Les Possessions des Évêques d’Agde du IXe au début du XIIIe siècle
Les Possessions des Évêques d’Agde du IXe au début du XIIIe siècle
L’intérêt porté aux périodes grecques et gallo-romaines a longtemps éclipsé le passé médiéval de la région d’Agde. Or, récemment, le diocèse a fait l’objet de plusieurs études tendant à combler cette lacune regrettable 1. Ces études sont basées sur les cartulaires et les archives concernant Agde. Pour la période romane, en particulier, les copies, effectuées au XVIIIe siècle, des actes de deux cartulaires du chapitre et de l’évêché d’Agde, fournissent des informations précieuses 2. Elles permettent de compléter l’étude des monuments et des vestiges archéologiques bien rares pour cette époque.
I – Étude historique
D’après ces sources, il semble que la région d’Agde a connu, du IXe au XIIIe siècle, une situation économique brillante. En effet, Agde, port de la Méditerranée étape entre Marseille et l’Espagne, était relié à l’intérieur du pays par le fleuve sur les rives duquel la cité a été bâtie et par plusieurs voies terrestres. L’axe Est-Ouest était desservi par la voie domitienne, doublée, parallèlement, d’une seconde voie romaine. L’axe Sud-Nord conduit de Saint-Thibéry à Rodez par une troisième voie romaine qui complète la voie fluviale de l’Hérault. L’importance économique de ces axes, la fertilité naturelle du sol de cette vallée fluviale, expliquent l’ancienneté et la constance de l’habitat en ces lieux..
C’est ainsi qu’après plus de mille ans d’existence, la cité d’Agde a été choisie à la fin du Ve ou au début du VIe siècle comme siège d’un évêché.
a) Cadre géographique et historique du diocèse d’Agde
Ce diocèse dont les limites ne varièrent pas d’une façon notable du IXe siècle à la Révolution française, s’étendait sur les deux rives de l’Hérault, comme l’indique la carte de CASSINI en 1782 3.
A l’Ouest, le diocèse s’étendait sur la rive droite de l’Hérault, au delà de Vias et avant Portiragnes, comprenant Preignes-le-Vieux, Bessan, Saint-Thibéry, Nézignan-l’Evêque, Conas et Pézenas. La limite franchit l’Hérault à la hauteur d’un affluent, la Souzarède, passe au nord entre Saint-Pons-de-Mauchiens et Saint-Pargoire jusqu’à la montagne de Moure. Elle redescend à l’est de Villeveyrac, Loupian et Bouzigues. Elle traverse l’étang de Thau, à l’ouest de la pointe de Balaruc, bifurque vers l’Est, à partir de l’îlot de Roquerols pour s’achever vers le pont de Lapeyrade à l’est de Sète 4.
C’est dans ce cadre que l’évêque gouverna son diocèse. Aidé par son chapitre, il s’est efforcé d’accroître ses possessions aux dépens du vicomte d’Agde et de quelques seigneurs locaux, dans une lutte qui peut être scindée en deux étapes.
b) La survie de l’évêché d’Agde du ixe au milieu du XIIIe siècle
A côté de l’évêque qui détenait la souveraineté spirituelle de ces lieux, un vicomte d’Agde était le chef temporel. Le vicomte d’Agde apparaît sous le règne de Charles le Chauve 5. Ils portent également le titre de vicomte de Béziers 6. Il semble que les limites de la vicomté d’Agde, avant le milieu du XIIe siècle, correspondaient à celles du diocèse 7. Or jusqu’à cette date, le vicomte est tout puissant ; l’évêque et son chapitre traitent avec lui, ils essayent de se protéger contre ses agissements. Ils obtiennent ainsi, à plusieurs reprises, des vicomtes de Béziers et d’Agde, des actes les engageant à protéger les biens de l’église d’Agde 8.
Durant cette période, l’évêque détenait un certain nombre de lieux. Dès l’origine, l’évêque possédait sept villae ou castra sur les quarante neuf existants entre le IXe et le XIIIe siècle. Deux de ces villae ou castra furent données au chapitre. L’évêque partageait, en outre, la coseigneurie de quatre autres lieux. Ces différentes possessions étaient, à l’origine, éparpillées dans tout le diocèse.
Les fortifications subsistantes étant rares, il est difficile de retrouver les traces de l’intervention de l’évêque d’Agde, pour leur entretien ou leur restauration. Néanmoins, le chef de l’Église d’Agde semble s’être préoccupé de fortifier les lieux qui lui appartenaient dès l’origine, comme Agde et Nézignan. Il est possible qu’il ait, aussi, participé aux fortifications des coseigneuries.
L’étude des possessions des églises est moins incertaine. Sur les quatre-vingt deux églises inventoriées entre le IXe et le XIIIe siècle, dans le diocèse d’Agde, vingt cinq, dont une pour la moitié, appartenaient sûrement, dès l’origine, à l’évêque d’Agde. Dix, dont la moitié d’une, furent cédées au chapitre entre 1122 et 1133 9. D’autre part, deux églises qui tombaient en ruine, furent données à des monastères, en vue de restauration.
L’évêque s’est totalement désintéressé des villae, des castra et des églises situés sur la rive droite de l’Hérault, au sud de Saint-Thibéry. Son intérêt se portait sur les édifices situés au nord-est d’Agde, jusqu’aux limites de son diocèse, non loin de Pézenas et de Montagnac, et sur les bords de l’étang de Thau.
Planche I – Carte des lieux habités dans le diocèse d’Agde a l’époque romane
Jusqu’au milieu du XIIe siècle il est difficile de préciser quand intervint l’évêque dans la construction ou la réfection des édifices religieux, les textes étant muets sur ce point et les vestiges antérieurs à l’art roman étant également inexistants. On peut cependant noter que l’évêque délaissa deux monuments religieux, la basilique Saint André d’Agde et l’église Saint Pierre de Bessan, qui bien qu’appartenant à l’évêque d’Agde, tombaient en ruine. Elles furent données à deux monastères en vue de restauration.
Il semble que, jusqu’au XIIe siècle, la politique de l’évêque à l’égard de ses possessions, n’ait pas été nettement définie. Le prélat essaye par de nombreux achats, de constituer un patrimoine important. Mais, dans le même temps, il délaisse deux de ses plus anciens et plus importants édifices religieux.
Mais à partir du XIIe siècle, l’évêque a, pour politique dominante, de ne garder que quelques lieux situés dans une zone géographique restreinte, très bien desservie par des voies de communication faciles. Les autres lieux restent, cependant, la propriété de l’Église d’Agde, en étant transmis au chapitre.
c) Le triomphe de l’évêque d’Agde pendant la deuxième moitié du XIIe siècle
A partir de la seconde moitié du XIIe siècle, la position de l’évêque vis à vis du vicomte, est différente.
La situation du vicomte va se dégrader, à partir de 1150. Le 12 août 1950, mourut à Fanjaux le vicomte Roger, laissant ses deux frères, Raymond TRENCAVEL et Bernard ATON régler sa succession 10. L’accord eut lieu le 13 novembre 1150, par l’entremise de Rigaud, évêque d’Albi et de quelques seigneurs 11. A Bernard ATON, vicomte de Nîmes, revenait la partie du diocèse située sur la rive gauche de l’Hérault. Raymond se réserva le reste de la vicomté, moyennant la somme de trente mille sols melgoriens à raison de quarante sept sols et demi pour un marc d’argent. Bernard Aton, pour cela, renonçait à tout droit sur la succession de son frère. Il n’avait pas le droit de battre monnaie dans la vicomté d’Agde, où devait avoir cours la monnaie de Béziers. De plus, dans le diocèse d’Agde, les deux frères ne construiront aucun château, sans le conseil de l’autre. Par contre, ils peuvent réparer les châteaux qui existent.
Ainsi, dès 1150, la vicomté d’Agde, est séparée de celle de Béziers. Elle représente un territoire moins important que le diocèse. Le vicomte ne réside plus à Béziers, mais à Nîmes. Il est donc plus éloigné.
En outre, le vicomte Bernard ATON s’était engagé dans une guerre, que le roi d’Aragon, soutenait, en Provence, contre le comte de TOULOUSE 12. Le vicomte s’était ruiné pour lever et entretenir son armée. Il avait dû s’endetter à plusieurs reprises et l’un de ses créanciers était l’évêque d’AGDE 13.
Pendant la même période, la puissance de l’évêque s’était accrue. Il avait constitué autour de lui un réseau de vassaux dont les hommages sont plusieurs fois signalés dans les cartulaires d’Agde 14. Le prélat n’hésita pas à entrer alors dans une lutte ouverte contre le vicomte 15. Il obtint le soutien du roi. Pour cela, dans une première étape, il avait fabriqué un faux diplôme attribué à Charles le Chauve et daté de 848 16. Fort de cet écrit, l’évêque obtint de Louis VII un acte authentique portant l’inventaire de ses possessions 17.
De son côté, le chapitre avait obtenu une bulle du pape Adrien IV, en 1156, confirmant ses possessions 18. Les chanoines fabriquent, à leur tour, un faux diplôme de Louis VII, analogue à celui qui avait été délivré à l’évêque, et se rapportant à leurs biens 19.
Les rapports entre le vicomte et l’évêque changèrent donc, à partir de 1150. L’œuvre monumentale de l’évêque est parallèle à son œuvre politique.
Les possessions de villae et de castra ne varièrent pas jusqu’en 1187. L’évêque dût continuer à fortifier les lieux qui lui appartenaient, ou pour lesquels il partageait la coseigneurie.
L’étude des possessions des édifices religieux est plus nette. Leur nombre ne varie pas jusqu’en 1187. Cependant il semble que pendant cette période, l’évêque se soit particulièrement attaché à restaurer ses principaux édifices.
C’est le cas de la cathédrale Saint-Etienne d’Agde, de Nézignan-l’évêque et de Saint Martin de la Garrigue, édifices entièrement reconstruits. Ils ont conservé des vestiges de l’époque romane, tout à fait remarquables, caractérisant le goût languedocien « pour une architecture robuste et dépouillée » 20.
L’église Saint Martin de la Garrigue est un exemple des chapelles rurales construites au début du XIe siècle, par son plan, son élévation et sa décoration.
La nef et l’abside de Nézignan-l’Évêque évoquent les constructions du XIIe siècle.
Enfin, pour terminer, la cathédrale Saint Etienne est le plus majestueux édifice qui s’élève encore dans le diocèse d’Agde. Son caractère tout à fait particulier d’église fortifiée et bâtie en basalte donne à cet édifice une allure imposante et menaçante. Bâtie à partir de 1150 et conçue dès l’origine pour être fortifiée, il est possible que l’évêque ait voulu que cet édifice soit une arme supplémentaire dressée contre la puissance du vicomte. « Rien ne fait moins songer à une église, que ce cube altier, rayé de contreforts, où l’on n’accédait que par une porte dérobée » 21. Cependant, sa conservation exceptionnelle, due en particulier au matériau employé pour sa construction, en fait « le type le plus complet d’église romane fortifiée, et l’exemple le plus ancien des forteresses à machicoulis continus ». 22
Il semble donc que l’évêque d’Agde, à partir de 1150, et surtout pour les édifices religieux se soit attaché à reconstruire ou à réparer ses possessions. Cette politique pût être le fait d’un désir de prestige et de domination envers un vicomte dont la position devenait de plus en plus difficile.
Les différentes manœuvres du clergé d’Agde, la situation du vicomte, ses déboires financiers, contribuèrent à l’acte de donation de la vicomté par Bernard Aton. Il semble que le comte de Toulouse, voulant se débarrasser d’un vassal trop remuant, contraignit également Bernard Aton à cette donation 23.
Le don eut lieu, en Juin 1187, dans la chapelle Notre-Dame du Grau, devant l’autel 24. Cette donation est ambigüe et le comte de Toulouse intervient en Juillet 1187 pour clarifier la situation 25. Bernard Aton, sur l’ordre du comte de Toulouse, réitérera, alors, la donation de la vicomté, le 17 Juillet 1187 26. Il donne par cet acte, la vicomté ou la comté d’Agde, dans son intégrité. Cette vicomté est constituée par la cité d’Agde et le bourg, le castrum de Marseillan et celui de Loupian, et d’autres châteaux, villae, manses églises, fortifications faites ou à faire. Il s’ajoute, de plus, la permission de fortifier et de nombreux droits parmi lesquels se trouve la justice des causes criminelles et civiles.
Malgré quelques difficultés, 27 l’évêque devint vicomte d’Agde à partir de 1187. Il faut remarquer que l’évêque qui a un pouvoir spirituel étendu à la rive droite de l’Hérault, acquiert, alors, une puissance temporelle ne couvrant que l’est du diocèse, à partir de la rive gauche du fleuve.
Si, à partir de 1187, ses possessions devinrent plus importantes, l’évêque dût céder au roi, dès 1229, la plupart des lieux qui lui avaient été transmis par le vicomte d’Agde 28.
Cependant au XIIIe siècle, l’évêché avait, considérablement, affermi sa place, permettant à l’évêque, devenu le principal personnage de la région d’Agde, de consacrer son temps à la construction ou à la réfection de ses monuments dont le joyau était la cathédrale.
II – Étude archéologique
Les possessions des évêques d’Agde peuvent être classées en trois catégories tout d’abord, celles qui, dès l’origine, faisaient partie du patrimoine épiscopal ou qui furent acquises très tôt, dont il reste des vestiges ou qui ont complètement disparu ; ensuite, les possessions détenues par l’évêché ou acquises par la suite et cédées au chapitre ou à un monastère ; enfin, celles acquises lors de la donation de la vicomté.
a) Patrimoine de l’évêché conservé intact la cité d’Agde et ses bourgs
Au Moyen Age, la cité formait un moyen, bâti sur l’emplacement de la ville grecque, entourée des remparts grecs.
Il semble que l’évêque a possédé, très anciennement, le tiers des droits de la cité d’Agde 29. Les deux autres tiers revenaient au vicomte 30. En 1187, après la donation de la vicomté d’Agde, l’évêque fut le seul possesseur de la cité et des bourgs.
Avant les IXe et Xe siècles, l’extension de la cité d’Agde ne fut pas considérable. Les fouilles pratiquées par Raymond Aris ont permis de révéler l’existence de cimetières et de deux églises dès le VIe siècle, à l’emplacement des édifices religieux dédiés actuellement à Saint-Sever et à Saint André 31. Aucun indice ne permet d’établir l’existence d’un groupement important de maisons en dehors des murs de la cité 32 avant le XIIe siècle. Mais dès la seconde moitié du XIIe siècle, les bourgs Saint-André et Saint-Sever, sont alors peuplés 33.
D’autres lieux commencent, alors, à se développer autour d’Agde. En 1078, Cabrerolles, situé dans le faubourg d’Agde, est assez peuplé pour mériter la qualification de bourg 34. De même les Cayrets de- Saint-Jean, situés au Sud et mentionnés en 1196, devaient être habités par une population assez importante qui dépendait d’une chapelle dédiée à Saint-Jean, chapelle vraisemblablement construite au début du XIIIe siècle 35.
D’autre part, à la fin du XIIe siècle, l’habitat semble s’être développé sur la rive droite de l’Hérault 36.
Les constatations sur le développement des bourgs, démontrent la vitalité de la population, à la fin du XIIe siècle, vitalité qui correspond au mouvement général d’expansion qu’a connu cette période.
Mais l’évêque n’est pas étranger à ce développement.
Alors que le vicomte réside à NIMES, le prélat qui siège à Agde, est plus proche de la population. li se préoccupe de la protéger en enserrant dans des fortifications, sa cité et ses bourgs. Aux remparts bâtis à l’emplacement des enceintes grecques, l’évêque ajoute, autour des bourgs, des fortifications à partir de 1173-1174. Mais les vestiges qui peuvent subsister, ne peuvent être datés sûrement. D’autre part, Thédise, évêque d’une grande réputation, fit construire, en 1215, sur l’Hérault, un moulin nécessité par l’accroissement de la ville. Il ne reste aucune trace de cet édifice bâti là où se trouve actuellement une ancienne usine électrique 37.
La Cathédrale Saint-Étienne
Cet édifice appartint, dès l’origine, à l’évêque d’Agde.
La première église était construite en 872 38. La nef de ce monument était aussi large que celle de la cathédrale actuelle. Elle ne devait pas être voûtée. Au niveau du transept actuel, furent découvertes les fondations d’une abside semi-circulaire qui appartenait à cet édifice 39. Ce sont les seules informations qui ont pu être retenues sur cette première église qui semble avoir subsisté jusqu’au XIIe siècle.
1149 est une date charnière importante dans l’histoire de la cathédrale. A cette date, dans son testament, l’évêque Ermengaud lègue mille sous pour la restauration de l’autel de Saint-Etienne et l’achèvement du chœur. Les deux tiers du reste de sa fortune seront destinés à la reconstruction de la cathédrale 40. Ce don important est suivi d’autres legs entre 1157 et 1177 41.
Ces donations successives faites à l’œuvre de Saint-Etienne, prouvent que pendant cette période, d’importants travaux étaient accomplis à la cathédrale.
L’édifice fut-il, alors, reconstruit entièrement ?
La donation de 1149, de l’évêque Ermengaud précise qu’elle est destinée à la reconstruction du chœur et du chevet. Or la principale différence entre la cathédrale actuelle et l’édifice antérieur, en dehors de la voûte, est, justement, la modification du chevet. Cependant l’étude de l’appareillage montre une concordance d’assise, en tous les points du monument 42. Il semble donc que l’édifice fut entièrement reconstruit, certainement avant 1149, sur les ordres de l’évêque Ermengaud. L’église fut-elle fortifiée en 1173-1174 ? Le diplôme de Louis VII accorde à l’évêque, à cette date, le droit de fortifier son église (33). André Castaldo pense que les fortifications avaient été construites avant l’établissement du diplôme royal qui avait entériné un fait accompli 43. La remarque précédente sur la concordance des assises, joue également ici et prouve que les fortifications prévues dès le début de la reconstruction ont dû être commencées avant 1149.
La date d’achèvement de l’édifice n’est pas connue. Cependant, il semble que les gros travaux furent achevés à la fin du XIIe siècle. Cet édifice, qui a été fort bien étudié, à plusieurs reprises, ne sera pas décrit ici 44, mais il faut noter que cette église peut être comparée aux autres cathédrales de l’Hérault qui sont également fortifiées, Maguelone, construite à partir de 1104, Saint Pons de Thomières en 1171, qui ont avec elle de nombreux traits communs.
La cathédrale d’Agde est « la plus complète des grandes églises fortifiées romanes du Languedoc, qui nous restent… » 45. Sa construction est remarquable par son unité et son harmonie que l’on retrouve, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Le Palais épiscopal qui se trouvait au nord de la cathédrale fut vraisemblablement restauré à la même époque, mais aucun vestige roman n’a survécu.
Église Saint-Sever
Dans le bourg, s’élevait l’église de Saint-Sever, mentionnée dans les textes dès le IXe siècle. Elle appartint de tous temps à l’évêque d’Agde.
Les fouilles pratiquées par Raymond Aris, permettent d’attribuer à Saint-Sever une plus grande ancienneté. En effet, dans le sol de l’édifice actuel, des restes de murs appartenant à une église antérieure ont été mis au jour. D’après les sarcophages qui étaient alignés près de ces maçonneries, Raymond Aris a daté les fondations des murs, des VIe et VIIe siècles. Les vestiges, mis à jour en 1953, faisaient partie d’un édifice composé d’une nef unique qui ne semble pas avoir été voûtée. Il s’agissait d’un petit oratoire destiné à abriter les reliques du saint local 46.
L’église, qui attirait la ferveur locale, fut reconstruite à plusieurs reprises, mais entre le VIe ou VIIe siècle et le XVe siècle, il est difficile d’en retracer les étapes. Certaines parties romanes peuvent, cependant, être datées des XIIe et XIIIe siècles, date à laquelle l’édifice fut certainement restauré ou reconstruit.
D’autres édifices, encore visibles, appartenaient à l’évêque. Il faut citer notamment Nézignan-l’Évêque qui fut, dès l’origine, dans le patrimoine des évêques d’Agde.
Il ne reste aucun vestige des fortifications, mais il subsiste encore des murs appartenant à un château démantelé. Les murs sont appareillés en moellons tout à fait irréguliers. II s’agit, en réalité, de pierres entassées les unes sur les autres, liées par un épais mortier. Par intervalles des trous de boulin sont encore visibles. D’épais contreforts soutiennent ce mur. Il semble que ces vestiges puissent être datés du XIe ou du XIIe siècle. Il est regrettable que les textes ne fournissent pas de précision sur cette construction épiscopale. Ce château, qui servait de résidence d’été aux évêques, fut abandonné en 1749 et vendu en adjudication 47.
Dans le castrum s’élevait une église dédiée à Sainte Marie-Madeleine, qui appartenait à l’évêque d’Agde. L’édifice subsiste encore dans l’agglomération, mais il a été remanié à plusieurs reprises. Seuls la nef, le chœur et l’abside sont romans.
L’édifice roman est construit en appareil moyen très soigné. L’abside, semi-circulaire, était, autrefois, éclairée par trois fenêtres au dessous du toit ; la corniche est un bandeau supporté par des modillons de types différents. Les uns sont moulurés, les autres reçoivent un décor varié constitué d’une tête ou de motifs géométriques formés de boules, de billettes traitées en damier, de rosaces à quatre pétales, d’une croix décorée de trous au trépan. L’entrée romane de la nef est cachée par une construction appliquée, datant du XVIIIe siècle. Une voûte, en berceau plein cintre, couvre les trois travées de la nef et le chœur, formant une demi-travée. Les trois arcs doubleaux qui soutiennent la voûte retombent sur des chapiteaux, reposant sur des colonnes engagées dans des piliers quadrangulaires qui, autrefois, constituaient, en réalité, les murs de la nef romane. Les corbeilles des chapiteaux sont décorées de motifs variés humains ou floraux. L’abside, voûtée en cul de four, est légèrement plus basse que la nef et les fenêtres sont décorées de chapiteaux rappelant ceux de la nef. L’ensemble, abside et nef, peut être daté de 1173 48. Œuvre de l’évêque, cet édifice est remarquable par ses dimensions, 28,30 m. de longueur sur 7,13 m. de largeur, et par sa décoration inhabituelle dans cette région.
Saint-Martin de la Garrigue (Planche IV)
Un siècle auparavant, fut édifiée, à Saint-Martin de la Garrigue, une petite chapelle qui dépendait de l’évêque d’Agde. L’édifice est bâti en petit appareil assez irrégulier et comprend une nef avec une abside semi-circulaire plus étroite et plus basse. Ces deux parties sont liées par un chœur peu profond, aussi large que la nef, mais de même hauteur que l’abside. La nef a été assez remaniée. La porte principale qui s’ouvre au sud par une arcature à double rouleau, est postérieure à la première édification. On peut apercevoir encore la trace de l’ancienne porte cachée par du lierre et une poterie, un peu à l’est, sur le mur sud. Entre les deux ouvertures, une fenêtre étroite à ébrasement intérieur, a été obturée, tandis que sur la façade ouest, fut percée, postérieurement, une fenêtre géminée. L’abside n’a pas été remaniée.
Elle est éclairée au centre, par une fenêtre étroite à ébrasement intérieur. Au dessous du toit courent des arcatures lombardes dont la façon indique l’ancienneté. En effet, ces arcatures sont formées de plusieurs claveaux et leur jonction à la base, est constituée de deux pierres différentes reposant sur une console commune. La voûte, en berceau, de la nef est rythmée par deux arcs doubleaux reposant sur des pilastres. L’abside est voûtée en cul de four. Elle est séparée de la nef par le chœur, voûté en berceau.
Cet édifice, dont les proportions sont très harmonieuses, fut construit très certainement au début du XIe siècle, c’est-à-dire 170 ans avant sa première mention dans les textes des cartulaires.
Saint-Martin de Conas
L’église Saint-Martin située à Conas, petit hameau voisin de Pézenas, appartenait à l’évêque d’Agde, dès l’origine. L’église qui subsiste, à l’est de l’agglomération actuelle, fut reconstruite au XIVe ou au XVe siècle. Seule, la porte d’entrée est de l’époque romane et il semble, d’après ce vestige, que l’édifice fut construit, pour la première fois, au XIe ou au XIIe siècle. Il ne s’agissait que d’une petite chapelle romane.
Des autres édifices que l’évêque possédait, il ne reste aucun vestige roman. Cependant, les quelques édifices étudiés plus haut permettent de noter que l’action de l’évêque, mis à part un édifice construit au XIe siècle, fut particulièrement importante à partir de la seconde moitié du XIIe siècle. Saint-Etienne d’Agde et Sainte-Marie-Madeleine de Nézignan-l’Évêque sont des édifices particulièrement beaux.
b) Possessions aliénées de l’évêque
Certaines possessions de l’évêque d’Agde furent aliénées de deux manières différentes.
Les unes furent données au chapitre en 1122 49, en 1132 50 et en 1133 51. La plupart de ces édifices sont situés sur la rive droite de l’Hérault à l’ouest d’Agde et au sud de Saint-Thibéry.
D’autres édifices furent aliénés à des monastères étrangers au diocèse. Le monastère de Saint-André d’Agde et l’église Saint-Pierre de Bessan tombaient en ruine, lorsqu’ils furent cédés à des abbayes, en vue de restauration, dans la seconde moitié du XIe siècle 52.
Au début du XIIIe siècle, eurent lieu deux transactions : la villa de Cazouls d’Hérault, en dehors du diocèse d’Agde, fut donnée à l’ordre de Saint Jean de Jérusalem 53 et l’église de Pomerols fut échangée contre les droits sur Sète 54.
L’action de l’évêque semble avoir été négative.
e) Les possessions acquises avec le vicomte
Les possessions acquises par l’évêque, en 1187, ne permettent guère de juger de l’action du chef du diocèse, dans la construction ou la restauration d’édifices romans, d’autant plus que la plupart furent cédés, par la suite, au roi de France 55.
Bien que de nombreuses lacunes ne permettent pas d’étudier d’une façon précise, l’action de l’évêque d’Agde, dans son diocèse, il semble que l’étude des édifices révèle une très vive activité, au milieu du XIIe siècle, ce qui correspond aux événements étudiés haut.
Il semble, donc, que l’évêché d’Agde, ait connu, dans la seconde moitié du XIIe siècle, une période particulièrement faste.
Notes
1 A. Castaldo – Agde 1301-1410 (une ville de consulat au XIVe siècle), Paris, 1966, 262 p.
→ A. Castaldo – L’église d’Agde (Xe-XIIIe siècle), Vendôme,1970, 208 p. Travaux et recherches de la faculté de droit et des sciences économiques de Paris, série sciences historiques n° 20.
→ A. Castaldo – Le consulat d’Agde aux XIIe et XIIIe siècles. Thèse.
→ R. Foreville – Les testaments agathois du Xe au XIIIe siècle, dans Bulletin philologique et historique du Comité des Travaux historiques et scientifiques de 1961. Paris 1964.
→ O. Terrin – Cartulaire du Chapitre d’Agde, Nîmes, 1969, LXII, 650 p. Publication de la Société d’histoire du droit et des Institutions des Anciens Pays de Droit Écrit, X.
→ O. Terrin – Évolution de la pratique testamentaire agathoise du Xe au XIIe siècle. Thèse de Droit Montpellier 1968, multigraphie.
2 Cartulaire du chapitre d’Agde copié par l’abbé Martin Jacques de Gohin, chanoine camerier de la cathédrale d’Agde, en deux exemplaires conservés, l’un aux archives départementales de l’Hérault, sous la côte G 20, l’autre à la bibliothèque municipale de Montpellier, sous la côte MS 33. Ce cartulaire fut publié partiellement par l’abbé J. Rouquette, Cartulaire de l’Église d’Agde, cartulaire du chapitre, Montpellier, 1925 et publié en totalité par O. Terrin – op. cit. Cartulaire de l’évêché d’Agde copié par Aimé Antoine Gabriel Jourdan, 1764, 144 f° conservé à la Bibliothèque Nationale sous la côte ma. lat. n° 9999. Une copie de cette copie, par l’abbé Villemagne est conservée aux Archives départementales de l’Hérault sous la côte G 2.
3 Carte géométrique de la France, dite de Cassini nos 57 et 58, levées et gravées par le Sr DupainTreil fils géographe du roi, cloitre Notre-Dame – Échelle dix mille toises, 1782.
4 La limite de Sète fut longtemps incertaine et opposa les évêques d’Agde à ceux de Maguelone, dans de nombreux procès. Cf. E. Bonnet Recherches historiques sur l’île de Cette, avant l’ouverture du canal des deux mers, Montpellier 1894, pp. 71 è 86.
5 Les termes de vicomté et de comté sont employés indifféremment dans les textes pour qualifier le territoire d’Agde.
6 La vicomté d’Agde fut unie à la vicomté de Béziers jusqu’en 1150. Les limites entre les deux vicomtés n’avaient donc pas fait, jusqu’à cette date, l’objet d’une mention précise.
7 Bien qu’elles ne soient pas établies avec certitude, les limites de la vicomté d’Agde peuvent toutefois, être tracées approximativement grâce aux indications fournies par les cartulaires d’Agde O. Terrin, Cartulaire… op. cit. n° 315 (28 octobre 975)… in comitatu agathensi, infra villam Aviates (Vias) n° 324 (8 mars 1021)… in comitatu agathense in villa quam vocant Metiliano (Medeilhan)… A.D.H. G2 n° 4 (848)… in pago agathense et in villa que dicitur Nasiniano (Nézignan-l’Évêque)… n° 55… in comitatu agathense in terminio de Maxano ou Maliscano (Sans doute Saint-Pons de Mauchiens).
8 A.D.H. G2 – n° 44 (1062-1074) – Le chapitre obtient du vicomte de Béziers et d’Agde, Raymond Bernard, un hommage engageant ce dernier à protéger les biens de l’Église d’Agde. Par la suite, l’évêque obtient, en 1101, pour l’ensemble de l’Église d’Agde, un serment analogue de Bernard Aton IV, Vicomte d’Agde et de Béziers (O. Terrin Cart. op. cit. n° 97). Enfin, son frère Bernard Aton V, vicomte de Nîmes et d’Agde fait une promesse identique entre 1152 et 1153 (O. Terrin Cart. op. cit. n° 47).
9 O. Terrin –Cartulaire op. cit., n° 9 (12 septembre 1122), n° 10 (7 juin 1133).
10 Il semble que Bernard Aton ait été exclu de la succession de Roger, mais prétendant avoir des droits, il imposa à son frère Raymond Trencavel l’accord du 13 Novembre 1150 (-48- t. III, p. 781).
11 Dom Devic et Vaisette – Histoire générale du Languedoc – Toulouse 1872-1892 t. V preuves n° CCCC L XXXIII col. 1122.
12 L. Noguier, Les vicomtes de Béziers, dans Bulletin de la Société archéologique de Béziers – 2me série t. XIII, 1885-1886, p. 304.
13 M. H. Fisquet La France pontificale (Gallia christiana) Métropole d’Avignon. Montpellier p. 399. « La guerre que le vicomte d’Agde avait été obligé de soutenir contre le comte de Toulouse, au lieu de lui produire quelques avantages, lui était devenue l’occasion d’une si grande dépense qu’il s’était vu forcé, en août 1181, d’engager à l’évêque d’Agde, pour 13 000 sous melgoriens, tout ce qu’il possédait en cette ville ».
14 A partir de 1148, les hommages rendus à l’évêque se multiplient. Antérieurement, il n’y en eut qu’un seul daté de 1111.
→ A.D.H. G2 n° 102 – n° 96 (1148) – n° 36 (1150) – n° 35, n° 34, n° 99 (1167) – n° 95, n° 104 (1175) – n° 91 (1176) – n°94 (1184) – n°92, n° 98, n° 101, n° 103 (1174-1194) – n° 107 (1200) – n° 115 (1212) n° 97 (1192-1214) – n° 116 (1217) – n° 121, n° 124, n° 126 (1225) n° 105 (sans date).
→ O. Terrin Cart. op. cit. N) 133 (1167-1168) – n° 91 (1173) – n° 100 (1183) – n° 48 (1190-1199). Le chapitre reçoit également plusieurs hommages dont le souvenir est conservé dans les actes du cartulaire du chapitre.
→ O. Terrin –Cart. – op. cit. n° 257 (1152-1153) – n° 308 (1177) – n° 132 (1183) – n° 130 (fin XIIe siècle) – n° 118 (1215) – n° 347 (1229) – n° 309 (1229) – n° 432 (1231) n° 427 (1233).
→ André Castaldo – L’église d’Agde – op. cit., pp 61 à 64 – étant frappé par l’absence de serment de fidélité à l’évêque, avant 1148, remarque qu’après 1150 « l’évêque met en œuvre une politique beaucoup plus dynamique, qui vise, non à se protéger des agissements vicomtaux, mais à isoler le vicomte, à dresser contre lui, et autour de l’évêque, un réseau de vassaux ».
15 Une inféodation effectuée entre 1175 et 1182 par l’évêque Pierre Ier de Raymond à Jean de Vias est très instructive (A.D.H. G2 n° 97). L’évêque précise qu’il donne ce fief, pour récompenser les services rendus par Jean de Vias au cours de la guerre contre le vicomte. André Castaldo – L’église d’Agde – op. cit., p. 64 – constate que « ce texte catégorique prouve, donc, que l’évêque d’Agde est allé jusqu’aux actes, pour s’opposer au pouvoir vicomtal, soit à titre individuel, soit, plus vraisemblablement, au cours d’une guerre féodale plus étendue ».
16 A.D.H. G2 n° 3 – O. Terrin Cart. n° 3- André Castaldo L’église…- op. cit. pp 64 à 68, expose en détail les différentes thèses des paléographes. Elles ne seront pas reprises ici. Il faut cependant constater qu’en général, la date d’élaboration du faux est contestée. On situe la confection du diplôme entre le Xe et le XIIe siècle, A. Castaldo préférant la situer entre 1160 et 1170.
17 A.D.H. G2 n° 2 – O. Terrin Cart. op. cit. n° 352 entre le 8 avril 1173 et le 13 avril 1174.
18 A.D.H. G2 n° 1 – O. Terrin Cart. op. cit. n° 1.
19 O. Terrin Cart. op. cit. n° 4. Un dossier complet sur ce faux est dressé par A. Castaldo L’Église… – op. cit. pp 41 à 44.
20 Marcel Aubert – L’art roman en France – Paris 1964, p. 248.
21 R. Rey – Les vieilles églises fortifiées du Midi de la France, Paris, 1925 – p. 98.
22 R. Rey – op. cit. p. 98.
23 A. Castaldo – L’église…- op. cit. p. 76 – L’auteur estime que le comte de Toulouse a poussé Bernard Aton au déguerpissement de la vicomté d’Agde en faveur de l’évêque.
24 O. Terrin Cart. op. cit. p. 445 (Juin 1187).
25 O. Terrin Cart. op. cit. n° 5 (Juillet 1187).
26 O. Terrin Cart, op cit. n° 6 (17 juillet 1187) – par ce même acte, Bernard Aton se donne comme chanoine. Il s’empresse de ne pas exécuter ce vœu.
27 La donation fut confirmée à trois reprises (O, Terrin Cart. op. cit. n° 7, 26 décembre 1190, n° 8 et 117). Il convient de remarquer, en effet, que le vicomte agissait d’une manière totalement inconsciente. Après la donation de la vicomté à l’évêque d’Agde, Bernard Aton n’hésitait pas à engager la vicomté à Agnès, femme de Guilhem de Montpellier, le 29 septembre 1189, contre 11 000 sols melgauriens que l’évêque dut rembourser, (H. Fisquet – La France… op. cit. p. 399).
28 A. Castaldo – L’église…- op. cit. pp. 84, 167, 175.
29 Bien que le diplôme de Charles le Chauve (A.D.H. G2 n° 3 – 11 août 848) soit considéré comme un faux, il faut supposer que l’évêque devait posséder le tiers des droits sur la cité d’Agde.
30 Le vicomte possédait, entre autres, le bourg de Saint-André qui fut donné en 990 à l’église Saint-Etienne, avec toutes ses dépendances. – Dom Devic – op. cit. – T. V col. 316 – Cependant, le vicomte, après cette date, avait dû conserver quelques droits sur le bourg Saint-André, car l’évêque doit demander une autorisation au vicomte, lors de la donation du monastère Saint-André à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.
31 R. Aris – Cimetières chrétiens d’Agde – dans Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon – 1953-1954 – pp. 7 à 14.
32 La présence d’églises et de cimetières en dehors des murs, au VIe siècle, est un fait courant à l’époque. Il est fort possible, que la « villa de Saint-André », mentionnée en 990, n’ait été constituée que de bâtiments monastiques.
33 O. Terrin Cart. op. cit. n° 352.
34 O. Terrin Cart. op. cit. nos 114 et 64.
35 O. Terrin Cart. op. cit. n° 70.
36 O. Terrin Cart. op. cit. n° 382.
37 O. Terrin Cart. op. cit. n° 447 – Pour alimenter son moulin à eau, l’évêque avait fait construire une digue qui barrait la branche-est de l’Hérault et permettait l’arrivée d’une grande quantité d’eau à son moulin. La première conséquence de cette construction, fut l’assèchement de la branche-est du fleuve, celle qui alimentait l’étang du Bagnes. Cette étendue d’eau fut, partiellement asséchée, transformant cet endroit en marécage pestilentiel. Aux environs, la vie ne fut plus possible et certains villages, comme Fabricolis furent dès lors désertés et disparurent complètement de la carte.
38 A.D.H. G2 n° 12 – La cathédrale fut construite après 824, car à cette date, une donation ne mentionne pas la cathédrale (O. Terrin Cart. op. cit. n° 50).
39 Dr E. Martin – Monographie de la Cathédrale d’Agde – 1873, p. 11. L’auteur date sa découverte de 506, date du Concile d’Agde. Or en 506 il est question d’une basilique Saint-André, et aucune allusion n’est faite à une église dédiée à Saint-Étienne.
40 O. Terrin Cart. op. cit. – p. LXXX III. Gallia christiana – In provincias ecclesiasticas – t VI col. 323.
41 Le 15 avril 1155, dans son testament, Guilhem Rainard donne 500 sols melgoriens pour l’édification de l’église Saint-Etienne, tandis qu’en 1176-1177 le même personnage en donne le double pour un but identique (O. Terrin Cart. op. cit. n° 17 et 19). En avril 1159, Bernard, chevalier de Tongue, lègue 500 sous à l’œuvre de Saint-Étienne (O. Terrin Cart. op. cit. n° 36) De même, Bertrand d’Agde, chanoine de cette ville, laisse en août 1172, à la cathédrale, mille sous qu’il tient sur des gages (O. Terrin Cart. op. cit. n° 295).
42 J. Vallery-Radot – L’ancienne cathédrale Saint-Étienne d’Agde. Congrès archéologique de Montpellier – 1950 – pp 201 à 218. L’auteur remarque (p. 208), que les assises des pilastres, qui ne correspondent pas à l’ensemble, sont dues au fait que les pilastres avaient été coupés, pour y mettre une boiserie. Ils furent restaurés dans leur état ancien, à la fin du XIXe siècle.
43 André Castaldo – L’église… op. cit., p. 71.
44 Parmi les nombreuses études consacrées à cet édifice, il faut citer P. de Gorsse – Monographie de la Cathédrale Saint-Etienne d’Agde, Toulouse 1922 – 57 p. 6 pl. – Dr E. Martin op. cit. – J. Vallery-Radot op. cit.
45 Pierre Barbier – La France féodale – t 1, 1968 – p. 416.
46 R. Aris – Cimetière… op. cit. p. 18. – Raymond Aris (p. 12), fouillant à Saint-Sever, en mettant au jour les murs de l’édifice antérieur, l’avait identifié à la chapelle Saint-Martin. C’est dans une église dédiée à Saint Martin, que, selon son hagiographe, Saint Sever fut inhumé, avant que son corps canonisé ne soit transporté dans une église qui lui fut consacrée. La chapelle Saint-Martin ayant totalement disparu, il était possible de l’identifier au premier édifice de Saint Sever. Cependant un texte du cartulaire de l’évêché daté de 898 (A.D.H. G2 n° 10) fait allusion à une cour nommée Saint Martin de la cité. Il est donc possible, qu’il ait existé, dans la cité, une église Saint-Martin distincte de l’église Saint-Sever.
47 A. Chéron et G. Sarret de Coussergues – Coussergues et Et les Sarret – Bruxelles, 1963, p. 386.
48 Roger Hyver – Dossier des recensements des monuments anciens, Nézignan-l’Évêque.
49 O. Terrin Cart. op. cit., n° 9.
50 O. Terrin Cart. op. cit., nos 11 et 381.
51 O. Terrin Cart. op. cit., n° 10.
52 Dom Devic – op. cit. t. V col. 527, n° CCXXIV. R. Hyvert – op. cit., Bessan.
53 J. Segondy – op. cit., p. 78.
54 André Castaldo – L’église… op. cit., p. 10, note 2. E. Bonnet – Recherches historiques sur l’île de Cette, avant l’ouverture du Canal des deux mers – Montpellier 1894 – pp. 53 à 71.
55 André Castaldo – L’église… op. cit., pp. 83 à 89.
