La tour de Valros, histoire et archéologie d’un édifice militaire médiéval dans le sud de la vallée de l’Hérault
La tour de Valros, histoire et archéologie d’un édifice militaire médiéval
p. 31 à 41
Présentation
La « tour », ainsi que les habitants de Valros la qualifient, se trouve sur un plateau au nord-est du village. Bien que visible à des kilomètres à la ronde, le monument est resté trop longtemps méconnu. Son aspect de grosse tour ou de petit château dont seuls trois murs sans couronnement subsistent ainsi que son type de construction en faisait une énigme pour les rares chercheurs qui la connaissaient.
Les premiers travaux effectués sur les lieux ont été motives par l’installation d’une antenne relais. Lors de cette opération des tombes d’époque carolingienne ont été mises au jour. Nous avons donc entamé une fouille programmée afin de mieux connaître un type de cimetière peu connu à ce jour et qui n’attire guère les suffrages (pauvrets en mobilier ?). Nos objectifs ont dû être revus lorsque les découvertes directement liées à la tour se sont avérées plus importantes que prévues.
Voici une première présentation de nos conclusions. Cette étude n’a pu être possible qu’avec l’aide de la commune de Valros, qui outre son intérêt pour notre travail, nous a fourni une aide logistique et matérielle conséquente. Nous remercions aussi les « Amis de la Tour » pour leur efficacité à la fouille et leur soutien à la commune de Valros pour la sauvegarde du site.
L’environnement géologique de la « tour »
Le relief sur lequel a été construit le bâtiment correspond à ce que les géographes appellent un éperon barré, situation privilégiée pour implanter un site défensif. C’est une butte de cent mètres d’altitude dominant le paysage environnant à trente kilomètres à la ronde. Cette étroite crête s’allonge en direction du nord-nord-est, sur une longueur d’environ deux cent cinquante mètres et sur soixante dix mètres de large. Elle a été incisée par l’érosion plioquaternaire aux dépends d’alluvions fluviatiles essentiellement composées d’argiles à galets siliceux. Cette formation localement épaisse d’une trentaine de mètres est recouverte d’un bouchon de scories et de laves volcaniques développées le long d’un petit vallon. Le « bouchon » est reste en place malgré l’érosion alors que les argiles des versants de la vallée étaient évacuées. La conservation de la coulée basaltique laisse apparaître ce que l’on dénomme une « inversion de relief ».
Localisation du site :
La tour occupe l’extrémité sud-est du plateau basaltique qui marque le passage entre le bassin de la Thongue et la dépression de l’ancien étang de Pézenas, largement ouverte sur la vallée de l’Hérault. Au pied de la « tour », les chemins de Béziers à Pézenas et de Saint-Thibéry à Roujan se croisent au niveau de l’actuel village de Valros. La fortification contrôle donc deux voies dont l’origine remonte à l’Antiquité (Mauné 1994b, 143).
Source historique
Un texte de 1199 indique que Raymond Roger, vicomte de Béziers, donne le podium de Valros à Etienne de Servian. Par cette donation, Etienne de Servian obtient le droit d’y lever des redevances, d’y exercer la basse justice (HGL, V, col. 553) 1. Un bâtiment existe sur le site mentionné, il est désigne sous les termes de forcia ou de castrum.
C’est le seul texte relatif à la forcia. A la suite, plus aucun texte connu ne mentionne le bâtiment. La justification du fait peut provenir d’un rapide abandon de la construction en tant qu’ouvrage à vocation militaire, voire de résidence seigneuriale 2.
Le mot forcia est un terme assez peu utilisé qui désigne une fortification. Quant au mot castrum, il faut certainement le traduire par « château ».
Les axes de la recherche
Le premier est d’ordre architectural, puisque la « tour » était inconnue de beaucoup de spécialistes. Les vestiges encore conservés méritent une étude approfondie, ils permettront de mieux comprendre l’organisation d’un édifice hors du commun et qui semble trop important pour être qualifie de « tour ». L’édifice peut avoir été entouré d’annexes que nous n’avons pas identifiées, malgré différents sondages autour du bâtiment.
Le second axe de recherche est celui des pratiques funéraires médiévales. La construction de la « tour » a peut-être entraîne l’abandon d’un lieu d’inhumation. Nos connaissances sur le cimetière des VIIIe-VIIe siècles sont encore assez légères. Le site permettra peut-être de mieux appréhender la gestion d’un cimetière sans les interférences d’un fonctionnement de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne. Un cimetière qui semble, malgré nos recherches, n’être dépendant d’aucune église ou chapelle (la toponymie ne nous aide aucunement).
Présentation des résultats
Les données ici présentées regroupent les découvertes faites en 1996, 1998 et 2000.
Le cimetière (fig. 3)
Il est antérieur à la construction de la « tour ». La fouille effectuée par Stéphane Mauné en 1994 avait permis la découverte de plusieurs sépultures. L’une d’elles fut mise au jour dans un sarcophage en calcaire miocène sous la forme d’une réduction datée par C14 entre 729 et 973 3, avec des pics de probabilité pour 884, 830, 790 et 940 (par ordre décroissant). Les autres témoins archéologiques, comme la céramique, ont permis à Stéphane Mauné d’émettre l’hypothèse de l’implantation d’un cimetière entre le VIIIe et le Xe siècle. Ce dernier a été en partie détruit par la construction de la « tour » et l’aménagement de ses fossés. La présence de nombreux fragments de tegulae et d’un débris d’amphore antique pose le problème de l’existence de tombes plus anciennes (Mauné 1994).
La fouille de 1996 a permis l’exhumation d’une réduction (tombe 1) (fig. 4). Cette sépulture secondaire fut découverte sous un talus de pierre. Les os étaient placés dans une cuve creusée dans le basalte. Le sujet était de sexe masculin. Une datation par le radiocarbone donne une fourchette comprise entre 674 et 861 4, avec des pics de probabilités maximales à 719,739 et 766 (Par ordre décroissant).
Lors de la campagne de 1998, il n’était pas dans nos intentions de continuer l’exploration du lieu d’inhumation. Toutefois il a fallu intervenir sur une sépulture (tombe 2) (fig. 5) en partie dégagée, par des fouilles clandestines. L’excavation dans laquelle a été déposé le corps présente des traits anthropomorphes : soutien du crâne, compression au niveau des épaules. La sépulture était signalée par un talus de cailloux basaltiques.
Le substrat a été recherché par les aménageurs. Les excavations ont été effectuées en fonction des besoins. La tombe 1, qui a reçu une réduction, est une cuve grossièrement rectangulaire. La tombe 2 est une structure anthropomorphe, elle entre dans les normes typologiques de l’époque carolingienne et antérieure au XIIIe siècle (Paya 1996). Nous n’avons pour l’instant découvert aucun système de couverture concernant les tombes. Peut-être des planches ont-elles rempli cet office. La tombe 3 a été découverte lors d’un sondage devant l’entrée de la « tour ». Nous n’avons pas pu la fouiller. Elle possède une couverture de blocs et de dalles basaltiques. Elle montre que le cimetière présent dans le site reste à ce jour largement inconnu.
Le bâtiment (fig. 6 à 8)
A ce jour, il n’est pas possible de savoir si le cimetière était complètement abandonné, au moment de la construction de la forcia. L’abandon du cimetière peut avoir été motivé pour plusieurs raisons autres que la militarisation du lieu, comme le développement d’un cimetière lié à la paroisse de Valros.
La citerne (fig. 3, 9)
La citerne qui se trouve au centre de la tour a un fonctionnement particulier. Elle semble rechargée en eau par sa base. Selon Maurice Gottis 5, une couche d’alluvion se trouve prise entre deux coulées de basalte. Les eaux recueillies à plusieurs centaines de mètres en amont se retrouvent prisonnières entre les deux strates imperméables. Par capillarité, l’eau chemine jusqu’au sommet du plateau pour être recueillie par la citerne. Cette dernière est donc alimentée en grande partie grâce à la porosité de ces parois.
La citerne qui se trouve au centre de la tour a un fonctionnement particulier. Elle semble rechargée en eau par sa base. Selon Maurice Gottis 5, une couche d’alluvion se trouve prise entre deux coulées de basalte. Les eaux recueillies à plusieurs centaines de mètres en amont se retrouvent prisonnières entre les deux strates imperméables. Par capillarité, l’eau chemine jusqu’au sommet du plateau pour être recueillie par la citerne. Cette dernière est donc alimentée en grande partie grâce à la porosité de ces parois.
Cette dernière était aussi alimentée vraisemblablement par les eaux de pluie. Deux encoches d’écoulement ont été aménagées aux angles nord et est de la citerne. Elles recueillaient les eaux de pluies par l’intermédiaire de deux colonnes évidées. Elles présentent une largeur de 12cm. Leur profondeur s’accroît vers l’ouverture du réservoir de 9cm. à 11cm. par rapport à la surface de la couverture de la citerne. Lors de la fouille du couloir occidental une base de colonne a été découverte. Elle est datable, quant à son profil, de la première moitié du XIIIe siècle (fig. 3 et 10). Le centre était évidé. Nous avons pu la mettre en relation avec des tambours de colonne taillés dans le même matériau, ainsi qu’avec un fragment de chapiteau lui aussi évidé.
Le creusement, préalable à l’aménagement de la citerne, fut d’envergure, il est donc possible que pour des raisons pratiques la construction des murs de la tour soit postérieure à cette dernière.
Le parement externe de la citerne est constitué de moellons de taille (calcaire miocène blanc) organisés en assises réglées et liés par un mortier de chaux 6. A ce jour, un nombre maximal de neuf assises est visible en élévation. Les joints sont fins. Les éléments de parement sont de forme trapézoïdale ou triangulaire, ils présentent une épaisseur comprise entre 15 et 20cm. ; une hauteur comprise entre 10 et 24cm. ; une longueur comprise entre 15 et 55cm. Notons que les gabarits les plus petits sont visibles dans la couronne de la citerne.
Le blocage interne est composé de cailloux, pour la plupart décimétriques, noyés dans le mortier. Ces éléments sont en basalte bulleux ou massif. Quelques rares galets de quartz apparaissent aussi. Parfois quelques blocs plus importants sont visibles, d’un gabarit pouvant atteindre 35cm.
Accotée à la citerne, contre son parement oriental, se trouve une rampe (fig. 3). Elle est composée dans sa partie basse de cailloux décimétriques en basalte (90 % de l’ensemble) et en calcaire coquillier (10 % de l’ensemble).
Dans la partie supérieure, très abîmée, les blocs sont plus importants, puisqu’ils atteignent un gabarit maximal de 40cm x 35cm. Cette rampe a certainement été construite antérieurement à l’aménagement des sols du rez-de-chaussée, et peut-être simultanément aux murs internes de la « tour ».
La fonction de cette rampe reste énigmatique. Elle peut être mise en rapport avec la collecte d’eau, ou l’évacuation du « trop plein » de la citerne. Elle n’est pas assez large pour permettre un cheminement pour un être humain ou un animal.
Le corps principal (fig. 11 et 12)
Il est constitué par un mur dont les fondations sont de largeurs inégales : 1m85 pour le côté septentrional ; 1m75 pour les côtés occidental et oriental ; 1m55 pour le côté méridional. Ces différences peuvent s’expliquer de la part des constructeurs par la volonté d’avoir un côté de la « tour » plus solide (au nord), celui donnant sur le plateau, plus facile à attaquer. Les murs, du moins ceux qui sont encore conservés avec toute ou partie de leur élévation, perdent en largeur pour ne plus mesurer que 1m30 sur leur sommet (mesure provenant du point culminant du mur sud). Ce rétrécissement n’est pas étonnant, il se remarque sur la plupart des forteresses. Une datation par le radiocarbone a été effectuée concernant les murs de la « tour », donnant une date comprise entre 1119 et 1385 7.
Le bâtiment devait posséder deux étages charpentés. Le premier devait être supporté par les murs du rez-de-chaussée. Son emplacement peut être marqué par un retrait dans l’élévation du mur oriental (fig. 12). Le deuxième étage était supporté par des poutres dont les emplacements sont visibles dans les murs oriental et méridional (fig. 12).
Les éléments constituants sont des blocs de taille en « pierre de Saint-Adrien », d’un appareil moyen se définissant comme suivant : 70cm. de long ; 40cm. de haut ; 40cm. d’épaisseur. Le module peut être plus modeste pour les parties concernées par les « meurtrières ». Au sommet, du mur occidental (fig. 11), nous voyons ce qui peut être une reprise d’élévation constituée de petits moellons équarris en basalte massif. Sur toute la hauteur le blocage interne est un mélange de cailloux et blocs bruts de basalte bulleux, noyés dans un mortier de chaux.
Les « meurtrières », telles que nous nous permettons de les qualifier, sont des petites ouvertures traversant le mur. Ces ouvertures ont une largeur oscillant entre 10 et 15cm. pour une hauteur comprise entre 35 et 40cm. Elles sont très rapprochées, puisque c’est souvent la largeur d’un moellon qui les sépare. Leur fonction a d’abord été interprétée comme un moyen d’aération du rez-de-chaussée de la « tour ».
Cependant il est possible que ces ouvertures aient permis le passage de poutres. Les « meurtrières » sont situées entre 100 et 105cm. de hauteur par rapport aux sols internes mis au jour. Une bonne hauteur pour pouvoir mieux déplacer des poutres supportant un plancher situé sur le chemin de guet extérieur. L’altitude des ouvertures varie d’un mur à l’autre. Nous pouvons nous demander si cela est dépendant de l’altitude des sols intérieurs de la « tour », ce qui est le cas pour l’instant, mais aussi des différentes altitudes d’un possible plancher existant au niveau du chemin de guet bas.
Au-dessus des « meurtrières », de plus petites ouvertures qui peuvent-elles aussi avoir participé au soutien d’un plancher. Cette théorie reste bien évidemment à travailler et des exemples similaires restent à recenser. Le défaut de ces percements et qu’ils tendent à fragiliser les murs de la « tour ».
Nous remarquons d’ailleurs que le mur nord, mis au jour lors de nos fouilles est détruit à partir du niveau des emplacements des solives. Doit-on voir une relation de cause à effet ?
La théorie d’un plancher qui aurait permis d’entrer dans la tour peut se confirmer par la présence de part et d’autre de l’entrée de deux blocs en grande partie détruits. D’une épaisseur de 30cm, d’une hauteur de 40cm, ils étaient pris dans la construction de la porte, débordant de 80 et 70cm. sur le seuil. Même à pied, il était difficile de franchir la porte sans aménagement supplémentaire. Un sondage effectué devant la porte a permis la mise en évidence de la tranchée de fondation. En aucune manière nous n’avons pu identifier une surface une circulation aménagée voire simplement damée. L accès à la porte devait se faire, soit par une rampe courant le long du mur de la tour, soit par un escalier, soit par un « chemin de bois ». Cette dernière hypothèse semble se confirmer par l’altitude des meurtrières du mur externe qui est la même que celui du pas de la porte.
A la base des murs occidental et méridional se trouvent des ouvertures d’une hauteur de 30cm. pour 18cm. de large. Trois sont connues à ce jour dans le hall d’entrée ; dans la salle 5 ; dans la salle 6. Les bases de ces orifices sont, soit situées à la même altitude que les sols, soit légèrement plus bas. Il est donc possible qu’il s’agisse d’évacuation d’eaux usées.
La porte fut présentée par la tradition locale comme une brèche pratiquée dans la muraille durant les guerres de religion. Le seuil a été dégagé et a permis d’identifier clairement la fonction de l’ouverture 8 (fig. 13). Le passage a une largeur de 2m20 ; la même largeur que la muraille de la tour qu’il traverse. Il est constitué de blocs en calcaire coquillier. Dans les pierres du seuil nous voyons un léger creusement de 7cm. de profondeur pour une largeur de 13cm. Sa fonction reste énigmatique à ce jour, mais il a pu participer à l’évacuation des eaux. Seuls les blocs de taille de la partie basse de la porte n’ont pas été arrachés, mais malgré la consolidation du mur après la deuxième Guerre Mondiale, nous pouvons encore voir l’empreinte des claveaux et autres éléments récupérés. La récupération a pu être faite lors de la construction du télégraphe à signaux visuels, durant la première moitié du XIXe siècle, mais aussi par les domaines alentours, puisque de nombreux blocs de grandes tailles (des claveaux notamment) sont en situation de remploi au domaine du Montrose, distant de moins d’un kilomètre. C’est donc certainement à cet endroit que l’on pénétrait dans la « tour », nous avons appelé cette partie du bâtiment le « Hall d’entrée », ce que les architectes qualifient de « seuil interne ».
La porte était vraisemblablement protégée par une bretèche de bois la surplombant et rendait plus périlleux tout effort d’enfoncement (fig. 11). Il ne reste rien de cette structure, si ce n’est deux trous de hourds visibles de part et d’autre de l’ouverture.
Nous n’avons aucune structure qui laisse penser à une porte aussi ou plus importante que celle du côté sud. Les meurtrières se retrouvent du côté occidental jusqu’au centre du mur nord (le côté oriental n’est pas assez conservé pour pouvoir affirmer leur existence à cet endroit). Un accès important na aucune raison d’être aménagé au premier étage. S’il en existait un dans cette partie de la tour, il a donc dû être de petite dimension.
Les murs internes (fig. 3)
Le rez-de-chaussée présente plusieurs murs le partageant en huit ensembles. Les murs sont liés à la terre, sauf au niveau de certains passages. Les blocs équarris qui les composent sont essentiellement en basalte bulleux ou massif (entre 70 et 90 %), les autres étant des éléments en conglomérat de basalte rubéfié, en grès ou en calcaire coquillier. Leur largeur est comprise entre 50 et 70cm. Malgré cette faible épaisseur, les murs devaient pouvoir supporter, au moins en partie, le poids d’un étage construit en bois. Des piliers les suppléaient dans ce travail. Un seul d’entre eux est conservé dans la salle 5. Ses éléments constituants sont des moellons de basalte massif liés au mortier de chaux. D’autres piliers ont pu disparaître.
Les passages (fig. 3)
Des seuils permettaient d’accéder à certaines pièces (fig. 14). A ces endroits les encadrements des portes aménagées simultanément aux murs sont constitués de moellons de taille en calcaire coquillier et les joints sont fins. Ces éléments sont liés aux murs par du mortier de chaux. Ceux des seuils, eux, ne sont pas toujours liés au mortier. A la différence des encadrements, on ne peut pas parler d’homogénéité dans leur mise en œuvre.
Sans aménagement particulier, est le passage entre les salles 6 et 7. Le mur, présente deux espaces séparés par ce qui peuvent être les vestiges d’un pilier. On remarque que ce mur est lié au mur oriental de la tour et qu’à l’origine il devait être prévu qu’ils soient de même épaisseur ce qui n’est pas le cas. Le mur oriental laisse apparaître l’accroche d’un retour qui n’a vraisemblablement jamais été construit (fig. 15). Les constructeurs ont-ils d’abord eu en projet d’élever une tour dans l’angle nord-est du bâtiment ?
A l’extrémité nord du couloir occidental, nous avons identifie ce qui peut aussi être un passage. Encadré par deux aménagements. Le premier, mis au jour en 1996 est un bloc taillé, de basalte massif, dispose à l’extrémité du mur séparant le couloir de la salle 1 (fig. 3). Le second élément du possible encadrement est constitué de moellons en calcaire coquillier. Nous n’avons pas poussé plus loin les investigations, un mur moderne se trouvant encore sur cette partie de la fouille.
Certains passages semblent avoir été obstrues très tôt, voire durant la construction, pour des raisons de solidité de la structure. C’est le cas de l’ouverture permettant un accès à partir du couloir occidental vers la salle 3 (fig. 3). Le passage mesurait 1m50 de large, c’est le plus important identifie à ce jour dans le bâtiment. Les encadrements étaient constitués de blocs de taille en calcaire coquillier, liés au mortier de chaux. Les matériaux participant à l’obstruction, et leur mise en œuvre, sont les mêmes que pour le mur originel.
Les sols (fig. 15)
Postérieurs à la construction des murs de séparation interne, les sols conservés sont de différentes natures. Autour de la citerne, le sol est constitué d’un mélange de gravier et d’argile damé. Ce matériau a été récupéré à une centaine de mètres au sud du bâtiment. Il présente une résistance certaine à l’écoulement des eaux. Immédiatement avant le dépôt des matériaux, un palier a été aménagé à l’extrémité orientale du couloir nord. Il semble que ce palier permette de descendre dans la salle 1. Cette dernière n’a été qu’en partie déblayée. Le niveau du sol de la pièce est plus bas que celui des autres salles identifiées. Sur le sol du couloir, un seuil et un bloc faisant office de crapaudine ont été déposés. Lors de notre exploration nous avons dégagé une couche de ce matériau meuble et mêlé de tessons céramiques. Il semble que le piétinement autour de la citerne et la présence régulière d’eau ait abouti à l’érosion du sol initial essentiellement présent sur les parties externes du cheminement. Nous devons donc envisager des recharges successives au cours du fonctionnement du rez-de-chaussée. Ailleurs, notamment à l’entrée, c’est un sol de mortier appliqué après la construction des murs qui est présent. D’autres pièces ont eu ce type de sol (salles 1 et 5). La couche de mortier, lorsqu’elle a été fouillée, ne dépassait pas les trois centimètres d’épaisseur. Malheureusement le sol a disparu en grande partie dans certaines pièces (salles 2, 5, 6 et 7). Seuls quelques lambeaux nous permettent d’identifier l’ancienne présence de mortier.
Dans les salles 3 et 4, les sols sont en terre battue. Dans la salle 4, le sol a régulièrement été nettoyé et rechargé. Il reposait sur une base de fragments de tuiles.
Les foyers ?
Un seul foyer médiéval a été découvert, dans la salle 4 (fig. 15 et 16). Il s’agit d’une simple dalle de basalte calée par des cailloux, eux aussi en basalte, dans le sol en terre. Lors de sa mise au jour, elle était recouverte d’une épaisse couche de charbon. Sa situation dans l’angle nord-est de la salle permettait l’évacuation des fumées par le puits de lumière présent au centre de la tour. Ce type d’aménagement sommaire nous fait prendre conscience que nous n’avons aucune trace de cheminée, il est possible que le bâtiment n’en ait jamais eu.
Les aménagements extérieurs
Il est logique de penser que les derniers aménagements du système défensif ont concerné le contour du bâtiment. Cela afin de faciliter les travaux de la « tour » elle-même.
Le fossé (fig. 17)
Il entoure l’édifice, à une distance de ses murs, sauf sur une partie de son côte méridional où se situe un passage permettant d’atteindre le chemin menant de Valros à Roujan. Pour l’aménager, il a fallu creuser le basalte sur une largeur minimale de 2m50 et une largeur maximale de 7m. La profondeur maximale connue, puisqu’il est en partie remblaye, est de 4m. par rapport au chemin de guet bas.
La première lice (fig. 18)
Destiné à protéger vraisemblablement le « chemin de guet bas » 9, le mur est constitué de moellons équarris en basaltes « bulleux » et « massif », et de « pierre de Saint-Adrien » 10. Cette première enceinte est épaisse de 50cm.
Les encadrements des « meurtrières » qui la percent sont composés de dalles et moellons en calcaire coquillier miocène. On remarque qu’elles sont aux mêmes altitudes et qu’elles font face aux « meurtrières » aménagées dans les murs de la le « tour ». Cela peut être encore un indice en faveur de l’existence d’une charpente soutenant un « chemin » de bois entre le mur de la forteresse et le mur bas.
La construction entoure complètement la « tour », sauf sur une partie du côté sud où un passage à été laissé pour la raison précédemment énoncée.
L'évolution de la Forcia
Le bâtiment a certainement subi des changements internes qu’il est difficile de dater. Il est aussi difficile de définir si les aménagements ont eu une incidence sur l’organisation de la vie dans la « tour ». Nous avons vu que l’un des accès à la salle 3 a été vraisemblablement condamné très tôt. D’autres modifications ont été effectuées. L’accès de la salle 5, depuis la salle 6, a été réduit dans sa largeur. Un muret construit en blocs de taille (calcaire coquillier) et moellons (basalte) a été construit contre l’extrémité occidentale du mur séparant les salles 5 et 6. La datation de cet ajout, de facture relativement soignée, est difficile. Il ne repose pas sur le sol sur lequel la plupart des murs ont été édifiés, mais sur un remblai simultané au comblement du couloir oriental et au sol de la salle 6. Nous pouvons toutefois observer que la céramique découverte dans le remblai n’est pas postérieure au début du XIIIe siècle. La fonction de la forcia était-elle la même qu’à l’origine au moment de cette construction ?
II semble qu’après son état de bâtiment militaire, la « tour » a encore été employée. D’abord, nous savons que la citerne a servi jusqu’après la seconde Guerre Mondiale, comme point d’eau. Quant à la « tour », elle a fait office de bergerie. L’obstruction de plusieurs salles (5 et 7) par des amas de pierres, tend à montrer que certaines pièces ont pu servir d’enclos. Une certaine vie a continué dans le bâtiment. Un foyer aménagé (fig. 15), découvert sur les vestiges du mur séparant antérieurement les salles 2 et 3, montre que le lieu a été habité. Si l’hypothèse d’un habitat reste fragile, celle du refuge reste envisageable. La découverte, autour du foyer aménagé, de fragments de gros récipients à eau (dourques) datables des XVIe et XVIIe siècles peut en être un des révélateurs. A ce jour, il n’y a pas d’autre trace de vie permanente postérieure au XIIIe siècle.
A partir de quand les murs ont-ils servi de carrière ? Vraisemblablement assez tôt, puisque la plus grande partie du comblement du rez-de-chaussée a certainement été effectuée lors des premières récupérations de matériaux appartenant à la « tour » : blocs de taille, de moellons, éléments de décoration, poutres… De plus, le bâtiment a servi de dépotoir jusqu’au premier nettoyage (en 1994). La partie supérieure du comblement de l’édifice est donc hétérogène, avec présences en certains endroits de pierres provenant de la « tour »,mais aussi des terrains alentours, de tuiles très fragmentées, dont il n’est pas possible d’établir si elles constituent les restes de la toiture originelle, et de terre.
Un nivellement a été certainement effectué lors de la construction du télégraphe de Chappe, dont la « tour » subsiste dans l’angle sud-ouest du bâtiment médiéval. A cette occasion, l’édifice a, encore une fois, servi de carrière. Les matériaux de constructions ont été prélevés sur place. Des blocs de tailles en calcaire coquillier sont visibles dans les angles de ses parements. Il est possible qu’ils proviennent de la porte.
Enfin, durant la seconde Guerre Mondiale, l’ancien télégraphe a reçu une antenne. Cinquante ans plus tard, le site en a reçu deux autres…
Nombre de ces épisodes ont eu une incidence sur les aménagements médiévaux. La « tour », aucunement protégée contre le vandalisme, continue à souffrir.
La céramique (fig. 19)
La céramique est l’élément prépondérant pour la datation des sols et remblais identifiés. Les types de productions céramiques présents dans le site sont connus. Ils ont fait l’objet d’une publication collective dans laquelle ils ont été décrits, référencés et classes (Leenhardt et alii, 1993). La présentation des découvertes sera donc établie en fonction des critères utilisés le plus couramment pour le Languedoc.
Les pâtes
La production principalement présente est la céramique grise, à pâte tendre, en général, peu cuite et dont la surface est souvent polie. La couleur change fréquemment, allant du gris au noir et au brun. Les types représentés correspondent à des pots à cuire, mais souvent à des vases à liquide munis d’un bec dont le type varie selon les microrégions (catégorie 4 de la typologie CATHMA). Il existe plusieurs variantes en fonction de la présence rare ou abondante d’inclusions.
La variante la plus présente, et qui est largement majoritaire par rapport aux autres types de céramique découverts à ce jour dans le site, est sableuse, assez dense, dure à très dure. Légèrement micacée, elle contient quelques grains de quartz et d’autre nature. La céramique relève d’une cuisson et d’une post-cuisson en atmosphère réductrice. Moins souvent la post-cuisson est oxydante. Enfin, très rarement la cuisson et la post-cuisson sont oxydantes. Cette céramique est très proche des productions identifiées dans le site du Garissou sur le territoire de Béziers, dont Valros fait partie. Cette céramique se rapproche du mobilier caté de la fin du VIIe siècle, voire du début du XIIIe siècle, dans l’Aude et dans l’Hérault. (Lécuyer, 1992).
Cette datation s’accorde avec l’époque de fonctionnement de la forcia. Les tessons découverts en relation avec les aires de circulations du rez-de-chaussée et plus particulièrement contre la citerne, attestent de l’utilisation de cette dernière durant le fonctionnement du système défensif, et pourquoi pas après l’abandon de la « tour » quand le site ne sert plus que de point d’eau.
Le second type de céramique le plus présent est proche de celui précédemment décrit. Il est d’abord considéré comme une variante de ce dernier (catégorie 4 de la typologie CATHMA). Ici, les inclusions sont rares et fines. La couleur va du gris au noir. Cette céramique est présente dans les couches où l’on trouve les céramiques à pâte grise tendre à inclusions de quartz. Elle est aussi présente dans les couches plus anciennes, comme le sol du cimetière. Ces productions sont datées des XVIIe siècles.
Un autre type assez présent, bien que moins fréquents que les deux productions déjà présentées, est la céramique orangée fine (catégorie 5 de la typologie CATHMA). Elle présente quelques inclusions blanches de type calcaire. La pâte est très dure. Cela résulte d’une cuisson en atmosphère oxydante et à température plus élevée. Les exemplaires mis au jour à Valros ont leur surface lissée et présentent pour beaucoup des traces de polissage. On retrouve cette production dans les couches les plus anciennes comme les plus récentes (comme celles liées à la citerne). Ces productions sont datées du Xe au VIIe siècle, mais il est possible qu’elles puissent être utilisées au début du XIIIe siècle.
Un autre type de céramique médiévale identifié présente une pâte grise fine à inclusions blanches de type calcaire. La pâte, dense, assez dure et sonore, contient des inclusions blanches (catégorie 3 de la typologie CATHMA). La surface est souvent lissée. Les formes sont souvent des pots globulaires, à cuire ou à réserve, et vases à liquide. Les exemplaires mis au jour à Valros sont peu nombreux et malheureusement présents dans les remblais postérieurs au fonctionnement militaire de la « tour ». Ce type de production est date du XVIIe siècle.
Le dernier exemple de production médiévale est la céramique à pâte kaolinitique. La pâte est dure, sonore. Elle contient de nombreuses inclusions grises, brunes et plus rarement blanches (catégorie 8 de la typologie CATHMA). Sa couleur de surface est gris clair à gris bleuté. Très rarement identifiée à Valros, elle a essentiellement été trouvée dans les remblais tardifs.
La céramique de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne se présente surtout sous l’aspect de gros contenant (dourques). Les pâtes sont souvent fines, de couleur rouge à orangée (jaune en surface). La présence de la citerne explique certainement la majorité de ces grands vases à eau.
Nous remarquons l’absence des productions glaçurées que l’on trouve dans l’habitat à partir du milieu du XIIIe siècle.
Les formes et les décors
Les formes ouvertes sont représentées essentiellement dans les céramiques grises tendres à inclusions de quartz. Les grands contenants ont des bords légèrement triangulaires ou verticaux. Les formes semi-ouvertes ou indéterminées se caractérisent par des lèvres horizontales à bord légèrement arrondi. Les formes fermées sont représentées par des bords verticaux, d’autres sont évasés, minces et curvilignes. Comme pour les grandes formes ouvertes, les grandes formes fermées ont des lèvres triangulaires légèrement obliques ou verticales.
Les becs sont pontés, pincés, ou tubulaires pour les gros vases. Les anses sont rubanées pour les vases de petite et moyenne taille. En ce qui concerne les gros vases à eau, les anses peuvent être décorées de digitations. Les fonds plats sont rares. La grande majorité est légèrement concave.
Les décors incisés ondés sont les plus présents sur les pièces de petite taille. Ils sont réalisés à l’aide d’une pointe de bâton lorsque la poterie, partiellement séchée, est placée sur le tour. Ce décor n’est pas spécifique d’une production, mais il est représenté à Valros par des productions en céramique grise tendre (avec ou sans inclusions de quartz). Les cordons, souvent digités, sont surtout présents sur les grosses pièces. Parfois, ils sont seulement incisés. Les traces de polissage sont surtout présentes sur les céramiques à pâte fine orangée.
Conclusion
Le site de la « Tour » de Valros a d’abord intéressé les archéologues grâce à son cimetière. Au cours de la première campagne de fouille, nous avons pu nous apercevoir que le bâtiment, donné pour inexploitable, avait encore quelques ressources d’ordre architectural. Nous avons dû pour les deuxième et troisième campagnes, adapter notre problématique à l’étude d’un bâtiment unique en son genre, en Languedoc du moins.
Le texte de 1199 ne nous donne pas la date de construction de la forcia. Les datations au radiocarbone donnent certes des dates anciennes (depuis 1119), si l’on admet que la forcia a été construite durant le XIIe siècle. L’abandon peut-être envisagé avant la seconde moitié du XIIIe siècle (absence de céramiques glaçurées dans les niveaux de sols). Les sols de la « tour » que nous avons pu explorer laissent apparaître une occupation au VIIe siècle et au début du XIIIe siècle. Le bâtiment n’aurait servi que durant quelques décennies, voire quelques années seulement. Bien sûr, il est toujours possible d’étayer cette hypothèse par les ravages du passage de l’armée royale en 1209. Lors du passage de l’armée française la forcia ne pouvait passer inaperçue.
Enfin, outre l’étude de la « tour », il faut rappeler l’existence d’un cimetière appartenant à la période carolingienne et en partie conservé. Il reste à tenter de définir son organisation, et découvrir s’il est dépendant d’un monument.
Bibliographie
Histoire Générale du Languedoc, tome V, 1840, Montpellier.
N. LÉCUYER, « Le Garissou villa et atelier de potiers médiévaux sur le territoire de Béziers (Hérault) », Archéologie du Midi Médiéval, tome 10, 1992, pp. 167-204.
M. LEEMHARDT, C. RAYNAUD et L. SCHNEIDER (dir.) : « Céramiques languedociennes du haut Moyen Âge (VIIe-XIIe s.), études micro-régionales et essai de synthèses », Archéologie du Midi Médiéval, tome XI, 1993, pp. 111-189.
S. MAUNÉ, « Valros, la Tour (Hérault)», D.F.S. de fouille préventive. S.R.A. Languedoc-Roussillon, 1994.
S. MAUNÉ, « Valros, la Tour (Hérault) », Bulletin Scientifique Régional du Languedoc-Roussillon, S.R.A. Languedoc-Roussillon, 1994, pp. 143-144.
D. PAYA, Valros, (Hérault) la Tour, D.F.S. de fouille préventive. S.R.A. Languedoc-Roussillon, 1996.
D. PAYA, La tombe et le cimetière en Languedoc au Moyen Âge, l’exemple du diocèse de Maguelone (VIe-XVIe siècle). Thèse de 3e cycle, dactylographiée, 1996, Montpellier III.
D. PAYA et J. HERNANDEZ, Valros (Hérault), la Tour, D.F.S. de fouille préventive. S.R.A. Languedoc-Roussillon, 1998.
D. PAYA et J. HERNANDEZ, Valros (Hérault), la Tour, D .F.S. de fouille préventive. S.R.A. Languedoc-Roussillon, 2000.
L. SCHNEIDER, Saint-Amans-de-Teulet (Le Pouget, Hérault), D.F.5. de fouille préventive, S.R.A. Languedoc-Roussillon, 1992.
Notes
1. Auna a nativitate Christi MCXCIX. Regnante rege Philippo, mense Augusti, ego Raymundus Rogerius vicecomes, per me et per haeredes et successores meos, consilio et voluntate Adelaïcis dominae matris meae, et Bernardi Pelapulli vicarii Biterrensis, et Arnaudi Raymondi vicarii Carcassonae, et aliurum procerum meorum, bona fidi, etc. concedo tibi Stephano de Cerciano et tuis, podium de Valrano cum pertinentiis suis etc. In preadicto verò castro vel forcia, ego praedictus vicecomes retineo mihi et meis potestativum meum, et justitiam sanguinis. Praescriptum verò podium seu gardam affrontat ex una parte in camino discurrente de Biterri ad Pedeniacium, exalia in camino discurrente de S. Tyberio ad S. Mariam de Fraxino. Causa verò majoris autoritatis et Firmitatis, ego praefatus vicecomes hanc cartam sigillo meo confirmo, similiter et ego Willelmus Biterrensis episcopus. Teste Helias abbas S. Affrondisii, Petrus de Villis-passantibus, etc.
2. Les descendants du seigneur possèdent encore un château sur la commune voisine de Servian.
3. Datation établie par le Laboratoire de Datations par le Radiocarbone de Lyon (Ly-6781).
4. Datation établie par le Laboratoire de Datations par le Radiocarbone de Lyon (Ly-87 12).
5. Professeur Émérite de Géologie à Bordeaux et citoyen de Valros.
6. Cette pierre provient certainement de Béziers.
7. Datation établie par le laboratoire de Datations par le Radiocarbone de Lyon (Ly-7599).
8. Lors de la fouille des remblais jouxtant l’ouverture, des grands clous à tête pyramidale peuvent être identifiés comme étant des éléments de renforcement d’une porte en bois épais.
9. La fonction de ce dernier est une possibilité de surveiller les alentours d’une, fortification en temps de siège en exposant les gardes aux armes de trait.
10. Le matériau est un conglomérat à éléments basaltiques et de ponce basaltique, à ciment calcaire, qui fut exploité à diverses époques dans la carrière de Saint-Adrien, située à 4km. vers le sud.
