La laïcisation des écoles primaires publiques dans le Gard : Étapes, portée et limites d’une réforme
La laïcisation des écoles primaires publiques dans le Gard :
Étapes, portée et limites d’une réforme
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La laïcisation de l’enseignement public, telle qu’elle a été entreprise en France à partir de 1882, résulte de trois séries de mesures relativement indépendantes les unes des autres, la laïcisation des programmes établie dès mars 1882, la laïcisation des locaux entamée la même année, enfin la laïcisation des personnels, mise en œuvre systématiquement à partir de 1886 bien qu’elle ait, commencé sous une forme spontanée avant cette date. C’est cette dernière surtout que nous étudierons. La laïcisation du personnel des écoles primaires publiques est en effet un élément essentiel de la politique scolaire des républicains car elle vise à éliminer de l’enseignement public les représentants directs des Églises.
Comme beaucoup de processus historiques, la laïcisation des maîtres relève à la fois d’initiatives venues d’en bas, de la société civile, et de l’application de mesures législatives ayant un caractère obligatoire, contraignant. Nous nous efforcerons de préciser comment s’opère l’interaction de ces deux processus : quelle est la part de la laïcisation volontaire, ou spontanée, et celle de la laïcisation obligatoire, et du même coup, quelles sont les étapes de la laïcisation ? Comment celle-ci a-t-elle été reprise en compte, vécue dans les communes ? Pourquoi laïcise-t-on, pourquoi refuse-t-on de laïciser ? Enfin, quel est le résultat, c’est-à-dire la place que l’école primaire laïque a pu conquérir, quelles sont les zones franchement hostiles, les bastions de la résistance. Lorsque l’Église a organisé celle-ci, qu’a-t-elle pu préserver.
Même si notre étude concerne l’école publique, seule touchée par la législation laïque, il ne sera pas superflu pourtant d’examiner rapidement les répercussions du processus de laïcisation sur l’école libre.
I) Un département « divisé de culte », mais majoritairement républicain
La présence dans le Gard de deux communautés confessionnelles longtemps antagonistes, entre lesquelles la population est inégalement partagée, accroît l’importance de l’école comme enjeu politique, avive les susceptibilités et les craintes.
Sur 430 000 habitants à la fin du Second Empire, on compte 120 000 protestants (28 % environ de la population totale) et 310 000 catholiques. Une petite communauté israélite de 350 personnes environ se partage entre Nîmes pour l’essentiel, Pont-Saint-Esprit et Alès. Le rapport des forces entre les deux confessions dominantes varie selon les localités. Les protestants sont majoritaires le long d’une grande diagonale qui traverse le département du NO au SE, de Saint-Jean du Gard à Vauvert. De part et d’autre de cette diagonale, on a affaire à des cantons toujours divisés de culte selon la terminologie de l’époque, mais où les catholiques sont majoritaires. C’est là que se trouvent les principales villes (Nîmes, Alès, Uzès, le Vigan). Enfin l’est du département, le Gard rhodanien, est entièrement catholique.
La diversité religieuse retentit sur l’organisation scolaire. Dans les communes les plus importantes, la question est résolue par une division des écoles en fonction du culte. Ainsi à Nîmes, il existe, en 1879, 11 écoles catholiques congréganistes (6 de garçons et 5 de filles), 11 écoles protestantes (7 de garçons et 4 de filles) et 2 écoles israélites. Lorsqu’il n’existe que deux écoles comme à Saint-Césaire, hameau de Nîmes, celles-ci relèvent des deux confessions dominantes, ce qui les conduit d’ailleurs à être mixtes quant au sexe des élèves et à rassembler chacune des élèves d’âge très différent, non sans inconvénient pour l’enseignement. Enfin lorsque la commune n’a qu’une seule école, celle ci relève nécessairement de la confession majoritaire. Les tensions sont fréquentes alors à l’intérieur du village. La confession minoritaire demande avec instance l’ouverture d’une seconde école. La municipalité la refuse en alléguant des difficultés financières (celles-ci s’aggravent en cette époque de phylloxera). Aujargues en 1869, Aigues-Vives en 1874 sont confrontées à de tels problèmes. La division des écoles peut avoir d’autres inconvénients à Nîmes par exemple, bien que les protestants aient tendu au cours du XIXe siècle à se regrouper dans l’ouest de la ville, les deux confessions principales sont présentes dans tous les quartiers ; de ce fait l’école du quartier, protestante ou catholique, ne correspond pas à la religion d’une partie des habitants. Les protestants surtout sont désavantagés par cette ségrégation scolaire.
Rappelons enfin qu’avant la laïcisation, toutes les écoles protestantes sont dites laïques du fait de la qualité de leurs maîtres. Les écoles catholiques se divisent en congréganistes et laïques, selon qu’elles sont ou non tenues par des religieux. Le processus de laïcisation des personnels ne concerne donc que des écoles catholiques et une partie de celles-ci seulement. En 1879-80, on dénombre dans le Gard 259 écoles publiques congréganistes contre 493 écoles laïques, soit 34,4 % du total des écoles publiques. Mais le rapport des forces entre écoles congréganistes et écoles laïques est assez différent selon qu’il s’agit des écoles de filles ou de garçons ou mixtes, alors que 58,8 % des écoles publiques de filles sont dirigées par des congréganistes en 1882.
Ajoutons que les congréganistes dirigent surtout des écoles urbaines à Nîmes, Alès, Pont-Saint-Esprit, Salindres, Uzès, certaines depuis le XVIIIe siècle, à Nîmes par exemple. Les frères et les religieuses, vivent en communauté, exercent de préférence dans des écoles â plusieurs classes. Les communautés sont plus à même que les individus de traiter avec des municipalités. Enfin, les maîtres congréganistes, payés à un taux inférieur à celui des laïques, coûtent moins aux communes, avantage pour celles-ci surtout si elles ont rendu leurs écoles gratuites, renonçant ainsi au bénéfice de la rétribution scolaire.
Jusqu’en 1886, la laïcisation des personnels des écoles publiques dépend essentiellement de la situation politique au sein des municipalités. On doit donc rappeler l’évolution qui affecte les mairies entre 1874 et 1883. Par la loi sur les maires en 1874, le gouvernement s’est donné le moyen de nommer les maires hors du conseil, et donc d’exercer lourdement sa tutelle sur les municipalités. Tant en 1874 qu’en 1877, il a révoqué des dizaines de maires, dissous de nombreux conseils municipaux du Gard : en 1874, 71 maires et 34 adjoints sont révoqués, 57 maires encore en 1877, tandis que 32 conseils municipaux sont dissous, la même année.
En revanche à partir de 1881, le parti républicain entreprend la reconquête systématique des mairies. Alès avait été conquise dès 1874, Nîmes l’est en 1880, Uzès et Le Vigan en 1881. Après les élections de 1881, seuls 7 chefs lieux sur 37 demeurent dans les mains de l’opposition conservatrice ou royaliste : Sumène, Saint-Ambroix, Saint-Gilles, Marguerittes, Trèves, La Grand-Combe et Bessèges. Les républicains contrôlent désormais 70,2 % des municipalités. En 1883, une poussée radicale complète ces résultats : 58 municipalités situées essentiellement dans les arrondissements d’Uzès et d’Alès passent aux mains des radicaux (Anduze, Lédignan, Bagnols, Roquemaure, Saint-Chaptes, Villeneuve-lès-Avignon). Cette conquête est évidemment favorable aux progrès de la laïcisation.
Enfin, le département du Gard a participé activement au mouvement pour la promotion de l’instruction populaire qui a marqué les débuts de la IIIe République. Pour ne donner qu’un exemple, en 1871-72, la pétition en faveur de l’obligation, de la gratuité et de la laïcité de l’enseignement primaire, organisée par le Cercle parisien de la Ligue de l’Enseignement et soutenue par les journaux républicains, a obtenu dans le Gard un succès considérable (plus de 29 000 signatures 3e rang des départements par le nombre des signatures par rapport à la population). Un peu plus tard, à partir de 1879 surtout, des sociétés du sou des écoles laïques sont créées aussi bien dans des, villes ou gros bourgs (Pont-Saint-Esprit, Bagnols, Le Vigan, Saint-Gilles, Beaucaire) que dans des villages (Gallargues, Moussac, Aimargues).
C’est donc en fonction de ces rapports de forces complexes que nous devons examiner le processus de la laïcisation des écoles tel qu’il se déroule à partir de 1878 surtout, après la victoire républicaine. Mais on ne peut en comprendre les étapes sans se référer à la législation. Celle-ci permet de distinguer plusieurs phases dans le processus de laïcisation.
II - Les étapes de la laïcisation
Avant la loi d’octobre 1886, la laïcisation du personnel d’une école publique dépend essentiellement de la volonté des municipalités et de l’acceptation du préfet : les municipalités peuvent émettre un vœu quant à la qualité des enseignants (laïques ou congréganistes) qui doivent enseigner dans les écoles de la commune. Le préfet suit ou non ce vœu après avoir consulté l’inspecteur d’Académie. A l’époque de l’ordre moral et jusqu’en 1877, les préfets refusent la laïcisation, encouragent même l’installation de maîtres congréganistes. Au contraire, à partir de la fin de 1877, le Gard est administré par des préfets républicains. Ils suivront les municipalités avec plus ou moins de détermination ou de fougue selon leur tempérament, Gizolme, préfet à partir de décembre 1877, est un libéral. P. Dumarest, ancien rédacteur du journal républicain, la Liberté de l’Hérault sous le Second Empire, se conduit en républicain militant. De Girardin, nommé en février 1882, est plus modéré.
A partir de 1886, les conditions de la laïcisation du personnel des écoles publiques se modifient sensiblement. La laïcisation spontanée, trouvant son origine dans la volonté des municipalités demeure bien entendu possible et elle est même fréquente, mais la loi de novembre 1886 introduit désormais une obligation qui entrera en vigueur progressivement, de façon différée.
L’article 18 de la loi précise en effet qu’aucune nomination nouvelle soit d’instituteur, soit d’institutrice congréganiste, ne sera faite dans les départements où fonctionne depuis quatre ans une école normale, soit d’instituteurs, soit d’institutrices. Pour les écoles congréganistes de garçons, cette obligation est immédiatement applicable, l’école normale de garçons ayant été créée dès 1831. Elle le devient rapidement pour les écoles de filles puisque l’école normale de filles est ouverte en 1883. Ainsi à partir de 1887, si une institutrice ou un instituteur congréganistes décèdent ou abandonnent leur fonction, ils ne peuvent être remplacés que par un maître laïc, que la municipalité le veuille ou non. Enfin, en tout état de cause, la laïcisation des écoles de garçons doit être complète cinq ans après la promulgation de la loi, c’est-à-dire à la fin de 1891.
L’évolution de la législation et celle des conditions politiques générales permettent donc de distinguer trois grandes phases dans la laïcisation des personnels des écoles du Gard.
- la phase des laïcisations refusées, quand la volonté de laïcisation’ présente dans les communes est combattue ou entravée par le préfet (de 1871 à 1878).
- la phase de laïcisation spontanée de 1878 à 1886 c’est la volonté des communes qui l’emporte.
- enfin la phase de mise en œuvre de la législation de la laïcisation. C’est alors l’état des sources permet le mieux d’apercevoir la diversité des motivations qui poussent à la laïcisation comme les mobiles des résistances.
A) L'époque des laïcisations refusées
On y perçoit que le mouvement en faveur de la laïcisation a été, comme dans d’autres régions de France antérieur à la mise en œuvre par le gouvernement de la politique républicaine. Dès avant le 4 septembre 1870, la municipalité de Beaucaire cherchait à ouvrir une école laïque pour faire pièce de l’école des frères. De nouvelles initiatives sont prises après le 4 septembre. A Montfrin, sous la direction du nouveau maire Ulysse Larrey, déporté en décembre 1851, le Conseil municipal délibère dès octobre 1870 pour demander le remplacement des maîtres congréganistes par des laïques, ce qui lui est refusé. Le maire s’en indigne le 31 octobre 1870 : « Sous la République vendue par des misérables, envahie par l’étranger, dominée par le parti jésuitique, le maire de Montfrin n’accepte pas les subterfuges académiques ».
Ces initiatives, au départ très minoritaires, deviennent plus nombreuses à l’époque de l’ordre moral. La pression du pouvoir et du clergé en faveur de l’école congréganiste permet à celle-ci de renforcer ses positions : en 1877, le nombre des écoles congréganistes de garçons dépasse nettement celui de 1868 (+16). Ces progrès irritent les municipalités, surtout dans les communes « divisées de culte ». Elles ripostent par une fronde municipale, notamment à l’occasion du vote du budget : à Lasalle, à Brignon, les conseillers municipaux refusent de mandater les traitements des institutrices catholiques ; à Vauvert, à Aigues-Vives, le conseil s’oppose, pour autant qu’il le peut, à leur installation dans les écoles de la ville. Enfin les républicains essaient, comme l’avait conseillé Jean Macé, de susciter des initiatives individuelles ou collectives : pour concurrencer les écoles publiques congréganistes dans les quartiers catholiques de Nîmes, les groupes républicains du chemin bas d’Avignon essaient en 1879 d’ouvrir une école laïque libre de filles.
Dès 1878, mais surtout après l’arrivée du préfet Dumarest, les municipalités républicaines ont beaucoup plus de chances d’être entendues, de voir respectés leurs désirs. On entre dans l’ère des laïcisations spontanées.
B) L'ère des laïcisations spontanées
Est-ce à dire qu’alors le pouvoir n’intervient pas, sauf pour suivre le vœu des municipalités. On se gardera de le croire. Le gouvernement fait surveiller plus étroitement le clergé congréganiste. Dans un bon nombre de communes, la nomination des instituteurs congréganistes, des adjoints surtout, n’avait pas fait l’objet de procédures régulières et ces enseignants ne répondaient même pas toujours aux conditions d’âge et de moralité exigées. Les sanctions se font également plus fréquentes contre des maîtres congréganistes pour des motifs divers : brutalité (trois cas), initiatives de caractère politique dirigées contre des municipalités républicaines, à Alès notamment (5 cas), excès de pouvoir (un cas), attentat à la pudeur (un cas). De septembre 1879 à novembre 1883, sept directeurs d’écoles congréganistes sont révoqués (Pont-Saint-Esprit, Saint-Gilles, Rochebelle, La Grand-Combe, Alès [rue Taisson], Saint-Ambrois, Génolhac) ; deux instituteurs ou institutrices sont également révoqués, quatre sont suspendus, cinq, réprimandés, une institutrice congréganiste est interdite d’enseignement.
Les sanctions peuvent aller jusqu’à la laïcisation des écoles, surtout après 1882 lorsque les congréganistes ne respectent pas la loi de mars 1882 sur la laïcité des programmes. Le 22 novembre 1886, un arrêté préfectoral laïcise l’école publique de filles de Saint-Privat-de-Champcles (canton de Barjac). L’inspecteur primaire a visité l’école à 10 h du matin, début novembre. Il a trouvé quinze élèves dans la cour sans surveillance, quinze autres dans la classe chantant des cantiques. Dans cette école on tenait un « cahier de cantiques » malgré la laïcisation des programmes instaurée en 1882. Cette violation caractérisée de la loi vaut une réprimande à l’institutrice et entraîne la laïcisation.
Toutes ces interventions du pouvoir, beaucoup plus fréquentes qu’auparavant, et rendues publiques, encouragent évidemment les municipalités. De ce fait, le mouvement de laïcisation spontané des écoles, qui résulte de l’action des municipalités, prend un puissant essor. Nîmes et Alès en fournissent deux exemples excellents. A Alès, les instituteurs congréganistes faisaient de l’opposition à la municipalité républicaine, réélue en 1878 après sa destitution lors de la crise du 16 mai 1877. Cette municipalité (coalition de simples libéraux, de républicains opportunistes et de radicaux) laïcise le personnel des écoles de garçons de la ville en octobre 1879 non sans provoquer une crise au sein du conseil. La décision fait grand bruit, suscite même une polémique nationale (dans le Monde, le Figaro et même au Sénat) car le local d’une des écoles, celle des frères de la rue de Taisson n’avait été donné à la ville autrefois qu’à la condition d’y installer des congréganistes. Les frères obtiennent de récupérer leur local en octobre 1881.
A Nîmes, la municipalité élue à une faible majorité en 1874 et réélue en 1878, était en totalité conservatrice et dominée par les légitimistes. Mais en juillet 1880, le maire A. Blanchard refuse de convoquer le conseil municipal pour organiser la célébration de la fête du 14 juillet. Il est alors suspendu, puis révoqué. Un peu plus tard, le conseil municipal est dissous pour s’être solidarisé avec les congréganistes expulsés. Une commission municipale républicaine, présidée par le banquier Ali Margarot, dirige la ville. Elle supprime dès novembre 1880 les bourses accordées aux institutions de l’Assomption et de Saint-Stanislas et les transfère au Lycée. Le 9 janvier 1881 de nouvelles élections municipales ont lieu. Cette fois la ville a été divisée en sections électorales ; les républicains emportent la majorité des sièges. Ali Margerot demeure maire ; il est assisté de trois adjoints catholiques et d’un protestant. Dès le 23 janvier les élus républicains au Conseil municipal votent, malgré les réserves de certains catholiques républicains comme l’avocat Manse, un vœu en faveur de la laïcisation du personnel des écoles. Leur argumentation est modérée et classique la laïcité de l’école rapproche les enfants au lieu de les désunir. L’enseignement religieux sera de toutes façons donné par le prêtre ou le pasteur dont c’est « la mission spéciale ». Enfin, la laïcisation du personnel permettra de nommer dans les écoles des maîtres réellement qualifiés. Sur ce point l’argumentation ne manque pas de pertinence : à Nîmes, dans les écoles de garçons, 22 adjoints sur 25 n’ont pas le brevet de capacité et c’est aussi le cas d’un des directeurs d’école. Aucune institutrice congréganiste n’est brevetée. Sur les cinq écoles de filles congréganistes, quatre sont jugées médiocres par l’Inspecteur d’académie.
Le préfet Dumarest suit naturellement le vœu de la municipalité le 21 avril, il nomme des institutrices laïques dans les classes occupées par les congréganistes (les institutrices protestantes restent en place). Les processus de laïcisation est donc très simple : alors que les gouvernements antérieurs favorisaient la pénétration des congréganistes dans les écoles, le nouveau gouvernement républicain agit au profit des maîtres laïques, mais ce sont les communes qui gardent l’initiative. Rappelons qu’à cette date, aucune mesure de laïcisation des écoles (ni des programmes, ni des locaux, ni des maîtres) n’a encore été prise au plan national.
C’est ce type de processus qui l’emporte jusqu’en 1886. A cette date quel est le bilan des laïcisations spontanées ? La statistique nationale de l’enseignement primaire pour 1886 dénombre 547 instituteurs publics dans le département. Parmi eux 53 frères seulement. De 35 % du total des maîtres de l’enseignement public en 1879-80, le pourcentage des instituteurs congréganistes est tombé à 9,6 % en 1886. La laïcisation a donc beaucoup progressé. Les frères demeurent en place dans les communes de tradition catholique de l’est du département surtout, à Barjac, La Roque, Connaux ou dans des communes minières et industrielles : La Grand-Combe, Robiac, La Vernarède, Salindres. Le Sud et l’Ouest du département sont à peu près complètement laïcisés.
Chez les institutrices en revanche, la laïcisation est moins avancée. On compte encore 182 institutrices congréganistes sur 576 maîtresses d’école publique, soit 31,59 %. Mais si on compare ce pourcentage à celui de 1879-80 (67 %), on mesure les progrès accomplis dans la phase de laïcisation spontanée. Ces institutrices se répartissent sur une aire un peu plus large, l’est du département, les communes industrielles, mais aussi un plus grand nombre de bourgs de l’ouest du Gard (Alzon, Lanuéjols, Blandas) et un plus grand nombre de chefs- lieux (Aigues-Mortes, Alès, Remoulins, Pont-Saint-Esprit, Uzès, Saint-Hippolyte-du -Fort).
C) La laïcisation obligatoire
La troisième phase de laïcisation, qui s’étend à partir de 1886-7, est le résultat de la mise en œuvre de la loi de 1886. Une première date doit nous retenir : 1891, le terminus annoncé pour la laïcisation des écoles publiques de garçons. Effectivement, à cette date, dans le Gard, cette opération est à peu près achevée. A la veille de l’échéance, en novembre 1890, il ne restait que huit écoles publiques congréganistes de garçons, dont la laïcisation est décidée presque immédiatement. Dans les écoles de filles, en revanche, demeurent encore 106 institutrices congréganistes (sur 570 au total), soit 18,5 % des institutrices publiques au lieu de 31 % en 1886 1. 57 écoles congréganistes de filles, sur les 68 qui subsistent, font partie du champ des laïcisables. Après 1891, l’élimination des congréganistes ne progresse que lentement. De 1890 à 1898 (sources continues et assez, fiables), on constate un net déclin de la laïcisation spontanée au profit de la laïcisation obligatoire. Le mouvement continue pourtant inexorablement : en 1898, il ne reste plus dans le Gard que 37 écoles congréganistes publiques, toutes de filles (tableau I).
Pendant cette période, l’origine des laïcisations est toujours diverse. Elles procèdent d’abord de l’application de la loi qui interdisait, on l’a vu, de nommer de nouvelles institutrices congréganistes en cas de décès ou de départ. Tel est le cas à Ponteils en décembre 1890, à Castillon-du-Gard en janvier 1891, au Pin le 1er mars 1892, à Salindres dans l’été 1892, à Pujaut en 1894, à Campestre enfin en 1896, où la sœur, âgée de 67 ans, qui dirigeait l’école, désire jouir d’un repos mérité 2. Il arrive parfois que les communes protestent : à Salindres où la laïcisation suit le décès de la directrice de l’école congréganiste, l’application de la loi fait l’effet d’une bombe et suscite la protestation du conseil municipal et du maire A.R. Péchiney : les sœurs de Besançon – déclare ce dernier – dirigent l’école depuis 33 ans, ont la confiance de la population, obtiennent de bons résultats au certificat. La laïcisation des écoles de garçons, opérée cinq ans auparavant dans la ville, a entraîné le départ des élèves pour l’école congréganiste libre 3. Réaction identique à La Capelle Masmolène où les conseillers municipaux utilisent même un argument plus politique : « Ce serait une révolution dans notre commune et le progrès de la population vers l’idée républicaine qui va jusqu’ici en s’accentuant tous les jours serait complètement enrayé 4 ». Les électeurs républicains de Sumène eux-mêmes ne sont pas suivis lorsqu’ils demandent que le préfet laïcise l’école de filles et non celle de garçons 5. L’administration applique la loi de façon inflexible.
Mais, à côté de ce processus d’origine légale, le mouvement de laïcisation spontané se poursuit : ainsi à Saint-Marcel de Carreiret en août 1892, à Saint-Bonnet, près de Remoulins en décembre 1892, à Roquemaure où les conseillers municipaux républicains ont décidé, tardivement, pour des motifs plus politiques que scolaires de demander la laïcisation de l’école congréganiste de filles 6.
Enfin il arrive que la laïcisation soit réclamée par des individus ou des groupes sans caractère officiel : des pères de familles républicains de Verfeuil dénoncent en mars 1892 les sœurs qui « au lieu d’apprendre à nos enfants la grammaire, l’histoire, ne leur enseignent que le catéchisme, la prière et des cantiques » (dix ans, notons-le, après la laïcisation des programmes). Bonnefoy-Sibour, député, intervient pour appuyer la demande. Le préfet voit dans l’opération une manœuvre électorale, mais estimant la laïcisation « sans inconvénient », donne satisfaction aux républicains de Verfeuil 7.
Parfois la laïcisation de l’école congréganiste vise à rétablir dans une commune ou un hameau l’égalité entre les cultes : dans un hameau de La Vernarède, La Canebière, majoritairement protestant, la Compagnie des mines cesse d’entretenir l’école protestante ce qui oblige les enfants protestants à fréquenter l’école congréganiste. La laïcisation de cette dernière, demandée par le pasteur Liotard assure aux deux cultes un égal traitement 8. Quand le pouvoir n’est pas forcé d’appliquer la loi, soit qu’il s’agisse d’une école maternelle, soit que la Commune ait moins de 500 habitants et ne soit donc pas forcée d’entretenir une école, l’administration est plus prudente, même lorsque des pressions politiques s’exercent sur elle. Ainsi la laïcisation de l’école de Camas (canton de Quissac) demandée par le Conseiller général Mourier et présentée par lui comme nécessaire au progrès du parti républicain dans la commune, est refusée 9 car le conseil municipal peut supprimer l’école si on élimine les congréganistes. De même dans le cas de l’école de Belvézet (canton de Lussan), malgré une demande des pères de familles appuyée par le député républicain F. Crémieux, l’administration est réservée : l’école laïcisée ne recevrait qu’un ou deux élèves 10. On aborde ici les limites de la laïcisation, qui seront évoquées plus loin. Il arrive enfin, cas-limite, que le départ des congréganistes soit demandé par le prêtre lui-même, en conflit avec les religieuses de l’école congréganiste à Saint-Siffret, près d’Uzès, l’abbé Barre, prêtre républicain, demande la laïcisation de l’école de filles. « Maudite école ! Depuis peut-être vingt ans, des religieuses tenant cette école n’ont jamais cessé de mettre le désordre dans la commune (…) ». Une solution transactionnelle est trouvée par le déplacement des sœurs.
III - La résistance de l'Église catholique
Il était évident que l’Église catholique n’allait pas accepter sans réagir la laïcisation des écoles congréganistes. La réaction pouvait être politique (des protestations, des manifestations). La résistance pouvait aussi se situer sur le terrain de l’école elle-même par création d’écoles libres. Ces deux formes d’opposition à la laïcisation sont présentes dans le Gard, mais la seconde est infiniment plus efficace que la première. A Nîmes, peu de temps après la décision du préfet laïcisant, les écoles de la ville, une manifestation est organisée le 29 avril 1881 par les royalistes à l’occasion du départ des frères pour la maison-mère d’Avignon. Des leaders du parti royaliste, de Bernis, de Saussine, y sont présents, ainsi que des abbés, des femmes, des enfants. Quelques royalistes intransigeants sont arrêtés parmi lesquels de Régis. La manifestation est cependant sans lendemain 11.
L’ouverture d’écoles congréganistes libres constitue une riposte plus efficace. Dès l’année 1881, les frères des écoles chrétiennes ouvrent trois écoles de garçons, les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, de Saint-Joseph-des-Vans, ainsi que les dames de Saint-Maur, huit écoles de filles 12. Pour être concurrentielles à l’égard de l’enseignement public, gratuit depuis de longues années à Nîmes, ces écoles devaient être gratuites. Il fallait donc rassembler des fonds. L’évêque, Monseigneur Besson crée une caisse de secours, constitue des comités de soutien dans lesquels il fait entrer des notabilités de la ville ou du département. Il déclare avoir dépensé en huit ans, pour les écoles de Nîmes seulement, plus de 700 000 F. Dès mai 1881, il a, nous dit-il, reçu 87 341 F et dépensé 40 948 F pour soutenir 30 écoles libres dans le département 13. L’évêque veillait d’ailleurs à garder le contrôle sur cette action et, semble-t-il, craignait qu’elle ne lui échappe : « J’ambitionne – écrit-il en 1882 – de demeurer l’âme et l’inspirateur de toutes choses. Vous vous réunirez tous autour de moi, n’oubliant jamais que la divine constitution de l’Église n’a aucun rapport avec la politique ni avec le suffrage universel, et que c’est l’Esprit Saint qui a proposé les évêques au gouvernement de leur Église 14 ». Il ne renonçait d’ailleurs pas à peser sur l’enseignement public lui-même pour résister à la laïcisation des programmes. Aux maîtres de ce dernier, il disait : « On vous demandera de faire des leçons de choses comment parlent (sic) les pédagogues modernes. Vous montrerez à vos élèves les plus belles choses qui soient au monde, le ciel avec ses profondeurs étoilées, la mer avec ses abîmes dont la grande voix ne se tait jamais (…) vous montrerez toutes ces choses et vous direz c’est Dieu qui a fait tout cela » 15.
Concrètement, quel résultat ont obtenu les autorités ecclésiastiques, le clergé et les catholiques nîmois qui le soutiennent ? Avant la laïcisation des écoles publiques de la ville, il y avait dans les écoles congréganistes de celle-ci (hameaux compris) 2 971 élèves. Après la laïcisation, les nouvelles écoles congréganistes (libres) en rassemblent environ 1 500 16. La moitié environ des élèves des écoles congréganistes publiques ont préféré l’école congréganiste libre (gratuite, il est vrai), à l’école laïque publique. L’impact de la résistance catholique n’est donc pas négligeable, mais il est limité et la division, bien réelle sur le plan politique par exemple, des catholiques nîmois se transcrit à cette occasion dans leur comportement face à l’école. Pour la totalité du département, il est possible de faire le point en 1891-92, à la fin de la période de laïcisation spontanée en comparant la répartition des élèves entre écoles congréganistes (publiques et libres) et écoles laïques (publiques et libres également) (Tableau 11).
Les progrès de l’école laïque sont importants. Elle est majoritaire globalement dans l’enseignement primaire et dans chacun des secteurs (garçons et filles). Ses progrès sont même plus importants dans l’enseignement féminin que dans l’enseignement masculin, ce qui n’était pas acquis d’avance. Néanmoins, en particulier dans l’enseignement des filles, les écoles congréganistes sont encore très concurrentielles et rassemblent près de la moitié des élèves. La laïcisation n’a donc pas progressé comme un raz-de-marée. La résistance de l’enseignement congréganiste (libre) demeure très forte même après 1892. Entre 1891 et 1897, les statistiques établies par l’Académie permettent de comparer de façon non rigoureuse il est vrai, les effectifs des nouvelles écoles laïcisées à celles des écoles congréganistes créées pour les concurrencer (Tableau III) Les résultats, qu’il faut considérer seulement comme une évaluation, sont les suivants : 36 écoles ont été laïcisées selon nos sources entre novembre 1890 et novembre 1898. Pendant cette même période et dans les mêmes communes, vingt nouvelles écoles congréganistes libres ont été créées. Entre ces deux catégories d’écoles, les effectifs se répartissent ainsi : un peu plus de 40 % pour les écoles laïques, un peu moins de 60 % pour les écoles congréganistes. A cette époque tardive de la laïcisation, la résistance de l’école congréganiste est efficace d’autant plus qu’elle est le fait des zones les plus solidement christianisées du département. Dans les bastions catholiques, l’enseignement congréganiste a peu reculé et c’est pour la politique de laïcisation une limite incontournable. Rien d’étonnant d’ailleurs à ce qu’il en soit ainsi : ici la laïcisation ne pouvait qu’être un processus de longue durée.
L’étude de la laïcisation du personnel des écoles publiques présente dans le Gard un intérêt particulier puisque l’influence de l’enseignement congréganiste y était forte, notamment en milieu urbain et dans l’enseignement des filles. En même temps qu’elle permet d’apercevoir plus clairement les étapes de la laïcisation, elle montre la diversité des processus qui sont entrés en jeu comme celle des motivations qui ont sous-tendu, à la base, la décision de laïciser les écoles.
Dans un certain nombre de communes avancées, la laïcisation aurait été plus précoce si elle n’avait été freinée par le pouvoir à l’époque de l’Ordre moral. Dans d’autres, elle suit la conquête républicaine dont elle est à l’échelon local comme au plan national la conséquence normale. Remarquons que le plus grand nombre des laïcisations ont été opérées de façon spontanée et relativement tôt (entre 1879 et 1886). A la veille de l’échéance de 1891, la quasi-totalité des écoles de garçon sont laïcisées.
La laïcisation a progressé en revanche plus lentement lorsqu’elle est devenue simplement la conséquence de l’application de la loi. Dans les secteurs du département qui étaient blancs en politique ou de forte imprégnation catholique, la laïcisation a dû être imposée par la loi sans brutalité excessive d’ailleurs, contre le vœu d’une partie des parents qui réagirent en mettant leurs enfants dans des écoles libres congréganistes nouvellement créées. Le pouvoir ne pouvait certes reculer lorsque les principes étaient en jeu, mais on a vu que ses fonctionnaires tout en faisant appliquer la loi avec fermeté, n’ont pas cherché à battre des records et qu’ils ont eu conscience des limites que leur traçait l’état des forces idéologiques.
Importance à long terme parce qu’elle a donné à l’école publique en France un caractère particulier et original, la politique de laïcisation a eu aussi dans l’immédiat des conséquences qui, pour une part peut-être, n’étaient pas prévues. En éliminant les congréganistes de l’enseignement public, elle a incité les catholiques qui combattaient cette politique à utiliser plus qu’auparavant les ressources de l’enseignement privé. Ce dernier est du même coup devenu de plus en plus congréganiste, acquérant ainsi une spécificité qu’il n’avait pas au même degré auparavant. En revanche, il a dû, pour concurrencer efficacement l’enseignement public, devenir gratuit et donc trouver auprès des fidèles les ressources que fournissait autrefois la rétribution scolaire payée par les élèves.
Quant à l’école publique, la laïcisation des maîtres a eu pour résultat de la pourvoir en enseignants mieux qualifiés et parfois d’alléger au moins dans l’immédiat ses effectifs du fait du départ vers l’enseignement privé d’une partie des élèves. On n’oubliera pas, même si ce n’est pas ici notre propos que les municipalités républicaines ont tenu à donner à leurs écoles des locaux plus salubres et des moyens d’enseignement mieux adaptés, parfois au prix de très grosses dépenses.
C’est donc au total grâce à un appui de masse, partant des plus petites communes, que la mise en œuvre de la politique scolaire des républicains a été possible. Et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles cette politique a laissé dans le pays une si profonde empreinte.
Tableau I
Laïcisations d'écoles 1890-1898
Tableau II
Élèves des écoles publiques et libres :
Répartition entre l’enseignement laïque
et l’enseignement congréganiste
en 1879-80 et 1891-92
Tableau III
Effectifs des écoles congréganistes libres
créées pour remplacer des écoles primaires laïcisées et comparaison de ces effectifs
avec ceux des écoles laïcisées
Document
Rapport de l’inspecteur général F. Cadet sur la situation de l’enseignement primaire dans le département du Gard 1879-80.
Ce rapport comprend quatre parties : Situation générale, Inspection, École normale, Personnel. Nous ne publions ici que la première partie. Ce rapport a été publié dans le volume : Rapports d’Inspection générale sur la situation de l’enseignement primaire 1879-80 Paris 1881 ; pagination par académie (32 p. pour l’Académie de Montpellier).
Departement du Gard
Situation Générale
Monsieur le Ministre,
Dans le département du Gard, la différence des cultes et les vives passions qu’elle suscite sont un des principaux obstacles à la bonne organisation des écoles. Les dissensions politiques s’ajoutant aux querelles religieuses, les améliorations de toute nature rencontrent des obstacles sérieux. La présence de deux cultes dans presque toutes les communes réduit l’effectif de chaque école et rend plus difficile la tâche du maître, qui s’adresse à des enfants de tout âge. La régularité de l’enseignement et les progrès en souffrent. Les ressources financières s’éparpillent entre un trop nombre de petits établissements. Il est indispensable que les écoles communales deviennent mixtes quant au culte. La réforme ne se fera qu’avec lenteur. Quelques conseils municipaux de l’arrondissement de Nîmes ont adressé à l’autorité une demande dans ce sens.
L’enseignement congréganiste domine encore dans les villes et dans les communes importantes. A Nîmes notamment les catholiques n’ont pas encore une seule école communale laïque. La transformation des écoles soulève parfois des résistances qui vont jusqu’à l’émeute. A Alais, on en est venu aux mains, et les hostilités sourdes semblent persister encore. Mais l’Administration, par le bon choix des instituteurs auxquels elle confie les nouvelles écoles, assure le succès de la réforme qu’elle poursuit avec prudence et fermeté. Les résultats déjà obtenus sont fort encourageants.
Le nombre des enfants qui ne fréquentent pas l’école est encore évalué à 5 000 environ. Très préoccupée de la nécessité de pourvoir à ce besoin, que l’obligation seule pourra sûrement satisfaire, l’Administration, par l’intermédiaire des inspecteurs primaires, a vivement excité et encouragé le zèle des conseils municipaux, et un nombre relativement considérable de projets de constructions scolaires a été mis à l’étude. Quelques-uns sont réalisés ou en cours d’exécution. La fréquentation de l’école est encore bien irrégulière. La cause de ce mal doit être attribuée moins à l’indifférence des familles qu’à la misère résultant de la crise agricole que traverse le département. Dans les cantons ruraux principalement, les parents très gênés utilisent au détriment des études les services des enfants. D’ailleurs, l’émigration continuant dans de notables proportions, les bras manquent pour les travaux de la terre.
A part les régions montagneuses, où les ressources de tout genre sont moindres, et où le progrès a nécessairement plus de peine à pénétrer, le département du Gard peut disputer au département de l’Hérault le premier rang dans l’Académie de Montpellier. L’arrondissement de Nîmes, en particulier, n’a pas attendu les circulaires ministérielles pour développer quelques parties du programme des études primaires, par exemple l’agriculture et le dessin.
Pour la première fois, cette année, les filles ont pris part aux examens du certificat d’études primaires. C’est un progrès qui aura la plus heureuse influence sur le zèle des maîtresses et sur les progrès des élèves.
L’enseignement primaire supérieur commence à être donné dans deux écoles, à Nîmes et à Beaucaire. Ces débuts font concevoir de grandes espérances. Les succès obtenus par plusieurs élèves dans quelques administrations publiques sont très appréciés des familles.
Notes
1. Statistique de l’enseignement primaire pour 1891-92, Paris, 1895, p. 114-115.
2. Arrêtés de laïcisation et pièces justificatives A.D. du Gard 1 T 625.
3. Délibération du Conseil municipal de Salindres, 27 juillet 1892, A.D. du Gard 1 T 625.
4. Lettre des conseillers municipaux de La Capelle, 19 février 1894 (Ibid.)
5. Arrêté de laïcisation 2 sept. 1893 et pièces justificatives (ibid.).
6. (Ibid.) Pour Roquemaure, délibération du Conseil municipal 12 oct. 1892.
7. Pétition des pères de famille de Verfeuil 23 mars 1892 (Ibid.).
8. Arrêté de laïcisation de l’école de la Canebière, 22 août 1896 Lettre du pasteur Liotard 24 juin 1896 (Ibid.).
9. Lettre du Conseiller général de Quissac, 24 oct. 1891 ; avis de l’inspecteur d’Académie, 10 nov. 1891 (Ibid.).
10. Avis de l’inspecteur d’Académie, 30 janvier 1894 (ibid.).
11. Petit méridional, 29 avril 1881. Sur cette manifestation, voir aussi Pieyre (A) Histoire de Nîmes, t. III.
12. Annuaire du Gard, 1881, p. 908-909.
13. Mgr Gilly, Mgr Besson, évêque de Nîmes 1875-1888, Besançon, 1890, p. 247.
14. Ibid., p. 317.
15. Ibid., p. 316.
16. Annuaire de Nîmes, 1881, p. 908-909.
