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2.00

Description

Les Annonces, Affiches et Avis Divers et le Journal de la Généralité de Montpellier

Cet article est extrait de notre mémoire de Maîtrise d’Histoire de l’Art soutenu en octobre 2000 sous la direction du Professeur Laure Pellicer, intitulé « Le goût des Montpelliérains à la fin de l’Ancien Régime : à partir des Annonces, Affiches et Avis Divers et du Journal de la Généralité de Montpellier. »

Nous tenons à souligner, que l’ampleur d’un tel sujet ne pouvant être contenu dans un seul article, nous limiterons nos propos aux domaines ayant trait à la culture matérielle, à savoir la décoration intérieure mais aussi la parure et les soins corporels.

Analysé au XVIIIe siècle dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert par Voltaire et Montesquieu, le goût est défini par la promptitude, la finesse, le discernement. Emmanuel Kant, dans la Critique de la faculté de juger (1790), en donne une analyse rigoureuse. Le jugement, le goût, qui est subjectif, présente néanmoins un trait qui lui est propre, à savoir qu’il requiert l’universalité, l’adhésion de tous.

Selon Watelet et Levesque, le goût est un « mot qui ne désigne dans son origine que les sensations de la langue et du palais, a pris une signification plus étendue. (…) On a emprunté son nom pour désigner cette qualité de l’esprit qui juge du mérite des ouvrages dans les lettres et dans les arts. (…) Le goût ayant donc été adapté à tout, tout le monde se pique d’en avoir. Ce mot a été si souvent employé, et si souvent mal appliqué, qu’il a fini par n’avoir plus qu’une signification vague, et quelquefois même inintelligible. (…) ». Levesque conclut donc : « Il semble que le goût ne soit autre chose que le sentiment des convenances. Ce qui choque le goût c’est ce qui s’écarte des convenances. Il n’y a d’inné que les dispositions au goût, mais le goût lui-même dépend de l’étude, de la pratique, de l’expérience, de l’habitude de comparer, et de la réflexion. »

Très largement empreinte des idéaux des Lumières et de l’encyclopédisme, Montpellier connaît dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une accalmie en matière religieuse et un essor économique important, dû principalement au développement des industries des toiles imprimées et des indiennes destinées à la parure des petites gens. Son statut de capitale provinciale, siège de la Cour des Comptes, Aides et Finances, et des États du Languedoc, fait de cette ville un lieu attractif pour les notables, mais aussi pour les étrangers, qui de par leur présence apportent des influences extérieures nécessaires au développement du goût. Cette ville va voir s’affirmer des hommes entreprenants et ouverts, qualifiés par nos soins « d’acteurs du goût », qui sauront s’adapter non seulement aux productions nouvelles, mais aussi aux nouveaux goûts qui donnent alors une certaine cohésion à l’Europe « éclairée. »

L’un des facteurs essentiels de cette ouverture aux goûts et aux nouvelles techniques, est sans aucun doute l’organe de presse qui s’établit en cette ville dès 1770. Jusqu’à cette date Montpellier se tenait au courant du cours des choses grâce au « Mercure de France » et à la « Gazette« .

Le premier de ces hebdomadaires désigné sous le nom d’Annonces, Affiches et Avis Divers, débute sa parution le 19 mars 1770, et ce jusqu’au 25 mai 1776. Ce journal fut fondé par Marguerite Pagès-Marinier, dentiste de son état ; elle est assistée par le maître de pension Cuminal-Duboulet ; l’impression était quant à elle assurée par des artisans locaux tels que Auguste-François Rochard jusqu’en 1774, puis par Jean Martel ; en mai et juin 1775 l’impression se fait à Nîmes chez Pierre Beaume, puis chez la veuve Belle, avant d’être transférée à Avignon dès la mi-juin, chez les frères Bonnet.

Le prix de la souscription d’abord fixé à 6 livres par an, passe en 1773 à 6 livres 12 sous pour les habitants de la ville ; pour les souscripteurs extérieurs il reste stabilisé à 9 livres. Cette feuille privilégiée comporte essentiellement des informations locales ayant trait au trafic maritime, aux ventes et aux locations diverses, aux nouvelles littéraires…

Confrontée à de nombreux problèmes, cette feuille disparaîtra et sera remplacée dès le 30 novembre 1780 par le Journal de la Généralité de Montpellier.

Cette seconde feuille est assez proche de la première bien que son centre d’intérêt soit plus large que celui de la précédente ; elle contient essentiellement des annonces et avis divers, des articles relatifs au commerce, à l’agriculture, à la médecine et à la chirurgie, à la législation et jurisprudence, à la poésie, au théâtre et aux nouvelles locales ; les informations politiques n’apparaissent quant à elles qu’au moment de la convocation des Assemblées de Notables. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2003

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Pascale ANDRÉ-PONS

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf