L'haltérophilie héraultaise
entre passé glorieux et renouveau

* Président de la Fédération Française Haltérophilie Musculation (F.F.H.M.)
** Études sur l’Hérault (ex pratiquant de la discipline).

“À la mémoire de Bernard GARCIA”

Introduction

Le département de l’Hérault est reconnu pour produire des champions dans de nombreuses disciplines sportives, et l’haltérophilie ne fait pas exception. Si ce sport a connu un immense succès au début du XXe siècle, il est aujourd’hui méconnu du grand public. Plusieurs raisons expliquent ce déclin. Mais en 2025, une nouvelle dynamique semble s’amorcer. Portée par une génération d’athlètes engagés et des initiatives locales, la discipline tente de renaître, loin des ombres du passé.

Dans ce contexte, il est important de rappeler que l’Hérault a souvent été un terreau fertile pour l’haltérophilie. De nombreux clubs historiques, des entraîneurs passionnés et une tradition d’excellence ont contribué à forger l’identité sportive du département. Retour sur cette histoire locale, où se mêlent exploits oubliés, figures emblématiques et espoirs renaissants.

La pratique de l’haltérophilie se perçoit principalement comme un sport de « force pure ». En réalité, cette image, sans être fausse, n’est pas tout-à-fait juste. La part de la force a effectivement un rôle très important ; plus de la moitié de l’effort à fournir en est tributaire. Il convient aussi d’y associer une gestuelle particulière et avoir un mental bien préparé ; de sorte que la valeur de la performance réalisable par un individu, est significativement améliorée dès lors que ces trois facteurs sont pris en considération.

De tous temps, la force physique d’un individu est une qualité perçue comme indispensable dans de nombreux contextes de la vie courante, et plus particulièrement lors des conflits armés. Les premières mentions y faisant référence nous viennent de l’antiquité. Une ancienne légende de la Grèce antique, rapporte que Milon de Crotone 1, encore enfant, se voit offrir en cadeau, un jeune veau. Tout heureux et fier de le montrer, il le prend sur ses épaules et sort avec son fardeau pour faire le tour de la place de la cité. Les années passent et inlassablement, Milon continue le rituel jour après jour jusqu’à ce que, devenu adolescent, il porte toujours avec aisance l’animal devenu un taureau adulte. On peut voir avec cet exemple mythique que Milon de Crotone améliore sa force par le système dit de la “surcharge progressive”. L’emploi des haltères (fig. 1) est courant au cours des Jeux Olympiques antiques. Ces concours athlétiques “pentétériques” 2, durent plus de mille ans : de 776 avant J.-C. jusqu’en 393 après J.-C. Ils cessent suite à l’Édit de l’Empereur romain Théodose promulguant l’abandon des lieux de cultes de la religion grecque.

Haltère de la Grèce antique utilisée pour multiplier l'élan des sauteurs en longueur
Fig. 1 Haltère de la Grèce antique utilisée pour multiplier l'élan des sauteurs en longueur. (Source : Web).

Pour les combattants, depuis la préhistoire jusqu’à la première moitié du moyen-âge, la force physique offre une meilleure garantie de réussite en cas de corps à corps. C’est le cas jusqu’à l’apparition d’armes nouvelles, dotées d’un “jet puissant” permettant d’atteindre l’adversaire à bonne distance, comme l’arbalète (1346), rapidement suivie de l’arme à feu 3 (l’arquebuse). Les premières traces écrites de ce nouveau type d’armement nous viennent de la seconde moitié du moyen-âge. Avant l’utilisation de ces projectiles, seule la force physique permettait aux guerriers de combattre avec de bonnes chances de succès, d’où l’admiration de la population pour cette qualité première qu’est la « puissance musculaire ». Au fil des siècles, les hommes ont instinctivement cherché à se comparer et à améliorer leur valeur physique en se défiant entre eux au cours de tentatives de soulèvement de divers objets pesants : blocs de pierre, troncs d’arbres, tonneaux, enclumes, animaux de fort calibre, etc.

Pour traiter de l’amélioration de la force par la « pratique régulière d’un entraînement », la première publication qui en fait mention paraît en 1569. Jérôme Mercurialis 4 (1530-1606), médecin du XVIe siècle, publie “De Arte Gymnastica”. Dans cet ouvrage écrit en latin, sont décrits les divers jeux et exercices pouvant être pratiqués et sont analysés leurs effets sur la santé ou la maladie. Mercurialis est un des premiers à associer la gymnastique médicale et la thérapeutique.

En 1762, Jean-Jacques Rousseau 5 publie l’« Émile ou De l’éducation » dans lequel on trouve la formule suivante : “Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit !” Ici, J.-J. Rousseau met en évidence le fait qu’« il faut que le corps ait de la vigueur pour obéir à l’âme ». Dans cet ouvrage, il s’agit surtout d’un traité sur l’éducation d’un personnage fictif pour en faire un homme sain de corps et d’esprit. Il y décrit de façon détaillée un programme pédagogique sur les grandes étapes de la croissance d’un sujet, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte.

Les premiers balbutiements

Le XIXe siècle est le véritable déclencheur pour la « recherche de l’amélioration de la force » par la « pratique assidue » d’entraînements préparatoires grâce plus précisément à l’usage des haltères.

Natif de Saint-Chaptes (petite commune du Gard), Hippolyte Triat (1812-1881) devenu orphelin, est enlevé par des vagabonds qui le vendent à une troupe de saltimbanques. Très jeune, il se blesse gravement au cours d’un numéro de contorsionniste. Relégué au rang de simple accessoiriste, Hippolyte est pris en charge par une dame patronnesse qui l’instruit et le rééduque par la pratique intensive du sport. Émancipé en 1834, il met au point un spectacle itinérant de numéros acrobatiques qui remporte un certain succès ; cette réussite le mène jusqu’à Bruxelles, ville où il ouvre un premier gymnase, en 1840 au 7 de la rue de Ligne.

Triat rejoint Paris en 1846. Associé à Nicolas Dally 6 (1795-1862), ils fondent une société dans le but d’ouvrir un grand gymnase sur l’Allée des Veuves 7 (fig. 2). La méthode au sol que professe Triat allie les performances de la gymnastique acrobatique dans la recherche de la valeur éducative et de la beauté corporelle. L’usage des haltères courts est également présent dans son enseignement, ainsi que quelques mouvements d’haltérophilie avec des barres à boules 8, ce qui nous permet de penser que Triat est le précurseur de l’haltérophilie en France. L’établissement parisien, porte le nom de « Gymnase Triat ».

Dans la foulée, Eugène Paz 9 (1835-1901), ancien élève de Triat – faisant suite à une carrière de journaliste –, devient professeur de gymnastique. Il prend la succession de Triat à la direction du gymnase et applique une nouvelle méthode inspirée de l’enseignement de Francisco Amorós 10. Ici encore des haltères courts rudimentaires sont utilisés. Paz organise vers 1865-1875 des séances de lutte et de tours de force qui obtiennent un brillant succès.

Les exhibitions publiques ont alors lieu dans des baraques foraines, des cirques itinérants, mais aussi pour quelques athlètes de renommée, dans des grandes salles de music-hall (Fig. 3) comme Les Folies Bergères à Paris, souvent en première partie de spectacle.

Gymnase Triat vers 1850. (Collection particulière).
Fig. 2 Gymnase Triat vers 1850. (Collection particulière).
Théâtre des Folies Bergères Paris début XXe Siècle. Carte postale ancienne.
Fig. 3 Théâtre des Folies Bergères Paris début XXe Siècle. Carte postale ancienne. (Source : Wikimedia, public domaine).

Le matériel au XIXe siècle

À cette époque le matériel utilisé par les athlètes est le plus souvent de fabrication artisanale mais on utilise aussi les poids du commerce pour les exercices de bras tendu 11 ou des arrachés à un bras. La force peut s’exprimer de bien d’autres manières : en tordant à mains nues une barre de fer ou un clou, en déchirant un jeu de cartes, une pièce de monnaie, en déformant un fer à cheval ou en déplaçant une brouette très lourdement chargée sur une certaine distance. Les soulevés de terre se pratiquent avec une « Dumbell », sorte de gueuse en forme de cloche surmontée d’un anneau servant à la saisir et qu’il faut décoller du sol de quelques millimètres seulement. Les haltères courts et les barres à boules 12 tels que nous les connaissons aujourd’hui, ne font leur apparition qu’aux alentours de 1875. Ces dernières ne sont pas chargeables avec des disques comme de nos jours, et une barre à boules de 50 kilos s’affiche « barre de 100 livres ». Certaines barres à grosses sphères sont dotées de « boules creuses » avec un bouchon taraudé permettant de les charger avec de la limaille, du plomb, du sable ou même des chevrotines. Les premières sociétés fabriquent elles-mêmes le matériel leur servant à équiper leur salle d’entraînement et les tarages très approximatifs, posent bien des problèmes d’équilibrage. Il en est de même pour les haltères courts dont l’axe (d’un diamètre souvent trop gros) est difficile à saisir par des mains de taille normale.

C’est bien ce matériel-là qui est utilisé par les athlètes de la fin du XIXe siècle, tel le célèbre nordiste Charles Batta, (1866-1931), surnommé “le gentleman athlète”, le canadien Louis Cyr (1863-1912), considéré en son temps comme l’homme le plus fort du monde, Louis Uni de Marsillargues dit “Apollon” et le sétois Noël Rouveyrolis dit “Noël le gaulois”, dont il est question plus loin, pour n’en citer que quelques uns. Leurs tours de force ont le don de captiver les foules.

Louis Uni, dit « Apollon »

Louis Uni dit “Apollon(Fig. 4), fut désigné comme étant « l’Empereur des athlètes » par le professeur Desbonnet 13. Il est notoire qu’il est le plus célèbre des hommes forts français connus au XIXe siècle.

Louis Uni, naît le 21 février 1862 14 dans la commune de Marsillargues. Dès son plus jeune âge, il se fait remarquer par une vigueur extraordinaire qui lui permet, âgé d’à peine 12 ans, de soulever des fardeaux énormes. Jusqu’à l’âge de 18 ans il demeure à Marsillargues ; ce n’est qu’à cette époque que commence la carrière du jeune hercule. D’abord en province – où il impressionne le public en portant un taureau sur ses épaules dans les arènes de Nîmes. Il s’exhibe occasionnellement dans les foires et cirques itinérants de village en village, ainsi que dans quelques grandes villes dont Paris, pour finalement – sa renommée grandissant –, s’exhiber dans les grandes salles de spectacle de toute l’Europe ; il y exécute des tours de force que personne d’autre que lui ne parvient à réaliser. Prenons l’exemple du célèbre essieu d’Apollon (Fig. 5), relique conservée au Musée National du Sport et qui fut fabriqué spécialement pour lui par un ferrailleur du nord de la France. Il s’agit d’une barre en acier agrémentée de deux roues de wagon le tout pesant 166,5 kg ! La difficulté (outre son poids) pour réussir à manipuler un tel engin, est amplifiée du fait du diamètre de l’axe (48 mm. exactement), alors que celui des barres officielles est depuis toujours de 28 mm 15, pour permettre une bonne prise. Apollon exécute un mouvement complet d’épaulé, suivi d’une spectaculaire propulsion au-dessus de la tête, avec maintien de quelques secondes à bout de bras devant des spectateurs ébahis. La redescente de l’engin doit aussi se faire sous contrôle pour éviter de détériorer le plancher si l’énorme charge chutait violemment. Il parvient à réaliser cet exploit aidé de sa grande force 16, mais aussi grâce à ses mains, qu’il a énormes 17 et lui facilitent la saisie ; ses contemporains, quant à eux, peinent pour élever l’essieu au-dessus de la ceinture 18. Apollon est le seul de son époque à pouvoir réaliser ce tour de force. Le professeur Desbonnet a relaté la plupart de ses exploits dans un livre aujourd’hui devenu introuvable au “format papier” 19 : « Les rois de la force » paru en 1911.

Apollon à l'époque où il était dans toute sa beauté et toute sa force.
Fig. 4 Apollon à l'époque où il était dans toute sa beauté et toute sa force. (Collection : R. Lopez).
« Essieu d'Apollon » ayant appartenu à l'athlète haltérophile Louis Uni (1862-1928) dans les années 1890-1910.
Fig. 5 « Essieu d'Apollon » ayant appartenu à l'athlète haltérophile Louis Uni (1862-1928) dans les années 1890-1910,  Collection Musée National du Sport. (Source : Facebook).

En 1915, Louis Uni est âgé de 53 ans. À l’occasion d’une représentation à Vichy, il subit un grave accident qui met un point final à ses exhibitions de tours de force en public. En tentant de retenir avec des cordes liées à ses avants bras deux voitures qui démarrent en directions opposées, ses bras se déchirent ce qui provoque la rupture de ligaments et d’un vaisseau sanguin. Il s’écroule et perd connaissance.

D’autres détails nous sont parvenus sur Apollon. On ne les trouve pas forcément dans des livres mais nous les tenons de témoignages oraux 20 d’anciens marsillarguois : « Apollon arrachait les pieds de vigne à la main ! Quand il s’abaissait pour les saisir, son dos donnait l’impression d’être comparable à une table ! »

Cet authentique héraultais icône de Marsillargues à réalisé des exploits inégalables en cette fin de XIXe siècle. Un musée lui est dédié dans la commune qui l’a vu naître. Sur la façade de sa maison natale, au 6 boulevard Louis Uni, il est gravé sur une plaque boulonnée sur la façade : « Ici est né le 21 février 1862 Louis Uni dit “Apollon” Champion du Monde de Force » (Fig. 6).

Plaque boulonnée sur la façade de la maison natale de Louis Uni à Marsillargues.
Fig. 6 Plaque boulonnée sur la façade de la maison natale de Louis Uni à Marsillargues.

Noël Rouveyrolis, dit « Noël le gaulois »

Pierre-Noël Rouveyrolis dit « Noël le gaulois » (Fig. 7), en raison de ses moustaches qu’il porte longues et tombantes, naît le 5 novembre 1863 à Cette 21. Il quitte sa ville natale pour s’installer à Paris et y ouvre un commerce de vins au 23 de la rue des Boulets. Il se fait remarquer par son aisance à manipuler les grosses barriques de vin. Tout naturellement, il se met à pratiquer les poids et haltères et finit par installer une salle qu’il équipe du matériel nécessaire dans l’arrière boutique de son commerce parisien 22. Très rapidement, un groupe d’amis, comme lui amateurs d’“athlétisme lourd”, le rejoignent et le café de Noël le gaulois devient vite populaire.

De taille moyenne, 1 m 72 pour 90 kg, Noël acquiert rapidement une réputation universelle pour sa force extraordinaire. Sa devise : « Honneur à la Force. Respect à la Faiblesse ! » Il conquiert le titre de Champion du monde de force au Concours athlétique de Bruxelles en 1897. Noël a brillé à une époque dont le firmament s’inscrit de 1889 à 1903 et où les poids et haltères sont le « sport roi ». Apollon et Noël le gaulois, nos deux héraultais connurent la célébrité en leur temps.

Noël Rouveyrolis dit « le Gaulois » à Sète, haltérophile champion du monde en 1897.
Fig. 7 Noël Rouveyrolis dit « le Gaulois » à Sète, haltérophile champion du monde en 1897. Bibliothèque nationale de France, (Collection Jules Beau).

Les lieux de pratiques

Pourtant, en cette fin de XIXe siècle, les gymnases exclusivement axés sur la recherche de la force pure, sont rares. Gymnastique, lutte, escrime, musculation en haltères courts, sont des disciplines courantes dans les salles de culture physique d’entretien, mais toujours pas de réel enseignement concernant de manière effective la pratique des « Poids et Haltères » en barre. Ce n’est que vers 1890 que se forment les premières « Associations sportives » dans le nord de la France et en Allemagne. Les concours vont suivre à partir du moment où des salles dédiées à l’entraînement avec des barres à boules, se démocratisent. La première organisation sérieuse revient aux associations de Lille et de Roubaix, qui fondent la « Fédération Athlétique du Nord », première fédération à gérer l’Athlétisme lourd en France 23.

La codification des règlements

Mais peu à peu, une contrainte s’impose. Il convient de prendre en charge la réglementation de cette discipline pour contrôler les poids manipulés par les athlètes, et ainsi, crédibiliser les performances réalisées devant un public de connaisseurs, toujours plus nombreux et friand de ce nouveau spectacle. Après de longues discussions, une première liste de mouvements est adoptée : le développé ; l’arraché ; l’épaulé-jeté (à un et à deux bras). Le dévissé d’un bras ; la volée d’un bras et le bras tendu, sont aussi retenus mais uniquement à titre provisoire.

Les premiers championnats

En 1894, un premier Championnat International est organisé par Edmond Desbonnet à Mouscron en Belgique. Peu de participants : des Belges, des Hollandais et des Français. Il n’existe pas encore de fédération internationale, ce sport n’étant pas encore suffisamment répandu. En 1896, lors des 1ers Jeux Olympiques organisés en Grèce, les « Poids et Haltères » 24 figurent bien au programme mais il n’y aucune notion de « catégories de poids » pour les participants. Les épreuves se déroulent en extérieur aux alentours du Stade panathénaïque ; la codification des mouvements n’est toujours pas adoptée par les concurrents en lice. C’est le prince Georges de Grèce qui juge les épreuves. Peu de pays alignent des athlètes lors de cette manifestation : Allemagne, Danemark, Grande-Bretagne, Grèce et Hongrie. En tout, six participants, mais aucun représentant français. Pierre de Coubertin, l’initiateur de la rénovation des Jeux Olympiques modernes après plus de 1500 ans d’interruption, ne semble pas avoir été informé de l’inscription des épreuves de « Poids et Haltères ». Aussi, il n’est pas étonnant qu’en 1900 pour la deuxième édition des J.O. qui se déroule à Paris, dans le cadre de l’Exposition Universelle, la discipline n’y figure pas ; pourtant on relève en gymnastique des épreuves de « lever de pierre » de 25 et 50 kg. Aux Championnats de Vienne de 1898, l’ordre d’exécution des mouvements fait l’objet d’un tirage au sort ! Preuve qu’aucun règlement sérieux n’a encore pu être arrêté.

1901, l'H.C.F... l'Haltérophile Club de France

En France, il n’est pas encore question de compétitions “officielles”, et la codification du déroulement des épreuves se fait difficilement ; mais peu à peu, la règlementation se précise. En 1901, Edmond Desbonnet, fondateur de quelques associations dans le nord de la France, crée avec des amis, l’Haltérophile Club de France 25 (H.C.F.). Les catégories de poids pour les participants sont à présent, clairement définies ; on rédige la règlementation du mode d’exécution des mouvements, l’ordre du déroulement des épreuves et on met en place un système d’arbitrage reconnu officiellement par l’H.C.F. lors des concours avec les juges de plateau dits : « dynamométreurs » 26. Grâce à ces nouvelles dispositions, tout est sous contrôle. Finis les trucages du passé instaurés par les saltimbanques avec leurs poids truqués ne servant qu’à tromper le public sur leur force effective. Pendant les treize années qui suivent, c’est cette institution – non reconnue par l’État –, qui gère les épreuves de poids et haltères. Presque toutes les épreuves au niveau national organisées par l’H.C.F., en ce début de XXe siècle, se déroulent dans la région parisienne et le nord de la France. Des concours de Poids et Haltères se déroulent occasionnellement dans le Midi. Nous avons trouvé la trace de telles compétitions dans les pages du Toulouse Sportif de 1906. Au mois d’avril s’est déroulé un ‘Championnat du Sud’ ou sous l’égide et avec l’aval de l’U.S.F.S.A. La douzaine de compétiteurs classés sont certainement des membres de clubs adhérents à l’Union, et relevant du Comité régional du Sud dont le siège se trouve à Toulouse. Plus intéressant est le championnat organisé à “Cette” dès le début juin, et présenté comme ‘Championnat de force du Midi’ organisé par le Club Athlétique Cettois. Rencontre dont le président du jury n’est autre qu’Alexandre Maspoli, Champion de France amateur 1905 et recordman du monde de plusieurs exercices et dont Noël Rouveyrolis assure l’arbitrage en qualité de « chef de plateau ». À cette occasion, le sétois M. Roger remporte le titre de Champion du Midi 1906 (chez les poids lourds) se classant devant son camarade de club M. Arnaud arrivé second. Lors de cette rencontre on récence des participants de Toulouse, Avignon, Cette, Narbonne, Béziers et Nice.

Peu de sociétés dans la zone sud de l’hexagone, mais les Poids et Haltères se sont répandu peu à peu en Europe ; des rencontres à caractère international sont organisées dénommées : « Championnats de Force » (Fig. 8). La majorité des traces que nous avons concernant les résultats de ces rencontres se trouvent presque exclusivement sur les revues publiées par la presse et les revues d’époque traitant du sujet, tel « La culture physique » ou « L’Athlète ».

Mais déjà, dès 1907, aux Championnats de France (amateurs), les trois mouvements principaux de la jeune fédération, sont clairement définis avec toutefois quelques variantes 27. Ces « mouvements », sont définitivement adoptés par le C.I.O. en 1924 et deviennent les mouvements « officiels » pour le classement des participants : le développé 28 à deux bras, l’arraché 29 à deux bras et l’épaulé-jeté à deux bras. 30. Ces trois exercices seront maintenus jusqu’en 1972.

Un Championnat de Force à Genève en 1904.
Fig. 8 Un Championnat de Force à Genève en 1904.
(Source : La Culture Physique n° 5).

1914, la F.F.P.H... la Fédération Française est née !

23 mars 1914. La Fédération Française de Poids et Haltères « officielle » avec agrément octroyé par le Comité de l’U.S.F.S.A. (Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques 31), est créée, (la F.F.P.H.32. Jules Rosset 33 (Fig. 9) en est l’initiateur et premier président. La même année, se tenait à Paris, à la Sorbonne, le Congrès du Comité International Olympique, en charge d’arrêter le programme des Jeux de 1916. Et là, stupeur !, le Président Rosset apprend que les poids et haltères ne figurent pas sur la liste des sports retenus. Il intervint auprès de son ami Frantz Reichel, devenu Secrétaire Général du Comité Olympique Français, pour obtenir une révision de la décision du C.I.O. Un nouveau vote a lieu avec avis favorable, mais uniquement à titre provisoire. Cette grande fête n’a pas lieu en raison de la guerre 34. Dès la fin des hostilités, les Jeux reprennent ; à Anvers en 1920, les participants français, Henri Gance (Fig. 10) et Ernest Cadine (Fig. 11), remportent les deux premiers titres olympiques de la discipline dont la France peut s’enorgueillir. L’aventure commence ! Nos représentants, en cette première partie de XXe siècle décrochent plusieurs autres titres olympiques, mondiaux et européens sur la période allant jusqu’en 1936 ; en tout aux J.O., pas moins de six consécrations olympiques reviennent à la France : Roger François 35, Charles Rigoulot 36, Edmond Decottignies 37, Louis Hostin 38 et René Duverger 39. Cette période de l’entre-deux guerres place l’haltérophilie française au premier rang du Sport mondial.

Jules Rosset.
Fig. 9 Jules Rosset. (Source :
Cercle vaudois de généalogie).
Henri Gance Champion Olympique 1920.
Fig. 10 Henri Gance Champion Olympique 1920. (Source : Wikimedia Commons).
Ernest Cadine Champion Olympique 1920.
Fig. 11 Ernest Cadine Champion Olympique 1920. (Source : Wikimedia Commons).

L'haltérophilie en Hérault

Mais revenons au sujet principal de cet article : le sport haltérophile dans le département de l’Hérault et son histoire. La trace la plus ancienne que nous avons concernant une épreuve se déroulant en Hérault est le “Championnat de force du Midi” tenu le 3 et 4 juin 1906 au Club Athlétique Cettois. Soixante engagés dans cinq catégories de poids se présentent à cette épreuve avec une forte majorité de concurrents sétois. Le Club Athlétique Cettois (C.A.C) à Sète et le Club Athlétique de Béziers (C.A.B.) à Béziers, sont les deux premières structures dont les noms nous sont parvenus ; actifs dès 1906, ils semblent être les clubs de Culture Physique les plus anciens du département.

Nous avons vu qu’en Hérault, deux personnages ont marqué la période de la fin du XIXe siècle : « Apollon » de Marsillargues et « Noël le Gaulois » originaire de Sète. Aucun autre de nos représentants héraultais ne prend part aux grandes fêtes populaires que sont les Jeux Olympiques ayant eu lieu avant la seconde guerre mondiale. Quelle est la place du sport des Poids et Haltères dans notre département en ce début de XXe siècle ? Les salles de Culture physique et de Gymnastique existent pourtant bel et bien. Les locaux dédiés à la pratique de la gymnastique, de la boxe, de l’escrime, etc. font partie du paysage socioculturel de nos grandes villes, Montpellier, Sète et Béziers. La F.F.P.H. en place depuis 1914 n’enregistre cependant aucun Club héraultais avant 1931. Un homme va tout changer !

Paul Rocca, le pionnier

Revenu de Verdun avec la Croix de guerre 40, trois citations, la médaille de Verdun et la Médaille Militaire, Paul Rocca (Fig. 12) – dont le père est une figure bien connue du sport montpelliérain (maître d’éducation physique avec comme première spécialité la Boxe Française) –, se passionne pour les exercices du maniement des haltères courts. Visitant d’autres locaux montpelliérains de pratique sportive, il remarque la présence de ces équipements mais constate qu’ils ne sont que très rarement utilisés. Aucune de ces salles, n’est spécialement dédiée aux poids et haltères. Il n’existe encore aucune structure à Montpellier permettant de pratiquer cette spécialité, alors que dans le nord de la France les salles qui y sont dédiées sont nombreuses. P. Rocca suit avec beaucoup d’intérêt pendant toute la décennie les performances réalisées par les vedettes de l’époque : Rigoulot, Cadine, Hostin, etc. Il assiste chaque fois qu’il le peut à leurs exhibitions 41. L’idée de fonder une société d’haltérophilie naît lentement dans son esprit.

Paul Rocca.
Fig. 12 Paul Rocca. (Archives : R. Lopez).

L'Athlétic Club Montpelliérain (A.C.M.)

C’est en décembre 1931 que Paul Rocca crée le premier Club de Poids et Haltères à Montpellier : l’A.C.M. 42. Les débuts sont difficiles. Pas de subventions. Il achète sur ses fonds personnels et peu à peu le matériel nécessaire qui, en augmentant, va permettre à tous les jeunes Montpelliérains qui le souhaitent, de pouvoir s’initier au maniement d’un engin peu connu dans les salles de gymnastique traditionnelles : la « barre à disques ».

Rocca, sportif émérite dans sa jeunesse ayant pratiqué la boxe Française 43 mais surtout, grand amateur de culture physique, exerce le métier de chirurgien dentiste. Aidé de son ami et complice Étienne Comamala 44 – un passionné lui aussi –, il crée rue du Musée Fabre la 1re salle d’entraînement aux Poids et Haltères : le club A.C.M., (l’Athlétic Club Montpelliérain). Dans la foulée, il crée aussi le premier Comité Régional d’haltérophilie et affilie à la fois, et le Comité et le club, à la Fédération Française. Quelques années plus tard, P. Rocca deviendra membre du Comité directeur et même vice-président de la Fédération nationale ; cet engagement fédéral étant surtout motivé par le fait de pouvoir accompagner ses « poulains» lors de leurs déplacements à l’étranger.

Rocca a naturellement un comportement « paternaliste » envers tous les membres adhérents au club. L’attirance à fréquenter la salle d’entrainement croît de manière significative. Au bout de quelques mois, le nombre d’inscrits de la première salle, atteint allègrement le chiffre d’une quarantaine de membres. Par manque d’espace, le club se voit obligé de déménager pour aller s’installer un peu plus bas dans le quartier des abattoirs, au 2 rue Lunaret, puis nouveau déplacement, rue de la Raffinerie où les locaux sont bien plus grands et surtout plus lumineux.

Les compétitions organisées par P. Rocca se déroulent le plus souvent au Pavillon Populaire de Montpellier, (Fig. 13) un peu à l’écart sur le jardin du Champ de Mars. Les manifestations plus importantes ont lieu à la Salle des concerts ou au grand Théâtre de la ville. La devise de P. Rocca : « La parole est aux muscles ! », ouvre chacune des rencontres se déroulant à Montpellier. Belle façon d’annoncer la couleur !

Le Pavillon Populaire à Montpellier
Fig. 13 Le Pavillon Populaire à Montpellier.
(Archives : R. Lopez).

Avant 1945, les clubs héraultais affiliés à la fédération sont en nombre restreint. Outre l’A.C.M. (la salle Rocca) et l’Haltérophile Club Montpelliérain (cher à Ferrari, cf. : infra), on recense le Boxing Club Biterrois à Béziers, au sein duquel il y a quelques pratiquants. Les poids et haltères sont encore une activité qui se pratique essentiellement dans le nord de la France, ce qui est compréhensible, puisque c’est bien là qu’on trouve le plus grand nombre d’athlètes de renom et un public de connaisseurs plus vaste. Mais progressivement d’autres clubs font leur apparition dans les départements méridionaux, tels : l’Amical Vélo Club Nîmois, le Red Star Avignonnais, le Toulouse Haltéro Club, l’Haltérophile Club de Narbonne, etc.

Le dévouement de P. Rocca tarde à être récompensé ; la technique gestuelle qu’il enseigne est encore trop imprécise. Elle n’est basée que sur ses observations n’ayant pas été lui-même pratiquant, alors bien évidement sa pédagogie, n’est pas d’une efficacité à toute épreuve. Malgré ça, les années 1930 allaient mettre en lumière notre premier champion héraultais…

Henri Ferrari.
Fig. 14 Henri Ferrari. (Archives : R. Lopez).

Henri Ferrari le « Figaro » de Frontignan

Henri Ferrari (Fig. 14) naît le 23 septembre 1912. Il est le fils d’une modeste famille originaire d’Italie installée à Frontignan. Le père exerce le métier de coiffeur pour hommes et tout naturellement ce sera également cette profession que choisira le jeune Henri. Dès son plus jeune âge, il est un spectateur assidu des exhibitions « d’hommes forts », de toutes les foires et tous les cirques ambulants de passage à Frontignan, qui offrent leur spectacle de village en village. Dans un premier temps il est attiré par la boxe. Mais sa mère refuse catégoriquement qu’il pratique ce sport violent. Son père le sermonne sur ce mauvais choix :

— « Rien à faire, pas de boxe ! D’abord, ton travail ! Après, tu feras ce que tu voudras. Pour être coiffeur, il ne faut pas avoir les mains ni le portrait abîmé. Compris ? »

Sa force naturelle le pousse peu à peu à vouloir imiter les numéros des acrobates exhibitionnistes qu’il a si souvent admirés lors des spectacles de cirque. Il se procure quelques vieilles roues de wagonnets abandonnées sur un terrain vague proche du village. Bricolant ces vieilles ferrailles, il se fabrique une barre rudimentaire mais fonctionnelle. C’est dans la remise paternelle entre la carriole et la jument, au fond du magasin de coiffure qu’il s’enferme, seul, et commence à s’entraîner en essayant d’imiter les acteurs qui l’avaient tant impressionné en manipulant ces poids incroyables qui le fascinent. Mais en s’entraînant, seul, et tout en restant à Frontignan, il ne réussit qu’à acquérir une musculature plus ferme ; la technique est encore imparfaite, le jeune Henri ne parvient à obtenir que quelques succès régionaux.

En 1932, Ferrari se trouve à Paris où il effectue son service militaire au Génie de Versailles ; il s’entraîne dans la salle tenue par Charles Reiss au Magenta Haltérophile Club (Fig. 15 et 16). Le maître des lieux le prend sous sa houlette et le perfectionne techniquement ; Henri y passe presque la moitié de son temps libre. C’est au cours de son séjour dans la capitale qu’il remporte quelques succès et son tout premier titre de Champion de France 2e série. Son service militaire terminé, il revient en Languedoc, se marie en 1935, puis reprend un salon de coiffure à Montpellier l’année suivante. Sa réputation naissante lui offre une petite célébrité qui attire une clientèle nombreuse. Comme à Frontignan, c’est à nouveau dans l’arrière boutique de son salon de coiffure spécialement aménagé, qu’il va continuer l’entraînement sur les barres à disques. Ses horaires d’ouverture ne lui permettent pas de fréquenter le club montpelliérain ; c’est à un autre club de la ville qu’il va offrir ses participations aux compétitions officielles : l’Haltérophile Club Montpelliérain – dont il est à l’origine de la fondation 45

Charles Reiss et Henri Ferrari.
Fig. 15 Charles Reiss et Henri Ferrari. Le miroir des sports du 22 février 1942. (Source : BNF).
Henri Ferrari en action. Gymnase Municipal Voltaire à Paris.
Fig. 16 Henri Ferrari en action.Gymnase Municipal Voltaire à Paris. (Collection : R. Lopez).

Le soir, après la fermeture du salon de coiffure, séance d’entraînement trois fois par semaine. C’est là, que seul, avec deux de ses amis, qui deviennent son entraîneur et manager, Étienne Genin et René Castan, il perfectionne sa technique et met au point ses fameux « aplombs » dont il garde jalousement le secret 46.

En 1936, Ferrari est sélectionné pour les Jeux Olympiques mais ne peut effectuer le déplacement pour raison professionnelle.

Henri a le souci du geste parfait ! Il aime soulever les poids et bien les soulever… quelle que soit la charge. Il se « régale » en arrachant 50 kilos à deux bras tout autant que si la charge était double. Il prétend aussi – par modestie –, qu’il n’est « pas un homme fort ». Il est pourtant l’un de nos plus prestigieux champions parmi les haltérophiles français de tous les temps ! Neuf records du Monde et plus de 25 records de France établis en témoignent. Lorsque sa technique ne le satisfait pas, Ferrari n’hésite pas, il refait 50 arrachés avec la charge de 50 kilos et autant d’épaulés et jetés au même poids. Chaque détail du mouvement, est décortiqué, analysé et inlassablement discuté avec Étienne Genin.

Pendant la guerre, sa réputation attire la foule. À chacune de ses prestations, la salle des concerts de Montpellier, avec ses 600 places, est archicomble, tout le monde veut voir le « phénomène Ferrari » qui bat des records du monde avec le sourire. Ce sourire légendaire qui ne le quitte jamais. Ceux qui le connaissent le décrivent : « Ses yeux sont pétillants de malice, mais Henri est effacé, modeste jusqu’à la timidité ; il n’a pas la “tête enflée”. Un charmant garçon. » Le sourire aux lèvres, Ferrari soulève les poids impressionnants comme en se jouant devant un public toujours plus nombreux, attiré par sa présence.

Au cours des années 1944-1946, Ferrari nous offre une cascade de records de France et du Monde, en catégories Poids Moyen et en Mi-lourd. Et toujours avec le sourire ! Henri démontre qu’il est le digne successeur des Cadine, Rigoulot et Hostin.

Georges Firmin

Georges Firmin (1924-2017), commence sa carrière sportive par la pratique de la gymnastique aux agrès. Il intègre la Salle Rocca en 1941 pour continuer la pratique de sa discipline. Lecteur assidu des écrits du professeur Desbonnet, il est très rapidement attiré par l’haltérophilie, “activité phare” du lieu. Depuis l’ouverture de la première salle Rocca en 1931 47, jusqu’au début des années 40, aucun héraultais – mis à part Ferrari –, ne se démarque pour faire briller les couleurs du département. En 1942, l’obstination de Paul Rocca commence à porter ses fruits. Les jeunes Fiaromonti 48, et G. Firmin, ouvrent la voie à la reconnaissance du club montpelliérain l’A.C.M. Ils y ramènent les deux premiers titres de Champion de France, dans la catégorie des poids Légers pour Fiaromonti, et celle des poids Moyens pour Firmin, alors qu’ils sont encore juniors ! Ce ne sont là que les deux premières consécrations d’une longue série à venir pour le club, et surtout la récompense suprême tant attendue par Paul Rocca.

À l’âge de 20 ans, après deux années à l’École d’entraînement physique et militaire d’Antibes, Firmin suit une formation de Moniteur. Muté à la fin de sa formation, il occupe son premier poste de Moniteur d’Éducation Physique au Lycée Henri IV à Béziers. Ce séjour est de courte durée. La guerre terminée, il intègre l’« E.N.S.E.P. », (École Normale Supérieure d’Éducation Physique) pour finalement être nommé, Moniteur d’État en 1946 à l’« I.N.S. », (Institut National du Sport 49). Il continue à y séjourner pour approfondir sa formation jusqu’à obtenir son diplôme de Maître d’éducation physique et sportive, grade qu’il obtient en 1948. Pour pouvoir s’entraîner dans notre département avec ses camarades de club, il est détaché à la Direction Régionale de Montpellier où il s’occupe des sports corporatifs 50, et aide au développement de la pratique sportive chez les scolaires et les extrascolaires 51.

A.C.M. les succès s'enchaînent

Au sein du club montpelliérain, la bonne ambiance, empreinte de camaraderie et de bonne humeur instaurée par P. Rocca lors des séances d’entraînement, contribue à constituer un solide groupe d’amis qui ne tardent pas à faire parler d’eux. En marge des rencontres officielles, des soirées de promotion de la discipline sont régulièrement organisées dans divers points de la ville fréquentés par les connaisseurs (Fig. 17). Dans l’immédiate après-guerre, le club A.C.M. compte dans ses rangs la « fine fleur » de l’haltérophilie française du moment. Roger Marchal, Pierre Bouladou, Max Héral et Marcel Doumergue en sont les piliers avec comme « locomotive », Georges Firmin.

Plusieurs titres de Champion de France et des sélections aux Championnats du monde et Jeux Olympiques de 1948 et 1952, étoffent la renommée du club. Pendant quelques années l’Équipe de France est majoritairement composée par des montpelliérains 52. G. Firmin en est le principal élément au vu de ce qui suit. Il est considéré pendant plus de dix ans comme « imbattable » dans sa catégorie ! Au cours de sa carrière d’athlète il cumulera jusqu’à 13 titres de Champion de France dont deux consécrations en tant que Plus bel athlète de France 53. Longtemps il restera le sportif le plus titré de l’hexagone 54, toutes disciplines confondues. Avec les sociétaires de l’A.C.M., les connaisseurs s’accordent à admettre que jusqu’en 1952, Montpellier soit considérée comme la “Capitale de l’Haltérophilie française”.

Une démonstration au café de l'Esplanade aux alentours de 1955.
Fig. 17 Une démonstration au café de l'Esplanade aux alentours de 1955.
(Collection : R. Lopez).

Les tournois et exhibitions de nos représentants montpelliérains, attirent un public toujours plus nombreux entre 1947 et 1960. (Fig. 18) Après les « Championnats du monde de Force » qui ont lieu du 8 au 19 octobre 1946 au Palais de Chaillot à Paris, l’Équipe des États-Unis, fait une tournée promotionnelle dans quelques villes françaises ; Paul Rocca l’invite à Montpellier pour un « Grand gala de force ». Le théâtre de Montpellier est ce jour là, plein à craquer pour applaudir la représentation des américains contre nos athlètes locaux. C’est surtout le match de la catégorie des Mi-lourds, entre l’américain Kay et Ferrari, qui rend la rencontre palpitante. La confrontation enthousiasme les spectateurs. Les performances réalisées par les deux hommes sont supérieures à celles qu’ils ont inscrites lors des récents Championnats du Monde. La presse de l’époque couvre largement cette représentation et la satisfaction du public va contribuer pour beaucoup à la promotion de l’Athlétisme lourd qu’est l’haltérophilie montpelliéraine au cours des 10 années qui vont suivre.

L'équipe invincible de l'Athlétic Club Montpelliérain en 1955.
Fig. 18 L'équipe invincible de l'Athlétic Club Montpelliérain en 1955. De gauche à droite : Georges Firmin, Roger Marchal, Pierre Bouladou, Paul Rocca, Marcel Doumergue, Maurice Sanchez, Max Héral et André Assié. (Collection : R. Lopez).

1946-1970 : Développement et organisation

Le manque de structures du département héraultais, permettant d’accueillir de nouveaux pratiquants est encore important jusqu’en 1954. Peu de salles de sport se consacrent réellement aux poids et haltères. Deux clubs à Montpellier (l’A.C.M. 55 et l’H.C.M.), un à Béziers (le Boxing Club Biterrois), un à Clermont-l’Hérault (la Clermontaise 56), un à Sète (La Sétoise), et un à Frontignan, (le Frontignan A.C.). Ces sociétés n’alignent pas toutes des concurrents lors des manifestations officielles. C’est le Moniteur d’État Georges Firmin qui dès son retour à Montpellier commence à développer les activités sportives pluridisciplinaires dans les établissements scolaires du département ; quelques municipalités et entreprises mettent en place des sessions de « découverte du sport » dont G. Firmin est un des agents missionnés pour en assurer l’encadrement. Le ministère de Jeunesse et Sport veille au développement de la pratique sportive par le biais de ses Maîtres d’Éducation Physique ; leur rôle étant de mettre en place des centres d’initiation dans les communes du territoire et de former des Aide-Moniteurs – « bénévoles » ou « d’État » – pour en animer les activités. La formation concerne bien évidemment toutes les disciplines sportives, de plein air ou en salle. Les moyens matériels sont limités et c’est en motocyclette que les chargés de mission se déplacent de village en village pour assurer leur mission pédagogique. Époque héroïque !

À l’occasion d’un déplacement aux États-Unis en 1947, Georges Firmin, remarque que les athlètes américains pratiquent la musculation de manière très intensive afin d’augmenter leur puissance musculaire. Même un coureur américain très connu du 800 mètres fréquente la salle de musculation et exécute des squats 57 avec une charge de 100 kilos sur les épaules ! Il ressort de ses observations, que la pratique seule de l’haltérophilie n’est pas suffisante pour améliorer sensiblement les performances. Aussi, il adapte ce mode de fonctionnement à tous les sports corporatifs dont il a la charge et contribue à faire connaître l’entraînement avec des poids à une grande majorité de sportifs français de diverses disciplines, qui adhèrent à ce nouveau concept. Pour les uns c’est la recherche de l’augmentation de la force, pour les autres l’amélioration de l’esthétique. Les collectivités s’équipent peu à peu en salles et en matériel.

Les clubs héraultais

Mais revenons à la pratique de l’haltérophilie dans notre département, et voyons en quelques tableaux, quels étaient les clubs héraultais affiliés à la fédération à différentes périodes. Malheureusement cette liste n’est pas exhaustive, les bulletins officiels d’information 58 ont cessé, depuis 1977, la diffusion d’informations relatives aux nouvelles affiliations.

Pour créer un club permettant de pratiquer l’haltérophilie, il est nécessaire de disposer d’un local et de l’équiper. Le matériel nécessaire pour une telle structure est coûteux. Les pouvoirs publics sont là pour mettre à disposition des locaux et accorder des subventions quand c’est nécessaire ; mais parfois les aides arrivent tardivement et les débuts d’une telle création sont souvent difficiles.

Commençons par faire le point sur les sociétés créées depuis 1946 jusqu’à la fin de 1959, et intéressons nous au nombre de participants héraultais aux compétitions officielles au cours de cette première période. À la fin de 1959, nous recensons 17 sociétés qui se sont créées et ont adhéré à la fédération, dont 9 toujours en activité. Certaines ont cessé d’exister ou ont tout simplement fusionné avec un club déjà existant. (Tableau 1)

Tableau 1 - Clubs héraultais affiliés entre 1946 et 1959

1906 H.C.F. Club Athlétique Cettois 59 (C.A.C.) Cette (Sète) [Nombre de compétiteurs inconnu] 60   (?)
   «  » H.C.F. Club Athlétique Béziers 61 (C.A.B.) Béziers [Nombre de compétiteurs inconnu] 62   (?)
1913 H.C.F. Boxing Club de Béziers 63 (B.C.B.) Béziers [12 compétiteurs] 64 (1949)
1932 n° – ? – Athlétic Club Montpelliérain (A.C.M.) Montpellier [35 compétiteurs] 65 (  ?)
1944 n° 2.060 Haltérophile Club Montpelliérain (H.C.M.) Montpellier [9 compétiteurs] 66 (1952)
1946 n° 2.091 La Clermontaise (La Clermontaise) Clermont l’Hérault [0 compétiteurs] 67 (1950)
   «  » n° 3.001 Olympique de la Marine (O.M.) Sète [0 compétiteurs] 68 (1947)
1947 n° 3.020 Béziers Ouvriers-Employés Club (O.E.C.) Béziers [12 compétiteurs] 69 (1966)
   «  » n° – ? – Frontignan Athlétic Club (F.A.C.) Frontignan [19 compétiteurs] 70 (2022)
1949 n° 3.093 Haltéro-Club Biterrois (17/02/1949) (H.C.B.) Béziers [6 compétiteurs] 71 (1954)
1950 n° 3.125 Salle Vincent Ferrari (S.V.F.) (Sète) Sète [15 compétiteurs] 72 (1968)
1952 n° 3.217 Ass. Sportive Police de Montpellier (A.S.P.M.) Montpellier [5 compétiteurs] 73 (1953)
1954 n° 3.271 Ass. Sportive Cheminots de Béziers (A.S.C.B.) Béziers [14 compétiteurs] 74   (?)
1955 n° 3.294 Raquette Melgorienne Mauguio [pas de compétiteur] (1955)
   «  » n° 3.303 Union Sportive Lodévoise Lodève [pas de compétiteur] (1955)
   «  » n° 3.306 Salle Clermont Sports Clermont-l’Hérault [15 compétiteurs] 75     …
1957 n° 3.346 Montpellier Sport-Club (situé Blv. Louis Blanc) Montpellier [10 compétiteurs] 76 (1963)
1958 n° 3.359 La Cournonterralaise Cournonterral [5 compétiteurs] 77 (1962)
1959 n° 3.397 Club Athlétic Melgorien Mauguio [7 compétiteurs] 78 (1961)

En texte barré, l’année de cessation d’activité.

On se rend compte qu’avant 1960, les cercles sportifs montpelliérains ont aligné 59 athlètes et les quatre formations biterroises 44 dans les compétitions officielles 79. Bien évidemment, c’est à Montpellier que se trouvent les meilleurs résultats et le plus grand nombre de sélections en équipes nationales ; mais à Béziers, la pratique des poids et haltères a aussi eu un excellent succès. Frontignan ville natale de Ferrari compte déjà de bons éléments et aligne 19 compétiteurs. Clermont Sports et la salle Vincent Ferrari de Sète – salle qui vit débuter Roger Gerber en 1952 80 –, se classent très honorablement avec 15 athlètes qui les représentent. Les clubs de Mauguio et Lodève, quant à eux, n’alignent aucun concurrent lors des compétitions officielles.

Paul Rocca décède le 3 février 1956. Il laisse vacants les postes de président et c’est tout naturellement Georges Firmin qui va lui succéder et continuer l’œuvre de son prédécesseur en prenant les deux présidences : celle du club ACM et celle de Comité du Languedoc. L’âme du club c’était P. Rocca. Sa passion et ses immenses qualités humaines se perpétuent et vont continuer encore longtemps d’animer le cœur des sociétaires de la Salle Rocca. Les champions montpelliérains bien connus, qui ont nom Ferrari, Bouladou, Firmin 81, Marchal, Héral 82, Doumergue, Caulet, etc., sont tous, peu ou prou, l’œuvre du regretté Paul Rocca. Le groupe d’amis va entraîner dans son sillage des jeunes prometteurs.

De nouvelles recrues de talent vont s’imposer sur le plan national. La relève entre en action dès 1957, avec Maurice Sanchez, (Fig. 19) surnommé « le féroce », qui remporte le titre national des poids légers ; suite à cette consécration, il intègre l’Équipe de France pour y représenter le pays aux Jeux Internationaux de Moscou ainsi qu’aux Championnats du Monde la même année à Téhéran. François Vincent 83, dès 1959, va continuer la série de succès pour le club A.C.M. dans la catégorie des Lourds-Légers ; puis il passe en 1960 sous les couleurs de l’Athlétic Club Melgorien, commune où il réside. C’est au cours de cette année d’appartenance au club melgorien, qu’il sera sélectionné dans l’Équipe de France pour participer aux Jeux Olympiques de Rome, où il se classera très honorablement 5e. F. Vincent, revient à l’A.C.M. – entre 1961 et 1964 –, pour obtenir encore quatre nouveaux titres à mettre cette fois-ci au crédit du club montpelliérain, cercle où il a fait son apprentissage.

Maurice Sanchez effectuant un arraché dans le style dit « en fente » à la Salle Rocca.
Fig. 19 Maurice Sanchez effectuant un arraché dans le style dit « en fente » à la Salle Rocca. On reconnait : Georges Firmin (1), André Assié (2), Roger Marchal (3) et François Vincent (4).

Comme on peut le constater, jusqu’en 1964, les héraultais sont toujours présents aux grandes rencontres nationales et internationales. Au milieu de cette décennie commence pourtant une période creuse de quatre ans pour la discipline haltérophile héraultaise et tout particulièrement pour l’A.C.M. Cette phase de résultats médiocres sur le plan sportif dure jusqu’en 1968, année au cours de laquelle Jean-Claude Delpuech remporte le titre dans la catégorie poids lourds junior en 1968. Dès l’année suivante, Aimé Terme accède au titre suprême de champion du monde de l’arraché à Varsovie. Ces deux derniers athlètes originaires de La Grand-Combe s’étant fraichement inscrits à l’A.C.M.

Les Conseillers Techniques Régionaux

Par une délibération du Conseil des ministres du 14 novembre 1960, il est créé un service de préparation olympique au sein du Haut-Commissariat à la Jeunesse et aux Sports, ainsi qu’un cadre d’emploi pour recruter des entraîneurs : les “Contrats de préparation olympique”. Cette délibération peut être considérée comme une volonté forte des pouvoirs publics (particulièrement du Général de Gaulle) de réagir aux résultats très médiocres obtenus par les Équipes de France aux récents Jeux Olympiques de Rome. Deux années plus tard, le décret n°63-434 84 du 29 avril 1963 crée le statut des personnels contractuels des cadres techniques et pédagogiques de la Jeunesse et des Sports qui permettra de recruter des techniciens sportifs auprès des instances nationales et régionales des fédérations sportives en complément des agents recrutés sur contrats de préparation olympique. Roger Marchal est nommé à Montpellier : il devient le premier Conseiller Technique Régional (C.T.R. d’haltérophilie) de l’Hérault.

La période entre 1955 et 1969 reste toutefois moins prospère que la précédente, en nombre de titres remportés par les représentants départementaux aux finales nationales. En quinze ans, seulement 15 sont acquis, dont 13 par les sociétaires de l’Athlétic Club Montpelliérain 85, un par l’Athlétic Club Melgorien 86 et un par la Salle Vincent Ferrari 87 de Sète. Néanmoins une floraison de nouveaux clubs va émerger au cours de cette période en Hérault et la discipline haltérophile va progressivement prendre de l’ampleur sur notre territoire. Cette nette augmentation du nombre de salles dédiées aux poids et haltères semble être annonciatrice de bons résultats pour les années qui suivront.

Créer de nouvelles structures demande avant tout des investissements humains mais aussi financiers. En revanche nous sommes toujours dans une période au cours de laquelle les petites rencontres de niveau départemental et/ou régional se disputent sur des plateaux plus ou moins disloqués, et où les poids utilisés sont encore en fonte (d’où une destruction encore plus rapide de la surfaces des plateaux). L’acquisition de matériel règlementaire pour équiper les petites structures émergentes n’est pas toujours accessible pour une question de coût. Les petits clubs s’équipent avec des unités de chargement bricolées mais néanmoins ingénieuses. La barre d’initiation très légère pour apprendre la gestuelle des mouvements aux tout jeunes pratiquants est la plupart du temps l’œuvre d’un bénévole inscrit au club. Malgré ces difficultés, quelques nouvelles salles dédiées au poids et haltères voient le jour ; même si certaines, ne vont malheureusement pas durer et migreront peu à peu vers la musculation d’entretien, perçue comme plus « ludique » par les inscrits.

Cohabitation haltérophilie et musculation

La pratique de l’Haltérophilie s’accompagnant de celle de la Culture physique, les salles sont peu à peu fréquentées plus par des culturistes que par des leveurs de fonte. La fédération (outre l’haltérophilie), gère aussi les concours de « Force Athlétique » 88 et celui de « Plus bel athlète de France » 89. Naturellement, les inscrits des salles de sport ont tendance à se diriger plus volontiers vers ces deux dernières disciplines.

Suite à cette « submersion lente » par des pratiquants adeptes d’une culture physique d’entretien, et en l’absence de concurrents aux épreuves fédérales, quelques clubs ne renouvellent pas leur affiliation à la fédération gérant l’activité olympique haltérophile. Ces structures locales ne disparaissent pas, mais elles changent d’orientation.

L’haltérophilie n’est pas un « sport-jeu », elle reste et restera toujours moins attirante que les sports de balle, reconnaissons-le. En revanche, pour ses adeptes elle est un « sport-loisir » à part entière ; il est curieux de constater que la majorité de ceux qui l’ont pratiquée en gardent de très bons souvenirs, même les anciens en parlent avec une certaine nostalgie. Tous les adeptes ne participent pas à des rencontres « officielles », mais dans les salles d’entraînement l’émulation entre camarades bat son plein. (Fig. 20) Des « matchs à handicap 90 » se jouent parfois entre amis et contribuent à améliorer ses propres performances et s’aguerrir en vue de progresser mentalement 91 et surtout, physiquement. On se surpasse pour épater d’abord les copains, et bien-sûr, soi-même.

La Salle Méric, quartier des Aubes.
Fig. 20 La Salle Méric, quartier des Aubes. « Temple de l'haltérophilie à Montpellier ». (Source : Google Hearth).

L'encadrement et la préparation des athlètes

Il faut des années pour préparer un haltérophile de niveau national, environ cinq ans ! Presque dix ans pour le niveau international ; ce sont les anciens compétiteurs qui vont s’occuper de ces formations. Maurice Sanchez prend en main au début des années 60 les nouvelles recrues de l’A.C.M. 92 – dans un premier temps dans une ancienne chapelle du quartier de Dom Bosco, puis à la salle Méric dans le quartier des Aubes. La transmission de son expérience et son excellent enseignement du style d’exécution des mouvements va être bénéfique à beaucoup de ses élèves pendant plus de vingt ans. Entraîneur fédéral reconnu, dur et exigeant avec ses élèves, il adapte sa pédagogie aux nouvelles façons de tirer 93 et enseigne la néo-technique dite en flexion 94, tout en faisant perdurer l’esprit de victoire de l’A.C.M.

Nouveaux clubs

Mais il n’y a pas qu’à Montpellier que s’écrit l’histoire de l’haltérophilie héraultaise. Nous verrons plus loin l’importance en particulier du Club de Clermont-l’Hérault où quelques pionniers et quelques nouveaux membres bénévoles déterminés, vont entamer un excellent travail qui va ramener les compétiteurs héraultais vers de nouveaux firmaments. Dès le début des années 1970, Clermont Sports commence à faire parler de lui. Mais entre 1963 et 1969, 13 nouveaux clubs héraultais, voient le jour. (Tableau 2)

Tableau 2 : Liste des clubs héraultais affiliés entre 1963 et 1969
affiliés à la Fédération Française entre 1931 et 1977.

1963 n° 3.474 Association Haltérophile et Culturiste Galarguoise, Galargues [3 compétiteurs] 95 (1964)
   «  » n° 3.491 Athlétic Club Lodévois, Lodève [3 compétiteurs] 96 (1967)
1964 n° 3.509 Maison des Jeunes et de la Culture de Servian, Servian [13 compétiteurs] 97 (1970)
   «  » n° 3.535 Cercle Sportif et Cult. de l’Éc. Mil. d’Inf. de Montp., Montpellier [5 compétiteurs] 98 (1966)
1965 n° 3.565 Société Artistique Récréative Éducative La Peyrade, Frontignan [3 compétiteurs] 99 (1973)
   «  » n° 3.570 Association Sétoise Multisports, Sète [5 compétiteurs] 100 (1970)
   «  » n° 3.572 Omnisports Club Agathois, Agde [6 compétiteurs] 101 (1970)
1966 n° 3.612 Sport Olympique Adissan, Adissan [Aucun compétiteur] 102 (1967)
   «  » n° 3.613 Maison des Jeunes et de la Culture de Lunel, Lunel [2 compétiteurs] 103 (1967)
   «  » n° 3.614 Association Sportive des Cheminots Sétois, Sète [5 compétiteurs] 104 (1969)
1968 n° 3.740 Haltéro Club Palavasien, Palavas-les-Flots [16 compétiteurs] 105 (1976)
   «  » n° 3.760 M.J.C. de Puisserguier, Puisserguier [2 compétiteurs] 106 (1970)
   «  » n° 3.769 Cercle Haltéro Culturiste Marseillanais, Marseillan [1 compétiteur] 107 (1970)

En texte barré, l’année de cessation d’activité.

Aimé Terme Sociétaire le l'A.C.M., grand spécialiste de l'arraché en pleine extension.
Fig. 21 Aimé Terme Sociétaire le l'A.C.M., grand spécialiste de l'arraché en pleine extension. 16 septembre 1970, Colombus (Ohio) États-Unis.

De tous ces nouveaux clubs, seuls deux d’entre eux vont survivre encore au-delà de 1970. La Peyrade à Frontignan – avec un excellent développeur dans ses rangs : Jacques Roig –, et celui de Palavas animé depuis sa création par Étienne Genin (ex-manager de Ferrari), qui jusqu’en 1976 sous l’impulsion de son président Max Jeanjean, comptera parmi ses licenciés, Aimé Terme 108 (Fig. 21), Yvon Coussin 109, Gérard Wilczewski et Daniel Guy qui formeront une équipe redoutable lors des championnats organisés sur le plan national. Cette formation remporte la Coupe de France des clubs par équipes de 4 hommes division « Excellence » en 1973 110. Puis l’activité de la musculation d’entretien s’appropriera les locaux et le matériel du club palavasien : à partir de 1977, plus aucun sociétaire ne pratique le sport haltérophile dans cette commune.

À Montpellier les sociétaires de l’Athlétic Club Montpelliérain s’octroient quelques titres lors des finales nationales : Aimé Terme en 1970, 72 et 73 ainsi que R. Lopez en 1973. Puis à nouveau A. Terme et Yvon Coussin, avec trois nouvelles victoires mais cette fois-ci, sous les couleurs du club palavasien en 1974 et 1975.

Évolution du nombre de clubs héraultais affiliés entre 1931 et 1977

Avant 1970 : 7 sociétés sont créées.
Fig. 22 Avant 1970 : 7 sociétés sont créées.
Jusqu'en 1977 : 20 sociétés.
Fig. 23 Jusqu'en 1977 : 20 sociétés.

Quelques sociétés de la période 1955-69 on cessé la pratique de la discipline mais d’autres vont émerger parmi lesquelles, celle des « Jeunes Haltérophiles Viassois » qui va former de très bons éléments.

Depuis 1971 : le règne de Vias et de Clermont

La M.J.C. de Vias

Vias, petite commune du littoral, compte 2 580 habitants en 1973. Mais au-delà de sa modeste démographie, Vias se distingue déjà comme une ville dynamique et tournée vers le sport. C’est au cœur de cette effervescence qu’est né, en 1973, au sein de la Maison des Jeunes et de la Culture (M.J.C.) communale, le club des « Jeunes Haltérophiles Viassois ».

À l’origine de cette initiative se trouve la volonté et la détermination de Victor Bernado, entraîneur national d’athlétisme reconnu, qui, après avoir mené le Biterrois Yves Brouzet au sommet (recordman de France du lancer de poids avec un jet de 20,20 mètres), souhaite désormais accompagner un nouvel espoir local, Gilbert Basti. Pour développer la puissance musculaire de ce dernier, il entreprend de lui faire pratiquer l’haltérophilie, à l’aide d’un matériel sommaire mais suffisant. Les premiers entraînements se déroulent dans un lieu pour le moins insolite : la scène de la salle des fêtes locale, mise gracieusement à disposition par la municipalité de l’époque. Cet espace, rapidement devenu mythique, constitue un véritable repaire pour la jeunesse viassoise. Les jeunes y affluent non seulement pour s’initier à la discipline, mais aussi pour se mesurer dans des défis de force spontanés, où l’émulation règne dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Face à un succès grandissant, la création d’un véritable club local s’impose. Consciente de l’enthousiasme suscité par cette nouvelle discipline et par le potentiel qu’elle révèle chez la jeunesse locale, la municipalité décide de soutenir l’élan en attribuant un local dédié à l’association naissante.

L'équipe de la M.J.C. Vias vainqueur de la coupe de France 1977 « Division juniors ».
Fig. 24 L'équipe de la M.J.C. Vias vainqueur de la coupe de France 1977 « Division juniors ». Debout de gauche à droite : Georges Boussaroque, Bruno Angilella, Michel Raynaud et Luc Arnal. Source : Haltérophile Moderne n° 338 p. 12.

C’est dans un lieu pour le moins inattendu et encore plus insolite que les haltérophiles vont poser leurs barres : une ancienne chapelle désaffectée, chargée d’histoire et d’émotion. Les autels, statues et ornements religieux, encore présents, côtoient désormais les poids, les barres et les cris d’effort. Cet étrange lieu, empreint de spiritualité, semble presque accompagner, à sa manière, les espoirs et les rêves de ces jeunes athlètes, comme un témoin silencieux de leur détermination et de leurs progrès. Ainsi, dans cette improbable « cathédrale de la force », les futurs champions s’entraînent avec ferveur, entre transcendance et transpiration, dans un cadre aussi unique qu’inspirant. Dès la première année de création du club, le viassois Claude Gleize, en est le premier qualifié à la finale nationale du Championnat de France Cadets.

En 1974, 75, 77 et 78, Michel Raynaud se qualifie à son tour ainsi que ses deux camarades en 1977, Bruno Angilella et Georges Boussaroque. Sept sélections aussi à une finale nationale au long de cette première décennie. Un 1er bilan très prometteur ! La consécration pour le jeune club aura lieu le 4 juin 1977 à Compiègne, au cours de laquelle l’équipe de la M.J.C. Vias remporte la Coupe de France en Division Juniors 111. (Fig. 24) Angilella, Boussaroque et Raynaud sont sélectionnés la même année dans l’Équipe Nationale « Juniors », font le déplacement en Bulgarie et participent aux Championnats du Monde juniors à Sofia 112.

L'élan de Clermont Sports

Nous l’avons vu, Clermont Sports s’affilie à la Fédération en 1955 ; le judo et la boxe sont également pratiqués dans le même local mais c’est bien l’haltérophilie qui attire le plus les inscrits. (Fig. 25) Les débuts sont difficiles et avec les conseils de l’entraîneur Étienne Boudin, quelques titres régionaux s’inscrivent cependant au palmarès du club jusqu’en 1961. Yves Randon et Claude Balp en poids et haltères et Robert Menville en culturisme. Entre 1962 et 1966, le club clermontais traverse une période creuse. Le club est presque déserté. Pourtant, deux pratiquants continuent de le fréquenter régulièrement : Balp et Menville. Cette phase prend fin en 1966 lors de l’heureuse rencontre entre Claude Balp et Marc Michel – récemment muté au lycée Claude Gosse de Clermont l’Hérault en tant que professeur d’Éducation Physique. Très rapidement, M. Michel prend en main la direction du club et c’est un nouveau départ qui s’amorce. Marc Michel introduit l’haltérophilie au collège, initiant les scolaires de 4e et 3e à la discipline haltérophile dans un premier temps au local situé rue Frégère avant d’installer l’activité au gymnase municipal en 1970.

Les pionniers du club.
Fig. 25 Les pionniers du club. Debout de gauche à droite : Frédéric Cabassut, M. Martineau, Yvan Randon, Charles Frutz, Étienne Boudin, C. Bouissac, Jean Salicru et Denis Randon. Accroupis : R. Valero, C. Meyrieu et C. Marc.

En 1972, Marc Michel succédant au biterrois Bernard Beauverger, prend la présidence du Comité Régional du Languedoc Roussillon et en 1976 celle de la Zone Sud-Est 113. Le gymnase municipal de la ville de Clermont commence à être considéré comme le nouveau « Temple de la force » héraultaise et devient le théâtre de multiples exploits d’haltérophiles venant de tous les horizons. Clermont l’Hérault va dépasser – au-delà des espérances –, la renommée qui fut celle de Montpellier aux alentours des années 1950.

Aux commandes : Marc Michel, mais, pas seulement… Claude Balp et Bernard Garcia, bientôt rejoints par Bernard Soto vont former une équipe de dirigeants hors pair. À eux quatre, ils parviennent à implanter une cohésion d’entente parfaite lors des entraînements et instaurent un esprit d’équipe qui va se pérenniser pendant de nombreuses années. Clermont Sports, grâce à ses dirigeants passionnés, se hissera sur le podium des meilleurs clubs de France au cours des années qui vont suivre.

Cette décennie est cruciale pour remettre sur ses rails le fonctionnement du club Clermontais dans la discipline sportive qu’est le « sport haltérophile de compétition ». La structuration du club se fait très convenablement, pilotée par la compétence de M. Michel, mais il faut du temps pour former les athlètes locaux. C’est pourtant au cours de la période 1970-80, que plusieurs représentants de Clermont Sports vont être qualifiés pour participer à des finales nationales. Patrick Thomas et Bernard Garcia en sont les premiers sélectionnés dès 1972, Bernard Calas en 1976 et 78, à nouveau B. Garcia en 1979 et 80 et Richard Fernandez en 1980. Sept sélections !, ça commence à bien bouger du côté de Clermont.

Il convient de signaler que les Clermontais sont très assidus dans les tournois par équipes. Le club accueille dès 1970 114 des compétitions de niveau national auxquelles l’équipe locale participe et loin d’y faire de la figuration. D’autres finales du Tournoi des clubs sont organisées à Clermont en 1972 115 et 1973 116. Au final, à la fin des années 70, Clermont Sports est considéré comme l’un des meilleurs clubs de la zone sud. Le prestigieux Challenge Paul Rocca si convoité par les formations départementales, remporté en 1973 par l’équipe clermontaise (Fig. 26), est une des premières satisfactions pour le club. Il y en aura beaucoup d’autres !

L'équipe clermontaise, vainqueur du Challenge Paul Rocca en 1973.
Fig. 26 L'équipe clermontaise, vainqueur du Challenge Paul Rocca en 1973. De gauche à droite : André Moreno, Bernard Garcia, Claude Balp et Maxime Vic.

Nouvelles affiliations

Malgré tous ces excellents résultats, le nombre de nouveaux clubs (Tableau 3) du département héraultais qui entrent en activité, progresse lentement. Le principal frein est toujours le coût financier pour équiper un local. Six nouvelles formations héraultaises, s’affilient à la Fédération Française entre 1970 et 1977.

Tableau 3 : Liste des clubs héraultais affiliés entre 1970 et 1977

1972 n° 3.935 Foyer Rural de Gignac [Aucun compétiteur] 117 Gignac
1973 n° 3.968 Jeunes Haltérophiles Viassois [23 compétiteurs] 118 Vias
1974 n° 4.054 Ass. Castelnauvienne Jeun., Culture, Loisirs et Sports [5 compétiteurs] 119 Castelnau-le-Lez
   «  » n° 4.055 Haltéro-Club Clermontais [Aucun compétiteur] 120 Clermont l’Hérault
1975 n° 4.070 U.S. Tailleur Montpellier [2 compétiteurs] 121 Montpellier
1976 n° 4.129 Club Omnisports de Carnon [Aucun compétiteur] 122 Carnon

L'Haltérophile Moderne

Délaissons le décompte des clubs qui se créent, dans notre département, les sources dont nous disposons, ne publient plus les informations concernant les nouvelles affiliations à partir de 1977 pour se consacrer à la diffusion la plus dense possible de résultats sur le plan national. Malheureusement, l’organe officiel, lHaltérophile Moderne cesse d’exister dans sa version habituelle en septembre 1980 – clôturant la série par le n° 358. Après deux ans d’absence totale de communication, un nouveau bulletin émanant de la fédération française (portant le même nom), paraît en 1983. Cette brochure qui est la remplaçante du bulletin précédent est dotée d’une nouvelle numérotation quelque peu disparate. En 1986, après la diffusion de 14 numéros, ce fut l’arrêt définitif des revues portant ce nom. Le maigre contenu de cette nouvelle version laisse malgré tout un grand vide sur l’activité de la discipline pendant deux ans. Les rédacteurs bénévoles se font rares 123, et la qualité des informations diffusées n’est plus au rendez-vous.

Nous l’avons vu précédemment, beaucoup de salles dédiées aux poids et haltères au cours de la dernière décennie, ont migré vers la musculation d’entretien. Malgré ce, nous trouvons toujours dans l’Hérault cinq clubs encore très actifs : l’A.C. Montpelliérain 124, la M.J.C. de Vias 125, Frontignan A.C. 126, l’A.S.C. Béziers 127 et surtout Clermont Sports ! Pour ce dernier, la dynamique insufflée par Marc Michel et Bernard Garcia va mener les compétiteurs jusqu’aux sommets. (Fig. 27) Ce seront des résultats de tout premier ordre sur le plan national – des consécrations de champion de France –, et des sélections en équipe de France pour plusieurs d’entre eux. Le tout premier titre national en individuel est remporté par Philippe Aubouy en 1981 dans la catégorie des poids légers cadets. Ce n’est là que le premier d’une longue série qui s’annonce. Le dynamique club réussit à gagner en 1983 sa première finale par équipes de quatre hommes dans un tournoi très convoité par tous les clubs de l’hexagone, la « Finale nationale du Championnat de France des Clubs ». C’est à partir de ce moment-là que l’haltérophilie héraultaise retrouve le rang qui était le sien et que les athlètes départementaux réintègrent l’Équipe de France.

Le 2e tour de la coupe de France à Romans en 1982. Équipe Clermont Sports
Fig. 27 Le 2e tour de la coupe de France à Romans en 1982. Équipe Clermont Sports : De gauche à droite : Bruno Izquierdo, Bernard Garcia, Marc Michel, Richard Fernandez et Bernard Calas. Source : https://clermont-sports-haltero.fr/histoire-de-clermont-sports/

La Fédération a depuis peu, divisé la France en six zones géographiques pour les épreuves de niveau interrégional 128 – décision visant à réduire les frais de déplacement des compétiteurs. Les sociétaires de Clermont Sports commencent leur moisson de succès sur le plan national. Beaucoup reste à accomplir pour le prestige du club clermontais. Bernard Garcia met un frein à sa carrière d’athlète et endosse le costume de dirigeant. La direction du club et le suivi de l’Équipe locale qu’il convient de maintenir au meilleur niveau en vue des Finales du Tournoi des Clubs sont au centre de toute son attention.

Président de ligue : Bernard Garcia

Marc Michel, président du Comité régional depuis 1972, cède ce poste à Bernard Garcia – déjà président du club local depuis 1980 –, en 1983. L’investissement de ce dernier au service de l’haltérophilie et de son cher Clermont Sports est total. Son action va s’étendre au niveau régional par cette nouvelle fonction. Aidé de son ami Bernard Soto, ils réussissent à communiquer leur passion et leur motivation aux nombreux adhérents du club. Par le passé, le droit de participer aux concours officiels, n’était pas ouvert aux moins de 15 ans. À partir du début des années 80, la catégorie « minimes » nouvellement créée 129, leur ouvre ce droit. Sage décision de la part de la fédération permettant de détecter les futurs talents de la discipline. Clermont, véritable “vivier” de jeunes du fait de la proximité du groupe scolaire – et il convient de le préciser, grâce à l’action de Marc Michel –, va largement exploiter cette nouvelle opportunité en créant des séances d’initiation à l’haltérophilie exclusivement réservée aux jeunes à partir de 13 ans. Par l’excellente pédagogie de B. Garcia, B. Soto et Marc Michel – instruction agrémentée d’un travail en profondeur concernant le suivi de l’apprentissage de la technique avec des charges très légères –, ils accompagnent les jeunes élèves haltéros pour les aider à perfectionner leur style dans l’apprentissage des mouvements et acquérir l’automatisme nécessaire à l’exécution du geste haltérophile. Ils parviennent à leur transmettre le goût de l’effort « gratuit », pour le plaisir, pour la joie du surpassement que leur offre la passion de notre sport. Les deux dynamiques dirigeants bénéficient entre autres, de l’appui total de la municipalité de Clermont-l’Hérault ainsi que de quelques sponsors, qui leur offrent les moyens de permettre à la jeunesse clermontaise de s’épanouir en les aidant socialement et financièrement. Le sport de « haut niveau », à Clermont l’Hérault, est un travail d’équipe !

Jean Raynaud à Vias

Pour les Jeunes Haltérophiles Viassois, l’évolution est assez semblable, sauf qu’à Vias, le Groupe scolaire n’entre pas en ligne de compte. Ici, c’est uniquement le prestige de l’équipe locale qui attire les jeunes “apprentis” haltérophiles. Après l’âge d’or des années 1970, le club de Vias doit se réinventer pour prolonger cette belle aventure humaine et sportive. C’est dans cet esprit de transmission que Jean Raynaud, jeune retraité animé par la passion du sport et l’envie de s’investir, décide de s’engager pleinement. Ses premières actions consistent à passer tous les diplômes fédéraux de la discipline, avec un objectif clair : redonner un nouvel élan au club et former la relève. La municipalité, quant à elle, suit et aide le club.

L’engagement de Jean Raynaud, portera rapidement ses fruits. Grâce à son encadrement rigoureux et bienveillant, il révèle un jeune talent local, Stéphane Auque, qu’il accompagne jusqu’au plus haut niveau. En 1992 à Reims, Stéphane décroche le titre de Champion d’Europe chez les cadets, tout comme son camarade de club, Luciano Votréa, qui la veille a obtenu la première place à l’épaulé-jeté ce qui lui vaut la médaille d’or et le titre du mouvement 130. Le nom de Vias commence à briller sur la scène internationale.

Mais cette réussite n’est pas la seule. Sous l’impulsion de Jean Raynaud, plusieurs autres athlètes viassois font honneur à leur village. Ainsi, Stéphane Auque, Luciano Votréa, Stéphane Espinosa et Antony Santou remportent la Coupe de France des Clubs 131 en 1992 dans la division « Cadets », inscrivant une nouvelle page glorieuse dans l’histoire du club viassois, deux décennies après leurs prestigieux prédécesseurs.

Lieux de pratique à Vias

Aujourd’hui, la chapelle désaffectée a laissé place à un magnifique complexe sportif moderne, symbole du chemin parcouru. Ce lieu d’excellence porte désormais le nom de « Halle des Sports Jean Raynaud », en hommage à l’homme qui a su redonner vie au club. Juste à côté, le gymnase municipal a été baptisé du nom de Victor Bernado, pionnier et fondateur, sans qui rien n’aurait été possible. Deux figures du sport viassois ainsi honorées, à juste titre, par des municipalités reconnaissantes – pour l’héritage, la passion et les valeurs transmises à des générations entières. Tout comme Clermont, Vias est une des « formations phares » de la période 1980-2000 de l’haltérophilie héraultaise.

1985 Inclusion du sport féminin

L’haltérophilie féminine ne sera incluse au programme des Jeux Olympiques pour la première fois que bien plus tard, à Sydney en 2000. En France, la Fédération prend en charge cette nouveauté bien avant : courant 1984, des féminines s’initient à la pratique de l’haltérophilie. Ce sport, étant considéré comme exclusivement masculin jusqu’ici, est abordé par les femmes du fait de la fréquentation des salles de sport pour de simples séances d’entretien physique. De plus en plus de femmes se sentent attirées par l’haltérophilie. Des séances d’initiation sont mises en place et dès 1985, les femmes sont admises à participer à des épreuves départementales ou régionales mais uniquement à titre expérimental. La fédération établit un « Tableau de Minimas » et un premier « Championnat de France féminin » à lieu en 1986 132. Tant pis pour les esprits critiques ! Elles nous prouvent par leur courage et leur ténacité à l’entraînement, que notre discipline peut offrir de nouvelles sources de satisfactions, au vu des excellentes performances atteintes par ces compétitrices. Belle manière de redorer le blason de la discipline et faire reconsidérer aux sceptiques le rapport de la femme avec les sports de force. Autre point positif – et non des moindres –, la fédération, avec cette nouveauté, voit progresser sensiblement le nombre de licences grâce à ces nouvelles dispositions.

À Clermont, une section spéciale d’initiation est mise en place pour former les jeunes « haltéro-filles » et des titres nationaux seront conquis quelques années plus tard par les jeunes sociétaires du club clermontais comme Cynthia Reynaud, couronnée 7 fois championne de France.

La dynamique Clermont Sports

Celui-ci ne cesse d’attirer des jeunes adeptes, tant issus de la ville elle-même que venant des villages alentour. Au cours de la décennie (1980-90), vont particulièrement se distinguer Philippe Aubouy, Richard Fernandez et David Balp. Les victoires s’accumulent ; l’engouement pour la discipline croît de manière significative à Clermont. En 1992 une grande satisfaction vient couronner les efforts des dirigeants clermontais avec la sélection de D. Balp aux J. O. de Barcelone. C’est la première fois qu’un membre de Clermont Sports, participe à une aussi prestigieuse compétition (Fig. 28). Il y en aura d’autres ! Les années qui vont suivre ne font que confirmer la dynamique du club. Une équipe redoutable est alignée en championnat national. Cette formation composée de quatre hommes (Denis Delpuech, Philippe Aubouy, David Balp et Katchatour Kiapanatsian 133), remporte le Championnat de France par équipes – nouvelle formule en remplacement de la Coupe de France –, en 1992. (Fig. 29) Beaucoup d’autres sociétaires de Clermont Sports se distinguent, tels les Laurent Pedreno, Jérôme Carmona, Richard Fernandez, etc., nous ne pouvons pas tous les citer. Sans oublier de mentionner le titre de « Champion d’Europe Cadet » de Michaël Garrido en 1997.

David Balp, 1er sélectionné olympique clermontais.
Fig. 28 David Balp, 1er sélectionné olympique clermontais. J. O. de Barcelone, 1992. (Source : clermont-sports-haltero.fr.)
L'équipe de 1992 Championne de France des Clubs.
Fig. 29 L'équipe de 1992 Championne de France des Clubs. De gauche à droite : Denis Delpuech, Philippe Aubouy, David Balp et Katchatour Kiapanatsian. (Source : clermont-sports-haltero.fr.)

Tournoi International Denis Randon

Le club clermontais dispose à présent d’un vaste local accolé au gymnase Patrice Rebichon. Le matériel abondant dont le club est doté lui permet d’organiser des rencontres de haut niveau. Soutenus par Yvan Randon, – fils de Denis Randon, un des créateurs du club dans les années 50 –, l’idée de créer un « Tournoi International de France » prend forme. La première édition a lieu en 2003. Tournoi remporté par Ali El Moujoud, sociétaire de Clermont Sports. Dès l’année suivante, un espagnol José Navarro fait sensation au cours de la manifestation. L’Espagne et la Tunisie envoient un athlète sur invitation. Les meilleurs athlètes de l’exagone participent à l’évènement chaque année, le Tourmoi Denis Randon étant une référence dans l’univers de l’haltérophilie. D’autres pays répondront présent en envoyant un de leurs bons éléments au cours des éditions qui suivront tels la Pologne, la Roumanie et l’Arménie. Cette manifestation annuelle, porte le nom de « Tournoi International Denis Randon » et en 2022 changera d’appellation : « Tournoi International Bernard Garcia » en hommage à ce dernier.

Tempêtes et nouveau départ

1998... une année noire

Depuis quelques années à la fédération, rien ne va plus. La mésentente règne et les finances sont au plus bas ; c’est dans un contexte tendu, que par manque de candidats, Bernard Garcia prend la présidence de la fédération en 1996. Difficile de mener à bien la mission qui est la sienne à présent. L’impensable se produit et son impact va bouleverser la vie associative de tous les clubs de l’hexagone. La fédération nationale perd son agrément ministériel le 15 avril 1998 134. La fédération renaît de ses cendres que le 17 décembre 2000. Des ingérences hasardeuses et des mauvais choix financiers ayant eu cours depuis 1989, provoquent la discorde aux Assemblées et sont à l’origine de cette disgrâce. L’organisation fin 1989 des Championnats du monde de culturisme à Paris, semble avoir eu une incidence désastreuse sur les finances de la fédération, qui peu à peu voit sa situation se dégrader. La ministre de la Jeunesse et des Sports, Marie-George Buffet argumente comme suit : « considérant que le fonctionnement statutaire et la régularité juridique de la Fédération Française d’Haltérophilie, mis en doute par des délégués aux assemblées de 1995, 1996, 1997 et 1998 […] », charge le Directeur des sports de mettre la F.F.H.M.D.A. sous la tutelle du Comité national olympique du sport français. Période difficile qui impacte la vie associative mais qui toutefois, n’empêche nullement l’activité dans les clubs.

Dans notre département – comme un peu partout en France –, une majorité de clubs entre en léthargie, la plupart ont migré vers la musculation d’entretien mais un certain nombre d’entre eux persévère malgré tout sur l’enseignement de la discipline. Les entraîneurs dans les clubs continuent– en attendant des jours meilleurs –, leur mission de préparation de leurs sociétaires aux compétitions futures. On sait que cette situation ne durera pas. Aussi nombreux sont les clubs qui continuent à fonctionner et à assumer leur rôle étant toujours soutenus par les collectivités territoriales, Région, département et municipalités. Bien que cette mesure ministérielle ralentisse les activités, celles-ci se maintiennent et quelques rencontres non officielles ont lieu au niveau régional. En dehors de Clermont, nous constatons une dynamique positive à Vias, où des éléments de valeur sont mis en avant, ainsi qu’à Frontignan, sous l’impulsion de René Adelino, il en est de même au sein du club de Béziers dirigé par Guy Sol. En revanche, le club de Montpellier a malheureusement disparu de la scène durant cette période difficile.

Une nouvelle fédération reprend la destinée de la discipline en 2001. La F.F.H.M.F.A.C. 135, englobe plusieurs spécialités : l’Haltérophilie, mais aussi la Musculation, la Force Athlétique et le Culturisme font partie des activités sportives qu’elle chargée de régir. Dans les salles de notre département, ces spécificités – en rapport avec notre sport initial –, sont les bienvenues comme elles l’ont toujours été. La cohabitation ne pose aucun problème, toutefois l’enseignement de l’haltérophilie en tant que sport olympique reste prioritaire et les rencontres officielles, organisées par la nouvelle fédération reprennent. À Clermont, grâce au dévouement de B. Garcia, B. Soto et Marc Michel, les déboires de la fédération ont eu peu d’incidence ; le travail n’a jamais cessé. La formation des jeunes se poursuit et les titres nationaux convoités sont à nouveau au rendez vous. Ainsi, Clermont Sports de 2001 jusqu’à nos jours, fournit encore et toujours des éléments de valeur. Ali El Mojoud, (Fig. 30) Claude Boupda, Jean Baptiste Bardis 136, Gaëlle Nayo Ketchanke 137, Yann Aucouturier, […], pour n’en citer que quelques-uns. Toutes ces réussites dues en grande partie à leur excellent entraîneur : Laurent Pedreno qui tout comme Maurice Sanchez en son temps, transmet son expérience aux jeunes recrues, en préparant l’élite du club pour les grandes rencontres.

Ali El Moujoud, un des excellents athlètes « fruit » de l'école clermontaise.
Fig. 30 Ali El Moujoud, un des excellents athlètes « fruit » de l'école clermontaise. Premier vainqueur du Tournoi International Denis Randon. Source : « France-Haltères ».

Hélas, la « famille » haltérophile perd en 2011 un de ses piliers en la personne de Marc Michel (Fig. 31) qui s’était retiré à Montpellier depuis quelques années, sa santé s’étant dégradée. Et le 4 septembre 2014, Bernard Garcia, le « grand ami » de l’haltérophilie héraultaise, celui qui a tant fait pour notre discipline, s’éteint à son tour victime d’un mal foudroyant. Une foule nombreuse venue des quatre coins de la France lui témoigne sa reconnaissance lors de ses obsèques à l’église St. Paul. La présidence de Clermont Sports étant vacante, c’est Bernard Soto – son coéquipier de la première heure –, qui va continuer avec la même motivation à diriger l’haltérophilie dans notre département.

Marc Michel, professeur d'éducation Physique et sportive au Collège de Clermont l'Hérault.
Fig. 31 Marc Michel, professeur d'éducation Physique et sportive au Collège de Clermont l'Hérault.
(Source : clermont-sports-haltero.fr.)

Il n’est pas raisonnable de citer tous les noms des multiples vainqueurs aux championnats nationaux remportés par les athlètes clermontais. La liste serait trop longue ; contentons-nous de noter que Clermont a remporté plus de 100 titres en individuel et obtenu plus de 10 autres consécrations lors de tournois par équipe. Tous ces résultats font du club clermontais un des meilleurs clubs de France, ce qui est encore plus prestigieux.

Le dopage

L’haltérophilie a dû gérer de nombreux scandales de dopage, surtout dans les années 1990 et 2000. De nombreux pays (comme la Russie, la Bulgarie, le Kazakhstan, etc.), ont été frappés par des suspensions massives, ce qui a clairement terni l’image du sport auprès du grand public et du Comité International Olympique (C.I.O.).

Pour essayer de redorer notre image sur le plan mondial, plusieurs actions ont été entreprises. La Fédération Internationale d’Haltérophilie (I.W.F.) a été réorganisée, avec un changement de direction pour montrer une volonté de rupture avec l’ancien système. En effet, en 2020, après un énorme scandale de corruption (notamment révélé par un documentaire allemand), le président historique de l’I.W.F., Tamás Aján, a été contraint de démissionner après près de 20 ans au pouvoir. L’haltérophilie a même failli être retirée du programme olympique pour Paris 2024, ce qui a poussé à accélérer les réformes pour rester crédible. Aujourd’hui, même si l’haltérophilie continue à lutter contre son passé lourd, elle essaie vraiment de changer son image pour rester un sport olympique respecté.

Un nouveau président, Mohammed Jalood, ancien haltérophile irakien, a été élu en 2022 à la tête de l’IWF, pour symboliser le changement. Son élection à marqué une volonté de modernisation et de transparence. Sous son mandat, la Fédération Internationale a adopté une nouvelle Constitution et de nouveaux statuts, renforçant la gouvernance, l’éthique, la représentation des athlètes et l’égalité hommes/femmes.

Aujourd’hui, il y a davantage de contrôles inopinés, analyses rétroactives sur d’anciennes épreuves et sanctions plus lourdes contre les fédérations nationales en cas de récidive. Le Président Jalood a développé une coopération avec l’International Testing Agency (Italie) pour des contrôles antidopage plus stricts, contribuant à restaurer la crédibilité du sport. Nous avons développé des compétitions plus modernes, avec plus de transparence. L’IWF a également lancé un plan stratégique 2024-2032 axé sur la durabilité, l’inclusion et l’éthique, et a renforcé son siège à Lausanne pour plus de professionnalisme.

La Thaïlande et la Malaisie ont été suspendues des Jeux de Tokyo 2020 après des cas massifs de dopage dans leurs équipes nationales. D’autres pays comme la Russie, Arménie, Kazakhstan, Azerbaïdjan, etc., ont reçu des sanctions allant de lourdes amendes à des suspensions temporaires. La règle est devenue stricte : si 3 cas de dopage sont constatés pour un même pays sur une période bien définie, la fédération nationale entière est suspendue.

Pour Paris 2024, aucun cas de dopage n’a été observé. Nous avons prouvé que notre discipline olympique est devenue plus saine. Ces réformes ont permis de maintenir l’haltérophilie aux prochains Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, confirmant l’efficacité des changements structurels et modernisant l’image de l’IWF. La catégorie des femmes apporte une image nouvelle de notre sport : élégance et esthétique ! Ces demoiselles, en rejoignant la discipline qu’est le “monde de la force” – jusqu’ici réservée aux hommes –, démontrent par leur valeur, qu’elles sortent une fois pour toutes, du stéréotype dans lequel il semble que soit leur place.

Conclusion : un bilan

Les haltérophiles héraultais olympiens

  • Georges FIRMIN…
    – Helsinki 1952 / Londres 1948.
  • Max HÉRAL…
    – Helsinki 1952 / Londres 1948.
  • Aimé TERME… – Munich 1972.
  • Yvon COUSSIN… –Montréal 1976.
  • David BALP… – Barcelone 1992.
  • Jean-Baptiste BARDIS…
    – Pékin en 2008.
  • Gaëlle NAYO KETCHANKE…
    – Tokyo 2021 / Rio 2016.

Tableau 4 : Les présidents du Comité héraultais

1931 Paul Rocca Athlétic Club Montpellier
1956 Georges Firmin Athlétic Club Montpellier
1959 Edgar Castellan Athlétic Club Montpellier
1961 Georges Firmin Athlétic Club Montpellier
1965 Étienne Comamala Athlétic Club Montpellier
1969 Georges Firmin Athlétic Club Montpellier
1971 Bernard Beauverger A.S. Cheminots Béziers
1972 Marc Michel Clermont-Sports
1980 Bernard Garcia Clermont Sports
2014 Bernard Soto Clermont Sports

Tableau 5 : Sigles successifs de la fédération

1914 F.F.P.H. Féd. Fr. de Poids et Haltères
1950 F.F.H.C. Féd. Fr. Haltérophile et Culturiste
1980 F.F.H.M. Féd. Fr. Haltérophilie et Musculation
1986 F.F.H.M.C. Féd. Fr. Haltérophilie,
Musculation et Culturisme
1994 F.F.H.M.D.A. Féd. Fr. Haltérophilie,
Musculation et Disciplines Associées
2000 F.F.H.M.F.A.C. Féd. Fr. Haltérophilie, Musculation, Force Athlétique et Culturisme
2015 F.F.H.M. Féd. Fr. Haltérophilie et Musculation.

Quand la barre devient plus populaire....

Comme nous l’avons vu plus haut, l’haltérophilie l’Héraultaise en compétition a commencé avec quelque retard à produire des résultats intéressants ; peu de temps avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Cela débute avec la figure majeure d’Henri Ferrari. Le dévouement constant et l’engagement remarquable de Paul Rocca ont joué un rôle déterminant dans la promotion de cette discipline à Montpellier. De nos jours, souvent confondue à tort avec la musculation ou le culturisme, autrefois cantonnée à des cercles restreints de passionnés, elle vit depuis quelques années une véritable renaissance.

Cette évolution peut s’expliquer en partie par la montée fulgurante d’une discipline hybride et accessible à tous : le CrossFit 138 qui est un phénomène marquant des deux dernières décennies. L’haltérophilie quitte parfois ses salles spécialisées pour entrer dans des centaines d’établissements commerciaux partout en France. La pratique de l’haltérophilie offre de réelles satisfactions à l’individu. Augmentation de la force, apprentissage de la concentration, amélioration de la souplesse articulaire, esprit d’équipe ; apprentissage des postures de levage dans la vie de tous les jours, etc. Aujourd’hui, l’haltérophilie n’est plus un sport marginal, mais un pilier moderne de la remise en forme, porté par une culture de progrès, de diversité et d’autonomie.

Les Jeux Olympique de Paris 2024 ont été un succès pour cette discipline olympique. Depuis, nous constatons une hausse du nombre de pratiquants amateurs, s’accompagnant d’une augmentation sensible du nombre de clubs affiliés à notre fédération nationale, la F.F.H.M.

L’image de l’haltérophilie s’est transformée ! La force devient un outil de santé et de confiance. Nos coaches sont formés à encadrer les gestes techniques en toute sécurité. Les mouvements sont enseignés de façon progressive, souvent avec des charges légères et l’esprit communautaire de notre discipline olympique motive tous les profils : femmes, seniors, débutants… Le département de l’Hérault et ses clubs n’échappent pas à cette règle tout en continuant à former aussi de grands champions faisant honneur à leurs aînés !

Hommage à Bernard Garcia

J’ai rencontré Bernard Garcia (Fig. 32) en 1973, et depuis ce jour-là, nous ne nous sommes plus quittés, jusqu’à cette date fatidique du 4 septembre 2014. Derrière sa force et son exigence se cachait un cœur immense, animé par une passion inébranlable pour le sport et un amour profond pour ses proches. Depuis son départ, son absence crée un vide qui reste difficile à combler. Mais son héritage, je le porte en moi au quotidien. À travers chacun de ses gestes, de ses réussites et de ses sourires, je continue à vivre sa passion et à transmettre ce qu’il m’a offert.

Bernard Garcia était avant tout un homme profondément humain, habité par la passion de son sport. Dès 1973, il inscrit son nom parmi les grands, en remportant, avec son équipe, le prestigieux Challenge Paul Rocca. Dans les années 1970 et 1980, il monte sur les podiums nationaux en catégorie 100 kg, portant fièrement les couleurs de l’équipe de France. Mais Bernard ne se contentait pas d’être un champion. Son engagement allait bien au-delà des titres : il aspirait à transmettre cette flamme qui l’animait.

Tout au long de sa carrière, il a su combiner ses responsabilités de policier à son rêve d’athlète de haut niveau. À Aix-en-Provence, tout en servant dans la Police Nationale, il poursuivait sans relâche son rêve, s’entraînant et se battant pour sa discipline avec un dévouement sans faille. Mais ce qui le distinguait vraiment, c’était sa volonté de faire grandir les autres. Il ne voulait pas seulement briller sur la scène nationale, il voulait bâtir, transmettre et façonner l’avenir du sport qu’il aimait tant.

À partir de 1980, le retour dans l’Hérault marque un tournant décisif. Devenu président de Clermont Sports puis du Comité Régional, Bernard consacra toute son énergie à développer son sport, à structurer des initiatives durables et à favoriser l’émergence de nouveaux talents. C’est sous sa houlette que naissent des structures solides, comme l’École d’haltérophilie, véritable vivier de champions en devenir. Il n’hésita pas à investir dans des compétitions locales pour les jeunes, offrant ainsi aux futurs champions un terrain propice à la découverte et à l’épanouissement.

Bernard Garcia.
Fig. 32 Bernard Garcia.

Les victoires n’ont cessé de s’enchaîner : Clermont Sports remporte ses premiers titres nationaux dès 1981, et en 1983, la Coupe de France Juniors devient leur trophée. Mais au-delà des podiums, Bernard a construit une véritable famille autour de lui. Il a su former non seulement des athlètes, mais aussi des éducateurs, des dirigeants, des passionnés qui, grâce à lui, ont trouvé leur place et leur voie dans le monde du sport. J’en fais partie !

Dans chaque étape de sa carrière, de l’entraînement à la présidence de la Fédération Française d’haltérophilie en 1998, Bernard n’a cessé de prôner l’exigence, la discipline et l’humilité. Il a été un acteur majeur de la vie sportive locale et régionale, occupant des responsabilités essentielles, toujours porté par son amour du sport et sa volonté de transmettre.

Bernard était un homme de caractère, parfois entier, parfois exigeant, mais toujours juste et équitable. Il n’hésitait jamais à faire preuve de fermeté, mais ceux qui l’ont côtoyé se souviennent aussi de sa capacité à tendre la main, à ouvrir des portes, à déplacer des montagnes. Il savait écouter, comprendre, et, par son humanité profonde, apporter le soutien nécessaire à chacun.

Derrière la carapace imposante de l’entraîneur et du dirigeant, il y avait un cœur immense, une personnalité d’une rare générosité. Bernard Garcia était bien plus qu’un simple entraîneur ou dirigeant. Il était un guide, un bâtisseur, un père pour de nombreuses personnes. Son amour du sport était indéfectible, mais c’est son amour des autres qui le rendait exceptionnel. Il restera à jamais pour moi, un modèle de dévouement, de passion et de bienveillance.

Michel Raynaud
Président de la Fédération Française
d’Haltérophilie-Musculation

Remerciements

Plusieurs personnes nous ont permis de mener à bien cette recherche, nous tenons à les en remercier :

  • Aimé Terme, (C.T.R. (E.R.) ex-Entraîneur de l’Équipe de France).
  • Bernard Soto, (président de Clermont Sports) Sollicité à plusieurs reprises et nous à apporté une aide précieuse.
  • Bruno Maier, (C.T.R. Hauts de France (E.R.)) Pour la mise à disposition de sa riche documentation.
  • Christian Guiraud, (docteur en sociologie) Nous a fait l’amitié de mettre sa documentation à notre disposition.
  • Guy Laurans, (docteur en sociologie) Pour sa bienveillante relecture.
  • Maurice Sanchez, (haltérophile montpelliérain) Pour les précieuses informations sur le club A.C.M.
  • Stéphane Auque, (ex-haltérophile viassois).

Sources : Documents, Périodiques, Revues & Sites web

Documents :

— Document pdf « Clermont Sports Haltérophilie,
70e anniversaire (1955-2025)
 ».

J.-O. de la République Française n° 6782 du 3 mai 1998.

Périodique :

— Journal « L’Intransigeant » du 9 mai 1939 p. 2. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7961979/f2.

Revues :

— Revue l’« Haltérophile Moderne », organe officiel de la fédération française d’haltérophilie. Fondateur : Jean Dame, Paris 1946. Mensuel, 373 numéros parus. (En ligne) https://occitanieffhm.fr/halterophile-moderne/.

— Revue « Halteregaux » 1987-1989. Jean-Paul Rachel. Trimestriel, 6 numéros parus.

— Revue « Halter Echooo » 1989-1995. Revue officielle de la F.F.H.M.C. Trimestriel, 19 numéros parus.

— Revue « France Haltères » 2002-2022. Revue officielle de la F.F.H.M.C. Trimestriel.

— Revue l’« Athlète », Journal athlétique illustré international. Source : BNF, Auteurs divers, 1897 Lille.

— Revue « La Culture Physique », Revue mensuelle illustrée. Source : BNF, Auteurs divers, Paris 1904.

Sites Web :

— Charles Rigoulot : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Rigoulot (consulté le 16/10/2025).

— C.I.O. : https://www.olympics.com/cio/jeux-olympiques-antiquite (consulté le 16/10/2025).

— Clermont Sports :
https://clermont-sports-haltero.fr/histoire-de-clermont-sports/ (consulté le 16/10/2025).

— Edmond Decottignies : https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Decottignies, (consulté le 16/10/2025).

— Ernest Cadine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Cadine
(consulté le 16/10/2025).

— F.F.H.M. :
https://www.ffhaltero.fr/quand-notre-ancien-president-jules-rosset-proposait-la-creation-de-la-federation-internationale-d-halterophilie/ (consulté le 16/10/2025).

— Frantz Reichel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Frantz_Reichel (consulté le 16/10/2025).

— Henri Gance : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Gance (consulté le 16/10/2025).

— Hippolyte Triat : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Triat (consulté le 16/10/2025).

Histoire et découverte de l’haltérophilie
http://cult-eps.fr/decouverte-et-histoire-de-lhalterophilie (consulté le 16/10/2025).

— Louis Hostin : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Hostin (consulté le 16/10/2025).

— Mohammed Jalood : https://armenpress.am/fr/article/1087074 (consulté le 16/10/2025).

— René Duverger : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Duverger (consulté le 16/10/2025).

— Roger François : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Fran%C3%A7ois (consulté le 16/10/2025).

— IWF : https://iwf.sport/2025/02/19/iwf120y-9-1920-fih-iwf-in-french-becomes-the-official-name/
(consulté le 16/10/2025).

— Tamás Aján : https://urls.fr/nSbjU-, (consulté le 16/10/2025).

— Victor Bernado : https://urls.fr/qxvCzF,
(consulté le 13/11/2025).

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https://archive.org/details/4908148.0001.001.umich.edu/mode/2up.

COMBET D., 1973 : COMBET (Daniel), Portrait d’un champion. Henri Ferrari. Haltérophile Moderne n° 301 nov. 1973, p. 5-6. F.F.H.C. Imp. Hallépée, Paris.

LAMBERT G, 1978 : LAMBERT (Georges) HALTÉROPHILIE « Le guide du spécialiste », Éditions VIGOT, 1978 Paris.

LEGOUGE F., 1942 : LEGOUGE (Fernand), « Le montpelliérain Henri Ferrari, rude manieur de fonte et coiffeur délicat » [Article de presse], Le Miroir des sports, 22 février 1942, Paris.

GARRIDO N., 200? : GARRIDO (Noël) Dossier : « Athlétic Club Montpelliérain : entre Force, Esthétique et Humanisme. » [Document inédit].

MERCURIALIS J., 1569, MERCURIALIS (Jérôme), « De Arte Gymnastica », B.N.F., (en ligne) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k882576b/.

RENAULT A. ; 2021 : RENAULT (Alain), « Haltérophilie. Toute une histoire ! » Disponible chez l’auteur, 2021.

ROLLAT R., 1945 : ROLLAT (René), « Henri Ferrari, nouveau Rigoulot ». [Article de presse], Éditions L’As, Toulouse, 1942.

ROUSSEAU J.-J., 1762, ROUSSEAU (Jean-Jacques), « L’Émile ou De l’éducation », (en ligne) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_ou_De_l%27%C3%A9ducation.

Notes

  1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Milon_de_Crotone.

  2 Qui ont lieu tous les quatre ans.

  3 Les Chinois inventent le canon à poudre vers l’an 1280 après J.-C.

  4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Girolamo_Mercuriale.

  5 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Rousseau.

  6 Nicolas Dally est l’auteur de Gymnastique. De la régénération physique de l’espèce humaine par la gymnastique rationelle publié en 1848 à Paris. https://wellcomecollection.org/works/rq6pb9ur/items?canvas=5.

  7 Aujourd’hui, Avenue Montaigne.

  8 Triat fut le premier à introduire la barre à boules. Pendant longtemps en haltérophilie, on nommait ces engins « haltères de Triat ».

  9 https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Paz.

  10 https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Amor%C3%B3s. Don Francisco Amorós y Ondeano, marquis de Sotelo, né le 19 février 1770 à Valence et mort le 8 août 1848 à Paris, est un colonel espagnol qui a contribué à l’introduction de la gymnastique en France.

  11 Dans cet exercice on attache plusieurs poids du commerce à l’aide d’une corde et on doit maintenir le bras tendu pendant une durée déterminée. En cas d’ex aequo, c’est la « durée » de maintien qui départage les adversaires.

  12 Communément appelées « Barres à sphères ».

  13 Edmond Desbonnet est considéré comme le père de la Culture physique en Europe. Il nous a laissé beaucoup d’articles écrits sur diverses revues et quelques ouvrages sur les méthodes d’entretien de la santé par le sport.

  14 Louis Uni décède le 19 octobre 1928 à Évreux à l’âge de 56 ans.

  15 De nos jours, pour les compétions féminines, ce diamètre est de 25 mm.

  16 Cette performance fut contestée bien plus tard par Jean Dame qui fut le manager de Rigoulot. D’après lui, l’essieu manipulé par Apollon pesait réellement 118 Kg, c’est-à-dire 48 Kg de moins.

  17 Apollon : 1 m. 90 pour 120 kilos !

  18 Au cours du XXe siècle seul un français (Charles Rigoulot) et deux américains (John Davis et Schemansky) ont tenté et réussi à dompter l’essieu d’Apollon.

  19 Les rois de la force : histoire de tous les hommes forts depuis les temps anciens jusqu’à nos jours : avec 733 photographies et dessins / professeur Desbonnet. https://archive.org/details/4908148.0001.001.umich.edu/mode/2up.

  20 Propos recueillis à Marsillargues par Jean-Jacques Lerouge, grand admirateur d’Apollon.

  21 « Cette » change de nom et devient « Sète » par décret ministériel du 20 janvier 1928 ratifiant une délibération votée lors du conseil municipal du 27 août 1927.

  22 Ce local, mythique pour les amateurs de force, deviendra le Gymnase Deriaz au début du XXe siècle.

  23 En Allemagne c’est aux alentours de 1880 qu’émergent les premières sociétés athlétiques.

  24 Les « Poids et Haltères » sont inscrits aux Jeux d’Athènes (1896) et de Saint-Louis (1904) mais sont rayés du programme pour participation insuffisante et réglementation imprécise.

  25 Première fédération créée en France mais celle-ci ne dispose pas d’un agrément ministériel. L’HCF décide de codifier le sport des poids et haltères, et de le retirer des mains qui l’avaient accaparé et qui en avaient fait un sport de mensonge et de poids truqués ou en zinc creux. Ce n’est qu’en 1914 que naîtra vraiment une fédération française officiellement reconnue.

  26 Les « dynamométreurs » : nom donnés aux arbitres de championnats officiels.

  27 Les « variantes » sont le « dévissé », sorte de développé à un bras en effectuant un effacement du tronc (sans plier les genoux), les arrachés et les épaulés-jetés à un bras, (à gauche ou à droite).

  28 Ce mouvement est à la base le reflet exact de la force pure des concurrents. Il a beaucoup évolué dans le temps. Le « développé militaire », au début du siècle, faisait appel à la force des bras dans sa plus simple expression. Au fil des ans, les athlètes ont adopté une technique qui, grâce à une rotation du bassin et une poussée par rebond en détente des abdominaux, permet de donner une impulsion à la barre et une vitesse ascensionnelle ; par un effacement du tronc en position de lordose, tout en poussant avec les bras, les charges des records mondiaux ont évolué de manière significative. Exemple : En 1926 un poids léger pousse 97,500 Kg et en 1972 le record du monde est porté à 157,500 Kg dans cette même catégorie (voir Haltérophile Moderne n° 293 p. 4). La décision de la suppression de ce mouvement est prise lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich. Le mouvement étant considéré comme « dangereux ».

  29 Ce mouvement se nomme la « volée » en 1907.

  30 En 1920, aux Jeux d’Anvers il y a bien trois mouvements mais différents. Arraché à 1 bras, Jeté à 1 bras et Jeté à 2 bras. Des difficultés d’interprétation du règlement entre les pays participants provoquent des contestations, ce n’est qu’en 1924 que sont officialisés le développé, l’arraché et l’épaulé-jeté à deux bras.

  31 Union des sociétés françaises de sports athlétiques, https://urls.fr/t2MCwt.

  32 F.F.P.H., Fédération Française de Poids et Haltères.

  33 Jules Rosset, pour pallier les multiples critiques des autres nations – concernant notamment l’interprétation du règlement –, se chargea de créer la première Fédération Internationale et d’en assurer la présidence en tant que fondateur.

  34 Voir article : « La France, le berceau de l’haltérophilie » Richard Chaput, 1948. Haltérophile Moderne, n°22 p. 3.

  35 Sociétaire de la Société Athlétique Montmartroise. Champion Olympique : Amsterdam 1928.

  36 Sociétaire du Pons Amical Club puis du Club Athlétique des Gobelins. Champion Olympique : Paris 1924.

  37 Sociétaire de la Société Athlétique « Les Travailleurs de Comines ». Champion Olympique : Paris 1924.

  38 Sociétaire de l’Omnium St-Etienne. Double champion Olympique : Los Angeles 1932 et Berlin 1936.

  39 Sociétaire de la Société Athlétique Montmartroise. Champion Olympique : Los Angeles 1932.

  40 La Croix de Guerre (celle de Douaumont), à laquelle il tient le plus, déchiquetée, mais qui attestait de son héroïque courage).

  41 Les athlètes connus font des tournées un peu partout dans le pays et exécutent des tours de force, des numéros de « main à main » et autres danses athlétiques acrobatiques. Quelques grands théâtres héraultais organisent régulièrement ces représentations qui passent en première partie du spectacle au programme.

  42 Athlétic Club Montpelliérain, association sportive « loi 1901 », déclarée en préfecture de Montpellier avec parution au Journal Officiel n°31, du 25 Janvier 1932.

  43 Champion militaire de Boxe Française.

  44 Étienne Comamala (droguiste rue des Étuves à Montpellier), ami de Paul Rocca. Il mène une courte carrière d’haltérophile et participe activement à l’aventure de la discipline en qualité d’arbitre fédéral pendant de longues années. Très discret, il reste dans l’ombre de P. Rocca, mais se rend toujours disponible pour aider.

  45 Ferrari s’entraîne seul dans l’arrière boutique de son salon de coiffure au 2, rue de la draperie St. Firmin. Des visiteurs assistent parfois à ces séances et s’essayent à la pratique des poids et haltères. C’est partant de ce constat qu’un groupe de ses amis dont fait partie l’avocat Raymond Donnadieu, décide de fonder l’Haltérophile-Club-Montpelliérain, second club de la ville. Date de création : 28 octobre 1944. L’H.C.M. bénéficie de l’autorisation préfectorale en date du 29 novembre 1944.

  46 Secret bien gardé puisqu’il ne nous est jamais parvenu.

  47 Journal Officiel n°31, le 25 Janvier 1932.

  48 Haltérophile Moderne n° 22 mars 1948 p. 4.

  49 L’« E.N.S.E.P. » et l’« I.N.S. » offrent des formations différentes puisque la première forme des professeurs d’éducation physique et sportive à destination de l’enseignement secondaire alors que la seconde, forme des enseignants, dont la mission est centrée sur le développement de l’encadrement et l’entraînement sportif.

  50 Clubs de sport créés au sein des Entreprises et des collectivités.

  51 Renseignements communiqués par Christian Guiraud, tirés d’un film interview de Georges Firmin peu de temps avant son décès.

  52 Aux Championnats du monde 1947 à Philadelphie, les quatre sélectionnés composant l’équipe de France sont tous Languedociens. Georges Firmin, Pierre Bouladou et Max Héral : montpelliérains. Henri Moulins de Narbonne.

  53 Catégorie jusqu’à 1 m. 68 (1951 et 1953). Le concours « Plus bel athlète de France » est organisé tous les ans par la Fédération Française entre 1950 et 1968. Il englobe deux catégories de taille : Jusqu’à 1 m. 68 et au dessus de 1 m. 68.

  54 Le plus titré au vu du nombre de titres de « Champion de France » obtenus.

  55 La salle Rocca compte trois sections : l’Haltérophilie, la Gymnastique et la Boxe.

  56 Nommée alternativement « La Clermontaise » et/ou « La Clermontoise ».

  57 Flexions de jambes avec une lourde charge sur les épaules.

  58 L’Haltérophile Moderne, excellent bulletin fait par des passionnés, cesse de paraître en septembre 1980 avec le n° 358. En 1983, une nouvelle série prend le relais après deux ans de sommeil avec une numérotation assez bizarre, commençant chaque année par le n° 1 (sic). Trois ans plus tard, après quinze parutions, c’est l’arrêt total de cet excellent bulletin d’information que nous attendions tous avec impatience chaque mois.

  59 Une des toutes premières sociétés sportives du département présentant des concurrents lors des concours puisqu’en juin 1906 lors du “Championnat de Force du Midi”, le sétois M. Roger remporte le titre des poids lourds.

  60 Quelques participants sétois : Alphonse, Couderoux, Esparaguerra, Moulin, Artaud, Cranet, Mérieux, Buscail, Vallard, Manconi, Vedel, Roger, Arnaud

  61 Seconde plus ancienne société du département alignant des concurrents en juin 1906 lors du “Championnat de Force du Midi”.

  62 Quelques participants biterrois : Fabre, Rousse, Pascal.

  63 Les premières traces de l’existence du Boxing Club de Béziers pratiquant les Poids et Haltères datent de février 1913 (cf. La Culture Physique n° 195 p. 23). Ce club est donc un des plus anciens connus dans le département de l’Hérault, et existait avant même la fondation de la Fédération par Jules Rosset en 1914. En 1949 il devient l’Haltéro-Club Biterrois.

  64 12 compétiteurs : Alberge, Balard, Bories, Colombier, Dejean, Falques, Jalby, Montcamp, Morillo, Sarda, Sire, Turzac.

  65 35 compétiteurs : Alogues, Arrazat, Assie, Bastrios, Bergerot, Bouladou, Bousquet, Brissaud, Carcenac, Cassignard, Chanut, Doumergue, Duplan, Ferrari, Figuet, Firmin, Heral, Joyeux, Lloveras, Marchal, Marquet, Martin, Mecca, Morahim, Pibarot, Pons, Rigos, Sanchez, Sandeaux, Sauvaire, Seguier, Serane, Servel, Scortesse, Vincent François.

  66 9 compétiteurs : Aloguès, Blanc, Colomb, Combet, Dezeuze, Ferrari, Hugonnet, Pibarot, Scortesse. Club actif jusqu’en 1951.

  67*Aucun compétiteur. Club actif jusqu’en 1949.

  68*Aucun compétiteur. Club actif 1 an (1946).

  69 12 compétiteurs : Baillot, Bielsa, Colombier, Dejean, Falques, Ferant, Foulquie, Jalby, Medaille, Piguet, Sarda, Reville. Club actif jusqu’en 1955.

  70 19 compétiteurs : Adelino, Aren, Arnal, Barthez, Bouffard, Delorme, Demay, Estève, Fabre, Garcia, Gayraud, Giniez, Grau, Impieri, Maurin, Parra, Ribes, Riso, Roch. Club actif jusqu’en 2022, cf. Midi Libre du 27.10.2023, article : « À Frontignan, le FAC Haltérophilie n’est plus et s’en va en laissant une lettre ouverte. »

  71 6 compétiteurs : Belot, Bories, Garcia, Py, Riera, Rolland. Club actif jusqu’en 1953.

  72 15 compétiteurs : Allard, Breyda, Delorme, Galli, Gerber, Ginestet, Greco, Martial, Néri, Prato, Presta, Priore, Rega, Roch, Zerrillo. Club actif jusqu’en 1967.

  73 5 compétiteurs : Aldebert, Delon, Fal, Sable, Woronka. Club actif 1 an (1952).

  74 14 compétiteurs : Alvergne, Charlemagne, Colangelo, Falques, Farenc, Gali, Gaultier, Grunbaud, Guibert, Jaime, Llinares, Peytavin, Salerno, Samatan.

  75 15 compétiteurs : Balp, Boudin, Bouissac, Breau, Chappel, Frutz, Granier, Iche, Mainville, Poncet, Randon, Salicru, Valero, Vals, dont 1 culturiste : Jeanjean.

  76 10 compétiteurs : Assié, Aldebert, Artuso, Balzing, Benyacoub, Lloveras, Négrier, Rabie, Roustan, Sable et 2 culturistes : Corre et Roux, (club actif jusqu’en 1962).

  77 5 compétiteurs culturistes : Delteil, Santoro, Guizard, Faves, Brousse, (club actif jusqu’en 1961).

  78 7 compétiteurs : Avignon, Bonidan, Gil, Mouls, Passier, Ribes, Vincent F. et deux culturistes : Boyral, Manzangra. Haltérophile Club Melgorien change de nom et devient Athlétic Club Melgorien. (Club actif jusqu’en 1960).

  79 Dans ce décompte ne sont pris en considération que les compétitions sous l’égide de la fédération fondée en 1914.

  80 Roger Gerber, participe au Premier Pas Haltérophile en 1952 sous les couleurs de la Salle Vincent Ferrari. cf : Haltérophilie Moderne n° 74 p. 4. Il sera dans les années qui suivent huit fois Champion de France et International. Pendant les 20 dernières années de sa carrière, il assure le rôle de Directeur Technique National au sein de la fédération française.

  81 2 sélections Olympiques : Helsinki 1952 / Londres 1948.

  82 2 sélections Olympiques : Helsinki 1952 / Londres 1948.

  83 François Vincent s’entraîne au club montpelliérain mais rejoint l’Athlétic Club Melgorien pour lequel il remporte le titre en 1960, avant de revenir à l’ACM.

  84 J.O. de la République française. Lois et décrets (version papier numérisée) n° 0105 du 04/05/1963. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000325843.

  85 13 titres pour par les sociétaires de l’ACM : Firmin, Héral, Sanchez, Vincent F., Négrier, Vincent R., et Delpuech.

  86 Vincent François en 1960.

  87 Zerrillo en 1959.

  88 Le concours de « Force culturiste » mis en place en 1966, renommé « Force athlétique » l’année suivante, est géré par la fédération jusqu’en 2015 ; la « Musculation » fait également partie des activités sportives dont la fédération a la charge. Ces deux disciplines sont délaissées en 2015 suite à l’injonction de la Fédération Internationale qui exige que les fédérations lui étant affiliées se consacrent exclusivement à l’haltérophilie “sport olympique”.

  89 Le concours de « Plus Bel Athlète de France » géré par la Fédération Française, se déroule entre 1950 et 1968.

  90 Un « match à handicap » est une formule permettant la rencontre entre des athlètes de catégories de poids de corps différentes. Il suffit de définir un écart de la charge à réaliser. Dans un tel concours, il n’y a généralement pas de limite du nombre de tentatives.

  91 Le « mental » synonyme de « concentration », est très important en haltérophilie. Une bonne concentration c’est déjà 90 % de chances pour la réussite de l’essai à réaliser.

  92 Maurice Sanchez s’est occupé des sociétaires du club mais pas seulement ! Montpellier étant une ville Universitaire, des athlètes d’autres régions ont pu eux aussi bénéficier de ses conseils en venant au Club pour s’entraîner tout en étant licenciés dans une autre structure de l’hexagone.

  93 « Tirer » en jargon haltérophile signifiant « soulever » une charge.

  94 La technique « en flexion », nouvelle manière d’exécuter les mouvements nous vient des allemands à la fin des années 1940. Cette nouvelle façon de « tirer » consiste à fléchir les jambes pour réceptionner la barre aux épaules ou à bout de bras en remplacement de la technique dite « en fente » qui contraint l’athlète à tirer la charge bien plus haut. Le gain de performance peut être estimé entre 10 et 20 %.

  95 3 compétiteurs : Viala, Causse, Martin, (club actif jusqu’en 1964).

  96 3 compétiteurs : Bousquel, Hernandez, Marquez et 2 culturistes : Saint-Pierre et Dedieu, (club actif jusqu’en 1967).

  97 13 compétiteurs : Ameil, Aubagnac, Augustin, Brandon, Caldies, Cambon, Chamayou, Combes, Couffignol, Desfour, Giros, Montal, Victoria, (club actif jusqu’en 1970).

  98 5 compétiteurs : Blanc, de Pascua, Guerrero, Issert, Mestre, (club actif jusqu’en 1966).

  99 3 compétiteurs : Fischer, Murria, Roig, (club actif jusqu’en 1973).

  100 5 compétiteurs : Carries, Cianni, Loison, Roig, Ruffo et 2 culturistes : Palat, Sabbah, (club actif jusqu’en 1970).

  101 6 compétiteurs : Damato, Espegel, Galzy, Mazon, Peroni, Tabar et 6 culturistes : Viviani, Mespoulet, Denty, Fedele, Bernard, Lavail, (club actif jusqu’en 1970).

  102 *Aucun compétiteur (club actif 1 an).

  103 2 compétiteurs : Belen, Frances, (club actif jusqu’en 1967).

  104 5 culturistes : Brayda, Palat, Tsormina, Melas, Impieri, (club actif jusqu’en 1969).

  105 16 compétiteurs : Bassalade, Chambaudy, Coussin, Dévié, Gayraud, Guy Alain, Guy Daniel, Hilbrunner, Jeanjean, Knokaert, Lopez, Mey, Ruiz, Sauvaire, Terme, Wilzewski et 1 culturiste : Serrano, (club actif jusqu’en 1976).

  106 2 compétiteurs : Ambry, Guippert, (club actif jusqu’en 1970).

  107 1 compétiteur : Armand et 8 culturistes : Ballester, Bayle, Clément, Depaule, Pardo, Requena, Thomas, Toral, (club actif jusqu’en 1970).

  108 Sélectionné Olympique à Munich en 1972.

  109 Sélectionné Olympique à Montréal en 1976.

  110 Haltérophile Moderne n° 296, p. 8.

  111 Voir l’Haltérophile Moderne n° 338 p. 12.

  112 Voir l’Haltérophile Moderne n° 339 p. 4.

  113 Les Comités régionaux sont rassemblés en groupes et les groupes réunis en zones. En 1950, la France est découpée en deux zones, Nord et sud. Puis nouveau découpage en 1968 : quatre zones sont définies : Nord Est, Nord-Ouest, Centre et Sud. En 1977, le nombre est porté à six zones avec la segmentation suivante : Nord, Nord-Ouest, Centre, Nord-Est, Sud-Ouest et Sud-Est. La raison de ces découpages étant de réduire les frais de déplacement des participants lors des épreuves Interrégionales.

  114 Cette première organisation de Clermont Sports eut lieu à la salle « Mazza » puisque le gymnase municipal était en travaux.

  115 Voir l’Haltérophile Moderne n° 286 p. 7. Finale « Juniors » Clermont Sports se classe troisième.

  116 Voir l’Haltérophile Moderne n° 300 p. 5. 3 juin 1973. Finale « Juniors » Clermont Sports se classe troisième.

  117 *Aucun compétiteur (club actif 1 an).

  118 23 compétiteurs, Allawer, Angilella, Arnal, Badenas, Basti, Benradia, Bernado, Blanc, Boussaroque, Cabamit, Delbosc, Dumas, Ferrere, Garcia B., Gleize, Moules, Petit, Pizana, Raynaud, Refrège, Soulette, Vigouroux, Vigourox Éric.

  119 5 compétiteurs, (club actif 2 ans).

  120*Aucun compétiteur, (club actif 1 an).

  121 2 compétiteurs, (club actif 1 an).

  122 *Aucun compétiteur (club actif 1 an).

  123 Ce déplorable arrêt de diffusion d’informations concernant l’actualité de la discipline n’est pas sans conséquences. En effet, dans un sport tel que l’haltérophilie – dont le but avoué est la recherche de la performance –, le bulletin d’informations fédéral, véhicule jusqu’aux clubs les indications sur ce qui se passe partout ailleurs dans l’hexagone. Outre les informations essentielles sur la vie de la fédération à laquelle on appartient, ça concerne les résultats des épreuves passées récemment, sur laquelle les compétiteurs ayant participé ont plaisir à voir leur nom écrit, le calendrier des épreuves à venir tout en permettant de suivre la progression des compétiteurs d’autres départements ; surtout si l’on se prépare à une compétition au cours de laquelle une confrontation est probable.

  124 Compétiteurs : Pierre Loisel et Zénon Dycha.

  125 Compétiteurs : Stéphane Auque et Luciano Vautrea.

  126 Compétiteur : René Adelino.

  127 Compétiteur : Guillaume Sol.

  128 Cf. Haltérophile Moderne n° 336 p. 6.

  129 La décision de créer la catégorie d’âge « Minimes » – 13 à 15 ans –, est entérinée par la fédération en 1978 avec toutefois quelques réserves : Création à titre expérimental avec une licence spéciale ; l’objectif étant l’apprentissage de la technique avec des charges légères. Les compétitions qui leur sont réservées sont limitées à la Coupe de clubs des Jeunes d’Automne, la Coupe de clubs des Jeunes de Printemps et le Programme M 1.

  130 Halter… Echo n° 17 p. 21-21.

  131 Pour la Coupe de France des Clubs le mode de calcul pour le score final est le suivant : Le poids de corps du concurrent multiplié par 2 est déduit du Total Olympique réalisé par ce dernier. Cette épreuve comportant quatre équipiers, c’est l’addition des quatre scores qui détermine le nombre de points pour le classement. A noter que cette épreuve se dispute de nos jours avec des équipes de cinq hommes.

  132 Les premiers Championnats du monde féminin ont lieu à Daytona Beach (U.S.A.) en 1987. La France y envoie 3 représentantes.

  133 Katchatour Kiapanatsian, arménien sociétaire de Clermont Sports admis à concourir sous les couleurs du club par une nouvelle disposition de la fédération nationale qui autorise tous les participants à concourir : Compétition “Open”.

  134 Journal Officiel du 3 mai 1998.

  135 F.F.H.M.F.A.C., (Fédération Française Haltérophilie, Musculation Force Athlétique et Culturisme).

  136 Sélectionné Olympique à Pékin en 2008.

  137 2 sélections Olympiques : Tokyo 2021 / Rio 2016.

  138 Le CrossFit est une marque commerciale d’entraînement croisé promu par la société CrossFit Inc. Dans le langage courant, le terme “CrossFit” est assimilé à une pratique sportive pluridisciplinaire suivant les principes énoncés par la marque éponyme. Le mot CrossFit vient de la contraction de « cross » et « fitness », appelé ainsi parce qu’il mélange différentes activités physiques et sportives préexistantes.
Le CrossFit axe son fonctionnement autour de dix compétences athlétiques : endurance cardiovasculaire et respiratoire, endurance musculaire, force, souplesse, puissance, vitesse, agilité, psychomotricité, équilibre et précision.