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Description

L’intendant de police Pierre Marty à Montpellier et Toulouse

A l’automne 1940, le gouvernement de Vichy recrutait des hommes « sûrs » pour occuper les places libérées par l’épuration dans les rangs de la police. Outre-mer le problème était le même qu’en France métropolitaine. Si l’ennemi n’occupait pas ces territoires, le gouvernement de Vichy désirait y appliquer la même mise au pas politique. Le 7 octobre 1940, la police de Bizerte, recruta un nouveau commissaire à titre provisoire : Pierre Marty.

Commissaire de la marine marchande à la Compagnie Transatlantique, puis directeur d’une firme commerciale, il avait perdu sa situation en raison de la guerre. Recommandé par un amiral, jugé politiquement sûr puisqu’il était ancien militant d’Action française, il fut affecté aux renseignements généraux et y constitua rapidement une petite équipe qui donna bientôt la chasse à tous ceux qu’il connaissait ou suspectait d’être des adversaires du régime.

Il eut un avancement foudroyant et le 3 mai 1943 était déjà commissaire principal, assurant depuis le 25 janvier les fonctions de contrôleur général par intérim. Lui-même écrivit dans une lettre où il réclamait sa titularisation à ce grade : « J’ai fait procéder à l’arrestation de dizaines d’espions et de propagandistes anglo-saxons ou communistes. Je peux affirmer et je suis persuadé que les autorités compétentes allemandes se feraient un plaisir de confirmer qu’aucune grosse affaire d’espionnage réalisée en Tunisie depuis l’arrivée du Corps Expéditionnaire n’a été faite autrement que par mon action directe ou sur mes indications ».

Dès l’arrivée des troupes allemandes en Tunisie, le préfet de Tunis et l’intendant de police avaient été arrêtés et déportés et Marty avait été nommé à Tunis. Son groupe, qui ne comportait alors que cinq hommes, passa au service exclusif des Allemands.

Le 2 décembre 1942, une ordonnance de von Arnim donna au S.O.L. de Tunisie une mission de police politique, des membres du S.O.L. furent placés dans tous les services de police et les brigades de gendarmerie pour les surveiller. Les groupes de sécurité et d’action du P.P.F. créés en 1941 participèrent avec eux à la chasse aux juifs. Le 12 décembre, après la création à Tunis du Comité Unifié d’Action Révolutionnaire (C.U.A.R.) groupant tous les mouvements collaborateurs sous la direction des nazis, Marty arrêta lui-même le préfet de police de Tunis, M. Philip, son chef de cabinet, le directeur de la police et le ministre de France, tous accusés de mollesse, voire de trahison. Mais l’avance des Alliés se poursuivait inexorablement.

Le 10 mars 1943, les Allemands transportèrent par avion la brigade Marty en Italie. Marty et son adjoint Cens, chargés des ultimes opérations de liquidation, quittèrent la ville dans le dernier avion allemand. Il les amena à Berlin où ils demeurèrent quelques jours, puis gagnèrent Paris.

Le 6 octobre, Marty arriva à Montpellier où il venait d’être chargé d’organiser une brigade spéciale.

Dès son arrivée, Marty reconstitua sa brigade et la renforça considérablement. Il y incorpora des gens qui, à Tunis, avaient été ses indicateurs, et aussi plusieurs résistants retournés.

A Montpellier

La première démonstration des méthodes de Marty en France eut lieu à Montpellier même. Le 20 décembre les résistants détenus à la prison de Montpellier protestèrent contre le transfert à la maison centrale de Nîmes de deux d’entre eux, Khan et Heyres, en chantant la Marseillaise. Le 23, ils récidivaient pour protester contre le renvoi de Charpak [Prix Nobel 1992] devant la section spéciale, juridiction d’une férocité connue, dont la sentence habituelle était la peine de mort. Ils parvinrent même à faire flotter pendant quelques minutes un drapeau tricolore à une fenêtre de la prison. Alerté, on ne sait par qui, Marty accourut avec ses hommes. Il entra au hasard dans une cellule avec ses trois principaux adjoints, Castel, Cens et Laffargue, tous, revolver au poing. Il y avait là cinq résistants, on les fit aligner le long du mur et Marty ordonna : « Allez, cognez ! ». Lui-même se joignit à ses hommes et tous quatre se mirent à frapper sauvagement à coups de crosse. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

4

Auteur(s)

Jacques DELARUE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf