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Description

Les « Communes idées », de Louis-Xavier de Ricard
et Lydie Wilson de Ricard à leur arrivée à Montpellier

Louis-Xavier de Ricard (Fontenay sous Bois 1843 – Marseille 1911) a-t-il eu plusieurs vies ? On pourrait déjà le penser lorsqu’il arrive à Montpellier en 1874. Cet « homme de lettres » – co-fondateur avec Catulle Mendès du Parnasse Contemporain – ce marquis, fils d’un Général d’Empire né à « Cette » (Sète), est déjà un républicain convaincu, attaché aux idées de Quinet et de Michelet et au fédéralisme de Proudhon. Il a participé à la Commune de Paris, ce que peu d’écrivains de ce temps ont fait, signé de son nom dans le Journal Officiel, avant de s’exiler en Suisse. En Languedoc, il n’arrive pas seul, mais avec sa jeune femme, Lydie Wilson qu’il a épousée civilement à Autouillet près de Montfort l’Amaury. Ils vont vivre ici en « plein ciel », non seulement parce que leur mariage est un mariage d’amour, ce qui ne va pas de soi à l’époque, mais surtout parce qu’ils partagent des « communes idées. » Ils feront connaissance avec un autre poète républicain, l’audois Auguste Fourès, qui choisit au même moment d’écrire dans ce qui est alors la langue du peuple : l’occitan. Le Félibrige Républicain, appelé Félibrige rouge, naîtra de leurs rencontres et de leurs échanges épistolaires.

De Lydie Wilson de Ricard (Paris 1850-1880) (Fig. 1) nous ne savions que peu de choses jusqu’ici. Ses éléments biographiques provenaient essentiellement de la préface au recueil posthume de ses œuvres, texte écrit par son mari dix ans après sa mort.

Nous savons aujourd’hui qu’elle était bien née à Paris dans une famille d’origine écossaise par son père et flamande par sa mère. Elle était l’aînée de trois enfants, sa sœur Jeanne avait deux ans de moins qu’elle et son frère George cinq. Bien que Louis-Xavier de Ricard les dise de famille protestante, ils ont tous reçu le baptême catholique en l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris. Les parents Wilson, son père était « commissionnaire en marchandises » et sa mère ne travaillait pas, sont tous deux des amateurs d’art. Lydie est une amie d’enfance de Louis-Xavier de Ricard (Fig. 2), les deux familles étaient voisines, semble-t-il, à la campagne en bord de Seine et avaient des relations à Paris. Lydie paraît avoir reçu l’éducation donnée aux filles de son milieu social : auprès de sa mère et avec des précepteurs. Cependant cette éducation lui a permis d’acquérir une culture très poussée qui transparaît dans sa correspondance, celle-ci ayant une orthographe témoin de son temps. Elle a fréquenté le salon littéraire de la Générale de Ricard sous l’Empire finissant, au temps de la fondation du Parnasse Contemporain. Dans la Revue du Progrès d’avril 1863, Lydie a tout juste 13 ans, Louis-Xavier de Ricard publie sous la rubrique « Morale Panthéiste » un poème dédié « A Mademoiselle L.W ». Ce poème paraîtra à nouveau dans Ciel, rue et foyer (1866), avec pour titre « Fantaisie Panthéiste » et une dédicace plus explicite : « A Mademoiselle Lydie Wilson. »

Cette dernière effectuera un séjour en Angleterre que son mari évoque dans la préface d’Aux bords du Lez et qu’elle confirme elle-même dans une lettre à Auguste Fourès, datée de début Juin 1877 : « j’ai fait mon apprentissage en Angleterre. » Elle a été en pension à Kenilworth, au centre de ce pays dans le comté de Warwick. Une ville qui regorge de bâtiments historiques dont un château très célèbre qui a été la demeure de quelques-uns des rois et reines les plus influents du pays. Quelle a été la durée de ce séjour ? « Quelque temps » écrit Louis-Xavier en 1891.

A son retour elle maîtrise parfaitement l’anglais et en rapporte deux admirations pour les poètes Percy Shelley et Robert Burns. A Paris, elle suit alors avec sa sœur Jeanne des cours dans l’atelier d’un peintre Dupuy, qui « s’étant compromis dans la Commune, rentrait d’un exil en Angleterre. » Le mariage du jeune couple a eu lieu le 16 Août 1873. La présentation des extraits de lettres de Lydie de Ricard et Auguste Fourès dans le journal Le Montpellier du 13 septembre 1896 nous a permis de déterminer le lieu de la cérémonie près de Montfort-l’Amaury sur les terres de Simon de Montfort : Autouillet où les parents Wilson avaient une résidence. La cérémonie civile, aucune trace de cérémonie religieuse n’a été trouvée par les archives de l’évêché de Versailles, s’est déroulée dix-huit mois après le retour d’exil de Louis-Xavier de Ricard. Un contrat de mariage a auparavant été signé à Paris, les deux futurs mariés étant majeurs, en présence de Mme Wilson qui l’a paraphé. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2011

Nombre de pages

8

Auteur(s)

Rose BLIN-MIOCH

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf