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Description

La laïcisation des écoles primaires publiques dans le Gard :
Étapes, portée et limites d’une réforme

La laïcisation de l’enseignement public, telle qu’elle a été entreprise en France à partir de 1882, résulte de trois séries de mesures relativement indépendantes les unes des autres, la laïcisation des programmes établie dès mars 1882, la laïcisation des locaux entamée la même année, enfin la laïcisation des personnels, mise en œuvre systématiquement à partir de 1886 bien qu’elle ait, commencé sous une forme spontanée avant cette date. C’est cette dernière surtout que nous étudierons. La laïcisation du personnel des écoles primaires publiques est en effet un élément essentiel de la politique scolaire des républicains car elle vise à éliminer de l’enseignement public les représentants directs des Églises.

Comme beaucoup de processus historiques, la laïcisation des maîtres relève à la fois d’initiatives venues d’en bas, de la société civile, et de l’application de mesures législatives ayant un caractère obligatoire, contraignant. Nous nous efforcerons de préciser comment s’opère l’interaction de ces deux processus : quelle est la part de la laïcisation volontaire, ou spontanée, et celle de la laïcisation obligatoire, et du même coup, quelles sont les étapes de la laïcisation ? Comment celle-ci a-t-elle été reprise en compte, vécue dans les communes ? Pourquoi laïcise-t-on, pourquoi refuse-t-on de laïciser ? Enfin, quel est le résultat, c’est-à-dire la place que l’école primaire laïque a pu conquérir, quelles sont les zones franchement hostiles, les bastions de la résistance. Lorsque l’Église a organisé celle-ci, qu’a-t-elle pu préserver.

Même si notre étude concerne l’école publique, seule touchée par la législation laïque, il ne sera pas superflu pourtant d’examiner rapidement les répercussions du processus de laïcisation sur l’école libre.

I) Un département « divisé de culte », mais majoritairement républicain

La présence dans le Gard de deux communautés confessionnelles longtemps antagonistes, entre lesquelles la population est inégalement partagée, accroît l’importance de l’école comme enjeu politique, avive les susceptibilités et les craintes.

Sur 430 000 habitants à la fin du Second Empire, on compte 120 000 protestants (28 % environ de la population totale) et 310 000 catholiques. Une petite communauté israélite de 350 personnes environ se partage entre Nîmes pour l’essentiel, Pont-Saint-Esprit et Alès. Le rapport des forces entre les deux confessions dominantes varie selon les localités. Les protestants sont majoritaires le long d’une grande diagonale qui traverse le département du N/O au S/E, de Saint-Jean du Gard à Vauvert. De part et d’autre de cette diagonale, on a affaire à des cantons toujours divisés de culte selon la terminologie de l’époque, mais où les catholiques sont majoritaires. C’est là que se trouvent les principales villes (Nîmes. Alès, Uzès, le Vigan). Enfin l’est du département, le Gard rhodanien, est entièrement catholique. […]

Informations complémentaires

Année de publication

1985

Nombre de pages

8

Auteur(s)

Raymond HUARD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf