2.00

Description

Les jardins du château d’O à Montpellier, au XVIIIe siècle :
création et évolution entre 1722 et 1766

Dans le cadre du projet de restauration des jardins du Château d’O, propriété du Conseil Général de l’Hérault, diligentée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Languedoc-Roussillon, en 2001, nous avons conduit une recherche historique à partir des archives disponibles et des observations sur le terrain. Elle fut l’objet de la remise d’un rapport en Janvier 2003. Le projet de restauration est actuellement en cours de définition, par l’équipe de conception, sous la direction de l’architecte en chef des monuments historiques, Dominique Larpin et réalisée en concertation étroite avec le maître d’ouvrage et les services de la Conservation Régionale des Monuments Historiques. La problématique que nous avions retenue était centrée sur les objectifs suivants :

  • Essayer de reconstituer le plus précisément possible, à partir des sources disponibles, les différentes phases de la création des jardins du Château d’O et l’évolution de leur composition, jusqu’à nos jours ;
  • Tenter de mieux cerner le contexte de leur création, les apports ou retraits des propriétaires successifs, et l’impact des phases d’abandon sur les plantations et les décors ;
  • Étudier l’émergence du processus de patrimonialisation et les conséquences sur le domaine, des interventions de l’Etat ou de la collectivité, tant sur le bâti et son architecture que sur le parc et les jardins.

Le présent article a pour but de cerner plus particulièrement le cadre originel de la création des jardins, et de leur évolution entre 1722 et 1766. En effet, cette période-clé correspond à deux phases importantes de l’histoire du lieu :

  • d’une part, à la mise en œuvre des projets de Charles Gabriel Le Blanc, fermier des Gabelles, qui apparaît aujourd’hui, clairement comme le véritable créateur des jardins, entre 1722 et 1750 ;
  • d’autre part, après le décès de celui-ci en 1750, à une phase troublée liée aux vicissitudes subies par le domaine lors de son rachat par l’Intendant du Languedoc, Jean Emmanuel Guignard de Saint-Priest (affaire dite de l’aqueduc de Saint-Clément, 1752-1766).

Les sources documentaires analysées à partir d’une problématique centrée sur les jardins et le paysage nous ont permis de saisir l’émergence progressive de leur composition. Le terrain garde trace, sur la longue durée, des richesses du passé. La recherche historique ne peut cependant pas faire l’économie de travaux in situ en archéologie. Ces études n’ont pas pu encore être conduites à ce jour dans le domaine du Château d’O.

Le lien entre architecture et jardin est considéré aujourd’hui comme incontournable pour la compréhension du patrimoine paysager régional. Les recherches effectuées par l’Équipe Artopos, notamment dans le département de l’Hérault, ont, depuis longtemps, contribué à faire émerger un champ d’investigation nouveau dont les connaissances spécifiques restaient encore relativement limitées et dispersées. Le patrimoine des parcs et jardins fait également l’objet d’une préoccupation mieux exprimée et soutenue, aujourd’hui, en termes de conservation et de restauration, dans les politiques publiques.

Introduction

Avant d’étudier plus particulièrement les sources disponibles concernant les conditions de création des jardins, au XVIIIe siècle et leur évolution, nous évoquerons rapidement le contexte foncier et juridique antérieur, sur le site dit “de Puech Villa”. Il s’agit ici de l’ancien toponyme donné au territoire de l’actuel domaine du Château d’O, dont l’orthographe, il faut également le souligner, a varié au cours du temps. Pour des raisons encore mal élucidées, l’expression « de Château d’Eaux » adoptée dans la seconde moitié du XVIIIe et au XIXe siècle, a été remplacée par celle « de Château d’O » sur les cartes d’état major et les plans de villes du début du XXe siècle. Les conflits autour des droits d’eau sont une explication possible mais elle n’a pas pu être confirmée […]

Informations complémentaires

Année de publication

2003

Nombre de pages

25

Auteur(s)

Alix AUDURIER-CROS, François MICHAUD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf