Les Ecoles Normales Primaires de l’Académie de Montpellier dans les années 1880
Les Ecoles Normales Primaires de l’Académie de Montpellier
dans les années 1880
p. 39 à 42
L’inspecteur Général Lescœur, en tournée dans l’Hérault en 1876, décrit ainsi la situation générale : « Des progrès sérieux ont été accomplis. La nouvelle École normale d’institutrices a été installée dans de bonnes conditions matérielles. La maison est bien et les élèves travaillent. Il n’y a qu’une chose à recommander à Mme la Directrice, c’est de ne pas perdre de vue la destination spéciale des écoles normales de filles qui est surtout de former des institutrices pour les écoles de village.
A l’École normale de garçons, l’enseignement est assez satisfaisant. Le nombre des candidats devient chaque année beaucoup plus considérable. Il serait bon de profiter de cette circonstance pour relever le niveau des épreuves d’admission et ne recevoir comme élèves-maîtres que des jeunes gens en mesure de suivre utilement les cours de l’École (31 août 1876) ».
I. La décennie 1879-1889
Entre la loi du 9 août 1879 qui propose une école normale d’institutrices dans chaque département, et celle du 19 juillet 1889 qui impose la rémunération des instituteurs par l’État, une bonne part du système scolaire se met en place. Les rapports des recteurs au Ministre permettent d’apprécier la situation pour trois années consécutives.
a) 1878 – « La situation de ces divers établissements me paraît satisfaisante dans son ensemble, partout, les élèves de 3e A que stimule l’approche des examens définitifs sont notés comme travaillant avec beaucoup d’ardeur… Je ne doute pas, d’un autre côté que les nouveaux élèves ne soient pour la plupart en état de suivre avec succès les cours des écoles normales, les candidats seront partout assez nombreux pour que les choix puissent être satisfaisants…
Malgré tout, je suis de plus en plus convaincu qu’on est loin de retirer de ces utiles établissements tout le profit qu’on en peut attendre et j’incline à penser que depuis 20 ans ils n’ont fait que peu de progrès… Il n’y a pas de question qui intéresse davantage l’avenir de l’enseignement primaire… »
b ) 1879 – « En résumé, M. le Ministre, les Écoles normales marchent dans la voie du progrès quoique avec beaucoup de lenteur ; si, dans le courant de l’année qui vient de s’écouler, quelques-unes n’ont donné que des résultats très médiocres, du moins nous n’avons pas eu à regretter, dans une si grande proportion les humiliants échecs des années précédentes aux examens du brevet de capacité.
Je trouve dans les examens trimestriels établis par mon prédécesseur en exécution du décret du 2 juillet 1866, un moyen de fortifier et d’étendre les études et de juger à la fois l’enseignement des maîtres et le travail des élèves. Comme lui, je me ferai rendre un compte exact de ces examens et j’apporterai une attention particulière à ces utiles établissements ».
c) 1880 – « Toutes les Écoles normales du ressort ont tenu à profiter de la faculté que vous leur avez laissé de présenter un certain nombre d’élèves de 2e A aux examens du brevet de capacité. Cette mesure appliquée pendant les deux sessions de 1880 a été accueillie avec satisfaction et beaucoup d’élèves ont obtenu ce titre moins l’histoire et la géographie, matières réservées ».
La situation se modifie considérablement entre 1880 et 1890. Les deux dates de promulgation des lois organiques marquent à la fois un aboutissement et un point de départ. L’École normale d’institutrices de Montpellier a été créée en 1871-1872, avant même la promulgation de la loi de 1879 et malgré une opposition très rigoureuse.
Jules Ferry a mis 54 mois, de 1879 à 1883, pour faire voter les lois fondamentales de l’instruction publique. Celles-ci, apparaissent bien comme l’aboutissement du cheminement d’une pensée fortement implantée et répandue. Le réunion du Congrès des maîtres délégués des départements en avril 1881 et la concertation de septembre 1881 des Inspecteurs d’Académie font preuve d’une adhésion populaire et d’un souhait général pour mettre en place un service public d’éducation d’un style nouveau.
II. Schéma de formation et discours pédagogique
Ils se réfèrent aux textes législatifs et réglementaires d’une part, et aux commentaires, aux expressions, aux volontés, aux actes des équipes ministérielles, d’autre part. L’État doit donner aux élèves de l’école publique, « une famille » disait Jules Simon, des maîtres, et des maîtres compétents. Au seuil de 1880 le problème, le plus urgent était dans l’enseignement féminin l’Académie de Montpellier compte à cette date trois Écoles normales primaires de filles. Paul Bert crée la même année l’ENS. de Fontenay-aux-Roses, avant même celle de Saint-Cloud (1882) pour former des maîtresses destinées à devenir directrices. La morale et la psychologie sont mises au programme des écoles normales primaires. Les professeurs d’école normale sont prévenus qu’il n’est pas question de soumettre sans précautions les élèves instituteurs à l’enseignement dit bourgeois.
Les normaliens et les normaliennes sont issus du peuple, et on parle d’eux comme « on parle du peuple ». La méthode socratique est reléguée au profit d’une méditation à haute voix devant l’auditoire. C’est la technique de Félix Pécaut à Fontenay, célébrant une sorte d’office moral tous les matins. Et, au bas du système éducatif, c’est le maître commentant dans sa classe une belle maxime de la morale de nos pères.
École Primaire, École Normale Départementale, École Normale Supérieure, aux trois niveaux du système et de la structure, la même parole se redit. Le discours psycho-moral tenu tout en haut cascade de bief en bief, avec comme ultime destinataire l’enfant qui (petit missionnaire des idées laïques, comme dit Ferdinand Buisson) ira moraliser sa famille. Le réseau est centralisé et hiérarchisé.
En 1881-1882, le Recteur constate que si tous les départements de l’Académie ont une école normale d’instituteurs, trois seulement ont une école normale d’institutrices : les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Hérault. A Nîmes, l’école normale de filles ouvrira en 1883. On ne peut dire encore à quelle date la Lozère aura son école normale d’institutrices. Durant la décennie 1879-1889 on considère que la création d’écoles normales est urgente, dans l’intérêt du service de l’instruction publique élémentaire : en 1833 – déjà – avait démarré le premier établissement fondé par le département dans les locaux loués par la ville, rue des Carmes, à Montpellier : l’école normale primaire gratuite et d’enseignement mutuel.
III. Les conditions de fonctionnement dans l'Académie
Conformément aux prescriptions ministérielles (circulaire du 18 octobre 1881) le Recteur de l’Académie établit un rapport annuel dont on peut extraire quelques rubriques. Tous les départements de l’Académie de Montpellier sont pourvus d’une école normale d’instituteurs. Trois ont une école normale d’institutrices. Celle du Gard s’ouvrira dans le courant de l’année prochaine ; seul le département de la Lozère n’aura pas de quelque temps d’école normale d’institutrices.
Si des écoles ont été créées presque partout, les locaux que l’on a choisi sont pour la plupart ou insuffisants ou dans de mauvaises conditions hygiéniques. C’est ainsi que les trois écoles normales d’institutrices de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales devront être abandonnées ou agrandies. Les Conseils Généraux ont du reste déjà voté les sommes nécessaires pour la réalisation de nouveaux projets qui répondront je l’espère à tous les besoins de l’enseignement et aux exigences de l’hygiène. Le matériel a été considérablement augmenté durant ces dernières années grâce à la générosité de l’administration ; lorsque les lacunes qui existent encore dans les bibliothèques auront été comblées, toutes les écoles se trouveront dans d’excellentes conditions.
Par suite de la mauvaise installation des écoles normales d’institutrices l’état sanitaire a laissé à désirer dans ces établissements, ainsi que dans l’école normale d’instituteurs de Perpignan où une épidémie de fièvre typhoïde a sévi pendant une partie de l’hiver. En temps opportun le Recteur avait transmis au ministre le rapport de la commission d’hygiène nommée à l’effet d’étudier les causes de cette fâcheuse situation et d’indiquer les remèdes à y apporter.
La conduite des élèves a été excellente à Mende et à Nîmes et à l’école normale d’institutrices de Perpignan. Elle a été bonne en général dans les autres écoles. Le Recteur intervient dans les deux écoles normales de Montpellier où quelques faits regrettables se sont produits à l’égard des maîtres surveillants. Ces manquements sont dus à la légèreté des élèves, à l’idée qu’ils se font de leur importance, mais aussi peut-être au manque de tact de la part de ces jeunes maîtres qui n’ont pas encore toute l’expérience voulue.
La nouvelle organisation du personnel et les améliorations apportées dans la situation des maîtres ont produit de bons résultats. Dans quelques écoles cependant l’admission de maîtres adjoints au cours préparatoire de Saint-Cloud est venue apporter quelque trouble dans la marche des études et si le travail n’a pas trop souffert c’est grâce au zèle des suppléants et des directeurs. Le personnel des écoles normales primaires est, en général, très dévoué et capable. Il est toutefois à regretter que l’esprit d’intrigue chez les femmes ait souvent amené la discussion entre les maîtresses adjointes et la directrice. C’est ainsi que l’école normale d’institutrices de Carcassonne a été le théâtre de scènes vraiment déplorables. Le ministre mis au courant a pris les mesures pour éviter désormais de pareils faits.
L’organisation récente du service de l’économat n’a pu porter cette année tous ses fruits. En effet, la nomination du titulaire n’a pu être faite que dans le courant de l’année pour certains établissements. Les directeurs ont dû consacrer beaucoup de leur temps à ce service.
Il n’en sera plus de même et désormais les chefs des écoles normales seront définitivement débarrassés de ces occupations qui absorbaient la plus grande part de leurs moments.
Depuis la rentrée d’octobre les programmes fixés par l’arrêté du 3 août 1881 ont été appliqués et l’expérience faite prouve l’excellence de l’innovation.
Les résultats n’ont pas été aussi satisfaisants pour les institutrices. Cela tient surtout aux difficultés du recrutement des écoles normales d’institutrices. On avait dû pour les remplir, accepter beaucoup de médiocrités qui n’ont pu atteindre le niveau d’un examen bien au-dessus de leur portée.
Les leçons et les conférences pédagogiques ont généralement réussi. Le Recteur a vu avec satisfaction les élèves-maîtres s’appliquer à ces exercices destinés à les soustraire plus tard à la routine et les imprégner de science pédagogique.
Il est une autre branche d’enseignement qui est en progrès dans les écoles normales primaires. Ce sont les exercices militaires. Le Recteur a vu lors d’une de ses tournées les élèves de l’École Normale de Nîmes manœuvrer avec un ensemble et une précision remarquables. « Il serait bon de confier à un sous-officier cette partie importante de l’éducation des futurs instituteurs ».
A part quelques rares exceptions les écoles primaires servant de champ d’expérience aux élèves-maîtres n’ont pas produit le bien qu’on est en droit d’attendre. Les maîtres-adjoints chargés de la direction de ces écoles n’ont pas encore bien compris la nature de leurs fonctions. Ils ressemblent trop à des ordinaires directeurs d’écoles primaires et pas assez à des maîtres adjoints d’écoles normales. Ils visent plutôt au succès de leurs élèves dans les examens qu’à la préparation des élèves-maîtres à l’enseignement. Ils réduisent ces derniers au rôle de moniteurs. Il est regrettable que certains directeurs d’école annexe, comme celui de l’Aude par exemple, ne tiennent pas plus compte des avis et des conseils qui leur sont donnés à cet égard.
En résumé, dit le Recteur au Ministre, s’il y a bien encore des imperfections dans les écoles normales de l’Académie de Montpellier on peut du moins constater partout des efforts louables vers le progrès et « je suis heureux de pouvoir ajouter que ces efforts ont produit cette année 1881-1882 des résultats très sensibles ».
IV. L'école Normale de Montpellier
En 1881, l’École normale primaire d’instituteurs de l’Hérault est installée sur les bords du Verdanson, dans le quartier Nord de la ville de Montpellier. La qualité du site et l’aménagement du quartier Nord, au début du Second Empire, ont facilité la décision du Conseil général. Loin de toute rue houleuse, cette situation augmente l’efficacité du régime salutaire auquel sont soumis les élèves-maîtres qui ont droit aux travaux de jardinage et aux longues promenades dominicales. Le cadre extérieur est rustique à souhait.
Comment à l’intérieur de bâtiments dont les directeurs ont demandé déjà plusieurs fois, des aménagements, les 60 jeunes internes, vivent-ils ? Quelles sont les originalités des études, des activités, et les résultats ?
Le registre des délibérations de la Commission de Surveillance (1880-1896) permet de souligner les faits principaux. Cette Commission (qui deviendra Conseil d’Administration en 1890) est chargée de la discipline, des études… ses membres en sont nommés par le Ministre sur proposition du Préfet et du Recteur et ont autorité sur l’ensemble du personnel, directeur compris. Quelques extraits des écrits de P. Galzin résument l’état d’esprit qui règne en 1881, année du changement
« La tenue des élèves est convenable et leur conduite morale est bonne… Mais ils se font une idée exagérée de ce qu’ils seront à l’École et de ce qu’ils sont appelés à devenir plus tard… Pour manier ces âmes ombrageuses, il faut de l’autorité, de la prudence et des précautions… Ce mal a sa cause… On dit peut-être trop souvent aux instituteurs, qu’ils sont la base de la société moderne, l’espoir de l’avenir. Il est bien sans doute de les fortifier, de les grandir, à leurs propres yeux, en leur montrant l’importance de leur mission, mais il me paraît imprudent de surfaire ce rôle au risque de leur inspirer un sentiment de vanité que rien ne justifie. Au lieu d’avoir des instituteurs modestes et pénétrés de leurs difficiles devoirs, prenons garde de n’avoir un jour que des déclassés… Heureusement, cette tendance n’est qu’une exception. Il suffira d’avoir l’œil ouvert sur elle, de la contenir avec fermeté et de redoubler de vigilance dans l’enquête sur les candidats afin de n’admettre que ceux dont le passé est irréprochable, la moralité bien établie et qui peuvent nous promettre des élèves sages et laborieux et plus tard des instituteurs sérieux et modestes ».
Le travail des élèves est en général très satisfaisant « L’Inspection Générale a manifesté sa satisfaction sur ce qu’elle a vu et si tout n’a pas paru parfait, elle a du moins constaté des progrès considérables et nous a assigné une place fort honorable parmi les Écoles normales de France.
Aux examens de juillet 1881, tous les élèves de 2e année ont été reçus au Brevet élémentaire, et au Brevet supérieur, 7 élèves sur 13 ont été reçus.
Les effectifs des élèves : Le 13 août 1881 après les examens d’admission la situation des effectifs après une nouvelle répartition est de 60 :
Les Programmes, les Innovations : En 1881, apparaissent des matières nouvelles : L’instruction morale et civique, les éléments de littérature, les notions d’économie politique. Deux autres reçoivent un développement considérable : la pédagogie, l’histoire. Le Brevet Supérieur est également modifié en 1881 il n’y a pas de séries et le titre est pris en une seule fois.
Le personnel des maîtres : Le corps des professeurs a été complètement renouvelé. M. Trabuc, nommé commis à l’Inspection académique a été remplacé par A.M. Fabre, retraité. En conséquence, l’enseignement de l’histoire change trois fois de maîtres en 2 ans. En sciences, M. Paul rentre dans l’enseignement secondaire et M. Crozet, est nommé à sa place. Le Professeur de grammaire est remplacé par M. Bremond qui prend aussi l’enseignement de l’histoire. Lé Directeur souligne avec pertinence que ces fréquents changements ne sont pas faits pour fortifier l’enseignement.
Les Inspections, les visites de contrôle. Pour bien informer la Commission de Surveillance, et apprécier la qualité et la valeur des enseignements, deux inspections ont lieu en 1881. Les inspecteurs généraux Cadet et Cocheris concluent à des éloges, des constatations très satisfaisantes. L’E.N.P. de l’Hérault est un établissement de qualité.
Les Activités pédagogiques, éducatives et culturelles. Les élèves-maîtres font à tour de rôle, sur un sujet donné par le directeur, un exposé en présence de l’école entière. Les sujets de sciences sont préférés à ceux d’histoire et de littérature que les normaliens abordent en tremblant. Il faut ici faire un aveu : les lettres exigent une culture d’esprit que n’ont pas et ne peuvent pas avoir alors des élèves-maîtres. Pourtant, les inspecteurs remarquent que ces conférences-exposés révèlent des qualités d’exposition et de langage pleines de promesses pour l’avenir. Le matériel scientifique de l’École s’enrichit d’un envoi fait par le ministre. M. Lies Bodard organise des conférences de chimie dans un esprit d’ouverture sur le milieu et qui est complété par des excursions. Les visites et les voyages, en 1881, se multiplient : ces excursions se font aux frais de l’école ou du département. Aux visites des musées s’ajoutent celles des usines, ateliers, de collections et d’établissements scientifiques et aussi des promenades botaniques et minéralogiques. Le grand déplacement conduit enfin en 1881, les élèves de 3èA dans le Gard aux bords du Rhône à Beaucaire, Tarascon et enfin Nîmes. Boyer, le Directeur de l’École normale de Nîmes et tous les personnels reçoivent avec une fraternité cordiale les représentants de l’École normale de Montpellier. L’exposition agricole et scolaire augmentent la valeur éducative et instructive de cette journée. La commission de surveillance émet à la suite de ces agréables initiatives, le vœu que les normaliens de 3èA, en un voyage de fin d’études, puissent avant leur sortie, réaliser une excursion où l’utile soit joint à l’agréable, pour mieux connaître le milieu départemental ou régional.
Le placement des élèves : Le rapport de 1881 souligne le plein emploi des élèves-maîtres sortants. Le Préfet et l’Inspecteur d’Académie du département accordent la préférence. La promotion sortante a vu ses membres nommés instituteurs, presque tous dans les villes, de Montpellier, de Cette (Sète) et Béziers, ce qui leur assure de bons traitements. Ce fait non négligeable est un argument de valeur pour inciter la jeunesse à présenter son admission à l’École normale primaire d’instituteurs du département.
L’évolution des Écoles Normales autour de 1880 met l’accent sur la rupture, l’innovation : noyau central du système éducatif elle diffuse l’idée de l’unité d’éducation, fondement obligé de l’unité nationale.
C’est aussi le passage de la pédagogie traditionnelle à la pédagogie rénovée ; du mode individuel de l’ancien régime au mode simultané via le mode mutuel. Mais si, à l’occasion du centenaire des lois scolaires une boulimie documentaire bien légitime se fait jour, en ce qui concerne l’histoire de la pédagogie des disciplines ou matières d’enseignement, on est encore au temps de la recherche et de l’inventaire des matériaux disponibles.
L’École normale primaire, institution clef de la formation des maîtres, dont dépend pour une large part la qualité de l’enseignement primaire dans le département doit être à la hauteur de sa tâche.
En 1881, tout n’était pas à créer dans les départements de l’Académie de Montpellier. Les Recteurs Charles et Chancel, etc., ont porté une attention particulière à l’amélioration de la situation matérielle et morale des normaliens. Leur action conjuguée à celle de l’Administration centrale, de Jules Ferry à Ferdinand Buisson. a imprimé un élan nouveau. Peut-être faut-il rappeler que dans une région aux contrastes et aux multiples aspects socio-économiques, la diversité du personnel enseignant primaire, quant à son origine et à ses antécédents, à ses possibilités, apporte des limites à l’action uniformatrice du pouvoir central. Mais peut-on s’en tenir à cette critique du système scolaire de la 3e République qui reproche le travail sur des modèles : écriture, types de solutions, phrases modèles, etc., considère l’école normale comme un moule intellectuel proche de l’étouffoir ? Cette vision simpliste est démentie par les informations recueillies sur ce que sont devenus dans la vie départementale, régionale et nationale, les Anciens élèves des Écoles normales primaires de l’Académie de Montpellier, dont nous essayons de rechercher l’origine « géographique », sociale, etc.
Sources – Archives
— Archives départementales de l’Hérault. Série T.
— Archives de l’École normale primaire d’instituteurs de Montpellier :
— Registres des délibérations de la Commission de surveillance,
— Rapports des surveillants des Études des Normaliens.
— Archives de l’École normale primaire d’institutrices de Montpellier.
— Archives communales de la ville de Montpellier.
— Archives départementales de l’Aude. Série T. Carcassonne.
— Archives départementales des Pyrénées-Orientales. Série T. Perpignan.
— Archives départementales du Gard. Série T. Nîmes.
— Archives départementales de la Lozère. Série T. Mende.
— Enquête de la Mission des Archives du Ministère de l’Éducation nationale.
— Débats Chambre des députés : sessions 1880, 1881, 1882, 1886.
— CDDP de l’Aude : L’école dans l’Aude il y a cent ans.
— Archives départementales de l’Hérault : Les lois scolaires de la 3è République et leur application dans l’Hérault.
Bibliographie
Chobaux, Un système de normes pédagogiques. Les instructions officielles dans l’enseignement élémentaire français, Revue française de sociologie, numéro spécial 1967, pp. 34 à 56.
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Jules Ferry entre la recherche de la pédagogie : par Serge Chassagne in Histoire de l’éducation, avril 1982, n° 14, INRP
Cent ans d’École. Textes de Pierre Caspard Serge Chassagne Jacques Ozouf Antoine Prost Yves Lequin Guy Vincent préface de Georges Duby. Seysel Ed. du Champ Vallon, 1981, 1096 p. ill. fac.
Histoire mondiale de l’éducation des origines à nos jours. Sous la direction de Gaston Mialaret et Jean Vial. Paris, P.U.F., 1981.
Histoire générale de l’enseignement de l’éducation en France publiée sous la direction de Louis Henri Parias, Préf. de R. Rémond, tome 2, Paris nouvelle Librairie de France, 1981.
Briaud Jean Pierre : Les monographies de l’enseignement primaire supérieur dans l’Aveyron, le Gard et l’Académie de Montpellier.
Jean Commets : Histoire de l’École normale de la Lozère de 1833 à nos jours. Bulletin du C.E.R. 1975. La formation des institutrices de la Lozère de 1839 à 1899.
Annales du Midi, N° spécial 144, oct. déc. 1979, Toulouse Privat. « Enseignements et enseignants dans le Midi de la France ».
Pierre Habrusse instituteur. Mémoires d’un maître d’école dans les P.O. au milieu du 19è siècle.
Jean Vial, Les instituteurs douze siècles d’histoire. Préface de Guy Georges, Paris, Ed. Universitaire J.P. Delarge 1980, 259 p.
Gontard Maurice. La question des écoles normales primaires de la Révolution de 1789 à nos jours. Toulouse, CRDP, 1976.
Montpellier : Centenaire de l’École normale d’institutrices. Exposition du 9 au 28 juin 1976 au CRDP de Montpellier, 4 fascicules.
Gilles Lemercier. Quelques écoles gardoises au début du 19e siècle. Les cahiers du Gard rhodanien, n° 7, 1977. p. 196-202.
Michel Martinez. L’EN. primaire départementale d’Instituteurs de l’Hérault. Archistra n° 52, nov. 1981, p. 53-60.
