Le Voyage d’un orangeois : Jacques de la Pise, à l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert en 1573
Le Voyage d’un orangeois : Jacques de la Pise,
à l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert en 1573
En 1573, un jeune Orangeois passionné d’histoire fit un voyage de recherches à l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert dans la vallée de Gellone. Il s’appelait Jacques de la Pise. Né en 1550 ou 1551 1, il n’avait que vingt-deux ou vingt-trois ans à l’époque. Désirant faire un travail sérieux, il passa une semaine à examiner des documents concernant saint Guillaume, fondateur de l’abbaye et, d’après la tradition, premier prince d’Orange.
Ce voyage marqua le début des recherches historiques dont Joseph de la Pise, fils de Jacques, allait profiter pour rédiger son Tableau de l’histoire des princes et principauté d’Orange, paru en 1639 2. Se plaignant des imperfections du Tableau, Joseph déclare dans l’« Advertissement »
« Les memoires m’ont plutost defailli 3 ; que je n’ai failli aux memoires. Et nonobstant la poenible et curieuse 4 recerche qui en a esté faite par feu Mr. Jacques DelaPize mon Pere Secretaire de nos Princes en leur Estat et Principauté durant plus de soixante ans, desquelles il a supporté le faix et les frais, et celles que j’ai recueillies moi-mesmes de divers endroicts avec extreme peine et despence j’advoue qu’il m’en eut fallu beaucoup d’avantage, pour me satisfaire en des occasions dont je n’ai peu retirer la venté que par le poil » 5.
Le fils attire l’attention du lecteur sur le soin et le dévouement que son père apportait à ses recherches en indiquant que ni lui ni son père n’ont jamais été dédommagés de leurs frais ; mais, avant de quitter la Hollande, où il avait fait imprimer son livre, Joseph chercha à se faire rembourser par le prince Frédéric- Henri de Nassau en préparant une liste de ses dépenses et de celles de son père 6. Grâce à cette liste, qui date de 1640 7, nous connaissons les documents que Jacques de la Pise a vus et utilisés à l’abbaye après l’invasion huguenote de 1569 8.
Gaspard de la Pise, fils aîné 9 et secrétaire de Joseph, accompagna son père lorsque celui-ci se rendit en Hollande en 1636. Le père et le fils restèrent à la Haye jusqu’au 2 avril 1640 10, et c’est là où ils dressèrent la liste en question, qui est de la main de Gaspard à l’exception de quelques corrections et notes ajoutées par Joseph 11. Gaspard a dû recopier le compte des dépenses afin d’en envoyer un exemplaire au prince. L’exemplaire conservé à la Bibliothèque municipale d’Avignon figure parmi les pièces et les notes réunies par Gaspard pour servir à la correction et à la réimpression du livre de son père 12. On lit sur la page de titre d’un mémoire intitulé De la maison de Chalon : recherches par Jaques de la Pisé : « Veües et diligemment examinées pour l’augmentation de l’histoire d’Orange par moy, Gaspard de la Pize, son petit-fils èz années 1651 [sic] et 1656, cerchant à divertir mon esprit de l’extrême douleur et affliction de la mort de noble Joseph de la Pize, seigneur de Maucoil, mon bon père, avenüe le 15 novembre 1655 » 13. Malheureusement Gaspard mourut en 1666 avant de pouvoir atteindre son but.
Voici le titre et la préface du compte des dépenses, suivis des passages ayant trait aux documents de l’abbaye :
[fol. 548 r°] Roolle et parcelle 14 des frais, mises 15, despens et autres fournitures faictes pour l’assemblage des tiltres, documents, actes, penquartes 16, voyages et autres choses frayées 17 pour la compilation, dressement, composition de l’histoire des princes et principauté d’Orange, faits, fournis et frayés tant par feu Jaques de la Pise, vivant 18 secrétaire et greffier de Son Altesse en la principauté d’Orange, que par Joseph de la Pise, son fils et successeur.
Premièrement est à confidence que ledit feu Jaques de la Pise auroit de longue main ramassé plusieurs 19 mémoires, actes et instructions concernants l’estat d’Orange et les princes qui ont dominé en iceluy dont il auroit fait plusieurs gros registres, enregistrer 20 très grand nombre d’actes ensemble 21 un diaire 22 ou relation tant des choses anciennes que de celles qui sont advenues de son temps, tous lesquels grands recueils par luy dressés, feu Monseigneur le Prince Philippe-Guillaume 23 de très heureuse mémoire, estant à Orange en l’année 1607, auroit désiré qu’il en fût formé un corps d’histoire et pour cet effect auroit fait requérir par tierces personnes ledit de la Pise d’en remettre lesdits mémoires et papiers entre les mains des Jésuistes d’Avignon, lesquels les luy auroient demandé et offert de le desdommager et rembourcer des frais par luy faits, conformément aux intentions dudit seigneur prince. Mais ledit de la Pise, scachant bien qu’il y avoir parmi icelles plusieurs choses très importantes à l’estat et au prince dont la cognoissance estoit dangereuse à de telles personnes, les en auroit entièrement refusés et s’en seroit excusé envers ledit seigneur prince, lequel depuis estant venu à Orange en l’année 1615 auroit commandé à Joseph de la Pise, fils dudit Jaques, d’y travaill[er] 24 sur lesdits mémoires pour l’honneur de sa maison et de sa principauté avec promesse de recognoistre ses frais et travaux, lequel y satisfaisant auroit dèslors entreprins ledit ouvrage, formé le project et desseing et iceluy fait voir audit seigneur prince, lequel [fol. 548 vo] luy auroit confirmé sesdits ordres et promesses avant son départ. Et pour monter à la source dudit project, faut scavoir que ledit Jaques de la Pise dès l’an 1573 auroit commencé à recueillir les pièces suyvantes] 25 concernant ledit fait et pour icelle[s] 26 fart les voyages et fournitures suyvantes, les molles qu’il en a fait tenir en divers temps, sans plusieurs autres frais et paines icy non comprimes.
Actes, manuscriptz 27 et livres pour la vie du prince Guillaume au Cornet 28.
Premièrement pour recueillir de l’abbé du monastère Saint-Guillaume-le-Désert à deux journées d’Orange, fondé par nostre premier prince, Guillaume au Cornet, les actes suyvants de la vie dudit prince, ledit Jaques de la Pise se transporta audit monastère en l’année 1573, estant[t] 29 lors employé par le comte Ludovic, régent 30, pour instruire le sieur de Barchon, gouverneur d’Orange 31, des affaires dudit estat, et conféra avec ledit abbé l’espace d’une sepmaine pour tirer de luy ce qui suyt, ayant desbours[é] 32 du sien pour sa despense durant ledit temps ou pour deux journées à y aller et autant à revenir 40 livres 33.
Plus pour l’extraict d’un manuscript de la vie dudit prince dont l’origina[l] 34 de vielle et ancienne lettre gothique en latin est audit monastère, donné à un notaire appellé expressément de la ville d’Alès 35 à deux lieues de là, personne autre ne scachant lire ladite lettre, pour les paines nu pour ledit extraict 50 livres.
Plus pour l’extraict et copie d’un autre vieux manuscript de ladite vie dudit prince, en vers gaulois 36, trouvé dans ledit monastère, donné au facteur 37 d’iceluy 12 livres.
Plus pour la copie et extraict de la fondation de ladite abbaye faicte par ledit prince et par lequel on preuve sa souvaireneté sur ledit pays du 14 décembre en l’année 804, estant en latin, en parchemin et en vielle lettre, donné à l’archivaire 38 dudit convent 36 livres [fol. 549 r°].
Plus pour l’extraict et copie d’un autre vieux manuscript en vers gaulois, des miracles faits en sa vie par ledit prince Guillaume au Cornet, donné audit archivaire 10 livres.
Plus pour un mémoire d’une bulle du pape Alexandre par lequel ledit prince est qualifié sainct, donné audit archivaire 3 livres.
Plus pour prendre un mémoire d’une donation de l’année 808 faicte par l’empereur Louis le Débonnaire audit monastère dans laquelle est faicte honorable mention dudit prince fondateur, donné audit archivaire 5 livres 39.
Plus avant que partir dudit monastère, donné pour présent à l’abbé d’iceluy, en recognoissance de la faveur à moy faicte, une charge d’huyle portée de ma maison d’Alès 40, estimée lors 60 livres.
Le titre complet du Roolle et parcelle permet une datation assez précise du document puisque nous savons par ailleurs que Jo-seph de la Pise succéda à son père dans toutes ses charges le 20 mars 1640 41. Il s’ensuit que le document fut rédigé entre le 20 mars et le 2 avril, date à laquelle les deux La Pise quittèrent la Haye.
La préface nous renseigne sur les vicissitudes de la publication d’un ouvrage monumental. Quand le prince Philippe-Guillaume vint à Orange en 1607, il y avait trente-quatre ans que Jacques de la Pise ramassait des mémoires et des documents; mais il fallait en faire un livre. Pour protéger les intérêts de la principauté, ce chercheur infatigable ne voulait pas confier ses papiers aux Jésuites d’Avignon ; et son fils Joseph n’avait que quatorze ans à l’époque 42. En 1615, Philippe-Guillaume commanda à Joseph de rédiger l’ouvrage désiré et promit de le rembourser de ses frais. Ce prince mourut trois ans plus tard; et son successeur, Maurice de Nassau, décéda en 1625. Par conséquent, il incomba au prince Frédéric-Henri 43 de tenir la promesse de Philippe-Guillaume.
D’après le Roolle et parcelle, Jacques de la Pise obtint des copies de plus de deux cents documents. La plupart de ces copies sont perdues, mais deux registres et un assez grand nombre de mémoires sont conservés dans le grand recueil de Gaspard à Avignon, et on peut consulter le diaire aux Archives municipales d’Orange. Découvert en 1954 dans les papiers Gasparin au Musée d’Orange 44, le diaire 45 ne porte ni titre ni nom d’auteur; mais l’écriture est celle de Jacques de la Pise. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer ce texte avec deux documents du grand recueil : une lettre qu’il signa en 1603 46 et le manuscrit que Gaspard lui attribue en ces termes :
« Généalogie de la maison de Chalon de la main et facon de M. Jacques de la Pize, mon ayeul » 47. Le diaire de Jacques est bien une « relation tant des choses anciennes que de celles qui sont advenues de son temps ». Cette chronique débute par l’arrivée de saint Eutrope à Orange au premier siècle de notre ère 48 et se termine par des événements de 1564 49. En outre, les actes résumés ou édités par l’auteur figurent régulièrement dans le Roolle et parcelle ; et un grand nombre de passages sont tirés des notes que l’auteur a prises – gratuitement, paraît-il – sur le Livre blanc du vénérable chapitre de l’église cathédrale d’Orange 50. En comparant le manuscrit d’Orange avec ces notes qui font partie du grand recueil, on s’apercoit que celles marquées d’une croix ont été mises à contribution pour le diaire. Les documents d’Avignon donnent raison à Jacques de Font-Réaulx, qui a attribué le diaire à Jacques de la Pise en se fondant uniquement sur la fréquence avec laquelle Joseph a utilisé ce travail pour son histoire d’Orange, où il fait mention des recherches de son père. Suivant Font-Réaulx, j’appellerai ce texte les Mémoires de Jacques de la Pise 51.
Étant donné que Jacques de la Pise reproduit le testament de Tiburge Ire, princesse d’Orange 52, document qu’il avait fait copier en 1602 d’après le Roolle et parcelle 53, il a dû achever les Mémoires entre cette date et l’arrivée du prince en 1607.
Dans ses Mémoires, l’historien orangeois ne dit pas expressément qu’il est allé à Saint-Guilhem-le-Désert ; mais il donne quelques précisions sur l’église abbatiale. « Le temple est encor entier, affirme-t-il, et à la voûte y est le cornet, armoyries de la principauté d’Orenge » 54. Dans un livre paru en 1661, Gaspard de la Pise parle des armes que Guillaume au Cornet « fit relever en pierre au haut de la nef de l’Église & Abaije 55 qu’il fonda près d’Anagne en Languedoc à quinze lieues d’Orange, où elles paroissent encore » 56. Gaspard brode un peu sur les Mémoires de son grand-père. Guillaume vivait à l’époque préhéraldique, on commenca la construction de l’abbatiale actuelle plus de deux siècles après sa mort, et il n’y a jamais eu de sculptures sur la voûte romane de la nef. Il s’agirait plutôt d’une représentation sur toile ou d’une tapisserie ou d’une fresque que les Mauristes auraient badigeonnée au lait de chaux en 1701 57 et qui aurait disparu lors du décapage de la voûte il y a une trentaine d’années 58.
Guillaume au Cornet est le Guillaume al Cort Nes ou al Corb Nes des chansons de geste francaises et le Guillaume al Corb Nas ou al Cor Nier (« au Cor Noir ») de la tradition épique occitane. Le courbe nez est attesté avant le court nez ; et le cor de chasse des armoiries de la principauté paraît représenter le nez aquilin ou retroussé du Guillaume d’Orange qui, à tort ou à raison, est censé avoir pris la ville d’Orange aux Sarrasins au temps de Charlemagne. On a souvent attribué des armoiries à des personnages célèbres de l’époque préhéraldique, et c’est le cas ici 59.
Selon le Roolle et parcelle, Jacques de la Pise conféra avec l’abbé de Saint-Guilhem en 1573. S’agit-il de l’abbé commendataire, Claude Briconnet (ou Brissonet), ou du prieur claustral, dont le nom nous est inconnu ? Les abbés commendataires résidaient à Lodève 60, mais il n’est pas impossible que Briconnet soit venu à l’abbaye pour faciliter les recherches de l’Orangeois. On se demande si l’abbé ou son remplacant savait qu’il aidait un huguenot qui avait échappé au massacre des protestants à Orange en 1571 61 et qui travaillait pour le frère du prince Guillaume de Nassau. Puisque Guillaume le Taciturne et son frère Louis soutenaient activement la cause protestante, la situation ne manquait pas d’ironie. « Le temple est encor entier », dit Jacques dans ses Mémoires; mais il garde un silence éloquent sur tout ce qui a été détruit ou endommagé lors du passage de ses coreligionnaires. Toutefois il convient de signaler que Joseph, dans son histoire d’Orange, fait l’éloge de l’ordre de saint Benoît et, en particulier, de l’austérité bénédictine quand il approuve la règle à laquelle Guillaume s’est soumis 62. Il se peut que le fils ait adopté le point de vue du père.
Le premier document mentionné dans le Roolle et parcelle est une biographie latine de saint Guillaume. Il y a tout lieu de croire qu’il s’agit de la plus ancienne copie de la Vita sancti Willelmi. Cette copie de la biographie anonyme du saint est conservée dans un lectionnaire qui appartenait à l’abbaye de Saint-Guilhem et qui se trouve actuellement à la Bibliothèque municipale de Montpellier 63. Le lectionnaire date des environs de l’an 1100, d’après Jean Porcher 64. Dans le Tableau, Joseph de la Pise a recours à tous les textes guillaumiens recueillis par son père et surtout à la Vita, qu’il appelle « le MS. de sa vie qui est aux archifs de l’abbaye S. Guillaume en Languedoc » 65 : Joseph se réfère à ce texte quand il traite des sujets suivants 66 : les parents de Guillaume, sa naissance sous le règne de Pépin, sa vie à la cour de Charlemagne, les titres que Charlemagne lui confère et la mission qu’il lui confie, la prise d’Orange, le désir de la solitude et de la contemplation après une vie très mouvementée, la construction du monastère près d’Aniane, l’adieu à Charlemagne, le voyage de Guillaume à Brioude, où il dépose ses armes avant de se retirer dans le désert, la date de ses vœux monastiques, les robes de soie, les chapes et les ornements qu’il donne aux moines, l’intensité de sa vie spirituelle et son abaissement volontaire 67. L’extrait obtenu par Jacques a dû se composer d’une dizaine de passages dont la longueur est impossible à déterminer, en partie parce que Joseph a pu tirer des renseignements de textes dérivés de la Vita tels que l’Historia ecclesiastica d’Orderic Vital et le Speculum sanctorale de Bernard Gui, œuvres qu’il cite indirectement pour tous les détails biographiques à partir du « désir de la solitude » en disant : « Cecy est selon le MS. de sa vie qui se trouve dans les susdits archifs conforme à tous les auteurs qui en ont parlé » 68. Jacques s’était procuré l’ouvrage d’Orderic 69 et avait pris des notes sur un manuscrit toulousain du sanctoral 70. Bien que Bernard Gui offre une paraphrase du passage concernant le désir de la solitude et de la contemplation 71, il est intéressant de noter que cette partie de l’extrait se trouvait sur le feuillet qui manque actuellement entre les folios 191 v° et 192 r° du lectionnaire 72. Jacques a peut-être consulté le feuillet perdu. Puisque Bernard Gui acheva son sanctoral en 1329 quand il était évêque de Lodève depuis cinq ans 73, il est fort probable qu’il s’est fondé sur le manuscrit de Saint-Guilhem pour rédiger sa paraphrase.
Si l’on prend la description au pied de la lettre, le deuxième document utilisé par Jacques de la Pise est une traduction en vers et en vieux francais de la biographie latine de Guillaume, mais Joseph s’appuie sur ce poème pour dépeindre la victoire de Guillaume sur le géant Isoré devant Paris 74. « Cecy est tiré, dit-il, d’un MS. de la vie de Guillaume escrit en vers et en vieux Gaulois » 75. A moins que l’on n’ait inséré cet épisode dans un poème hagiographique, il s’agit probablement d’un manuscrit perdu de la chanson de geste intitulée le Moniage Guillaume, épopée qu’un chercheur pourrait prendre pour une traduction libre de la Vita. De toute facon, le texte en question n’était pas celui qui figure dans le manuscrit cyclique que Catel trouva à Saint-Guilhem en 1623 ou un peu plus tôt 76. Ce recueil, qui est conservé à la Bibliothèque nationale 77, renferme dix poèmes du cycle de Guillaume d’Orange. Imitant Catel, Joseph l’appelle le roman de la vie de Guillaume 78.
Il est certain, d’ailleurs, que Jacques n’a pas vu le manuscrit cyclique. Parlant de l’abbaye dans ses Mémoires, il fait la triste constatation que voici : « En ce lieu se voyoyt encores, avant les guerres civilles, les livres escripts à la main contenans en vieux langage les faictz et gestes de Guillaume; mais depuys ils ont été esgarés et perdus, comme aussi la mémoyre des successeurs de Guillaume » 79. Jacques ne fait que réviser un passage du Livre blanc… de l’église cathédrale d’Orange, achevé par le chanoine Jacques Isnard le 1er février 1561 80 : « …audict lieu sont certains livres escriptz à la main et en rithme 81 au langaige de Languedoc assés golphe 82 et rude, contenant le discours des choses faictes par ledict Guillaume » 83. Le manuscrit cyclique a dû être rendu aux moines ou retrouvé dans un coin de l’abbaye après les guerres de religion, mais les remarques d’Isnard laissent supposer que nous avons perdu un grand nombre de textes en ancien occitan.
Dans ses Mémoires, Jacques fait allusion aux miracles de saint Guillaume 84 Joseph en parle également dans son Tableau 85 et fait remarquer que « dans ce monastère il y à encor un vieux manuscript qui contient plusieurs miracles que Guillaume à fait durant sa vie » 86. Il doit s’agir de la traduction en vieux langage qui figure sur la liste des dépenses et qui ne nous est pas parvenue. Jacques ne semble pas avoir vu les miracles latins qui font partie du même lectionnaire que la Vita 87.
Tous les autres documents consultés par Jacques se trouvent dans le Cartulaire de Gellone 88, conservé actuellement aux Archives départementales de l’Hérault 89. Celui qui date de 804 est le testament ou acte de donation fabriqué par les moines pour démontrer leur indépendance de l’abbaye d’Aniane 90 joseph le commente de la manière suivante : « L’acte de sa fondation se trouve encor dans ce monastere au commencement duquel Guillaume se dit par la grace de Dieu Comte et par lequel il donne beaucoup de terres et seigneuries circonvoisinnes audit monastere qu’il possedoit sur la riviere d’Eraut et dans le diocese de Loudeve et Albigeois ce qui fait voir clairement qu’il faloit qu’il fut Comte de tout ce pays et qu’il le possedat en souveraineté » 91. Ce commentaire est intelligent, mais dépourvu de rigueur scientifique. La bulle du pape Alexandre II date de 1066. Joseph la signale à l’attention du lecteur afin de prouver que Guillaume était bien un saint de l’Église romaine 92. La donation de 808 est un précepte du roi Louis d’Aquitaine, le futur Louis le Débonnaire. Ce document, qui date en réalité de 807, est lui aussi un faux destiné à montrer que l’abbaye de Gellone n’était pas une simple cella de l’abbaye d’Aniane 93. « Cette donation se voit encor dans les archifs dudit monastère » 94, dit Joseph, qui la cite parce que Louis parle de Guillaume en termes élogieux 95.
Nous ne savons pas si Jacques s’est servi du Cartulaire ou de chartes isolées. D’après l’inventaire de 1783, des originaux du testament et de la donation se trouvaient encore à Saint-Guilhem à cette époque 96. Le prétendu original du testament est perdu; mais Révillout, qui l’édita en 1876 97, le trouvait bien postérieur au IXe siècle 98. C’est peut-être le document « en parchemin et en vielle lettre » dont parle le Roolle et parcelle. L’autre original, conservé actuellement aux Archives départementales de l’Hérault 99, est en réalité une copie du XIIe siècle 100. Quant au Cartulaire, les copies qui nous intéressent datent du XIe et du XIIe siècle 101. En général, les documents mentionnés ci-dessus ne sont pas plus faciles à déchiffrer que le manuscrit de la Vita ; mais celui-ci est en partie dégradé par un fréquent usage 102. Ce doit être l’état du manuscrit qui a obligé les moines à avoir recours à un notaire venu d’ailleurs, à moins que Jacques n’ait utilisé une copie qui a disparu.
Le voyageur orangeois a bien récompensé son hôte en lui faisant envoyer une charge d’huile d’olive. A Béziers, par exemple, la charge contenait 182 litres 103, et à Montpellier, environ 150 104. A en juger par les prix de l’huile au marché de Béziers dans les dernières années du XVIe siècle 105, la charge d’Alès contenait au moins 182 litres et peut-être davantage.
Le Roolle et parcelle en dit long sur le coût des recherches au XVIe et XVIIe siècles. Après le voyage à Saint-Guilhem et un voyage à Toulouse, il est question de dix-neuf livres que Jacques de la Pise a achetés pour la somme de 180 livres 106. Puisque les titres des ouvrages sont indiqués, on peut estimer qu’un in-folio d’environ 600 pages tel que l’Histoire véritable de la ville de Lyon de Claude de Rubys 107 ou l’Histoire des comtes de Tolose de Guillaume de Catel 108 coûtait 9 ou 10 livres. Un in-folio comme les Annales de Bourgogne de Guillaume Paradin 109, qui comptent 943 pages, aurait coûté un peu plus; tandis qu’un in-quarto d’environ 600 pages comme la Description de toute l’isle de Cypre du père Étienne de Lusignan 110 valait peut-être 6 livres. A en juger par les registres du libraire Nicolas à Grenoble, ces prix étaient normaux au milieu du XVIIe siècle 111. Les copies de documents étaient souvent plus chères que les gros livres non seulement en Languedoc mais aussi en Provence, dans le Dauphiné, en Bourgogne et en Franche-Comté 112 ; et les frais de voyage pourraient s’élever à 10 livres par jour. Par contre, en 1573, Louis de Nassau offrait des bourses de 50 livres par an à quatre étudiants pauvres de l’Université d’Orange 113 et, à la même époque, le salaire annuel d’un professeur à la Faculté des Arts de l’Université de Paris pourrait varier de 60 à 3 000 livres. Tout dépendait du nombre d’étudiants qu’il attirait dans ses cours 114. Il ressort de ces chiffres que les recherches étaient réservées aux riches et aux chercheurs qui avaient trouvé des mécènes. Un grand nombre de documents ont disparu, mais ceux que nous possédons encore sont beaucoup plus accessibles qu’ils ne l’étaient du vivant de Jacques de la Pise.
Notes
1. W. F. Leemans et Elisabeth Leemans, née Prins, La Noblesse de la principauté d’Orange sous le règne des Nassau et ses descendants aux Pays-Bas, Publications de la Société royale de Généalogie et d’Héraldique des Pays-Bas, 1 (La Haye Société royale de Généalogie et d’Héraldique des Pays-Bas, 1974), p. 346.
2. Joseph de la Pise, Tableau de l’histoire des princes et principauté d’Orange (La Haye Théodore Maire, 1639). Ce livre fut réimprimé en 1640 et 1641.
3. J’ai conservé le point-virgule après defailli parce que je reproduis les textes imprimés sans aucun changement ; mais, lorsqu’il me faut citer un manuscrit, je résous les abréviations – d’ailleurs, peu nombreuses – et modernise la ponctuation, les signes diacritiques et l’emploi des majuscules.
4. « Minutieuse ». Voir Jean Dubois, René Lagane et Alain Lerond, Dictionnaire du francais classique (Paris : Larousse, 1971), s.v. curieux.
5. Tableau, p. [XI]-[XII].
6. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2913, fol. 548 r°-564 r°.
7. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2913, fol. 569 v°.
8. Je donne sous toutes réserves la date indiquée par dom Joseph Sort dans ses Annales Gellonenses seu monasterii Sancti Guillelmi de Desertis ordinis Sancti Benedicti congregationis Sancti Mauri (Montpellier, Archives départementales de l’Hérault, ms. 5 H 6), p. 321-323. Cf. l’abbé Léon Vinas, Visite rétrospective à Saint-Guilhem-du-Désert : monographie de Gellone (Montpellier / Paris, 1875 ; réimp. Marseille, 1980), p. 145-146 et Jean-Claude Richard, « La communauté protestante de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) au XVIe siècle », Actes du 110e Congrès National des Sociétés Savantes, Montpellier 1985, section d’histoire moderne et contemporaine, II, Histoire du Languedoc, Paris, 1985, p. 31-36.
9. Leemans, La Noblesse, p. 348-349.
10. Joseph de la Pise, Journal de la despence que j’ay faite depuis ma sortie d’Orange que [sic] fut le sixyesme de novembre mil six centz trente six jusques au second d’apvril 1640 (Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2912), fol. 48 r°, 58 r°.
11. Pour des échantillons de l’écriture de Gaspard et de Joseph, voir les lettres qu’ils signèrent le 4 et le 5 mai 1641 (Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2914, fol. 843 r°-844 r°, 845 r°-v°). Gaspard signe Maucoil parce qu’il s’appelait seigneur de Maucoil. Il copia non seulement le Roolle et parcelle mais aussi le Journal de la despence, Cité plus haut, n. 10.
12. Avignon, Bibliothèque municipale, mss. 2912-14.
13. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2912, fol. 64 r°.
14. « Décomposition, décompte », d’après le contexte. Joseph a écrit au dos de la pièce : « Parcelle et déclaration des frais et despans faitz en l’histoire d’Orange » (fol. 569 v°).
15. « Dépenses » (Dubois et al., Dictionnaire, s.v. mise).
16. « Chartes ». Voir Edmond Huguet, Dictionnaire de la langue francaise du seizième siècle, t. V (Paris : Didier, 1961), s.v. pancharte.
17. « Payés » (Dubois et al., Dictionnaire, sv. frayer).
18. « De son vivant », d’après le contexte.
19. « Un grand nombre ». Voir Gaston Cayrou, Le Francais classique : lexique de la langue du XVIIe siècle (Paris Didier, 1948), s.v. plusieurs.
20. Cet infinitif dépend de « auroit fait ».
21. « En même temps que, aussi bien que » (Dubois et al., Dictionnaire, s.v. ensemble).
22. « Journal » (Huguet, Dictionnaire, t. III (Paris : Didier, 1946), 5v. diaire).
23. Philippe-Guillaume de Nassau, prince d’Orange de 1584 à 1618.
24. Le bord de la page étant endommagé, j’ai dû suppléer les lettres er.
25. J’ai suppléé les lettres cachées par la reliure.
26. Ms. : icelle.
27. Le mot manuscriptz a été ajouté par Joseph.
28. Gaspard a transcrit cette rubrique sur la marge de gauche. Elle s’applique à certains livres que son grand-père s’est procurés (Roolle et parcelle, fol. 549 v°) et à des documents que celui-ci a trouvés dans les lieux suivants :Saint-Guilhem, Orange, Toulouse, Uzès et Moissac (fol. 548 v°-549 v°).
29. Le t est caché par la reliure.
30. Louis de Nassau, régent de la principauté d’Orange de 1569 à 1574 sous le règne de son frère, Guillaume de Nassau, dit Guillaume le Taciturne, prince d’Orange de 1544 à 1584. Sur les dates de la régence, voir le comte Antoine de Pontbriant, Histoire de la principauté d’Orange (Avignon, 1891 ; réimp. Marseille Laffitte Reprints, 1980), p. 101, 127.
31. Guillaume de Barchon, seigneur de Neufmeny, gouverneur de la principauté de 1571 à 1578. Voir Leemans, La Noblesse, p. 97.
32. La voyelle finale est cachée par la reliure.
33. En principe, il s’agit de livres tournois. Sur l’abandon de la livre parisis au XVIe siècle, voir Henri Hauser, Recherches et documents sur l’histoire des prix en France de 1500-1800 (Paris : Les Presses Modernes, 1936), p. 34.
34. La consonne finale est cachée par la reliure.
35. Erreur pour Aniane, selon toute vraisemblance. La longueur probable de l’extrait et la somme exigée incitent à penser que le notaire n’est pas venu d’Alès, qui est presque aussi loin de Saint-Guilhem que la ville d’Orange. En outre, M. Jean-Claude Richard (lettre du 17 juillet 1989) m’a signalé qu’il y avait un fort établissement de notaire à Aniane.
36. « Francais », mais il s’agit d’un francais suranné. Voir Dubois et al., Dictionnaire, s.v. gaulois.
37. « Faiseur » (Huguet, Dictionnaire, t. IV [Paris Didier, 1950], s.v. facteur).
38. « Archiviste ». Voir Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue francaise et de tous ses dialectes, t. I (Paris Vieweg, 1880), s.v. archivaire.
39. Joseph a griffonné sur la marge de gauche : « Prestés [= prêtez] tous lesdits actes à Monsieur de Peiresc » ; et un long trait qui sert d’accolade indique qu’il s’agit des six documents trouvés à Saint-Guilhem. Joseph était en contact avec Peiresc en 1631, d’après une lettre de l’historien orangeois au grand savant (Carpentras, Bibliothèque inguimbertine, ms. 1863, lettre du 6 août 1631, fol. 344 r°-345 r°); et, au moment de sa mort en 1637, celui-ci travaillait encore à son Discours historique de la noblesse de Provence. Ayant quitté la principauté, Joseph a bien pu écrire cette note avant d’apprendre que son correspondant n’était plus de ce monde. Sur la rédaction du Discours, voir Nicolas Claude Fabri de Peiresc, Abrégé de l’histoire de Provence et autres textes inédits, éd. Jacques Ferrier et Michel Feuillas (Avignon : Aubanel, 1982), p. 13.
40. Cette maison à Alès n’est pas mentionnée par les Leemans dans leur notice biographique sur Jacques de la Pise (La Noblesse, p. 346-347).
41. Leemans, La Noblesse, p. 347. Mais Jacques mourut bien avant cette date. Joseph parle de feu mon père dans la lettre qu’il écrivit à Peiresc le 6 août 1631 (Carpentras, Bibliothèque inguimbertine, ms. 1863, fol. 344 v°). Par contre, Jacques vivait encore le 15 novembre 1626, quand le prince Frédéric-Henri érigea Maucoil en « fief noble » (Leemans, La Noblesse, p. 347).
42. Joseph naquit en 1593 (Leemans, La Noblesse, p. 348).
43. Prince d’Orange de 1625 à 1647.
44. Jacques de Font-Réaulx, « Le Trésor des chartes des Baux », Provence Historique, 4 (1954), 147, et idem, « Le Testament de Tiburge d’Orange et la cristallisation de la principauté », dans Mélanges Busquet : questions d’histoire de Provence (XIe-XIXe siècles), Provence Historique, fasc. hors série, déc. 1956 (Vaison-la-Romaine : Macabet Frères, 1956), p. 45.
45. Orange, Archives municipales, II, fiche de dépouillement 15.
46. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2914, fol. 386 r°.
47. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2913, fol. 21 v°.
48. P. 1. Les pages 1-21 sont numérotées ; la foliotation commence à la page 5 (= fol. 1 r°).
49. Fol. 287 r°.
50. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 2912, fol. 152 r°-201 r°. Le Livre blanc est conservé aux Archives départementales de Vaucluse (ms. 5 G 75).
51. « Le Trésor », p. 147.
52. Mémoires, fol. 10 r°-11 r°.
53. Roolle et parcelle, fol. 551 v°.
54. P. 14 (= 5 v°).
55. Dans le manuscrit du Roolle et parcelle, Gaspard écrit abbaÿe (fol. 548 v°). L’imprimeur hollandais a dû prendre un ÿ manuscrit pour un ij.
56. Gaspard de la Pize, Prééminences, prérogatives et dignités des sérénissimes princes d’Orange (La Haye : Adrian Vlacq, 1661), p. 33.
57. Dom Joseph Sort, Annales, p. 403. Cf. Émile Bonnet, « L’Église abbatiale de Saint-Guilhem-le-Désert », 73e Congrès archéologique de France (Carcassonne et Perpignan, 1906) (Paris/Caen : Picard/Delesques, 1907), p. 394-395.
58. Je voudrais remercier M. Jean-Claude Richard et M. Robert Saint-Jean de m’avoir offert leurs conseils en ce qui concerne le cornet sur la voûte de la nef.
59. Sur le cor et le nez de Guillaume, voir Alice M. Colby-Hall, « L’Héraldique au service de la linguistique : le cas du cornier de Guillaume » dans Xe Congrès international de la Société Rencesoals pour l’Étude des Épopées romanes, Strasbourg 1985, Senefiance, 20-21 (Aix-en-Provence : Publications du CUER MA, Université de Provence, 1987), t. I, 383-397.
60. Robert Saint-Jean, « Une abbaye de l’ancien diocèse de Lodève Saint-Guilhem-le-Désert », dans Un diocèse languedocien : Lodève, Saint-Fulcran, dir. Jean Mercadier (Millau : Maury, 1975), p. 130. Pour une liste des abbés de cette époque, voir l’abbé Vinas, Visite rétrospective, p. 181.
61. Pontbriant, Histoire de la principauté d’Orange, p. 109-112, et Leemans, La Noblesse, p. 346.
62. Tableau, p. 53.
63. Ms. 16.
64. Dix siècles d’enluminure et de sculpture en Languedoc : Toulouse, Musée des Augustins, 1954-55, 2e éd. (Toulouse : Imprimerie Fournié, 1954), n° 22. Cette exposition a été organisée par Jean Porcher et Paul Mesplé. Julien Cain explique dans sa Préface (p. VIII) que c’est Porcher qui a préparé les notices du catalogue des manuscrits.
65. Tableau, p. 51, n. a.
66. Acta sanctorum Bollandiana, mai, t. VI, 811-818 (§§ 3-10, 14,20-21, 23, 26-28), 820 (§ 32).
67. Tableau, p. 51-54. Joseph parle aussi des sœurs de Guillaume, « Aldana et Bertrande qui se rendirent religieuses à son imitation » (p. 54); mais l’orthographe des noms propres indique qu’il a tiré ce renseignement d’un ouvrage de Guillaume de Catel. Ce dernier fait mention des sœurs « Aldane » et « Bertrande » dans ses Mémoires de l’histoire du Languedoc (Toulouse Pierre Bosc, 1633), p. 569. D’après la Vita (Acta sanctorum Bollandiana, mai, t. VI, 813, § 11), les sœurs s’appellent Albana (= Albane ou Aube) et Bertana (= Bertane ou Berthe).
68. Tableau, p. 53, n. b.
69. Roolle et parcelle, fol. 549 v°.
70. Roolle et parcelle, fol. 549 r° : « Plus pour mémoire prinse dans le Convent des Pères de Sainct-Dominique audit Tolose d’un certain sanctorale manuseript faisant mention dudit prince et de la donation à luy faicte de la ville d’Orange, donné à l’archivaire dudit convent 18 livres ». Dans son Histoire des comtes de Tolose (Toulouse : Pierre Bosc, 1623), p. 46-47, Guillaume de Catel parle du même manuscrit en indiquant le nom de l’auteur. Il doit s’agir de la copie cotée 480-481 à la Bibliothèque municipale de Toulouse.
71. Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 297 (Bernard Gui, Sanctoral, quatrième partie), fol. 92 v°.
72. La numérotation a été décalée d’un folio après la perte du feuillet en question. Mabillon (Acta sanctorum ordinis Sancti Benedicti, saec. IV, t. I, 74) a tort de dire que deux feuillets ont été arrachés.
73. Jean-Marie Carbasse, « Bernard Gui, évêque de Lodève (1324-1331) », dans Bernard Gui et son monde, Cahiers de Fanjeaux, 16 (Toulouse : Privat, 1981), p. 345.
74. Tableau, p. 52.
75. Tableau, p. 52, note marginale.
76. Histoire des comtes de Tolose, p. 50.
77. Paris, Bibliothèque nationale, fonds francais 774. Ce manuscrit a été identifié par Hermann Suchier, « Le Manuscrit de Guillaume d’Orange anciennement conservé à Saint-Guillem-du-Désert », Romania, 2 (1873), 335-336.
78. Tableau, p. 51, n. b.
79. Mémoires, p. 14 (= fol. 5 v°).
80. Livre blanc, fol. 104 r° « L’an à Noël mille cinq cens soixante un ».
81. En riehme = en rime « en vers ». Voir Huguet, Dictionnaire, t. VI (Paris : Didier, 1965), s.v. rime 1, Dubois et al., Dictionnaire, s.v. rime et Paul Zumthor, Langue, texte, énigme (Paris : Seuil, 1975), p. 125-143.
82. Golphe ou golfe est la forme languedocienne du mot francais goffe « rude, grossier ». Voir Frédéric Mistral, Lou Tresor dòu Félibrige (Aix-en-Provence : Remondet-Aubin, 1879-87), t. II, s.v. gofe ; Walther von Wartburg, Französisches Etymologisches Wörterbuch, t. IV (Bâle Helbing et Lichtenhahn, 1952), s.v. guff- ; et Huguet, Dictionnaire, t. IV (Paris : Didier, 1950), s.v. goffe 2.
83. Livre blanc, fol. 36 r°-v°.
84. Mémoires, p. 14 (= fol. 5 v°).
85. Tableau, p. 54.
86. Tableau, p. 54, note marginale.
87. Fol. 210 r°-216 r°.
88. Cartulaire des abbayes d’Aniane et de Gellone publiés d’après les manuscrits originaux, t. I Cartulaire de Gellone, éd. Paul Alaus, l’abbé Léon Cassan et Edmond Meynial (Montpellier: Jean Martel aîné, 1898), p. 1-2, 144-145, 209-210.
89. Montpellier, ADH, 5 H 8.
90. Pierre Tisset, L’Abbaye de Gellone au diocèse de Lodève des origines au XIIIe siècle (Paris : Librairie du Recueil Sirey, 1933), p. 47-56.
91. Tableau, p. 53, note marginale.
92. Tableau, p. 54.
93. Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 59-61.
94. Tableau, p. 54, n. b.
95. Tableau, p. 54.
96. Montpellier, Archives départementales de l’Hérault, 5 H 1, fol. 2 r°.
97. Charles-Jules Révillout, « Étude historique et littéraire sur l’ouvrage latin intitulé : Vie de saint Guillaume », Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, 1re série, 6 (1876), 560-567.
98. « Étude historique », p. 563.
99. Montpellier, ADH, 5 H 11.
100. Éd. Révillout, « Étude historique », p. 569-570. Sur la date de la copie et les éditions antérieures, voir Tisset, L’Abbaye de Gellone, p. 59.
101. Tisset, p. 47 et p. 59, n. 87.
102. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements, t. I (Paris : Imprimerie nationale, 1849), p. 264.
103. Emmanuel Le Roy-Ladurie, Les Paysans de Languedoc (Paris S.E.V.P.E.N., 1966), t. II, 823.
104. Ronald E. Zupko, French Weights and Measures before the Revolution : A Dictionaiy of Provincial and Local Units (Bloomington, Indiana Indiana University Press, 1978), s.v. charge.
105. Le Roy-Ladurie, Les Paysans de Languedoc, t. II, 823.
106. Roolle et parcelle, fol. 549 v°.
107. Claude de Rubys, Histoire véritable de la ville de Lyon (Lyon Bonaventure Nugo, 1603).
108. Toulouse : Pierre Bosc, 1623.
109. Guillaume Paradin de Cuyseaulx, Annales de Bourgogne (Lyon Antoine Gryphius, 1566).
110. Description de toute l’isle de Cypre et des roys, princes et seigneurs, tant payens que chrestiens, qui ont commandé en icelle (Paris : G. Chaudière, 1580). Il se peut que Jacques ait obtenu l’édition qui parut sous le titre Histoire générale des royaumes de Hierusalem, Cypre, Arménie et lieux circonvoisins (Paris : Robert Fouet, 1604). Le titre indiqué dans le Roolle et parcelle est simplement Histoire de Chypre.
111. H.-J. Martin et M. Lecocq, Livres et lecteurs à Grenoble : les registres du libraire Nicolas (1645-1668), Centre de Recherches d’Histoire et de Philologie de la IVe Section de l’École pratique des Hautes Études, VI : Histoire et Civilisation du Livre, 10 (Genève : Droz, 1977), t. I, 69-74.
112. Roolle et parcelle, passim (Languedoc, Provence et Bourgogne) ; fol. 554 v°, 559 r°, 560 r°, 562 v°-563 r° (Dauphiné) ; fol. 562 r°-v°, 563 v° (Franche-Comté).
113. Mireille Vidor-Borricand, Une université méconnue : l’Université d’Orange (Aix-en-Provence : Éditions Borricand, 1977), p. 24.
114. David T. Pottinger, The French Book Trade in the Ancien Régime (1500-1791) (Cambridge, Massachusetts : Harvard University Press, 1958), p. 352. Cf. Laurence W. B. Brockliss, French Higher Education in the Seventeenth and Eighteenth Centuries : A Cultural History (Oxford : Clarendon Press, 1987), p. 48-49.
