La littérature locale au service de l’histoire des mentalités

La culture populaire de base, un monde à explorer ! Un pan de notre livre, Dix Villages, dix Visages 1, traduit ce souci. L’on y découvre une étonnante soif d’écrire dans le cadre de terroirs privilégiés – certains villages paraissent stériles en ce domaine – et en des genres aussi différents que les récits, les contes, les sornettes, les chansons, les proverbes, les promptes et vives réparties, les bons mots (Chassary), qui émaillent des revues comme la « Campana de Magalouna ». Considéré comme plus noble, l’art dramatique est pratiqué surtout par les Cournonterralais. Mais dans le milieu des villageois instruits, où l’on se pique de culture, les gens d’esprit tiennent la poésie pour supérieure à tout le reste, et nombreux sont ceux qui s’y sont essayé en lui donnant des formes extrêmement variées.

L’article suivant voudrait en apporter le témoignage par l’analyse de quelques-uns de ces nombreux écrits qui ont été publiés ou restent dans les tiroirs de leurs auteurs ou de leurs descendants. Bien sûr, ces « écrivains de campagne » y trouvent une gratification et en retirent une plus-value lorsqu’ils obtiennent quelques succès locaux ou régionaux. Mais là ne s’arrête pas leur projet : pour beaucoup, il y a dans ce geste, un engagement social au service d’une cause, un acte de militance même quelquefois, ou un acte de foi en Dieu ou en l’Homme qui rejoint alors la démarche politique et la vie religieuse.

La Louange du pays, de son passé et de sa langue

Chanter le village où l’on est né et où l’on vit, proclamer sa fidélité et son attachement à son petit pays, dire qu’il est le plus beau, le plus agréable, est-ce être chauvin ou fier de son berceau ? En tout cas, les chansonniers s’ingénient à le faire dans des hymnes à leur village – La Cournonterralaise par exemple – en marquant la supériorité réelle ou prétendue du lieu décrit par un trait particulier, comme le fait Léon Grollier dans la « Campana de Pignon ». La voix de la cloche qui l’emporte sur celle des autres villages montre la primauté de ce lieu :

« La terra tressana
Quand nostra campana
sona a grand balan.
S’ausis de Fabrèga
Tout en faguent léga
A la de Saussan.

La terre tressaille
Lorsque notre cloche
Sonne à grande volée.
Elle s’entend de Fabrègues
En rendant jalouse
Celle de Saussan.

Sa voués per oundadas
Monta sans escalas
De la terra au ciel
E soun tin brounzina
Jusqu’à la coulina
Que toca Murviel

Et sa voix, par vagues
Monte sans échelles
De la terre au ciel
Et son bronze vibre
Jusqu’à la colline
Proche de Murviel.
 »

C’est encore M. Mayneau, curé de Murviel qui compose en 1824 un long éloge de paroisse, avec son origine immémoriale, ses vignes et ses fruits, « la sagesse de ses vierges », « la religion de ses jeunes et de ses vieux, du berceau à la tombe ». Et en guise de conclusion, d’écrire :

« Nul bourg à ses côtés n’élève un front rival ».

Et chacun doit s’y trouver à son aise :

« Enfin, tout homme né dans ce sol délectable,
Doit y bénir le ciel de ce don ineffable.
L’étranger qui l’habite y voit tout son bonheur,
Contemplant ses bontés, ses charmes, son bon cœur.
 »

Cournonterral mérite les louanges de Claire Bonnier qui écrit dans son poème, dédié à son voisin le félibre Bastide de l’Oulié, des vers occitans que défigure la traduction :

« Chante ta joie, ô mon village
Cournon, monte dans la clarté
De l’enthousiasme de ton passé
Tu as conservé l’héritage.
 »

Mais c’est surtout Danton Cazelles qui a bien mérité de sa patrie à travers ce manuscrit « enluminé » où, dans une cinquantaine de textes, il exprime son amour pour sa « Ville Affranchie » :

« Moun Cournou, ma citat poulida,
Moun nis caud, ma maïre carida,
Maï qu’un autre pais siès beu !
 »

Comme tous les félibres de Cournon, il vante son glorieux passé. Tel est en effet le lot de cette « vilote », si l’on en croit la tradition qui évoque l’impérissable souvenir du passage d’Annibal dans cette cité, ce qui lui aurait valu son nom : Cur non ? Pourquoi pas ? Ne montre-t-on pas la fontaine où le héros carthaginois s’est désaltéré 218 ans avant Jésus-Christ et la pierre « annibenca », « bu butarou » où il a attaché son cheval ?

Plus fondée est cette réputation d’ancienneté pour Murviel, grâce à son oppidum préromain, qui inspire au poète local un grand hymne à la cité enfouie qui revit dans son imaginaire splendeur :

« Viens suis-moi, parcourons cette ville si belle…
Le chef-d’œuvre de l’art partout s’y déployait
C’était le vrai foyer de la magnificence.
 »

Et l’auteur d’entrevoir le palais de justice, l’Aréopage, le Panthéon, le Temple de Minerve et celui d’Apollon « décorés de reliefs autour du frontispice » et de conclure :

« Non rien n’était plus grand sous la voûte des cieux,
Ce n’était que palais dominant nos vallées.
 »

Ce n’est plus Murviel, c’est Rome ou Constantinople ! Il est vrai que les découvertes faites par J.-C. Richard et son équipe depuis les années 1980 ne donnent pas tout à fait tort à l’auteur.

Ce peut être aussi des poèmes de guerre à la louange de la France, comme le « Pro Patria » de Pierre Barrairon :

« Oui, la France vivra, malgré toi (le Teuton), malgré tout,
Car nous avons encore en main plus d’un atout.
 »

De même, durant le conflit de 1914, Bastide de l’Oulieu écrit une marche-chantée, mise en musique par Gratien Arbousset, la Nationale où il exalte l’union sacrée et oppose « la fierté d’un loyalisme humain aux actes criminels d’un peuple germanique ».

A la louange d’un passé, plus ou moins imaginaire et du pays, grand ou petit, s’ajoute celle de la langue, bien vivante alors, au XIXe siècle. La défendre est une vieille préoccupation. Jacques Roudil, au XVIIe siècle, en porte le souci. Disons un mot de ce personnage : il est né à Montpellier, en 1612, deux ans après l’assassinat d’Henri IV, dans une famille protestante. En l’année 1643, date où trépasse Louis XIII, il épouse une Pignanaise, Marie de Fargues, fille de Thomas, docteur en droit et avocat, petite-fille d’un ancien bayle de cette localité. La famille y possédait une maison et une propriété. Jacques, homme de justice, cultivé, possédant parfaitement le latin, « franchiman » par profession, va défendre la langue d’Oc, son « gavach », comme il le dit un jour : « Un langage qu’es cour, espressis, fort é dous, enfatiq, agreable, aboundant, patétiq, emb’ un mout admirable, qu’un home que la sap parla divinomen ». Roudil a d’ailleurs composé un « Dictionnaire patois du langage de Montpellier », pour apprendre le francais aux patoisants qui « l’escaraugnent » et le sens des mots qu’ils entendent aux « franchimans », pour qu’ils puissent les comprendre. Lui-même versifie dans l’une et l’autre langue 2.

De tels éloges du parler maternel ne cessent de revenir au cours des siècles. Claire Bonnier, la félibresse de Cournon, écrit dans son Éloge de Bastide de l’Oulieu :

« Oï ! Segnoureja lenga d’Oc
Filha dau sourel, ô divina !
Que caligna la mar latina
Dins nostre sangs as pris racina
Siès encrada dins bu roc.
 »

Du village encore sont louées les particularités et les richesses, par exemple, l’extraordinaire talent des musiciens de Murviel, inégalables et inégalés dans les bourgs de France, la qualité de leur musique étant même parfois jugée supérieure à celle de certains grands orchestres de concerts parisiens, si l’on en croit Loquet. Certes, il galège consciemment. Mais il est vrai qu’il est fier de sa troupe musicale.

C’est en chantant cette langue, cette terre, ses valeurs morales que l’on adoucit son sort, pas toujours drôle. On a au moins une richesse, son pays et sa terre. Et ca, on ne peut l’enlever facilement au pauvre, et le riche ne s’en flatte pas moins.

Le travail, la peine des hommes, les récoltes

Parmi les produits du terroir qui nourrissent et qui font vivre, la vigne a une place à part et dans les œuvres rencontrées, elle occupe un rang exceptionnel. Rares sont ceux qui, comme Catrix, se font les défenseurs d’autres cultures comme l’olivier (1901). La vendange demeure l’un des thèmes favoris de nos poètes et en 1654 le citadin Roudil, propriétaire à Pignan, ne manque pas de la célébrer dans un long poème, en « patois », il en chante les préparatifs : on s’affaire à réparer les tonneaux que l’on recercle et que l’on imbibe et dont on vérifie canelles et robinets. Les mules sont apprêtées, les paniers et les corbeilles préparées, les couteaux affûtés. Et puis, c’est le travail de la cave, avec le pressurage : « le marc pleure et lette son sang » et le premier vin que l’on goûte. Mais la vendange faite sous le signe de Bacchus, quelle joie de retourner auprès de son épouse sous le signe de Vénus 3.

Cent trente ans plus tard, Rigaud reprend le même thème dans « las Vendémias de Pignan » 4, sous un jour moins réaliste. Il s’agit d’une passade emplie de personnes mythologiques qui se mêlent aux vendangeurs. Bacchus, Vénus, Pomone, Pan, sans oublier Aurore, président à des travaux qui ont une allure de jeu, aux relents quelque peu érotiques, parfois :

« Ara qué Phébus dédins l’ounda
A rescoundut sa testa blounda
Qué Phébé sous bu firmamén
Perména soun globé d’argén
Aprouchas, garcous et fiétas ;
Vaou célébra las amourétas

Et las pénas et las doucous
De nostrés bons véndémiadous.
Saouprès cé qué fan, ce qué disou,
Qu’oura plouroun et qu’oura risou,
Et couma as plésis dé Bacchus
Savou jougné bus dé Vénus.

Ce Bacchus est ainsi mis en scène :
« O Diou ! Qu’as per trone una bouta,
Per septre un gabel a la man
Ournat dé rasins dé Pignan,
Toun counfidén és ta boutéia…
Ta courouna és un viel pagnié !
 »

Claire Bonnier, sans renier les dieux – Bacchus et Vénus – pratique un lyrisme plus vivant et moins stéréotypé, pour chanter le vin :

« Du soleil, il est le baiser !
De la terre, la chaleur.
Le bon vin de nos aïeux !
Feu et pourpre son manteau
S’étend dans la cuve et brille dans nos verres.
 »

Et du cep paradisiaque, on passe, tout naturellement, au Sang du Christ sur l’Autel, qui « pour nourrir le pauvre humain, partage avec le Pain la sublime destinée » 5. L’on retrouve ce même thème chez P. Bécat, et P. Brunel écrit, dans un poème primé aux jeux floraux du vin, en 1935 :

« Per maï t’enaussa dins la gloria
Nostre-Segne te consignet,
E couma soun sang te prenguet,
E, quand bu pretra au sacrifici
Te signara dins bu calici
O nostre vi tant agradiu
Seras devengut nostre Diu. »

(Pour t’élever au faîte de la gloire, Notre Seigneur t’a bien choisi, Et comme son Sang il te prit. Et, quand le Prêtre au Sacrifice, Te bénira dans le Calice, O notre vin délicieux, Tu seras devenu notre Dieu.)

Mais le travail de la terre et ses fruits n’ont pas le monopole de la louange. Loquet, le télégraphiste de Murviel 6 chante, non sans humour, son ouvrage quotidien dans « l’Abis a l’Emplegat dau telégrapha », en ces termes : « Garda te dourmi, prengès pas trop de bi, couchate de boun’oura, escouba la poussièra. Faguès pas ches de faoutas, ni pichotas, ni naoutas. » (Garde-toi de dormir, ne prends pas trop de vin, couche-toi de bonne heure, balaye la poussière. Ne commets aucune faute, ni petite, ni grande.)

Mais l’on évoque aussi la dureté de la vie, dans certaines circonstances dramatiques, en particulier lorsque la récolte n’est pas bonne ou la vente mal assurée. Les crises économiques et sociales entraînent un ton grave et engagé pour la chanson et les poèmes, comme ce fut le cas de Peyrottes dans le Clermontais.

Ici, la place de Catrix de Pignan est importante. Rappelons ce que nous avons écrit à ce sujet dans notre livre sur ce village L. Catrix ne craint pas d’y faire intervenir la question sociale, lui qui, rappelle-t-il en 1901, « a défendu toute sa vie le droit sacré du prolétaire, contre ceux qui se croyaient parvenus au rang des grands propriétaires ». Dans son poème, « Oubriès et Parbengueuch », il décrit d’abord « Lou tort das Oubriès » puis « Lou sort das Parbengueuch ». Aux ouvriers et aux parvenus, il adresse de vives critiques au sujet de leur comportement.

Aux premiers, il reproche de se laisser entraîner par la politique : « Ouvriers, ce qui fait votre malheur, c’est la politique qui vous rend enragés », mais surtout de se laisser manipuler par des gens intéressés qui les embrigadent sans peine, lorsqu’ils ont besoin de leurs voix. Pour les faire changer d’opinions, il suffit de leur taper sur l’épaule. « Rien qu’un mot vous entortille (entourtibia). Ouvrier, prends garde ! Le jour qu’ils auront besoin de toi, ils te promettront monts et merveilles, puis, quand tu auras agi selon leurs vœux, ils ne te regarderont plus ».

Alors L. Catrix leur donne des conseils : « il faut être des hommes avant tout, avoir chacun ses principes et les défendre jusqu’au bout »… « Ne pas se laisser aveugler par de belles petites paroles… Ne pas se laisser monter la tête. Cherche d’abord ton intérêt et puis ne t’occupe pas du reste… Pense plutôt si à la maison il y a du pain sur la planche ».

On pourrait penser que ce texte se veut démobilisateur pour la classe ouvrière. Après réflexion, nous en sommes arrivés à la conviction qu’il n’en est rien. L’auteur veut plutôt inviter les ouvriers à ne pas suivre les patrons sur le terrain de la discussion. Leurs adversaires y sont plus habiles et, en jouant sur la flatterie et en recourant aux promesses, ils les entraînent à leur suite, le jour des élections venu.

Aux parvenus, aussi, L. Catrix fait la lecon. Qu’ils remisent leur morgue. « Beaucoup d’entre vous, leur dit-il, qui vous croyez grands, demain vous serez dans la misère; lorsque vous serez dans le pétrin, vous serez bien contents que (les ouvriers) vous rendent service. Ne les méprisez donc pas 7. »

Même argument développé lors du carnaval de 1906 par Jean Dumas de Cournonterral ; « L’oubrié, de quès gué demandan ? de traval ou dé pan. Sabès qu’un péda defamia, cargat de 4 ou 5 efans, pot pas douna un moucel de pan, de beide aco la maïda se grasia. » (Que demande l’ouvrier ? du travail ou du pain… vous savez qu’un père de famille chargé de 4 ou 5 enfants ne peut pas (leur) donner un morceau de pain. De voir cela, la mère se mange ».

1907 et ses drames favorisent aussi l’expression de la misère. Le poème prend alors un ton vengeur ou suppliant. Sur l’air de la Marseillaise, Martin Crouzet appelle à l’union :

« Voulèn au mens en travailhant
Faïre manja nostra familha.
 »

(Nous voulons au moins, en travaillant
Faire manger notre famille.)

Et le leitmotiv revient, lancinant :

« Voulen de pan, crevan de fam,
Car la misèra, nous faï la guerra.
 »

Et G. Pons, l’autre félibre de Fabrègues écrit la « Plenta dau Miéjour ». « Nous demandons un prix raisonnable pour le vin que nous récoltons et le châtiment redoutable pour tous ceux qui font des contrefacons. Guerre aux fraudeurs ! Nous triompherons dans l’union. » Le propos n’est pas original, mais il incarne bien le sentiment de lassitude et de colère.

Pierre Brunel, dans « lou Mas Respelis », met en scène en 1936 un ménage de viticulteur qui a perdu son enfant. Dans l’espoir d’une situation meilleure, il est parti « chez les franchimans ».

En effet, au foyer, il ne reste plus un sou. Le vin demeure dans les cuves, les économies ont fondu. Or « il faut payer, toujours payer. Il faut vendre, non donner, des terres si belles, terres qui pour moi étaient la moitié de ma vie ». Mais ici l’enfant prodigue reviendra. Cette pièce jouée le 15 août 1936 par les jeunes artistes de l’Amicale Murvielloise 8 reflétait une situation courante alors, le retour en moins.

A ce genre de difficultés, P. Barrairon trouve sinon un remède, du moins un secours, dans « L’Idéal Mutualiste », « inspiré d’un amour qui nous rendra tous frères » (1925).

L’engagement politique n’est pas absent de ces textes et sous le crayon ou la plume du poète paysan de Murviel se mêlent à des considérations religieuses la louange de sa « Majesté Royale », tout en fustigeant sévèrement les Républicains anticléricaux dans ce que l’on pourrait appeler « La Marseillaise royaliste de Murviel » avec ce vers si percutant : « Soyons bien fort réactionnaires, pour défendre la religion. »

La poésie populaire s’engage aussi – l’homme tout entier y est concerné – au service du sentiment religieux. La louange du seigneur et des saints va s’exprimer dans des cantiques, comme ceux de P. Grollier dans son Hymne à saint Agapie 9 ou de M. Crouzet à saint Baudile :

« Toutes en cur mounten a l’ermitage
Anen préga lou grant saint dau païs
Que de tout mau préserva lou village.
 »

A Pignan, c’est Pau de l’Euze qui chante la Vierge Marie en un poème dédié à Mgr de Cabrières et l’abbé Coste qui compose le cantique à Notre-Dame de la Paix, le 27 avril 1896 :

« Pignanen e catoli, nostra fé n’a pas fali
Seren a toun roc béni, Pignanen e catoli.
 »

Pierre Brunel dédie un chant de foule à la Vierge Marie lors d’un grand rassemblement des jeunes Héraultais à Lourdes :

« Catolis et paysans, caminan, caminan, toujours davan,
Dins lou Christ séguen amis, es dau ciel bu drech cami.
 »

Dans sa pièce, « Lou Mas Respelis », ce même auteur fait chanter l’Angélus à ses personnages :

« L’archanjou canta per convida
La Vierja sauta à nous sauva.
Ave, Ave, Ave Maria.
 »

Dans l’Armanac de Mount-Pélié de 1900, Paul Deleuze et Bastide de l’Oulieu expriment leur soumission à Dieu. Le poète protestant s’exprime ainsi :

« O moun Dieu, per tant que soufrigue
Per tant que ta man me pentigue (châtie)
Me resigne a moun sort
 10 »

La forme poétique a même été utilisée, au début du XIXe à Pignan, comme langage apologétique. D. Jullien, instituteur protestant dans ce village, écrit en effet en 1828 un poème de plus de vingt pages pour convaincre un athée de son erreur : « Ayant fait un sonnet contre un athée, cela me donna l’idée de composer une dissertation sur l’existence de Dieu. ». « L’Athée cessant de l’être ou Charles et Théophile » porte en sous-titre : « Conversation entre deux amis sur l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme et la rédemption par Jésus-Christ. » Et la conversion réussie, vient la louange d’action de grâces :

« Béni soit l’Éternel, gloire, honneur d’âge en âge,
De ce qu’il a jugé, dans sa bonté si sage
Que je fusse en ses mains un heureux instrument
Pour retirer tes pieds de leur égarement.
 »

Amour de Dieu, mais aussi amours humaines, amour de la maison, de la petite fille, si belle, de l’épouse, de l’amante. Si Roudil chante sans cesse sa Rozinde – son épouse Marie de Fargues – il y va de sa rime en faveur de la princesse de Conty, nièce de Mazarin :

« Miracle de beauté, merveille de notre âge, Object que tout le monde a raison d’admirer, Vous n’avez pas besoin des fards pour vous parer La nature à ce coup à raffiné l’ouvrage…

Où que vous paraissiés a toute heure il est jour Tout homme qui vous voit vient malade d’amour Votre œil blesse, guérit, fait mourir, ressuscite 11. »

C’est bien dans le style du temps ! Quant à Rigaud, il chante les « Amours de Montpellier » les amourettes des jeunes filles :

« Vésés couma trefoulis, de poudré quitta sa mèra Sap que soun galan l’espera. Mais bouta se trouvaran, per tan que siègue rusada, Sa mèra sera troumpada. »

L’amour rend rusé. Qu’y pourra la mère ?

Le thème est trop connu pour que l’on y insiste. Mais retenons encore ce trait. A la jeune fille qui se cache et que l’amant croit apeurée, l’Amour répond : « Se rescoun per se fara cerca. » (Elle se cache pour se faire chercher). C’est jeu, non peur.

Les « Cants Nouviau », pour les mariages abondent : Pons, Bastide de l’Oulieu, Crouzetou tournent le compliment pour affirmer que « la famille est le temple idéal, où retentissent des psaumes plus doux au cœur que tous les baumes des farfantaïres de siaumes. »

Amours campagnardes, amours romantiques aussi, comme dans « Primevères du Pignanais Pierre Barrairon, petit opuscule publié en 1916, qui dépeint dans Le Rondel des vieux châteaux » l’image d’un passé prestigieux et nostalgique. Dans ce même livret le sentiment de la nature s’exprime, en prenant un air verlainien, dans Automne Méridional :

« J’admire la campagne où l’automne agonise, Avec ses ors tremblants aux sarments suspendus 12. »

… ou encore dans Fin d’Automne :

« Les jardins sont muets, la plainte métallique De l’eau dans le bassin donne un frisson glacé Et des jasmins défunts monte mélancolique Une odeur de passé. »

La nature est un thème qu’affectionnent certains de ces poètes-paysans comme P. Bécat avec Primavera, Beu Printens, Moun Oulivada, ou Georges Icart 13. Ce dernier se met à écrire après la mort de son épouse et il ne se sent inspiré que sous ses oliviers du tènement des Ifs. Ii met en scène des animaux familiers : la vieille chèvre Blanquette qui s’est montrée si fidèle, le vieil âne, la nichée du rossignol.

Mais la bonne chère n’est pas oubliée. Pierre Barrairon s’en fait le chantre lors des banquets républicains : « Les mets si somptueux dont cette table est pleine, semblent s’offrir à nous en nous tendant les bras. » Ce n’est ni très original, ni très logique, mais la rime de festin n’est pas nécessairement la plus riche. La plume en tout cas ne manque pas de finesse dans le dessin original qui l’accompagne. La chanson populaire ne va pas toujours dans ce sens-là.

De l'humour à la parodie

De la bonne chère, nous glissons naturellement à la fête, et surtout à sa partie parodique que permettent les jours gras. On se rappelle l’histoire de la vieille fille de Pignan, persécutée par la jeunesse et les enfants, qui doit faire appel à la sauvegarde royale pour trouver la paix, ou des charivaris comme celui qui est fait à Philippe Marioge, habitant de Montpellier, à l’occasion de son mariage avec une Pignanaise, Catherine Barral. La chanson se fait injurieuse.

« Se sou be empressas
D’intra en congulage,
Gougnou, cougnou, double cougnou,
Las banas te rebalou jusqu’au foun dau cuou.
 »

La parodie peut prendre d’autres formes moins dures, encore qu’avec Loquet les femmes de Murviel semblent traitées avec une rigueur et une sévérité sans pareilles. Dans son poème Murviel avant la Décollation, qui comporte plus de dix pages de vers, il s’en prend à elles, en les accusant de laisser leur maison à l’abandon durant onze mois de l’année pour tout remettre en ordre pour le jour de la fête. Alors tout est rangé, astiqué, nettoyé et les toilettes ruineuses et parures somptueuses font leur apparition.

L’on voit alors les femmes de Murviel, incarnant selon l’auteur, la vanité, parader et se pavaner, leur fille au bras, couvertes de « fagots de rubans », revêtues de tartans à queue traînante, de robes de couleurs éclatantes, de souliers superfins, appelés « brodequins », coiffées de grands bonnets et affublés de mille dentelles. Bagues de diamant, grands colliers d’or ou d’argent, brillants, pendants d’oreille, agrafes de couleur vermeille, on porte alors, pour ces fêtes « tout sur soi », en quelques précieux bijoux. Le poète fait semblant de s’offusquer de ce luxe et de cette opulence :

« Vous verrez paraître l’orgueil
Sortant aujourd’hui de la messe.
Vos femmes sont-elles chrétiennes ?
Non !, elles ne sont que mondaines !
 »

Mais le poème, dans sa finale se retourne contre les maris :

« Je vois pour mériter ce blâme
Bon nombre d’hommes qui sont femmes.
 »

On comprend alors que le poète, à l’instar du fabuliste, se veut moraliste, mais en même temps qu’il s’agit d’un jeu que l’on aurait bien tort de prendre tout à fait à la lettre 14.

A Pignan, ce sont, avec Catrix surtout, de perpétuels duels en chansons que se livrent, selon la tradition carnavalesque, mariés et célibataires, comme nous l’avons montré dans « Pignan en Languedoc ».

Autres types de poème populaire : le trait d’humour savoureux comme cette page de David de Murviel qui met en scène Sophie une vieille fille imposante, « rete coum’un salsifi », la soixantaine bien sonnée, qui a entendu son confesseur lui dire : « Sé boulès gagna la missioun, tu caudra séguir la retraita » et qui confond la retraite qui s’impose pour un temps de réflexion chrétienne avec la retraite aux flambeaux donnée pour la fête de Jeanne d’Arc. La « vieille » s’essouffle, à n’en plus pouvoir, à suivre la musique militaire qui scande le déplacement. Pauvre Sophie ! « Dins soun cerbel tabanetja un’estrilla », « garda soun sérious coum’un car que faï dins la cendra. » (Dans son cerveau s’agite une araignée… elle garde son sérieux comme un chat qui « fait » dans la cendre.)

Restent encore ces bons mots consacrés à la moquerie des villageois à l’égard de leur voisin de communes. A la raillerie des Pignanais sur la fête de la Décollation de Saint-jean-Baptiste répond la raillerie des Murviellois qui leur prêtent la prière à saint Agapie déjà citée ou qui mettent en scène les « dévotes » de Pignan, faisant allusion à un événement précis, les Inventaires probablement, avec la chanson suivante dont l’orthographe et la graphie sont plus que douteuses :

« Dedins Pignan s’es fach faussés miraclès
Ne s’en fach un que n’es lou supérieur
Se soun battuts couma de biligassés
Dedins la gleisa couma de bouleurs.

Lou capelan resachès dos calottas
Lou coumissari n’en manquet o péri
Din aquel tems tout’aquellas débotas
Prégabou Dieu per soun sont Agapi.
 » 15.

Et la moquerie se termine en blague. Des Pignanais, l’on disait jadis : « où que tu ailles, tu en trouveras un », ce qui faisait dire à Blancou, « lou Messorguiér », c’est-à-dire le hâbleur, « Quand Christophe Colomb est arrivé en Amérique, savez-vous ce qu’il y a trouvé ? Un Pignanais. » 16 C’est de la veine des Fabréguois dont nous avons déjà parlé. L’on plaisante de cette facon en racontant l’histoire du Médecin de juvignac ou du berger de Caunelle sans parler des nombreuses charges contre les inénarrables « Bouzigaus ».

Du bon usage de la littérature locale

Voilà, nous avons fait le tour de quelques poèmes et de quelques auteurs. Il y a dans ce domaine beaucoup à fouiller. Cette nouvelle forme d’archéologie n’en est qu’à ses débuts. A quoi peut-elle servir ? Certains de ces textes peuvent avoir une valeur littéraire ou historique. Ce n’est pas pour rien que le professeur Marcel Barral a fait des œuvres de l’abbé Fabre le sujet de sa thèse 17 et qu’Emmanuel Le Roy Ladurie a tiré d’un conte du même auteur la matière de son volumineux ouvrage « L’Argent, l’Amour et la Mort en Pays d’Oc » 18. Ce n’est pas sans raison que le même Marcel Barral a fait paraître les œuvres de Roudil, ce poète Montpelliérain du XVIIe siècle qui entretint de si bons rapports avec Pignan. A. Rigaud, l’auteur des « Vendanges de Pignan » n’est pas non plus inconnu des critiques littéraires. Des auteurs comme Pierre et Léon Grollier, Claire Bonnier, Maurice Olivier et d’autres ont laissé des ouvrages imprimés qui se trouvent dans les bibliothèques et l’on peut tirer de leurs livres d’intéressants sujets de mémoires.

Mais il en est d’autres, les Loquet, les Catrix, les Brunel, les Icart, les Bécat, les Tinière… qui risquent de tomber dans l’oubli, une fois leur génération éteinte. Qui s’en souviendra ? Tout au plus leur famille. Il faut donc s’intéresser à leurs œuvres et les rassembler. Mais méritent-elles d’être connues ?

Sur le plan strictement littéraire, ce n’est pas toujours évident. La rime n’est pas riche, l’orthographe quelquefois – c’est rare – bien hésitante et le style « occitan » ne l’emporte pas toujours sur la tournure francaise, encore que parfois on attache une certaine importance à certains de ces textes pour leur langue. Ainsi, à propos de Léon Grollier, la très docte revue de Roque-Ferrier, le Félibrige Latin, écrivait en 1890 : « La Campana de Pignan sera pour les philologues et les félibres la photographie très précise de l’idiome actuel de Pignan ». Et d’ajouter : « Il n’est pas jusqu’aux assonnances du poème qui ne soient, elles aussi, le témoignage probant de la vérité de la langue et de la poésie de M. Grollier et qui ne révèlent la gracieuse et naturelle variété des vers. » 19 Disons d’ailleurs, en incise, que l’existence de ces écrivains populaires permet de constater l’efficacité de l’école primaire, publique ou privée 20, qui a su, non seulement apprendre à écrire à tant de gens, mais aussi et surtout leur donner le goût de la poésie, du théâtre et, pour certains, de l’écriture personnelle.

Mais l’intérêt de ces textes ne se limite pas à ce constat. Ils révèlent l’âme d’un peuple, les préoccupations d’une époque, qui rejoignent souvent celles des hommes de tous les temps, offrant ainsi un caractère universel et pas seulement local. Ils traitent en effet de thèmes universels mais avec l’accent du terroir. Ces œuvres traduisent, d’une manière simple et imagée, la révolte, la soumission, le rêve d’un instant, la vision d’un passé idyllique. Elles reflètent les mœurs du temps, celle des ancêtres aussi. Dans la parodie, le sarcasme, s’exerce la revanche des gens simples qui n’ont la parole que lors du carnaval. Les sentiments de l’ouvrier, qui clame sa peine et ses difficultés, transparaissent aussi. Et du point de vue de l’historien ou du sociologue, ce sont souvent les plus pauvres, les plus humbles qui nous apportent le plus pour la connaissance vraie du passé. Fini le temps où l’attention portée au témoignage tenait à la pure valeur littéraire, qui seule avait l’estime des « intellectuels ».

En les faisant connaître, on ne peut que contribuer à mieux comprendre les hommes de chez nous, leurs idées, leurs mœurs. Sous des apparences banales, sous un style souvent maladroit se cachent des vérités qu’il ne faudrait pas laisser sous le boisseau. Par exemple, on peut conclure de ces recherches que nombreux sont ceux qui ont aimé la poésie, la chanson ou le théâtre qui fut pour eux un passe-temps individuel ou collectif, aussi important que la pétanque – ou plutôt les boules – et le pastis ou l’absinthe – l’un n’empêchant d’ailleurs pas forcément l’autre, bien sûr. Il y va, en effet, souvent, d’un phénomène de « bande ». Ces écrivains forment au village des sortes de cercles ou de groupes de « farceurs » comme Imbert, Crouzet et Ponsou à Fabrègues. Ils aiment se réunir pour le carnaval, mais aussi autour d’une scène, comme le font les Fabréguois, dont nous venons de parler, au « mas du Vatican », ainsi nommé parce qu’il était la propriété d’un ancien zouave pontifical. Il en va de même à Cournonterral autour de Tinière et de Curnon-Artiste. Ses membres se font eux-mêmes les supporters et les acteurs de leurs œuvres. Autour d’eux, ils assemblent musiciens, peintres et amateurs d’art et, tous ensemble, passent de longues soirées à discuter au café qui leur sert de siège ou à la « Bastidette de l’Oulieu », surtout le dimanche après midi. On trouve chez eux l’idée que la nature est un théâtre et ils créent un « théâtre de la nature ». Le fait que Curnon-Artiste ait été précédé par un groupe qui s’appelait « le Chat Noir » en dit long sur leurs prétentions. Un groupe d’artistes, rien de moins ! De, plus, chacun des écrivains fait partie d’un groupe plus large, Ecoles locales, comme celle de Cette ou Parage de Montpellier, qui véhiculent, à leur tour une certaine forme d’esprit. L’historien aurait bien tort de délaisser de telles sources.

Il se trouve d’ailleurs parfois qu’elle est le support de la mémoire historique. Nous n’en voulons pour preuve que la complainte suivante due, selon Danton Cazelles, à Ugéne de Gazagna, et qu’on se répétait sous le Second Empire pour garder en tête un événement tragique, le « brûlement » du Temple de Pignan, en 1815 :

« Je me souviens qu’étant enfant,
Ils brûlèrent le temple de Pignan.
Il faut être plus que canaille
Pour brûler la maison de Dieu.
 » 21

Le fait que ce poème ait été écrit à Cournonterral montre que chez les protestants du village l’on tenait à garder un esprit de vigilance. D’ailleurs en 1947, Danton Cazelles y va de son commentaire en citant ces vers : « Cela vous retracait les heures malheureuses du temps trois fois maudit des luttes religieuses entre enfants adorant le même Dieu. Quand toi tu lui dis Vous, moi je lui dis Tu ».

En outre cette littérature, pour mineure qu’elle puisse paraître, s’adresse à un milieu précis dont elle reflète les valeurs et l’idéologie. Elle les véhicule, en particulier dans les pièces de théâtre, forme éminemment populaire chez nous. Celles-ci ont été écrites pour être jouées par des groupes bien typés, ostensiblement cléricaux et blancs ou anticléricaux et républicains. Le but des écrivains catholiques engagés, comme Joseph Bonnier à Cournonterral ou Pierre Brunel à Murviel est, tout en charmant un public friand de scènes ou de revues, d’aider les écoles libres à vivre et ainsi à affirmer leur attachement à un mode de transmission des valeurs. Les écrivains républicains, comme P. Barrairon pour le Cercle Républicain de Pignan ou A. Tinière par exemple, ne sont pas en reste pour défendre un régime qui symbolise pour eux le progrès, la tolérance, la fin de l’obscurantisme, la fraternité. Il arrive même qu’à Cournonterral, la troupe de Cornon-Artiste joue un peu partout pour payer une amende consécutive à un procès perdu par des socialistes qui avaient osé, vers 1928, sortir le drapeau rouge lors d’une manifestation patriotique 22.

Rechercher et présenter la littérature populaire, ce n’est donc pas céder à une mode qui assouvirait cette soif de tout collectionner, parce que c’est ancien, même les pires médiocrités. C’est au contraire se doter d’un outil aussi indispensable à l’historien et au sociologue que les documents plus spécifiques ou plus élaborés. L’histoire des mentalités a tout à y gagner, si l’on sait utiliser ces sources pour son plus grand profit.

Notes

   1. L. Secondy et alli, Dix Villages, dix visages, Entre Coulazou et Mosson, Histoire comparée de dix communautés rurales de l’Ouest du Montpelliérais, Montpellier, Impr Jaf, 1985.

   2. Jacques Roudil, Œuvres Poétiques languedociennes et francaises, publiées par Marcel Barral, Entente Bibliophile, Montpellier, 1982 et 1984, Deux tomes. Nombreux textes sur Pignan et quelques autres villages de notre région, à propos de personnages illustres de Saint-Jean, de Cournon ou de Fabrègues, par exemple.

   3. Ibid, Les Vendanges de Pignan en l’an 1654, op. cit. p. 116-119.

   4. Obras coumplétas d’Augusta et de Cyrille Rigaud, Virenque, 3e édition, 1845, p. 1 à 15.

   5. Poème manuscrit, archives privées, 3 juillet 1932.

   6. Archives privées, Mesdemoiselles David, Murviel.

   7. L. Secondy, Pignan et Languedoc, op. cit. 342.

   8. Lou Parage de Mount-Pelié, n° 11, p. 39, juillet-septembre 1936.

   9. P. Grollier, Poésies diverses, chez l’auteur, 1875, Montpellier.

   10.   Armanac Mount Pelieirenc, 1900, p. 148, pour Deleuze, et 23 pour Bastide.

   11.   J. Roudil, op. cit., p. 75.

   12.   Pierre Barrairon a publié des poèmes dans plusieurs journaux comme L’Eclair et laissé quelques manuscrits. Il y chante la mort (Le Glas, les Chrysanthèmes), la nostalgie (Rondel des vieux châteaux, fin d’automne) la fête au mazet, plaisir dont nous n’avons pas parlé mais qui est la forme la plus ancienne du pique-nique de nos villages, la chasse… (Archives privées, M. et Mme Gauthier, Pignan).

   13.   Cahier manuscrit, archives privées, Madame G. Icart, Murviel.

   14.   Archives privées, M. Sudre, Murviel.

   15.   Souvenirs de M. Deleuze de Murviel qui m’a chanté cette chanson en 1984.

   16.   Propos rapportés par X. et E. Bonnier de Saussan et recueillis par M. Chouilly, cassettes.

   17.   Marcel Barral, J.-B. Favre (Fabre), sa vie, son œuvre, Montpellier CEO, Université P. Valéry, 1971.

   18.   E. Le Roy Ladurie, l’Argent, l’amour et la mort en pays d’Oc, le Seuil, 1980. Rappelons pour comprendre cette allusion que l’abbé Fabre (ou Favre) fut curé de Cournonterral de novembre 1773 à novembre 1780.

   19.   In le Félibrige Latin, 1890.

   20.   Notons que Bastide de l’Oulieu a fréquenté exclusivement l’école protestante du village, classe de M. Fabre. Il y a appris à bien écrire, c’est indéniable.

   21.   Danton Cazelles, manuscrit, archives privées, Mme P. Durand.

   22.   Témoignage de Madame P. Durand de Cournonterral.