurance, dire : « cette coupe n’est pas ionienne ». Ne se demande-t-on pas d’ailleurs maintenant où est fréquente en Méditerranée oriental la coupe dite « ionienne » de la forme B 2 ?

Coupe à yeux de Pech Maho et Coupe à yeux provenant de Naucratis
Fig. 1 Coupe à yeux de Pech Maho, Sigean (Aude).
Fig. 2 Coupe à yeux provenant de Naucratis : photo du British Museum, coll, du Musée Britannique Inv. n° 88.6.1.392 (Aimable autorisation de reproduction donnée par les Trustees du Musée Britannique (lettre du 28 Oct. 1976).

Parmi les caractéristiques de technique qui peuvent être reconnues à l’œil nu, citons l’aspect de la face interne d’une pièce, cette face renseignant sur la rapidité du tournage 15, l’aspect de la section d’un fragment 16 et l’aspect, dans son ensemble, de la pièce considérée. Par aspect d’ensemble nous entendons dureté, homogénéité, nature du dégraissant (mica, inclusions de calcaire, de coquillage, etc.), couleur de la section (uniforme ou non, une oxydation insuffisante laissant apparaître, à cœur, une zone grisâtre) 17. La présence d’une plus ou moins forte proportion de fer dans l’argile est, on le sait, une cause de variation importante de la couleur de la section (rouge, rose 18 si la proportion est forte).

Les caractéristiques du façonnage sont loin d’être négligeables : galbe, profil heurté pouvant indiquer une imitation d’un vase métallique, vase tourné en entier en une seule fois ou bien col joint à l’épaule à l’aide d’un bourrelet de terre cuite rajouté, surface externe lissée au chiffon, à la main mouillée, polissage ou brunissage qui donne à la face externe un aspect brillant, miroitant presque 19. Devant chaque pièce d’ailleurs, si les questions à se poser peuvent être semblables, il est rare que les réponses puissent être identiques.

Ceci est même valable pour le décor le plus ordinaire. On pourrait penser que l’examen du décor est secondaire. Souvent il n’en est rien. Une technique telle que celle de la peinture striée (streaked technique) est, à elle seule, révélatrice 20. Élargir le champ des rapprochements avec des exemplaires en provenance de la Méditerranée orientale est une absolue nécessité. Il y a des juxtapositions de motifs qui, en Méditerranée orientale, seraient aberrantes. Un exemple, qui nous paraît être convenable, est celui d’une coupe à yeux non attique qui provient du grand site portuaire et fortifié de Pech Maho à Sigean (Aude) (Voir pl. I, fig. 1). Mettre cette coupe à côté d’une coupe à yeux de la Grèce de l’Est (Voir pl. I, fig. 2) fournirait déjà une démonstration qui pourrait se passer de commentaire. Si l’on sait cependant que les groupes de traits verticaux près des anses et la rosette de points sont bien des emprunts faits à l’ornementation gréco-orientale mais que ce qui tient lieu de « nez », c’est-à-dire la schématisation d’une fleur de lotus telle qu’on peut en voir sous les anses des coupes à yeux attiques tardives ne peut être qu’une fantaisie d’imitateur, les anomalies de décor et de chronologie sont évidentes.

Même sur un simple fragment il y a des juxtapositions de motifs qui renseignent clairement. Un fragment en provenance de La Monédière le prouvera (voir pl. V, fig. 16) d’une part les trois motifs sont trop rapprochés, d’autre part ils ne sont pas faits pour aller ensemble ; de plus à la fin du VIIe s., et surtout au VIe s. le motif du sablier (hour-glass) est, en Méditerranée orientale, plus qu’un anachronisme ; même le motif dit des ailes de papillon (butterfly pattern), motif qui lui ressemble mais est reproduit horizontalement, a eu une existence à une époque bien antérieure. D’ailleurs les caractéristiques techniques du même fragment sont aussi en faveur d’une production occidentale ; toutefois, selon nous, la pièce appartient à l’époque archaïque ; rien de tel en effet n’existe en Méditerranée occidentale sur des céramiques tournées plus tardives et, incontestablement, les motifs empruntés ne peuvent être rapportés qu’au monde de la Méditerranée orientale.

Ces remarques préalables peuvent-elles convaincre le lecteur que ce qui va suivre ne sera pas subjectif ? Peuvent-elles laisser deviner que ce n’est certes pas l’étalage d’érudition qui est recherché mais les preuves cumulatives – l’accumulation de la documentation 21 doit emporter l’adhésion et doit permettre de classer les documents parmi les céramiques de la Grèce de l’Est ?

Dans la présentation détaillée que nous allons faire, nous avons tenu compte uniquement de pièces provenant de l’ancienne collection Coulouma, c’est-à-dire de pièces recueillies soit hors fouilles, soit au cours de prospections qui ne semblent pas avoir permis de reconnaître nettement une stratigraphie qui, cependant, existait en plus d’un endroit sur le site 22. L’ordre de présentation est le suivant : a) pièces en céramique cuite en atmosphère réductrice, c’est-à-dire en terre grise monochrome 23 ; b) pièces en céramique cuite en atmosphère oxydante, c’est-à-dire en terre claire, non grise en surface ou même à cœur 24.

Catalogue

A - Vases gris monochromes (fragments) 25

Les trois formes considérées sont celles du cratère à haut pied creux, du dinos/Iébès et du plat à marli à décor de groupe de rainures concentriques.

  1. Cratère à haut pied creux (pl. II, fig. 3 a, b26 Pied (fragment) (sans n° de Cat.) : Fragment concave. Dimensions : 15,5 cm x 16 cm environ ; épaisseur 1,1 cm à 1,4 cm (Coll. Coulouma : epsilonn 102). Terre gris vert pâle, dure, sonore dégraissant : poussière de mica, inclusions blanchâtres. Intérieur dépourvu de peinture ; extérieur : engobe gris moyen brillant par suite de brunissage. Décor : alternance de deux groupes de cannelures – 4 et 5 respectivement – et de deux surfaces planes ornées de feuilles blanchâtres (barbotine) groupées par 4 ou 5 éléments.

Rapprochements : origine de la forme en Méditerranée orientale ; faut-il penser, en premier lieu, au type de cratère de « tradition Minyenne » mentionné par W. Lamb (cf. A B S A, XXXI, 1930, p. 170, fig. 3) ? Est-ce plus juste de faire le rapprochement avec ces cratères à haut pied creux en terre « claire » mais à riche décor, cratères de grande dimension dont la fabrication a été interrompue après le milieu du VIIe s. ? De tels cratères ont été signalés, par exemple, à Rhodes (cf. H. Walter, Samos V, 1968, pl. 86/485), à Chio (cf. J. Boardman, Greek Emporio, 1967, p. 106, fig. 62, cratère restauré) et à Samos (cf. P. Isler, communication au Colloque international C N R S de Naples, 1976 : Actes (….) à paraître).

Le fragment de La Monédière, qui avait été interprété, à tort, par nous comme ayant appartenu à un « col » de « vase fermé de grande dimension – amphore ou vase pithoïde (?) » – cf. Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, p. 9 et pl. II d, a été attribué à sa forme réelle grâce à J. Boardman qui nous a confirmé que cette forme n’existait plus, en Méditerranée orientale, après 650 27.

Quant à la technique de brunissage sur engobe elle caractérisait tout un groupe de vases gris monochromes (cf. C. Boulter dans C. Blegen et al., Troy IV/l, 1958, p. 252). Cf. note 26.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIIe s.

  1. Dinos/lébès (pl. II, fig. 4 et pl. IV, fig. 1). Bord à marli (fragment) (Cat. n° 24): Fragment de bord à marli avec anse appliquée du type en « bobine » (spool-handle, Wulstgriff). Dimensions : longueur, 10,8 cm ; embouchure, Ø extérieur : 16 cm, Ø intérieur 12 cm (Coll. Coulouma : epsilonn 94). Terre gris beige, sonore, très micacée. Caractéristiques ornementales : sur le marli groupe de cinq rainures concentriques aux extrémités de l’anse en bobine (incomplète) groupe de trois rainures formant de petits anneaux. Décor incisé avant cuisson avec un peigne métallique.

Remarque et rapprochements : Ce type d’anse, qui est une imitation de celle de prototypes métalliques (cf. E. Akurgal, Phrygische Kunst, 1955, pl. 57 a, aussi cf. T.J. Dunbabin, The Greeks and their Eastern neighbours, 1957, p. 67) a été imité sur des céramiques, ici et là, en Méditerranée, par exemple à Lesbos (cf. A B SA, XXXI, 1930, p. 157 ; Ibid., XXXII, 1931-32, pl. 24/18 et p. 54 ; J H S, 52, 1932 par exemple p. 10, fig. 4/10), à Rhodes (Ibid., 1932, p. 151), à Délos (B C H, 35, p. 417 et fig. 79, 87), en Sicile. à Gela (cf. Mon. Ant. Lincei, 17, 1906, col. 671-672, fig. 494), à Syracuse (cf. N S A, 1925, p. 317, fig. 70 : dinos). Pour le bord d’un dinos ou lébès, comparer à un exemplaire de Larisa/Hermos (cf. J. Boehlau, K. Schefold, Larisa-am-Hermos, III, 1942, p. 113, fig. 37 e, k, I, m : Kessel).

Bibliog. : J. J. Jully, Études sur Pézenas et sa région, pl. III B 6, texte p. 8 et 10 ; Id., ibid., IV, 2, 1973, p. 8.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière VIe s., 2e quart.

  1. Plat à marli à décor de rainures (pl. II, fig. 5). Bord à marli, partie de vasque (Cat. n° 23) Fragment. Bord avec un groupe de sept rainures concentriques et partie de vasque. Dimensions : H. 7,1 cm embouchure ; Ø 24 cm (prospections J. Giry, 1955 coll, du Musée d’Agde). Terre gris clair, assez dure, mica. Enduit gris olive, brillant. Décor incisé avant cuisson avec un peigne métallique.

Remarques :
a) Forme : elle semble être une copie du plat « rhodien » à décor de fausse grecque sur le large bord, à l’intérieur signalons deux rapprochements à Xanthos (cf. H. Metzger, Xanthos IV, 1972, p. 62, fig. 6/24, bol anatolien en terre claire, non grise), à Istros (cf. M. Lambrino, Les vases archaïques d’Histria, 1938, p. 191, fig. 159/27, texte p. 205 : terre jaune grise).
b) Enduit gris vert et lustre : une catégorie de la céramique grise à Troie VIII est caractérisée par un engobe qui varie du brun noir au vert (green shades of gray) avec lustre par polissage (cf. C. Blegen, et al., Troy IV/I, 1958, p. 252).
c) Décor de groupe de rainures : ce décor a existé sur une variété de formes dans le nord ouest de l’Anatolie : il se trouvait à Troie bien avant Troie VIII (cf. H. Schmidt dans W. Dörpfeld, Troya und Ilion, I, 1902, p. 312). Il y est réapparu dans la ville grecque (Troie VIII) : cf. C. Boulter dans C. BleGen et al., cit., 1958, pl. 300 (VIII. 69, VIII. 88), pl. 301/12 et p. 253 : VIIe VIe s. ; il serait dû à la « colonisation Eolienne » de Troie au VIIe s. : (cf. Id., ibid., p. 250 opinion, mentionnée, de H. Schmidt). A ce propos voir notre note 25. Même type de décor à Larisa/Hermos, c’est-à-dire en Eolide (cf. J. Boehlau, K. Schefold, op. cit., 1942, pl. 47/6) et, naturellement, à Lesbos où W. Lamb a signalé ces « deep and shallow grooves and ridges» (cf. A B S A, XXXII, 1931-32, p. 54) ; voir aussi du même auteur J H S, 52, 1932, fig. 2/14 a, b).

Bibliog. : J. J. Jully, Skrifter Utgivna av Svenska institutet i Rom, XXXI : 5, Opuscula Romana, VIII, 5, 1974, pl. V a 2 et p. 56. Sur la forme du plat à marli en général y compris le type à groupe de rainures voir l’étude d’A. Nickels Contribution à l’étude des céramiques grises monochromes en Languedoc : plats à marli, à paraître.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIe s., 2e quart.

Bord à marli, partie de vasque (pl. II, fig. 6). (Cat. n° 22) : Fragment. Bord avec un groupe de sept rainures concentriques et partie de vasque. Dimensions 6,6 cm x 7 cm embouchure ; Ø 24 cm (mêmes prospections, mêmes collections). Terre gris clair, assez dure dégraissant : mica. Enduit gris brun foncé, brillant.

Bibliog. : J.-J. Jully, op. cit., 1974, pl. IV a I, texte p. 56 A. Nickels, même étude, à paraître.

VIe s. 2e quart.

Bord à marli, partie de vasque (pl. II, fig. 6). (Cat. n° 22) : Fragment. Bord avec un groupe de sept rainures concentriques et partie de vasque. Dimensions 6,6 cm x 7 cm embouchure ; Ø 24 cm (mêmes prospections, mêmes collections). Terre gris clair, assez dure dégraissant : mica. Enduit gris brun foncé, brillant.

Bibliog. : J. J. Jully, op. cit., 1974, pl. IV a I, texte p. 56 A. Nickels, même étude, à paraître.

VIe s. 2e quart.

B - Vases en terre claire, non grise (fragments)

Sept formes principales sont considérées : a) Grands vases : grande amphore à décor peint, cratère (?) à décor phytomorphe ; b) Vases pour verser hydrie à ligne ondée (wave line hydria), œnochoé avec trois types de décor : sur l’épaule soit la rosette de points parfois combinée avec des cercles concentriques, soit des feuilles sur la partie inférieure de la panse des arêtes vides (void rays) ; c) Vases pour boire coupe avec les types de décor suivants : (fins filets sur la vasque) et pied en bouton (button-base), filet sur l’épaule, vasque entièrement peinte, noire ou brun noir : coupe dite « ionienne » dont les exemplaires anciens présentent sur le bord, des filets violines (et blancs), coupe à « chiens courants » ou fausse tresse sur le bord, coupe à gouttes/feuilles entre des barres verticales sur l’épaule, coupe à large tache ovale, intentionnelle (associée à une fleur de lotus pendante), skyphos à oiseaux d’eau (canards) et rosettes de points ; d) Autre vaisselle de table : patère à décor clair sur fond sombre du type de la dunkelgrundige Keramik de la Méditerranée orientale.

I- Grande amphore à décor peint (pl. II, fig. 7 et pl. V, fig. 4) Col (fragment) (Cat. n° 1) : Partie de col avec lait argileux et ligne ondée peinte. Dimensions 6,5 cm x 7,8 cm (Coll. Coulouma : bêta 94). Terre rouge brique, dure, sonore dégraissant : mica. Extérieur : lait argileux (clay wash) blanc crème, ligne ondée noire.

Rapprochements : l’amphorette à ligne ondée peinte sur le col est connue en Méditerranée orientale cf. G.M.A. Hanfmann dans Studies presented to Hetty Goldman, 1956, p. 181, fig. 23, 24 pour l’aspect de détail une pièce d’lstros est comparable cf. Histria II, 1966, p. 462, pl. 30/563, p. 106 texte (niveau archaïque II : avant 560) cette pièce est en association notamment avec un calice de Chio.

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, p. 9, p. 19 n. 88.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIe s., 2e quart.

II – Cratère (?) à décor phytomorphe. Col (fragment) (sans n° de Cat.) : Fragment convexe de col d’un vase fermé (cratère probablement). Dimensions : 11,7 cm x 13 cm. (Coll. Coulouma : bêta 272). Terre cuite rougeâtre tirant sur le jaune, peu dure ; dégraissant : mica, fines inclusions blanchâtres. Extérieur : engobe rouge moyen et décor phytomorphe rouge foncé tirant sur le gris feuilles de lierre, tigelles, trochets de fruits avec, de part et d’autre, un groupe de deux bandes horizontales étroites ; plus bas un autre groupe de deux bandes également étroites.

Remarques : La forme du cratère est connue relativement tôt sur la côte anatolienne : cf. E. Walter-Karydi, Samos VI/I, p. 80. De plus Samos et les centres de fabrication de la côte occidentale de l’Anatolie, au sud de l’ancienne Smyrne, ont eu une prédilection pour la peinture rouge (cf. M D A I (A), LVIII, 1937, p. 55 : sigillata-ähnlich Glasur : « vernis » semblable à celui de la céramique sigillée sur de la céramique samienne d’époque archaïque).

Rapprochements : 1) à Al Mina : cf. J H S, 58, 1938, p. 25, fig. 10 : cratère ; 2) décor phytomorphe à Larisa/Hermos : cf. J. Boehlau, K. Schefold, op. cit., 1942, par exemple pl. 54, fig. 8 : Pflanzenkeramik.

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV , 2, 1973, p. 9.

Datation proposée : VIe s. 2e/3e quarts.

III – Hydrie à ligne ondée (pl. III, fig. 8 et pl. V, fig. 7). Coi. épaule (Cat. n° 5) : Partie de col et partie d’épaule. Dimension : H. 8,6 cm (Coll. Coulouma bêta 138). Terre café crème foncé, dure dégraissant, mica. Peinture rouge brique. Extérieur : lait argileux rose. Décor : sur le col, ligne ondée entre une bande horizontale inférieure et deux bandes horizontales supérieures sur le bourrelet, à la base du col, ligne de points ; sur l’épaule, bande horizontale étroite et, plus bas, surface large, peinte.

Remarque : Pour le type de l’hydrie à ligne ondée (wave line hydria) voir G.M.A. Hanfmann, op. cit., p. 181, fig. 17, 20.

Rapprochements : en Anatolie occidentale, à Bayrakli/ancienne Smyrne (collections du Musée de l’Agora, Athènes, Réserves n° Inv. P 4260), à Sardes (collections du Dépôt des fouilles américaines à Sart, n° non connu en 1965), à Xanthos (cf. H. Metzger, Xanthos IV, 1972, pl. 13, nos. 60 à 64), en Mer Noire, à Istros (cf. Histria II, 1966, p. 460/516, p. 462/570).

Bibliog. : J. Coulouma, Abbé Thomas, La Station grecque de La Monédière, Cahiers d’Histoire et d’Archéologie, XI, 1936, pl. IV – 3 ; J.J. Jully, Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, p. 9.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIe s., premières décennies.

IV – Oenochoé à languettes incisées polychromes Épaule (fragment) (Cat. n° 2) : Partie d’épaule. Dimensions : 2,9 cm x 3,5 cm ; épaisseur : 0,5 cm (prospections J. Giry, 1955, Musée d’Agde sans n°). Terre rose, assez dure, très micacée. Extérieur : engobe noir brillant. Décor : (trois) feuilles incisées (2 noires, 1 blanche) ; en dessous d’elles un filet violine entre deux filets blancs horizontaux.

Rapprochements : a) en Méditerranée orientale à Rhodes (cf. K.F. Kinch, Fouilles de Vroulia, 1914, pl. 11/2,3 : deux oenochoés, texte : col. 51, 52) ; à Naucratis (collections du Musée Britannique, n° Inv. 88. 6-1. 573 f), en Syrie, à Ras el Bassit (fouilles P. Courbin : Colloque international C N R S Naples : 1976 : cf. Actes (…), à paraître) ; b) en Languedoc méditerranéen, dans la basse vallée de l’Hérault, non loin de La Monédière, à Pézenas, dans la nécropole de St-Julien aux abords de la sépulture E R A 105 (Giry 169) : cf. R E Lig., XXXI (1-2), 1965 (1970), p. 179 ; autre fragment en provenance de La Monédière (fouilles A. Nickels, P.Y. Genty, parcelle C 122, couche C 2 b, c’est-à-dire couche la plus profonde : cf. A. Nickels, P.Y. Genty, R A N, VII, 1974, p. 32, fig. 5/10, texte p. 34).

Bibliog. : J.J. Jully, Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, pl. I a 2, texte p. 6 ; Id., Skrifter (…), Opuscula Romana VIII,5, 1974, pl. III b 2, texte p. 58.

Datation proposée pour l’exemplaire décrit VIIe s. fin/VIe s. début.

Oenochoé à rosette de points et à rosette de points avec, de part et d’autre un cercle (pl. III, fig. 9 et pl. V, fig. 13) : Epau/e (fragment) (Cat. n° 6) : Partie d’épaule. Dimensions : 5,5 cm x 6,8 cm (collections du Collège d’Enseignement Général, Bessan). Terre brun pâle, dure ; dégraissant : fin mica. Surface extérieure lissée à l’étoffe. Peinture tantôt jaune rouge, tantôt gris foncé par suite d’une oxydation imparfaite en cours de cuisson. Décor : au-dessus de (deux) filets horizontaux, rosette de points puis, entre deux cercles concentriques en peinture diluée, autre rosette de points.

Remarque : La dilution volontaire (Nuancierung) est caractéristique de nombreuses céramiques de la Grèce de l’Est, par exemple à Larisa/Hermos (fragments recueillis en surface par nous sur le site même). Aussi pl. V, fig. 10 (provenance : St-Thibéry) 28.

Rapprochements pour le motif : c’est un motif du style « rhodien orientalisant » : cf Ch. Kardara, Rhodiaké Aggeiographia, 1963, p. 269, fig. 256/15, 16 on le rencontre, par exemple, en Mer Noire, à Istros cf. M. Lambrino, Les céramiques archaïques (…), 1938, p. 153.

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV ,2, 1973, pl. II a I, texte p. 7 Skrifter (…), Opuscula Romana VIII : 5, 1974, pl. III a I, texte p. 58 ; J.J. Jully, Archivo de Prehistoria Levantina, XIV, 1975, pl. IX/3.

Datation proposée : VIe s. début ou transition VIIe s./VIe s.

Oenochoé à feuilles monochromes (pl. V, fig. 3) : Épaule et partie inférieure d’anse bifide (sans n° de Cat.) : Partie d’épaule et faible partie d’anse. Dimensions : “?” (coll. particulière). Terre cuite café crème clair, dure ; dégraissant : mica. Peinture brun noir parfois diluée. Décor : sur l’épaule, feuilles ; à l’attache inférieure de l’anse et autour d’elle cercle ; sur elle taches.

Rapprochement : à Naucratis (collections du Museum of Ciassical Archaeology, Cambridge, Inv. Na. 156). Autre exemplaire en provenance de La Monédière voir ici pl. V, fig. 1 : terre cuite brun pâle, très micacée ; peinture rouge moyen : feuilles.

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, pl. I b I, texte p. 7 ; Skrifter (…), Opuscula Romana, VIII : 5, pl. III c I, texte p. 58.

Datation proposée : VIe s. 1ère moitié.

Oenochoé à arêtes vides (pl. V, fig. 12) : Panse inférieure (Cat. n° 7) : Partie inférieure de la panse (fragment épais et très convexe). Dimensions : 5,5 cm x 8,3 cm (Coll. Coulouma, bêta 91). Terre brun très pâle, dure, sonore ; dégraissant : poussière de mica. Peinture brun noirâtre. Décor : au-dessus d’une bande brune, noirâtre dans sa partie médiane, arêtes rayonnantes vides (void rays) en peinture diluée.

Remarque : le motif des arêtes vides se rencontre surtout sur des vasques de coupe, notamment sur des coupes à oiseau tardives et sur des coupes à rosette de points : pour le second type de coupe cf. J. Boardman, J. Hayes, Tocra I, 1966, pl. 38/723. Voir aussi la coupe avec ces arêtes vides qui provient de la nécropole de St. Julien à Pézenas (cf. R A N, IV, 1971, p. 22, fig. 38).

Rapprochement pour la forme de l’œnochoé : en Mer Noire, à Istros : cf. Histria II, 1966, p. 465, pl. 33/ 609, 610 et p. 109 : couche archaïque sans autre précision.

Bibliog. : J. Coulouma, Abbé Thomas, op. cit. 1936, pl. V 3 ; J.J. Jully, Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, pl. II b 3, texte p. 7.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIe s., 1ère moitié.

V. – Petite coupe à pied en bouton (buttonbase) (pl. III, fig. 12 a, b) (pl. IV, fig. 2): Pied en bouton (seul conservé) (sans n° de Cat.) : Pied en bouton (Ø 3,8 cm) : dessous faiblement concave avec en son centre, un creux circulaire (Ø 1,1 cm, profondeur 0,5 cm) (Coll. Jully, dépôt Direction des Antiquités historiques, Montpellier). Terre brun rouge clair, dure peu de mica très fin. Peinture brun gris foncé sur le dessus du pied et sur ce qui était le fond de la vasque filet sur le pourtour du creux médian. Sur la partie oblique, réservée, en dessous, graffite lambda ; à ce jour ce graffite est, probablement, le plus ancien graffite grec que le territoire français (cf. notre étude sur les graffites en Languedoc, Roussillon et nord-est de la Catalogne, paru dans les Dialogues d’Histoire ancienne, tome 2, 1976, p. 53 sq)

Rapprochements : a) en Méditerranée orientale à BayrakIi/ancienne Smyrne (cf. JOEAI, XXVII, 1932, col. 184 et fig. 92/7 et collections de la Direction des Antiquités historiques Languedoc-Roussillon, Montpellier : voir ici pl. III, fig. 13 a, b ; 14 a, b), à Troie VIII (cf. C. Blegen et al., Troy IV/2, fig. 293/7, 9), à Délos (cf. Délos XV, pl. XLVIII/36, 37), en Libye, à Tocra (cf. J. Boardman, J. Hayes, Tocra I, 1966, pl. 37/732, texte p. 44 et p. 57/732 ; Id., Tocra II, 1973, p. 22, fig. 8/2015, 2018, p. 23 texte et pl. 12/2015, 2018, 2021 ; b) en Mer Noire, à Istros (cf. Histria II, 1966, p. 442, fig. 10/147, 148, p. 443, fig. 11/150 fragments provenant du niveau archaïque I : VIIe s. dernier quart et VIe s. début) ; c) en Méditerranée nord occidentale, dans des gisements en Languedoc méditerranéen, dans le Gard, à la Grotte Suspendue, à Collias (cf. A. Coste et al., Gallia, 34, 1976-1, p. 129 sq., notamment p. 138, fig. 8/1,2) sur les rives de l’étang de Mauguio à La Rallongue, Cne. de Lansargues (cf. G. Marchand, à paraître).

Bibliog. : J. J. Jully, Coupe « rhodienne » de La Monédière (Hérault), à paraître, R A N 1977, p. 219 sq. Id., Graffites sur vases attiques en Languedoc méditerranéen, Roussillon et Catalogne, Dialogues d’histoire ancienne, 2, 1976 p. 53 sq.

VI.- Coupe à filets rougeâtres à l’intérieur. Bord et partie de vasque à courbure continue (pl. III, fig. 15) (sans n° de Cat.) : (Coll. J. Mouly, Béziers, Hlt.). Terre brun très pâle, assez dure ; mica, petites inclusions blanches ; extérieur et intérieur peinture brun gris très foncé ; Décor : intérieur : sous la lèvre un filet rouge entre deux filets blancs.

Rapprochements : Larisa/Hermos (cf. J.-J. Jully, Études (…), IV, 2, 1973, pl. II c I) ; Naucratis (Musée Britannique, n° Inv. 86. 4-1. 817) 29.

Datation : VIIes. fin/VIe s. début.

VII. – Coupe « ionienne » forme A 1/A 2. Bord épaule (sans n° de Cat.) : (Coll. Collège d’Enseignement Général, Bessan). Terre brun clair ; dégraissant : mica, peinture brun rouge. Décor : intérieur filet, mince, réservé, sous la lèvre ; extérieur : sur le bord, sous la lèvre bande, au sommet de l’épaule autre bande ; entre elles, traces de deux filets rosâtres espacés (et qui étaient probablement séparés par un filet blanc disparu).

Rapprochement : en Languedoc oriental : La Liquière à Calvisson (cf. M. Py, Les oppida de Vaunage (Gard) (…), thèse de 3e cycle, ronéotypée, Montpellier, 1972, p. 581 ; fig. 313, n° 989.

Bibliog. : J.-J. Jully, Études (…), III, 3, 1972, pl. III A 1, texte p. 8 ; Id., ibid., IV, 2, 1973, p. 6 ; id., Skrifter (…) Opuscula Romana VIII, 5, 1974, p. 57.

Datation : VIIe s. fin/VIe s. début.

VIII. – Coupe « ionienne » forme B 2. Pied tronconique (sans n° de Cat.) : Pied tronconique avec plan de pose à biseau externe (pl. IV, fig. 3). Terre rosée peinture noire brillante. (Coll. Coulouma : bêta 200). En dessous, dans la partie supérieure du tronc de cône évidé, « épine » (Dom) qui témoigne de l’emploi d’un tour rapide.

Datation probable : VIe s., 2e quart 30.

Pied tronconique (sans n° de Cat.) : Pied tronconique avec plan de pose à biseau interne (pl. IV, fig. 4). Terre rosée ; peinture gris foncé avec trois filets rouge jaunâtre. (Coll. Coulouma : bêta 198). En dessous, au même emplacement que sur l’exemplaire précédent, « épine ».

Même datation probable.

IX. – Autres types de coupes.

Coupe avec « chiens courants »/fausse tresse (pl. IV, fig. 5) : Bord oblique (Cat. n° 8): Large bord oblique, départ de l’épaule forte indiquant une vasque profonde. Dimension : H. 3,2 cm. (Coll. Coulouma bêta 157). Terre noisette café crème, dure ; dégraissant poussière de mica. Peinture rouge moyen, écaillée. Décor : bord couvert ; intérieur, large bande réservée sous la lèvre ; extérieur : « chiens courants » / fausse tresse (cable pattern, type évolué).

Rapprochement : à Samos (cf. E. Walter-Karydi, Samos VI/I, pl. 42/359, texte p. 128 : bord de coupe du type coupe de Siana).

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, p. 9.

Datation proposée : VIe s., 1ère moitié : 570-550.

Coupe avec gouttes/feuil/es (pl. V, fig. 2) : Épaule très convexe (sans n° de Cat.) : Fragment d’épaule très convexe indiquant une vasque profonde. Dimensions : H. 3,2 cm également ; épaisseur : 0,4 cm sauf à l’emplacement de l’attache de l’anse : 0,6 cm (Coll. Coulouma : bêta 147). Terre beige, peu dure dégraissant : poussière de mica. Peinture, à l’intérieur brun moyen, brillant, à l’extérieur, brun gris perle avec, en couleur rougeâtre, des petites feuilles ovales séparées par des traits verticaux courts et parallèles entre eux, motif disposé sous une, bande horizontale brune située au sommet de l’épaule.

Rapprochements : En Eolide, à Larisa/Hermos (cf. J. Boehlau, K. Schefold, op. cit., 1942, pl. 53/2), en Mer Noire, à Istros (cf. Studi Clasice IV, 1962, fig. 5/35 à 37 : vases « rhodiens »).

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, p. 9-10.

Datation : VIe s., 1ères décennies pour l’exemplaire de La Monédière.

Coupe à large tache ovale intentionnelle. Bord mince, étroit (sans n° de Cat.) : Fragment de bord mince, étroit, paraissant légèrement oblique. Dimensions : embouchure Ø 12 épaisseur : 0,3/0,4 cm. (Coll. Coulouma : bêta 166). Terre beige rosé, peu dure ; dégraissant : poussière de mica. Peinture tantôt brun rouge, tantôt presque bistre, (effet de cuisson). Décor intérieur : filet, mince, réservé, sous la lèvre en dessous surface unie brun rouge extérieur : sous la lèvre fin filet rouge et, touchant presque la lèvre, large tache ovale bistre, intentionnelle.

Remarque : la tache ovale, intentionnelle, se trouve sur la forme de la coupe en association avec le motif de la fleur de lotus stylisée et pendante depuis la lèvre.

Rapprochements : à Naucratis (collections du Musée Britannique, n° lnv. 86. 4-1. 803, n° Inv. 86. 4-1. 811, n° Inv. 86. 4-1. 1176), en Mer Noire, à Istros (cf. Histria II, 1966, p. 443, pl. 11/169, 171, 172 : 1er quart du VIe s.) ; en Syrie à Tall Sükäs (cf. G. Ploug, Sükäs II, 1973, pl. VII/139, texte p. 42 : 1er tiers du VIe s.).

Datation pour l’exemplaire de La Monédière : 600-570 environ.

X. – Autre vase pour boire

Skyphos à oiseaux d’eau/canards (pl. III, fig. 10) : Bord très convexe (Cat. n° 3) : Fragment de bord très convexe. Dimensions : 2,7 cm x 2,8 cm (Coll. Coulouma bêta 21). Terre brun pâle, assez dure dégraissant poussière de mica. Peinture brun/noir bistre. Décor extérieur : sous une bande horizontale oiseau d’eau à droite (corps peint uni) ; derrière lui trois points d’une rosette (incomplète).

Rapprochements : a) en Méditerranée orientale exemplaires avec rosettes de points : à Samos (cf. J. Boehlau, Aus Ionischen und italischen Nekropolen, 1898, pl. XII/6), à AI Mina (coll. de l’Ashmolean Museum, Oxford, n° Inv. 1954.343 4) : ce type d’oiseau est également à Larisa/Hermos mais au bord d’une coupe à bandes (cf. J. Boehlau, K. Schefold, op. cit., 1942, pl. 50/16), même type à Naucratis (coll. du Musée Britannique n° Inv. 86.4-1.815). Par ailleurs on se souvient que la file d’oiseaux d’eau ou oies (Gänsefriese) a été considérée comme étant caractéristique du style de Fikellura (cf. M D A I (A), 59, 1934, p. 93). Toutefois, dans ce cas, il semble qu’il s’agisse d’exemplaires plus tardifs.

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, p.9.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIIe s. fin/VIe s. début.

XI. – Autre vaisselle de table

Patère à décor clair sur fond sombre (dunkeigrundige Keramik) : Fond de vasque (Cat. n° 4) : Grande partie d’un fond de vasque. Dimensions : 4,2 cm x 7 cm (prospections J. Giry 1955, Musée d’Agde). Terre rouge jaunâtre, peu dure, texture fine, homogène. Engobe, à l’intérieur noir, à l’extérieur gris foncé. Peinture blanche. Décor : au-dessus de trois larges bandes blanches concentriques, rosettes de points blanches de part et d’autre d’une ligne blanche, brisée, avec angles droits.

Rapprochements : Deux attributions d’origine sinon d’atelier pour ce type de céramique à décor clair sur fond sombre (dunkelgrundige Keramik) ont été proposées : tantôt il est question du « groupe de Clazomènes » (cf. C V A Heidelberg 1, pl. 2 nos. 29, 30), type signalé à Troie VIII (cf. C. Blegen et al., op. cit., 1958, p. 266, n° VIII.177, fig. 293/15 : bol) et pour un exemplaire, sans provenance précisée, exposé à Athènes au Musée National (vitrine 55, en 1965), tantôt on mentionne vaguement « fabrique des îles » : cf. Perachora II, 1962, pl. 155/4030 et p. 372 texte : 2e moitié du VIIe s. Cette céramique existe à Tocra (cf. J. Boardman, J. Haves, op. cit., I, p. 51, fig. 26/682 et p. 52 nos. 682, 683 : datation, entre 590 et 565). Autres localisations sans mention de « style » : a) en Méditerranée orientale, à Délos (cf. Délos XVII, pl. 46/38, pl. 47/40, 41, texte p. 65), à Chio (cf. A B S A, XLIX, 1954, p. 135, patère samienne (sic), à Larisa/Hermos (cf. J. Boehlau, K. Schefold, op. cit., 1942, pl. 58/10, p. 147 texte : origine proposée, « peut-être (…) de Chio ») ; b) en Méditerranée centrale : décor cependant bichrome – rouge et blanc : en Sicile, à Gela (cf. P. Orsi, Mon. Ant. Lincei, 17, 1906, col. 247, fig. 184), en Péninsule Italique, à Rome (cf. E. Gjerstad, Early Rome III, 1960, p. 221, fig. 138/17, texte p. 218).

Bibliog. : Études sur Pézenas et sa région, IV, 2, 1973, pl. I a 1, texte p. 7, 10 ; Skrifter (…), Opuscula Romana VIII, 5, 1974, pl. III b I, texte p. 58.

Datation proposée pour l’exemplaire de La Monédière : VIe s. 1ères décennies.

Fragments divers
Fig. 3a & 3b Fragment de pied de cratère à haut pied creux en terre monochrome grise (La Monédière).
Fig. 4 Fragment de bord à marli de dinos/lébès en terre monochrome grise (La Monédière).
Fig. 5 & 6 Fragments de bord à marli de plats à marli en terre monochrome grise (La Monédière).
Fig. 7 Fragment de col de grande amphore à décor peint (La Monédière)
Fragments divers
Fig. 8 Fragment de col et d'épaule d'hydrie à ligne ondée (La Monédière).
Fig. 9 Fragment d'épaule d'oenochoé à rosette de points (La Monédière).
Fig. 10 Fragment de bord de skyphos à oiseau(x) d'eau (La Monédière).
Fig. 11 Fragment de bord de « cratère » à oiseaux d'eau provenance Al Mina (Syrie). Photo Ashmolean Museum (Aimable autorisation de reproduction donnée par le Department of Antiquities, Ashmolean Museum (lettre du 3 Nov. 1976). Inv. n° 1954-343 4 : exemplaire non retrouvé dans les collections).
Fig. 12 à 14 12-14. - Pieds en bouton de petite coupe exemplaires de La Monédiére (fig. 12 a, b) et de Bayrakli/ancienne Smyrne (coll. privée) : fig. 13 a, b et 14 a, b.
Fig. 15 Bord de coupe à courbure continue : intérieur, filet rouge entre filets blancs provenance La Monédière.
Profils divers
Fig. 1. Profil de bord à marli de dinos-lébès en terre grise monochrome (exemplaire epsilom 94 : La Monédière).
Fig. 2. Pied en bouton (dune petite coupe à filets horizontaux) profil (coll. privée : La Monédière.
Fig. 3. Profil de pied tronconique de coupe « ionienne » forme B2 (exemplaire bêta 200 : La Monédière).
Fig. 4. Profil de pied tronconique de coupe « ionienne » forme B2(exemplaire bêta 198 : La Monédière).
Fig. 5. Bord de coupe avec chiens courants/fausse tresse : a) en plan, b) de profil (exemplaire bêta 157 La Monédière).
Fig. 6. Pied en bouton (dune petite coupe à filets horizontaux) : a) en plan, b) de profil (coll. privée provenance : Bayrakli/ancienne Smyrne).
Feuilles monochromes
Fig. 1. Feuilles monochromes rouge moyen sur épaule d'oenochoé : (exemplaire bêta 148 : La Monédière). - Fig. 2. Gouttes/feuilles rougeâtre brillant sur épaule de coupe : (exemplaire bêta 147 : La Monédière). - Fig. 3. Feuilles monochromes brun noir et filets sur épaule d'oenochoé (exemplaire de coll. privée : La Monédière). - Fig. 4. Ligne ondée noire mate sur col de grande amphore (exemplaire bêta 94 : La Monédière (Cat. n° 1). - Fig. 5 et 6 lignes ondées + filets/bandes rouge orangé pâle hydrie : fragments de col (exemplaires bêta 13 et 16 respectivement provenance : Le Fort à Saint-Thibéry près de La Monédière ; les deux fragments sont jointifs. Fig. 7. Ligne ondée, filets, points (sur col et partie d'épaule d'hydrie) en peinture rouge (exemplaire bêta 138 La Monédière( (Cat. n° 5). - Fig. 8. Ligne ondée, filets, points brun pâle col d'hydrie : (exemplaire bêta 145 provenance Le Fort à Saint-Thibéry). - Fig. 9. Ligne ondée, bande (col d'hydrie) peinture brun mat (coll. privée ; provenance Le Fort à Saint-Thibéry ; exemplaire de la céramique grecque d'Occident). - Fig. 10. Gouttes ovales, filets, bande (technique striée/streaked technique) (exemplaire bêta 14 : provenance Le Fort à Saint-Thibéry). - Fig. 11. Points alignés verticalement brun rouge pâle : coupe ? : (exemplaire bêta 93 : La Monédière) céramique grecque d'Occident). - Fig. 12. Arêtes vides brun noir dilué sur panse d'oenochoé : (exemplaire bêta 91 La Monédière( (Cat. n° 7). - Fig. 13. Rosettes de points avec cercles dans un cas (sur épaule d'oenochoé) peinture jaune rouge virant au gris par endroits (coll. du Collège d'Enseignement Général de Bessan : La Monédière) ; (Cat. n° 6). - Fig. 14. Rosette de points jaune rouge sur épaule d'oenochoé : (coll, privée : La Monédière( céramique grecque d'Occident). - Fig. 15. Cercle avec point centré (au milieu d'un médaillon réservé d'une coupe de type ionien forme B 2) ; (coll. privée : La Monédière) céramique grecque d'Occident). Fig. 16. Décor de type hybride : sablier, rosette de points et « triglyphe » sur la face externe d'un vase fermé de moyenne dimension ; peinture brun gris foncé (coll. privée : La Monédière) ; céramique grecque d'Occident.

A la fin de ce relevé concernant les vingt pièces que nous avons attribuées à des ateliers de la Méditerranée orientale on peut se poser la question suivante : serait-il possible de préciser, pour certaines de ces pièces, une origine probable ou possible ? Sans prétendre ne jamais être contredit, voici ce que nous proposons : type proche de la céramique de Chio, la grande amphore à décor peint (Cat. n° 1), type proche de la céramique habituellement qualifiée de « rhodienne », l’œnochoé à languettes incisées polychromes (Cat, n° 2) et le skyphos à oiseau(x) d’eau bien que la terre de ce dernier exemplaire ne soit pas rose mais brun pile, type à rapprocher du « groupe de Clazomènes » mais assez répandu dans le monde grec, en Méditerranée orientale, la patère à décor clair sur fond sombre. (Nos, de Cat. pour le skyphos et la patère, respectivement 3 et 4). Pour les autres pièces nous nous imitons à l’appellation générale « céramique de la Grèce de l’Est », en ajoutant d’ailleurs qu’il n’est pas impossible que certaines d’entre elles aient été fabriquées par les premiers arrivants en Méditerranée nord-occidentale, puisqu’il ne peut faire de doute que, parmi eux, se trouvaient des potiers en parfaite possession de leur métier.

Ce point de vue, qui est celui récemment soutenu par notre collègue A. Nickels (travaux sous presse), est également le nôtre. Nous pensons qu’il conviendrait d’accepter que l’appellation « céramique de la Grèce de l’Est » ne soit pas limitée uniquement aux céramiques apportées par les premiers arrivants mais soit étendue également aux céramiques semblables fabriquées par eux en Occident avec des caractéristiques analogues à celles des exemplaires « importés ». A la génération suivante rien ne pouvait évidemment être pareil. Si notre façon de voir pouvait être retenue pour des pièces datables par la technique, par la forme et par des motifs non aberrants entre la fin du VIIe s. et le début du 3e quart du VIe s. alors, peut-être, serait-il possible de mieux comprendre certains problèmes d’origine notamment celui des coupes « ioniennes » de la forme B2, coupes qui sont si fréquentes en Italie méridionale comme l’on sait et d’où l’on peut penser qu’elles ont été exportées dans le bassin méditerranéen nord-occidental. Quelle « appellation d’origine », dès qu’il s’agit de céramique en Méditerranée, n’est pas sujette à révision ? Naguère c’était la céramique dite de Naucratis. Maintenant, parmi d’autres, ce serait la céramique dite de Chio, céramique qui n’aurait pas été fabriquée seulement dans cette île.

Avant d’en venir à des remarques d’une portée moins limitée qu’il nous soit permis de souligner l’existence à La Monédière de techniques variées et d’une relative variété sinon de formes du moins de variantes de forme, par exemple pour les coupes. Également, mérite d’être mentionnée la fréquence des rapprochements possibles avec des gisements du monde commercial grec. Deux gisements ont fourni le plus de rapprochements : Istros/Histria (9 fois) et Larisa/Hermos (5 fois) et il faut remarquer que c’est avec Istros que les comparaisons paraissent être les plus significatives : en effet, outre 4 décors ce sont 5 formes qui peuvent être rapprochées. Pour Larisa/Hermos, il s’agit d’1 technique et de 4 décors. Pour trois autres localisations, 4 comparaisons sont possibles : Troie VIII (1 forme, 2 techniques, 1 décor), Samos (1 forme, 1 technique, 2 décors), Naucratis (1 forme 31, 3 décors). Tocra apparaît 3 fois (1 forme, 2 décors). Cinq autres localisations fournissent, individuellement, deux rapprochements : Chio, Délos, Rhodes puis Xanthos et Al Mina (2 formes pour Rhodes et Xanthos, 1 forme et un décor pour les trois autres localisations).

Ajouterons-nous que c’est dans les niveaux archaïques d’lstros/Histria et parfois dans le niveau archaïque I daté du dernier quart du VIIe s. et du début du VIe s. que les rapprochements entre les pièces de La Monédière et celles du grand site grec de la Mer Noire ont pu être faits ?

II reste à tenter de répondre aux questions que nous avons posées au début de cette étude – celle qui concerne la répartition en Méditerranée nord-occidentale de céramiques « comparables » sinon identiques à celles, d’époque archaïque, de La Monédière, celle qui se rapporte à la zone la plus favorisée de cette partie du bassin de la Méditerranée puis celle qui a trait à un commerce actif et contemporain des premiers arrivages ou des premiers usages sur le site de La Monédière de céramiques datables pour l’essentiel de la première moitié du VIe s. et, dans plusieurs cas, de la fin du VIIe s. ou du début du VIe s.

a) Répartition :
Une remarque s’impose en premier lieu : La Monédière, site d’estuaire ou de fond de golfe recevait directement ou presque directement (si l’on estime qu’Agde avait déjà dans la 1ere moitié du VIe s. un rôle important à jouer) les céramiques gréco-orientales « importées ». Sa proximité de la mer favorisait ce débarcadère, il a dû en être de même pour tout habitat côtier, grec ou barbare ou bien grec et barbare tout ensemble comme l’était Emporion/Ampurias 32.

Or si l’on écarte Lattes qui, d’après les publications, ne semble guère pouvoir prendre rang vraiment avant la fin du VIe s., du moins en ce qui concerne la céramique tournée de type grec (cf. Le Languedoc au premier âge du Fer, Fédération archéologique de l’Hérault, 1976, p. 51), les deux seuls habitats côtiers qui puissent actuellement entrer en ligne de compte, en dehors de La Monédière, sont, dans l’Aude, Pech Maho à Sigean et, dans le Nord-Est de la Catalogne, Emporion/Ampurias.

Toutefois la pénétration le long des vallées, comme ce fut le cas à Pézenas pour l’habitat de St-Siméon et pour sa nécropole à St-Julien, peut obliger à associer certains gisements de l’arrière-pays au petit groupe des « relais » ou points d’aboutissement côtiers.

Certaines localisations dans l’Hinterland – même s’il ne s’agit le plus souvent que de quelques pièces – sont moins aisément explicables sauf, peut-être, si l’on considère que les arrivages de la céramique étrusque y étant tellement importants, les pièces isolées de type grec ont pu faire partie d’un « commerce étrusque ».

Commençons par ce qui nous semble être sinon des exceptions du moins des présences à l’écart des rives de la Méditerranée et relativement loin d’une vallée importante, repérée facilement par les navigateurs grâce à son delta ou à son embouchure, qui semble avoir caractérisé cette région. Deux localisations nous semblent particulièrement typiques de la diffusion vers l’intérieur des terres des céramiques de type gréco-oriental : il s’agit de la grotte Suspendue à Collias, grotte dont il a déjà été question à propos de la coupe à pied en bouton de La Monédière puis de l’habitat de plein air de La Liquière à Calvisson.

Dans la grotte Suspendue la belle coupe fine à filets et petit pied n’était associée à aucune autre pièce gréco-orientale 33. Sur un habitat de plein air il serait naturel que parviennent plus d’exemplaires de céramique tournée et peinte de type grec et de datation haute. Le cas de La Liquière, en ce qui concerne ce type de céramiques et à notre connaissance, ne semble pourtant pas être un exemple d’arrivages abondants. En effet seule la céramique étrusque y est fréquente (cf. F. et M. Py, M E F R A, 86, 1974-1, p. 143 sq.) : « à La Liquière (…) nous avons deux tessons ioniens pour plusieurs centaines de tessons étrusques et plusieurs milliers de tessons locaux en céramique indigène » (M. Py, C L P A, 20, 1971, p. 107). En effet seule une coupe à filets blancs et rouges a été signalée (cf. M. Py, op.cit., 1971, p. 108 ; Id., R E Lig., XXXIV (1-3), 1968 (1972), p. 60 et n. 4 ; Id., M E F R A, 1974, p. 146) et un fragment d’anse a été attribué à une coupe « à zone réservée du type A 2 » (Id. ibid., p. 146-147). C’est peu 34.

L’éloignement de la mer a les mêmes conséquences dans l’arrière-pays audois pour les sites qui sont à l’écart de la vallée de l’Aude. D’ailleurs les périodes concernées semblent être, le plus souvent, postérieures à la première moitié du VIe s. 35

Les vallées, ces voies naturelles de pénétration, ont, par contre, permis que les arrivages de céramique soient plus précoces et plus abondants. Dans le Gard, à Saint-Gilles, le site de L’Argentière/Espeyran, qui se trouvait non loin du bras occidental du Rhône et dans une zone d’étangs, a dû être favorisé de la sorte 36. Dans la basse vallée de l’Hérault, certains des vases tournés, – les vases stamnoïdes, les oenochoés à embouchure trilobée et la coupe « ionienne » de forme B 1 (Inv. B 205) de la nécropole de St-Julien à Pézenas, par exemple -, n’ont pu être acheminés vers l’intérieur que grâce à l’existence du fleuve et de ses berges. Or ces vases sont datables soit du tout début du VIe s. soit dans la première moitié du VIe s. Leur technique, leurs caractéristiques variées en font tout autre chose que des vases de série. Mais le site de La Monédière n’est éloigné que d’une vingtaine de kilomètres, mais Agde était déjà sinon la cité au plan hippodamique du IVe s. du moins un établissement permanent de navigateurs grecs ainsi que même avant d’en avoir la preuve irréfutable par des fouilles stratigraphiques il est possible de le penser (cf. Le Languedoc au premier âge du Fer (…), 1976, p. 57-58 : Le problème d’Agde).

Cependant deux grands sites peu éloignés de la mer – Ensérune et Montlaurès – ne semblent avoir fourni – à quelques exceptions près 37 – que de la céramique tournée occidentale assez lourde et souvent, après 550, de type ibéro-languedocien.

Dans la moyenne vallée de l’Aude ou à proximité, par exemple dans l’habitat du Cayla II de Mailhac, il n’en est guère autrement bien que certaines pièces qui s’y trouvent sortent de l’ordinaire et puissent être rangées parmi la céramique fine de la 1ère moitié du VIe s. 38

A vrai dire, à l’ouest de la vallée de l’Hérault, ce n’est que sur la côte et sur les rives de l’étang de Bages et de Sigean qu’une certaine abondance de céramique fine peut être constatée. En effet la place forte côtière de Pech Maho à Sigean a reçu – on le sait – beaucoup de coupes « ioniennes » forme B 2 39. Elle a aussi reçu, dans la première moitié du VIe s., certains vases remarquables. Parmi ces vases nous pensons tout particulièrement à une pièce en terre claire, non grise, à décor de cercles concentriques tracés au pinceau à poils multiples et au compas 40. Ce fragment semble pouvoir être rapproché de cette céramique que W. Lamb a mise au jour à Lesbos 41 et qui a été groupée, par la suite, avec les exemplaires de la G 2-3 ware de Troie VIII 42. On peut aussi ajouter un vase skyphoïde avec engobe brillant et décor, au peigne métallique, de lignes ondées 43. D’autres exemplaires, datables de la 1ère moitié du VIe s. et provenant de fouilles récentes sur ce site, doivent certainement exister 44.

En Roussillon, à Castel-Roussillon, le site de Ruscino ne paraît pas avoir fourni autre chose, comme céramique tournée grecque datable au VIe s., que des exemplaires de la céramique grecque d’Occident, à de très rares exceptions près 45 ou de type ibéro-languedocien 46.

C’est dans le Nord-Est de la Catalogne, à Emporion/Ampurias, notamment dans la Palaiapolis 47, que l’on trouve à nouveau des pièces gréco-orientales antérieures à 550 avant notre ère. La « Néapolis » a surtout fourni de la céramique grecque d’Occident 48. Toutefois même la « Néapolis » peut avoir reçu des pièces de la première moitié du VIe s. ainsi que semble le prouver un fragment à paroi extrêmement fine d’une petite « tasse » carénée recouverte d’un engobe noir brillant et ornée d’une seule ligne ondée tracée au brunissoir avec, de part et d’autre, un rang de petits points creux 49. L’habitat, voisin, d’Ullastret, fortin défendant les arrières d’Ampurias, a livré, en provenance de la colline Sant Andreu, de la céramique tournée du VIe s. mais les exemplaires gréco-orientaux de ce siècle y sont, semble-t’il, extrêmement rares : un fragment de col (?) avec filets horizontaux et ligne ondée semble avoir appartenu à une hydrie de la Grèce de l’Est 50.

Ainsi donc le rapide rappel de céramiques, connues par nous, provenant de gisements entre la basse vallée du Rhône et la baie de Rosas paraît bien indiquer que le site de La Monédière a été particulièrement privilégié en ce qui concerne les apports de céramique tournée de type gréco-oriental 51. Ceci, évidemment, ne signifie pas qu’il ait été le seul les fouilles à venir sur les rives du Golfe du Lion doivent le montrer.

b) Commerce étrusque et présence, contemporaine, de céramiques gréco-orientales: Pouvons-nous, pour conclure, mettre en rapport les arrivages particulièrement significatifs de pièces de type gréco-oriental à La Monédière avec l’existence sur ce site d’une réelle abondance de céramique étrusque – amphores et canthares en bucchero nero? Pour certains esprits, poser la question c’est déjà y répondre. En effet, la période concernée est la même, c’est-à-dire la première moitié du VIe avec, probablement, un début à la fin du VIIe s. 52 Cependant une céramique tournée, régionale sinon locale, avec des imitations de formes grecques, – coupes « pseudo-ioniennes » et en céramique grise monochrome, œnochoé puis plat à marli -, est associée, dans la même fouille et dans la même couche, à des fragments de canthare en bucchero nero qui, d’ailleurs n’y sont pas très nombreux 53. Une présence grecque paraît donc seule pouvoir expliquer ces imitations occidentales de formes grecques. Par ailleurs, certaines des pièces qui ont été décrites dans le relevé qui précède nous paraissent être sinon antérieures à des arrivages à La Monédière de céramiques étrusques du moins pouvoir en être assez facilement séparées. En effet sans parler du grand cratère à haut pied creux en terre grise monochrome dont la forme est datable de la 1ère moitié du VIIe s. et qui ne s’est trouvé sans doute sur le site que parce qu’il était une sorte de heirloom, d’objet d’héritage familial, d’autres pièces datables de la fin du VIIe s. ou de la transition VIIe/VIe s. comme l’œnochoé à languettes incisées polychromes, comme la coupe à pied en bouton et celles à filets violines puis le skyphos à oiseau d’eau ne se trouvaient pas isolées au milieu d’un chargement d’amphores et de canthares étrusques. Elles étaient la vaisselle des premiers arrivants. De plus, puisque ce n’est qu’au 2e quart du VIe s. que la forme des plats à marli en terre grise monochrome a été reproduite dans la basse vallée de l’Hérault 54 et que, dans la Catalogne, à Ullastret aussi, cette céramique grise n’apparaît pas avant le 2e quart du même siècle 55, des Grecs originaires de la Méditerranée orientale mais autres que les Phocéens ont fréquenté dès le début du VIe s. les rives du Golfe du Lion et celles de la baie de Rosas.

Nous n’allons pas faire à nouveau allusion – du moins pour y ajouter une foi aveugle – à une « présence rhodienne » 56 en Méditerranée nord-occidentale, notamment dans la basse vallée de l’Hérault mais il nous semble ne pas être dénué d’intérêt de constater que les types de formes, de technique et de décors qui sont représentés à La Monédière le sont également – comme nous l’avons précisé dans le détail précédemment – dans une très vaste aire géographique tant en Méditerranée orientale qu’en Mer Noire. Autrement dit les apports de céramique de type gréco-oriental à La Monédière ont eu plusieurs origines. Si l’Éolide et la Troade sont en bonne place, les Iles – notamment Samos – et des sites aussi éloignés de l’Anatolie occidentale que Al Mina et Naucratis paraissent apporter la preuve que, quelle que soit l’ethnie des premiers navigateurs grecs qui ont utilisé eux mêmes ou bien échangé par un commerce de troc dans la basse vallée de l’Hérault ces céramiques de type gréco-oriental, il y avait, parmi les céramiques en question, des productions autres que celles des Phocéens.

La Monédière, débarcadère-entrepôt tantôt indigène, tantôt grec, situé à la charnière même des deux pays languedociens, a-t-il été, par rapport à Agde, dès le VIe s., l’équivalent de ce qu’était Saint-Blaise par rapport à Marseille ? 57 A nos successeurs et amis de prouver que les céramiques gréco-orientales datables de la transition du VIIe s, et du VIe s. comme celles de la 1ère moitié de ce dernier siècle ont réellement transité par Agde.

Notes

  1 Nous faisons allusion aux publications suivantes A. Nickels, P. Y. Genty, Une fosse à offrandes du VIe s, avant notre ère à La Monédière, Bessan (Hérault), R A N, VII, 1974, p. 25-27 ; A. Nickels, Un calice de Chios dans l’arrière-pays d’Agde, à Bessan, Hérault, R A, 1, 1975, p. 13-18 ; Id., Les maisons à abside d’époque grecque archaïque de La Monédière, à Bessan (Hérault), GaIlia, 34, 1976 -1, p. 95-128 ; Id., Contribution des fouilles de l’arrière-pays d’Agde à l’étude des rapports entre Grecs et Indigènes en Languedoc VIe-Ve s., M E F R A, 88,1976 – 2, sous presse ; Id., Contribution à l’étude des céramiques grises monochromes en Languedoc : plats à marli, à paraître ; M. Gras, Colonisation et commerce dans la région d’Agde (A propos d’un livre récent), Études sur Pézenas et sa région, VIII-I, 1977, p. 3-8 ; Id., Agde et son rôle commercial dans le Languedoc archaïque, Actes du Colloque sur la géographie commerciale de la Gaule, Paris, 1976, t. I, P. 152-159.

  2 Les embouchures deltaïques de l’Hérault dans l’antiquité se trouvaient au cœur même d’une longue suite de lagunes depuis le delta rhodanien jusqu’à la région narbonnaise entre Aigues-Mortes et Leucate il y avait un second rivage (cf. J.-J. Jully, La céramique attique de La Monédière (…) coll. Latomus 124, 1973, p. 18). De plus, l’ancien volcan d’Agde – le Mont St Loup – était le seul amer qui soit vraiment important sur toute la côte du Golfe du Lion et il était au point de jonction des deux petits golfes – le golfe de Marseille ou Galatique et le golfe narbonnais (cf. Strabon, IV. 1.6).

  3 Cf. notre étude parue dans la coll. Latomus, vol. 124, 1973. Aussi notre communication au Colloque sur la géographie commerciale de la Gaule : Importations de céramiques, influences commerciales et ambiance culturelle en Languedoc méditerranéen et Roussillon (VIIe s. fin à IVe s. fin).

  4 Contacts directs ou bien indirects ? C’est le problème de l’existence non seulement d’Agde dès le VIe s. mais aussi de la préexistence sur le littoral d’indigènes sédentarisés avant l’arrivée des Grecs. Près de la côte, dès le néolithique puis au chalcolithique et pendant la période des C U, des populations avaient choisi de stationner. M. Gras est en faveur d’une sorte de rôle secondaire de La Monédière par rapport à Agde, La Monédière n’ayant été qu’une « conséquence » de la « fondation d’Agde » au VIe s. naturellement (cf. l’article mentionné à la note 1, Colonisation et commerce (…), Études (…), VIII-1, 1977, p. 3-8.

  5 L’omission de Lattes est volontaire bien que son activité ait été importante déjà au VIe s. mais, semble-t’il, seulement à partir d’une période assez tardive (extrême rareté de la céramique « ionienne » représentée seulement par un petit nombre de fragments de coupe de la forme B 2, rareté semblable de la céramique attique à figures noires). On a pensé que la « vie du site semble commencer vers 550 et se développer à la fin du VIe s. » (M. Py : Le Languedoc au premier âge du Fer, op. cit., p. 51).

  6 Cette activité dès le VIe s. pourrait d’ailleurs, dans une certaine mesure, être déjà prouvée par les fouilles subaquatiques faites dans l’Hérault entre Agde et son embouchure actuelle : collections du G.R.A.S.P.A., Directeur D. Fonquerle, Agde. Toutefois seules des fouilles terrestres, notamment sur la butte d’Agde dite La Glacière, apporteront les confirmations irréfutables.

  7 Le reproche de la « fascination attique » qui semble nous avoir été fait (cf. U. Heimberg, C.R. de La céramique attique de La Monédière (…) dans Germania, 53, 1975, p. 223) pourrait, dans un certain sens, être valable pour « la fascination des importations » lorsque ce que l’on suppose être des importations, est traité à part, sans mention des autres types de céramiques représentées dans le même gisement. Mais ici nous ne désirons que sauver de l’oubli quelques pièces pour lesquelles n’existe aucune relation détaillée dans un journal de fouilles.

  8 Rappelons que la coll. J. Coulouma a été léguée par la famille Coulouma à l’institut d’Archéologie, Faculté des Lettres et Sciences humaines, Université P. Valéry, Montpellier.

  9 Sont considérées comme étant « occidentales » les productions non seulement des centres grecs de l’ouest – Marseille, Agde, Emporion/Ampurias – mais aussi celles des centres côtiers « hellénisés » de la Péninsule Italique.

  10 Compte tenu de ce qui est publié ou bien connu par nous grâce à l’amabilité des fouilleurs, ou des collectionneurs.

  11 Il semble y avoir une tendance actuellement à privilégier les étrusques aux dépens des grecs pour ces contacts commerciaux d’époque archaïque. On se souvient qu’il y a une trentaine d’années T. J. Dunbabin avait attribué aux étrusques la présence de céramique corinthienne à Carthage (cf. The Western Greeks, p. 253). Cependant G. Vallet s’était inscrit en faux à propos d’une telle vue des choses (cf. Rhegion et Zancle, p. 87, n. 3).

  12 Un aperçu de la complexité et de la richesse, croissantes de la question des céramiques de la Grèce de l’Est se trouve dans notre essai de compte-rendu sur le Colloque international C N R S de Naples en 1976 : cf. Études sur Pézenas et sa région, VIII -1, 1977, p. 29-37.

  13 Voir note 12.

  14 Une sorte d’aura curieuse semble trop souvent aujourd’hui éblouir les archéologues qui ne sont pas des hommes de laboratoire dès qu’il est question d’analyses de céramiques. Loin de nous cependant la pensée de mésestimer les promesses d’avenir – nous disons bien d’avenir – que les recherches de laboratoire un jour pourront tenir. Nous pensons notamment aux études comparatives de la composition chimique des argiles et de celle des céramiques d’un même lieu, études déjà bien avancées au laboratoire du C.E.G.R. à l’Université de Lyon (P. Dupont).

  15 Le tour lent ou tournette laisse subsister des dépressions horizontales dues aux doigts du potier ; de plus l’épaisseur de la paroi est inégale, principalement pour la panse.

  16 Même celui qui n’est pas un homme de laboratoire peut apprendre beaucoup grâce à un microscope polarisant.

  17 L’aspect tripartite – « en sandwich » – et parfois bipartite est caractéristique, par exemple, en Méditerranée occidentale, de la plupart des céramiques ibériques.

  18 Les couleurs que nous indiquons ont été déterminées – même si nous avons parfois choisi des expressions imagées telles que « café crème » – à l’aide de la Notice sur le Code Expolaire de A. Cailleux et G. Taylor (Paris), notice préférée, non seulement pour sa simplicité mais aussi pour les correspondances plus exactes des couleurs, aux Soil Munsell Charts qu’il ne faut pas avoir tendance à employer uniquement parce que ces planches sont américaines, par snobisme archéologique. Ajoutons qu’on a pensé que la céramique « rhodienne » présente une couleur rougeâtre. Il s’agit d’une céramique cuite en atmosphère oxydante ou plutôt « ré-oxydante » comme dirait un homme de laboratoire. Les céramiques cuites en atmosphère réductrice, c’est-à-dire pour lesquelles il y a eu, dans le four, en fin de cuisson, un arrêt d’arrivée d’air et une température plus basse que pour celles qui sont cuites en atmosphère oxydante, sont grises à cœur. Les vases en question font partie de la céramique « grise monochrome » citée dans les publications des fouilles provençales et languedociennes. Lorsque le feu réducteur est peu homogène certains de ces vases peuvent présenter sur une face des zones d’oxydation, il existe par exemple des plats à marli languedociens qui ne sont pas réellement gris.

  19 Cette technique sur des exemplaires recueillis dans des gisements en Méditerranée nord-occidentale est extrêmement rare nous la connaissons à Ampurias, à la Palaiapolis (fragment de très petit bol à bord large avec rainures concentriques), à la Néapolis (voir ci-après dans le texte à propos des pièces de la 1ère moitié du VIe s. « importées » petite tasse carénée), à Pech Maho/Sigean (bord d’un vase skyphoïde à lignes ondées incisées). Pour la Monédière A, Nickels nous a montré un fragment de couvercle qui présente cette technique et qui provient de ses fouilles sur le site.

  20 Cf. notre article Anatolie occidentale et céramique grecque d’Occident : technique et transmission, XVIIIe session du Congrès préhistorique de France, Ajaccio, Avril 1966, p. 357 sq.

  21 Depuis plus de 20 ans voyages d’étude chaque année à l’étranger, notamment à Athènes (Musée National, Musée de l’Agora et ses Réserves collections et fichier de plus de 25.000 pièces en 1965), Izmir (Musée du Parc de la Foire, Réserves du Dépôt à l’ancienne Mosquée), Sart/Sardes (Dépôt des fouilles américaines), Londres (Musée Britannique : Réserves collections des céramiques de la Méditerranée orientale en particulier céramiques de Naucratis qu’étudie et publiera J. Boardman), Oxford (Ashmolean Museum), Cambridge (Fitzwilliam Museum et Museum of Classical Archaeology : autres céramiques de Naucratis) ; travail en bibliothèque surtout dans celle de l’institut Allemand à Rome et celle de l’institut Suédois de la même ville.

  22 Voir nos constatations faites en 1970 cf. La céramique attique de La Monédière (…), coll. Latomus 124, 1973, p. 282 sq sondages 1 et 2. Depuis fouilles de la Direction des Antiquités (A. Nickels, P. Y. Genty) cf. note 1.

  23 Voir la seconde partie de la note 18.

  24 Voir la seconde partie de la note 18.

  25 C. Boulter a écrit que cette technique de la céramique grise monochrome était une technique migratrice (a migrant technique) et que c’étaient des potiers de l’Eolide qui s’étaient fixés à Troie qui l’avaient, au VIIe s., apportée avec eux : cf, C. Blegen et al. Troy IV/I, p. 252.

  26 Le dessin a été fait par H. Martin-Granel. Ce fragment de pied de cratère est un des exemplaires, relativement rares en Méditerranée nord-occidentale (voir note 19), qui témoignent d’un brunissage sur engobe.

  27 Une telle datation, qui est bien établie en Méditerranée orientale, nous fait évidemment penser que ces vases ont pu contribuer au développement, en Méditerranée occidentale, de la forme du grand vase cratéroïde à haut pied creux, forme très caractéristique, comme l’on sait, des gisements du Languedoc occidental, par exemple dans les nécropoles mailhaciennes du Grand Bassin I (exemplaires non tournés) et du Grand Bassin II (exemplaires tournés) et dans celle de St-Julien à Pézenas (exemplaires des deux types). Nous avions fait le rapprochement il y a quelques années avec une forme de l’Italie du Nord (Este) – grande coupe à pied creux – (cf. Skrifter (…), Opuscula Romana, VI, 1968, p. 35 et, même page, n. 2) – forme reprise dans la civilisation de Golasecca (cf. Ampurias, XXXII, p. 70) et nous avions émis l’hypothèse que cette forme et celle du vase chardon des puniques avaient donné, par adjonction, la forme du grand cratère languedocien cf. ibid. p. 69, fig. 2/1 et 1 a, b.

  28 Fragment de col (coll. Coulouma : bêta 16) pièce en provenance du site du Fort à St-Thibéry, l’antique Kessero, autre site de la basse vallée de l’Hérault très proche de la Monédière. Une dilution volontaire caractérise la large bande.

  29 J. Boardman doit publier la totalité des céramiques en provenance de Naucratis. Nous remercions Mrs. Ann Birchall, Conservatrice au Department of Greek and Roman Antiquities au Musée Britannique, de nous avoir permis de voir cette collection.

  30 Les exemplaires les plus anciens de la forme de la coupe B 2 ont certainement existé dès le 2e quart du VIe s. De plus l’usage de cette coupe encore au 3e quart du même siècle prouve simplement que la forme a été longtemps en faveur. C’est en effet dans le dernier tiers du VIe s. que les coupes attiques, devenues fréquentes, ont contribué à l’abandon de la coupe « ionienne » et de ses imitations. Ceci se vérifie à La Monédière.

  31 Pour Naucratis une autre forme aurait pu être ajoutée il s’agit de celle de la coupe « ionienne » soit de forme B 2, par exemple le bord Inv. 86. 4-1.219 (Coll, du Musée Britannique), soit avec filets sur le bord mais à l’extérieur comme deux pièces de La Monédière (coll. Coulouma : bêta 3 et bêta 30) : coupe de Naucratis inv. 1886.4-1, 1026, mêmes collections.

  32 La Monédière a pu être, à un moment donné, occupé à la fois par des Grecs et par des barbares ; en effet les maisons grecques à abside du type de celles d’Antissa (Lesbos) (cf. A. Nickels, Gallia, 34, 1976 -1, p. 95-128, notamment fig. 4 et 5 p. 100 et 101 puis fig. 19 p. 128) peuvent ne pas signifier que tous les indigènes de la 1ère moitié du VIe s. ont été délogés du lieu. En Mer Noire il y a des exemples de cette présence d’un « comptoir grec » dans une agglomération indigène (cf. J. Boardman, Dialoghi di Archeologia, III, 1969 (1-2), p. 156).

  33 Cf. Gallia, 34, 1976-1, p. 138-139. A ce propos le cas de la grotte St-Vérédème à Sanilhac (Gard) paraît être caractéristique puisqu’aucun fragment de céramique gréco-orientale n’y est signalé (Ibid., 1976, p. 160, fig. 32). Toutefois un fragment aujourd’hui égaré et l’identification faite par F. Villard de deux pièces en provenance de cette grotte lorsqu’il était venu à Nîmes semblent permettre de penser qu’il y a eu de la céramique proto-corinthienne dans le même gisement (lettre du 6 février 1960). Par ailleurs un fragment publié par F. Benoit (cf. Recherches (…), pl. 9/8) et qui provient de la grotte d’En Quissé (Ste Anatasie) paraît rappeler ce qui se voit sur les amphores de Chio.

  34 Toutefois depuis la dernière publication concernant La Liquière (cf. M E F RA, 86, 1974), mentionnée dans notre texte, d’autres pièces importantes ont pu être découvertes sur le site : M. Py nous signale aimablement que B. B. Shefton a daté de 560 un fragment d’amphore attique à figures noires (col) : cf. B. Dedet, M. Py, Introduction à l’étude de la Protohistoire en Languedoc oriental, 1976, p. 21.

  35 Citons toutefois, dans la moyenne vallée de l’Aude, au Sud Ouest de la Cité de Carcassonne, sur le plateau de Carsac, la présence de la forme de l’œnochoé à rosette de points (cf. B S E S Aude, LXXII, 1972, p. 50, fig. 11/1 et fig. 12/2).

  36 Pour les sondages qui ont déjà été faits à L’Argentière cf. Gallia, XX, 2, 1962, p. 636 Ibid., XXIX, 2, 1971, p. 400. Autres sondages faits en 1975 (M. Py) avec 4 stratigraphies différentes.

  37 A Ensérune existe un fragment de plat à fausse grecque (Musée d’Ensérune S’85) cf. Colloque « Vélia et les Phocéens en Occident ». La céramique exposée, 1971, p. 33/2 et pl. VIII a 2, fragment déjà publié par J. Jannoray, Ensérune (…), 1955, pl. XLV/1 (12) et repris par M. Py (Simposio de Colonizaciones, 1971, p. 165, fig. 4/1. Même forme – imitée – à Ensérune ; cf. Études sur Pézenas (…), IV, 2, 1973, pl. V-1.

  38 Nous choisissons de mentionner la pièce n° 30.080 (terre brun rouge clair, décor brun rouge foncé – large ligne ondée entre des bandes – fin mica. Pour d’autres pièces de type grec, parfois occidentales, voir Le Languedoc au premier âge du Fer (.1, 1976, p.p. 60-61, pièces classées, à tort, sous la rubrique « Le faciès ibéro-languedocien ».

  39 Exemplaire au Musée-dépôt de Sigean (Aude). Voir aussi Le Languedoc au premier âge du Fer (…), 1976, p. 61.

  40 Cf. J.-J. Jully, op. cit., Ajaccio, 1966, p. 364, n. 28 cf. J.-J. JuIly, Y. Solier, R E Lig., XXXIII, (1-3), 1967 119721 p. 224, fragment en association avec la forme de la coupe « ionienne » B 2. Aussi cf. Le Languedoc au premier âge du Fer (…), p. 61.

  41 Cf. A B S A, XXXII, 1931-32, p. 56.

  42 Cf. C. Blegen et al., op. cit., 1958, p. 253, p. 254. Ces fragments d’Antissa à Lesbos provenaient de maison à abside, type qui est aujourd’hui signalé à La Monédière, Bessan (cf. Gallia, 34, 1976-1, p. 100, fig. 4 et p. 101, fig. 5).

  43 Voir, ci-dessus, la note 19.

  44 Publication complète d’Y. Solier en préparation.

  45 Cf. B. Dedet, Actes du Colloque de Ruscino, à paraître.

  46 Cf. J.-J. Jully, Quatre formes de type ibéro-languedocien représentées à Ruscino, Actes du Colloque de Ruscino, à paraître.

  47 Cf. M. Almagro, Excavaciones en la Palaiapolis de Ampurias, 1964, p. 77, fig. 31/1,2 ; Colloque « Vélia (…) ». op. cit.,p. 11/3 : pl. Vb3. Aussi M. Py, C.L.P.A., 20, 1971, p. 134-135, n. 1.

  48 Cf. P. Rouillard, Les céramiques peintes de la Grèce de l’Est et leurs imitations dans la Péninsule Ibérique recherches préliminaires. Actes du Colloque international C.N.R.S., Naples, 1976, à paraître.

  49 Cf. J.-J. Jully, Quatre fragments de céramique de la première moitié du VIe s. en provenance de la Néapolis d’Ampurias, à paraître ; cf. aussi Le Languedoc au premier âge du Fer (…), 1976, p. 50.

  50 Exemplaire au Musée monographique d’Ullastret, n° Inv. 84 terre café crème rose, peinture rouge moyen.

  51 Évidemment cette remarque ne peut être valable que si sont compris des gisements qui ont été fouillés depuis longtemps, par exemple Ensérune et Ampurias ou bien s’il s’agit de sites de petite superficie comme La Monédière pour lesquels on puisse considérer qu’une quantité et une variété suffisantes de céramiques tournées ont été recueillies et étudiées.

  52 Cf. A. Nickels, op. cit., 1976, p. 109, p. 111 : dans la couche antérieure à la maison A dont la construction est placée « dans les années 550-530 » (Ibid., p. 113) le canthare étrusque en bucchero nero est représenté dans la même couche il y a des coupes grecques, notamment la coupe « ionienne à vernis noir » (Ibid., p. 110). L’association céramique gréco-orientale et céramique étrusque existe par ailleurs sur les rives de l’étang de Mauguio, à La Rallongue, à Forton (Lansargues). Cf. Le Languedoc au premier âge du Fer (…), 1976, p. 49, fig. 21 « coupes ioniennes, canthares étrusques et aryballe corinthien » (du groupe des guerriers) « du site littoral de Forton » cf. aussi G. Marchand, à paraître.

  53 Cf. A. Nickels, op. cit., 1976-1, p. 109-110.

  54 A. Nickels, Actes du Colloque international C N R S, Naples, 1976, à paraître.

  55 Aimable information de Mlle Aurora Martin Ortega qui dirige les nouvelles fouilles d’Ullastret, notamment à l’Illa d’en Reixac où la forme de la coupe « ionienne » B 2 vient d’être trouvée (Musée monographique d’Ullastret) ; cf. aussi Actes du Congrès U.I.S.P.P. (IXe), Nice, 1976, à paraître.

  56 Certaines affirmations nous paraissent être en effet peu en rapport avec la réalité : cf. par exemple dans « The Encyclopedia of classical sites », Princeton, 1976, p. 754-755 s.v. Rhodé mais à propos de découvertes « au nord des Pyrénées » : « Much Rhodian (…) found in France ».

  57 Cf. H. Gallet de Santerre, R E A, LXIV, 3-4, 1962, p. 384 : « toutes proportions gardées, les rapports de Bessan, à peu de distance dans les terres, et d’Agde, sur le littoral, paraissent avoir été comparables à ceux de Saint-Blaise et Marseille » (…).