Le projet d’aménagement de la vallée de l’Hérault
Le projet d’aménagement de la vallée de l’Hérault
Le point de vue des décideurs et des réalisateurs
C’est en juin 1979 que le Conseil Général a envisagé l’aménagement de la Vallée de L’Hérault dans sa forme actuelle.
Il faut savoir que depuis très longtemps le problème de la lutte contre les inondations, par la régulation des crues, se posait en termes souvent polémiques et se résumait à une question : pour ou contre le barrage écrêteur de Saint Guilhem-le-Désert ?
La directrice des Communautés Européennes du 6 février 1979, proposant de mobiliser les ressources du F.E.O.G.A. à hauteur de 63 millions de francs, pour la réalisation d’un barrage et de digues susceptibles d’améliorer la situation agricole dans la moyenne et la basse Vallée, a donc fort opportunément relancé le débat, mais l’a aussi considérablement enrichi.
Le Conseil Général, conscient du drame de la désertification dans l’arrière-pays a en effet jeté les bases d’une politique volontariste d’aménagement du territoire. Dans un premier temps, il a refusé le « chantage » » de Bruxelles qui consistait à subordonner l’obtention de crédits a l’arrachage de la vigne. Mais le Conseil Général a surtout approfondi sa réflexion sur les perspectives d’un aménagement global et coordonné de la Vallée, prenant en compte tous les secteurs de l’activité économique. Au-delà de la maîtrise de l’eau, c’est donc une véritable lutte contre le dépérissement et l’exode rural qui s’est engagée. Et ce n’est pas simplement la Vallée de l’Hérault qui devrait en tirer parti, car l’objectif avoué d’emblée, c’est le rééquilibrage de l’espace départemental.
Le fleuve Hérault partage en effet le Département selon un axe Nord-Est/Sud-Est qui constitue une frontière entre deux zones bien différentes, inégalement développées sur le plan économique.
Parallèlement à cette volonté de rééquilibrage, une nécessité s’impose, celle de ne pas laisser se développer les seules activités sur la bande littorale, qui grâce à la « Mission RACINE » dont nous avons décidé de poursuivre l’action, est à présent très bien équipée et très fréquentée.
Ce rapide aperçu de la genèse du projet est très significatif de la stratégie qu’entend développer le Conseil Général. Réaliste mais ambitieuse, la politique d’aménagement du territoire qu’il met en place a pour objectif fondamental l’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations qui vivent et travaillent dans les zones fragiles que nous venons d’évoquer.
Qu’il me soit permis, en terminant, de féliciter notre ami Marcel Vidal qui, depuis 4 ans, a en charge ce projet en tant que président de la commission spécialisée, et les membres de cette commission qui, en liaison avec les services administratifs, ont su si bien associer les populations concernées à leurs travaux.
Gérard SAUMADE
L'aménagement de la Vallée de l'Hérault
Études méthode - premières réalisations
Le Président du Conseil Général, Gérard Saumade, a exposé les raisons qui ont conduit l’Assemblée Départementale en 1979, à lancer cet ambitieux projet d’aménagement global et coordonné de la Vallée de l’Hérault. En tant que responsable de la Commission Spécialisée chargée de mener à bien les études et les premières réalisations, il m’est agréable de faire à présent le point sur les travaux réalisés. Je me propose de vous présenter les objectifs poursuivis et la méthode employée qui, nous le verrons, présentent beaucoup de complémentarités.
La définition précise de ce projet impliquait, bien entendu, des études techniques et financières très importantes. Grâce à la participation de l’État d’un montant de 2 millions de francs, et au complément apporté par le Conseil Général de 1,3 millions de francs, nous avons donc pu financer les études préalables à hauteur de 3,3 millions de francs. La Commission de l’Agriculture, chargée de ce dossier, a immédiatement proposé que la maîtrise d’ouvrage revienne au Département et que les grands axes des études à mener soient les suivants :
- La maîtrise de l’eau : il s’agit bien entendu de l’aspect essentiel et prioritaire, les études devant aboutir à l’établissement d’un rapport général proposant un véritable schéma d’aménagement des eaux de cette vallée, avec pour principaux objectifs :
➤ la protection contre les inondations des terres agricoles et des lieux habités par la création de barrages écrêteurs de crues et d’endiguements,
➤ l’alimentation en eau potable des collectivités qui constitue déjà l’une des questions majeures à envisager pour les dix ou vingt prochaines années,
➤ la mise en valeur agricole par l’assainissement et l’irrigation,
➤ la production d’énergie liée à l’hydraulique. - le développement agricole et agroalmentaire ;
- L’aménagement touristique ;
- Le développement industriel et artisanal.
Il faut préciser, et le tableau des réalisations le montrera, que d’autres secteurs importants ont été pris en compte par la suite, tels que la protection des sites, la mise en valeur du patrimoine architectural, l’utilisation d’énergies renouvelables.
Il était important que, compte tenu du volume des crédits mis en jeu, soit effectué un contrôle très rigoureux des études.
Pour ce faire, la structure suivante a été mise en place :
- une Commission Spécialisée, c’est-à-dire la Commission de l’Agriculture élargie aux conseillers généraux riverains. Cette Commission avait pour vocation de définir et de détailler les objectifs d’études, de préparer la répartition de ces études entre les différents organismes, et de se tenir informée du déroulement de ces études, en apportant éventuellement les infléchissements nécessaire.
- un Comité technique composé des principales administrations concernées et des responsables des études retenues (Compagnie du Bas-Rhône. S.A.D.H., Chambre d’Agriculture, U.S.T.L., Faculté de Droit et des Sciences Économiques, etc.). La liaison ainsi faite très régulièrement entre toutes ces compétences techniques nous a permis d’apporter un maximum de cohérence, eu égard à la grande diversité des sujets traités.
- Une Cellule Pilote composée du Président de la Commission Spécialisée, du Directeur Départemental de l’Agriculture, représenté par Monsieur Lauriol, et d’un membre du Secrétariat du Conseil Général, Monsieur Doutremepuich. Cette cellule très restreinte et très souple a pour mission d’assurer le contrôle technique et la synthèse des travaux, de préparer les réunions de la Commission Spécialisée et d’une manière générale, de suivre et coordonner l’ensemble des opérations.
La mise en place de cette structure n’a entraîné aucune dépense nouvelle de fonctionnement puisque nous avons fait appel aux services existants.
Dès la phase des études, c’est-à-dire durant l’année 1980, l’accent a été mis sur la concertation. Le Conseil Général a en effet pris le parti de faire de ce projet un exemple de démocratie locale. C’est ainsi qu’au cours de près d’une centaine de réunions, nous avons associé les élus locaux, les représentants de la profession, les associations, en particulier les écologistes, ainsi que les secrétaires de mairie. Une enquête a été adressée dans chaque mairie afin d’être collectée individuellement au terme d’un entretien. De plus, aucun projet n’a été envisagé sans que les populations concernées ne soient complètement informées.
Ainsi le site du premier barrage écrêteur de crues, à Vailhan, a-t-il fait l’objet d’une présentation très complète sur le terrain, et les habitants de la commune ont-ils eu tout loisir de formuler leurs appréciations négatives et positives.
Les résultats des études sont donc le fruit, tant sur le plan technique que sur le plan de l’information, d’un vaste débat qui nous permet aujourd’hui de penser que nous n’entreprendrons rien qui ne soit souhaité ou possible.
Alors que nous continuons à négocier les modalités de la participation des communautés européennes à ce projet, le Conseil Général a pour sa part, avec l’aide de l’État et de la Région, commencé à financer certaines opérations importantes :
- Dans le domaine de l’hydraulique :
– Reconstruction du seuil de Belarga ;
– Études de faisabilité du barrage de la Peyne ;
– Projet de barrage et de microcentrale à Gignac ;
– Microcentrale de Cazouls-d’Hérault. - Dans le domaine agricole et agroalimentaire :
– Retenues collinaires de St- Martin-de-Londres ;
– Acquisition de la station Cayrol à Belarga.
Bien entendu, il n’est pas question ici de citer l’ensemble des opérations en cours ou en projet, mais seulement de faire ressortir le caractère exemplaire de certaines d’entre elles. À cet égard, je voudrais mettre en valeur la réalisation de la maison communale de la vie locale à Saint-Guilhem-le-Désert qui nous a permis de restaurer l’Église Saint-Laurent et donc de donner cette dimension culturelle indispensable à tout projet d’envergure.
En conclusion, je crois très sincèrement qu’avec mes collègues de la Commission Spécialisée, nous participons dans le cadre du projet d’aménagement de la vallée de l’Hérault, à une entreprise passionnante.
Comme l’indique Gérard Saumade, elle préfigure ce que nos collègues ont déjà décidé de faire sur les autres vallées de l’Hérault.
Marcel VIDAL
Sénateur-Maire de Clermont-l’Hérault
Président de la Commission Spécialisée
« Aménagement de la Vallée de l’Hérault »
