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Description

L’Amirauté de « Cette » de 1691 à 1735 (II) Le trafic portuaire

Au tout début de l’existence de l’amirauté sétoise existe un ensemble des rapports de mer établis du 8 mai au 3 juin 1696 en 27 jours, 97 déclarations de patrons et capitaines de navire. L’hypothèse d’un intense trafic portuaire n’est cependant pas fondée car seuls 30 bateaux entrant à Sète y relâchent volontairement pour prendre ou décharger le fret, dont 15 sur lest, 5 pêcheurs marseillais venant pour la saison, 3 petites jauges de Gènes et de San Remo « pour tâcher de vendre » des fruits, lémons, oranges, ou des anchois pris à Nice, 4 nolisés à moitié pour Sète ; restent donc plusieurs 35 à 50 t chargés de savon, riz, laine, alun, cire, poivre ou de barriques vides et de cercles de fer servant plus de lest que de fret. On ne saurait en tirer aucune conclusion. Les 67 autres bâtiments font escale à Sète pour cause de mauvais temps ; les plus éloignés viennent de Malte, trois 105 t, chargés de coton et de soie pour la Cerdagne, mais la jauge moyenne est de moitié pour les côtes françaises ou catalanes au fret de grains pour le « munitionnaire du Roy », vins et eau-de-vie, tabac et planches souvent associés au même transport, pierres à aiguiser et lames de faux qui ne se séparent pas. Là encore, les données étant succinctes, il est inutile de tenter une synthèse. Au contraire, les rapports sont précis sur les vents et la mer rencontrés, sur l’horaire des navigations.

La navigation est fonction du vent favorisant ou interdisant ainsi la poursuite d’un voyage et trois endroits semblent critiques aux environs de Sète le Golfe d’Aigues-Mortes par fort vent d’est ou levant, le passage du Cap d’Agde depuis le grau par vent de sud-est ou siroco, la ligne Agde-Rosas par sud-ouest et sud-est car, si le navire lève l’ancre, il dérive souvent jusqu’à Sète. Ainsi s’expliquent quelques variations dans la durée des transports : Agde-Sète chargé, 5 h 1/2 par vent de travers et 3 h par vent portant

Marseille-Sète, 20 h par vent arrière et 25 à 30 par vent de travers ou debout lorsque celui-ci n’est pas tel qu’il oblige à relâcher à Bouc. Quant aux barques arrivant d’Arles, elles se heurtent au problème du Rhône une allège de 8 t chargée en Arles le 24 avril ne peut sortir du Rhône par le grand grau pour absence de fond que le 8 mai à 6 h et touche Sète à 21 h ; un 36 t met huit jours pour descendre jusqu’au grau des Saintes-Maries.

Parce que ces rapports de mer sont exceptionnellement inscrits l’activité du port de Sète ne peut être analysée avec certitude depuis l’installation du siège de l’amirauté par défaut de registres complets relatant le mouvement des navires. En effet, bien que deux passeports soient datés de 1712 et 1715, l’inscription régulière des expéditions et autres actes relatifs au négoce commence en 1728. Deux grandes zones commerciales apparaissent alors que la navigation demeure au cabotage en Méditerranée ou devient plus hardie et hauturière sur l’Atlantique vers les Antilles. On ne saurait les confondre tout conduit au contraire à les dissocier tant dans leurs frets que dans le type de bâtiment qu’elles impliquent.

Cabotage en Méditerranée

Sur un total de 514 déclarations comprenant les soumissions, cautions et passeports, 372 départs ont lieu depuis Sète vers différents rivages méditerranéens, français ou étrangers, avec un accroissement continu dont le premier palier apparaît en 1732, double en 1734 et progresse ensuite (tableau I).

Quoique certaines soumissions déclarent un départ avec relâche à Marseille destination Toulon, à Nice pour Gènes, en Italie ou Espagne avant de toucher au Levant ou en Afrique, il ressort qu’en Provence Marseille s’impose pour les deux-tiers des expéditions, suivi, mais de loin, par Toulon et Cannes, plus rarement encore par les autres petits ports d’Antibes, La Ciotat, Saint-Chamas et La Seyne. En Espagne, aucun port ne semble prépondérant, le terme est général ; ne sont indiqués, presque fortuitement, que Barcelone, Valence, Alicante ou Mahon à Minorque. Pour le Levant, il s’agit de « faire caravane » sans autres détails alors qu’en Italie, Gènes et Livourne sont le plus souvent cités, Rome et Naples une seule fois. Enfin Monaco et Nice sont plus des escales vers l’Italie que des ports réguliers pour Sète il en est de même de Narbonne et d’Agde pour lequel n’existe qu’une seule expédition ! Ainsi les départs à destination de l’est, Provence et Italie, constituent-ils la moitié du mouvement des navires, conclusion qui, il convient de le rappeler, est issue d’archives incomplètes. […]

Informations complémentaires

Année de publication

1984

Nombre de pages

9

Auteur(s)

Alain DEGAGE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf