Le territoire de la commune d’Agde est surtout connu pour les importantes découvertes archéologiques faites à l’intérieur de la colonie grecque ou dans ses environs 1. L’attention a été attirée essentiellement par les documents les plus anciens qui permettraient de fixer l’époque de la fondation du site ou de la colonie, au VIe ou au IVe siècle av. J.-C.

Durant ces toutes dernières années, une exploration archéologique plus suivie a permis des fouilles très précises : à l’intérieur de la ville antique, elles ont mis au jour un tronçon du rempart antique sud et des vestiges de l’habitat 2, et, d’autre part, à l’extérieur de la ville, une nécropole (plus de cent tombes fouillées en 1977 et 1978) 3 qui date de la fin du premier âge du Fer et du second âge du Fer.

Il semblait donc important d’apporter les données numismatiques aux découvertes d’Agde afin de mettre en parallèle tous les documents connus. Déjà, en 1875, le Dictionnaire archéologique de la Gaule 4 signalait que la ville d’Agde elle-même n’aurait pas livré de monnaies mais seulement ses environs. Cette situation n’était due alors qu’aux recherches limitées faites dans la ville antique totalement occupée par la ville contemporaine. Le territoire de la commune – le Dictionnaire archéologique de la Gaule signalait « sur les hauteurs, au Mont Saint Loup, des monnaies ibériennes de Narbonne » – a livré, le premier, des monnaies mais le site de la ville antique n’est plus maintenant un vide numismatique.

Nous avons donc conduit une enquête, depuis plusieurs années, auprès de tous ceux qui ont travaillé ou travaillent à Agde et nous pouvons ainsi publier la synthèse des documents connus actuellement.

Bien entendu pour Agde, comme pour les autres communes, les limites administratives modernes du territoire communal sont arbitraires et, même dans ce cadre artificiel, nous ne prétendons pas être complets. Nous souhaitons en tout cas que cette première synthèse invite ceux qui possèdent ou posséderaient des monnaies avec lieu de provenance à nous les faire connaître pour compléter un tableau qui présente encore trop de lacunes.

Notre étude sera organisée en deux volets d’une part les deux trésors qui ont été découverts en 1920 et en 1938 aux environs d’Agde, d’autre part les monnaies isolées, rencontrées entre 1938 et 1975 à Agde même ou sur le territoire de la commune, qui sont parvenues à notre connaissance 5. (Fig. 1).

I. - Les Trésors antiques

1. Le trésor de drachmes massaliètes du Bagnas

Carte de Agde et sa région
Fig. 1 Carte de Agde et sa région (en pointillé double : tracés des anciens bras de l'Hérault en pointillé fin limites des communes actuelles).
I1 = trésor du Bagnas. I2 = trésor de la Clape. Les chiffres correspondent aux lieux de trouvailles selon les numéros du Catalogue. La ville antique remparée d'Agde (A) a livré les monnaies n° 1, 2, 11 13, 23, 26, 31, 36, 40, 50, et son extension médiévale et moderne (B), les monnaies n° 41 et 49. Les monnaies suivantes peuvent provenir de la ville ou de ses environs 3-5, 9-10, 15-19, 24, 27, 28, 30, 32-35, 37, 39, 42-46.

En 1942, H. Rolland publiait un ensemble de cent trente six drachmes de Marseille dont il précisait ainsi l’origine : « récemment j’ai pu entrer en possession d’un petit lot de drachmes massaliètes, découvertes sur le territoire de Marsillargues, près de Lunel (Hérault). Tel qu’il m’est parvenu, ce petit trésor, dont les conditions exactes de découverte me sont inconnues, comprend 136 monnaies » 6.

La réalité de cette découverte à Marsillargues nous avait toujours semblé problématique car il n’en subsistait aucune autre trace dans les publications locales et, sur place, aucun souvenir. H. Rolland voulut bien nous faire part d’une information supplémentaire 7 : « le trésor de Marsillargues, déjà amputé, m’a été communiqué par Couturier, antiquaire à Marseille, aujourd’hui décédé, mais je n’ai jamais connu le nom de l’inventeur ni les conditions de la découverte ».

Or, en 1948, J. Coulouma signalait une découverte tout à fait comparable et qui s’était produite, à la même époque, mais sur le territoire de la commune d ‘Agde : « …l’Hérault formait un delta ; le bras le plus oriental suivait le trajet actuel du Canal du Midi jusqu’à l’étang du Bagnas. Si nos navigateurs pénétraient dans ce bras, ils pouvaient accéder à cet étang dont les rives sont basses. Or, il y a une dizaine d’années, des cultivateurs ont découvert une urne ayant servi de cachette et renfermant cent trente cinq monnaies d’argent de Marseille… » 8. C’est donc aux environs de 1938 qu’eut lieu cette découverte. L’un d’entre nous (R. A.), informé de la découverte, pratiqua une fouille qui lui permit de mettre au jour une construction et, parmi les documents archéologiques, deux monnaies dont une drachme de Marseille 9. D’autre part, J. Coulouma acquit six drachmes de ce trésor qui se trouvent encore aujourd’hui dans sa collection 10 et qui entrent toutes dans les différents types distingués par H. Rolland

Nous pensons donc que ces deux découvertes n’en font qu’une et qu’il convient maintenant de conserver seulement le trésor du Bagnas à Agde 11. Il a pu se produire une confusion, volontaire ou non, de la part des inventeurs ou de l’antiquaire intermédiaire, entre la commune de Marseillan, dont le lieu de découverte est distant de quelques centaines de mètres, et la commune de Marsillargues.

Nous pouvons donc reconstituer ce trésor à partir des cent-trente-six monnaies publiées, sans illustration, par H. Rolland, auxquelles nous ajoutons les six exemplaires de la collection Coulouma et un exemplaire encore conservé au Musée d’Agde. L’exemplaire découvert par l’un d’entre nous (R. A.) n’appartenait pas nécessairement au trésor et, d’autre part, il a disparu du Musée d’Agde. C’est donc un ensemble de cent quarante trois drachmes de Marseille dont nous allons dresser le catalogue 12.

A) Type BN 939-943, LT 942 [série 9] 13

D : Tête d’Artémis à droite, branches d’olivier dans les cheveux, pendant d’oreille et collier de perles, arc et carquois. R/Lion passant à droite, la queue relevée ; au-dessus Massa ; à l’exergue : H H.
Rolland 14 1er groupe, 1re variété : 1 exemplaire fruste : BN 942.

En 1942, H. Rolland publiait un ensemble de cent trente six drachmes de Marseille dont il précisait ainsi l’origine : « récemment j’ai pu entrer en possession d’un petit lot de drachmes massaliètes, découvertes sur le territoire de Marsillargues, près de Lunel (Hérault). Tel qu’il m’est parvenu, ce petit trésor, dont les conditions exactes de découverte me sont inconnues, comprend 136 monnaies » 6.

La réalité de cette découverte à Marsillargues nous avait toujours semblé problématique car il n’en subsistait aucune autre trace dans les publications locales et, sur place, aucun souvenir. H. Rolland voulut bien nous faire part d’une information supplémentaire 7 : « le trésor de Marsillargues, déjà amputé, m’a été communiqué par Couturier, antiquaire à Marseille, aujourd’hui décédé, mais je n’ai jamais connu le nom de l’inventeur ni les conditions de la découverte ».

Or, en 1948, J. Coulouma signalait une découverte tout à fait comparable et qui s’était produite, à la même époque, mais sur le territoire de la commune d ‘Agde : « …l’Hérault formait un delta ; le bras le plus oriental suivait le trajet actuel du Canal du Midi jusqu’à l’étang du Bagnas. Si nos navigateurs pénétraient dans ce bras, ils pouvaient accéder à cet étang dont les rives sont basses. Or, il y a une dizaine d’années, des cultivateurs ont découvert une urne ayant servi de cachette et renfermant cent trente cinq monnaies d’argent de Marseille… » 8. C’est donc aux environs de 1938 qu’eut lieu cette découverte. L’un d’entre nous (R. A.), informé de la découverte, pratiqua une fouille qui lui permit de mettre au jour une construction et, parmi les documents archéologiques, deux monnaies dont une drachme de Marseille 9. D’autre part, J. Coulouma acquit six drachmes de ce trésor qui se trouvent encore aujourd’hui dans sa collection 10 et qui entrent toutes dans les différents types distingués par H. Rolland

Nous pensons donc que ces deux découvertes n’en font qu’une et qu’il convient maintenant de conserver seulement le trésor du Bagnas à Agde 11. Il a pu se produire une confusion, volontaire ou non, de la part des inventeurs ou de l’antiquaire intermédiaire, entre la commune de Marseillan, dont le lieu de découverte est distant de quelques centaines de mètres, et la commune de Marsillargues.

Nous pouvons donc reconstituer ce trésor à partir des cent-trente-six monnaies publiées, sans illustration, par H. Rolland, auxquelles nous ajoutons les six exemplaires de la collection Coulouma et un exemplaire encore conservé au Musée d’Agde. L’exemplaire découvert par l’un d’entre nous (R. A.) n’appartenait pas nécessairement au trésor et, d’autre part, il a disparu du Musée d’Agde. C’est donc un ensemble de cent quarante trois drachmes de Marseille dont nous allons dresser le catalogue 12.

A) Type BN 939-943, LT 942 [série 9] 13

D : Tête d’Artémis à droite, branches d’olivier dans les cheveux, pendant d’oreille et collier de perles, arc et carquois. R/Lion passant à droite, la queue relevée ; au-dessus Massa ; à l’exergue : H H. → Rolland 14 1er groupe, 1re variété : 1 exemplaire fruste : BN 942.

B) Type BN 952-1052, LT 956, 992,1004, 1015 ; [série 11]

D : Buste d’Artémis à gauche, drapé ; les tresses ont la même disposition que sur le type précèdent ; diadème bas non radié ; collier de perles, pendant d’oreille, arc et carquois. R/Lion à gauche, l’épaule qui est apparente ; derrière celle-ci, arc et carquois ; autour du cou un collier de perles. Le pendant d’oreille est à trois éléments ou a la forme d’un triangle, le sommet vers le bas ; le diadème a trois ou quatre pointes ; sur la joue, une petite mèche de cheveux. R/Lion en arrêt à droite, la queue passe autour de la patte postérieure droite ; au-dessus Massa ; à l’exergue : liétôn.
Rolland, 1er groupe, 5e variété ; 1 pièce usée (BN 1012) : au droit, devant la tête : deux A superposés au revers, devant le lion, deux A superposés.
Rolland, 2e groupe, 1re variété : 4 pièces très usées : BN 1008 au droit, devant le buste : B ; au revers, devant le lion : A, entre les pattes de derrière B.

C) Type BN 1059-1078, LT 1064 [série 12]

D : Buste d’Artémis à gauche, drapé ; les tresses ont la même disposition que sur le type précédent ; diadème bas non radié ; collier de perles, pendant d’oreille, arc et carquois. R/Lion à gauche, patte antérieure droite levée, queue relevée ; au-dessus : Massa.
Rolland, 1er groupe, 2e variété : 1 pièce fruste : BN 1072 : au revers, entre les pattes de devant du lion : A, à l’exergue : Pi, A P.

D) Type BN 1088-1158, LT 1090 ; [série 13]

D : Buste d’Artémis diadémée à droite ; les tresses ont la même disposition que sur le type précédent ; diadème non radié ; arc et carquois, collier de perles, pendant d’oreille. R/Lion à gauche, patte antérieure droite levée, queue relevée ; au-dessus : Massa.
Rolland, 1er groupe, 3e variété : 3 pièces frustes : BN 1090 : au revers, à l’exergue : A ; BN 1142 : au revers, sous le ventre du lion : A, à l’exergue : lambda. H. Rolland ne précise pas si la troisième pièce est du type BN 1090 ou 1142.

E) Type BN 1180-1296, LT 1274 ; [série 16]

D : Buste d’Artémis diadémée à droite ; les tresses ont la même disposition que sur le type précédent ; diadème non radié ; collier de perles, exceptionnellement en trait plein, pendant d’oreille, mèche de cheveux sur la joue ; arc et carquois. R/Lion à droite, patte antérieure gauche levée, queue relevée ou, plus rarement, passant sous la patte postérieure droite ; au-dessus : Massa ; à l’exergue : liêtôn.
Rolland, 1er groupe, 4e variété : 22 pièces très mauvaises ou frustes : BN 1203 : au revers, entre les pattes de derrière : A, sous le ventre : lambda ; EN 1208 : entre les pattes de derrière : A, sous le ventre : T ; BN 1221 : E et A ; BN 1251 : xi et H ; BN 1263 : pi et K ; BN 1270 : pi et M ; BN 1279 : X et X. H. Rolland ne précise pas la répartition des 22 pièces entre ces sept références.
Coulouma n° 1 (Argent 15 ; 2,45 g ; 15/16 mm ; 2 mm ; 4) 16 : BN 1263 : entre les pattes de derrière : pi, sous le ventre K (Fig. 2, C1).

Carte de Agde et sa région
Fig. 1 Carte de Agde et sa région (en pointillé double : tracés des anciens bras de l'Hérault en pointillé fin limites des communes actuelles).
I1 = trésor du Bagnas. I2 = trésor de la Clape. Les chiffres correspondent aux lieux de trouvailles selon les numéros du Catalogue. La ville antique remparée d'Agde (A) a livré les monnaies n° 1, 2, 11 13, 23, 26, 31, 36, 40, 50, et son extension médiévale et moderne (B), les monnaies n° 41 et 49. Les monnaies suivantes peuvent provenir de la ville ou de ses environs 3-5, 9-10, 15-19, 24, 27, 28, 30, 32-35, 37, 39, 42-46.

F) Type BN 1297-175, LT 1315,1356 ; [série 18]

D : Buste d’Artémis diadémée à droite ; cheveux courts, relevés sur l’oreille en mèches bouclées épaule apparente ; derrière, l’arc et le carquois ; collier en trait plein ; pendant d’oreille en forme de E couché dont la barre centrale est souvent plus longue que les deux autres ; diadème radié ; petite mèche de cheveux sur la joue. R/Lion passant à droite, queue relevée ; au-dessus ; Massa.

Rolland, 2e groupe, 2e variété : 22 pièces très usées : BN 1301 : au droit, devant la tête, monogramme gamma, lambda ; au revers, à l’exergue : A, Pi, Z.
Coulouma n° 2 (2,47 ; 15 ; 2 ; 6) : BN ? : au revers, devant le lion : A ; à l’exergue : A, Pi, I (l’exemplaire BN 1301 porte, à l’exergue, la légende : A, Pi, Z ; au droit, devant la tète, monogramme : gamma, lambda) (Fig. 2, C2).
Rolland, 2e groupe, 3e variété : 25 pièces de conservation médiocre : BN 1305 (ou 1314) : au droit, devant la tête, monogramme : A M ; au revers, sous le ventre du lion : A ; à l’exergue : Delta, E, H ; BN 1315 : au droit, monogramme : Pi Lambda au revers : Delta et E, Delta, B 17 ; EN 1304 (ou 1303) au droit, monogramme : B A ; au revers : T et A, Pi, Pi (H. Rolland ne précise pas la répartition des 25 pièces entre ces trois références).
Coulouma n° 3 (2,68 ; 14/15 ; 2 ; 6) : EN 1315 : au droit, monogramme : Pi, Lambda ; au revers Delta, et E, Delta, B (Fig. 2, C3).
Rolland, 2e groupe, 4e variété : 52 pièces : EN 1297 : au droit, monogramme : Gamma, Lambda ; au revers, devant le lion : A ; à l’exergue : A H X ; BN 1312 : au droit, monogramme : K H ; au revers Delta et Delta, A, Delta ; BN 1327 : au droit, monogramme : Pi, Lambda ; au revers : A et K, Pi, A ; BN 1340 : au droit, monogramme : H B ; au revers : X et Pi, A, Delta ; BN 1348 : au droit, monogramme Pi, Lambda ; au revers : E et Pi, H, A ; BN 1355 : au droit, monogramme : A H au revers : M et P, Pi, Delta (ou P, Pi, A ?) ; EN 1359 : au droit, monogramme : décomposé par le Catalogue BN en P, Delta, B et en B A par H. Rolland ; au revers : A et X Z A. H. Rolland ne précise pas la répartition des 52 pièces entre ces sept références.
Coulouma n° 4 (2,53 ; 14 ; 2,5 ; 4) : BN 1348 : au droit, monogramme : Pi, Lambda ; au revers : E et Pi, HA (fig. 2, C4) ; n° 5 (2,61 ; 16/17 ; 2 ; 6) : BN 1355 : au droit, monogramme : A H ; au revers M et P, Pj, [Delta] ou P, Pi, [A] (Fig. 2, C5) ; n° 6 (2,62 ; 15/16 ; 2 ; 6) : BN 1312 : au droit, monogramme K H ; au revers : Delta et Delta, A, Delta (Fig. 2, C6).
Musée d’Agde n° 25 (2,58 ; 15 ; 2 ; 5) : BN ? : au droit, monogramme : A M ; au revers, à l’exergue : A, Delta, H (il ne semble pas qu’il y ait une lettre sous ou devant le lion). (Fig. 2, M. 25).

G) Type BN 1424-1425, 1431-1433, 1460, LT – ; [série 21]

D : Buste d’Artémis diadème et drape à droite ; l’épaule n’apparaît pas ; les cheveux sont divisés en quatre tresses, deux remontent sur la tête, la troisième, ramenée en arrière, forme le chignon et la quatrième descend le long de la nuque ; arc et carquois ; collier à longs pendants ; diadème non radié pendant d’oreille en forme de ↑, ˄ Ѧ R/Lion en arrêt à droite, la queue passe autour de la patte postérieure droite ; au-dessus : Massa.
→ Rolland, 1er groupe, 6e variété ; 5 pièces frustes : BN 1431 : à l’exergue : pi, E.

Si nous regroupons les sept séries présentes dans le trésor du Bagnas, nous obtenons le tableau suivant :

La question de la chronologie des drachmes légères de Marseille présente encore de nombreuses incertitudes tant dans ses limites chronologiques extrêmes que dans la disposition relative de ses diverses séries. Dans sa publication de 1942, H. Rolland ne proposait pas pour ce trésor de datation absolue. En 1961 18 le même auteur suggérait, pour l’ensemble des émissions, la période « 230 environ et 49 avant nôtre ère ». Déjà, antérieurement, il avait daté le type BN 1305 – [série 18] – « de la fin du IIe siècle avant notre ère et, encore mieux, du début du Ier » 19. Depuis 1961 20 c’est le classement chronologique en fonction de la typologie et de l’épigraphie qu’a établi H. Rolland qui sert de base aux recherches : « on peut considérer comme appartenant au troisième tiers du IIIe siècle, les émissions avec la tête seule d’Artémis – à Agde, série 9 – ; à la première moitié du IIe siècle, celles avec le buste et la légende longue [Massaliéton à Agde, série 11 et, peut-être, 16] ; à la deuxième moitié du IIe siècle les drachmes au buste et à la légende abrégée [Massa : à Agde, séries 12, 13, 21] enfin au 1er siècle les deux dernières émissions avec monogramme et lettres à l’exergue du revers [ à Agde, série 18], ces dernières fabrications, présentant de sensibles modifications dans la coiffure de la tresse, ne se rencontrent pas sur les oppida détruits lors de la campagne des légions romaines en 123 ».

Des exemplaires du type BN 1297-1358 [série 18] ont été rapprochés récemment, par A. Alföldi 21, des émissions de C. Valerius Flaccus 22, datées des années 80 av. J.-C., dont ils seraient contemporains.

C’est donc au Ier siècle av. J.C. qu’il conviendrait de placer l’enfouissement du trésor du Bagnas sans que nous puissions préciser davantage et savoir, en particulier, s’il est antérieur à la date traditionnelle de la fermeture des émissions d’argent de Marseille (49 av. J.-C.) ou postérieur. Si l’on voulait à tout prix chercher des causes extérieures à un simple désir privé d’épargne, les faits ne manquent pas, entre 80 et la période augustéenne, mais il nous semble plus pertinent de relever que ce trésor est le seul trésor de drachmes découvert sur la rive droite du Rhône 23 et, avec ceux de Cadenet, Tourves et Entremont, un des rares ensembles de drachmes massaliètes 24.

II. Le trésor de deniers de la République romaine et du Haut Empire de la Clape

« Vers 1920 furent découvertes à cent mètres au nord de la métairie de la Clape quelques monnaies d’argent romaines, petit trésor aujourd’hui disparu mais dont l’existence et la trouvaille nous furent confirmées par le métayer de La Clape et dont quatre pièces au moins furent déterminées avec précision » 25. Cette découverte comprenait une « trentaine » 26 (ou davantage ?) de monnaies d’argent dont il nous est possible aujourd’hui d’identifier cinq d’entre elles :

1. Denier C. COIL.CALD (104 av. J.-C.)

D : Tête casquée de Rome à gauche. R/Victoire dans un bige à gauche ; au-dessous : CALD, à l’exergue : C (M.H. Crawford, Roman Republican Coinage, Cambridge, 1974, n° 318/1 b)

2. Denier P. CREPVSI (82 av. J.-C.)

D : Tête d’Apollon à droite. R/Cavalier à droite, à l’exergue : P. CREPVSI (M.H. Crawford, op. cit.,n° 361/1)

3 à 5. Deniers d'Auguste (2 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.)

D/  Tête laurée d’Auguste à droite, CAESAR AVGVSTVS DIVI F PATER PATRIAE. R/Caius et Lucius debout, entre eux, en haut, simpulum et lituus ; C L CAESARES AVGVSTI F COS DESIG PRINC IVVENT (Roman Imperial Coinage, I, p. 90, n° 350, atelier de Lyon 2, av. J.-C.-14 ap. J.-C. J.-B. Giard, Bibliothèque Nationale, Catalogue des monnaies de l’Empire romain, I, Auguste, Paris, 1976, p. 52, 226-227 : 2 av. J.-C. -4 (?) ap. J.-C.

Il n’est pas possible à partir de 5 deniers qui représentent un sixième du nombre total retenu (mais qui pouvait être en réalité très supérieur) de tirer des conclusions précises tant sur l’amplitude chronologique (qui est au moins d’un siècle, d’après ce que nous avons) que sur la date de l’enfouissement. Les trésors de l’époque d’Auguste ou de Tibère 27 sont suffisamment nombreux pour que celui-ci s’insère dans un ensemble connu 28. Pour la région et plus particulièrement pour Agde, le trésor de La Clape devra en tout cas être pris en compte dans l’histoire économique.

Les deux trésors antiques découverts dans les environs d’Agde sont donc particulièrement importants pour l’histoire monétaire et économique de cette région. Le trésor de drachmes massaliètes enfoui au 1er siècle avant J.-C. et le trésor de deniers de la République et du Haut Empire sont les signes d’une exploitation intensive du terroir car ils semblent bien devoir être mis en relation avec des activités agricoles et/ou artisanales (sel, meules).

III. Les monnaies isolées

Le territoire de la ville et de la commune d’Agde a livré cinquante et un documents monétaires, dans des fouilles ou en surface, qui sont parvenus à notre connaissance. Nous en donnons le catalogue classé par série 29.

1.3. Moyens bronzes de Marseille au taureau cornupète (IIe-Ier siècles av. J.-C. (?)

D : Tête d’Apollon à gauche. R/Taureau cornupète à droite ; au-dessus, éventuellement, un différent ; à l’exergue : Massalietôn, plus ou moins complet. 1 (7,70 ; 21/23 ; 3 ; 11 ; Agde, rue Jean Roger M. Adgé 2) 30 ; 2 (5,64 (incomplet) ; 20 ; 4 ; 3 (?) ; Agde, Rue Jean Roger ; M. Adgé 3) ; 3 (5,56 ; 19/20 ; 3 ; 1 ; Agde ; D. Fonquerle 1) (Fig. 2, 1-3).
Références : BN 1475-1602;LS, pl. VI-VII ; ABT, p. 236. Pour la datation des monnaies de bronze de Marseille : H. Rolland, Monnaies gallo-grecques, Congresso Internazionale di Numismatica, Roma 1961, 1, Rome, 1961, p. 111-119, en particulier p. 116 ; J.-C. M. Richard et L. Villaronga, op. cit., p. 123-124 31.

4-14. Petits bronzes de Marseille au taureau cornupète (IIe-Ier siècles av. J.-C.)

D : Tête d’Apollon à droite. R/Taureau cornupète à droite, au-dessus : Massa, à l’exergue : lettres.
4 (2,01 ; 15 ; 3 ; ?; Agde (?) Musée n° 18) 32 ; 5 (1,88 ; 14 ; 3 ; 3 ; Agde (?) ; Musée n° 21) ; 6 (1,81 ; 14 ; 2 ; 5 ;4 ; « Pont Saint-Bauzille, vigne de M d’Etiolles » ; Musée n° 23 ; à l’exergue ; delta…) ; 7 (1,77 ; 13/14 ; 2 ; 7 ;  au nord de la route Agde-Marseillan, « Pichigou » ; 1971, H. Mattia 1) ; 8 (1,62 ; 11/12 ; 2,5 ; 5 ; idem ; 1971, H. Mattia 2); 9 (1,55 ; 12/16 ; 2,2 ; Agde (?) ; Musée n° 20) ; 10 (1,24 ; 12/13 ; 2,5 ; 9 ; Agde (?) ; Musée n° 19) ; 11 (1,85 ; 13/15 ; 3,5 ; ?; Agde, rue Jean Roger ; M. Adgé 4) ; 12 (1,45 ; 12/13 ; 5 ; ?; Agde, rue Jean Roger ; M. Adgé 6) ; 13 (1,19 ; 13/15 ; 2 ; ? ; Agde, rue Jean Roger ; M. Adgé 5) ; 14 (1,29 ; 13/14 ; 3 ; ?; La Clape ; collection Coulouma, Agde 7) 33 (Fig. 2, 4-14).
Références
 : BN 1603-1881 ; LT, pl. IV, 1673 ; LS, pl. VI-VIII ; ABT, p. 236 ; H. Rolland, op. cit. p. 116 ; J.-C.M. Richard et L. Villaronga, op. cit., p. 123-124.

15. Monnaie des « chefs gaulois »

D : Tête à droite, derrière : massue. R/Lion à droite, la queue baissée ; à l’exergue : [Kaia] n-tol[ou].
15 (11,31 ; 24/25 ; 3,5 ; 12 ; Agde (?) Musée n° 27) (Fig. 2, 15)
Références
 : BN 2416-2423 ; LT, pl. VI, 2416 (pour la série) ; ABT, p. 273-278 ; TNC I, p. 206-213 : entre la fondation de la Narbonnaise et la guerre des Gaules, émission de la région Narbonne-Béziers. Cet exemplaire a été publié par J. Gricourt, Monnaie de roi gaulois trouvée à Agde, Cahiers Ligures de Préhistoire et d’Archéologie, 8, 1959, p. 183-184.

16. Monnaie à légende ibérique Neroncen

D : Tête à droite. R/Taureau bondissant à droite, au-dessus : couronne, à l’exergue, en lettres ibériques : [N-E-R-O-N-CE.N].
16 (3,91 (1/2) ; 24 ; 3 ; 3 ; Agde (?) Musée n° 26) (Fig. 2, 16)
Références : BN 2448-2498 ; LT, pl. VI, 2449-2488 ; J.-C. M. Richard, Les monnayages indigènes de Narbonne et sa région, Narbonne, archéologie et histoire, 1, Montpellier, 1973, p. 142-143 et M. Labrousse, Monnaies des Neroncen trouvées à Vieille-Toulouse, ibidem, p. 159-161 : émission de la région de Narbonne entre la fondation de la ville et la guerre des Gaules.

17.18. As de Nîmes au crocodile

D : Têtes adossées d’Auguste et d’Agrippa, [IMP DIVI F]. R/Crocodile et palmier, [COL NEM]
17 (4,60 (1/3) ; 14/19 ; 3,5 ; 5 ; Agde (?) ; Musée n° 6) : 1er type (28/27-9 av. J.-C. : J.-B. Giard, Le monnayage antique de Nîmes, Bulletin de l’École antique de Nîmes, nouvelle série, 6-7, 1971-1972, p. 54 et 60) (Fig. 2, 17).
18 as du 1er ou du 2e type (8-3 av. J.-C.) qui existait au Musée d’Agde antérieurement à 1955 34.

19. Petit bronze des Petrocores

D : Petite tête masculine à droite, devant : [ATECTORI]. R/Sur une ligne de sol, taureau passant à droite, à l’exergue : volute.
19 (1,39 ; 14/15 ; 2 ; 7 ; Agde (?) ; Musée n° 22) (Fig. 2, 19).
Références
 : BN 4344-4352 ; LT, pl. XII, 4349, attribué aux Pétrocores ; ABT, p. 292-295. D’après S. Scheers (Les monnaies gauloises de la collection A. Danicourt à Péronne (France, Somme), Bruxelles, 1975, p. 55-56, n° 164), il pourrait s’agir d’une émission des Pictones ou des Santones. Un exemplaire de la série voisine à légende CONTOVTOS a été découvert à Béziers (Hérault) et un autre à Ruscino (Perpignan, Pyrénées-Orientales). L’émission doit se situer postérieurement à la guerre des Gaules.

20-22. Monnaies à légende ibérique d'Ampurias

Dans un ouvrage manuscrit, L.V. Alliez, notaire à Agde, avait signalé et dessiné trois monnaies de bronze qui proviennent des découvertes faites aux Plos de Saint-Martin en 1852 35.
20 D : Tête casquée à gauche. R/Cheval bondissant à droite, à l’exergue : légende illisible (poids indiqué 0 g 73 ; exemplaire disparu) 36 (Fig. 3, 20).
21 D : Tête casquée à droite R/Pégase à droite et, à l’exergue, partie de la légende ibérique : U-N-Dl [CE-S-CE-N] (poids indiqué : 1 g 77 exemplaire disparu) (Fig. 3, 21).
22 D : Tête casquée à droite R/Pégase à droite, à l’exergue : légende ibérique : U-N-Dl-CE-S-CE-N (poids indiqué : 2 g 35 ; exemplaire disparu) (Fig. 3, 22).

Il s’agit, à n’en pas douter pour les n° 21 et 22, des exemplaires appartenant à l’une des seize séries de bronze, à légende ibérique, émises à Ampurias antérieurement à l’époque césarienne 37. Si le dessin du n° 20 est exact pour le droit, il pourrait concerner la série 13 (91-44 av. J.-C.) qui est la seule qui possède la tête à gauche 38.

Monnaies d'Agde et sa région
Fig. 3 Monnaies d'Agde et sa région
Monnaies d'Agde et sa région
Fig. 4 Monnaies d'Agde et sa région

23-43. Monnaies de l'Empire romain

A. AUGUSTE

D : Tête à droite, [CAESAR AVGVST PONT MAX TRIBVNIC POTEST]. R/Dans une couronne : S C, autour : M [SALVIVS OTHO III VIR AAA] F F ou bien [MAECILIVS TVLLVS III VIR AAA] F F.
23 (5,51 (1/2) ; 28 ; 3 ; ? ; Agde, quartier de la Glacière, fouilles R. Aris ; Musée n° 13) (Fig. 3, 23).
Références
 : as RIC, I, p. 79, n° 189 ou 192 : 7 avant J.-C. 39

B. TIBERE

D : Tête nue, Ti CAESAR DIVI AVG F AVGVS [TVS] IMP VII. R/Livie assise à droite, PONTIF MAXIM TRIBVN POTEST XVII, SC 40.
24 (exemplaire disparu du Musée antérieurement à 1955 ; lieu de découverte inconnu : Agde (?)).
Références : as RIC, I, p. 105, n° 15-17 : 14-21 ap. J.-C.

C. CLAUDE

D : Tête laurée à droite, TI CLA [VDI] VS CAESAR AVG PM TRP IMP P P. R/Spes à gauche, SPES AVGVSTA S C.
25 (exemplaire disparu du Musée antérieurement à 1955 ; Saint-Michel du Bagnas, fouilles R. Aris 41 (Fig. 3, 25).
Références : sesterce RIC, I, p. 129, n° 64 : 41-52 ap. J.-C. HCRE, I, p. LXXIV et 104 : 42-44 et plus récent.

D. GALBA

D : Tête laurée à droite, [CAE] SAR A [VG]. R/La Liberté debout à gauche tenant un bonnet, [LIBERTAS PVBLICA] S C.
26 (20,70 ; 22/24 ; 3,5 ; 5 ; Agde, en 1967 dans la terre extraite pour la construction de la pile Est du nouveau pont sur l’Hérault 42 ; J. Grimal) (Fig. 3, 26).
Références
 : sesterce RIC, I, p. 203, n° 35 ; 68-69 ap. J.-C.

E. DOMITIEN

D : « Tête laurée à droite,… GERM COS XIV ?. R/Mars ? casqué et armé de la lance, S C » 43.
27 (exemplaire disparu du Musée antérieurement à 1955 lieu de découverte inconnu Agde (?). Si la lecture est bien : COS XIV : 88-89 ap. J.-C.

F. TRAJAN

a) D : Tête laurée à droite, IMP C [AES] AR NERVA TRAJAW AVG G [ERM] PM. R/Victoire marchant à gauche et tenant un bouclier sur lequel est gravé S P Q R, autour : COS II DES III PP S C 44.
28 (exemplaire disparu du Musée antérieurement à 1955 lieu de découverte inconnu : Agde (?)
Références : as RIC, II, p. 273, n° 407 :99 ap. J.-C.

b) D : Tête laurée à droite, IMP CAES NERVA TRAJAN AVG GERM PM. R/Victoire à gauche tenant un bouclier sur lequel est gravé : [SPQR], autour : TR POT COS IIII P P, S C.
29 (découvert au Cap d’Agde) 45 (Fig. 3, 29)
Références : as RIC, II, p. 275, n° 434 : 101-102 ap. J.-C.

G. HADRIEN

D : Tête laurée à droite, HADRIANVS [AVGVSTVS]. R/Personnage debout, COS III… S C.
30 (10,08 ; 25/26 ; 3 ; 11 ; Agde (?) ; Musée n° 14) (Fig. 3, 30).
Références
 : as RIC, II, p. 423-428 : 125-128 ap. J.-C.

H. MARC AURELE

a) D : Tête laurée à droite, M ANTONINVS AVG ARM PARTH MAX. R/Victoire tenant une palme et plaçant un bouclier marqué VIC PAR sur un palmier, TR POT XX IMP IIII COS III S, C.
31 (15,05 ; 31/33 ; 3 ; 11 ; Agde, déblais du quai de l’Est, 1930 ; Musée n° 1) (Fig. 3, 31).
Références : sesterce RIC, III, p. 287, n° 919 : été-décembre 166 ap. J.-C.

b) « D : Buste de Faustine à droite, [FAVS] TINA AVG… R/Fruste, inscription illisible » 46.
32 (exemplaire disparu du Musée antérieurement à 1955 lieu de découverte inconnu : Agde (?)) : as (?) de Faustine II (161-176 ap. J.-C.).

I. COMMODE

D : Tête à droite, M COMMODVS ANT… R/La Fortune assise à gauche, FOR RED à l’exergue 47.
33 (exemplaire disparu du Musée antérieurement à 1955 ; lieu de découverte inconnu : Agde (?) : as (?) de Commode (180-192 ap. J.-C.)

CLAUDE II

D : Tête radiée à droite, DIV [O CLAUDIO]. R/Aigle aux ailes déployées, [CONS] ECRATIO.
34 (2,20 ; 15/16 ; 2 ; 5 ; Agde (?) ; Musée n° 10) (Fig. 3, 34).
Références : imitation d’un antoninianus, type RIC, V, I, p. 234, n° 266 : après 270 ap. J.-C.

K. TETRICUS II

D : Tête radiée à droite. R/Personnage debout à gauche.
35 (1,89 ; 15 ; 2 ; 10 ; Agde (?) ; Musée n° 11) (Fig. 3, 35).
Références : imitation d’un antoninianus, type au revers PAX AVG : après 270 ap. J.-C.

MONNAIES DU IVe SIECLE AP. J.-C.

330-341→ D : Tête casquée à gauche, VRBS ROMA. R/Louve et jumeaux.
36 (2,43 ; 16/17 ; 2 ; 6 ; Agde, Rue de la Halle en 1949 Musée n° 2) : nummus (Fig. 3, 36).

335-341→ D : Tête à droite. R/Type Gloria exercitus, une enseigne.
37 (1,09 ; 14/15 ; 1,5 ; 11 ; Agde (?) ; Musée n° 5) : nummus (Fig. 4, 37).

337-341→ D : Tête voilée à droite, DIVOCONSTANTINO. R/Personnage debout, type Pietas Aeterna
38 (1,25 ; 14 ; 1,5 ; 6 ; épave des bronzes de Rochelongue 48, 26-7-1966 ; A. Bouscaras 1) :nummus pour Constantin I (Fig. 4, 38).

341-346→ D : Buste à droite, CONSTANS PF AVG. R/Deux victoires, VICTORIAE DD AVGG QNN, et P.

SARL

39 (1,65 ; 14/15 ; 1,5 ; 12 ; Agde (?) ; Musée n°3) (Fig. 4, 39).

Références : Atelier d’Arles, nummus LRBC I, p. 12, n° 449-450.

364-378→ D : Tête à droite, dynastie valentinienne. R/ Victoire à gauche, SEC VRITAS – [REIPVBLICAE].

40 (2,42 ; 17/19 ; 2 ; 12 ; Agde) quartier du Chapitre, terrain du cloître, fouilles R. Aris ; Musee n°4) : aes 3 (Fig. 4, 40).

c.380-c.388→ D : Buste à droite. R/Type REPARATIO REIPUB.

41 (4,77 ; 22 ; 2 ; 6 ; Agde, Fouilles 1949 de R. Aris ; Musée n° 15) : aes 2 de Gratien ou Maxime (Fig. 4, 41).

IVe siècle→ 42 (1,40 ; 12/12,5 ;2 ; ? Agde (?) ; Musée n° 9) ; 43 (1,08 ; 14 ; 1 ; ? ; Agde (?) ; Musée n° 8) : frustes (Fig. 4, 42-43).

MONNAIES FRUSTES ANTIQUES

44 (1,35 ; 13/15 ; 2 ; 8 ; Agde (?) ; Musée n° 24) ; 45 (2,58 ; 14/15 ; 2,5 ; ?; Agde (?) ; Musée n° 12) ; 46 (7,30 (1/2) ; 28 ; 3 ; ?; Agde (?) ; Musée n° 7) : frustes (Fig. 4, 44-45-46).

MONNAIES MÉDIÉVALES ET MODERNES

47 (1,02 ; 17/18 ; 0,5 ; La Prunette, Deltour ; Musée n° 17) : denier melgorien (XIIe siècle (?)), type Poey d’Avant, pl. LXXXV, 19. (Fig. 4, 47).

48 (1,24 ; 14/17 ; 1 ; ?; Le Saint Christ, M. Adgé 7) : double tournois du Dauphiné, (Fig. 4, 48) Grenoble, François I, 11 mars-3 avril 1541, type J. Lafaurie-P. Prieur, 2, n° 796a.

49 (0,80 ; 15 ; 1 ; ? ; Agde, Cimetière Saint-André, 1939, fouilles R. Aris ; Musée n° 16) : liard au dauphin, Grenoble, François I, 1544-1547, type J. Lafaurie-P. Prieur, 2, 795 (Fig. 4, 49).

50 (2,25 ; 20 ; 1 ; 6 ; Agde, Rue Jean Roger ; M. Adgé 8) : double tournois, Louis XIII, 1641-1643, type Hoffmann n° 136 (Fig. 4, 50).

51 (0,60 (incomplet) ; 17 ; 1 ; ? ; épave des bronzes de Rochelongue, 5-8-1966, A. Bouscaras 2) 49 : fruste (médaille ?). (Fig. 4, 51).

Les cinquante et une monnaies isolées découvertes sur le territoire de la commune d’Agde ne permettent pas d’établir un tableau de pourcentages satisfaisant, en raison de leur nombre et de leur trop grande dispersion topographique. Il est préférable de réunir dans un histogramme, qui ne contient pas les deux trésors, les quarante et une monnaies antiques identifiées 50.

Les séries préaugustéenne sont dominées par les monnaies de Marseille (histogramme, A) ce qui est une constante des sites archéologiques de la plaine littorale 51. On notera la présence (histogramme, D) de la monnaie de Kaiantolos 52 et de la monnaie à légende ibérique Neroncen qui, à l’est de l’Hérault, est très peu attestée. La monnaie des Pétrocores (histogramme, G) n’a pas de signification particulière : elle fait partie de ce petit monnayage de bronze qui, après la guerre des Gaules, s’est répandu à travers toute la Gaule 53. Les trois monnaies d’Ampurias (histogramme, H), rares aussi à l’Est de l’Hérault, sont liées très probablement à cette même circulation 54 bien qu’elles aient pu circuler dans la première moitié du 1er siècle av. J.-C.

Histogramme des monnaies isolées d'Agde
Fig. 5 Histogramme des monnaies isolées d'Agde

Il convient de remarquer l’absence de monnaies de la République romaine – mais il ne faut pas oublier le trésor de la Clape et le trésor proche de Bessan – et de se rappeler surtout que la monnaie de la République romaine, principalement dans ses espèces d’argent, n’a qu’un rôle limité 55.

Quant aux séries de l’Empire romain (histogrammes 1 à 15) 56, elles présentent encore des absences (par exemple celle des as si courants de Claude I) qui ne sont certainement dues qu’au hasard des découvertes. On remarquera les monnaies de la seconde moitié du IIe siècle ap. J.-C., le vide des deux premiers tiers du IIIe siècle et les deux antoniniani du dernier tiers du IIIe siècle. Pour le IVe siècle qui, comme il est de règle, est le mieux représenté en nombre, il est très probable que ses séquences seront complétées ultérieurement.

Les découvertes monétaires d ‘Agde, avec deux trésors et cinquante et une monnaies isolées, sont encore limitées mais elles permettent déjà une comparaison avec les autres sites de la région. Il n’est pas surprenant de voir le monnayage massaliète jouer ici un rôle essentiel la colonie d’Agde dépendait de sa métropole pour son alimentation monétaire.

On a voulu attribuer à Agde une série d’argent propre qui présente, au droit, une tête à droite ou à gauche, et, au revers, un quadrupède accompagné de motifs décoratifs ou, pour une série, à l’exergue, d’une légende : A, Gamma (BN 2308-2315) 57. Il s’agit en fait d’émissions qu’il faut attribuer, avec A. Pautasso 58, à l’Italie du Nord.

On a voulu aussi attribuer à Agde la monnaie de la série des monnaies à la croix qui porte, dans les cantons de la croix du revers, la légende en caractères ibériques : U-N-TI-KI-A (BN 3558) qui était lue alors « le bon lieu », et que A. Heiss 59 n’hésitait pas à identifier avec Agde. La lecture de l’ibérique, découverte au XXe siècle, et l’ignorance dans laquelle nous nous trouvons encore de la signification exacte des mots rendent impossible cette attribution.

S’il est vrai que des villes voisines et, peut-être, dans la dépendance de Marseille ont frappé des monnaies 60, comme l’a fait aussi Ampurias, Agde n’a pas livré de monnaies qui lui soient propres 61. C’est de la métropole que parvenait, pour la plus large part jusqu’à Auguste, le numéraire nécessaire à la vie économique et sociale de la colonie agathoise : le trésor de drachmes et les moyens et petits bronzes en sont les témoignages. A partir du Haut Empire et jusqu’à la fin de l’Antiquité, Agde participera à la circulation monétaire générale de la région dans son caractère urbain qui est tout à fait comparable aux autres villes.

Agde peut donc maintenant figurer sur les cartes de circulation monétaire régionale mais c’est aux archéologues qu’il appartient de compléter très largement ce premier bilan.

Jean-Claude RICHARD et Raymond ARIS.

Notes

  1 Les nombreuses publications qui concernent Agde nous dispensent de présenter les lieux et les découvertes. Sans vouloir citer tout ce qui a été publié, nous renverrons aux études suivantes qui permettent de retrouver toute la bibliographie : R. Aris et G. Claustres, Le problème d’Agde, Bulletin de la Société Archéologique de Béziers, 4e série, 5, 1939, p. 81-102 ; R. Aris, Rapport sur les recherches archéologiques et les fouilles, ibidem, 4e série, 7, 1941, p. 137-142 ; R. Aris et J. Picheire, Essai sur le développement topographique d’Agde, Annales du Midi, 72, 1960, p. 129-135 (avec un plan au 1/5000e) ; R. Aris, L’industrie du basalte à Agde dans l’Antiquité, Actes du 36e Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Roussillon, Lodève 1963, Montpellier, s.d., p. 129-135 ; Agde fouilles archéologiques terrestres, recherches sous-marines, Études sur Pézenas et sa région, 1970, n° 3, p. 3-15 ; Le site préromain d’Embonne une antique fabrique de meules sous la nouvelle ville du Cap d’Agde, ibidem, 5, 1974, p. 3-18 ; Agde ancien pont, ancien quai, notes sur quelques restes antiques et médiévaux, ibidem, 7, 1976, p. 3-12, donnent les comptes rendus des recherches conduites jusqu’en 1975 qu’il convient de compléter par les informations de Gallia, 6, 1948, p. 203 ; 8, 1950, p. 111-112 ; 11, 1953, p. 95-96 ; 12, 1954, p. 415 ; 17, 1959, p. 467-468 ; 20, 1962, p. 622 ; 22, 1964, p. 486-488 ; 24, 1966, p. 462-464 ; 31, 1973, p. 488. Une vue d’ensemble a été présentée par J. Sagnes, Agde antique, essai de synthèse, Actes du 43e Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Roussillon, Béziers 1970, Montpellier, 1971, p. 51-62. Les synthèses sur l’histoire ancienne de la région ont abordé la question d’Agde et, en particulier, celle de ses origines : J. Jannoray, Ensérune, Contribution à l’étude des civilisations préromaines de la Gaule méridionale, Paris 1955 ; F. Villard, La céramique grecque de Marseille (VI-IVe siècles), Essai d’histoire économique, Paris, 1960 ; M. Clavel, Béziers et son territoire dans l’Antiquité, Paris, 1970 ; J.-J. Jully, La céramique attique de La Monédière, Bessan, Hérault, ancienne collection J. Coulouma, Béziers, Bruxelles, 1973 ; J.-C. M. Richard, La région montpelliéraine à l’époque préromaine (750-121 avant J.-C.) ; Bruxelles, 1973. De très nombreux articles ont récemment replacé Agde dans la colonisation marseillaise et dans l’histoire et l’archéologie de la Gaule méridionale. Un des apports les plus neufs a été celui de M. Guy à propos de l’existence d’un cadastre propre au territoire de la colonie (L’apport de la photographie aérienne à l’étude de la colonisation antique de la Province de Narbonnaise, Colloque international d’archéologie aérienne. Paris 1963, Paris, 1964, p. 117-124. Pour la période préromaine, la dernière étude est celle de M. Gras, Agde et le commerce préromain dans le Languedoc archaïque, Caesarodunum, 12, 1977 (= Actes du Colloque Géographie commerciale de la Gaule, 1976) p. 152-159. Pour les périodes de la fin de l’Antiquité et du très Haut Moyen Age on se reportera à R. Aris, Cimetières chrétiens d’Agde, Actes des 27e et 28e Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Roussillon, Perpignan-Saint-Gilles 1953-1954, Montpellier, s.d., p. 7-13 ; P.A. Février, A propos d’une inscription chrétienne du Grau d’Agde (Hérault), Rivista di Archéologie Cristiana, 36, 1960, p. 323-328, et à M. Chalon, dans Histoire des diocèses de France, 4, Le diocèse de Montpellier, éd. G. Cholvy, Paris, 1976, p. 9-31, pour l’histoire de l’évêché du IVe au Xe siècles et pour le concile de 506.

  2 A. Nickels et G. Marchand, Recherches stratigraphiques ponctuelles à proximité des remparts antiques d’Agde, Revue archéologique de Narbonnaise, 9, 1976, p. 45-62.

  3 L’annonce de cette découverte a été faite par les fouilleurs A. Nickels et M. Adgé, Agde, tombes de l’âge du Fer, Archéologia, n° 114, janvier 1978. Nous signalerons la mise au point sur les découvertes antérieures eux fouilles récentes de J.-J. Jully, D. Fonquerle, R. Aris, M. Adgé, Agde antique, fouilles subaquatiques et terrestres, Pézenas, 1978 et l’étude de J. Benoit, Cadastres antiques dans la région d’Agde (France), Photo interprétation, 1978, 1, p. 1-9.

  4 Dictionnaire archéologique de la Gaule, I, 1875, p. 18.

  5 Pour la topographie d’Agde et de son territoire on se reportera à l’étude de M. Guy (citée supra) et à celle de H. Pineau, La cartographie moderne et les photographies aériennes verticales appliquées à l’étude du littoral du Languedoc de l’AgIy au Rhône à l’époque antique, Actes du 86e Congrès National des Sociétés Savantes, Montpellier 1961, section d’archéologie, Paris, 1962, p. 151-154.

  6 H. Rolland, La trouvaille de Marsillargues, drachmes de Massalia, Revue Numismatique, 5e série, 6, 1942, p. 103-109.

  7 Lettre en date du 16 octobre 1965 à J.-C. R.

  8 J. Coulouma, Les stations grecques du Rhône aux Pyrénées, Cahiers d’Histoire et d’Archéologie (Nîmes), nouvelle série, 3, 1948, p. 87, s.v. Agathe Nesos.

  9 Cette monnaie fut exposée au Musée d’Agde (d’où elle a disparu avant 1955) accompagnée d’une étiquette : « Monnaie d’argent de Marseille, IIIe s. av. J.-C. Provient d’un « trésor » découvert lors d’un défoncement (propriété Baudassé au Banhas 1938). Le trésor fut dispersé par les ouvriers. Cet unique exemplaire provient des fouilles pratiquées au même endroit ». Postérieurement à sa découverte, cette monnaie s’était brisée en deux morceaux.

  10 Ces six drachmes font partie de la collection J. Coulouma, cédée par sa famille à. l’institut d’Archéologie de la Faculté des Lettres de Montpellier, Université Paul Valéry. Elles sont accompagnées d’une étiquette manuscrite : « près d’Agde, véritable cachette ; drachmes de Marseille, Le Bagnas, Saint-Michel ». Nous adressons nos remerciements à M. le professeur H. Gallet de Santerre qui a bien voulu nous permettre d’étudier ces monnaies.

  11 Cette découverte a été prise à tort pour une découverte de drachmes d’Ampurias et confondue, en même temps, avec la découverte de monnaies ibériques en bronze d’Ampurias (= Catalogue n° 20, 21, 22) : M. Almagro, Hallazgos de monedas ampuritanas en el Languedoc, Ampurias, 11, 1949, p. 199. Dans notre étude sur le trésor de monnaies à la croix de Lattes (Jahrbuch für Numismatik und Geldgeschichte, 20, 1970, p. 50, n. 12) nous avions signalé le « trésor de Marsillargues » et le trésor d’Agde (d’où M. Thompson, O. Morkholm, C. M. Kraay, An lnventory of Greek Coin Hoards, New-York, 1973, p. 361, n° 2360 : Agde et p. 363, n° 2384 Marsillargues). Il convient donc maintenant de supprimer le « trésor de Marsillargues ».

  12 Ce Catalogue doit beaucoup aux recherches accomplies, depuis plusieurs années, par M. J. Charra qui a réparti les drachmes en 22 séries. Nous indiquons la série concernée entre crochets dont la numérotation relative pourra être modifiée en fonction des études en cours.

  13 BN = E. Muret et A. Chabouillet, Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1889 LT = H. de La Tour, Atlas de monnaies gauloises, Paris, 1892.

  14 H. Rolland, op. cit. dont nous indiquons le groupe et la variété distingués.

  15 Bien qu’il soit difficile de savoir si une monnaie est réellement fourrée, nous remarquons que certains exemplaires de la collection Coulouma et celui du Musée semblent ne pas être de bon argent. On se rappellera les remarques à cet égard de L. Chabot, La circulation monétaire autour de l’étang de Berre et le monnayage massaliète au premier siècle avant notre ère. Revue Archéologique de Narbonnaise, 8, 1975, p. 137-183.

  16 Nous indiquons, dans l’ordre, le poids, au centigramme près, le module et l’épaisseur, en millimètres, et la direction des coins, en chiffre du cadran horaire.

  17 Dans le tableau de la p. 107, H. Rolland, op. cit., attribue à BN 1315 l’exergue Delta T B alors que le Catalogue de E. Muret et A. Chabouillet lit : E Delta B.

  18 H. Rolland, Monnaies gallo-grecques, Congresso Internazionale di Numismatica Rome 1961, 1, Rome, 1961, p. 114.

  19 H. Rolland, Un dépôt monétaire à Glanum, Revue Numismatique, 5e série, 18, 1956, p. 89-99 pour le type BN 1305, p. 91 ; cf. du même, Trouvaille d’Entremont, ibidem, 6e série, 2, 1959-1960, p. 37-51.

  20 H. Rolland, op. cit., 1961, p. 115-116.

  21 A. Alföldi, Les deniers de C. Valerius Flaccus frappés à Marseille et les dernières émissions de drachmes massaliotes, Revue Numismatique, 6e série, 11, 1969, p. 55-61.

  22 M.H. Crawford, Roman Republican Coinage, Cambridge, 1974, p. 379-381, n° 365 (82 av. J.-C.) et p. 80.

  23 Sur les découvertes de trésors de Marseille, cf. M. Clavel-Levêque, Marseille grecque, la dynamique d’un impérialisme marchand, Marseille, 1977, p. 41-43 avec la carte de la page 42, et p. 100-102 sur le rôle et l’importance des drachmes.

  24 M. Thompson, O. Morkholm, C. M. Kraay, An Inventory of Greek Coin Hoards, New-York, 1973, p. 360-364, n° 2354-2387, trésors d’oboles et de drachmes de Marseille. Les quatre trésors de monnaies massaliètes connus en Languedoc-Roussillon sont situés dans le département de l’Hérault et, à l’exception du trésor d’oboles de Fontès qui se trouve dans l’arrière pays côtier (mais à proximité de la moyenne vallée de l’Hérault), les trésors proviennent de la côte et, de « régions pilotes » des activités massaliètes qu’étaient Agde et Lattes (deux trésors d’oboles). Sur les questions métrologiques des oboles et des drachmes, cf. J.C.M. Richard et L. Villaronga, Recherches sur les étalons monétaires en Espagne et en Gaule du Sud antérieurement à l’époque d’Auguste, Mélanges de la Casa de Velázquez, 9, 1973, p. 97-99, et figure 4.

  25 R. Aris, Le site préromain d’Embonne une antique fabrique de meules sous la nouvelle ville du Cap d’Agde, Études sur Pézenas et sa région, 5, 1974, p. 11 et n. 23.

  26 Nous avons l’étiquette qui accompagnait les cinq deniers (aujourd’hui disparus) au Musée d’Agde : « Monnaies romaines 1er siècle après J.-C. Proviennent d’un trésor d’une trentaine de pièces (aujourd’hui dispersé) découvert en 1921 au site d’Embonne, domaine de la Clape, au cours de travaux agricoles. Don de M. Carrausse ». Nous avons eu aussi la communication des cinq fiches d’identification établies par M. l’abbé Brun de Béziers.

  27 En dernier lieu : A. Kunisz, Recherches sur le monnayage et la circulation monétaire sous le règne d’Auguste, Wroclaw, 1976, p. 97 et passim.

  28 Dans le département de ‘Hérault nous avons, pour la République, le trésor de Capestang (pratiquement inutilisable) et le trésor de Bessan dont l’enfouissement est, au plus tôt, de 55 av. J.-C. P. Le Gentilhomme (La Trouvaille de Bessan (Hérault), Revue Numismatique, 5e série, 7, 1943, p. 145-148) écrivait qu’il « avait examiné sommairement au Cabinet des Médailles avant la guerre qui sévit actuellement et [dont nous ignorons] tout des circonstances de la découverte ». Le trésor de Bessan contenait 27 deniers et 86 quinaires. MM. J. Lafaurie et J.-B. Giard ont bien voulu nous confirmer qu’il n’existait rien dans les papiers de P. Le Gentilhomme qui concerne cette trouvaille.

  29 Nos remerciements s’adressent à tous ceux qui nous ont confié les monnaies ou aidé pour les identifications MM. M. Adgé, A. Bouscaras, J. Charra, J.-B. Colbert de Beaulieu, G. Depeyrot, M. Dhénin, D. Fonquerle, J. Grimal, J. Hiernard, J.-J. Jully, H. Mattia, D. Rouquette : sans tous ces concours notre étude n’aurait pas été possible.

  30 A la suite du n° du catalogue, nous donnons, entre parenthèses, le poids, au centigramme près, (suivi, pour les monnaies coupées de l’indication de la partie restante 1/2, 1/4…), le module et l’épaisseur du flan en millimètres, la direction des coins, en chiffre du cadran horaire, le lieu de découverte, précédé de l’indication « Agde » si la découverte a eu lieu dans la ville et le nom de l’inventeur ou de la personne qui nous a confié la monnaie. Si l’exemplaire présente une particularité ou un complément par rapport à la description générale, nous l’ajoutons en dernière place.

  31 Nous utilisons les abréviations suivantes BN = E. Muret et A. Chaboullet, Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1889 : LT = H. de La Tour, Atlas de monnaies gauloises, Paris, 1892 ; LS = L. de La Saussaye, Numismatique de la Gaule Narbonnaise, Blois-Paris, 1842 ; NL = P. Ch. Robert, Numismatique de la province de Languedoc, I, Période antique, Toulouse, 1876 (= note CXIV, p. 457-520 du tome II de l’Histoire de Languedoc, Toulouse, 1875) ; ABT = A. Blanchet, Traité des monnaies gauloises, Paris, 1905 ; TNC I = J.-B. Colbert de Beaulieu, Traité de Numismatique Celtique, I, Paris, 1973.

  32 L’indication « Agde (?) » signifie que nous ne savons pas si la monnaie provient de la ville ou du territoire de la commune. C’est en particulier le cas pour la plupart des monnaies du Musée.

  33 Les petits bronzes n° 10-14 sont dans un état de conservation tel qu’ils ne permettent pas une attribution certaine à l’émission massaliète. Leur typologie, pour ce que l’on peut distinguer, n’y contredit pas.

  34 La fiche avait été établie par l’abbé Brun de Béziers.

  35 Les dessins ont été pris sur le manuscrit original.

  36 Les trois poids indiqués sont manifestement faux. La métrologie de ces émissions de bronze à légende ibérique se situe entre 10 et 25 grammes : J.-C. M. Richard et L. Villaronga, op. cit., p. 106-109 et fig. 8.

  37 L. Villaronga, The aes coinage of Emporion, Londres, 1977, p. 31. La série 17, première série à légende latine, et portant l’indication du Municipe, se situe entre 44 et 27 av. J.-C. Les autres séries latines, en général avec des noms de magistrats, se placent entre 27 av. J.-C. et 35 ap. J.-C.

  38 L. Villaronga, op. cit., p. 58 et 31.

  39 Nous utilisons les abréviations Suivantes : RIC = H. Mattingly et E.A. Sydenham, The Roman Imperial Coinage, Londres, 1923 ; LRBC = R.A.G. Carson, P.V. Hill, J.-P. C. Kent, Late Roman Bronze Coinage, Londres, 1965 ; HCRE = A. S. Robertson, Roman Imperial Coins in the Hunter Coin Cabinet, University of Glasgow, Oxford, I, 1962 ; II, 1971; III, 1977.

  40 Une fiche avec une identification partielle et une lecture incomplète nous a permis de retrouver l’identification.

  41 Une fiche et un dessin nous ont permis d’identifier cet exemplaire qui provient des fouilles réalisées à l’emplacement de la découverte du trésor de drachmes massaliètes et qui avaient aussi donné une drachme de Marseille, disparue, elle aussi, du Musée antérieurement à 1955.

  42 Sur ces fouilles cf. D. Rouquette, Recherches et fouilles archéologiques, 1969-1970, Bulletin de la Société d’Études Scientifiques de Sète et sa région, 2, 1970, p. 37, sv. Agde ; R. Aris, Études sur Pézenas et sa région, 7, 1976, p. 3-12.

  43 Fiche d’identification de l’abbé Brun de Béziers.

  44 Fiche d’identification de l’abbé Brun de Béziers qui donne une référence à Cohen 56.

  45 M. Adgé et D. Fonquerle, La situation des ressources archéologiques de la commune d’Agde, Agde, 1971, ronéotypé, planche IV, dessin.

  46 Fiche d’identification de l’abbé Brun de Béziers.

  47 Fiche d’identification de l’abbé Brun de Béziers.

  48 A. Bouscaras, Recherches sous-marines 1966, épave des bronzes, Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 5e série, 2, 1966, p. 11 et 14-15. Bien que cette monnaie ait été rencontrée à l’emplacement de la découverte sous-marine, elle n’a aucune relation avec celle-ci qui date de l’âge du Fer A. Bouscaras et C. Hugues, La cargaison des bronzes de Rochelongue (Agde, Hérault), Hommage à F. Benoit, I, Bordighera, 1973 (= Revue des Études Ligures), 33, 1967, p. 173-184.

  49 A. Bouscaras, op. cit., p. 1.

  50 Le graphique de gauche concerne les monnaies antérieures à Auguste : A (Marseille), D (Monnaies ibéro-celtiques de la rive droite du Rhône), G (monnaies celtiques), R (monnaies hispaniques). Le graphique de droite représente les monnaies romaines : 1a (27-2 av. J.-C.), 1b (2 av-41 ap. J.-C.), 2a (41-54), 3 (69-96), 4 (96-117), 5 (117-138), 7a (161-180),7b (180-193),10 (259-275), 13b (330-348), 15a (364-378), 15b (378-388 ap. J-C.).

  51 Lattes : J.-C. Richard, Les monnaies du site antique de Lattes (Hérault) (1964-1975), Acta Numismatica, 8, 1978, p. 47-87 ; Aumes : M. Michel, J.-C. Richard et D, Rouquette, L’oppidum d’Aumes (Hérault) : Archéologie et monnaies, Études sur Pézenas et sa région, 7, 1976, p. 9-20 Murviel-les-Montpellier : J.-C. M. Richard et P. Soyris, Les monnaies de l’oppidum du Castellas à Murviel-les-Montpellier (Hérault) (1950-1975), Revue archéologique de Narbonnaise, 9, 1936, p. 219-245 Pignan : J.-C.M. Richard, Pignan : archéologie et monnaies, Études sur Pézenas et sur l’Hérault, 9, 1978, p. 3-22 ; Ambrussum : J.-C. M. Richard, Catalogue des monnaies dans J.-L. Fiches, M. Fenouillet, Chr. Wujek. Sept ans de recherches à Ambrussum relais de la voie Domitienne (1968-1975), Caveirac, 1976, p. 113-122 ; J.-L. Fiches, G. Depeyrot, J.-C. M. Richard, Les découvertes monétaires de l’oppidum d’Ambrussum (Villetelle, Hérault), Bulletin de l’École antique de Nîmes, nouvelle série, 11-13, 1976-1978, p. 111-141 ; Nages : Étude des trouvailles monétaires effectuées sur l’oppidum de Nages (Gard) de 1958 à 1968, Acta Numismatica, 4, 1974, p. 97-153.

  52 Un exemplaire de la même série a été découvert sur la plage de Marseillan (9,02 g 23/24 ; 3 ; 11). Il fait partie du médaillier du Groupe archéologique Painlevé de Lattes (Inventaire n° 575). (Fig. 4, G.A.P. 575).

  53 TNC I, p. 327-332 qui rappelle l’exemplaire à légende CONTOUTOS découvert à Béziers en 1861 : cf. G. Gentric, Recensement des monnaies gauloises de le « Gallia Cometa » trouvées en Provincia : la basse vallée du Rhône, 1973, Université d’Aix-en-Provence, mémoire de maitrise, inédit.

  54 On rencontre des monnaies de la Gaule à Ampurias J.-C. M. Richard, Monnaies gauloises du Cabinet Numismatique de Catalogne, Mélanges de la Casa de Velázquez, 8, 1972, p. 51-87.

  55 Cf. les sites indiqués supra note 51.

  56 On pourra comparer avec les sites indiqués supra note 51 et avec les suivants dont les monnaies sont de la période romaine : Pomérols M. Christol et S. de Roquefeuil, Monnaies des environs de Pomérols (Hérault), Revue archéologique de Narbonnaise, 3, 1970, p. 129-140 ; Saint-Thibéry : Cl. Brenot, M. Christol, E. Massal, Trouvailles monétaires à Saint-Thibéry (canton de Pézenas, Hérault), Études sur Pézenas et sa région, 8, 1977, p. 39 ; Sète : Cl. Brenot, M. Christol et A. Freises, Les monnaies du site gallo-romain du Barrou, Sète, Hérault, Bulletin de la Société Française de Numismatique, 29, 1974, p. 586-590 ; Région montpelliéraine J.-C.M. Richard, G. Depeyrot et L. Albagnac, Étude des découvertes et de la circulation monétaire dans la région de Montpellier (Hérault, France) (IIIe siècle av. J.-C. – Ve siècle ap, J.-C., Numisma, 28, 1978, p. 241-306.

  57 L. de La Saussaye, Numismatique de la Gaule Narbonnaise, Blois-Paris, 1842, p. 90-91 (et pl. XIII, deux exemplaires dessinés du Cabinet du Marquis de Lagoy) voyait un lion au revers et marquait des doutes sur la seconde lettre de la légende. Il convient de préciser que L. de La Saussaye qui suivait le Marquis de Lagoy dans cette attribution, est revenu sur elle dans les errata de son ouvrage, p. 204 : « La description des médailles attribuées à Agatha (p. 90), ayant été faite de souvenir, pendant que les dessins étaient chez le graveur, j’ai donné pour type de leur revers, un lion, tandis que ce paraît être plutôt un bélier. Cette circonstance diminue de beaucoup le rapport de ces médailles avec celles de Marseille, et réduit les motifs de leur attribution à la similitude de fabrique et à une légende assez douteuse. Je regrette donc maintenant de les avoir classées à Agatha, malgré l’avis de M. le marquis de Lagoy. Tout au plus, fallait-il les réserver pour les incertaines de la Narbonnaise ». Le Catalogue de la Bibliothèque Nationale (p. 47) a laissé ces monnaies dans les « Incertaines ». Nous ajouterons que les poids des exemplaires 2308-2315 ne s’inscrivent pas dans la métrologie massaliète.

  58 A. Pautasso, Le monete preromane dell’ltalia settentrionale, Varese, 1966, p. 22-31 et pl. 96-101, et Contributi alla documentazione della monetazione padana, Varese, 1970.

  59 A. Heiss, Description générale des monnaies antiques de l’Espagne, Paris, 1870, p. 433-434. Sur la monnaie UNTIKIA cf. A. Soutou, Deux monnaies volques à légende ibérique (U-N-Tl-Kl-A et KE-R-E-KO-N-TO-N-A), Revue des Études Ligures, 28, 1962, p. 251-265, fig. 1.

  60 Il s’agit, par exemple, des monnaies de Glanum, d’Avignon ou de celles qui portent la légende en lettres grecques, Kainiketon.

  61 Bien que par le nombre de monnaies découvertes et par les catalogues de sites publiés, le Languedoc Roussillon soit fort avancé dans l’étude de son patrimoine numismatique antique, nous ne pouvons affirmer de façon absolue et définitive qu’il n’y a pas eu d’émission à Agde. L’exemple très récent d’Ambrussum qui a révélé, en 1977, une émission locale totalement inconnue par ailleurs, mérite la réflexion. L’exploration de la ville antique d’Agde permettra peut-être de modifier notre point de vue dans les prochaines années.