Le syndicalisme ouvrier dans le bassin industriel de Bédarieux (1910-1914)
Le syndicalisme ouvrier dans le bassin industriel de Bédarieux (1910-1914) 1
* Professeur d’Histoire au Lycée Arcisse de Caumont, Bayeux.
p. 245 à 251
1910 ne constitue pas la date de naissance du syndicalisme dans le bassin industriel de Bédarieu 2. Il y a déjà eu des expériences syndicales dans ce bassin où deux pôles coexistent. Autour de la cité manufacturière de Bédarieux (où l’industrie textile domine d’autres petites unités industrielles) se trouve une série de villages miniers : Graissessac, Camplong, Le Bousquet-d’Orb, La Tour-sur-Orb et Plaisance.
Une population ouvrière très importante est donc présente dans le bassin. On y trouve près de 1 300 mineurs et 300 ouvriers du textile vers 1910.
En ce qui concerne le mouvement syndical, il s’est imposé de manière différente entre les villages miniers et Bédarieux. Dans un premier temps, le syndicalisme ne s’est développé que dans le bassin minier. En effet, à partir de 1891, les mineurs ont créé dans plusieurs communes des syndicats. Le mouvement s’est alors rapidement étendu à une très grande partie du bassin minier et est vite devenu revendicatif 3. Les mineurs puis les verriers du Bousquet-d’Orb déclenchent en effet deux longues grèves 4. L’échec de ces deux conflits marque le déclin de l’influence des syndicats du bassin minier jusqu’en 1910.
Une seconde phase de syndicalisation se produit cette fois à Bédarieux avec la création en 1904 d’une Bourse du Travail. Celle-ci connaît un développement difficile jusqu’en 1910, souffrant à la fois de la faiblesse des effectifs de ses syndicats et de l’absence de participation d’une grande partie de la population ouvrière du bassin industriel.
Deux mouvements syndicaux se sont donc développés de manière distincte jusqu’en 1910. L’intérêt de cette brève période 1910-1914 est non seulement la renaissance dans chacun des deux pôles d’un véritable mouvement syndical mais surtout leur union au sein de la Bourse du Travail de Bédarieux.
La renaissance syndicale dans le bassin industriel
La reprise de la syndicalisation s’effectue tout d’abord à Bédarieux pour toucher ensuite les mineurs de Graissessac puis ceux du Bousquet-d’Orb. Les raisons de cette reprise sont particulières à Bédarieux comme elles le sont pour le bassin minier.
De nouveaux syndicats à Bédarieux
La reprise du mouvement syndical s’effectue en deux temps. L’année 1910 voit tout d’abord la création de trois nouveaux syndicats, rejoints ensuite par deux autres au sein de la Bourse du Travail en 1911 et 1912.
En 1910, les trois corporations qui fondent de nouveaux syndicats ne sont pas des néophytes du mouvement syndical local. Elles avaient en effet déjà tenté une première syndicalisation entre 1904 et 1910, qui avait échoué assez rapidement, faute de mobilisation ouvrière.
En septembre 1910 renaissent alors un syndicat d’ouvriers agricoles, un syndicat d’ouvriers biscuitiers 5 et un syndicat d’ouvriers tanneurs. Ces nouveaux syndicats se mettent en place avant le changement de l’équipe dirigeante de la Bourse du Travail qui s’opère lors de l’assemblée générale du début d’année 1911. Augé devient alors secrétaire général de la Bourse du Travail et le restera jusqu’en 1914. Les nouveaux syndicats comptaient en fait dans leur sein des membres du futur conseil d’administration de la Bourse du Travail, ainsi Augé (trésorier du syndicat des ouvriers tanneurs en 1910) 6. Cette nouvelle génération de syndicats et de militants, qui prend alors le relais des syndicats « moribonds » d’avant 1910, est à la base du renouveau du syndicalisme à Bédarieux.
Ces nouveaux militants se caractérisent notamment par leur engagement politique, ce qui constitue une nouveauté. Après l’arrivée d’Augé au poste de secrétaire général, le bureau de la Bourse du Travail adhère dans son intégralité à la S.F.I.O. L’organisation socialiste, jusqu’alors absente du bassin industriel, s’implante aux alentours de 1910 7. Au-delà des militants, elle attire des électeurs, comme le montre la progression des voix S.F.I.O. de 1906 à 1914.
En 1914, toutes ces communes donnent la majorité au candidat S.F.I.O. 9 La plus importante des sections socialistes récemment constituées est celle de Bédarieux avec 32 adhérents en 1913, suivie par Graissessac (14 adhérents), Camplong (13 adhérents) et La Tour-sur-Orb (9 adhérents). Par les effectifs, la section de Bédarieux est alors la sixième du département et est dirigée par Bénézech, le futur maire de la ville 10. La S.F.I.O., bien implantée dans le bassin industriel, prend une part importante dans le mouvement ouvrier local. L’adhésion de militants syndicaux au parti à Bédarieux (mais aussi à Graissessac) confirme l’orientation réformiste du syndicalisme du bassin industriel.
Sous la direction de sa nouvelle équipe, la Bourse du Travail accueille deux nouveaux syndicats. Celui des ouvriers plâtriers, créé le 28 mars 1911 à la suite d’une grève, adhère aussitôt à la Fédération générale du Bâtiment-C.G.T. et participe à tous les services de la Bourse du Travail (enseignement, mutualité). Ayant regroupé la totalité des ouvriers plâtriers de Bédarieux, il a des effectifs stables de 1911 à 1914.
Le 10 août 1912, c’est au tour des ouvriers métallurgistes de former à nouveau un syndicat « en vue de revendications et [d’] améliorations à apporter dans les conditions de travail » et dans un « but de solidarité et de groupement des ouvriers » 11.
Ainsi avec l’apport de cette dernière phase de syndicalisation (cinq syndicats sont créés entre 1910 et 1912), la Bourse du Travail a retrouvé dès 1911 son niveau de 1904. En 1914, elle rassemble 200 syndiqués (si l’on ne prend pas en compte les mineurs), niveau qu’elle n’avait jusqu’alors jamais atteint. Grâce à la création de ces nouveaux syndicats, la transition avec les « anciens » syndicats (le syndicat des maçons et celui des carriers disparaissent respectivement en 1910 et 1911) a pu être faite et la continuité de l’action de la Bourse du Travail est ainsi assurée.
La Bourse du Travail ne bénéficie depuis sa fondation en 1904 d’aucun soutien de la part de la mairie radicale de Bédarieux. Il faudra pour cela attendre l’élection de Bénézech à la mairie en 1919 pour que la Bourse du Travail obtienne une subvention municipale de 500 francs 13 venant s’ajouter à celle du département, 1 000 francs.
La Bourse du Travail continue par ailleurs sa politique d’enseignement et de mutualité. Comme avant 1910, tous les syndicats affiliés utilisent ses services, que ce soit pour le placement, les secours, la bibliothèque ou les cours professionnels.
La bibliothèque continue à se développer: de 1910 à 1914, le nombre des volumes passe de 100 à 250. Les cours professionnels réapparaissent. Ainsi en 1910 et 1911, deux sont organisés pour les caissiers d’une part, pour les tanneurs et les biscuitiers d’autre part 14. Ils ne concernent toutefois qu’une douzaine d’élèves.
La mutualité, quant à elle, constitue toujours une des priorités de la Bourse du Travail qui consacre, en 1910, 300 francs à la caisse de chômage et au secours de route. L’activité du bureau de placement reste limitée avec par exemple en 1910 vingt-cinq demandes et seize offres d’emploi, et seulement six placements à demeure et dix à la journée. La Bourse du Travail consacre encore à ce service 10% de son budget de 1912 15.
La faiblesse des chiffres incite à ne pas exagérer l’influence de ce nouveau mouvement syndical : les adhérents semblent peu intéressés, mis à part quelques militants dynamiques et ambitieux. La nouvelle direction, même plus active que la précédente, doit toujours composer avec l’état d’esprit particulier des ouvriers bédariciens. En effet dans la seule grande industrie encore présente à Bédarieux – le textile -, divers facteurs (paternalisme patronal, crise économique, forte part du travail féminin) détournent la plupart des ouvriers de la participation au mouvement syndical.
Cela n’est certes plus le cas des mineurs dont le syndicalisme connaît un essor plus massif.
La renaissance des syndicats d'ouvriers mineurs
C’est autour des deux principaux centres d’extraction (Graissessac et Le Bousquet-d’Orb) que se recrée un mouvement syndical fort.
Le syndicat de Graissessac, après avoir failli disparaître en 1910, voit ses effectifs augmenter à nouveau en 1911 et 1912 et lui rendre une certaine représentativité. D’ailleurs, dès 1910, les mineurs semblaient vouloir reprendre leurs affaires en main en créant une coopérative de consommation à Graissessac, que suivent deux fondations semblables à Camplong et Saint-Étienne-Estréchoux en 1912 16.
Parmi les facteurs explicatifs, il faut d’abord citer le nouvel essor du mouvement syndical au niveau national 17. Le syndicat, adhérent de la Fédération des Mines, Minières et des Carrières 18 créée au sein de la C.G.T. en 1911 19, a certainement bénéficié de la propagande confédérale. Les influences externes sont toujours plus fortes dans le bassin houiller qu’à Bédarieux, grâce au corporatisme des mineurs.
D’autre part, l’éloignement de l’échec de la grande grève de 1894 amoindrit la défiance envers le syndicalisme. L’activité syndicale de Graissessac (et du bassin dans son ensemble) est désormais liée au sort national des mineurs français. Cela sera particulièrement visible lors des conflits. Le syndicat participe à nouveau aux congrès de sa Fédération, preuve de vitalité. En 1913, il reçoit à cet effet de la mairie la somme de 50 francs pour le congrès de la Fédération du Sous-Sol à Alais 20. Pour le congrès suivant, à Liévin en mars 1914, la subvention municipale s’élève à 100 francs 21.
Mais le fait véritablement nouveau pour les mineurs de Graissessac est dans l’adhésion à la Bourse du Travail de Bédarieux 22, où ils sont rejoints par leurs camarades du Bousquet-d’Orb.
Le nouveau syndicat des mineurs du Bousquet-d’Orb, créé le 31 mars 1912, est déclaré le 11, mai 1912 23, date doublement symbolique puisque le premier syndicat local de mineurs avait été fondé le 1er mai 1891. Il compte aussitôt 128 membres et s’organise rapidement (bibliothèque, secours de route 24). Ses statuts 25 permettent de se rendre compte que l’organisation est sensiblement la même qu’en 1891 même si les revendications et les objectifs ont évolué, notamment en ce qui concerne le refus des baisses de salaire.
Le recrutement (art. 8) est large : tout ouvrier des mines (fond et extérieur) ou des industries similaires du Bousquet-d’Orb peut adhérer, même les enfants de moins de 16 ans munis d’une autorisation parentale. Peu nombreuses, les restrictions sont significatives : tout nouvel adhérent doit être approuvé par 2/3 des membres du bureau et tout ouvrier accédant à un poste de maîtrise est automatiquement démissionnaire (ce qui garantit un recrutement exclusivement ouvrier et révèle une conscience de classe). Les cotisations sont dans la moyenne nationale : cinquante centimes par mois après règlement d’un droit d’entrée d’un franc cinquante.
La direction (art. 14) est assurée par une « Chambre Syndicale » de 21 membres élus pour un an et renouvelables chaque semestre par moitié. Elle se réunit une fois par mois et délègue ses pouvoirs à un bureau de sept membres 26. Celui-ci tient une réunion hebdomadaire sous la présidence du président du syndicat. L’assemblée générale a lieu chaque trimestre (art. 29), une fréquence plus élevée que dans l’ancienne organisation (tous les six mois).
La complexité relative de ces statuts et le renouvellement des objectifs permettent de penser que, là encore, l’influence externe a été importante, comme le montrent l’adhésion immédiate à la C.G.T. et à la Fédération du Sous-Sol et la participation, aux côtés du syndicat de Graissessac, au Congrès d’Alais en 1913. La création a certainement été favorisée par la propagande cégétiste reçue directement ou par l’intermédiaire du syndicat de Graissessac.
Un dernier point a son importance. Le syndicat du Bousquet-d’orb dispose désormais d’une aide de la mairie. Si la somme reçue en 1914 est modique – 20 francs -, c’est la première fois qu’une subvention est accordée à un syndicat par la municipalité du Bousquet-d’Orb. Comme à Graissessac, cette innovation correspond à un changement d’attitude des conseils municipaux dont la composition n’a pourtant guère varié depuis 1894.
La renaissance d’un syndicat au Bousquet-d’Orb ne signifie pas pour autant qu’un mouvement général de syndicalisation se mette en place dans cette commune : les verriers y sont en effet totalement insensibles.
Les verriers avaient joué un rôle primordial dans la première phase de syndicalisation du bassin houiller, principalement grâce à l’aide de leurs camarades de Carmaux qui appartenaient à la même entreprise. L’échec de la grève de 1895, l’introduction du machinisme et la perte d’influence du syndicat de Carmaux avaient alors signifié un déclin irrémédiable qui, à l’inverse des mineurs, n’est pas enrayé par le mouvement général de syndicalisation du bassin industriel vers 1910.
Les verriers forment donc désormais une corporation très calme. D’ailleurs, Rességuier, l’administrateur des verreries de Carmaux et du Bousquet-d’Orb, est très attentif au sort de ses ouvriers, afin de faire obstacle à toute velléité de reprise du mouvement syndical. Son paternalisme s’affirme lorsqu’il fait distribuer en 1914, par sa fille et par la veuve de Maffre 27, la somme de 60 000 francs. Les rapports sur la situation industrielle entre 1910 et 1914 28 se bornent à signaler qu’avec l’approche de la guerre et la renaissance du mouvement syndical dans le bassin, la question des salaires est à nouveau mise en avant par les verriers.
La reprise de la contestation dans le bassin industriel
Après une période d’inactivité revendicatrice de quinze ans dans le bassin houiller de Graissessac et une absence pratiquement totale de grèves depuis toujours à Bédarieux 29, le nouvel essor du syndicalisme dans le bassin industriel introduit une contestation nouvelle. La majorité des conflits sont liés à la présence d’un syndicat, comme c’est le cas dans l’Hérault, entre 1905 et 1914, pour 77,9 % des grèves 30.
Les conflits ne revêtent pas la même forme à Bédarieux que dans le bassin houiller. Dans le premier cas, les grèves s’insèrent dans le mouvement général de l’Hérault. Dans le second, elles participent à un mouvement corporatif national. La nature des grèves est également différente avec des motifs tout à fait classiques à Bédarieux (augmentation de salaires…) tandis que le bassin houiller connaît un nouveau type de revendication, d’une portée plus nationale. A Bédarieux (comme à Plaisance d’ailleurs), les conflits rappellent ceux qui avaient touché le bassin minier de 1892 à 1895, mais présentent un caractère moins spectaculaire 31.
Les premières grèves surviennent à Bédarieux
L’année 1911, où les grèves sont nombreuses au niveau national, est, à Bédarieux, la seule de toute la période 1890-1913 à connaître des mouvements de contestation ouvrière. Deux conflits, également brefs, se distinguent par leurs finalités.
La particularité de la grève des plâtriers est qu’elle précède, et cela pour la première fois à Bédarieux, la création d’un syndicat. Cette grève s’insère en fait dans un vaste mouvement des ouvriers plâtriers héraultais pour une hausse des salaires. Parmi les trente de Bédarieux, vingt travaillent chez le même entrepreneur (Clergue). Réunis dès le 14 mars pour demander une augmentation de 50 centimes par jour, ils se sont heurtés au refus de Clergue. Une nouvelle réunion le 18 mars décide de déclencher la grève si les augmentations de salaires ne sont pas acceptées. Commencée le 20 mars, la grève se termine deux jours plus tard. L’entrepreneur récalcitrant aurait accepté l’augmentation mais celle-ci ne sera effective que quelques mois plus tard tandis que les neuf autres patrons l’avaient accordée dès le 21 mars. Huit des 22 grévistes refusent alors de rentrer chez Clergue 32 et décident de changer de patrons 33.
Cette revendication s’insère dans un mouvement plus général qui frappe l’ouest du département. Après Agde (20 au 24 mars) où les grévistes obtiennent 6 francs par jour au lieu de 5, comme à Marseillan (20-27 mars), les plâtriers de Cazouls-lès-Béziers (3 au 10 avril) se font accorder 5,50 francs par jour contre 4,50 francs auparavant 34. Cette agitation générale des ouvriers plâtriers est en fait contemporaine de l’apogée du mouvement gréviste héraultais, en progrès depuis 1910 35.
Bédarieux reste pourtant encore la ville où les ouvriers plâtriers ont les salaires les plus bas, faute de s’être organisés les années précédentes. Après la réussite de cette première grève qui n’a abouti qu’à 50 centimes d’augmentation, les plâtriers, encouragés par la Bourse du Travail, décident alors de former un syndicat.
Cette même année 1911, les tisseuses de l’usine Donnadille protestent contre la sévérité de la direction et la dureté de leurs conditions de travail. Le 28 octobre, 85 tisseuses cessent le travail suite au refus de la direction d’accepter l’entrée de deux retardataires et en profitent pour exprimer leurs doléances 37. Elles veulent en effet pouvoir arriver à l’usine entre 7 et 8 heures du matin (au lieu de 7 heures précises) puisqu’elles sont payées aux pièces et que, de plus, elles doivent s’occuper de leurs enfants et de leur ménage. Elles ne veulent plus être renvoyées pour une absence d’une journée en cas de force majeure. Le commissaire prévoit la poursuite de la grève pour la semaine suivante. Mais les ouvrières ne manquent pas à Bédarieux et la crainte du chômage vient à bout des plus décidées, d’autant que la situation économique ne leur est pas favorable. Une rencontre officieuse entre certaines ouvrières et la direction aboutit à un accord. Dix minutes de retard le matin leur sont accordées, tous les autres retards entraînant au bout de la cinquième fois un renvoi définitif 38. Cet adoucissement de la sévérité de la direction ne constitue qu’un résultat médiocre pour une corporation qui gagne deux francs pour dix heures de travail quotidien 39. De plus, contrairement aux ouvriers plâtriers, l’issue de la grève ne débouche sur aucune syndicalisation, confirmant ainsi le caractère original des ouvriers et ouvrières du textile.
L’agitation semble néanmoins avoir gagné Bédarieux. En mai 1914, ce sont les ouvriers de deux tuileries qui s’affrontent au sujet de la journée de huit heures que revendiquent les uns sans obtenir le soutien des autres 40. Dans un centre qui jusqu’en 1911 n’avait connu aucune agitation ouvrière, les trois années qui précèdent la guerre voient donc l’apparition d’une combativité nouvelle. Dans le bassin houiller, la contestation a repris également.
Les conflits du bassin houiller
La contestation de la loi sur les retraites par la C.G.T. sera une des causes du déclenchement des conflits. Mais la situation revendicative particulière au bassin s’est aussi modifiée. Les rapports sur la situation industrielle n’indiquaient jusqu’en 1910 environ aucune demande de la part des mineurs. A partir de 1910 les esprits changent et ces mêmes rapports notent que les mineurs revendiquent dorénavant des salaires plus élevés ainsi que de véritables conditions de sécurité 41. D’autre part, les revendications sur la durée du travail sont également à l’ordre du jour. Les mineurs de Plaisance participent aussi à ce mouvement général de contestation. La diversité des motifs de grèves dans le bassin houiller apparaît comme un caractère fondamental du réveil de la combativité des mineurs.
La mine de Plaisance a déjà connu des conflits portant surtout sur des questions d’intérêts personnels. La contestation reprend en 1911, cette fois avec des revendications sur la durée du travail et les salaires. Une véritable grève se déroule du 7 au 18 avril 1911 même si la mobilisation est faible. 20 grévistes seulement réclament la diminution de la journée de travail à neuf heures et la majoration des heures supplémentaires de soixante centimes. Les vingt grévistes, douze hommes et huit femmes 42, contraignent néanmoins au chômage les 80 autres ouvriers de la mine, ce qui a pour résultat de faire cesser l’exploitation pendant onze jours. Ce ne sont pas des mineurs du fond mais des ouvriers de l’extérieur, très peu payés et au travail dur 43. Pour dix heures de labeur, ils sont payés 3,50 francs par jour, la rémunération s’abaissant de 1,75 franc pour les femmes et les enfants. Après une intervention infructueuse du juge de paix le 9 avril, la grève se termine par un échec. Si dix ouvriers seulement reprennent le travail aux mêmes conditions, la direction de la Compagnie n’en est pas gênée puisqu’elle voulait de toute façon restreindre son personnel 44.
Ce conflit s’est déroulé dans un contexte comparable à celui qu’avaient connu les quatre concessions de Graissessac après 1891 45. Occupant désormais des postes d’élus dans l’aire d’influence de la mine 46, autrefois sous l’autorité de la Compagnie 47 les mineurs de Plaisance comptent par exemple parmi eux l’adjoint au maire de Saint-Géniès-de-Varensal 48. Même après l’échec de cette première grève, ils continuent à suivre l’exemple de Graissessac et se syndicalisent en 1917. Des différences subsistent puisqu’ils gagnent environ un franc de moins par jour tout en travaillant une à deux heures de plus. Néanmoins l’unité est sur le point d’être réalisée dans le bassin houiller. Quand Graissessac se met en grève, les autorités se renseignent désormais sur l’état d’esprit des mineurs de Plaisance. C’est un nouveau centre ouvrier qui est sur le point de rejoindre le mouvement syndical du bassin industriel tout entier.
De fait, ce conflit préfigurait l’agitation que connaît à nouveau le bassin houiller à partir de 1912.
Les mineurs de la Compagnie des Quatre Mines Réunies de Graissessac, après dix-huit années de calme, retrouvent leur combativité en 1912. Mais les conditions ont changé depuis 1894. Le mouvement syndical des mineurs, maintenant affilié à la C.G.T., s’est tourné vers des grèves d’un autre type. Ce ne sont plus les compagnies qui sont visées en premier lieu, les revendications sont maintenant d’un ordre plus général et émanent d’une volonté nationale 49. Le bassin n’échappe pas à cette règle et se réveille notamment pour combattre la loi sur les retraites 50. La C.G.T. mène une campagne assez virulente contre cette loi en n’hésitant pas à parler de « retraites pour les morts » et en demandant combien d’ouvriers seront encore vivants à 65 ans, l’âge fixé pour le paiement de la retraite 51. Le congrès de la Fédération nationale des Mineurs (tenu à Angers du 12 au 17 février 1912) prévoit une journée d’action nationale le 11 mars 1912 pour attirer l’attention du Parlement. Dans de nombreux bassins (Allier, Aveyron, Bouches-du-Rhône, Creuse, Hérault, Isère, Lozère, Nord, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Saône-et-Loire, Tarn), 112 712 mineurs se mettent en grève pour réclamer la retraite à 50 ans avec une pension de deux francs par jour après 25 ans de service, la journée de huit heures et l’assimilation des ardoisiers 52. Ils n’obtiennent pas satisfaction : la grève est un échec.
Localement, la grève n’a pas cet aspect massif. En fait, seuls 180 ouvriers du fond auraient cessé le travail à Graissessac, contraignant ainsi 50 ouvriers de l’extérieur au chômage 53. D’après le commissaire de police de Bédarieux, la mobilisation aurait été beaucoup moins importante si un nouveau délégué-mineur n’avait été élu la veille. Celui-ci, désigné comme « socialiste militant », avait engagé les autres mineurs à se mettre en grève. Sans cela, seuls 25 à 50 mineurs auraient cessé le travail 54. Certes, la mobilisation a été faible mais le mouvement syndical n’est encore que renaissant dans le bassin houiller et n’a lieu pour le moment qu’à Graissessac. Cette première contestation est pourtant un des signes de la reprise de l’activité syndicale.
Deux ans plus tard, le mouvement ouvrier s’est réorganisé dans le bassin houiller et les deux mouvements qui surviennent alors sont beaucoup plus suivis.
C’est encore à la suite d’un appel de la C.G.T. qu’une nouvelle grève éclate dans le bassin contre la loi sur les retraites. Après les deux conférences d’un délégué de la C.G.T. sur la loi des retraites au Bousquet-d’Orb et à Graissessac les 19 et 20 février 1914, les mineurs décident de se mettre en grève dès que la Confédération donnera le signal. C’est chose faite le 22 février. Les mineurs du Bousquet-d’Orb et de Graissessac cessent alors le travail d’une manière générale. Le 24 février, devant 150 grévistes, le président du syndicat de Graissessac 55 avoue être sans ordre de la C.G.T. Les présents décident néanmoins de voter un blâme à Basly (ancien mineur devenu député), accusé d’être la « cause de la défection des mineurs du Nord » 56. Le 26 février, la Fédération nationale des Mineurs demande par dépêche de se prononcer sur la continuation de la grève. Les syndicats de Graissessac et du Bousquet-d’Orb votent la reprise du travail mais sous réserve d’un ordre de la Fédération 57. Le 27 février à Graissessac, Barthe 58 explique la nouvelle loi aux mineurs, qu’il engage à attendre la réponse de leur Fédération. Celle-ci a décidé la reprise du travail pour le 2 mars.
Avec 1 214 grévistes dans le bassin, seule la mine de Plaisance n’a pas été concernée. La forte mobilisation n’est pas le seul fait de la renaissance des syndicats. La question des retraites préoccupe l’ensemble des mineurs et est un bon facteur de mobilisation. Mais à travers l’attente des décisions syndicales sur la reprise du travail, les grévistes montrent que les syndicats de Graissessac et du Bousquet-d’Orb ont su regagner une certaine audience auprès des mineurs du bassin houiller. L’agitation ne cesse d’ailleurs pas moins de six mois après la fin de ce second conflit, une nouvelle grève survient.
En effet, les mineurs de Graissessac se joignent au mouvement national du 1er au 10 juillet 1914 à propos de la durée du travail au fond. Les bassins du Nord, de la Loire, de la Haute-Loire, de l’Aveyron, de l’Allier et de l’Hérault sont touchés. C’est dans la Loire que le mouvement aura été le plus suivi avec 102 624 journées chômées sur 105 948 au total et où la mobilisation aura été la plus longue (2 au 11 juillet). A Graissessac, la grève ne dure que deux jours (du 2 au 4 juillet) avec une mobilisation assez importante, le nombre de grévistes passant de 477 le premier jour à 677 le 3 juillet 59. Elle ne touche que les mineurs de fond qui n’acceptaient pas les nouveaux horaires fixés par la Compagnie. Certains récalcitrants s’étant vus refuser leurs lampes, les autres mineurs se sont solidarisés avec eux et ont rejoint le mouvement de contestation national. Après un accord avec la Compagnie, le travail reprend le 4 juillet 60. Le résultat national est identique : le mouvement, peut-être consécutif à un malentendu, s’achève partout sur une transaction 61.
Par la participation à ces trois mouvements d’envergure nationale, les syndicats du bassin houiller ont retrouvé une combativité certaine qui s’exprime dorénavant face à des problèmes concernant l’ensemble de la corporation. Ces trois mouvements n’ont pas touché les mêmes bassins au même moment : la Loire, le Gard et le Nord se singularisant, pour différentes raisons, des autres. Les syndicats du bassin héraultais ne font pas de distinction : toutes les raisons semblent bonnes pour réaffirmer une combativité perdue depuis 1894. Le renouveau du syndicalisme minier et la reprise des grèves caractérisent donc les dernières années précédant la guerre qui voient l’union de tous les syndicats du bassin industriel au sein d’une même structure la Bourse du Travail de Bédarieux.
L'union syndicale du bassin industriel
Jusqu’en 1912, la Bourse du Travail ne fédérait en effet que des syndicats de Bédarieux. Cependant, cette année-là, elle reçoit l’adhésion du syndicat des mineurs de Graissessac. En 1913, c’est au tour de celui du Bousquet-d’Orb d’adhérer à la Bourse du Travail 62. Bédarieux retrouve ainsi sur le plan syndical son rôle de capitale locale des hauts cantons de l’Orb 63. Ces deux adhésions permettent à la Bourse du Travail d’augmenter singulièrement ses effectifs.
La raison de cette adhésion des syndicats de mineurs à la Bourse du Travail de Bédarieux ne peut être définie de manière absolue. Néanmoins, une influence extérieure au bassin est certaine, notamment en ce qui concerne le syndicalisme minier qui, aussi bien en 1891 qu’en 1914, y fut particulièrement sensible 64. Le rôle de la C.G.T., qui regroupe depuis 1908 la quasi-totalité des syndicats de mineurs français, apparaît nettement lors des conflits qui surgissent dans le bassin houiller par le biais des mots d’ordre de grève. De son côté, la Bourse du Travail reçoit directement l’influence de la C.G.T. depuis 1904, même si cette influence semble toute relative. La Confédération, lors de son congrès du Havre en 1912, a alors décidé de se réorganiser en transformant les Bourses du Travail en Unions Locales (U.L.) qui doivent former des Unions Départementales (U.D.) à partir de 1913. Le mouvement est ainsi amorcé dans le bassin industriel dès 1912. En 1913, les syndicats du bassin industriel participent à la fondation de l’U.D.-C.G.T. de l’Hérault. C’est donc dans cette atmosphère de réorganisation syndicale que s’est produite l’union des syndicats du bassin industriel. Cette union a renforcé les effectifs de la Bourse du Travail, contribuant ainsi à éliminer une des limites au développement du syndicalisme à Bédarieux.
En 1914, Bédarieux est en effet nettement sorti de l’anonymat syndical dans lequel la ville était plongée auparavant, notamment grâce à l’appoint des syndicats de mineurs. La Bourse du Travail est désormais un lieu central pour le syndicalisme de l’ensemble du bassin industriel, qui souffre par ailleurs de sa position excentrée par rapport au département. Le taux de syndicalisation du bassin industriel rivalise pourtant avec celui des grandes villes héraultaises. Bédarieux et Graissessac connaissent en effet en 1914 un taux de syndicalisation de 19 à 50 % 65. Toutefois, ce n’est pas un taux exceptionnel. La comparaison avec d’autres centres industriels régionaux, même si elle est limitée par des facteurs propres à chacun de ces centres, est intéressante pour situer le mouvement syndical du bassin industriel.
La différence entre les effectifs des Bourses du Travail de Bédarieux et de Mazamet, par exemple, est nette. Au 1er janvier 1912, la seconde regroupe 4 497 membres 66. En 1914, à son développement maximal, la première ne dépasse pas 672 adhérents. Les moyens financiers ne sont pas les mêmes 3 200 francs de subvention municipale à Mazamet, rien à Bédarieux.
Il n’est pas question de rivaliser avec les grands centres régionaux, même avec l’apport du bassin houiller, mais au niveau des centres intermédiaires, Bédarieux se distingue dorénavant par son syndicalisme. En effet, elle est dans le nord-ouest de l’Hérault, et même un peu au-delà, la seule ville qui connaisse une véritable organisation de sa population ouvrière. Les syndicats, certes assez puissants, des centres textiles (230 membres au Syndicat de l’Industrie Lainière à Labastide-Rouairoux en 1911, 280 au Syndicat des ouvriers des manufactures de drap de Lodève en 1914) 67 n’ont pas de liens avec les ouvriers des autres branches professionnelles.
Pourtant la « puissance » syndicale de la Bourse du Travail ne doit pas être exagérée. Malgré l’apport des syndicats de mineurs (qui ne sont que renaissants), l’activité de la Bourse du Travail n’est pas encore synonyme d’un mouvement important de contestation et de revendication.
S’y oppose, notamment à Bédarieux, l’existence « d’une main-d’œuvre importante que le patronat local a maintenue dans un état de précarité d’emploi et de bas salaires ».
Aucune réaction sur le plan syndical à la Bourse du Travail ne suit l’assassinat de Jaurès le 31 juillet 1914. Le mois d’août 1914 marque alors le début de trois années de marasme réel pour le syndicalisme du bassin industriel de Bédarieux comme pour l’ensemble du mouvement en France.
Notes
1. L’auteur tient à remercier M. Roland Andréani, professeur à l’Université Paul Valéry de Montpellier, pour les précieux conseils prodigués lors de la rédaction de cet article.
2. Bédarieux se situe au nord-ouest du département de l’Hérault.
3. Exception faite de la mine d’anthracite de Plaisance.
4. En 1894 et 1895 respectivement.
5. Les ouvriers biscuitiers avaient participé à la création d’un syndicat des ouvriers boulangers en 1905.
6. Lettre du syndicat à la mairie de Bédarieux (07-09-1910), Archives de l’Hérault (A.D.H.), liasse 10M413.
7. Excepté pour une section qui existe au Bousquet-d’Orb en 1906.
8. D’après Sagnes (J.), Le mouvement ouvrier en Languedoc, Privat, 1980, p. 142.
9. Ibidem, p. 65.
10. Sagnes (J.), Syndicalisme et socialisme en Languedoc. Thèse de troisième cycle, Montpellier, p. 729-730.
11. Feuille signalétique 1912 (A.D.H. 10M379).
12. Les chiffres proviennent des États annuels de la préfecture (A.D.H. 10M352).
13. Délibérations municipales de Bédarieux (1909-1921).
14. Feuille signalétique de la Bourse du Travail 1910 (A.D.H. 10M344).
15. Lettre du syndicat au préfet (29-07-1911), A.D.H. 10M347.
16. Chirman (M.), Le secteur minier de Graissessac : étude économique et sociale, D.E.S. de géographie.
17. Sagnes (J.), Le syndicalisme ouvrier dans le bassin houiller in Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon et dans les régions voisines de l’Antiquité à nos jours (Actes du XLIXe congrès de la Fédération historique du Languedoc-Roussillon, Alès, 1976), Montpellier, 1977, p. 254.
18. Feuille signalétique 1913 (A.D.H. 10M374).
19. Qui devient la Fédération du Sous-Sol en 1913, Lefranc (G.), Le mouvement syndical sous la Troisième République, Paris, 1967, p. 176.
20. Délibérations municipales de Graissessac (séance du 7 février 1913).
21. Idem (séance du 18 décembre 1913).
22. Feuille signalétique 1913 (A.D.H. 10M374).
23. Idem 1914 (A.D.H. l0M381).
24. Annuaire des syndicats professionnels, Office du travail, 1914.
25. Ceux-ci sont reproduits dans un livret syndical (A.D.H. 10M381).
26. Président, vice-président, secrétaire, secrétaire-adjoint, secrétaire correspondant, trésorier, trésorier-adjoint.
27. Ancien directeur de la verrerie du Bousquet-d’Orb.
28. A.D.H. 6M1667.
29. Les conflits qui ont surgi entre 1900 et 1910 sont tous périphériques géographiquement, qu’il s’agisse des terrassiers d’Avène ou des mineurs de Plaisance, et ne sont pas directement liés à une activité syndicale.
30. Sagnes (J.), Le mouvement ouvrier…, op. cit., p. 208.
31. Bédarieux a un taux de 0,4 à 5 grévistes pour 100 habitants, Graissessac de 50 à 100 grévistes pour 100 habitants, entre 1905 et 1914 Sagnes (J.), Thèse de troisième cycle, op. cit., p. 804 bis.
32. Questionnaire sur la grève du ministère du Travail (A.D.H. 10M232).
33. Le Petit Méridional (22-03-1911).
34. Statistiques des grèves et des recours à la conciliation et à l’arbitrage, Office du Travail, 1911.
35. Sagnes (J.), Le mouvement ouvrier.., op. cit.
36. [Appel manquant] Citées dans le rapport du commissaire de police de Bédarieux (28-10-1911), A.D.H. 10M232.
37. Rapport de police (30-10-1911), A.D.H. 10M232.
38. Questionnaire sur la grève du ministère du Travail (A.D.H. 1 0M232).
39. Lettre du sous-préfet de Béziers à Préfet (24-05-1914), A.D.H. 10M246.
40. A.D.H. 6M1667.
41. Ainsi que cinq enfants non comptabilisés.
42. Pourtant ce sont souvent les ouvriers du fond qui sont à l’origine des mouvements de grèves dans les mines.
43. Questionnaire sur la grève du ministère du Travail (A.D.H. 10M234).
44. La concession de Plaisance appartient à une compagnie différente de celle qui exploite les quatre concessions situées autour de Graissessac (Boussagues, Le Bousquet-d’Orb, Camplong et Graissessac).
45. La mine de Plaisance occupe en effet des ouvriers mineurs résidant dans des petits villages du canton de Saint-Gervais-sur-Mare comme Castanet-le-Haut ou Saint-Géniès-de-Varensal.
46. Chabaud, le directeur de la mine, a longtemps été conseiller général du canton de Saint-Gervais-sur-Mare.
47. Rapport du sous-préfet de Béziers (11avril 1911), A.D.H. 10M234.
48. R. Trempé place ce changement pour Carmaux lors de la grève de 1902.
49. Les trois conflits qui surviennent entre 1912 et 1914 auront chacun cette tonalité.
50. Rebérioux (M.), La République radicale ?, Seuil, 1975, p. 194.
51. Statistiques des grèves…, op. cit., 1912.
52. Questionnaire sur la grève du ministère du Travail (A.D.H. 10M236).
53. Rapport de police (20-05-1912), A.D.H.1.
54. Laurent Martin, le meneur de la grève de 1912.
55. Rapport du commissaire spécial (24-02-1914), A.D.H. 10M241.
56. Ibidem (26-02-1914).
57. Député S.F.I.O. de Béziers.
58. Questionnaire sur la grève du ministère du Travail (A.D.H. 10M241).
59. Rapports de gendarmerie (02-07-1914 et 05-07-1914), A.D.H. 10M241.
60. Statistiques des grèves…, op. cit.. 1914.
61. Rapport de police (6 janvier 1914), A.D.H. 10M241.
62. Pour Sagnes, jusqu’en 1914 la Bourse du Travail de Bédarieux n’aurait eu une influence que sur sa commune (Le mouvement ouvrier.., op. cit., p. 182).
63. Sagnes (J.), « Le syndicalisme ouvrier… », op. cit., p. 255.
64. Sagnes (J.), Thèse de troisième cycle, op. cit., p. 198.
65. Cazals (R.), Avec les ouvriers de Mazamet dans la grève et l’action quotidienne (1900-1914), Paris, 1978, p. 243.
66. Annuaires des syndicats professionnels, op. cit., 1911 et 1914.
67. Chirman (M.), op. cit., p. 28.
