Les Renouvier dans la société montpelliéraine (1790-1863)

La présente étude s’est inscrite dans un programme de recherches sur Charles Renouvier, initiative d’Annie Petit, professeur à l’université Paul Valéry, de Laurent Fédi, agrégé et docteur en philosophie, et de Jean-Claude Richard, de l’association des amis des frères Renouvier. Elle a été présentée le 23 avril 2000 à la première des rencontres pluridisciplinaires sur Charles Renouvier. Deux autres journées de travail sont prévues à Montpellier le 23 avril 2001 d’une part, en 2002 de l’autre, dans la perspective d’un colloque qui sera tenu en 2003 à l’occasion du centenaire de la mort du philosophe.

Parallèlement ci ces rencontres à l’université Paul Valéry, le récent renouveau des études renouviéristes bénéficie d’un double effort. La bibliothèque universitaire a entrepris l’inventaire du fonds Renouvier, essentiellement brouillons et lettres sauvés de la dispersion par Gérard Pyguillem. La récente réédition de L’Organisation communale (Lacour, Nîmes) devrait être suivie de publications similaires favorisant l’accès à quelques uns des nombreux ouvrages d’un auteur trop longtemps négligé.

Un peu moins de trois quarts de siècle, telle est la durée de la présence des Renouvier à Montpellier. C’est en effet à Loupian, au diocèse d’Agde, que Barthélèmy Renouvier a vu le jour le 6 septembre 1749. L’acte de baptême du 10 présente le père, Jean-Marie, comme « bourgeois », indice de, richesse et de notabilité locale, tant pour l’époux d’Élisabeth Maigne, la mère, que pour le grand-père paternel, Barthélémy, parrain du nouveau-né. Quelque vingt-huit ans plus tard ce dernier, toujours à Loupian, fait baptiser le 28 juin 1777, Jean-Antoine, le fils que vient de lui donner le 20 sa femme, née Françoise Vaquier. Sa qualité d’« avocat en parlement » indique qu’il ne plaide pas. Instruit, fortuné et oisif, il peut prendre une part active aux débats de la communauté de Loupian le 11, janvier 1789, siéger le 5 à Pézenas à la délibération des trois ordres du diocèse d’Agde, et plus tard à l’assemblée du Tiers État de la sénéchaussée de Béziers. L’année suivante, il est l’un des sept représentants du canton de Mèze à la réunion, dans l’église montpelliéraine de la Merci, pour la désignation des membres de l’assemblée départementale. Son élection à cette instance, le 16 juin 1790, et ses réélections, les 19 septembre 1791 et 14 novembre 1792, ne tardent pas à le fixer à Montpellier, même s’il n’appartient pas au directoire permanent. Pendant le conflit entre les autorités héraultaises et la Convention, Renouvier se signale par son absence aux séances du 12 au 17 juin 1793. S’il est présent à nouveau dès le 18, il a évité de se compromettre avec le fédéralisme bientôt vaincu, ce qui lui vaut de siéger dans trois des comités restreints constitués par le conseil du département le 10 juillet, sûreté générale, fournitures pour l’armée, impressions, et surtout de figurer dans la minorité qui échappe le 21 octobre à l’épuration opérée par le représentant en mission Boisset. La confiance de ce dernier lui vaut, quelques jours plus tard, d’être maintenu au comité de surveillance établi dans l’Hérault le 9 avril et réorganisé le 30 octobre. Après le 16 décembre, la mise en application de la loi du 14 frimaire an II supprime certes l’échelon départemental de police politique, mais Renouvier est nommé par Bnisset le 31 décembre 1793 au directoire dont les douze membres sont désormais seuls responsables de l’administration de l’Hérault. Il en est écarté le 20 février 1795 lorsque le représentant Girot-Pouzol doit réduire l’effectif à cinq. Bien que conservant maison, bergeries, vignes, champs et olivettes à Loupian, il est désormais considéré comme montpelliérain et il est, à ce titre, sollicité sans succès en mars 1796 pour compléter la municipalité. Il faut le coup d’État du 18 fructidor et la destitution des administrateurs élus du département pour ramener à la vie publique l’ancien membre de la société populaire régénérée du 1er nivôse an II. Mais des cinq républicains alors nommés par arrêté du Directoire du 23 fructidor an V et installés le 21 septembre 1797, un seul surmonte l’épreuve des élections du printemps suivant 1.

Barthélémy Renouvier, ou plutôt Jean-Barthélémy puisqu’il s’attribue désormais un prénom supplémentaire, se consacre à ses intérêts personnels et bientôt au mariage de son fils unique. C’est le 29 avril 1802 que Jean-Antoine, qui a perdu sa mère et qui n’a pas d’activité professionnelle puisqu’il se définit comme propriétaire, épouse à Montpellier où il est domicilié, Marie-Agathe-Élisabeth Crassous dont la famille, depuis le XVIIe siècle, s’est illustrée dans le droit comme dans la médecine. Le père, l’avocat Aaron Crassous, vice-président de l’administration du département en juillet 1790 et en septembre 1792, a repris, après la Terreur, une ascension le conduisant à la présidence du tribunal criminel, au Conseil des Cinq Cents, au Tribunat, et enfin au Sénat en 1801, l’année de sa mort. Témoin du mariage, son neveu Paulin se présente comme homme de lettres domicilié à Paris où il a en fait réussi à traverser sans encombre la période révolutionnaire dans l’administration centrale des finances, et il entre en 1807 à la Cour des Comptes. La grande bourgeoisie montpelliéraine, à laquelle Jean-Antoine se trouve ainsi lié, a conservé de l’épreuve révolutionnaire, le souvenir de l’exécution de l’un des siens, le maire Durand impliqué dans la protestation fédéraliste de juin 1793. Si elle apprécie dans le régime impérial le retour à l’ordre, elle déplore le déclin industriel et commercial d’une ville, par ailleurs privée par le découpage départemental, de la traditionnelle fonction de commandement régional que ne rétablissent que partiellement la création de la cour d’appel et une incomplète restauration universitaire. Sa fortune foncière, la piété de ses femmes la rapprochent de l’aristocratie catholique ralliée pour le moment à Napoléon, mais demeurée royaliste. Est-ce par esprit d’opposition que Jean-Barthélémy Renouvier reste à l’écart des nouvelles institutions ? Il n’arbore que la qualité de propriétaire pour déclarer successivement à la mairie ses trois petits-enfants, Léa née le 16 février 1803, Jules venu au monde le 14 décembre 1804, et Charles qui voit le jour le 11, janvier 1815. En s’abstenant deux jours plus tard, de signer l’acte de baptême du dernier, l’ancien révolutionnaire manifeste peut-être un éloignement persistant de l’Église, mais son décès, le 21 juillet 1822, est suivi d’imposantes obsèques religieuses 2.

Il est vrai qu’il a accepté d’être nommé le 30 décembre 1814 par le gouvernement clérical de la Restauration au conseil municipal de Montpellier où, installé le 16 février 1815, il est demeuré jusqu’à sa mort. Reniement de l’intéressé ? Largeur de vues du nouveau pouvoir ? Ou tout simplement faible importance de la fonction, et difficulté de trouver des hommes riches disponibles ? Avec 923,86 francs de contributions payées exclusivement dans le département, Renouvier père arrivait en 1813 au 78e rang des cent plus imposés de la ville. Ses revenus annuels étaient alors évalués à 10 000 francs, 4 000 sous la Restauration ; loin des 15 000 du maire Dax d’Axat, ils ne le classent pas pour autant parmi les moins fortunés des conseillers. Nommé adjoint par ordonnance royale du 31 janvier 1815, le fils, Jean-Antoine, atteindrait par ailleurs 3 000 francs. Installé dans le poste le 11 février, il en est écarté aux Cent Jours pour se retrouver promu conseiller de préfecture par arrêté du marquis de Montcalm en date du 20 juillet 1815. Ainsi distingué en pleine Terreur blanche par celui qui, sous le titre de commissaire du roi dans le département, conduit l’épuration et la répression contre les républicains et les bonapartistes, il se situe clairement dans le camp de la réaction, un passé plus tard encombrant qu’il lui faudra tenter d’intégrer dans une cohérence libérale. De cette dernière, il n’est évidemment pas question le 15 août 1815 lorsque le nouveau conseiller de préfecture demande au ministre de l’Intérieur, son maintien dans l’emploi procuré par la faveur d’un chef de bandes, aux pouvoirs juridiquement douteux. Satisfaction est accordée par l’ordonnance royale du 9 janvier 1816 qui confirme les nominations de Renouvier et Pierre-Marie Polier, en remplacement de Pierre-Hilaire Clément et d’André Verdier, et aux côtés de Durand-Eustache-Louis de Paul en poste depuis 1808. En 1821, la succession de Polier, décédé, échoit à Arthur Roche, cousin par alliance de Renouvier puis-que fils de la sœur d’Aaron Crassous, avant de passer, au printemps de 1830, à Raimond Guibal. Ce dernier a suivi la même filière que Renouvier et Roche puisqu’il abandonne après eux, la fonction d’adjoint au maire de Montpellier pour entrer au conseil de préfecture. La révolution de juillet interrompt sa carrière comme celle de Durand de Paul, ou celle de Roche, secrétaire général de l’Hérault depuis le 28 décembre 1829. Quant à Renouvier, il démissionne le 21 juillet 1831 après avoir été réélu député par l’arrondissement de Lodève 3.

Maison Renouvier, 22, Boulevard du Jeu de Paume è Montpellier (cliché : L. Damelet, 2001).
Maison Renouvier, 22, Boulevard du Jeu de Paume è Montpellier
(cliché : L. Damelet, 2001).

Incompatibilité entre l’accomplissement d’une tâche administrative et l’exercice d’un mandat parlementaire ? Entré à la Chambre en 1827, Renouvier a déjà fait l’expérience du cumul. Fidélité à la branche aînée des Bourbons ? Il y a maintenant près d’un an que celle-ci a été chassée. Ou plutôt évolution vers le « mouvement », c’est-à-dire une opposition de gauche sinon républicaine, bien loin de l’attitude de celui qui, en 1825, donnait en mariage sa fille Léa au fils, né le 3 décembre 1788, de « haut et puissant seigneur Messire François-Laurent d’Albenas, baron de Loupian, citoyen de Sommières » ? Le conseiller de préfecture ne pouvait manquer de voir dans cette alliance posthume avec celui qui avait été le maître du village pendant son enfance, la consécration de l’ascension familiale, même si les d’Albenas n’avaient acquis la baronnie que sous Louis XV. En même temps que baronne, Léa devenait femme d’officier puisque le marié était chef de bataillon dans un régiment d’infanterie en garnison à Pampelune. Fils d’un ancien révolutionnaire, Jean-Antoine n’éprouvait aucune réticence face à un gendre directement engagé dans la répression du mouvement libéral en Espagne. Il est vrai qu’il s’était apparemment accommodé, à Montpellier même, des dénis de justice de la cour prévôtale de l’Hérault en 1816, et de l’atmosphère pénitentielle que symbolisait l’érection par la ville, d’une statue de Louis XVI 4.

En 1827, sa candidature devant le collège électoral de l’arrondissement de Montpellier ne se plaçait certes pas sous le signe du libéralisme dont la cause était soutenue par Alexandre-Simon Pataille. En totalisant au premier tour dans les deux sections qui avaient siégé séparément au chef-lieu le 18 novembre, 260 voix sur 543, ce magistrat révoqué, maintenant inscrit au barreau de Nîmes, devançait trois fonctionnaires, Renouvier, l’avocat général de Ricard, et Arthur Roche, respectivement crédités de 176, 74 et 17 suffrages. Le lendemain, au ballottage, le nombre des votants grimpait à 599, et Pataille, en progressant de 48 voix, obtenait la majorité absolue contre Renouvier à qui l’effacement de Ricard et Roche avait procuré un gain de 102. Il revenait donc au réactionnaire collège de département, composé des électeurs les plus riches, de donner quelques jours plus tard au conseiller de préfecture, son premier siège parlementaire. Le nouveau député s’écartait cependant du conservatisme de ses mandants pour se prononcer contre le ministère Polignac en votant l’adresse du 17 mars 1830. Conscient de la difficulté d’une réélection par le collège de département, il se présentait parallèlement dans deux circonscriptions le 24 juin 1830. A Montpellier où Durand-Fajon réunissait, dès le premier tour, 400 suffrages sur 731, il devait se contenter de 106, beaucoup moins qu’en 1827, alors que Pataille, monté jusqu’à 321, n’était battu que par la croissance de l’effectif des votants. C’était un résultat prometteur que lui offrait au contraire Lodève le même jour: les électeurs s’étant partagés exclusivement entre le sortant Ratyé de la Peyrade et lui-même, il était certes vaincu dès le premier tour, mais d’une voix seulement. Le 4 juillet, le collège de département plaçait lui aussi les deux sortants en tête, avec un écart de 10 entre Daudé d’Alzon qui se trouvait réélu, et Renouvier qui restait seul en lice le lendemain face au sous-préfet de Béziers. Passant, grâce au retrait des deux autres candidats, de 114 à 197 suffrages, Brunet de Villeneuve devançait alors Renouvier qui reculait légèrement de 191 à 188 sur 390 votants. En fait, les vainqueurs, Ratyé de la Peyrade, Daudé d’Alzon et Brunet de Villeneuve, n’allaient pas tarder à abandonner leurs sièges après la révolution, occasion pour Renouvier de remporter dès le 22 octobre un facile succès à Lodève en grimpant de 138 voix sur 277 à 165 sur 196. Une réélection aisée, le 6 juillet 1831, n’empêche pas celui que le Courrier de l’Hérault a alors classé politiquement à gauche comme « ami de M. Cormenin », de renoncer à se représenter en juin 1834, au grand soulagement de l’administration, inquiète de la pression familiale en faveur d’une nouvelle candidature qui pourrait compromettre les chances de Fumeron d’Ardeuil. La courte victoire de cet ancien préfet de l’Hérault soulève la protestation de Renouvier : son annulation ouvre la voie à l’élection, en septembre 1834, de Charamaule, un des animateurs du parti du « mouvement » dans le département. Quant à Renouvier, il borne dès lors ses ambitions au conseil municipal de Montpellier où il est entré le 29 mars 1833 lorsqu’ont été organisées les premières élections. Il obtient un second mandat le 5 décembre 1834 dans le cadre du renouvellement de la moitié des conseillers, une opération effectuée ensuite tous les trois ans. Plus nombreux que pour la désignation des députés, les quelque 1 500 électeurs sont répartis entre 9 sections nommant chacune 4 représentants en 1833, 2 au moins à chacun des scrutins suivants. Sur le tableau imprimé après les élections de 1843, l’ancien parlementaire, avec ses 78 voix du 9 juillet 1840, se situe au 17e rang des conseillers classés en fonction du nombre de suffrages obtenus. En marge, la mention manuscrite de la tendance politique de chacun le place parmi les 5 « constitutionnels douteux », critiques à l’égard du ministère Guizot sans hostilité de principe au régime, à l’encontre des 2 républicains et des 14 « légitimistes prononcés ». Quant aux « constitutionnels prononcés », le parti du maire nommé par le gouvernement, Zoé Granier, ils sont eux aussi 14, un siège étant alors vacant 5.

Faut-il expliquer le passage à gauche du député ministériel de 1827 par l’influence de son fils aîné ? Jules Renouvier, dont la jeunesse est, à vrai dire, mal connue, semble s’être rapidement dégagé de l’étouffant conformisme du Montpellier de la Restauration. Inscrit depuis 1828 au barreau de sa ville natale, il peut, grâce à la fortune familiale, consacrer du temps aux causes qui lui sont chères, tel le saint-simonisme auquel il a adhéré dans la capitale, et pour lequel il entreprend, avec son confrère Prosper Fraisse et le professeur de médecine François Ribes, une campagne de propagande en février 1831. Un an plus tard, le trio rejette la tutelle d’Enfantin et se trouve accompagné dans la rupture par le protestant Henri Panier, adjoint au maire depuis juillet 1831. L’administration municipale nommée ce mois-là est proche du « mouvement », et c’est cette même politique que soutient le Courrier du Midi dont la publication débute le 3 janvier 1832. Le comité de rédaction de ce tri-hebdomadaire associe au lithographe Boehm et à l’étudiant en médecine Baraduc, un groupe de jeunes juristes, Fraisse et Jules Renouvier mais aussi l’avoué Napoléon Boyer et trois magistrats nommés par le nouveau régime : Félix Lacroix, substitut du procureur du roi et neveu du député Charamaule, Philippe de Saint-Paul, substitut du procureur général, Joseph Grasset, juge suppléant au tribunal. Certains de ces rédacteurs ont collaboré depuis la révolution aux prédécesseurs du nouveau journal montpelliérain, Le Véridique, puis de mai à décembre 1831, le Courrier de l’Hérault. Ils signent de leurs initiales, ce qui permet de reconnaître Jules Renouvier comme l’auteur des réflexions sur les États-Unis du 21 janvier et du compte rendu des Feuilles d’automne de Victor Hugo du 18 février 1832. Dès juin, le comité disparaît. Comment coopérer à une feuille qui, comme naguère Le Véridique, survit grâce au soutien de l’administration, alors que le gouvernement du pays est confié depuis mars 1831 au parti de la « résistance », bien décidé à clore le processus révolutionnaire ? La contradiction pouvait être surmontée à Montpellier où, contre les légitimistes, les autorités s’appuyaient sur le « mouvement », mais cette alliance est rompue après la répression de l’émeute parisienne de juin 1832 que suit bientôt la nomination d’une municipalité conservatrice 6.

Les rédacteurs se dispersent. Ceux d’entre eux qui veulent poursuivre une carrière dans la magistrature sont tenus au conformisme politique, ce qui ne les empêche pas de maintenir les liens avec les éléments indépendants qui demeurent à Montpellier et dont ils partagent les curiosités. Saint-Paul, l’un des six premiers membres de la Société archéologique créée dans la ville par arrêté municipal du 23 septembre 1833, participe aussitôt, à ce titre à la cooptation de six nouveaux confrères, dont Jules Renouvier qui assure, le premier, la présidence de la compagnie. Lorsque l’effectif se trouve bientôt porté à 25, ils sont rejoints par Grasset et par l’avocat Daudé de Lavalette, l’un des animateurs des légitimistes Mélanges occitaniques. Dans une ville de quelque 35 000 habitants, l’âpreté des luttes politiques n’interdit pas des relations courtoises entre des notables appelés à se côtoyer quasi quotidiennement, mais il s’agit plutôt d’une véritable amitié entre Saint-Paul qui devait disparaître prématurément, et Jules Renouvier qui allait s’en faire en 1841 le biographe dans les Mémoires de la Société archéologique de Montpellier 7.

Jules ne réserve pas ses travaux d’érudition à cette publication locale, mais collabore aussi au Bulletin monumental fondé par le Normand Arcisse de Caumont. Sa compétence en matière de gravure le conduit en 1840, sous le pseudonyme de Louis Lebrun, à présenter, par le biais d’un commentaire iconographique, les grisettes de Montpellier aux lecteurs du Babillard. Le badinage de ce « journal des théâtres et des salons » du chef-lieu fait contraste avec l’austérité du Courrier du Midi dont le feuilleton accueille en 1842, sous la signature de J. R., l’évocation d’un jeune graveur récemment disparu, Ernest Lafontan. Lancée par Achille Jubinal, chargé des fonctions de professeur à la faculté des lettres rétablie en 1838, la Revue du Midi offre plus d’espace en 1843 pour débattre de l’attribution d’un tableau du musée Fabre, comme pour analyser les effets du développement du goût de l’histoire en France. Elle propose, la même année, une étude de Charles sur la philosophie de Rabelais. Bien qu’elle continue de paraître mensuellement jusqu’en 1845, le frère puîné semble avoir borné là son concours à la presse héraultaise. Il est vrai que depuis 1829, date de son départ pour le collège Rollin, il a davantage vécu dans la capitale qu’en Languedoc, où il ne semble pas avoir établi des relations étroites avec les condisciples nommés dans les palmarès publiés par Le Véridique. En 1827, la seule année où il ait obtenu des prix au collège royal de Montpellier, Charles côtoyait en classe de 4e, Amédée de Ginestous qui allait mener jusqu’en 1878 dans la ville, la vie d’un homme d’œuvres et d’un notable légitimiste, un moment conseiller municipal, Jean-Jacques-Isidore-Alcide Paladilhe qui, docteur en médecine en 1838, devait contribuer en amateur à la connaissance de la géologie locale, et Émue Saisset. Entré à Normale supérieure, ce dernier entamait, loin de l’Hérault, une carrière destinée à s’achever à la chaire d’histoire de la philosophie de la Sorbonne, tandis que Charles, sorti de Polytechnique en 1836, choisissait de ne pas exercer d’activité professionnelle. Ce refus ramenait certes le jeune bourgeois à la maison paternelle du boulevard Saint-Guilhem, mais ne lui interdisait pas de séjourner de plus en plus à Paris où le retenaient ses amitiés, son travail philosophique, et surtout sa liaison durable, nouée vers 1840, avec Anne-Marie Rosoir, et dissimulée à la famille. S’il est en 1847 des soixante premiers membres de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, Charles est remplacé dès l’année suivante dans cette compagnie à la vie de laquelle Jules prend, au contraire, une part active attestée par d’abondantes contributions aux deux premiers tomes des Mémoires de la Section des lettres, aux côtés des travaux de Grasset, de l’archiviste départemental Eugène Thomas, ou encore d’Alexandre Germain, professeur d’histoire à la faculté des lettres 8.

Depuis le décès de la mère en 1844, le cadet trouve d’ailleurs moins de raisons de s’attarder dans sa ville natale, où le deuil n’empêche pas l’aîné de revenir résolument à l’engagement politique9. L’opposition de gauche s’est dotée à Montpellier en 1844 d’un organe tri-hebdomadaire. Il est malaisé de mesurer le rôle vraisemblablement très important de Jules dans le lancement de L’Indépendant, et le concours apporté à la rédaction ne s’est certainement pas limité aux considérations de J. R. sur Giotto et Memling de juillet 1846. Trois semaines après cette contribution artistique au feuilleton, le journal publie l’appel du candidat à la députation de l’arrondissement de Lodève. Si Jules échoue devant le sortant Viger le 2 août, il est plus heureux à Montpellier où il succède brillamment à son père au conseil municipal le dimanche suivant 9, ses 110 voix le plaçant au 6e rang du tableau 10.

Les colonnes de L’Indépendant sont ouvertes à Bouchet-Doumenq, gros contribuable taxé à 1 256,78 francs de contributions pour ses propriétés d’Avignon, Saint-Brès et Montpellier, et animateur du groupe fouriériste local visité en 1844 par Flora Tristan. C’est sans doute lui qui adresse au journal le communiqué consécutif au banquet organisé le 7 avril 1846 pour célébrer l’anniversaire du fondateur de la doctrine, un texte à l’origine d’une polémique avec le Courrier du Midi. Publiées les 26 avril et 28 mai, ses réponses à la feuille gouvernementale n’engagent pas L’indépendant mais la seule école sociétaire. Les initiales B.D. qui les signent suivent aussi, ces mêmes mois, trois chroniques du salon montpelliérain de peinture. La présence d’un portrait de Fourier parmi les œuvres évoquées laisse d’autant moins de doute sur l’identité du rédacteur qu’il s’agit d’une gravure sans rapport avec l’exposition. Celle-ci fait également l’objet de comptes-rendus de Bouchet-Doumenq en avril 1847. Le riche phalanstérien semble en 1848 consacrer davantage de temps au journal, dont il est le porte-parole le 4 octobre aux obsèques du rédacteur en chef, Léon Rouvière. Né en 1810, il n’a été le condisciple d’aucun des frères Renouvier dont l’ont rapproché l’intérêt pour l’art, les convictions politiques, la collaboration à L’Indépendant. Exilé après le coup d’État, il se fixe en Vaucluse à son retour en France, et c’est pour le retrouver que Charles s’installe en 1865 au Pontet, les deux amis, passés au protestantisme, n’étant séparés que par la mort de Bouchet-Doumenq le 28 juillet 1884 11.

L’année suivante, Charles perd, le 9 octobre 1885, sa sœur Léa qui, veuve du baron d’Albenas, est la dernière à Montpellier à avoir porté le nom de Renouvier, puisque le père, Jean-Antoine, est décédé le 10 mars 1863 après Jules, disparu dès le 22 septembre 1860& 12.

Le frère aîné avait alors renoncé depuis longtemps à la politique après avoir joué un rôle de premier plan dans l’installation du régime républicain dans l’Hérault. S’étant prononcé, au banquet réformiste montpelliérain du 5 décembre 1847, en faveur du suffrage universel, il était, à l’arrivée des nouvelles de la révolution parisienne, porté en même temps que trois autres conseillers municipaux du chef-lieu à la commission alors formée pour prendre la charge de l’administration du département, une tâche qu’il assumait bientôt personnellement en qualité de commissaire du gouvernement provisoire, avec le concours de deux adjoints successifs. Démissionnaire le 3 avril, il était, à la fin du mois, avec 41 502 voix, au 5e rang des 10 élus de l’Hérault à la Constituante. Activement engagé en faveur de Cavaignac pour l’élection présidentielle du 10 décembre 1848, il se trouvait écarté au printemps suivant par le congrès central de Pézenas qui choisissait de présenter six hommes nouveaux derrière Ledru-Rollin et un seul sortant héraultais, Brives. Ces deux noms figuraient aussi sur la liste du congrès républicain de Montpellier, aux côtés de ceux de trois autres constituants, dont Renouvier. Mais les modérés se trouvaient devancés à la fois par les conservateurs qui obtenaient six sièges, et par les éléments plus avancés du congrès de Pézenas qui, tout en assurant le succès de Brives et Ledru-Rollin, plaçaient leurs six autres candidats en tête des battus. L’échec de Renouvier s’inscrivait dans un rejet atteignant l’ensemble des sortants héraultais dont aucun ne figurait parmi les seize premiers, à l’exception de Brives et de Charamaule, ce dernier se faisant cette fois-ci élire sur la liste conservatrice 13. Il ramenait, en tout cas, l’érudit à ses travaux personnels et aux sociétés savantes, objets exclusifs de ses efforts jusqu’à ses derniers moments pour lesquels il recevait l’assistance de l’abbé Flottes, son confrère de l’Académie et le directeur de conscience des dames Renouvier et d’Albenas 14.

Si Albert d’Albenas, l’aîné des fils de Léa Renouvier, est le légataire des collections de son oncle Jules, le second, Georges, né en 1827, joue un plus grand rôle dans la vie artistique locale puisqu’après avoir siégé à la commission consultative pour l’achat des tableaux, il est nommé, par arrêté municipal du 26 juin 1902, conservateur du musée Fabre, une fonction qu’il ne quitte qu’avec la vie aux premiers mois de la guerre 15. Quant à Jules d’Albenas, né en 1862, l’un des fils d’Albert, et donc l’un des petits-neveux des frères Renouvier, il achève son existence comme président, de 1928 à 1930, du conseil d’administration du quotidien royaliste montpelliérain, L’Éclair, en recherchant les moyens de continuer à publier les communiqués des organisations d’Action française sans encourir les foudres épiscopales, une destinée peut-être dans la ligne de celle du grand-père, le baron Jean-Joseph-Xavier-Séraphin-Désiré, officier des armées de la Restauration, mais en rupture complète avec le républicanisme des grands-oncles 16.

Notes

1.Paroisses et communes de France. Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Hérault par Claude Motte, Paris, 1989. Arch. dép. Hérault, registres paroissiaux de Loupian ; L 656 ; L 659 ; L 660 ; L 1577 ; L 5514, registre des membres composant la société populaire régénérée de Montpellier, 1er nivôse an II, p. 25 ; L 5748. Jean-Pierre Donnadieu, Découverte du cahier de doléances de Loupian, Études héraultaises, 1995-1996, P. 131-142. Id., États généraux de 1789. Sénéchaussées de Béziers et Montpellier (procès-verbaux et cahiers de doléances), Montpellier, 1989, p. 405. Procès-verbaux des séances de l’assemblée administrative du département de l’Hérault pendant la Révolution (1790-1793), 4 vol., Montpellier, 1889-1898, tome 1 p. 382, 383, 392 et 408, tome 2 p. 413, tome 3 p. 205, 209-227 et 275, tome 4 p. 152-155, 191, 192 et 476. Joseph Duval-Jouve, Montpellier pendant la Révolution, 2 vol., Montpellier, 1879-1881, réimpression, Marseille, 1974, tome 1 p. 96, 98, 120, 122, 124, 131 et 181, tome 2 p. 17, 18, 49, 115-117, 123, 142, 143, 216, 271, 289, 290, 320, 349-351 et 372. Gérard Cholvy, Histoire de Montpellier, Toulouse, 1984, p. 239-241. Nicolas Branchard, Le comité général de surveillance du département de l’Hérault (avril 1793-frimaire an II), maîtrise, histoire, Montpellier, 1991.

2.Arch. dép. Hérault, mariage à Montpellier du 9 floréal an X : naissances à Montpellier de Marie-Jeanne-Françoise-Léa (acte du 28 pluviôse an XI), de Jules-Maurice-Barthélémy (acte du 24 frimaire an XIII) et de Charles-Bernard-Joseph Renouvier (acte du 2 janvier 1815) ; décès à Montpellier de Jean-Barthélémy Renouvier (acte du 22 juillet 1822). Louis Foucher, La jeunesse de Renouvier et sa première philosophie (1815-1854), Paris, 1927, p. 6-10 et 220. Marcel Méry, La critique du christianisme chez Renouvier, 2 vol., Paris, 1952, tome 1 p. 29-34. Sur les Crassous Dictionnaire de biographie française; Louis de La Roque, Biographie montpelliéraine. Professeurs et agrégés de la faculté de droit de Montpellier (1160-1791), Montpellier, 1877 ; Louis Dulieu, La médecine à Montpellier, tome 3, L’époque classique, 1re partie, Avignon, 1983, p. 41, 116 et 181, 2e partie, Avignon, 1986, p : 871 et 1049 ; Jean-Claude Gégot, Le personnel judiciaire de l’Hérault (1790-1830), thèse, 3e cycle, histoire, Montpellier, 1975, p. 216, 217, 331, 332, 334 et 335 ; Joseph Duval-Jouve, ibidem, tome 1 p. 131 Procès-verbaux…, ibidem, tome 2 p. 124 ; La Cour des comptes, Paris, 1984, p. 430-432 et 1023.

3.Arch. dép. Hérault, 2 M 104 ; 2 M 20 ; 2 M 19 ; 3 M 141, liste des 100 plus forts contribuables des villes du département au-dessus de 5 000 habitants, 1813. Roland Andréani, De l’École militaire de Paris à la mairie de Montpellier le marquis de Dax d’Axat (1767-1847), Les armes et la toge. Mélanges offerts à André Martel, Montpellier, 1997, p. 297-306. Id., Une collection montpelliéraine oubliée la galerie Montcalm, Mécènes et collectionneurs, volume 2, Lyon et le Midi de la France, sous la direction de Jean-René Gaborit, Paris, 1999, p. 143-154. Christian Hérail-Gilly, Terreur rouge, terreur blanche dans le Midi, Nîmes, 1992. Christiane Lamoussière et Patrick Laharie, Le personnel de l’administration préfectorale 1800-1880, Paris, 1998, p. 559, 607, 619 et 866-868.

4.Arch. dép. Hérault, baptême à Loupian le 7 décembre 1788 et mariage à Montpellier le 5 avril 1825 de Jean-Joseph-Xavier-Séraphin-Désiré d’Albenas. Sur la famille d’Albenas : Dictionnaire de biographie française, Michel Vidal, La cour prévôtale du département de l’Hérault, Annales du Midi, 1975, p. 289-311. Louis-J. Thomas, La statue de Louis XVI à Montpellier, Bulletin de l’Académie des sciences et des lettres de Montpellier, 1930, p. 85-115.

5.Arch. dép. Hérault, 3 M 1139 ; 3 M 1140 ; 2 M 136. Adolphe Robert, Edgard Bourloton et Gaston Cougnv, Dictionnaire des parlementaires français, 5 vol., Paris, 1891. Bernard Gaudillère, Atlas historique des circonscriptions électorales françaises, Genève, 1995. André Mater, Le groupement régional des partis politiques à la fin de la Restauration (1824-1830), La Révolution française, 1902, tome 42 p. 406-463. Sur Armand-Jean-Lambert Brunet marquis de Villeneuve: Christiane Lamoussière et Patrick Laharie, ibidem, p. 153. Courrier de l’Hérault, 30 juin 1831, p. 1. Courrier du Midi, 30 mars 1833 p. 2, 6 décembre 1834 p. 2, 11 juillet p. 3, 30 juillet 1840 p. 3 et 4.

6.Jules Renouvier, Histoire de l’art pendant la Révolution considéré principalement dans les estampes, ouvrage posthume de Jules Renouvier, suivi d’une étude du même sur J-B. Greuze. Avec une notice biographique et une table par M. Anatole de Montaiglon, Paris, 1863. Annuaire administratif, statistique et commercial du département de l’Hérault, 1838, p. 106. Louis Foucher, ibidem, p. 16-18. Marcel Méry, ibidem, tome 1 p. 54-56. Magali Schaeffer, Le mouvement saint-simonien et son influence dans la région languedocienne, thèse, droit, Montpellier, 1968, p. 114-126, 387-390 et 418. Sur Parlier et Ribes : Louis Dulieu, La médecine è Montpellier, tome 4, De la première à la troisième république, 2e partie, Avignon, 1990, p. 863 et 889-891. Roland Andréani, La presse quotidienne de Montpellier des origines à 1944, thèse, lettres, Toulouse, 1989, p. 191-197, 277 et 318. Courrier du Midi, 3 janvier p. 1 et 2, 19 janvier p. 3, 21 janvier p. 2 et 3, 14 février p. 3 et 4, 18 février p. 3 et 4, 25 février p. 4, 28 février 1832 p. 4.

7.Roland Andréani, La presse…, ibidem, p. 257-273. Jules Renouvier, Notice littéraire sur M. Ph. de Saint-Paul, Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, tome 2 p. 41-54. Centenaire de la Société archéologique de Montpellier (1833-1933), Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, 2e série, tome 10, 2e fascicule, p. 1-46.

8.Roland Andréani, La presse…, ibidem, p. 280-288, 293-297, 330 et 553. La faculté des lettres de Montpellier. Livre du VIIe centenaire, Montpellier, 1946. Sur Jubinal : Dictionnaire de biographie française. Revue du Midi, 1843, tome 1 p. 83-89, 181-199 et 388-408. Le Babillard, 21 juin 1840 p. 1 et 2. Courrier du Midi, 8 décembre 1842 p. 1 et 2. Marcel Méry, ibidem, tome 1 p. 30, 41, 58-61 et 356-358. Le Véridique, 9 septembre 1825 p. 3, 7 septembre 1827 p. 3, 11 septembre 1828 p. 3. Sur Paladilhe : Louis Dulieu, ibidem, tome 4, 2e partie p. 997. Sur Émile Saisset : Christophe Charle, Les professeurs de la faculté des lettres de Paris. Dictionnaire biographique 1809-1908, Paris, 1985. Académie des sciences et lettres de Montpellier. Répertoire des académiciens (1847-1992). Listes des fauteuils et de leurs titulaires successifs. Sections : Sciences. Lettres. Médecine, Montpellier, 1992, Académie des sciences et lettres de Montpellier. Mémoires de la Section des lettres, 1847-1854 p. 91-118, 422-538 et 587-807, 1855-1857 p. 27-152 et 177-316. Louis Secondy, Un fécond pionnier de l’histoire régionale, Germain, professeur et doyen de la faculté des lettres de Montpellier (1838-1886). L’homme et l’historien, L’université de Montpellier, ses maîtres et ses étudiants depuis sept siècles 1289-1989, Montpellier, 1995, p. 243-254.

9.Arch. dép. Hérault, décès à Montpellier le 25 octobre 1844 de Marie-Agathe-Élisabeth Crassous, épouse Renouvier.

10.  Roland Andréani, La presse…, ibidem, p. 304-309 et 326-331. L’Indépendant, 2 juillet p. 1 et 2, 23 juillet p. 1 et 2, 9 août p. 3, 11 août 1846 p. 2. Arch. dép. Hérault, 3 M 1821.

11.  Arch. dép. Hérault, 3 M 166, liste électorale pour 1847 du 1er canton de Montpellier. Flora Tristan, Le tour de France. Journal 1843-1844, 2 vol., Paris, 1980, tome 2 p. 143 et 150. L’Indépendant, 9 avril p. 3 et 4, 26 avril p. 1. 28 avril p. 1 et 2, 30 avril p. 1, 5 mai p. 1 et 2, 7 mai p. 1 et 2. 28 mai 1846 p. 1 et 2, 18 avril p. 1, 2 et 3, 22 avril p. 1 et 2, 29 avril 1847 p. 1 et 2, 5 octobre 1848 p. 1. Courrier du Midi, 11 avril p. 1, 7 mai p. 1, 23 mai p. 1 et 2, 4 juin 1846 p. 1. Roland Andréani, La presse…, ibidem, p. 331, 372, 374, 375, 378 et 450. Marcel Méry, ibidem, tome 1 p. 254, 292, 355 et 570.

12.  Arch. dép. Hérault, actes de décès à Montpellier des 10 octobre 1885, 11 mars 1863 et 22 septembre 1860.

13.  Émile Appolis, Les débuts de la seconde république dans l’Hérault, Revue historique et littéraire du Languedoc, 1948 p. 272-285. Christiane Lamoussière et Patrick Laharie, ibidem, p. 607 et 867. André-Jean Tudesq, L’élection du président de la république en 1848 dans l’Hérault, Annales du Midi, 1955 p. 331-340. L’Indépendant, 30 avril 1848 p. 1, 6 mai p. 1, 20 mai 1849 p. 2.

14.  Marcel Méry, ibidem, tome 1 p. 38, 60 et 61. Sur Flottes : Dictionnaire de biographie française.

15.  Arch. dép. Hérault, naissances à Montpellier le 14 mars 1826 (acte du 15) de Jean-Marie-Albert, et le 3 septembre 1827 (acte du 4) de Georges-Marie-Gustave d’Albenas. Dominique Laredo, La vie artistique à Montpellier de 1870 à 1918, thèse, histoire de l’art, Montpellier, 1991, p. 241, 297, 310, 317, 378, 379 et 572 notamment.

16.  Arch. dép. Hérault, naissance à Montpellier le 22 juin 1862 (acte du 23) d’Henri-Léon-Jules d’Albenas. Roland Andréani, La presse…, ibidem, p. 1021 et 1077.