Les ateliers de faïence fine de Lodève et du Mas del Pont
Les ateliers de faïence fine de Lodève et du Mas del Pont
La technique de la « faïence fine » apparaît en Angleterre au cours de la première moitié du XVIIIe siècle. Dès 1743, afin de rivaliser avec les productions anglaises, une manufacture de faïence fine s’établit à Paris ; puis la création d’ateliers ne cesse de se multiplier : la nouvelle technique est adoptée à Orléans en 1753, à Lunéville en 1768, à Sarreguemines en 1770, à Sceaux en 1772, à Montereau en 1775, à Douai en 1780, à Chantilly en 1786, etc 1.
Généralement il existe un temps de retard pour voir les nouveautés et la mode conquérir la province; ce ne fut, semble-t-il, pas le cas de la faïence fine. Tôt dans le XVIIIe siècle, on en fabrique en Provence, à Apt et au Castellet 2. En Languedoc, il faut attendre 1773-1775 pour voir Jacques Vabre créer, à Montpellier, une fabrique de faïence de terre de pipe 3 ; malheureusement nous ne connaissons aucune pièce produite dans cet atelier. Dans le Gard, à l’initiative du conseil municipal d’Uzès, et avec les encouragements de Chaptal, des entrepreneurs marseillais effectuent les premières tentatives. Si le 25 décembre 1806, Jean Pierre Guiraud fait des essais de cuisson, à Marseille, dans la fabrique Sauze, le sieur Perrin, lui aussi de Marseille, se rend à Uzès pour réaliser des expériences en vue de fabriquer de la « terre de pipe façon Chantilly » 4. Au cours du XIXe siècle, la production de ce type de céramique prend un essor particulier à Uzès, dans les ateliers Vernet et Pichon.
Les ateliers du Mas del Pont et de Lodève
Plusieurs informations, de sources différentes et apparemment sans rapport entre-elles, sont à l’origine de l’étude des ateliers du Mas del Pont et de Lodève
- La première est une note de Creuzé de Lesser : en 1824, le préfet de l’Hérault dans la statistique du département écrit : « En 1822, on a établi, à Lodève, une fabrique de poterie (dite terre de pipe) qui promet au département une nouvelle branche d’industrie» 5,
- La deuxième est une découverte archéologique : à l’occasion du recensement des ateliers de potiers du département de l’Hérault, les vestiges de l’atelier du Mas del Pont m’avaient été signalés par plusieurs chercheurs 6,
- Les dernières sont des mentions se trouvant dans des ouvrages imprimés 7.
Si l’installation d’un atelier de faïence fine à Lodève, ville laborieuse, ne surprend pas, la situation du Mas del Pont est insolite pour l’établissement d’une industrie donnant un produit relativement luxueux : il est établi au nord de Saint-Maurice-deNavacelles, au fond des gorges de la Vis, en un endroit difficile d’accès, et de nos jours fort isolé. Les fragments découverts sur place révèlent une technique pas du tout habituelle dans la région, rappelant les productions d’Uzès. L’installation de l’officine n’est pas très ancienne : sous l’Ancien Régime, d’après les compoix de Saint-Maurice, il n’existe pas d’atelier de potier au Mas del Pont 8 qui appartient à cette époque à Fulcrand d’Albignac, seigneur de Madières. En 1817, lors de l’établissement de la matrice cadastrale, Jean Marie François Ginestoux, du Vigan, possède ce bien 9.
Historique
Au XIVe siècle, la poterie vendue aux foires de Lodève fait l’objet d’une redevance; la présence d’un « forn d’ollas » confirme la production de céramique dans cette ville dès le XVe siècle 10. Au XVIIe siècle, cinq potiers fondent une confrérie et prennent pour patronne sainte Rufine dont ils célèbrent la fête le 19 juillet 11. Jusqu’au XIXe siècle, de la poterie est produite à Lodève, malgré la proximité de Saint-Jean-de-Fos qui approvisionne la ville et ses environs dès le XVe siècle 12.
Rien ne prédisposait un encolleur de chaîne de Lodève à se lancer dans la fabrication de faïence fine. Hilaire Mathieu, fils d’Etienne Mathieu lui aussi encolleur de chaîne et de Marianne Veyrac, fait partie de cette population laborieuse de l’industrie textile lodévoise 13. Pourtant le 4 décembre 1819 14, il s’associe avec Antoine Judet 15 ouvrier en poterie, originaire de Moulin 16 et séjournant depuis plus de cinq ans à Saint-Jean-de-Fos, pour fabriquer de la poterie et de la faïence dans un local acheté par Mathieu le 4 mars 1818 17. L’association, prévue pour quatre ans, est dissoute le 27 février 1821 18, les parties ne pouvant plus s’entendre, peut-être à la suite de l’inondation subie par l’atelier quelques mois auparavant 19. Le contrat entre Judet et Mathieu correspond à un usage : les apports de chacun des contractants doivent s’équilibrer. Cette pratique se retrouve regulièrement lors des associations entre potiers 20. Mathieu apporte le capital : argent, atelier, matières premières, outils ; Judet son savoir et son travail. Mathieu prévoit, à plus ou moins longue échéance, de transformer son affaire en entreprise familiale, puisqu’un de ses enfants travaillera dans la fabrique où Judet l’initiera au métier : « un des enfants dudit Mathieu sera employé à ladite fabrique; il ne recevra aucun salaire ; ledit Jeudet s’oblige de lui apprendre son état, pendant l’espace de deux années, sans pouvoir éxiger aucune indemnité ». Le temps consacré à cet apprentissage équivaut exactement à la durée moyenne observée chez les potiers de la vallée de l’Hérault.
Après le départ de Judet, un autre ouvrier le remplace. Vital Clocard, est qualifié de « tourneur fayancier », né à Saliès 21, le 28 juillet 1788, fils de Félix Clocard et de Jeanne Dignat. Son père, Félix, qui était lui même ouvrier en faïence, avait du lui apprendre le métier avant sa mort survenue en 1810, à Martres 22.
Encore une fois l’entente avec Mathieu ne dure pas puisque ce dernier le fait comparaître devant le juge de paix de Lodève, le 18 octobre 1824 23. Par le jugement, certaines conditions de l’exploitation de l’entreprise sont révélées. Mathieu réclame à Clocard, 66 francs : « savoir trente neuf francs pour le solde de la dépense qu’il avait fait chez lui, dix sept francs pour le garnissage que lui a fait le fils dudit Mathieu et dix francs restans pour le blanchissage pendant dix huit mois ». Clocard prétend qu’il ne doit que 39 francs, il conteste le prix du blanchissage, et dit à Mathieu que « pour le garnissage que son fils lui a fait, il ne croit pas être tenu de le payer, parce qu’il a donné des leçons de son état audit Hilaire Mathieu pendant six mois, ce qui lui a fait perdre beaucoup de temps ; il avait toujours entendu qu’il serait fait compensation du temps qu’il a perdu avec les dix sept francs du garnissage ». Mathieu réplique à son tour que si Clocard a donné des leçons à son fils, « ce n’a été que par son bon plaisir, qu’il n’a jamais été convenu entre eux que ledit Clocard serait payé des leçons qu’il pourrait donner à Mathieu fils ». Là aussi, comme pour l’article 6 du contrat d’association avec Judet, on retrouve dans cette remarque de Clocard, la notion d’échange de travail contre un enseignement.
Vital Clocard ne quitte pas Lodève immédiatement puisqu’il y épouse au début de l’année 1825, Françoise Vergnettes 24. Parmi les témoins du contrat de mariage se trouve un nommé « Blaise Colomiès fayancier » qui travaillait certainement à la fabrique des Mathieu, mais dont l’origine est inconnue. Après cette date, Vital Clocard et Blaise Colomiès n’apparaissent plus à Lodève.
Les trois fils qu’Hilaire Mathieu avait eus d’Élisabeth Soulairol travaillèrent l’argile. Au recensement de 1829 25, c’est à dire un an après l’association avec Judet, Hilaire Étienne est agé de 24 ans, Jean Pierre de 21 ans et Noël de 12 ans. Bien que le contrat d’association soit passé en 1819, il faut attendre plusieurs années avant qu’Étienne Hilaire et Jean Pierre soient qualifiés d’« ouvrier en fayence » et de « fayencier » lors de leur mariage 26. Leur père est dit « ancien encoleur de chaîne et fabriquant de faïence » en 1827 27 et « ancien encoleur de chaîne et fabriquant de terre de pipe » en 1829 28. Il semble avoir poursuivi sa première activité d’encolleur bien après la création de sa faïencerie, puisqu’en 1822 il fait comparaître un autre encolleur qui lui aurait dérobé « une barre ou perche propre à étendre les chaînes… portant sa marque qu’il a toujours fait à de pareilles barres... » 29.
La date de l’installation de l’atelier au Mas del Pont reste encore incertaine puisqu’aucun acte ne l’établit formellement 30. Néammoins, Jean Pierre Mathieu épouse en 1831 31 Lucy Saubert née à Rogues et domiciliée avec sa mère au Mas del Pont. Deux hypothèses se présentent soit Jean Pierre s’installe au Mas del Pont après son mariage ; soit il y demeurait et y travaillait avant, contrairement à ce que disent les deux publications de mariage. Toujours est-il qu’en 1832, Jean Pierre Mathieu, qualifié de faïencier habite au Mas del Pont 32. Ce séjour ne semble pas durer très longtemps puisque l’année suivante, d’après un acte d’état civil, il demeure à Lodève 33. Dans cet acte il est qualifié pour la dernière fois de faïencier. Par la suite, en 1836 34, il est dit « fabricant de briques » et « tuilier » en 1837 35.
Toute production de faïence de la part des Mathieu est abandonnée. Dès 1832, Hilaire Mathieu est dit « ancien coleur de chaîne, fabricant de brique » 36. Lorsqu’Hilaire Etienne meurt, le 4 septembre 1838 37, il est qualifié de « marchand ». La fabrication de matériaux de construction devient la principale activité de toute la famille. Le 12 juillet 1836, Jean Pierre et Noël Mathieu achètent à Jean Sabadel « fabricant de briques et pavés », une portion de vigne sise au ténement des « Terraires », dans l’intention de se livrer à des « fouilles de terre propre à la fabrique des briques » 38. Jean Pierre meurt le 25 octobre 1840 39 qualifié de tuilier. Hilaire meurt le 5 mai 1859 40 qualifié d’ancien tuilier. Noel Mathieu, le cadet est dit « fabricant de briques » lors de son mariage le 20 novembre 1837 41 et le reste jusqu’à sa mort survenue le 30 mai 1883 42.
Les ateliers
De l’atelier du Mas del Pont, il ne reste rien d’apparent et de compréhensible depuis le passage d’un bulldozer en 1981. L’atelier de Lodève se situe quant à lui au confluent des ruisseaux d’Argelas et de Péteau 43. Une expertise à la suite d’une inondation, nécessita l’établissement d’un plan (figure 1), malheureusement peu détaillé 44. En 1818, lors de son acquisition par Hilaire Mathieu, ce bien consistait en une maison, jardin et puits, le tout enclos et sis sous l’Esplanade 45. Quelques renseignements sur la technique employée par les faïenciers sont donnés par les vestiges trouvés sur l’emplacement de l’atelier du Mas del Pont et par les textes découverts dans les archives. Pour chaque étape de la fabrication, ces deux sources sont confrontées.
L'argile
Au Mas del Pont, par l’observation des déchets de cuisson, on constate que deux sortes d’argile ont été utilisées. Cette discrimination se fait simplement par la couleur des tessons. L’argile rouge est de loin la plus employée, autant pour la production de marmites, poélons, toupins, cafetières, etc, que pour la fabrication de céramique fine. Elle ressemble à de l’argile de décalcification que l’on trouve dans le voisinage 46. L’argile blanche, plus rarement utilisée, sert au modelage de la faïence fine ou « terre de pipe ». D’après le contrat d’association passé entre Mathieu et Judet, l’argile employée dans l’atelier de Lodève est « prise au Goulet ou au Vialla » 47. Près du Viala, au lieu-dit l’Engaubière, on extrayait de l’argile que l’Annuaire du département de l’Hérault de 1886 48 appelle improprement « terre à porcelaine ». De même au Goulet, au lieu-dit l’Argilo, le sol était creusé pour en tirer de l’argile. Les potiers de Saint-Jean-de-Fos venaient en ces lieux pour obtenir la matière qui leur servait d’engobe 49. D’après Hippolyte Creuzé de Lesser, « la mine de terre employée est située dans la commune de la Vacquerie. On employe annuellement 1 500 quintaux métriques (valant 3 000 frs) » 50. Il s’agit de poches d’argile du type des kaolinites retenues dans des dépressions karstiques.
La préparation de l'argile
A Lodève, Mathieu fait creuser « les fosses propres à infuser la terre », c’est à dire des fosses de décantation pour affiner l’argile. D’après l’expertise du 4 octobre 1825, effectuée à la suite de l’inondation de l’atelier 51, les experts découvrent « une pièce servant d’angard où il y a deux fosses servant à préparer la terre pour la fayance dans l’une desquelles.., il pouvait y avoir sept cent cinquante myriagrammes terre préparée et prête à être employée à faire la fayance… » 52.
Le façonnage
Le contrat ne mentionne pas la présence de tour dans l’atelier de Lodève. La seule allusion au tournage est la fabrication des gazettes que Mathieu fera faire par un tourneur. La plus grosse partie de la production semble avoir été moulée. Il est question de 1 000 moules de plâtre blanc : « savoir neuf cents moules pour assiettes de diverses grandeurs et formes, et cent moules pour plats ou autres objets, aussi de diverses grandeurs et formes ». Par contre au Mas del Pont presque toutes les pièces sont tournées, seules quelques unes sont moulées : saladiers cotelés, bénitiers, etc. Les moules servent aussi à la confection des éléments appliqués : anses, boutons, décor…
La nature de l’argile ainsi que l’habileté du tourneur permettaient d’obtenir des parois assez fines pour des objets d’un diamètre relativement important : 2 mm d’épaisseur pour 160 de diamètre. Les objets modelés restent sur le rondeau de plâtre gris pour un séchage partiel afin de donner un peu de fermeté à l’argile. Les objets sont alors repris au tournassin, soit pour amincir les parois, soit pour tailler dans l’épaisseur de l’argile un pied annulaire ou un bouton de préhension.
Après le tournassage, certaines pièces plus élaborées sont garnies d’éléments modelés à la main (anses, becs), tournés (poignées), ou moulés (anses). Le garnissage comprend aussi l’application des ornements moulés pour la plupart.
C’est de cette opération de garnissage qu’il est question lors du différent survenu entre Mathieu et Clocard 53.
Le vernissage
Le façonnage terminé, les objets sont disposés sur des étagères où ils finiront de sécher. Mathieu s’était engagé à fournir « des rayons en quantité suffisante pour étaler et étendre la poterie préparée ». Après un séchage complet, une cuisson de dégourdi, le défournement et le tri des objets endommagés, l’application du vernis est effectuée. L’atelier de Lodève dispose d’un « moulin à bras pour moudre le vernis ». Nous ignorons si cet outil était employé au Mas del Pont.
Cependant, pour ce dernier atelier, la nature du vernis est connue : certains tessons trouvés dans le dépotoir sont recouverts d’un enduit rose, couleur caractéristique du minium. L’usage de cette matière est exceptionnel en Languedoc; d’habitude les potiers de terre utilisent l’alquifoux dans leur composition. Mais le minium est habituellement utilisé pour la fabrication de faïnce fine.
Le matériel d'enfournement
Les objets sont enfournés pour la deuxième fois. La qualité du produit fabriqué interdisait un simple entassement dans le laboratoire du four. Le potier avait recours à des étagères supportées par des cales en forme de bobines, à des gazettes, à des pernettes de terre rouge ou blanche, à des disques entaillés de sillons concentriques (ce qui évite le collage par l’écoulement de vernis), à des pattes de coq, etc (figures 2 à 7).
Le nombre de gazettes est important dans l’atelier de Lodève : « Mathieu fera faire par un tourneur deux jeux de gazettes en terre, et assorties; ledit jeu sera composé de trois cents gazettes, et il les entretiendra au complet pendant la durée de la société ». Le 4 octobre 1825 54, les experts en découvrent dans l’atelier plus d’une centaine endommagées à la suite d’une inondation.
Les fragments découverts au Mas del Pont donnent une idée de leur forme et de leurs dimensions : la hauteur de l’une d’elles atteint 0,31 mètre pour un diamètre de 0,30 mètre. La paroi des gazettes est percée de trous, ronds ou triangulaires, dans lesquels étaient fixées les pernettes supportant les pièces à cuire (figures 8 et 9). Certaines gazettes sont de simples boites destinées à ne recevoir qu’une seule pièce (figure 10).
Le four
Une photographie, prise avant la destruction du four du Mas del Pont, est le seul document permettant de connaitre l’outil essentiel du potier (figure 11). Elle montre l’intérieur du laboratoire dont le plan est quadrangulaire ; un pilier de briques occupe son centre ; la partie de la voûte que l’on aperçoit est percée de 7 carneaux latéraux. Le décompte des briques (de 0,21 x 0,105 x 0,05 mètre) permet d’estimer approximativement l’espace photographié. La hauteur visible est de 1,55 mètre, la profondeur de 2,17 mètres, la largeur de 1,34 mètre Ce qui permet d’estimer le volume montré par la photographie à 4,5 m3.
A Lodève l’estimation du volume du laboratoire est possible. Un jeu de gazettes est composé de 300 unités. En supposant que les gazettes du Mas del Pont soient identiques à celles de Lodève et qu’elles aient toutes les mêmes dimensions, le volume occupé dans le laboratoire atteindrait 6,57 m3, auquel il faut ajouter le vide laissé entre chaque pile 55.
Le foyer du four se trouve en contrebas. Le 4 octobre 1825 56, les experts décrivent les dégats subis par l’atelier à la suite d’une inondation et en particulier le local où se trouve le four : « ensuite nous sommes entrés dans une pièce servant de four à cuire la fayance, nous y avons trouvé une grande quantité d’eau, surtout à l’endroit où l’on fait le feu comme se trouvant plus bas que le surplus de ladite pièce ».
La cuisson
Le combustible employé est le bois, spécifie le contrat d’association avec Judet. Comme pour l’ensemble des matières premières, Mathieu est chargé de le fournir : « il tiendra du bois et du vernis à l’avance pour deux cuites ». La durée de la cuisson reste inconnue. C’est certainement pendant cette opération que l’atelier est la proie des flammes, puisqu’en 1827 Mathieu reçoit une indemnité versée par la « Compagnie d’assurance royale contre l’incendie.., pour les dommages causés à son attellier ou fabrique de terre de pipe par l’incendie qui s’y manifesta il y a quelque temps » 57.
La production
La production du Mas del Pont laisse deviner celle de Lodève. Deux sortes de produits sont sortis de cette officine : une vaisselle culinaire et une vaisselle de luxe.
La production de faïence fine consiste en coquetiers (figure 12), bols (figures 13 à 15), cafetières (figure 17), soupières (figures 18 et 19), tasses cylindriques ou hémisphériques et sous-tasses (figure 20), vases en forme de calice et saladiers (figure 21), bougeoirs (figure 22), etc. La production de poterie commune est représentée par des pots à graisse (figure 23), des toupins (figure 24), des cafetières (figure 25), des casseroles ou poélons (figure 26), des jattes (figure 27), des assiettes (figure 16), etc. Chacun de ces objets recevait un couvercle quand cela lui était nécessaire, de taille, de forme et de décor correspondant (figures 24, 25, 28).
Les motifs décoratifs sont puisés, pour certains, dans le répertoire néo-classique, encore à la mode après l’Empire : rosaces (figure 29), palmettes (figures 30 et 35), mascarons (figures 31 et 32) ; d’autres rappellent les motifs des faïences du siècle précédent : rudentures des bénitiers (figure 33), bouton de couvercle en forme de fruit et feuillages (figure 34).
Les pièces de poterie commune reçoivent parfois un numéro sur leur fond (figure 26). Cette numérotation correspond à la quantité de pièces nécessaires pour former un « nombre », système de comptage utilisé par les potiers pour commercialiser leur production. Les pièces les plus fines recoivent une estampille ; deux matrices étaient utilisées au Mas del Pont : une sur une ligne « MAS DEL PONT » (sur des pièces de terre rouge ou de terre blanche), l’autre circulaire « FABRIQUE DU MAS DEL PONT » (seulement sur des pièces de terre blanche) (figure 36).
La commercialisation
L’aire de diffusion de la faïence fine produite à Lodève et au Mas del Pont n’a pu être définie. Il est certain que les objets produits, d’un luxe relatif, n’était pas destinés à la population rurale qui se contentait de poterie commune, mais plutôt à la clientèle bourgeoise des villes industrielles, comme Ganges, Lodève, Clermont. Une partie de la production devait être directement écoulée par les Mathieu eux-mêmes : Hilaire est qualifié en 1829 de « marchand de faïence de Lodève » 58. Une autre part prenait certainement la direction de Montpellier, puisqu’en 1831 59 Hilaire Mathieu était en rapport avec « Louis Spotourno marchand fayancier habitant et domicilié à Montpellier ». Les Sportono sont des marchands génois établis à Montpellier dès la fin du XVIIIe siècle 60.
Conclusion
L’entreprise d’Hilaire Mathieu montre quel attrait pouvait exercer la fabrication d’un produit encore nouveau et d’un certain luxe tel que la faïence fine, sur un ouvrier entreprenant désirant établir une fabrique au début du XIXe siècle.
Bien que les imprimés techniques se multiplient, la transmission des procédés, des modèles, de l’esthétique s’effectue encore par les migrations d’artisans, comme au temps où les italiens enseignaient l’art de la majolique aux potiers de Lyon, de Montpellier ou d’ailleurs. Les produits de Lodève et du Mas del Pont sont fabriqués selon des procédés apportés par des potiers étrangers à la ville, Judet, Clocard ou Colomiès, et empruntent des formes et des décors appartenant au style de l’époque de leur fabrication.
Cependant, malgré la nouveauté de la production dans la région, l’entreprise d’Hilaire Mathieu reste éphémère pour plusieurs raisons. D’abord les investissements nécessitaient une production de masse pour être rentabilisés ; par sa masse, cette production devenait difficile à écouler sur place. D’autre part, le choix des lieux d’établissement n’est peut-être pas idéal. Si Lodève dispose de la clientèle d’une ville industrielle, elle est relativement éloignée des ressources en matières premières (l’argile blanche vient de Saint-Maurice-de-Navacelles). Inversement, le Mas del Pont, qui est proche des gisements d’argiles et en combustibles, est éloigné de tout lieu de vente.
Cette seconde implantation au Mas del Pont est difficile à comprendre, car elle double les investissements sur un terrain qui n’appartient pas à l’entrepreneur. Est-ce la réalisation d’un fils Mathieu désirant acquérir une indépendance par rapport à l’atelier paternel, ou l’initiative du propriétaire du Mas del Pont voulant créer un établissement sur ses terres et ayant fait appel à un des fils Mathieu ? Dans l’avenir, la découverte d’actes ou contrats apportera peut-être plus de précision sur le Mas del Pont.
Il était difficile à des ateliers tels que ceux que nous venons de décrire, de supporter la concurrence de produits fabriqués dans des manufactures mieux équipées et mieux fournies en matières premières. Au XIXe siècle, les faïences fines vendues dans le département proviennent de l’Uzège, Creil, Sarreguemines, Dieulefit, etc. Les Mathieu ne résisteront pas et se reconvertiront dans la production de matériaux de construction.
ANNEXES
AD34, 11E39/773 acte 260.
« Société Hillaire Mathieu – Antoine Moran-Judet.
Le quatre décembre mil huit cent dix-neuf, dans Lodève, chef lieu du premier arrondissement du département de l’Hérault, par devant Jean Pierre Counégut et son collègue, notaires royaux à la résidence dudit Lodève ont comparu le sieur hilaire Mathieu, encoleur de chaîne demeurant audit Lodève, et le sieur Antoine Morand-Judet, ouvrier en poterie originaire de Moulin, département de l’Allier, demeurant à Saint-Jean-de-Fos, depuis environ cinq années, lesquels voulant établir audit Lodève, une fabrique de poterie et de faïence, ont fait entre eux une société aux clauses et conditions suivantes.
Article 1er. Ladite fabrique sera établie à Lodève, dans un local appartenant audit Mathieu, situé sous l’Esplanade, consistant en maison, hangard et jardin, contigus, lequel local celui-ci disposera à ses frais, et mettra incessamment en état pour ledit établissement. A ces fins, il fera construire un four propre à cuire la poterie et la faïence ; il fera faire les fossés propres à infuser la terre ; il y établira un moulin à bras pour moudre le vernis ; il établira aussi dans une partie de la maison et avec des planches, des rayons en quantité suffisante pour étaler et étendre la poterie préparée ; il fera en un mot, toutes les constructions nécessaires pour parvenir au but que les parties se proposent.
Article 2. Mathieu fera faire par un tourneur deux jeux de gazettes en terre, et assorties ; ledit jeu sera composé de trois cents gazettes, et il les entretiendra au complet pendant la durée de la société.
Article 3. Ledit Jeudet, s’oblige de faire audit Mathieu, et pour le compte de celui-ci mille moules, savoir neuf cents moules pour assiettes de diverses grandeurs et formes, et cent moules pour plats ou autres objets, aussi de diverses grandeurs et formes. Mathieu fournira le plâtre blanc nécessaire pour la confection desdits moules, et il en payera la façon audit Antoine au prix de deux cent soixante et quinze francs pour le tout, ladite somme payable en trois payement égaux ; le premier aura lieu par avance, le second lorsque la moitié desdits moules sera confectionnée et le dernier, après l’entière confection desdits moules.
Article 4. Ledit Jeudet s’oblige encore à faire pour le compte dudit Mathieu six cents rondeaux, propre à poser la poterie, le plâtre gris sera également fourni par Mathieu, qui en payera la façon à la journée et suivant le temps que ledit Jeudet emploiera à leur confection, déclarant les parties que cet objet n’exède pas la valeur de soixante francs.
Article 5. Du moment que toutes lesdites constructions seront faites et que les objets ci-dessus détaillés auront été confectionnés les parties confectionneront et commenceront ladite fabrique de poterie et de faiance ; et à cet effet ledit Mathieu fournira pendant toute la durée de la société le susdit local, les moules, rondeaux et gazettes ci-dessus, la terre propre à ladite fabrication prise au Goulet ou au Vialla, mairie de [Saint-Maurice-de-Navacelles] ou dans tel autre lieu plus avantageux par la qualité de ladite terre, laquelle il portera audevant de la porte dudit local ; il fournira encore tout le nécessaire pour cuire la poterie et le rendra au même lieu ; il fournira encore le vernis de toute qualité et nécessaire pour ladite fabrication ; et il tiendra du bois et du vernis à l’avance pour deux cuites ; il fera l’avance des fonds nécessaires au payements des ouvriers qui seront employés à ladite fabrique, sur les bons délivrés auxdits ouvriers par ledit Jeudet, lesquelles avances seront remboursées sur le produit de chaque cuite.
Article 5 [erreur de la part du notaire dans la numérotation des articles]. Ledit Jeudet apporte dans ladite société son travail et son industrie seulement ; à cet effet il s’oblige de travailler de son mieux à ladite fabrication ; il prendra la terre et le bois aux lieux désignés ci-dessus, les fera enfermer, les soignera. Il sera tenu de préparer la terre, de la gacher, de la faire sécher, de mouler et faire mouler la marchandise, de la soigner, de la vernisser, encaster, enfourner, faire cuire en un mot de faire par lui-même tout ce qu’il est possible et de diriger toutes les autres opérations nécessaires et faites par les autres ouvriers qu’il sera dans le cas d’employer.
Article 6. Un des enfants dudit Mathieu sera employé à ladite fabrique ; il ne recevra aucun salaire ; ledit Jeudet s’oblige de lui apprendre son état, pendant l’espace de deux années, sans pouvoir exiger aucune indemnité.
Article 7. Le produit de la vente des marchandises sera partagé également entre lesdits Mathieu et Jeudet, distraction préalablement faite des avances fournies par Mathieu pour le payement des ouvriers ; ou bien lesdites marchandises seront partagées au fur et à mesure qu’elles sortiront du four entre lesdites parties, et Jeudet fera compte à Mathieu de la portion desdites avances à sa charge. Lesdites parties se reservant d’opter entre lesdits deux modes de partage celui qui conviendra le mieux à leur intérêt particulier.
Article 8. Afin d’être mieux à même et plus à portée de diriger ladite fabrication, ledit Jeudet aura son logement dans ledit local, sans être tenu de payer la moindre somme à titre de loyer ou autrement.
Article 9. A la fin de ladite société, fixée au premier janvier de l’an mil huit cent vingt quatre, ledit Jeudet n’aura rien à prétendre sur aucun des objets ci-dessus détaillés et composant ladite fabrique ; la propriété en demeurant toujours audit Mathieu, lequel sera tenu d’entretenir le tout en bon état pendant la durée d’icelle.
Article 10. Dans le cas où à la fin de ladite société, il restat de la poterie confectionnée et non encore cuite ; elle le sera même après le terme ci-dessus fixé et dans le plus court délai, et ledit Mathieu fournira les matières nécessaires à leur perfection.
Article 11. Ledit Jeudet pourra prendre tel nombre d’apprentifs qu’il trouvera à propos ; Mathieu n’aura rien à prétendre sur les conventions d’apprentissage que ledit Jeudet pourra faire avec eux, mais il les fera travailler dans l’établissement et au profit de la société.
Article 12. Pour l’observation du présent les parties font toutes les obligations et soumissions de droit.
Article 13. Les parties se réservent de pouvoir rompre et dissoudre la présente société dans deux années à compter de ce jour, au cas où elle ne puisse convenir à l’une ou à l’autre d’elles, en se prévenant trois mois à l’avance.
Fait, passé et lu le présent aux parties, dans le cabinet et aux minutes de Counégut, l’un desdits notaires, lesquels ont signé avec lesdites parties à la présente minute.
AD34, 11E407775 acte 63
Dissolution de la société
Le vingt sept mars mil huit cent vingt un, dans Lodève, chef lieu du premier arrondissement du département de l’Hérault, par devant Jean Pierre Counégut et son collègue, notaires royaux à la résidence dudit Lodève ont comparu les sieurs Hillaire Mathieu, encoleur de chaîne et Antoine Morand-Judet, ouvrier en poterie, originaire de Moulin, demeurant l’un et l’autre audit Lodève, lesquels ont dit que par acte reçu par nous dit et notre collègue le quatre décembre mil huit cent dix neuf, ils auraient contracté une société pour l’établissement d’une fabrique de poterie et de faïence audit Lodève, dans un local appartenant audit Mathieu, laquelle société qui avait été formée aux clauses et conditions portées par le susdit acte devait finir le premier janvier de l’an mil huit cent vingt quatre ; que ledit Jeudet pensant que ledit Mathieu ne remplissait pas les engagements par lui pris à raison de ladite société, il aurait été dans le cas d’intenter action en justice contre ledit Mathieu, contre laquelle action ce dernier aurait opposé ses exceptions, mais voulant respectivement mettre fin aux contestations entre eux survenues, par l’entremise de leurs amis communs, ils ont, par voie de transaction sur procès, convenu et accordé ce qui suit : 1° Les susnommés déclarent que ladite société formée par l’acte précité est et demeure dissoute à compter de ce jour ; et qu’exécution de l’article neuf dudit acte tous les ustensiles de ladite fabrique comme moules, gazettes et rondeaux, appartiennent audit Mathieu qui les avait fait faire soit par ledit Jeudet, soit par d’autres ouvriers. 2° Au moyen d’une somme de deux cents francs que ledit Jeudet reconnaît et déclare avoir reçu un peu avant cet acte et à sa satisfaction toute la marchandise qui se trouve dans ledit établissement appartiendra audit Mathieu, et moyennant ce ledit Moran-Jeudet n’aura plus rien à demander audit Mathieu ; en vertu du susdit acte, à quelque titre que ce soit ou puisse être, ledit Morand-Jeudet devant vuider l’appartement qu’il occupe dans ledit établissement le dix août prochain. 3° Au moyen de ce dessus l’acte de société sus-énoncé sera comme non-avenue.
Dont acte, lu aux parties.
Fait et passé dans le cabinet et aux minutes de Counégut, l’un desdits notaires, lesquels ont signé avec lesdites parties à la présente minute.
NOTES
1. Faïences fines françaises des origines à 1820. – catalogue de l’exposition du musée national de la céramique. – Sèvres : Cahiers de la céramique du verre et des arts du feu, 1969 et Fourest (Henry-Pierre). – La céramique européenne. – Paris CELIV, 1988, page 361 et suivantes. Jean (René). – Les arts de la terre. – Paris : H. Laurens, 1911, page 222.
2. Dumas (Marc). – Les faïences d’Apt et de Castellet. – Aix-en- Provence : Edisud, 1990, page 21.
3. Thuile (Jean). – La céramique ancienne à Montpellier. – Paris Champrosay, 1943, page 326.
4. AD30, 5M431.
5. Creuzé de Lesser (Hippolyte). – Statistiques du département de l’Hérault. – Montpellier, 1826, page 534.
6. Je remercie Paul Artus ; Roger Carnac (†) ; Adrienne DurandTullou qui m’a communiqué une photographie du four du Mas del Pont prise avant sa destruction ; Alain Riols qui m’a confié les objets qu’il a découverts ; Marcel Soulier (†) qui m’a mis sur la piste des artisans en signalant leur mention dans les registres d’état civil de Saint-Maurice-de-Navacelles. Je remercie également les personnes qui m’ont accompagné sur le terrain : Catherine Salles, Jean et Catherine Crassous, Pierre Walter.
7. Lesur et Tardy signalent qu’à Lodève, « en 1823, les Pastourel et Cie, demandèrent un encouragement pour y établir une fabrique de faïence de terre de pipe. Ils s’étaient adjoint Paul Broustet ouvrier de la faïencerie toulousaine. On leur refusa tout argent ». Nous ignorons l’origine de cette information que nous n’avons pu contrôler (Lesur (Adrien) et Tardy. – Poteries et faïences françaises. – Paris : Tardy, 1969, tome 1, page 648). Georgette Milhau évoque l’atelier dans Féerie d’une terre pauvre : évocation du Larzac méridional. – Montpellier, 1969.- page 220. Bassi (L.). – Indicateur vinicole commercial et industriel de l’arrondissement de Béziers et du département de l’Hérault. – Béziers J. Delpech, (vers 1861), page 115. Cet ouvrage mentionne un nommé Foulard faïencier à Lodève ; l’activité de ce dernier n’a pas été étudiée dans ce travail.
8. AD34, E suppl. Saint-Maurice-de-Navacelles, CC1 f°148v°.
9. AD34, P277/2 f°80.
10. Martin (Ernest). – Histoire de la ville de Lodève depuis ses origines jusqu’à la révolution. – Montpellier, 1900, tome 1, page 256.
11. AD34, 11E39/544 f°44, le 9 septembre 1640.
12. Vayssettes (Jean-Louis). – Les potiers de terre de Saint-Jean-de-Fos. – Saint-Georges-de-Luzençon : Maury, 1987, page 23 ; Martin (Ernest). – Histoire de la ville de Lodève depuis ses origines jusqu’à la révolution. – Montpellier, 1900, tome 1, page 256 ; AD34, 11E39/890 f°21, le 11/08/1435 ; 11E39/25 f°43 et 47, le 8/08/1448.
13. Pour comprendre les liens familiaux de la famille Mathieu se reporter à l’arbre généalogique.
14. AD34, IIE39/773 acte 260.
15. Le recensement de 1820 (AD34, E suppl. Lodève 1174) confirme la présence de Judet à Lodève. A cette date il est agé de 45 ans. Est-ce lui qui réside à Nevers en 1805 ? Le 13 thermidor XIII, un Antoine Judet, âgé de 36 ans, ouvrier en faïence est témoin dans cette ville du mariage de Jean Grillot, manœuvre en faïence. (Faïence, révolution et généalogie. – Nevers : Cercle de généalogique Nivernais-Morvan, 1989, n° spécial 33 bis, page 90).
16. Moulin (Allier) était un centre faïencier important.
17. AD34, 11E40/386 acte 85 et 11E39/787 acte 79, le 23/03/1833.
18. AD34, 11E40/775 acte 63.
19. AD34, 2U8a29, acte 7 audience du 3/01/1821 ; acte 56 audience du 31/01/1821 ; acte 451 audience du 26/11/1821 ; acte 453 audience du 27/11/1821 ; acte 470 audience du 4/12/1821 ; acte 511 audience du 17/12/1821 ; 2U8a97, rapport d’expert du 25/03/1821 ; 2U8al07, plan.
20. Vayssettes (Jean-Louis). – Les potiers de terre de Saint-.Jean-de-Fos. – Saint-Georges-de-Luzençon : Maury, 1987, page 65.
21. Saliès (Haute Garonne). Une fabrique de faïence anglaise fut établie dans cette localité en l’an VII (Lesur (Adrien), Tardy. – Poteries et faïences françaises. – Paris : Tardy, 1969, tome 2, page 1534).
22. Autre important centre faïencier du Sud-Ouest.
23. AD34, 4U15-7.
24. AD34, 11E39/799, acte 176, le 26/12/1824 : contrat ; 3E146-31, le 15/02/1825 : acte.
25. AD34, E suppl. Lodève 1F4.
26. AD34, 3E146-39, promesses de mariage des 15 et 23/06/1828 et des 23 et 31/10/1831.
27. AD34, 11E39/781 acte 62, le 12/03/1827.
28. AD34, 11E40/425 acte 403, le 13/10/1829.
29. AD34, 4U15-5 acte 52, le 25/04/1822; 2U8a30, acte 254, le 10/06/1822.
30. En 1817, il n’est fait aucune mention d’atelier de poterie AD34, P, Etat de section de Saint-Maurice-de-Navacelles.
31. AD30, Rogues 4, le 3/11/1831.
32. AD34, 3E287-1, le 2/05/1832, naissance de Jean Marie, Elisabeth, Edouard, Hilaire Mathieu.
33. AD34, 3E146-21 acte 244, le 2/09/1833, naissance d’Armand, Noel, Jean Marie Mathieu.
34. AD34, 3E146-22 acte 8, le 11/01/1836, naissance de Jeanne, Marie, Eustagie Mathieu.
35. AD34, 3E146-22 acte 336, le 20/11/1837, naissance de Marc, Noel, Jean Marie Mathieu.
36. AD34, 11E40/430, acte 250 et 252, le 3/07/1832.
37. AD34, 3E146-52 acte 204.
38. AD34, 11E40/439, acte 234, le 12/07/1836.
39. AD34, 3El46-53 acte 279.
40. AD34, 3El46-74 acte 145.
41. AD34, 3E146-33 acte 84.
42. AD34, 3E146-84 acte 160.
43. Cadastre de Lodève de 1966, section AD, n° 239 ; sur le cadastre du XIXe siècle, l’atelier (tuilerie) est désigné sous le n° 845 de la section B. En 1903 la tuilerie est transformée en maison. Voir aussi AD34, 2U8a97, le 25/03/1821.
44. AD34, 2U8a107.
45. AD34, 11E40/386 acte 85 et 11E39/787 acte 79, le 23/03/1833.
46. D’après Tardy (Poteries et les faïences françaises.) – Paris Tardy, 1971, tome 3, page 1706), de la faïence commune était fabriquée à Toulouse avec de « l’argile plastique brune de Lodève ».
47. Voir pièce annexe n° 1.
48. Page 656.
49. Vayssettes (Jean Louis). – Les potiers de terre de Saint-Jean-de-Fos. – Saint-Georges-de-Luzençon : Maury, 1987, page 91.
50. Creuzé de Lesser (Hippolyte). – Statistiques du département de l’Hérault. – Montpellier, 1826, page 534.
51. AD34, 4U15-8 acte 196.
52. 1 myriagramme = 10 000 grammes. Ce sont 7,5 tonnes d’argile qui sont entreposées.
53. AD34, 4Ul5-7 acte 208, le 18/10/1824.
54. AD34, 4U15-8 acte 196. Les experts se trompent en écrivant « moules dits gazettes ».
55. Cette estimation a été réalisée à partir des dimensions de la gazette de 0,30 m. de diamètre sur 0,31 m. de haut, qui semble, d’après les fragments découverts sur place, représenter la majorité des gazettes utilisées.
56. AD34, 4U15-8, acte 196.
57. AD34, 11E40/420 acte 33, le 19/01/1827.
58. AD34, 11E40/425 acte 405, le 15/10/1829.
59. AD34, Registre des procès verbaux de la chambre de commerce de Lodève, acte n°80, le 9/07/1831.
60. Thuile (Jean). – La céramique ancienne à Montpellier. – Paris Champrosay, 1943, page 322 et suivantes.
