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Description

L’énigme de l’affaire Marissal (1944)

* Docteur d’Etat en histoire

Si vous avez l’occasion de passer devant le bel immeuble du 2 rue Stanislas Digeon qui jouxte la rue Foch, proche du palais de Justice, à Montpellier, entrez dans la cour et vous apercevrez sur l’un des murs la plaque commémorative suivante :

DANS CET IMMEUBLE A VÉCU
LE DOCTEUR A. MARISSAL
MORT POUR LA FRANCE
DISPARU TRAGIQUEMENT LE 4 MAI 1944
DANS L’ACCOMPLISSEMENT
DE SON DEVOIR PROFESSIONNEL

Qui était le Docteur Arthur Marissal ? Pourquoi sa disparition tragique a-t-elle suscité autant de polémiques ?

Le Docteur Arthur Marissal, né le 26 octobre 1895 à Lille était un éminent pneumologue, spécialiste de la tuberculose. Il créa le premier dispensaire antituberculeux situé rue Auguste Broussonet à Montpellier ainsi que les antennes de Sète, Clermont-L’hérault et de Lodève. Sa renommée professionnelle, sa capacité d’écoute, son humanité à l’égard de ses patients en faisaient un médecin très estimé. En 1939, lors de la déclaration de la guerre, il fut mobilisé en sa qualité de capitaine de réserve et nommé Médecin-chef à Lunel, puis à Perpignan. Lors de l’occupation allemande, il prit le risque avec sa famille d’héberger un temps la famille juive Weissman et leur enfant avant de la confier au collège de l’Enclos Saint-François à Montpellier, puis une jeune juive d’origine polonaise Dora Leder. Discret, efficace, le docteur participait à des activités de résistance, multipliant notamment de faux certificats médicaux en faveur des appelés au Service du Travail Obligatoire.

Montpellier, au mois de mai 1944

Au mois de mai 1944, la tension politique est vive à Montpellier. Les actions des résistants se multiplient dans le département de l’Hérault. Les autorités vichystes en place redoutent de nouveaux coups de main. Les mois précédents, l’Intendant régional de police Pierre Marty et sa sinistre brigade ont multiplié les arrestations, les actes de répression et réussi à s’introduire avec leurs agents doubles dans les milieux de la Résistance. Depuis le 15 avril, Marty a permuté son poste avec son collègue Charles Hornus de Toulouse.

L’intendant régional de police ou du maintien de l’ordre est un haut fonctionnaire. Il dirige tous les services de police2. Il s’appuie sur la Milice créée le 30 janvier 1943 par Pierre Laval, une police politique et paramilitaire, une force de maintien de l’ordre contre les Résistants qualifiés de terroristes. Elle est reprise en main au début de 1944 par Joseph Darnand. Sa montée en puissance selon les historiens Robert Paxton et Stanley Hoffmann, marque la fascisation finale du régime de Vichy. La loi du 20 janvier 1944 a autorisé la Milice à constituer des cours martiales sommaires : trois juges, tous miliciens, siègent anonymement et prononcent en quelques minutes des condamnations à mort exécutables immédiatement. Un des chefs locaux, Charles Cordier, commande les miliciens cantonnés à la caserne de Lauwe de Montpellier. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

8

Auteur(s)

Christian ROCHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf