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2.00

Description

L’ameublement des maisons montpelliéraines de 1600 à 1715
à travers les inventaires après décès

La maison est au cœur de la vie ordinaire, pour tous. On y voit se rencontrer, parfois se contredire, technique, économie, culture collective, choix personnel, contraintes, accommodements. Pour la consommation et la production, elle pose toutes les questions sur les instances qui organisent le réel, sur les acteurs qui le produisent (…), sur les habitudes des habitants que les modes d’appropriation de l’espace distinguent. (..) La maison est un sujet sans limites.

Comme nombre de recherches concernant le XVIIe siècle, l’étude de la maison montpelliéraine de cette époque-là se situe à la frontière entre les disciplines : dans ce sujet sans limites, la tentation première, portée sur les « consommations artistiques en tout genre » se mue, au fil des découvertes d’archives, en intérêt pour l’histoire et la sociologie des phénomènes. Sans pour autant négliger l’étude de l’objet, l’apparition, la survivance et l’accumulation des objets, l’usage qui en est fait, ainsi que le vocabulaire qui les désigne, se constituent en sujets de réflexion à part entière.

Structure de l’habitat et schéma général d’ameublement

L’étude de l’architecture civile du XVIIe siècle met en évidence un habitat aux espaces polyvalents, sans spécificité propre, et dont les proportions architecturales ne sont pas liées à un usage particulier, la fonction des pièces étant généralement déterminée par le mobilier ; la terminologie est également restreinte, salle et chambre principalement. D’après les descriptions livrées par les inventaires après décès – qui sont notre principale source d’informations -, à celles-ci s’ajoute la cuisine, parfois la cave et, en fonction de la profession du propriétaire ou du locataire, la boutique, située généralement au rez-de-chaussée. Un réduit – garde-meubles ou même un cabinet -, souvent « minuscules, ne dépassant pas un mètre et demi en carré, gagnés à posteriori aux dépens de la chambre grâce à un cloison » – viennent occasionnellement enrichir la structure des maisons. Encore moins souvent, on trouve la mention d’une antichambre, que l’on devine parfois, d’après son ameublement, non pas un lieu de passage ou d’attente, mais plutôt comme une pièce à vivre.

En même temps, nous constatons les différences importantes qui séparent les maisons étudiées : de la disposition la plus simple, due en premier lieu aux dimensions réduites du logement, aux plus compliquées, nous avons pu retrouver une palette assez large de complexités de logis, en fonction, la plupart du temps, des moyens financiers du propriétaire. En règle générale, ce que nous constatons à Montpellier est, comme dans d’autres villes françaises – notamment Paris, et, dans la région, Nîmes -, une prédominance des logements à deux ou trois pièces, et une structure du logement verticale.

Mise à part la complexité – sans doute souvent réelle – des logis, le déchiffrage des intérieurs est parfois malaisé de par la manière dont la description en est faite : même en suivant pas à pas le périple du notaire dans la maison, la distribution des pièces peut rester difficile à saisir, parce que l’on ne s’intéresse qu’aux espaces habitables, susceptibles de renfermer des biens à priser, et on peut passer sous silence, comme cela a déjà été constaté, les espaces – escaliers, couloirs, passages – dépourvus d’objets à inventorier.

En tout état de cause, le schéma général du logement comprend invariablement une pièce principale désignée comme « salle », avec sa variation « salle basse », pièce parfois attenante, qui peut, éventuellement, la remplacer et qui, visiblement, partage sa destination. Selon le Dictionnaire universel de Furetière, la salle est « la première partie d’un logis […]. Les sales sont d’ordinaire au bas estage au rez de chausée. Il y a aussi les sales hautes, des sales à donner le bal, à faire nopces, des sales à manger, des sales d’audience […] ». […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Raluca BOANGIU

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf