Les francs-maçons à l’orient de Montpellier (1750-1820)

* Doctorante en Histoire.

Cet article reprend les conclusions d’un mémoire de maîtrise présenté à Montpellier en juin 1995 sur la franc-maçonnerie dans la capitale languedocienne entre le milieu du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle.

Deux principales obédiences sont représentées au XVIIe s. à Montpellier : le Grand Prieuré de Septimanie (Languedoc), au Rite de la Stricte Observance, et le Grand Orient de France 2, obédience nationale fondée en 1771. Par ailleurs, le Directoire Écossais de Septimanie est créé à Montpellier en 1779, mis en sommeil en 1788 et recréé en 1804 : il réunit plusieurs loges, l’Amitié, la Parfaite Union, l’Urbanité et les Amis Réunis dans la Bonne Foi 3. Quant à la Grande Loge Provinciales elle est créée en 1777, et recréée en 1805. Puis, la Régence Ecossaise du Département naît en 1805, et la Loge Mère Écossaise de Montpellier en 1806, de même que le Collège Écossais de Montpellier. Ainsi, l’introduction du Rite Ecossais à Montpellier témoigne des influences étrangères 4. Ce Rite vient s’ajouter à celui qui prédomine jusqu’alors : le Rite Français.

Les principales loges montpelliéraines affiliées au Grand Orient de France dans la période qui nous intéresse sont les suivantes : les Amis des Arts et de l’Harmonie, les Amis de la Gloire et des Arts, les Amis Réunis dans la Bonne Foi, l’Amitié, l’Ancienne, l’Ancienne et Réunion des Élus, la Bienfaisance, la Bonne Intelligence, les Coeurs Réunis, la Conversion de Saint-Vincent de Paul, la Parfaite Humanité, la Parfaite Union, la Persévérance, la Réunion des Élus, la Triple Alliance, l’Urbanité et la Vraie Humanité.

Présentation générale

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les loges maçonniques deviennent de plus en plus nombreuses à Montpellier, sous l’impulsion du Grand Prieuré de Septimanie d’une part, de celle du Grand Orient de France d’autre part 5. En 1765, sept loges sont déclarées affiliées au Grand Orient : les Amis Réunis dans la Bonne Foi, l’Ancienne, la Bonne Intelligence, la Conversion de Saint-Vincent de Paul, la Réunion des Élus, la Triple Alliance, et la Vraie Humanité 6. De nombreuses loges sont créées par la suite, mais certaines se mettent rapidement en sommeil ; c’est le cas de la Bienfaisance, dont les constitutions sont accordées par le Grand Orient le 16 décembre 1784 7. En 1785, nombre de loges sont encore en activité, neuf peuvent être dénombrées : les Amis Fidèles, les Amis Réunis dans la Bonne Foi, l’Amitié, l’Ancienne et Réunion des Élus, les Coeurs Réunis, la Parfaite Union, la Triple Alliance, l’Urbanité et la Vraie Humanité 8.

L’essor de la Maçonnerie au XVIIIe siècle à Montpellier ainsi que dans l’ensemble du Royaume de France peut être expliqué par la diffusion des Lumières. Chacun acceptait jusqu’alors la souveraineté du prince sur ses sujets, et donc une inégalité. Les Philosophes rejettent peu à peu cette idée qui ne leur paraît pas fondée sur la Raison ; en revanche, ils revendiquent l’égalité de tous devant la loi, de même que la liberté de chacun. La franc-maçonnerie est l’un des supports de la diffusion de ces idées nouvelles du Siècle des Lumières, ce qui explique la multiplication des loges au XVIIIe siècle sur l’ensemble du territoire.

Les loges montpelliéraines ne sortent pas indemnes des événements de 1789 et de la Terreur, qui engendrent souvent des fermetures ou des mises en sommeil des ateliers maçonniques 9. Ce ralentissement des activités maçonniques dans la province du Languedoc est dû aux difficultés financières générées par les événements révolutionnaires, ainsi qu’à la correspondance avec le Grand Orient de France à Paris, devenue moins régulière et moins fréquente. Néanmoins, quelques loges subsistent, soit ouvertement, soit plus « clandestinement ». La loge des Coeurs Réunis, notamment, est en activité en 1792 10.

Par la suite, sous le Directoire, des conflits entre diverses villes de l’Hérault ont mis un frein à l’installation de nouveaux ateliers. Ainsi, Béziers la capitale du vin, s’oppose à Montpellier, chef-lieu administratif, religieux et militaire. Le décalage culturel existant plus généralement entre le littoral et la zone montagneuse se maintiendra jusqu’à la reprise des activités de diverses fabriques à Saint-Chinian, Bédarieux, Clermont-l’Hérault, Lodève ou Ganges, qui montre que cette zone est plus prospère 11.

En outre, les loges de Montpellier ne semblent avoir pris connaissance de la renaissance du fonctionnement du Grand Orient de France que tardivement, en comparaison avec les ateliers parisiens. En témoigne la correspondance d’une loge de Montpellier et d’une loge de Ganges, conservée à la Bibliothèque nationale de Paris.

Ce sont les raisons pour lesquelles le nouvel élan de la franc-maçonnerie n’apparaît à Montpellier qu’à partir de 1800-1802, et plus encore après la naissance du Premier Empire en 1804 12.

En effet, en 1805, sept loges sont affiliées au Grand Orient : les Amis des Arts et de l’Harmonie, les Amis de la Gloire et des Arts, les Amis Fidèles, les Amis Réunis dans la Bonne Foi, l’Ancienne et Réunion des Elus, la Parfaite Humanité et la Parfaite Union 13. Sous le Premier Empire, le succès des loges maçonniques montpelliéraines peut être expliqué par plusieurs facteurs : le développement des industries textiles, du trafic commercial et de la navigation sur le canal du Midi ; une certaine prospérité professionnelle des futurs maçons, ainsi que la relative sécurité politique 14.

Une lettre du 28 mars 1811 confirme ce succès. En effet, le préfet de l’Hérault ayant demandé aux maires des villes de l’arrondissement l’état des associations religieuses, politiques et littéraires, le maire de Montpellier répond dans cette lettre que les associations religieuses – et notamment la franc-maçonnerie – figurent « en assez grand nombre » 15.

Il convient de présenter quelques loges significatives du mouvement maçonnique montpelliérain, que nous étudierons avec plus de précision.

Aristocratique et négociante 16, l’Urbanité (1782-1812) est de Rite Écossais. Elle est la principale loge du Directoire Écossais de Septimanie 17. Ses constitutions datent du 1er mai 1775 18, et la loge demande ses lettres d’agrégation au Grand Orient le 21 juin 1782 19. Les lettres envoyées par la loge de l’Urbanité, et les différents tableaux qui figurent dans le document FM2 313 du Fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale, témoignent de l’existence et de l’activité de cette loge de 1782 à 1812. En effet, elle reste ouverte jusqu’au début de la Révolution selon le tableau publié en 1966 par le Grand Orient de France 20, l’Urbanité cesse ses activités en 1790. Il est néanmoins possible de penser qu’elle est reconstituée sous le Premier Empire, puisqu’un tableau de ses membres datant de 1812 peut être consulté à la Bibliothèque nationale 21.

Les constitutions de la loge de la Parfaite Union datent de 1778, et son agrégation au Grand Orient du 14 octobre 1782 22. Une preuve de l’activité de cette loge jusqu’à la Révolution française réside dans l’existence de tableaux des membres et de la correspondance de la loge avec le Grand Orient, de 1782 à 1784 23. L’atelier semble se mettre en sommeil en 1789 et ce, jusqu’en 1802, étant donnée l’absence de documents concernant cette période. Officiellement, la reprise des travaux de la Parfaite Union a lieu le 21 août 1802, et la cessation de ses activités en 1812.

Parallèlement à cette loge, est créé en 1805 le chapitre de la Parfaite Union, qui semble cesser toute activité en 1808, puisqu’aucun tableau, aucune lettre le concernant n’est postérieur à cette date 24.

Loge d’artisans 25, la Bonne Intelligence (1765-1779) est créée le 10 janvier 1765, et reconstituée en 1777 26. Elle est en activité de 1776 à 1779 en témoignent les tableaux des membres de la correspondance avec le Grand Orient conservés à la Bibliothèque nationale 27. Elle est effectivement fermée le 29 février 1779 ; la Bonne Intelligence change de titre elle s’appellera désormais les Amis Fidèles 28.

Malgré l’introduction de nouveaux membres, tels un notaire, des financiers, des marchands, la loge des Amis Fidèles (1779-1856) reste composée principalement d’artisans, puisqu’elle est constituée avec la majorité des membres de la Bonne Intelligence 29. Consacrée au Grand Architecte de l’Univers, elle appartient au Rite Français ; elle demande son agrégation au Grand Orient le 17 août 1779 30, et la date de ses reconstitutions est le 14 août 1785 31. La correspondance des Amis Fidèles avec le Grand Orient, ainsi que les tableaux des membres de cette loge, conservés à la B.N.F. 32, témoignent de son activité de 1779 à 1785, en 1793, et de 1801 à 1826. En ce qui concerne la fermeture de la loge, les documents de la B.N.F. cotés FM2 751 et FM2 504 (Baylot) prouvent son existence jusqu’en 1856.

Les effectifs maçonniques et leur évolution

Le calcul de la population maçonnique montpelliéraine est difficile en raison de l’appartenance de certains membres à plusieurs loges : sept sont à la fois membres de l’Urbanité et de la Parfaite Union ; deux de l’Urbanité et des Amis Fidèles ; dix-neuf de la Parfaite Union et des Amis Fidèles ; enfin, deux sont membres de la Parfaite Union et de la Bonne Intelligence. D’autre part, dix-sept Frères sont non seulement membres de la Bonne Intelligence, mais également des Amis Fidèles. Un tel nombre paraît logique, même si la Bonne Intelligence n’est pas un atelier très fréquenté, puisque cette dernière loge devient en 1779 celle des Amis Fidèles. Il faut enfin citer le cas de trois francs-maçons montpelliérains appartenant à trois des quatre loges étudiées 33 : Michel-Pierre Donnat, Jean-Baptiste Guichard et Claude Nègre.

Par ailleurs, les effectifs maçonniques sont très variables, selon la loge considérée, mais aussi selon l’année qui figure sur le tableau des membres. Cette fluctuation est proportionnelle à la variation du nombre de loges, et par conséquent à l’intensité des événements politiques et sociaux.

D’une manière générale, entre 1782 et 1812, l’Urbanité accueille cent trente-cinq membres ; cinq cent soixante-dix membres sont initiés dans la Parfaite Union entre 1782 et 1812 ; trente-neuf membres de la Bonne Intelligence entre 1776 et 1778 et deux cent dix-sept dans les Amis Fidèles entre 1779 et 1818 34. Ainsi, les quatre loges étudiées groupent, de 1776 à 1818, neuf cent onze maçons, résultat de la différence entre les neuf cent soixante et un membres évoqués ci-dessus et les cinquante Frères appartenant à plusieurs ateliers montpelliérains 35.

L’évolution des effectifs de la loge de l’Urbanité est la suivante : une hausse du nombre de maçons dans les trois premières années de sa création (1782-1784) ; une stabilité relative, voire une très légère baisse de 1784 à 1787 ; puis une hausse très nette avant la Révolution, c’est-à-dire en 1787 et 1788 ; et enfin un décrochage certain après 1788, et ce jusqu’à sa fermeture en 1790. En ce qui concerne l’éventuelle reprise d’activités sous le Premier Empire, indiquée par les tableaux des documents 58 M 14 des Archives départementales de l’Hérault et FM2 313 de la Bibliothèque nationale, le nombre de maçons en 1811 est nettement inférieur à celui de la première période d’existence de la loge : quarante-six membres, et chute encore en 1812 : vingt-huit membres seulement.

Entre 1782 et 1788, le nombre de maçons appartenant à la loge de la Parfaite Union est relativement stable, voire en baisse relative, avant de s’élever en 1789. De 1802 à 1811, l’évolution est tout à fait différente : le nombre de maçons diminue des trois quarts entre 1803 et 1804. Cette chute s’explique sans doute par le fait que le Grand Orient n’a pas accepté immédiatement la reprise des travaux de la Parfaite Union, pourtant officielle depuis le 21 août 1802 36. Enfin, de 1805 à 1811, les effectifs de cette loge varient autour de quarante maçons. Quant au chapitre de la Parfaite Union 37, ses effectifs s’accroissent de 1805 à 1812 : le nombre de maçons a presque doublé en deux ans, de 1805 à 1807, et a encore augmenté en 1812.

Le nombre de francs-maçons appartenant à la loge de la Bonne Intelligence augmente de 1776 à juin 1777 il passe de vingt-cinq à quarante, avant de baisser quelque peu en 1778 38. Puis la loge cesse ses activités : en 1778, vingt-quatre de ses membres sont répartis dans deux autres loges les Amis Fidèles et l’Amitié 39.

Dès sa création en 1779, la loge des Amis Fidèles compte vingt-cinq maçons : il s’agit de dix-neuf membres de la loge dissoute de la Bonne Intelligence, et de six nouveaux noms 40. L’évolution générale du nombre de maçons des Amis Fidèles entre 1801 et 1818 est ainsi caractérisée : une nette augmentation au début du Premier Empire, en 1805 (soixante-cinq membres) ; une relative baisse de 1805 à 1808 (quarante-deux membres en 1806, puis trente-deux en 1808) ; puis une subite hausse en 1809 (cent dix-neuf maçons) ; et enfin un déclin progressif (trente-quatre maçons en 1810, puis vingt en 1812) jusqu’aux premières années de l’Empire.

Comment peut être généralisée et expliquée cette évolution du nombre des maçons montpelliérains des années 1770 à 1820 ?

Selon J.-P. G. Delpuech, deux cent quatre-vingts noms seulement figurent sur les tableaux des loges entre 1776 et 1785 41. Mais n’ayant pu consulter les tableaux des loges relevant du Grand Prieuré de Septimanie, cet auteur estime alors le nombre de maçons existant à Montpellier à cette époque au triple de deux cent quatre-vingts, ce qui serait un minimum 42. Les francs-maçons seraient donc très nombreux à Montpellier, puisque la ville compte environ 32 000 habitants en 1785 43.

Quant à Daniel Roche 44 il précise tout d’abord l’existence de liens directs entre la multiplicité des ateliers et l’importance des effectifs d’une part, « la diversité des fonctions urbaines et les chiffres de la population citadine » d’autre part. En effet, la fin du XVIIIe siècle est marquée par un grand accroissement des effectifs maçonniques de 1770 à 1790, et une poussée plus nette encore de 1780 à 1785. Cette poussée coïncide tout à fait avec la création de nouvelles loges. Puis une hausse des effectifs dans les années qui précèdent immédiatement la Révolution française définit l’opinion publique de ces années-là : une sollicitation générale, un grand désir de création. Enfin, une stabilisation des effectifs et parfois un déclin y suivent cette hausse prérévolutionnaire. Ils traduisent le progrès de nouvelles concurrences : les sociétés, les clubs, annoncent une nouvelle forme de sociabilité. Selon Maurice Agulhon, « des loges correspondent au développement d’une vie intense de relations et aux premiers temps d’un cloisonnement régional » 45. En outre, Montpellier est caractérisé par une diversification de ses fonctions, tant administratives et intellectuelles qu’économiques et religieuses. Ces éléments complémentaires permettent de mieux comprendre la hausse générale des effectifs maçonniques montpelliérains jusqu’à la Révolution française.

Enfin, une critique sur l’affirmation de Daniel Roche : « la présence de Montpellier [parmi les sept cités comptant plus de cinq cents maçons] s’explique surtout par l’activité maçonnique des médecins et étudiants de la faculté » 46 ne doit pas être omise. En effet, d’une part, la Maçonnerie montpelliéraine à cette époque ne groupe pas « surtout des médecins » ; elle recrute aussi des négociants, des financiers, des artisans ou des représentants d’autres professions, et pas nécessairement en quantité moindre. D’autre part, les étudiants de la faculté de médecine de Montpellier se compteront surtout quelques années plus tard, parmi les maçons de la loge de la Parfaite Union reconstituée en 1802, mais ils ne dominent en aucun cas dans les ateliers avant la Révolution française.

Il est difficile de définir le nombre de francs-maçons montpelliérains pendant les années révolutionnaires, puisque nous ne possédons que très peu de tableaux concernant cette période. Nombre de loges ont en effet cessé leur activité ; celles qui poursuivent leurs réunions plus ou moins clandestinement n’offrent que de rares tableaux, dont il n’est pas aisé de dégager des conclusions. Il est néanmoins probable que le nombre de maçons soit réduit durant cette période, en raison des difficultés engendrées par les événements.

Les effectifs maçonniques peuvent être déterminés plus précisément sous le Consulat à partir de 1801-1802 : des chiffres apparaissent alors pour les loges de la Parfaite Union et des Amis Fidèles par exemple, puis le nombre de maçons s’accroît sous le Premier Empire ; de nombreux membres peuvent adhérer à la franc-maçonnerie grâce à la reprise des activités de certains ateliers, et à la création de nombreuses loges, telles la Parfaite Humanité, les Amis de la Gloire et des Arts, les Amis des Arts et de l’Harmonie.

Le document 58 M 14 apporte des informations supplémentaires sur le nombre de maçons montpelliérains pour l’année 1811 : trois cent soixante et un francs-maçons à Montpellier seraient répartis de la façon suivante :

  • Urbanité: quarante-six membres ;
  • Ancienne: quatre-vingt-six membres ;
  • Amis Réunis dans la Bonne Foi: soixante-deux membres ;
  • Amis Fidèles: cinquante membres ;
  • Parfaite Union: cinquante-quatre membres ;
  • Coeurs Réunis: vingt-cinq membres ;
  • Parfaite Humanité: trente-huit membres 47.

Ils sont donc très nombreux à Montpellier, ville de 35 000 habitants en 1811 48.

Comparaison de ces trois cent soixante et un maçons montpelliérains avec ceux des autres Orients héraultais montre que Montpellier regroupe le plus grand nombre de membres du département : l’ensemble des Orients héraultais compte sept cent quarante-six maçons 49, dont la moitié environ sont membres de loges montpelliéraines. C’est pourquoi l’Orient de Montpellier domine, et s’impose devant les autres Orients de l’Hérault.

De plus, une deuxième comparaison peut être effectuée dans la ville même de Montpellier, quelle est la part numérique de la franc-maçonnerie, des confréries, des associations ? Les membres des associations sont au nombre de cent quarante-sept en 1811 (société des Sciences et Belles Lettres, société d’agriculture et société de médecine pratique) ; quant aux trois mille neuf cent douze membres de confréries, ils sont répartis entre les Pénitents Blancs, les Pénitents Bleus, la Vraie Croix, les Magdelains, les Tous les Saints, les Saint Joseph, l’Oratoire des Augustins et le Sacré Coeur 50. Ainsi, la franc-maçonnerie représentée par sept loges à Montpellier en 1811, comprend cinq fois plus de membres que les associations ; et les confréries, plus nombreuses, groupent cinq fois plus de membres que la franc-maçonnerie. Les mêmes personnes peuvent par ailleurs appartenir à plusieurs de ces groupes : pour citer un exemple, être franc-maçon et Pénitent Blanc n’est pas incompatible.

Au début du Directoire, le nombre des francs-maçons montpelliérains semble diminuer suite à des fermetures provisoires ou définitives, ou à des mises en sommeil de certaines loges. Ce phénomène est dû à une interdiction gouvernementale à l’égard de la franc-maçonnerie. Elle est levée aux environs de 1818-1820, ce qui permet un nouvel accroissement des effectifs maçonniques montpelliérains.

Par conséquent, il convient tout d’abord de préciser que l’évolution du nombre de francs-maçons est proportionnelle à celle du nombre de loges, des années 1770 aux années 1820. Les effectifs maçonniques varient de la façon suivante : un accroissement caractérise les années 1770 à 1790, et plus particulièrement une poussée de 1780 à 1785. Puis, une hausse prérévolutionnaire précède une stabilité, voire un déclin du nombre de francs-maçons, dus à l’essor de nouvelles concurrences, à travers les clubs et les sociétés. Des effectifs réduits au cours des événements révolutionnaires laissent place à une remontée sous le Consulat, vers 1801-1802. Enfin, après un accroissement du nombre de maçons sous le Premier Empire, une relative diminution dans les premières années du Directoire, une nouvelle hausse s’annonce en 1818-1820.

Sociologie des francs-maçons montpelliérains

L’âge des maçons montpelliérains varie selon la loge et l’année considérées. En revanche, les lieux de naissance et de résidence sont nettement moins variables d’une loge à l’autre.

En premier lieu, il convient de préciser que plus de 60 % des dates de naissance des maçons des quatre loges étudiées – l’Urbanité, la Parfaite Union, la Bonne Intelligence et les Amis Fidèles – ne sont indiquées ni sur les tableaux des membres, ni sur les ouvrages consultés 51. Nous tenterons, malgré cette absence, de définir l’âge des Frères lors de leur entrée dans l’Ordre, à l’aide d’autres documents, tels les registres paroissiaux.

Leur âge moyen à cette date est de 35,1 ans, et les classes d’âge sont diversement représentées : 13,3 % des francs-maçons montpelliérains ont entre 17 et 29 ans, 13,4 % ont entre 30 et 39 ans, 7,80 % ont entre 40 et 49 ans, 2,71 % ont entre 50 et 59 ans, 0,937 % ont entre 60 et 69 ans et 0,208 % ont entre 70 et 79 ans 52. Ainsi, la plupart des Frères de l’Orient de Montpellier ont entre 20 et 40 ans à leur entrée dans la Franc-Maçonnerie.

Quant aux lieux de naissance des membres, il faut tout d’abord indiquer que plus de la moitié de ces villes ou pays d’origine – 50,3 % – ne figurent ni sur les tableaux conservés à la Bibliothèque nationale ou aux Archives départementales de l’Hérault, ni dans les ouvrages régionaux consultés 53, ni dans le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie de Daniel Ligou. Une interprétation fondée sur les données à notre disposition est néanmoins possible.

En effet, les tableaux des membres des quatre loges étudiées permettent d’estimer à 23,8 – soit près d’un quart -, le pourcentage des maçons montpelliérains nés dans la ville même de Montpellier. Par ailleurs, 19,3 % de ces Frères sont nés en France, dont 14,8 % dans le sud et 4,47 % dans des villes de la moitié nord du pays. Enfin, seulement 1,04 % des membres de la Maçonnerie sont natifs de pays étrangers ; le pays le plus fréquemment cité est l’Italie, et surtout les villes de Florence, Gênes (le marquis de Palavichini), Livourne (J. Fenzi), Lucques (le comte de Bucella), Naples (Emmanuel Imbimbo), Sienne. Toutefois, certains maçons sont natifs de Malaga (Pierre Fisson), Genève (Augustin de Candolle) ou Stockholm (Godfried Werstberg) 54. Il convient néanmoins de rappeler que la plupart des maçons montpelliérains sont nés à Montpellier.

En ce qui concerne les villes dans lesquelles résident ces Frères, nous notons en premier lieu que presque la moitié – 46,5 % – d’entre elles ne sont pas connues. En revanche, les tableaux des membres 55 des quatre loges étudiées indiquent que 46,1 % des maçons montpelliérains résident à Montpellier, ville la plus représentée, ou dans des villes voisines – 4,06 %. Cela est sans doute dû à la proximité géographique, qui permet aux Frères d’assister et de participer aussi régulièrement que possible aux réunions maçonniques. Quelques membres résident pourtant dans des villes de la moitié nord de la France – 2,60 % -, notamment à Paris, où se trouve le siège du Grand Orient de France. En outre, un très faible pourcentage de maçons montpelliérains – 0,728 % – demeurent à l’étranger 56. Ceux-ci sont le plus souvent des Frères honoraires : ce terme a deux significations. La première disparaîtra après 1872 certains maçons éminents, parfois même des profanes souhaitant bénéficier de la protection de l’Ordre maçonnique, obtiennent la dignité de membre honoraire ou de membre d’honneur. Le deuxième sens du mot « honoraire » apparaît en 1806 : un Frère âgé, parfois sans ressources et dans l’impossibilité de participer régulièrement aux travaux maçonniques, peut être élevé, après le vote de sa loge, à « l’honorariat » 57. Il conserve toutes ses qualités de maçon – excepté le fait qu’il ne peut être élu à aucun office – et peut reprendre ses activités dès qu’il le désire. Compte tenu des âges et situation des maçons appelés « Frères honoraires » sur les tableaux étudiés, cette dernière définition semble être celle qui s’applique le plus justement aux membres que nous avons évoqués.

Afin de conclure ce premier paragraphe, nous devons insister sur l’absence trop fréquente de données sur les tableaux des membres consultés au fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale 58 ou sur certains documents conservés aux Archives départementales de l’Hérault 59.

L’analyse de l’origine sociale et de la vie professionnelle des maçons permet de dégager les observations suivantes :

En premier lieu, le nombre de données absentes sur les tableaux des membres 60 est nettement moins important que celui observé dans le paragraphe précédent concernant les âges, lieux de naissance et de résidence des maçons montpelliérains. En effet, la plupart des professions des membres de l’Urbanité nous sont connues, excepté celles de dix membres entre 1782 et 1790. Quant à la loge de la Parfaite Union, seul le tableau de 1812 61 présente des données absentes, c’est pourquoi il n’est pas pris en compte dans l’étude des catégories socio-professionnelles des maçons. En ce qui concerne la Bonne Intelligence, 38,9 % des professions des membres ne sont pas indiquées pour l’année 1778 62, mais les tableaux des deux années précédentes sont complets. Nous devons enfin préciser que toutes les professions des Frères des Amis Fidèles nous sont connues de 1779 à 1818 63.

Ainsi, ces indications plus complètes que celles précédemment évoquées permettent une analyse plus précise et plus fiable.

D’autre part, la plupart des loges sont caractérisées par une catégorie socioprofessionnelle dominante : les aristocrates de l’Urbanité, les artisans puis les étudiants de la Parfaite Union, les artisans de la Bonne Intelligence et de la loge qui lui succède : les Amis Fidèles. L’exploitation d’autres documents de la B.N.F. nous aurait permis de justifier le fait que les loges montpelliéraines non évoquées sont également très personnalisées la Vraie Humanité est de tendance aristocratique, l’artisan domine dans la loge de l’Amitié, le négociant dans la Triple Alliance et dans l’Ancienne et Réunion des Élus 64.

L’existence de loges personnalisées à Montpellier suggère que les différents milieux ne se mélangent pas, y compris au sein des ateliers maçonniques : cette remarque semble contredire les idéaux maçonniques et notamment celui de l’égalité sociale. De la même façon, l’étude des tableaux des membres montre que le niveau social plus que le mérite personnel détermine le choix des dignitaires des loges. Ainsi, les principes habituellement prônés par la Franc-Maçonnerie semblent loin d’être appliqués par les Frères, même à l’intérieur des ateliers.

Il est par ailleurs possible de comparer l’origine sociale et les catégories professionnelles des maçons montpelliérains avec celles des membres de loges installées dans d’autres villes de l’Hérault – Agde, Béziers, Clermont-l’Hérault, Ganges, Gignac, Lodève et Lunel – de 1804 à 1814, c’est-à-dire sous le Premier Empire.

Nous constatons que la moitié environ – 48 % – des loges montpelliéraines sont peuplées de notables, officiers, négociants et même de membres de l’aristocratie 65. Par ailleurs, la catégorie des artisans, manuels ou simples soldats – 16 % – est la moins représentée au sein des ateliers maçonniques. De la même façon, la plupart des maçons sont des nobles à Ganges, à Gignac et à Lunel. En revanche, dans les villes d’Agde, de Béziers, de Clermont-l’Hérault et de Lodève, la bourgeoisie et les professions libérales dominent à l’intérieur des loges. Nous devons enfin remarquer que la troisième catégorie socioprofessionnelle – artisans, manuels et soldats – n’est jamais la plus représentée au début du XIXe siècle dans les principales villes de l’Hérault.

Une dernière observation doit être formulée, bien qu’elle puisse paraître évidente à cette époque-là : l’appartenance sociale des maçons est toujours liée à la profession qu’ils exercent. Cette affirmation est vérifiée quelle que soit la loge montpelliéraine considérée.

Il convient enfin d’évoquer les croyances religieuses de ces Frères, leur appartenance éventuelle à la Compagnie des Pénitents Blancs de Montpellier ou à quelque autre société de pensée.

Nous devons tout d’abord préciser que les religions des maçons sont trop peu souvent indiquées sur les tableaux des membres 66 pour pouvoir tirer des conclusions fiables.

En revanche, une analyse est possible en ce qui concerne l’appartenance de certains maçons à la Compagnie des Pénitents Blancs, car les documents consultés à la Bibliothèque nationale 67 et aux Archives départementales de l’Hérault 68 fournissent davantage d’informations. Nous avons effectivement estimé à 5,93 le pourcentage des Frères montpelliérains des quatre loges étudiées qui sont aussi Pénitents Blancs.

Ces derniers, dont le pourcentage n’est pas négligeable à Montpellier parmi les francs-maçons, sont membres d’une confrérie laïque datant du XIIIe siècle ; ils s’imposent, par esprit de pénitence, des pratiques de piété et de charité. Ils rivalisent avec les Pénitents Bleus, issus de l’ancienne confrérie de Saint-Claude, Notre-Dame du Charnier et Saint-Barthélémy 69 ; néanmoins la Société des Pénitents Blancs demeure la plus importante dans la ville. Jusqu’aux années révolutionnaires, ceux-ci portent un sac en toile blanche, un capuchon blanc qui couvre leur tête et descend jusqu’aux genoux et un cordon en guise de ceinture. Ces Pénitents participent à des processions dans les rues de la ville, lors des funérailles, du Jeudi Saint ou de quelque autre cérémonie religieuse. A Montpellier à la fin du XVIIIe siècle, le développement de ces confréries n’est pas entravé par le succès du mouvement maçonnique 70 ; être franc-maçon et Pénitent Blanc n’est pas incompatible, ainsi que le montre la comparaison entre une annexe du mémoire de maîtrise de C. Reboul 71 et les tableaux des membres des quatre loges montpelliéraines étudiées 72.

Il convient de compléter cette étude statistique générale en évoquant d’autres sociétés de pensée auxquelles les maçons peuvent appartenir.

La principale d’entre elles est l’Académie royale des Sciences de Montpellier : cette « assemblée de gens de lettres où l’on cultive les sciences et les arts » 73 fondée en 1706, ne prend son véritable essor qu’au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle 74. Certains Frères de l’Ordre maçonnique sont également membres de la Société royale des Sciences : c’est le cas de Jean-Antoine Chaptal – professeur honoraire à l’école de médecine et appartenant à la loge de la Parfaite Union -, qui donne des cours de chimie à l’Académie 75. Celle-ci connaît un certain succès auprès des francs-maçons et notamment de ceux du dernier atelier cité, car il est essentiellement composé, à partir de 1802, d’étudiants ou de docteurs en médecine.

En outre, quelques membres – moins nombreux toutefois – appartiennent au club des « Amis de la Constitution et de l’Égalité ».

Il convient de souligner en conclusion le rôle politique de certains maçons montpelliérains et notamment du plus illustre d’entre eux : Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, président du Comité de Salut public à la fin de l’année 1794 ; ministre de la Justice en 1799, puis second consul et archichancelier sous l’Empire 76. Notons également l’appartenance maçonnique de Claparède, général de division ; de Cambon, député à la Législative, puis à la Convention ; du médecin Auguste Broussonnet, député à la Législative ; ou encore, celle de Chaptal, conseiller d’État, puis ministre de l’Intérieur sous le Consulat, de 1800 à 1804 77.

Néanmoins, cet article est par définition trop succinct pour quiconque s’intéresserait de plus près au sujet traité. Certes, la lecture du mémoire en donne une étude plus complète et plus détaillée, mais mes travaux ultérieurs élargiront cette question, tant sur un plan géographique – Languedoc – que temporel – XIXe siècle – et approfondiront l’étude sociologique des francs-maçons montpelliérains.

Notes

   1.Rouzet (Charline), Franc-Maçonnerie et Francs-Maçons à Montpellier (1750-1820), Maîtrise d’Histoire moderne ss. dir. de Dominique Biloghi, Montpellier, Université P. Valéry, 1995.

   2.Guilbert (A. C.), « Une loge d’étudiants à l’Orient de Montpellier », in Travaux de la Loge nationale de recherches Villard de Honnecourt, t. 2, Liège (Belgique), Grande Loge Nationale Française, 1966, P. 39-43.

   3.B.N.F., FM2311.

   4.Martinez (Michel), « Les Francs-Maçons dans l’Hérault (1804-1815) », in-4°, 21 p., extrait du 111e Congrès national des Sociétés savantes, Poitiers, 1986, sect. Histoire mod. et contemp., t. 1, fasc. 2, p. 189-209.

   5.Dore (André), « Une loge dite d’étudiants, la Parfaite Union à l’Orient de Montpellier (1792-1813) », in Bulletin intérieur de la Commission d’Histoire du Grand Orient de France, n° 7, juin 1973, p. 24-43.

   6.Delpuech (J.-P. G.), Montpellier à la veille de la Révolution, Montpellier, 1954, p. 29-34.

   7.Ligou (Daniel), « Essai de répertoire des loges maçonniques françaises des origines à nos jours », in Bulletin intérieur de la Commission d’Histoire du Grand Orient de France, Neuilly-sur- Seine, t. 1 : Province, Anciennes colonies françaises, Étranger, 1966.

   8.B.N.F., FM2311.

   9.Dore (André), art. cit.

   10.  Ligou (Daniel), op. cit.

   11.  Dore (André), art. cit.

   12.  Roche (Daniel), Le Siècle des Lumières en province. Académies et académiciens provinciaux, 1680-1789, Paris, École des hautes études en sciences sociales, Mouton éditeur, t. I, 1978, p. 451 à 460.

   13.  Ligou (Daniel), op. cit.

   14.  Ibid.

   15.  A.D.H., 58 M 14.

   16.  Roche (Daniel), op. cit.

   17.  Dore (André), art. cit.

   18.  Ligou (Daniel), op. cit.

   19.  B.N.F., FM2 313.

   20.  Ligou (Daniel), op. cit

   21.  B.N.F., FM2 313.

   22.  Dore (André), art. cit.

   23.  B.N.F., FM2 312.

   24.  Ibid.

   25.  Delpuech (J.-P. G.), Montpellier à la veille de la Révolution, Montpellier, 1954, p. 35-36.

   26.  Ligou (Daniel), op. cit.

   27.  B.N.F., FM2 311.

   28.  Ligou (Daniel), op. cit.

   29.  Delpuech (J.-P. G.), op. cit., p. 36.

   30.  Ibid.

   31.  Ligou (Daniel), op. cit.

   32.  B.N.F., FM2308.

   33.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées :
— FM2 313 : loge de l’Urbanité,
— FM2 312 : loge de la Parfaite Union, folios 113 à 136,
— FM2 311 : loge de la Bonne Intelligence, folios 104 à 112,
— et FM2 308 : loge des Amis Fidèles, folios 1 à 34.

   34.  Ibid.

   35.  Ibid.

   36.  B.N.F., FM2312 : loge de la Parfaite Union.

   37.  B.N.F., FM2312 : chapitre de la Parfaite Union; FM Impr. 1010 ; FM Impr. 1011.

   38.  B.N.F., FM2311.

   39.  Delpuech (J.-P. G.), op. cit., p. 35-36.

   40.  B.N.F., FM2 308 ; A.D.H., 58 M 14 ; Delpuech (J.-P. G.), op. cit., p. 36.

41.  Delpuech (J.-P. G.), op. cit., p. 30.31.

42.  Ibid.

43.  Roche (Daniel), Le Siècle des Lumières en province. Académies et académiciens provinciaux, 1690-1789, Paris, Écoles des hautes études en sciences sociales, Mouton éditeur, t. I, 1978, p. 451-460.

44.  Ibid.

45.  Aguihon (Maurice), Pénitents et Francs-Maçons de l’ancienne Provence, Paris, Fayard, 1984, 454 p.

46.  Roche (Daniel), op. cit.

47.  A.D.H., 58M 14.

48.  Roche (Daniel), op. cit.

49.  Martinez (Michel), « Les Francs-Maçons dans l’Hérault (1804-1815) », in-4e, 21 p., extrait du 111e Congrès national des Sociétés savantes, Poitiers, 1986, sect. Histoire mod. et contemp., t. 1, fasc. 2, p. 189-209.

50.  A.D.H., 58 M 14.

51.  Barral (Marcel), Les noms de rues à Montpellier, du Moyen Age à nos jours, Montpellier, Espace Sud Éditions, 1989 ; Cholvy (Gérard) (ss. dir. de), Histoire de Montpellier, Toulouse, éd. Privat, 1989, 2e réimpression ; L’homme de la rue à Montpellier, Montpellier, Éditions de la Source, 1990 ; Ligou (Daniel), Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, Paris, P.U.F., 1991, 3e édition ; Michel (Henri), « L’Hérault », in Bergeron (Louis) et Chaussinand-Nogaret (Guy), Grands notables du Premier Empire, Paris, éd. C.N.R.S., 1980, p. 49-166 et p. 226-229 ; Roschach (E.), Études historiques sur l’histoire du Languedoc, 1642-1750, Toulouse, 1876-1877 ; Wolff (Philippe) (ss. dir. de), Histoire du Languedoc, Toulouse, éd. Privat, 1990, nouvelle édition.

52.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées (documents cotés FM2 313, FM2 312, FM2 311 et FM2 308).

53.  Cf. note 51.

54.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées.

55.  Ibid.

56.  Ibid.

57.  Ligou (Daniel), Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, p. 593-594.

58.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées.

59.  A.D.H., 1J11, 58M 14.

60.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées.

61.  B.N.F., FM Impr. 1011.

62.  B.N.F., FM2 311, folios 110-111 : tableau des membres de 1778.

63.  B.N.F., FM2 308, folios 1 à 34 : tableaux des membres.

64.  Delpuech (J.-P. G.), Montpellier à la veille de la Révolution, Montpellier, 1954, p. 39-41.

65.  Martinez (Michel), art, cit., p. 191.

66.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées.

67.  Ibid.

68.  A.D.H., IJ11, 58 M 14.

69.  Cholvy (Gérard) (ss. dir. de), Histoire de Montpellier, p. 215 (Anne Blanchard et Henri Michel).

70.  Ibid.

71.  Reboul (C.), Les Pénitents Blancs à Montpellier de 1771 à 1792, Maîtrise d’Histoire moderne ss. dir. de Michel Péronnet, Montpellier, Université P. Valéry, 1992.

72.  B.N.F., tableaux des membres des quatre loges étudiées.

73.  Biloghi (Dominique), L’Académie royale des Sciences de Montpellier, 1706-1793. (Etude du fonctionnement social et idéologique d’une Société savante au XVIIIe siècle), Maîtrise d’Histoire moderne ss. dir. de Michel Péronnet, Montpellier, Université P. Valéry, 1976.

74.  Cholvy (Gérard) (ss. dir. de), op. cit., p. 208.

75.  Ibid., p. 209, et Chaptal, ss. dir. M. Péronnet, Toulouse, Privat, 1988, 336 p.

76.  Sagnes (Jean) et Péronnet (Michel), La Révolution dans l’Hérault : 1789-1799, Le Coteau, éd. Horvath, 1989, p. 126.

77.  Ibid., p. 149.