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Description

Les stations balnéaires du Languedoc-Roussillon

* Architecte, historien de l’architecture. DRAC-LR – STAP de l’Hérault

L’ aménagement des stations balnéaires du Languedoc-Roussillon, qui débute en 1962, couvre l’ensemble de la côte méditerranéenne de la région sur 180 km environ, depuis la Camargue et le delta du Rhône à l’est, jusqu’à la Côte Rocheuse à la frontière espagnole, et concerne quatre départements : le Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales.

C’est donc une entreprise d’une ampleur géographique considérable. Elle ne l’est pas moins par les questionnements qu’elle soulève. Pour tenter d’y répondre, une documentation importante est aujourd’hui disponible : un ouvrage et deux articles qui retiennent plus particulièrement l’attention, les témoignages des acteurs, des documents originaux conservés dans plusieurs fonds, de nombreux articles et dossiers publiés à partir de 1964 dans les revues spécialisées, et des études spécifiques à chaque station balnéaire (cf. infra).

Cet ensemble documentaire particulièrement riche fait apparaître la complexité d’un sujet qui ne peut être que sommairement analysé ici. Avec l’évolution du regard et de la critique, il autorise aujourd’hui sans aucun doute une meilleure compréhension du projet et des réalisations.

Au début des années 1960, le Languedoc et le Roussillon accueillent un tourisme essentiellement régional dans quelques lieux de villégiature peu aménagés (Le Grau du Roi, Palavas-les-Flots, Le Grau d’Agde, Valras-Plage, Gruissan, Saint-Cyprien…), dans des campings sauvages et des regroupements de cabanes, en roseaux comme au Bourdigou dans les Pyrénées-Orientales, ou en bois comme à Gruissan par exemple. Les villes importantes, antiques et médiévales (Nîmes, Montpellier, Béziers, Narbonne, Perpignan) sont en retrait de la côte où s’ouvrent quelques ports de commerce (Sète, Port-Vendres, Port-la-Nouvelle) et de pêche (Le Grau du Roi, Palavas-les-Flots…).

La plaine languedocienne, les Cévennes, la Montagne Noire et les Corbières bordent un paysage d’une nature sauvage formé de lidos infestés de moustiques et balayés par des vents parfois violents. C’est là, précisément, qu’en une vingtaine d’année, sont créées ex-nihilo des stations balnéaires nouvelles.

Le projet, très ambitieux, est mis en chantier par le gouvernement français : l’État décide, réalise en partie et contrôle l’aménagement et la création des stations nouvelles. Il poursuit deux objectifs principaux : d’une part équilibrer la balance des comptes touristiques de la France, en canalisant le tourisme de masse en plein développement et en stoppant le flot des touristes français et d’Europe du Nord vers l’Espagne ; d’autre part diversifier l’économie régionale alors exclusivement orientée vers la viticulture, par une mise en valeur des ressources encore inexploitées de la côte.

Pour piloter l’opération, le gouvernement met en place le 18 juin 1963 un instrument administratif nouveau, la mission interministérielle « Racine », du nom de son président, Pierre Racine, conseiller d’État et ancien chef de cabinet du premier ministre Michel Debré. Sous son autorité, l’Agence pour l’Aménagement du Littoral du Languedoc-Roussillon (AALLR) réalise les études indispensables et met au point un Plan d’Urbanisme d’intérêt Régional présenté dès le mois de décembre 1963 au gouvernement, prenant d’ailleurs appui sur les prospections qu’Abel Thomas effectue dès 1959 en tant que commissaire régional à […]

Informations complémentaires

Année de publication

2016

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Thierry LOCHARD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf